
Quand j’étais en première année de sociologie, j’ai été frappée de stupeur lorsque, en plein cours magistral (un amphi bondé à bloc), le professeur d’introduction à la sociologie affirma « Durkheim, le père de la sociologie… ». Ma timidité m’a empêchée de réagir, faut dire qu’il y avait plus de 600 étudiants, c’est vous dire !
Eh bien non ! Le fondateur de la sociologie, celui qui a illuminé l’univers de la rationalité et a été le précurseur de la démarche épistémologique en matière de sciences sociales c’est Ibn Khaldoun, un des premiers théoriciens de l’histoire des civilisations.
Si je vous parle de lui c’est parce que son œuvre mérite d’être connue par vous très chères lectrices (ou lecteurs). La culture générale, il n’y a que cela de vrai!
Son œuvre la plus importante s’intitule le Discours sur l’histoire universelle composée de trois parties dont la première est la plus connue, une longue introduction, les Prolégomènes (en arabe, El Muqaddima), où il retrace l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères (désolée pour les Turcs Gamze !).
Né à Tunis en 1332, Ibn Khaldoun est issue d’une grande famille de lettrés qui avait été au service des rois Andalous et a ensuite émigré vers le Maghreb où ils furent au service de dirigeants locaux. Ainsi, vous l’aurez compris la reproduction sociale ne date pas d’hier, ou pour faire dans la vulgarisation, les chiens ne font pas des chats! L’importance de son oeuvre réside dans son étude relative aux civilisations et à l’établissement des villes. Il met en avant une méthodologie qui se veut rompre avec une interprétation religieuse de l’histoire, basée sur l’explication des faits, de leur examen et de leur vérification. Il est contre toute forme de spéculation philosophique et met en avant les rapports de causalité qui régissent le réel. Ce qui me parait intéressant de souligner c’est cette volonté chez Ibn Khaldoun de ne pas vouloir tout expliquer par le religieux. En effet, pour revenir à des phénomènes plus prosaïques, l’on note une volonté chez la plupart des personnes de vouloir tout rapporter au religieux quelque soit la question soulevée, qu’elle soit profonde ou pas (d’ailleurs elle est bien souvent insignifiante). On y voit une forme de bienveillance, un moyen de cautionner ou de faire accepter les choses. Le religieux régit notre vie certes, mais il est des questions qui peuvent être prises sans qu’aucune interprétation religieuse ne prévaut. En outre, quand un rapprochement est fait avec le religieux, celui-ci est bien souvent établi de manière tronquée, autant s’abstenir…
Ibn Khaldoun a été conseiller auprès de deux sultans maghrébins et il fut également juge au Caire où il vit ses dernières années. Il disait du Caire qu’elle était » la métropole du monde, jardin de l’univers, point de rencontre des nations, fourmilière de villages, siège préférentiel de l’Islam, centre de pouvoir » J’entends d’ici les Egyptiens dire: évidemment « Masr Oum addounia », l’Egypte berceau des civilisations. Malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Or, on a trop tendance à vivre dans le passé. Encenser la gloire de l’Islam, qui rappelons le remonte à quelques siècles déjà, et se complaire dans un état qui n’est plus le nôtre aboutit à une forme d’ankylose intellectuelle qui, plus que nous desservit, nous trahit.
La relation de cause à effet, le réel, l’empirisme, autant d’éléments qui souligne le caractère pragmatique d’Ibn Khaldoun. Ce qu’il mettait en avant c’était le concret, le vérifiable, le quantifiable, et par extension l’efficacité. Ainsi, vous saurez qu’avant Durkheim ou encore Auguste Comte, il y avait un certain Wali ad-Dine ben Khalid qui a su s’imposer en maître de la rationalité en instaurant la coupure épistémologique, rompant ainsi avec une analyse subjective des faits historiques. Lisez Ibn Khaldoun et vous verrez que ses théories, dans sa façon d’appréhender les phénomènes, sont plus que jamais encore applicables aujourd’hui même à notre échelle, pauvres profanes…

Bonjour Khadija,
Félicitation d’abord pour ta préstation dans l’émission « toutes les frances »,
Je vous ai trouvé avec Mariame convaincantes et claires dans vos arguments et c’est là que j’ai decouvert votre site.
Pour revenir à ton article sur Ibn Khaldoun, il faut dire que malheureusement la culture générale n’est pas le point for de certains de nos universitaires et surtout quand il s’agit de savants et scientifiques « lointains ».
Ta timidité de l’époque t’a peut-être évité des soucis, j’ai eu à réctifié une prof à la fac dans un amphi qui parlait d’une conférence qui avait eu lieu à Glasgow en Irlande et je lui avais dit que c’était en Ecosse ça lui avait pas plu et je l’avais payé.
Merci encore pour cet article
Ce phénomène fait partie des problèmes que nous avons nous, les arabes, avec l’occident.
Pour la plupart des occidentaux, ils croient tous qu’on a rien fais dans l’histoire, qu’on est spécialiste des guerres et basta… ils omettent toujours de mentionner que par le passé, nous étions la civilisation la plus avancé de son temps.
Si on leur dis que les chiffres que ils utilisent quotidiennement (1,2,3,4,…,9) sont des chiffres arabes, ils en resteraient bouche bée.
Mais comme l’a bien expliqué l’écrivain égyptien Mohamed Hassanine Haykel dans son livre « En marge du conflit des civilisations »: l’environnement humain, est imputé, selon les époques, à la force dominatrice. « Il était pharaonique, grec, roumain, chrétien, musulman, européen et puis américain. »
La France comme tous pays européen digne de ce nom, oublie de référencer dans ses livres scolaires et autres, tous les auteurs arabo-musulmans qui étaient les précurseurs de la science d’aujourd’hui et ce dans tous les domaines scientifiques et philosophiques enseignés tant aux écoles qu’aux universités.
Ceci est confirmé par les dires de l’historien George Sarton: « Le miracle de la science arabe… J’utilise le mot miracle comme un symbole de notre incapacité à expliquer des exploits presque incroyables… est sans aucun parallèle dans l’histoire de l’humanité. »
L’Europe n’a jamais voulu reconnaitre l’énorme contribution de la civilisation musulmane au développement des sciences modernes et de la technologie en soutenant encore et toujours la présomption selon laquelle l’Europe devait son avancement à la Grèce ancienne. Le discours du Pape à Ratisbonne ou encore les discours récurrents de ce cher Sarko à propos de l’intégration des musulmans prouve que ces préemptions continuent et ne sont que plus grandes.
Ajoutant à cela la guerre ouverte qui est entrain d’être mené contre l’Islam aujourd’hui, le moins qu’on puisse dire, c’est que la reconnaissance de la civilisation musulmane ayant contribué à l’Europe, eh bah, c’est pas pour demain.
Salam Alikoum!
Oui, Ibn Khaldoun critiquait en premier les Arabes qui s’étaient habitués, installés mais ne faisaient plus rien. Il y avait un antagonisme profond entre les intelletuels arabes et la population arabe qui se mettaient à devenir orgueilleux, car se reposant sur des gloires passées… L’on comprend pourquoi il a été facile pour les puissances colonisatrices du Nord de la Méditerrannée de… COLONISER! Et oui, nos prédécesseurs n’avaient qu’à s’en prendre à eux-mêmes.
Et c’est pour cela que les oeuvres de Ibn Khaldoun ont été magistrales!!!! Car il expliquait nos défauts et donnait donc, indirectement, la solution.
Parce qu’aujourd’hui l’on doit revenir à l’essentiel. Nous avons une culture riche: nous devons nous en servir. Les profs de math l’ont très bien compris en nous enseignant l’algèbre (cf Al Khwarizmi). Pour avancer, retournons au passé!
Merci pour cet article,
Salam Alikoum!
Salam Khadija,
Ibn Khaldoun fait partie des précursseurs dans leurs domaines, des savants dont les oeuvres sont tûs,si ce n’est oubliées, et oubliées par qui?
Oubliées par une partie des musulmans qui se contentent, comme tu le disais, de voir l’apogée de la civilisation arabe et islamique dans le passé, sans constat sur le présent, en sans se dire qu’il faudrait trouver une solution au déclin que nous avons vécu il y a plusieurs siècles et qui est encore d’actualité.
Tout vient d’une question de savoir, dites moi combien de musulmans ignorent les grands esprits qui ont marqué leur civilisation? Combien sont incapables de dire qui sont Averroes, Al Farabi, Al Kindi, Razi? si ce n’est qu’ils ne savent en citer que le nom?
Le problème est à mon sens, non seulement un manque de culture, mais un désintéressement de celle-ci, car si les oeuvres d’auteurs arabo-musulmans ne sont pas au programme ni du collège, ni du lycée, ce n’est pas une raison pour ne pas faire un effort personnel pour s’instruire.
Pourquoi aucun bachelier n’ignore qui est Rousseau? Parce que c’est au programme obligatoire?
Je crois que les jeunes étudiants( j’en suis une aussi lool) devraient dépasser cette dimension du : »j’apprends parce que c’est obligé » et entrer dans une vraie démarche intellectuelle pour s’instruire prémièrement pour eux mêmes, et bien entendu dans un même temps pour le diplôme (personne ne niera cela loool), ce n’est qu’après cette prise « d’autonomie intetectuelle » que nous ariverons à quelquechose, et que la communauté évitera l’oubli de sa propre Histoire.
Je ramène le problème que tu soulevai, du fait que certains musulmans rapportent tout au religieu et oublient tout siplement que Dieu leur a octroyé un cerveau pour raisonner et analyser les évemenements, j’ai envie de dire, c’est tellement plus facile de tout ramener à la religion que de réfléchir et construire un raisonnement!
Il ne suffit pas de trouver une explication par rapport à la religion, (bien souvent tronquée, comme tu disais) à chaque moindre phénomène, mais plutôt avoir un recul et faire marcher sont intellect, avoir une démarche scientifique plutôt que de tout ramener à la religion.
Je pense surtout, que de tout ramener à la religion, c’est insulter Dieu, qui nous a donné un cerveau pour que nous nous en servions.
Salam
Salam Khadija, merci pour cet article très interessant,
Jihane,je suis d’accord avec toi concernant le fait que la science est un don de Dieu, et qu’il n’y a pas de contradiction dans le fait de croire en Dieu Créateur de toutes choses et d’en même temps mener des recherches scientifiques et tenter d’expliquer et de décortiquer des faits par la science.
Ces deux choses ne sont pas contradictoires, car Dieu nous a doté de la faculté de réflechir, et si de grandes découvertes ont été faites dans tous les domaines,ceci n’a été possible seulement car Dieu l’a autorisé.
Cependant,je crois qu’il y a un énorme danger dans le fait de vouloir tout expliquer par la science et prôner la rationalité à toute épreuve.
La rationalité « modéré » peut paraitre utile à la recherche de la vérité scientifique certes, mais pas au degré d’affirmer que chaque fait a une explication rationelle et scientifique ( comme par exemple les miracles ) et qu’un jour l’homme connnaitra tout de la science, de chaque question, de la creation de la matiere, du comportement des individus( par exemple le phénomène amoureux)…etc
En effet,j’ai personnellement remarqué en interrogeant des personnes qui nient l’existence de Dieu, que ces derniers ont pour réponse à la question: « A ton avis, d’où vient le soleil? la lune? Pourquoi des milliards d’atomes composent la matière et forment un masse compacte? Pourquoi un être humain réflechi, a des sentiments, est doté d’une raison? Pourquoi tout est parfaitement accordé, équilibré? Et pourquoi tout répond à une relation de cause à effet, par quel pouvoir, quelle force? Ces derniers répondent : « c’est la science , Dieu n’a rien à voir là -dedans, nous sommes nés d’une bactérie.Dieu n’existe pas. »
C’est bien là le discours des incroyants qui sont convaincus que rien n’existe en dehors de la science et de la matière, et que tout est explicable par des lois, des relations et des équations scientifiques.
C’est là où réside le grand danger du rationalisme. Des scientifiques aux états-unis cherchent à cette heure un moyen d’empêcher la mort, et répandent des thèses affirmants que la mort peut être déjouée.
Ces derniers se sont enfoncés dans le rationalisme, à tel point que à vouloir tout expliquer de manière raisonnable, ils se sont pris à leur propre piège en devenant eux-même déraisonnables ,et en refusant l’hypothèse que Dieu est le créateur de cette science, de ces lois , de ces équations, et que toute découverte n’est permise que par Sa volonté.
Enfin, l’équilibre entre religion et rationalisme semble être le meilleur comportement à adopter pour les scientifiques. Afin de mieux comprendre le fonctionnnement du monde et ses secrets.Enfin..
Dieu est le plus savant.
salam
Salam Salma,
Tout à fait d’accord avec toi, je critique le fait d’être extrême dans les deux sens: vouloir tout expliquer par la religion au point de n’avoir aucun exprit critique ou pousser le rationnalisme jusqu’à un tel point qu’il ne veut plus rien dire, comme dit le prophète (saw) : »La meilleure des oeuvres est celle du juste milieu »
Salam
Merci de cet article Khadija qui fait écho à mes lectures.
En réalité l’innovation d’Ibn Khaldoun est double comme tu l’as montré: être critique par rapport à sa propre civilisation, et expliquer les phénomènes par d’autres phénomènes en usant de l’histoire.
J’ai lu les commentaires et je suis frappé de l’incompréhension de nombre d’entre eux.
Mohamed dit par exemple « Pour avancer, retournons au passé! »… D’une part cette phrase n’a pas de sens. Mais pire elle contredit totalement la pensée des intellectuels de cette époque. D’abord quel passé ? Et quelle avancée ? Qu’est-ce que ça veut dire avancer ? Vers ou ? Et le passé c’est quand, quelle époque ? Souvent c’est pour référer à l’époque du temps du prophète (SAW). Cependant je tiens à faire remarquer qu’il existe un contexte historique… On ne peut pas reproduire une époque sans avoir son contexte… Par exemple si l’on veut s’inspirer de Ibn Khaldoun il vaut mieux : étudier la façon dont il a étudié son temps par rapport au monde dans lequel il vivait. A une époque ou comme tu l’as bien dis on refusait d’étudier les causes réelles des évenements pour leur inventer des causes morales prétenduement religieuses…
Le problème de la science n’est pas à opposer au discours de la révélation.
D’une part la science se base sur des hypotheses et une méthode. Ces hypotheses et ses méthodes sont à admettre, il ne s’agit pas de vérité comme de dire que « La ilah il Allah wa Muhammad Rasul Allah ».
Par exemple dans la science on établit des principes :
- une cause produit toujours la même conséquence
- des règles logiques peuvent permettre de décrire TOUT
- la logique du réel ne se modifie pas au cours du temps ou de l’espace
- une chose se doit d’être cohérente (elle est ou n’est pas)
etc.
Et des regles de méthodes
- une preuve réside en une expérience rendant fausse le contraire de l’hypothese
- tout doit être démontrable et une preuve doit être apportée
- tout peut être contredit et une preuve contradictoire peut être apportée
- le consensus entre scientifiques doit être trouvé
Cet ensemble de règle n’a rien à avoir avec une vérité à admettre. Le probleme de bien des athés c’est qu’ils oublient que la science et la rationnalité elle-même se base sur des règles et des hypotheses qu’elles ne légitiment pas.
En somme prétendre que ce que dit la religion est faux ou que Dieu n’existe pas car c’est scientifiquement incorrect c’est CROIRE en la science comme à une religion… et de fait associer à Dieu la divinité Science…
cf lyotard et bachelard qui ont étudié la question.
Sinon le probleme c’est aussi que ces penseurs arabo-musulmans sont de leur temps et sont utile pour réfléchir d’un point de vue de leur époque. Réutiliser leurs concepts pour analyser notre époque est assez pauvre comparé aux théoriciens de notre époque… Cependant l’on pourrait tres bien réactualiser Ibn Khaldoun ce qui n’est pas fait ou alors d’un point de vue légitimant l’ordre établi (cf le cas de l’éducation en Tunisie).
La dernière fois que j’ai lu un truc sur Ibn Khaldoun c’était un vieil ouvrage d’un orientaliste que j’ai trouvé dans ma BU, qui expliquait que ce grand penseur était un peu « brouillon » dans sa pensée… alors qu’Ibn Khaldoun est connu pour être le roi des digressions,ce qui ne veut pas dire que cet illustre monsieur était un gros attardé. J’en ai discuté avec un linguiste arabophone et francophone, et il m’a conseilé de le lire dans le texte, de zapper toutes les traductions et autres.
Et puis cncernant la paternité de la sociologie et/ou de la méthode comparative, moi on m’a tjrs saoulé avec ce colonialiste de Tocqueville…
bonne journée à toutes et à tous !
Salam Alikoum
Barak’Allahu fik Khadidja pour avoir choisi de mettre en évidence le père de la sociologie: « Les discours dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science nouvelle (…) C’est une science sui generis car elle a d’abord un objet spécial: la civilisation et la société humaine, puis elle traite de plusieurs questions qui servent à expliquer successivement les faits qui se rattachent à l’essence même de la société. Tel est le caractère de toutes les sciences, tant celles qui s’appuient sur l’autorité que celles qui sont fondées sur la raison. »
Dans la Muqadimma, introduction en trois volumes de son Kitab al-’Ibar,
Ibn Khaldoun ajoute « les civilisations sont portées par des tribus qui fondent dynasties et empires. » Les empires ainsi que les hommes ont leur vie propre (…) Ils grandissent, ils arrivent à l’âge de maturité, puis ils commencent à décliner (…) En général, la durée de vie [des empires] (…) ne dépasse pas trois générations (120 ans environ). »
Ainsi, On peut avoir l’illusion de la puissance d’une civilisation, il faut avoir la sagesse de son éphèmère! c’est tjs comme ça.. (pharaon croyait qu’il était dieu, pharaon est parti..)extrait d’une confèrence de Tariq Ramadan sur l’Islam et la sociète.
LA ILAHA ILA ALLAH.
Salam alikoum
ps: funkquy, le livre de Sigrid Unkae « Que la lumière d’Allah brille sur l’occident » est un très bon livre également. L’auteur montre l’immense apport de la civilisation musulmane.
Assalamou alaykoum
Je ne pense pas que ce grand homme ait été oublié. Je pense que les arabes ne pouvaient se résoudre à enseigner la pensée d’un homme qui les a mis à nu et a dénoncé leurs travers (toujours d’actualité pour les gouvernants du moins).
En ce qui concerne l’Occident, il y a une politique voulue et réfléchie de nier tous les apports scientifiques, philosophiques…du monde arabe. cette « amnésie » si elle devait être corrigée, mettrait à mal la légende véhiculée dans presque tous les écrits et les films de l’arabe sauvage, inculte, barbare…
Bien que je pense que Ibn Khaldoun les aurait bien servis avec l’analyse « sans pitié » qu’il a faite de ses congénères. Mais là , ils auraient eu à admettre que les intellectuels arabes possédaient une capacité de raisonnement dont ils étaient eux même dépourvus à la même époque, et ça ils ne pourraient s’y résoudre
Pour Bader: cherche la définition de OXYMORE.
L’un des dangers résidant dans la pensé musulmane de nos jours est que beaucoup de musulmans pensent que la vie doit être expliqué par le coran.
Cette pensé traditionaliste était logique du temps du prophète, mais aujourd’hui, elle n’est plus aussi pertinente.
Essayer d’expliquer tout par la religion, c’est comme essayer d’appliquer des théories (qu’on ne maitriserai pas) pour essayer d’expliquer plusieurs concepts de la vie quotidiennes.
Par exemple, si Dieu dis que les juifs et les païens seront toujours vos plus fervents ennemis ==> le musulman utilisant la pensé traditionaliste (ainsi que les détracteurs de l’Islam) vont se dire que les musulmans doivent toujours être ennemi avec ces gens là .
Ou bien si dieu dis que le témoignage de l’homme vaut celui de deux femmes, le musulman ayant une pensée traditionaliste (ainsi que les détracteurs de l’Islam) vont se dire que la femme vaudra toujours la moitié de l’homme.
Ou bien si Dieu dis que la femme doit porter le Hijab et si Sarko décide que ce Hijab est interdit dans les écoles, le musulman ayant une pensé traditionaliste va retirer ses filles de l’école.
Ou bien, si la grippe porcine frappe les pays non musulmans ==> Le musulman ayant une pensé traditionaliste va se dire que c’est une punition de la part de Dieu pour ces pays car ils mangent du porc.
Ou bien, si plus d’un milliard de musulmans demandent à avoir une démocratie dans son pays ==> Un musulman ayant une pensé très très même trop traditionaliste va se dire que demander , c’est être infidèle à sa religion car la démocratie va donner le pouvoir au peuple au lieu de donner ce pouvoir à Dieu.
Le problème avec cette pensée , c’est qu’elle ne prend en compte à aucun moment du contexte auquel le coran a été révélé et ne prend pas en compte les réalités de terrain quotidienne et en faisant cela, sans le savoir, ils sont entrain de rentrer en conflit avec la Sunnah d’Allah et les Hadiths du prophètes.
Ibn Khaldoun était un de ceux qui essayait d’expliquer la religion par les réalités du terrain et le contexte dont lequel on côtoie cette réalité tout en restant fidèle à tous les enseignements du coran et de la Sunnah sans exception.
C’est comme ça que pense des intellectuels comme Tariq Ramadan et c’est comme ça que je pense moi aussi (je suis pas intellectuel moi, hein,
)
Mais dires qu’Ibn khaldoun aurait été oublié, c’est un peu exagéré, la statue qui le représente est toujours présente à Tunis, tous le monde le connait et connait ses travaux.
Une photo de sa statue sur le lien suivant:
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b2/Ibn_Khaldoun-Kassus.jpg
Ps: gf38, merci beaucoup pour le livre que tu m’a recommandé,
.
Salam,
Quand je disais que les oeuvres d’Ibn Khaldoun avaient été oubliées, c’est au sens où très peu de musulmans connaissent le fond de sa pensée, si ce n’est même les grandes lignes de celle-ci, et ce n’est par parce que que nous, savons qui il est, parce que nous l’avons étudié, ou avons lu des des oeuvres à lui, que c’est le cas du de la plupart des musulmans.
Du reste, Funkquy, je ne pense pas que c’est parce que la statue d’Ibn Khaldoun est présente à Tunis, que ça empêche les gens de passer devant comme ils passent devant un vulgaire monument, sans même se dire quels sont les apports de cet homme à son temps, si ce n’est qu’ils n’en connaissent que le nom, de plus s’il n’avait pas été « oublié » au sens où je l’explique plus haut, je pense que beaucoup de nos contemporains se remettraient en question aujourd’hui, non seulement du point de vue de la démarche scientifique, mais aussi du point de vue de la pensée , ce qui n’est pas le cas, soyons sérieux de nos jours.
Pour l’exemple, j’étais à un lycée qui s’appelait Paul Eluard, et sur le chemin il y avait un monument dédié à celui-ci avec écrit » Paul Eluard, résistant », et bien ça n’empêchait pas les gens de passer devant tous les jours sans savoir qui il était et sans savoir ce qu’il exprimait dans ses poésies, alors pour moi ces gens l’ont « oublié » du point de vue du fond, du reste je ne pense pas que les monuments à gogo contribuent à faire vivre un personnage, ce n’est que de la poudre aux yeux à mon sens, c’est plutôt dans les livres d’Histoire et dans des émissions culturelles qu’il faut les faire vivre.
Salam.
Salam
Entre le tout religieux et le pas religieux du tout (voire le religieux à la sauce de chacun) il y a un équilibre à trouver.
Certaines caricatures utilisées plus hauts sont aussi valables pour les musulmans que pour les catholiques, juifs, évangélistes, pentecôtistes, laïcistes….
oui c’est comme ça…demandez à un occidental qui a le premier affirmé que la terre est ronde et il vous répondra Galilée au 17ème siècle…alors que c’est écrit noir sur blanc dans le Coran depuis 1400 ans…et que les chinois l’avait déjà affirmé encore bien avant… orgueil orgueil quand tu nous tiens…
Salam Khadija,
Excellente présentation de cet illustre et brillant homme. A quand des articles sur Ibn Rushd (Averroes), Ibn Sina (Avicenne), Al Kindi ou autre Al Farabi ??
Bises !!!