Elles sont cadres, elles sont dynamiques, elles sont bosseuses… Hijab and the city est allé à la rencontre de deux jeunes femmes pour qui le travail est un facteur d’émancipation et le moyen pour elles d’être considérées comme des femmes à part entière, confrontées aux même difficultés que leurs consœurs.

La première s’appelle Samira. Elle est trader au sein d’un des plus grands établissements financiers de France. La bonne vingtaine, c’est une jolie femme bien dans ses escarpins qui travaille dans un milieu assez masculin. Quand on lui demande de nous décrire sa relation au travail, elle nous explique qu’elle aime ce qu’elle fait. « Mon poste actuel, c’est ma première « vraie » expérience professionnelle. J’avais quelques jobs quand j’étais étudiante, mais j’ai réellement intégré le milieu professionnel juste après la fin de mes études. Avec quelques peurs je l’avoue ! J’ai d’ailleurs préféré occuper un poste pour lequel je suis carrément surqualifiée. »

Samira porte le hijab, mais pas au travail. « Je travaille sans mon foulard. J’ai été très bien accueillie, je m’entends bien avec mes collègues. On est un groupe assez hétérogène, cosmopolite, et  on entretient vraiment des relations très cordiales. »

Quand on lui demande si elle pourrait du jour au lendemain arrêter de travailler pour mener une vie de famille, Samira hésite. « Je suis quelqu’un d’ indépendant. J’ai toujours travaillé, même durant mes études. Je suis très indépendante financièrement, je me suis toujours débrouillée, je n’ai jamais demandé quoique ce soit à mes parents, et ça, c’est très important pour moi. Et s’il s’avère que je dois faire ma vie avec quelqu’un, je ne voudrais pas qu’il me bloque par rapport à ça. Bien sûr, si j’ai envie d’avoir une vie de famille, de m’occuper de mes enfants, la question se  posera. Mais je pense qu’il est toujours possible de concilier les deux. »
Est-elle carriériste ? « Non, pas du tout ! J’aime juste le travail, être active, faire quelque chose. Que ce soit dans le cadre d’un travail, ou d’une association dans laquelle je pourrais m’investir. »

Samira n’est pas un cliché sur pattes. Ce n’est pas la cadre urbaine et dynamique qui vilipende ces femmes qui décident ou non d’être à plein temps au sein de leur foyer. »C’est tout à leur honneur !! Si c’est un choix, et qu’elles se plaisent dans cette situation, c’est tant mieux pour elles. J’espère seulement qu’elles se fixent aussi des objectifs, qu’elles ont un programme, qu’elles ne tombent pas dans une routine, dans le laisser-aller. Je connais pas mal de femmes au foyer, surdiplômées, qui sont très actives au niveau associatif, impliquées dans l’éducation de leur enfants… J’en connais d’autres qui travaillent, et qui ont également une vie de famille. Ce sont des femmes que j’admire beaucoup, que je prends en exemple. »

Lorsqu’on évoque avec elle la question du célibat, le regard des hommes sur la femme qu’elle est et qu’elle peut représenter à leurs yeux, Samira est très claire ! « Si dès le départ, il s’avère que mon statut provoque une gêne, je stoppe directement la relation. Il faut que je sois avec quelqu’un qui comprenne que je dois travailler. Je sais qu’on peut faire peur. J’ai 28 ans, je ne suis pas mariée, je suis indépendante… Mais je suis ce que je suis ! J’ai fait des études pour, et je ne vais pas changer comme ça, d’un coup de baguette magique. Je ne comprends pas qu’on puisse faire peur… faudrait poser la question à ces messieurs ! »

Et c’est là que son amie Soumia intervient : « ça fait peur parce qu’il y a peut être un arrière fond de machisme. Les hommes finissent par ressentir que leur emprise sur le couple, la famille s’amoindrit, et qu’ils n’ont plus le même statut que le chef de famille d’antan. »

Pour Samira, il faudrait plutôt dans ce cas là se tourner vers une femme tenant moins à son indépendance, et ne voulant pas forcément travailler. En ce qui la concerne, ces critères pour trouver l’homme idéal sont assez souples : « un homme qui a un bagage intellectuel, c’est super important de pouvoir discuter de choses intéressantes avec lui. Faut aussi qu’il travaille, qu’il soit en mesure de subvenir aux besoins d’une famille. »

Samira évolue dans un milieu masculin, qui compte néanmoins quelques femmes. Elle entretient d’excellentes relations avec ses supérieurs hiérarchiques et ses collègues. « Il y a une ambiance assez cordiale. On a pas de concurrence acharnée accompagnée de coups bas. On reconnait le travail de chacun, on se respecte mutuellement. Mon supérieur hiérarchique n’a pas hésité un jour à mettre en avant toutes mes qualités au travail, mes compétences, mon dynamisme, ma réactivité, mon professionnalisme. Il était même ému en me parlant de mon parcours. C’est quand même ma première expérience professionnelle… il m’a vu grandir en quelque sorte. »

Concernant le hijab, Samira nous explique qu’aucun collègue ne sait qu’elle le porte, hormis une collègue. « Personne ne le sait ou du moins, personne ne m’en a jamais parlé, sauf une collègue, convertie à l’Islam. Certes, je ne le porte pas au travail, mais au niveau vestimentaire ou du comportement, c’est en tout cas ce qu’on me dit, on sait que je suis de confession musulmane. Je ne manifeste pas mes convictions, mais j’ai des valeurs qui me suivent toujours. L’ intégrité par exemple. Mes collègues savent que je suis intègre, honnête. A la cantine, quand on a oublié de me compter quelque chose, je retourne immédiatement faire la queue. Je n’aime pas la grossièreté ou les familiarités, et mes collègues le savent. Je n’ai jamais cherché à le montrer ou autre. Je ne vois pas l’utilité d’en parler. Je suis là-bas pour mes compétences, et rien d’autres. J’enlève mon hijab, mais je ne me sépare jamais de mes valeurs »

En résumé pour Samira, son travail c’est : « être carrée, viser la perfection, avoir des challenges, aller toujours plus loin… se surpasser ! »

Revenons-en à Soumia qui parlait plus haut de machisme. C’est une célibataire de 27 ans tout aussi dynamique que son amie, avec un caractère encore plus affirmé. Chargée de recrutement au sein d’une SSII, elle évolue dans un milieu exclusivement masculin. « Je ne travaille qu’avec des hommes, et je ne m’en porte pas plus mal ! C’est sûr qu’il faut avoir une forte personnalité, les nerfs solides mais ça va, j’ai su imposer ma personnalité, et m’adapter. Je suis très sociable, et je suis aussi très consciencieuse dans mon travail. Mais quand ça va mal… je sais marquer le coup pour éviter que ça se reproduise une prochaine fois. Je fais mon travail, et je me laisse un peu de temps pour aller sur hijabandthecity.com (rires) »

Soumia a eu un parcours universitaire classique. « J’ai commencé en droit, j’ai obtenu un deug. Mais je n’ai pas supporté l’ambiance. J’étais dans une fac assez huppée, j’ai eu quelques problèmes avec des professeurs alors que j’ai toujours eu d’excellents résultats. J’avais par exemple des profs qui à la fin des partiels isolaient devant tous mes camarades ma copie… Ces deux années en droit, ce département de ma fac, ça a été un choc culturel a 5 minutes de chez moi ! Puis j’ai fait AES (administration économique et sociale), une filière généraliste, dans un bâtiment assez cool, celui des sciences humaines. Comme Samira, je travaillais durant mes études, mais c’était pas problématique. Et après avoir décroché mon diplôme, j’ai tout de suite trouvé un vrai travail. »

Soumia veut évoluer au sein de sa boîte. « Je ne suis pas carriériste, je veux juste évoluer, mais pas comme un requin ! Si on apprécie mon travail et qu’on veut me gratifier par une prime ou une promotion, je ne suis pas contre ! Je ne vois aucun inconvénient à avoir plus de responsabilités, à m’investir plus. »

Indépendante et très sûre d’elle, ce petit bout de femme ne se laisse pas faire et sait imposer des limites. Elle veut qu’on la respecte pour son travail. Et pour elle, l’émancipation de la femme doit avant tout être économique. « Le travail permet de nous émanciper en tant que femme tout court ! Mais en plus de ça, il me permet à moi, femme voilée qui porte un bandana sur mon lieu de travail de casser les préjugés. Je ne suis pas un voile sur pattes cloîtré à la maison avec une ribambelle de gamins. Je viens mettre à mal cette image, et c’est grâce au travail. »

 » Le monde de l’entreprise, c’est très différent de la vie de tous les jours. Au début, c’était difficile pour moi, je vivais dans un cocon, avec ma famille, mes amis, l’école… Puis d’un coup, j’ai atterri dans le monde du travail, le vrai, avec en plus beaucoup d’hommes, des suggestions, des propositions (rires). Et je joue le jeu ! Quand on m’invite par exemple, je dis que je suis une femme overbookée !! Et qu’avec moi, faut s’y prendre trois mois à l’avance. »
Pour Samira, hors de question. « Moi par contre, quand ça ne me correspond pas, de décline poliment,sans avancer d’explications. J’ai des collègues. Je m’entends bien avec eux, certes. Mais je ne mélange pas vie privée et vie pro. »

Leur vie professionnelle a très bien été accueillie par leur entourage. Pour Samira, tout c’est bien passé ! «  Pour mon père, c’était un aboutissement. C’est lui qui m’a toujours poussé à aller loin dans mes études. C’est une fierté pour mon papa. »
Il en est de même pour Soumia. « Pour mes parents, c’est aussi un aboutissement. Mon père nous a toujours exhorté à faire des études, à aller loin. Il ne voulait pas qu’on se retrouve à faire un travail difficile et pénible, aussi honorable qu’il soit. Pour lui, il faut toujours se surpasser, ne compter que sur soi, et pas sur les autres. Pour mes parents, il est fondamental d’être indépendant ! »

Samira et Soumia sont des femmes épanouies pour qui le travail occupe un rôle central dans leur vie. Est-il un facteur d’intégration ?

Soumia nous répond que oui, « mais en tant que femme seulement parce que concernant le reste, on a pas besoin de s’ intégrer ! Le travail nous permet de montrer qu’on est des femmes comme les autres, et qu’on est confrontées aux même difficultés au niveau professionnel. C’est pas lié à notre religion ou autre. On nous juge sur notre certification, nos qualifications, notre travail. Si tu es performante, c’est bien. Autrement, ça devient problématique. Et c’est la même chose avec d’autres personnes du même milieu. »

Au final pour Samira, on finit par adorer son entreprise. « Moi je suis limite devenue corporatiste ! » (rires)

Tagged with:
 

12 Responses to Femme et cadre dynamique !

  1. Zgougou dit :

    Salaam

    merci beaucoup pour ces entretiens très intéressants. On sort toujours des sentiers battus avec HATC et j’adore ça :)

    C’est vrai que les clichés fusent dans notre communauté quand on parle de ces musulmanes « business women ». On les imagine (en vrac) féministes revanchardes, assoiffées d’argent, ayant peu de pudeur et de respect pour elles-mêmes, etc.

    Ces entretiens mettent à mal ces préjugés et c’est une très bonne chose. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas :)

    Au-delà des clichés gratuits, bêtes et méchants, le débat reste ouvert. Loin de critiquer le travail de la femme (je suis enseignante), je ne suis moi-même pourtant pas du tout convaincue du bien-fondé de certains choix professionnels selon ma conception du rôle de la femme ici-bas et dans une société comme la nôtre. Et même si je ne me permettrais pas de définir UN modèle de femme à suivre, puisque (comme cela a été dit par Samira), chacune fait ce qu’elle veut tant qu’elle est heureuse

    Je raconte mon expérience pour illustrer mon propos. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard, j’avançais en tâtonnant. Avec l’âge, j’ai su ce que je ne voulais surtout pas : rester chez moi à rien faire ou bien travailler 40H dans une entreprise. Pour le dire rapidement.

    Evidemment, je me rends bien compte que j’ai eu le grand avantage (Dieu merci) de pouvoir choisir – dans mon parcours – un métier qui me convient (pour l’instant. On évolue toujours) à tous les points de vue : métier à vocation, pas de patron, un espace professionnel plus ouvert qu’une entreprise, peu d’heures de travail, une grande liberté d’action, un esprit d’équipe peu présent (ce qui est parfois regrettable d’ailleurs), etc.

    Et je me rends bien compte que beaucoup de soeurs n’ont pas eu cette possibilité.

    Mais je ne me fais pas d’illusion sur moi-même : je pense avoir trouvé un compromis (tout comme les soeurs Soumia et Samira), mais ça n’en est pas un pour beaucoup de musulmans. Et mon choix est d’ailleurs très critiqué. Parce qu’il est bel et bien criticable.

    Au final, chacun d’entre nous fait de nécessité vertu.

    C’est une règle. Tous les individus sont contraints socialement. Nos marges de manoeuvre sont limitées.

    D’abord parce que notre parcours scolaire limite nos choix et outre le fait que la scolarité de certaines musulmanes est parfois brillante (j’en connais qui sortent de grandes écoles d’ingénieurs, d’autres qui continuent avec ardeur leurs études de médecine).

    Ensuite, parce qu’il est clair qu’avec toutes les « attaques douces » subies par les musulmanes – qui cumulent les stigmates : femme, musulmane, issue de minorités, souvent d’origine populaire, etc. – dans la société française, mais aussi au sein même de la communauté musulmane, l’école et la réussite scolaire/professionnelle restent des armes efficaces. On perçoit ici d’ailleurs le rôle des parents qui soutiennent à 200% leurs filles et qui fondent de grands espoirs sur elles. Là encore, ces filles ne peuvent pas les décevoir (les entretiens le prouvent à nouveau).

    A côté de cela, toutes les musulmanes sont conscientes du modèle familial encouragé par l’islam (ces entretiens le montrent). Elles le suivent toutes à leur manière. Parce qu’il n’y a pas qu’une seule manière de suivre ce modèle (c’est peut être la chose que l’on a le plus de mal à comprendre). Cela peut aller de la mère au foyer qui se consacre à sa maison et ses enfants pendant que son époux travaille jusqu’à la femme médecin qui travaille nuit et jour soutenue par son époux qui veille sur les enfants (ce qui nous amène à la formation des couples…autres débat lol)

    Dans cet éventail extrêmement large, nous savons tous plus ou moins nous placer, et pour mieux défendre notre position (à la fois choisie et subie), on cherchera parfois à critiquer celle des autres :)

    Mais si y’avait pas ces critiques, y’aurait pas des débats aussi bien sur HATC n’est-ce pas ?

    Fil-amaan

    Zgougou

  2. karima dit :

    Slm alkm,

    Samira et Soumia on l’air d’être des femmes super attachantes… plein de bonheur à vous les filles…

    Quand Samira dit: « J’enlève mon hijab, mais je ne me sépare jamais de mes valeurs” elle me touche… sincèrement je pense que tu as tout compris. IL faut des femmes musulmanes, voilées ou pas, au travail…
    Nous sommes en quelque sorte l’antithèse de tout ce qu’on dit de nous à la télé… En gardant un bon comportement, nos principes et nos valeurs comme l’integrité, le respect, la pudeur, l’honneteté, le goût du travail bien fait, la solidarité…. Biensûr ces qualités ne sont pas propres à l’islam et nous les partageons avec tout un chacun, musulman, ou non… Mais le fait que chacun sache qu’au travail, ils ont une collègue honnète sur qui ils peuvent compter, une collègue qui a un caractère bien trempé et qui ne suis pas la foule en faisant « bèèèèè »… ca vient un peu changer l’image qu’on se fait de nous, qu’on se fait de notre religion…
    Il ne sagit pas de pronner haut et fort les valeurs de notre religion au travail, non, on est là avant tout pour travailler… Mais en quelque sorte, qu’on le veuille ou non, on reflète cette image et je suis fière de savoir qu’on a des soeures inteligentes et compétentes comme Samira et Soumia, et je sais que la liste est longue.. elles ne sont pas l’exeption qui confirme la règle… Elles ne sont pas les deux seules qui ne rentre pas dans le moule qu’on a taillé spécialement pour nous… Et ca j’aimerais que tous le monde l’entende.
    Ces quelques lignes pour commenter la partie « femme musulmane au travail »

    Pour traiter du sujet qui nous est proposé, je dirais simplement que l’essentiel c’est de trouver son équilibre… Rares sont celles, je pense, qui n’aspire qu’à une vie cloitrée à la maison, à dependre du salaire de son mari, à ne vivre que pour ses enfants… Non, l’essentiel c’est de s’investir dans un projet, se sentir utile… et ça, ca ne passe pas que par le travail. Samira l’a très bien souligné…

    Et pour ce qui est du passage femme dynamique, indépendante et CELIBATAIRE qui a l’impression de faire peur aux hommes… Ca encore c’est quelque chose qu’on a en commun avec ttes les femmes… Je pense que c’est une réalité.. mais pas une fatalité… un jour il viendra ce beau prince… lol

    Bne journée, slm alkm.

  3. mirabelle dit :

    je trouve que cet article met en exergue quelques problèmes bien ancrées dans notre communauté. Ou bien on travaille et on est célibataires parce qu’on fait peur à ces messieurs ou bien on reste à la maison et on s’occupe des enfants alors qu’on a plein de compétences qui pourraient nous faire tous avancer.
    En tout cas courage les filles qui travaillez et lorsque vous rencontrez quelqu’un soyez bien claires sur vos attentes comme ça il n’y aura pas de mauvaises surprises.

  4. hanane dit :

    Cet article est trés interessant. Bravo a ces deux demoiselles. Que Dieu vous aide.
    Trés positif,et encourageant.

  5. Amina dit :

    salam walaykum

    Article qui en dis long sur les musulmanes pour ceux qui en savent rien.

    Et oui ont s’émancipe comme tout le monde !

    Bon courage pour la suite.

  6. Jihane dit :

    Salam,

    Y’a pas de mal à être carriériste, je le suis moi lol, je plaisante.
    Je trouve que le témoignage de ces deux demoiselles est une grande claque pour ceux qui prennent les femmes musulmanes voilées ou pas d’ailleurs pour des illettrées incultes.
    Au delà de notre confession,et du choix que certaines de nous ont fait d’êtres voilées, nous sommes des femmes comme les autres qui aspirent à un épanouissement, à vouloir voir aboutir à quelque chose toutes ces années d’études où l’on a travaillé d’arrache-pied pour pouvoir trouver un boulot qu’on aime, s’épanouir, être indépendante économiquement, ce qui est très important pour moi, même si je ne manque de rien chez mes parents du point de vue matériel, pour moi le boulot serait un exutoire, quelque chose où je pourrais investir toute mon énergie et être reconnue pour mes compétences.
    Comme disait Samira cela fait peur aux hommes, mais pourquoi messieurs?
    En même temps, les hommes il ne leur en faut pas beaucoup pour avoir peur d’une femme, suffit de dire que vous êtes bac+3, que vous ayez un peu d’humour, une bonne culture générale pour les effrayer, parce qu’une femme qui a du répondant ça gêne,et forcément c’est plus difficile de l’embobiner, et peut être certains ne peuvent tout simplement pas tenir une conversation avec une femme cultivée, par justement manque de réflexion et manque de culture, ils utilisent alors leur machisme car ils savent qu’il ne sont pas à la hauteur.
    Mais heureusement qu’il y a encore des hommes qui savent apprécier la compagnie d’une femme cultivée et indépendante.

    Salam.

  7. Mariame dit :

    Ooooooh mon Dieu ! Y a une prof, une fonctionnaiiiiiiiiiiiiiire sur le site !! Zgougou… hi hi hi :D

    Karima, bien sûr qu’il viendra le prince !! Une tête bien pleine, c’est très charmant ! :)

    Sinon mesdames, il reste des places pour l’atelier d’écriture !!!!!!!!! Pour celui de ce week-end par exemple ! Donc n’hésitez pas à vous inscrire mes jolies :D

  8. fat fat dit :

    salam les filles ,

    Mon intervention va faire tache mais bon c’est mon expérience.

    Voilà je suis une maman qui a choisi d’arreter de travailler.
    Comme samira je suis dans le domaine de la finance j’ai eu un des meilleur diplôme de France dans une très grande école et j’ai travaillé dur pour y arriver.Sans me vanter je suis très bonne dans mon domaine avec des connaissances techniques très pointues ainsi que la maitrise de plusieurs langues et une forte capacité de négociation.
    Vous pensez peut être quel gâchis…Sauf que quand je travaillais j’étais au bord de la dépression.Je n’arrivais pas à concilier ma vie professionnelle et ma vie de famille.Il faut dire que dans mon domaine les horaires sont très difficiles : je devais me lever à 5 H du mat pour pouvoir me préparer, préparer mon fils le déposer pour arriver à l’heure au bureau.
    Je rentrais le soir sans avoir vu mon poussin qui se couchais à 21h.
    Ma vie de couple était inexistante ,mon mari travaillant aussi beaucoup lorsque l’on se parlait c’était pour se disputer.Car nous étions tous les deux très fatigués et stressés par notre journée.
    En rentrant les volets n’étaient même pas tirés , les lits pas fait il fallait préparer à manger bref c’était déprimant.
    Au boulot je ne travaillais qu’avec des hommes , je devais enlever mon hijab j’avais le sentiment d’être une hypocrite pire une skizo je le vivais très mal.
    Les weekend étaient trop courts entre les lessives , le ménage , les courses. J’étais trop fatigué après pour voir ma famille ou mes amies.

    Bref depuis que j’ai arrêté de bosser ça va beaucoup mieux j’ai repris des couleurs je profite de mon fils , j’ai retrouvé mon mari , je mange correctement je vois ma famille, mes amies bref je vis tout simplement.

    Voilà ma petite expérience je pense pas reprendre un travail tout de suite mais inchallah lorsque mes enfants (le deuxième est en route) seront un peu plus grands prendre un travail à mi temps pour être là quand ils auront besoin de moi.
    Un conseil mes soeurs tant que vous n’avez pas d’enfants profitez :travaillez faites votre place ect mais lorsque vous avez des enfants ( à moins que le papa ne travaille pas ou a un travail souple) levez le pied , je vous jure ils grandissent trop vite.
    Ne suivez pas à tout prix un modèle qui n’est pas en adéquation avec vos valeurs dans lequel plus d’un mariage sur deux finis en divorce.
    Sur le plan matériel c’est vrai qu’il faut composer avec un seul salaire mais Dieu met de la baraka el hamdoulilah on ne manque de rien vraiment.

    Voili voilou je vous dit à bientôt.

    salam aleikoum.

  9. Maryam dit :

    Salam,

    Mariame, on dirait que tu as oublié que c’était le week-end du 14 juillet ;)

  10. sam dit :

    salam,

    merci pour cet article intéressant ainsi que les commentaires.
    En effet, difficile de s’épanouir, être indépendante, etc…pour la femme musulmane dans une société qui ne lui permet que peu de marge de manœuvre.
    Ensuite lorsqu’on pèse le pour et le contre, les priorités concernant la famille, l’éducation, ce socle si fondamental…le hijab, ce mal être si … tabou finalement, parce que l’on a peur d’être jugée…ça laisse peu d’options !
    Chacune a sa réponse et compose comme elle peut car il n’incombe pas qu’à la femme d’endosser ses responsabilités. Mais je crois comme l’a décrit fat fat dans son témoignage touchant que lorsque nos priorités se perdent et que notre but au travail perd son sens, alors oui il faut se repositionner. Nous n’avons rien à prouver à personne, alors concentrons nous sur nous, sur le modèle de femme que nous transmettons à nos enfants. Je ne pense pas que ces derniers se souviendront de nos belles carrières, ou autre, mais plutôt de notre cohérence, la clarté de nos coeurs, là peut-être qu’ils se diront ma mère avait tout pour réussir mais elle a fait son choix. Loin de moi l’idée de prôner la femme au foyer !!!! non, non, mais comme je l’ai dit peu d’options!

    Enfin, pour en revenir aux messieurs, peu être ont-ils peur de prendre une femme « carriériste » et se retrouver à lui dicter son mode de vie, beaucoup ne le souhaite pas, donc ils se tournent vers ce qu’ils pensent leur correspondre. C’est dommage parce que je pense qu’il faut parler entre hommes et femmes musulmanes, briser ce genre d’idées préconçues et cesser de donner l’impression d’être sur un ring de boxe. Tout évolue, tout se négocie, rien n’est figé, le témoignage de certaines sœurs le prouvent. Seulement à ces hommes ils faut le dire clairement car les hommes ne savent pas lire ou entendre ente les lignes ;-)

    bon courage à toutes et j’espère que l’on trouvera toutes la voie qui correspond à nos valeurs.

  11. Rim dit :

    Ouf merci les filles pour ces commentaires, car je me sentais seule ;-) je suis ingenieur en informatique et j’aime ce que je fais c’est un plaisir d’aller travailler meme si c’est un monde de brut ( alors que moi aussi j’etais bien au chaud au sein de ma familles et mes amies) mais on apprend tous les jours, on apprend a etre forte que rien n’est acquis et qu’il faut se battre. Il ya tres peu de femmes dans mon domaine encore moins des musulmanes voilees ou pas, donc c’est mon combat, faire en sort que la femme musulmane soit representee dans tous les domaines de la vie. COURAGE les filles ;-)

  12. Youssef dit :

    Hello,

    Très beau témoignages !
    Es-t-il possible d’avoir les coordonnées de l’opératrice de salle de marché ‘pour ne pas dire tradeuse :-D )

    Salam3likom
    Y

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>