Rencontre improbable avec Loubna Méliane
Quand on lui demande ce qu’elle a appris après dix années de militantisme, Loubna Méliane répond « que tout n’est pas tout blanc ou tout noir ». Très présente dans les médias et sur le terrain avant de mettre sa carrière entre parenthèses, cette jeune femme n’a eu de cesse d’articuler combats politiques et défits personnels. Parfois décriée pour ses prises de position, Loubna Méliane se révèle être aujourd’hui une jeune maman heureuse et épanouie, qui parle sans ambages du passé avec un regard tourné vers l’avenir. Portrait d’une femme de terrain qui retrace avec nous son parcours en toute sincérité.
On connaît toutes ton parcours de militante, de femme engagée. Mais si je devais retenir quelque chose dans tout ce que tu as pu faire, c’est ton livre, Vivre libre, où tu te dévoiles beaucoup.
Je me suis mise à nu, ça a été difficile, très dur même. Je considérais que c’était pas à moi de faire ça. En tant que militante, je mène des combats pour ma personne, mais aussi pour les autres. Pour moi, quand tu es militant, tu n’as pas à te dévoiler… Je pensais qu’il n’y avais aucun intérêt à dire qui j’étais, d’où je venais… Et avec les années, je me suis rendue compte que si, que c’était plus simple et plus facile de faire passer des messages quand on racontait une histoire. Le but n’était pas de raconter mon histoire pour raconter mon histoire, non ! C’était de montrer mon cheminement par rapport à mon histoire familiale, mon engagement et les rapports que j’ai pu avoir avec les uns et les autres. Le but était de montrer que finalement, on est que le produit d’une histoire. Ce qui m’a poussée du jour au lendemain à militer, c’est mon histoire familiale. Chez moi, les femmes ont toujours été indépendantes. Et pour moi, être une jeune femme, issue d’un quartier, qui va à l’école, qui est confrontée à des difficultés, avec différents handicaps… Pour moi, malgré tout ça, on a envie de s’en sortir, et on se donne les moyens. Bien sûr, on a du mal, on doit en faire plus que les autres. Mais voilà, je voulais montrer qu’on pouvait y arriver. Chacun mène la vie qu’il veut mener. Néanmoins, on vit dans un pays où on a le droit de revendiquer un certain nombre de choses, on a la possibilité de le faire dans le respect de l’autre.
C’était donc par nécessité purement militante que tu as écrit ce livre. Mais à côté, comme tu l’as dit, tu as dû te mettre à nu. Est-ce que c’était pour toi un exutoire, une thérapie ?
Non. Vraiment, je voyais plus ça comme un exercice militant. Y a eu un travail d’introspection, c’est évident, mais pas très poussé. Parce que l’objet du livre, c’était pas de raconter ma vie pour raconter ma vie, c’était de raconter mon engagement. Je n’essayais pas de régler des questions d’ordre personnel. C’est après que ça a déclenché d’autres choses. Je vis ma vie de femme, je suis mariée, j’ai une petite fille. Forcément, j’ai fini par me poser des questions sur qui je suis, d’où je viens, ce que j’ai envie de transmettre à mon enfant. Donc là oui, j’ai dû faire une réelle introspection, parce que je mène une vie qui fait qu’au bout d’un moment, j’ai du me poser des questions. Et il faut avoir le courage de se mettre devant un miroir et de se poser les bonnes questions. C’est vrai que ma fille, plus que le livre, m’a amenée à une véritable introspection.
Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que quand on voit, on entend Loubna Méliane, on t’associe directement à un parti, à un mouvement, à un groupe. La Loubna femme, maman, c’est certainement la plus intéressante.
Je vis comme n’importe quelle jeune femme en France. Je me suis posée pas mal de questions, à savoir si oui ou non j’étais capable d’assumer un mariage mixte, avoir un enfant, des questions auxquelles j’ai pu répondre grâce à la marche (Marche des femmes des quartiers pour l’égalité et contre les ghettos) qui m’a poussée à penser que je pouvais vivre égoïstement, penser à moi, vivre heureuse. Pourquoi me l’interdire ? Au nom de quoi ? Donc voilà, je me pose les mêmes questions que n’importe quelle jeune femme. Au départ, c’était simple de sortir avec lui, ça ne l’engageait à rien, et ça ne m’engageait à rien. C’est au fil des années, au fur et à mesure que le temps passe que tu te rends compte que tu t’installes dans une routine, que ça devient sérieux, que ça amène à autre chose, à construite quelque chose ensemble, à s’installer, à se marier… à avoir des enfants ! La marche, ça m’a permis de régler ça par exemple, des questions plutôt personnelles. J’étais amoureuse, je voulais donner une chance à cette histoire et aujourd’hui, je suis heureuse. Il n’est pas musulman, mais il n’empêche qu’il respecte qui je suis et ce que je suis. Juste pour te donner un exemple, pendant un moment, j’étais loin de ma famille, et c’était la période où j’avais eu ma fille, où je voulais qu’elle puisse découvrir ma famille, ma culture. La famille de mon mari est adorable, je les aime très fort, ce sont des gens extraordinaires, mais ils ne pouvaient pas lui apporter ça. Je le vivais mal, mais mon mari a été génial. Il a proposé de fêter l’aid, m’a dit que j’avais ma propre famille, qu’on pouvait le fêter ensemble. Et c’est la que j’ai sorti mes livres de recettes, que j’ai invité mes amis, qui n’étaient pas forcément musulmans, mais peu importe. Le but était de partager avec moi le repas de l’aid. Il n’était peut être pas parfait, mais voilà… Notre force, c’est d’accepter l’autre comme il est, sans lui demander de changer. Je ne lui demanderai pas de changer, et il ne me le demandera pas non plus. Après, d’autres questions se poseront quand ma fille sera plus grande et qu’elle devra faire son choix, mais elle le fera toute seule. Moi, je ne lui imposerai rien. Si elle veut devenir musulmane, je lui expliquerai ce que je sais, et en réalité, j’ai une conception assez personnelle de la religion. Je l’inviterai à lire, c’est ce que mon père m’a toujours appris, à aller chercher dans les livres, à se faire sa propre opinion. On pourra en discuter, c’est ce que je faisais avec mon père ; on a pas eu d’obligations ou autres avec lui, je veux faire la même chose avec ma fille. J’essaierai de l’aider au mieux, de lui donner des conseils. Je ne veux pas lui mettre la pression. Avec mon mari, on est plutôt des laïcs. On croit, en quelque chose, mais plutôt à des valeurs universelles, le respect, la tolérance…
Vous croyez en une humanité ?
Oui voilà. Chez moi il s’appelle Allah, chez lui Jésus. Mais s’il s’était appelé autrement, ça ne nous aurait pas posé de problème. Y a des piliers, on s’appuie dessus et ça s’arrête là ! On essaye, mais je sais qu’on aura des difficultés d’ici quelques années, quand ma fille grandira. J’appréhende parce que ce qui m’inquiète, c’est le repli communautaire qui existe, et qu’on ne peut pas nier. Un enfant issu du métissage, c’est compliqué. Savoir d’où l’on vient, qui on est… Si en plus, par dessus tout ça, les uns et les autres mettent leurs propres revendications pour essayer de s’en emparer, j’ai de quoi m’inquiéter ! Pour l’instant, elle est petite. Elle vit avec plein d’amour, mais j’ai peur pour elle. Elle est métisse, elle a une double culture, et l’extérieur peut être hostile pour elle.
Quelques soient les milieux, les groupes qu’elle sera amenée à fréquenter ?
Oui, tous milieux confondus ! On a encore du mal à accepter le multiculturalisme.
Par rapport a tout ce que tu dis, à la naissance de ta fille qui à l’air d’avoir changé ta vie tant sur le plan personnel qu’au niveau de tes combats de militante, on voit que ça t’as ouvert les yeux sur pas mal de chose, sur ta manière d’appréhender l’autre.
Les gens me connaissent depuis que j’ai 19 ans. Aujourd’hui, j’en ai 31, et je suis comme tout le monde. J’ai grandi, j’ai évolué, j’ai mûri. Je ne suis plus forcément dans la spontanéité, je suis désormais plus réfléchie. Les gens sont restés sur une image. Je ne dis pas que j’ai mis de l’eau dans mon vin, je dis juste que les choses se présentent à moi différemment. Je ne les vois plus de la même façon, ou en tout cas, j’essaye de regarder plus loin que le bout de mon nez, et d’arrêter de me laisser prendre par les émotions. J’essaie aussi de ne plus regarder les choses sous un prisme personnel, par rapport à ma propre histoire. J’ai appris que les gens n’ont pas la même histoire que moi. Ils sont différents, et ont des histoires différentes,
Les histoires sont différentes et rien n’est figé. Et par rapport à tout ce que tu as pu faire, est-ce qu’il y a des choses que tu ferais autrement ? Qu’est-ce que tout ton parcours t’as appris ?
Que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, qu’il y a des nuances, que les choses sont compliquées. Je referais les choses de la même manière parce que c’était moi, à des moments particuliers. Je ne vais pas nier ce que je suis, je ne suis pas une autre personne. J’ai juste grandi ! Pour moi, les choses ne sont plus aussi simples. Il faut être capable d’analyser, d’écouter, de comprendre, et après d’avoir une opinion. Mais pas avant.
Y a pas très longtemps lors d’un débat, tu expliquais que tu assumais tout ce que tu avais pu faire jusqu’à aujourd’hui, mais qu’il y avait eu pas mal de récupération. Est-ce que tu parlais de Ni putes ni soumises que tu as fini par quitter ?
Non, on m’a gentiment demandé de partir.
Pour des question idéologiques, ou c’était plutôt des luttes de pouvoir ?
Un peu des deux. Je voulais pas faire de Npns un mouvement communautaire, pour moi ce n’était pas possible. La seule communauté à laquelle je veux bien appartenir, c’est la communauté française, la nation une et indivisible. Mais Fadela Amara a toujours voulu en faire un mouvement de beurettes, moi non. Parce qu’en plus, quand on a fait la marche, moi j’ai travaillé avec des femmes pas forcément issues de l’immigration, des quartiers ghettos. C’était des femmes qui avaient vécu les mêmes difficultés que nous, peut être pas aussi violentes, mais toutes aussi agressives.
Parce que pour toi, on porte toutes les mêmes stigmates ?
Oui, et c’est pour ça qu’il fallait un mouvement collectif. Le but était de créer une passerelle entre les féministes d’avant, et les femmes que nous sommes aujourd’hui. C’était un beau challenge que de remettre au goût du jour le féminisme, et surtout de l’expliquer. C’est pas une lutte des classes, une lutte entre les hommes et les femmes, non. C’est un combat de société pour permettre aux hommes et aux femmes de vivre ensemble, de trouver leur place . C’était la marche des femmes des quartiers contre les ghettos et ensuite pour l’égalité. Le féminisme est arrivé après. C’était avant tout un combat social pour moi, et au sens large. C’est en rencontrant des femmes, des féministes que je me suis dit que c’était important de renouer avec cette histoire, celle de notre pays. Finalement, Npns, c’est plus du tout ça ! Là, c’est des petites beurettes qui se mobilisent pour elles. Ça a créé beaucoup de tentions entre nous et les mecs, alors que sur la marche, pas du tout. C’est vrai que le slogan pouvait choquer… c’était de la provoc’, de la com’ quoi ! Je le dis et j’assume ! Il nous fallait un nom fort pour être visibles et entendues, mais ça ne voulait pas dire qu’on vivait en opposition avec nos frères et pères. Parce qu’eux aussi vivent les mêmes difficultés. C’était un combat pour nous, mais pour eux aussi. Et c’est pas ce qui en ressort aujourd’hui. Npns, c’est aussi une coquille vide, on ne propose rien. C’est bien beau de dire aux jeunes filles vous avez des droits, revendiquez-les… mais on leur donne pas les moyens, on ne leur propose pas d’alternatives, de solutions. Elles sont tombées dans une espèce de victimisation et moi, je ne suis pas une victime. Je ne me considère pas comme une victime. Et même celles qui ont subi les choses les plus difficiles et les plus atroces le disent. Là avec Npns, on est tombé dans le pathos. Après oui, c’est grave ce qui se passe, il y a des violences, mais c’est pas que ça. On ne peut pas se mobiliser uniquement la dessus. C’est réducteur, on tombe dans les clichés et en plus, ceux dont on veut se débarrasser. C’est une réalité que des femmes meurent sous les coups de leurs conjoints…
Mais celui-ci n’est pas forcément maghrébin ?
Tout à fait !
Donc pour toi Npns à l’origine, c’était un mouvement qui portait une lutte sociétale, quelques soient les origines ethniques, religieuses et sociales des uns et des autres ?
Y a qu’à regarder les statistiques, que tu sois une femme issue d’un milieu aisé, ou issue d’un milieu ouvrier, tu subis les mêmes violences. Les statistiques parlent.
C’est ce qui t’a dérangé ?
Oui, et par ailleurs, on m’a dit de partir avant d’exprimer quoique ce soit, de laisser la place à Fadela. Et à la rigueur, ça arrive, c’est de la politique. C’est pas ma façon de faire, mais bon…
Et qu’est-ce que tu as ressenti ?
J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. C’est comme si on m’enlevait mon bébé. Je travaillais dessus depuis deux ans. Npns, c’était bien avant la mort de Sohane. Ce malheur a permis d’avoir un écho au niveau médiatique, mais le mouvement existait bien avant. Mais ça avait marqué tout le monde parce qu’avant, on en parlait pas à la télé. Et puis Npns, c’est devenu un mouvement réduisant son combat contre les violences physiques faites aux femmes des banlieues. Même si c’est une réalité, y a pas que ça. D’autres problèmes existent, économiques, politiques. Avoir une carrière politique pour une femme, c’est difficile. Concilier une carrière professionnelle et une vie de mère, ça l’est encore plus. Et puis envers les mecs, on avait beaucoup d’affection, parce qu’on se rendait compte que si notre situation se dégradait, c’est parce que la leur aussi se dégradait. On essayait de se battre pour nos frères, c’était un combat commun. Je ne me vois pas vivre à côté d’eux, mais avec eux. Et c’est vrai que c’est aussi intéressant de mener un combat féministe en tant que tel, avec des questions sur l’émancipation, l’égalité salariale, la lutte contre les violences conjugales et autres, la possibilité de faire évoluer les femmes, la question du rôle de l’Etat dans toutes ces problématiques… Bref, des questions d’actualité !
Et ton actualité à toi Loubna. Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?
Il a donc fallu faire le deuil de Npns, toutes les anciennes ont été virées. Faut savoir qu’aujourd’hui chez Npns et autour, toutes celles qui sont à l’origine du mouvement, elles ont toutes été virées, ou sont parties quand Fadela a rejoint le gouvernement Sarkozy.
Et qu’est-ce que tu as fait après ça ?
J’en avais marre que mon nom soit assimilé à des gens, à un parti … J’avais envie de me détacher de ça, de me prouver des choses, de me montrer que je pouvais voler de mes propres ailes. J’ai bossé en radio, une libre antenne. J’avais une émission en soirée, une fois par semaine, sorte de service public où on abordait avec les auditeurs des sujets d’actu, société, religion, racisme, sexualité, etc. J’invitais des experts, des artistes, des politiques. C’était très intéressant. Ça a duré deux ans, puis je suis tombée enceinte, je me suis occupée de ma fille, et le militantisme m’a manqué. En même temps, j’avais peur d’y retourner. J’ai pris pas mal de gamelles. Je pensais qu’on était une famille, qu’on militait dans la même direction. Mais c’est de la politique, c’est un autre monde. C’est une famille parce qu’il y a des convictions communes, des orientations semblables, des objectifs communs. Mais ce qui m’a mis hors de moi, c’est que certaines personnes sont là pour elles. Après, avoir de l’ambition c’est bien, j’en ai aussi, c’est pas vraiment le problème. Mais pas de coups bas. J’ai un petit espoir, je crois que ma génération veut rompre avec ces façons de faire de la politique. Je suis persuadée qu’il faut arriver à travailler main dans la main. J’ai envie de faire de la politique différemment. On verra, l’avenir nous le dira ! J’ai donc beaucoup réfléchi, j’ai pris beaucoup de recul. Et j’ai constaté que j’avais besoin du militantisme ! C’est dur, mais j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. Je bosse aujourd’hui pour la Fédération nationale des maisons des potes. Je suis la rédac’ chef adjointe du journal Pote à pote. J’écris des articles, je rencontre des gens. Ça me permet de réfléchir à des problématiques que je n’ai plus abordé depuis longtemps. Ça me permet aussi de voir d’autres choses, de ne pas être sur le même créneau qu’avant, de réintégrer le terrain. Mais je ne me mets pas en avant, je veux continuer à militer, à faire de la politique petit à petit, mais tout en ayant un ancrage associatif. Je pense que les années à venir, on fera de la politique différemment. J’ai l’espoir qu’une société civile va émerger, qu’elle va reprendre le flambeau, que ce sera différent.
Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city ?
Je voudrais seulement leur dire qu’on doit mener ensemble un combat qui nous concerne toutes, et non pas les unes contre les autres. Parce que sinon, on avancera pas, et ce serait vraiment dommage. Et je vous encourage aussi dans votre initiative de prendre et donner la parole, c’est très important et intéressant ! Bonne continuation à toutes.
Photo : Loubna Meliane, juillet 2009 à Paris – Hijab and the city

En statistique, ton argument n’est pas valide, pour la simple raison que la « population musulmane » (qui en elle même n’est absolument pas homogène, classe d’âge, origine, CSP…) n’est pas un échantillon représentatif de la population Française (statistiquement!!! En gras italique souligné!), tout comme les « Parisien(ne)s » (au sens large) bien qu’étant 10 millions ne sont pas un échantillon représentatif des Français.
Toute conclusion portant sur un ensemble n’est en somme pas valable sur l’autre (sauf chance extraordinaire, sachant que l’ensemble de départ est la population française incluant l’ensemble d’arrivée etc…) Statistics 101
Remarque bien que cela pourrait être tout autant plus que moins, mais en l’absence de données chiffrées, pas de conclusion possible. Et encore, n’importe quel personne un tant soit peu documentée sur les stats peut leur faire dire ce qu’elle/il veut, sachant qu’on joue sur les échantillons, les risques de premier et second espèces, la loi à appliquer etc.
Philantropiquement et dans le doute…
@ Viana,
tout comme vous, je trouve regrettable que la parole ne soit pas libre dans toutes les familles musulmanes. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire sur ce sujet.
Je ne sais pas quel âge avaient vos amies et à quelle époque (sans vous manquer de respect) se sont produites ces événements. Les choses ont pas mal bougé depuis quelques années. Je reconnais, nous souffrons d’une carence en éducation islamique. Ce qui génère des situations imposées, des non-dits, des souffrances en silence. Encore une fois, personne ne peut changer les choses à votre place. Nous pouvons tendre la main, à elles de la saisir ou pas.
Concernant le port du niqab,comme pour le foulard ou la tenue vestimentaire en général, je suis pour la liberté individuelle. Une femme peut dans son cheminement religieux faire le choix à un moment de se vêtir d’une manière et changer d’avis au bout de quelques temps. C’est tout à fait normal.
Maintenant, il faut reconnaitre qu’on ne sait pas toujours qui porte le niqab par volonté personnelle ou sous la contrainte d’un homme. Dans ce cas, comment lui venir en aide ? Je ne me vois pas lui poser la question ouvertement. Si elle ne me dit rien, je ne chercherais pas à « fouiner » dans sa vie. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue. En tout cas, lorsque l’occasion se présente, on peut faire passe le message de liberté que prône notre religion. Et à chacune de tracer son chemin.
@Viana,
Je cite:
« Vous, Vous allez bien, vous pouvez vivre ce livre comme une stigmatisation… Mais celle qui vont mal, qui subisent la violence conjugale (1Française sur 10 subit des violences en moyenne chaque jour), celle qui se force à faire les 5 prieres par jour parce que son mari l’y oblige, celle qui vit son voile comme une prison, celle là existent… elles sont là, elles aussi. »
Premièrement, je voudrais savoir qui vous pointez du doigt avec ce « vous »
inquisiteur?
D’après votre commentaire, il y aurait les femmes qui vont bien, et celles qui vont mal: Je passe sur cette vision manichéenne et simpliste de la société.
Ensuite c’est bien connu, nous filles voilées par choix, sommes soutenues de toute part pour notre choix personnel, on nous donne la parole à la télé, mais bon sang où étais-je chers Hatciens, où étais-je depuis le collège quand à 11 ans, on m’a demandé de me dévoiler à l’entrée de l’école au nom de ce qui se passe ailleurs?
Pauvre de moi, j’ai du me faire des films, quand au lycée, les profs mes sermonnaient pour me faire enlever un voile que j’avais choisi de porter, j’ai dû rêver quand certains groupes féministes n’avaient pas trouvé mieux à faire que de jetter la pierre aux voilées.
J’ai dû aussi me rendre malade toute seule quand à la porte du lycée, j’avais mal au ventre tellement je voulais pas renoncer à ma liberté de porter ce que j’avais envie de porter. En fait, tout était simple, et moi depuis 11 ans, j’ai pas réalisé!
Je n’aime pas partir au quart de tour, mais premièrement, vous ne savez pas ce que nous avons vécu quand nous avons fait le choix de nous voiler, quand tout le monde était contre nous, et que DES FEMMES sensées nous soutenir, ont été les premières dans cette campagne d’inquisition, Melle Méliane en tête.
Encore heureux, qu’elle se soit rendue compte de son discours stérile, et qu’elle ait affirmé que « tout n’est pas tout blanc ou tout noir », à vrai dire le discours de ce genre de personnes ne me met pas en colère, il m’indiffère et me fait pitié.
Moi, je m’indigne contre TOUTES les violences faites aux femmes, et si vous aviez pris la peine de lire plusieurs articles de ce site, vous vous en seriez rendue compte, mais bon comme à la télé on fait sa petite lecture de bricolage et on prend ce qui nous arrange. Pathétique.
Pour TOUTES les violences, je m’indigne, je dénonce et je refuse qu’elles soient passées sous silence.
Je trouve que les violences faites aux femmes sont dénoncées dans notre pays, et j’encourage cela en tant que femme.
Mais seulement, il faut faire la part des choses entre dénoncer, et instrumentaliser l’histoire douloureuse de certaines femmes pour taper sur l’islam ou encore sur les voilées. C’est tout simplement dégoûtant, cela relève du voyeurisme et le pire c’est que certaines dont vous, en sont encore à tomber dans le piège politique et médiatique.
@ Viana:
J’ai bien saisi le sens général de l’idée que vous voulez faire passer, je suis assez d’accord avec vous sur le fait qu’on a tendance a interpréter pour nous,de nous sentir visées à chaque fois qu’on lit un témoignage de femme opprimée. Alors que le témoignage en question n’a pour autre but que de témoigner, certes d’une situation à part, minoritaire, mais de témoigner… Et nous on prend ce témoignage comme une agression,une provocation.. Nous sommes tellement centrées sur nous mêmes que nous devenons paranoiaque et prenons tout pour nous…
C’est vrai comme vous le dites la femme qui témoigne ne pense pas à l’impact que son livre va avoir pour nous.. C’est le cadet de ses soucis.. Elle témoigne parce qu’elle en a besoin , point. Quand à l’éditeur et au publicateur ca c’est autre chose… Je suis assez d’accord avec vous sur ce point, et même si moi aussi je m’insurge sur la volonté des médias de prendre des cas a part afin d’instaurer un climat de peur, je suis aussi consciente que cet acharnement de la société que nous les femmes musulmanes majoritaires qui ne demandont rien à personne, cet acharnement nous emmène hélas à devenir égocentrique… Donc face à ca je dirais: « Pardonnons-nous… »
PS: pardon pour toutes les fautes et la mauvaise expression, j’ai plus les pensées tres claires et mal a m’exprimer car manque de sommeil, bisous à toutes!
Jihane comme 0 son habitude 0 traduit à merveille ce que plusieurs d’entre nous pensent et vivent au quotidien. Bisou Sista!
Il faut le dire, i faut que ca s’entende: FORCER QUELQU’UN A ENLEVER SON VOILE EST AUSSI CONDANABLE QUE DE FORCER QUELQ’UN A LE PORTER.
oups, je n’ai pas fini,
et statistiquement parlant
je crois que le mal est plus fort de notre coté.
Immaginez vous seulement l’humiliation que ca peut ressentir une femme qui se sent « NUE » sans son voile car cela fait partie de sa pudeur de se couvrir la tête, lorsqu’on la force à se devoiler.
Immaginez vous la fatigue psycologique de repondre sans cesse à ces interrogatoires inquisiteurs AU QUOTIDIEN! Affronter les regards mechants et essuyer les remarques blessantes??
Mais biensur, ca ne fait pas gagner des voix aux elections que de parler de ca, ca fait encore moins vendre des livres et ca ne garanti pas l’audimate.
@Karmouma,
Bisou à toi aussi grande soeur!
@Viana,
Nous disons toutes haut et fort comme l’a dit Karmouma qu’en tant que voilées nous condamnons le fait que certains puissent obliger une femme à se voiler, c’est inadmissible, indigne de notre religion de paix.
Pour ma part, je suis prête à aider une femme qui a été contrainte à se voiler, à se dévoiler si tel est son choix.
Cependant, êtes-vous prêtes vous, à me soutenir moi, voilée, par choix et à vous indigner contre le fait qu’on oblige les femmes à se dévoiler, autant que moi je le fait quand on oblige les femmes à se voiler?
Je n’en suis pas si sûre.
Les voix des voilées et plus largement des musulmanes, et c’est une réalité, s’élèvent plus pour condamner le voile imposé, que celles des pseudos-féministes pour condamner toute la pression et le harcèlement que nous subissons pour nous le faire enlever à tout prix.
Et là, j’ai envie de dire, que le discours des féministes perd toute crédibilité pour ma part.
Je voudrais bien féléciter « Loubna Méliane » sur le succés de son livre « Vivre Libre », je l’ai lu 10 fois é à chaque fois j’ai la méme envie de relire .C un livre extraordinaire ki ma fai ouvrir les yeux sur bcp de choses. merçi é bon courage
Nadia,
MDR, « vivre libre » de Loubna Méliane, un livre extraordinaire??? C’est extrêmement exagéré comme qualificatif, à croire que ça relève de la haute littérature française.
Et pourtant ce n’est pas du tout une attaque contre Loubna.
Je n’avais pas lu les 2 derniers commentaires de Karmouma et Jihanou, je suis du même avis qu’elles !
@ Jihane….Ta liberté commence là où s’arrête celle des autres(en l’occurrence celle de légiférer,puisqu’il n’est pas interdit de porter le voile CHEZ SOI,et celle de pouvoir déambuler dans un établissement scolaire dans une tenue non ostentatoire)….Il n’y a pas à en être choqué,c’est la loi(mars 2004),on s’y plaît.
On s’émeuvrait autant d’un Juif qui porterait la kippa dans une école non judaïque ou d’un « lève qui arborerait une grosse croix dans une école publique(donc non privée catholique).A la base,ce problème du port de signe distinctif ne concerne pas QUE l’Islam.Il la vise peut-être plus en raison des nombreux événements qui se sont produits ces trois dernières décennies(1988:1ères élèves éradiquées de leur école parce qu’elles portaient le voile-en cours de gym plus exactement-).
Bonjour à toutes et a tous,
Moi personnellement je n’oublierais jamais le mal que vous avez fait aux soeurs voilées lors des debats televisés. Grace un peu à vous, beaucoup n’ont plus eu acces à l’ecole! Il y un reportage tres interessant sur dailymotion « un racisme à peine voilé » . Vous verrez les degats que vous avez causé. Vous etiez extremement virulente sur l’islam, et les soeurs et pour ca j’aurais aimé des excuses sur tout ce que vous avez engendré. Juste le fait de vous entendre parler à nouveau m’hirisse le poil. Aujourd’hui vous avez une fille et vous dites avoir peur pour elle, mais c’est le monde que vous avez aidé à construire qui lui sera hostile, celui que vous avez aidé à construire de vos propres mains.