photo Hijab and the city femme voiléeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.

 

Peux tu te présenter aux lectrices ?

J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.

Quand à tu décidé de porter le hijab ?

L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.

Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.

 Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont  pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.

 Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?

L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.

Qu’en a pensé ton entourage ?

Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.

Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.

Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.

Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?

Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.

J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.

Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.

Comment as-tu vécu « l’après voile » ?

Après avoir pris la décision de l’enlever, je me suis sentie soulagée, apaisée. Je sentais que j’allais pouvoir recommencer, repartir sur de bonnes bases, reconstruire ma spiritualité, mon Islam sur du solide, en me concentrant sur l’essentiel, la prière notamment. J’arrivais à un tournant dans ma vie, je terminais bientôt mon bac+3, j’allais changer d’université, de ville, je me suis dis que c’était l’occasion. Et j’ai décidé de le retirer après mon dernier jour d’examen. Je ne voulais pas avoir ce changement trop brusque dans mon université, affronter les regards, les questions. J’étais bien acceptée avec mon voile, je pense que j’en avais donné une image positive que je ne voulais pas briser en arrivant du jour au lendemain dévoilée. Et puis, ce serait moins facile à assumer.

La première fois que je suis sortie sans, j’étais un peu stressée, il faut bien le dire. Je m’attendais à me sentir quand même un peu mal dans la rue sans ce voile. Mais en fait non. Ca m’a fait bizarre de ne pas le mettre au moment de sortir, mais une fois dehors, je me suis sentie à l’aise, transparente, légère. J’avais rendez-vous avec une copine qui ne m’a pas reconnue tout de suite. Mais je me sentais tellement mieux dans ma peau.

Penses-tu le remettre un jour ?

Je ne sais pas si je le remettrai. Pour le moment en tous cas, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Je ne suis pas contre en principe, mais je n’y trouverais pas beaucoup de sens. Je pense que je le porterais sans problème dans un pays musulman, dans un pays où le port du foulard est banalisé. Mais ici, ça implique trop de « visibilité », et c’est, je pense, ce qui me dérange le plus : l’image, le message que ça peut véhiculer, la distinction, la différenciation.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Ma famille a eu le respect de ne pas s’en réjouir ouvertement devant moi, et je leur en suis très reconnaissante. J’en ai profité pour mettre certaines choses au point avec eux : je retire le voile, oui, mais je reste musulmane, pratiquante, et n’essayez surtout plus de me faire manger de la viande non halal!! par exemple. Je me suis sentie plus en cohérence avec moi-même. J’assume beaucoup mieux mon islam face à eux depuis. Avant de le retirer, j’en ai parlé à plusieurs personnes, plusieurs amies, beaucoup avec mon ex. J’en ai parlé avec mes amies tant musulmanes que non musulmanes, des voilées, d’autres qui ont retiré le voile. Je voulais me confronter aux avis des autres afin d’être sûre de ce que je voulais, de ma décision, de mon choix, pour ne pas le faire sur un coup de tête. Du coup, ils étaient préparés à l’idée, et savaient que c’était le fruit d’une longue réflexion pour moi. Certain(e)s ont compris, d’autres moins, mais Dieu soit loué, tout le monde a respecté mon choix.

Je m’étais assez éloignée de la communauté depuis un certain temps, donc les musulmans de mon entourage ne sont que mes amis proches, à qui j’ai expliqué ma démarche. Globalement je n’ai pas eu de réaction vraiment négative. Je pense qu’à partir du moment où on fait son choix de façon mûre, réfléchie et mesurée, où les gens voient bien qu’il ne s’agit pas de sortir la minijupe ou de quitter l’islam, ils respectent globalement ce choix.

Où en es tu aujourd’hui ?

Le retirer m’a fait beaucoup de bien, à moi et à ma foi! Maintenant j’ai recommencé à m’investir un peu dans la communauté, à fréquenter les mosquées, et Dieu soit loué, les gens m’acceptent bien sans mon voile. Et, paradoxalement, je me sens tellement mieux dans ma foi, tellement plus musulmane. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma place…

Je ne sais pas si c’est très bien de le dire, mais je ne regrette pas de l’avoir retiré. Par contre j’admire et je soutiens à 300% les femmes qui le portent et qui l’assument, qui le vivent bien. Je trouve ça magnifique, bravo à vous les filles! J’ai peur parfois d’être un mauvais exemple pour certaines…

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157 Responses to Pourquoi j’ai retiré mon voile

  1. lila dit :

    MERCI MARIA, TON MESSAGE COMME CELUI DE SELMA ME FONT BEAUCOUP DE BIEN,MALGRES LES PRIERES LES CONSEILS LES LECTURES JE N ARRIVE TOUJOURS PAS A ETRE MIEUX NI A PRENDRE DE DECISION.ACTUELLEMENT JE TRAVAILLE DANS UNE ENTREPRISE OU IL Y A CERTES PLUS DE FEMMES QUE D HOMMES MAIS IL Y EN A QUAND MEME. LE PLUS DIFFICILE C EST DE PENSER QU UNE FOIS QUE JE TROUVERAI UN TRAVAIL DANS MA BRANCHE C EST A DIRE DANS LA CONSTRUCTION DE BATIMENT LA JE SERAI EN PERMANENCE ENTOURE D HOMME CELA NE CHANGE RIEN A MON COMPORTEMENT VIS A VIS D EUX JE RESTE PROFESSIONNEL ET QUE CELA SOIT AU TRAVAIL OU EN DEHORS VOILE OU PAS JE N AI JAMAIS CHERCHE A ATTIRER LE REGARD DES HOMMES
    AUJOURD HUI HAMDOULILAH JE SUIS MARIEE ET JE SUIS COMBLEE AVEC MON MARI MAIS MEME AVANT LUI J AVAIS CETTE PUDEUR
    SEULEMENT JE ME DIS JE DOIS ETRE HONNETE JE PASSE MES JOURNEE AU TRAVAIL PAS VOILEE SOUVENT JE NE MET MON HIJAB QUE LE TEMPS DE RENTRER CHEZ MOI ET BIENSUR QUAND JE NE TRAVAIL PAS JE TROUVE CA TROP HYPOCRITE PAS AU REGARD DE MA FOI MAIS DANS LE FAIT QUE JE PENSE QUE CELA NE RIME A RIEN D ETRE VOILE A TEMPS PARTEIL SOIT ON EST VOILE SOIT ON NE L EST PAS.

    AVANT DE DECIDER DE LE PORTER JE SAVAIS QUE JE N ARRETERAI PAS DE TARVAILLER SEULEMENT J AI RENCONTRE DES FILLES QUI ARRIVE A CONCILIE LES DEUX ET QUI LE VIVAIENT TRES BIEN ET CELA M A ENCOURAGE A LE PORTER. JE POURRAI ARRETER DE TRAVAILLER ET FAIRE PREVALOIRE MA RELIGION JE N Y ARRIVE PAS CE SERAIT EFFACER UNE PARTIE DE MOI CAR JE ME DIS J AI DES CHOSES A ACCOMPLIR MEME SI CERTAIN POURRONT Y VOIR DE L ORGUEUIL CE N EN EST PAS DU TOUT.
    AUJOURD HUI J AI REFUSE UNE SORTIE DE TRAVAIL CAR JE N ARRIVE PLUS A ASSUME
    MERCI ENCORE POUR TON MESSAGE CELA FAIT ENORMEMENT DE BIEN D EN PARLER

  2. salma( futur mam' inchAllah) dit :

    Lila,

    N’oublie pas le plus important c’est de faire à hauteur de ce qu’on peut! Si tu as eu l’intention de faire une bonne action mais que finalement tu ne la pas faite pour des causes valables, (comme ton travail par exemple), cette intention sera récompensée comme une bonne action. Dieu est compréhensif et sait le monde dans lequel on vit. Ai confiance en sa bonté. Demande à Dieu de t’aider à voir plus clair, ai confiance en Lui, et comme disait Maria,tempère ta peur,ton angoisse,et essaie de calmer ton esprit. Essaie de ne plus te focaliser sur ce voile, pense à autre chose, dis toi que pour le moment c’est ainsi et avec le temps tu y verra plus clair avec toi-même inchAllah.
    Et si ton mal-être persiste ,discute-en avec ton mari, exprime lui ta douleur,et inchAllah il te laissera libre de ton choix…De toute façon si il t’aime sincèrement il restera avec toi, avec ou sans hijab,c’est ton mari pour la vie,devant Dieu,et ce ne serait pas juste qu’il s’éloigne de toi,ou qu’il te considère mauvaise musulmane,compte-tenu des circonstances qui t’empêchent de porter ton hijab normalement.Il peut comprendre dans son coeur que ce n’est pas simple pour une femme de porter le hijab à mi-temps, et le déchirement ,la culpabilité que l’on peut ressentir. Après le refus et l’etonnement, peut-être finira t-il par comprendre…
    En tout cas n’oublie pas que tu fais une chose pour ton Seigneur et non pas pour une autre personne…
    Que Dieu t’aide ma soeur, salam!

  3. karmouma dit :

    Salam Lina,

    Ton recit me touche vraiment, je voulais t’inviter à te poser une question: te sens tu mal quand tu portes ton hijab, ou quand tu dois l’enlever?
    Ca change les donnes je pense, car la reaction à adopter pour que tu retrouves la paix ne serait pas la même.
    Je crois aussi qu’il est normal que tu passes par cette periode de reflexion, si tu demandes à n’importe quelle fille voilée, je pense qu’on a toutes eu des moments de doute, de faiblesse face à la mechanceté de certains. Porter le hijab en france est un sacré defit. Ca peut être une faiblesse, si la decision de le porter ne vient pas de nous, ou si les raisons de le porter ne sont pas les bonnes. Par contre, ca peut être une très grande force si on arrive à passer outre les remarques et les mechancetés des autres.
    Des jeunes filles se sont descolarisées parcequ’on refusait leur hijab à l’entrée des ecoles, resultat: des projet d’écoles privées musulmanes ont vu le jour. Ca c’est une grande force!
    Des jeunes femmes voilées se sont vu refuser des postes pour lesquels elles avaient les competences, resultat: elles ont crées leur propre buisness (n’est ce pas Khadija?), ca c’est une grande force!
    Il y a du bon partout crois moi, le hijab est une force. Du moins, c’est comme ca que je le ressent. Et je te souhaite sincerement de le vivre pareil.
    J’immagine que ca doit être difficile d’être contrainte à l’enlever pour trouver un taf, du coup les collègues ne savent pas qu’on est voilé et biensûr si un jour ils te croisent, la reaction peut être violente. J’ai envie de dire et alors? Car de toute facon, ils finiront bien par si faire. et puis c’est tant mieux si tout le monde le sait, comme ca à la prochaine sortie de travail, tu pointes avec ton hijab. hihihi
    Ne te tracasse pas pour les gens, car viendra le jour oü on dira tous « wa nafssi, wa nafssi ».
    Rabi ma’ak.
    Fi amani llah.

  4. karmouma dit :

    Pardon j’ai ecorché ton prenom, Lila.

  5. Marie dit :

    Salam’aleikoum Lila,

    Ton témoignage est plein de douleur, comme je te comprends, ce genre de questionnement n’est pas facile à vivre. Que Dieu te facilite.

    Je ne suis cependant pas d’accord avec toi quand tu dis « soit on est voilée, soit on ne l’est pas ».
    Pourquoi pas un hijab « à temps partiel » si tu ne peux faire mieux pour le moment?
    Le foulard n’est pas un « statut » en soi, c’est un vêtement (ce n’est pas comme dire « soit on est mariée, soit on ne l’est pas »).
    Ce qui fait intrinsèquement partie de toi, c’est ta pudeur, et elle ne te lâche jamais. Elle implique différentes choses tant d’un point de vue du comportement que de la tenue vestimentaire. Mais elle se montre différemment en fonction des circonstances, simplement. Quand tu en as la possibilité, tu te couvres de la façon la plus juste pour toi. Quand tu n’en as pas la possibilité, tu te couvres un peu moins, mais en étant toujours porteuse de cette pudeur tant dans ton comportement que dans ta façon de t’habiller.
    Tu n’es donc pas hypocrite, ni pudique à temps partiel. Simplement ta pudeur s’exprime différemment en fonction des circonstances, simplement parce que tu n’as pas le choix pour le moment.

    Que Dieu te facilite cette épreuve. L’essentiel est de te sentir juste et vraie vis-à-vis de toi-même et surtout vis-à-vis de Lui. Il sait ce qui est en ton cœur.

  6. fatiha dit :

    salam aleykoum

    je pense que je suis un peu comme Marie … même si mon parcours est un peu moins difficile car étant nait dans une famille musulmane … mais cette double identité : musulmane et française peut avoir un effet néfaste sur notre bien-être surtout lorsqu’on a envie de lier notre mode de vie occidentale à notre conviction religieuse. Porter le voile est d’autant plus difficile lorsqu’on rentre dans la vie active et qu’on quitte petit à petit notre groupe d’amie qui nous ressemble.

    L’entrée dans le monde du travail a été pour une vrai torture psychologiquement parlant … plusieurs questions posées qui ne laissent pas l’esprit se reposer : je l’enlève pour le boulot, est ce que ce n’est pas hypocrite, en même temps un bac +5 pour faire du ménage est ce que je ne vais pas devir rendre des comptes sur l’utilisation de ma science ? … trop de questions pour finalement opter pour la solution suivante : retirer le hijab pour le travail et inch’ALLAH un jour être son propre patron.

    Je ne pense pas que cela soit hypocrite car nous avons un choix très limité … mieux vaut rentrer dans la religion musulmane en douceur et ne pas s’imposer des contraintes faisant place ainsi au doute qui serait une brèche pour l’autre crapule et qui s’est donné pour mission de remplir l’enfer.

    Donc allons y en douceur et bi-idhnilah (avec l’aid de DIEU) on arrivera un jour à travailler, marcher dans la rue, aller voter sans se prendre des réflexions xénophobes …et vu les statistques sur le nombre de musulman et de convertion, on peut penser que dans quelques années le hijab en France ne sera plus un problème de société :)

  7. katoucha dit :

    Salam alaykoum (:

    Je suis assez etonnee de lire un tel temoignage sur H&C et ca m’a vraiment touchee car ca a du etre eprouvant pour toi ces differentes « phases » de ta vie de musulmane. Je comprends ton ressenti sur la « crise identitaire » et d’etre jugee de par les musulmans et de part les occientaux. Tu es heureuse ainsi, nous ne sommes pas Allah soubhanou wa ta3la pour te juger et je pense que tu as pris la bonne decision car tu ne te sentais pas bien avec, ce n’etait pas « toi » l’image que tu vehiculait aux gens avec ton hijab et le pire c’st que ca a freine ta pratique religieuse et ta Foi :( Mieux vaut pratiquer sa religion, avoir une vraie Foi en L’Islam et ne pas etre musulmane « visiblement » Que porter le hijab et ne pas savoir au moins une sourate du Saint Coran ( Et j’en connait, plus que ce qu’on croit ;) ) Bon courage je te souhaite le meilleur oukhty et peut etre qui sait un jour tu porteras le hijab avec une ferme intention et tu te sentiras en accord avec toi meme :) Wa Salam.

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