M comme … cuisine Marocaine … (partie 1)
La gastronomie marocaine, c’est tout un symbole, toute une histoire de traditions culinaires, qui, malheureusement, se perdent de nos jours …
De la naissance à la mort, ces traditions ancestrales jalonnent les grands moments de la vie. A l’occasion de la naissance, le sellou, mélange de farine torréfiée, d’amandes grillées et moulues, de miel, fortifiera la jeune maman. Le septième jour de la naissance, on égorgera le mouton, cérémonie religieuse symbolique, qui permettra de nommer le nouveau-né. D’autres festivités nous attendent : mariages, circoncisions, fêtes de l’Aïd …
Chaque réception est marquée par sa tradition gastronomique, à commencer par le mariage, où, au son d’une musique andalouse, les hôtes s’apprêtent à déguster après bastela, méchoui ou poulet aux citrons confits, la traditionnelle tfaïa, ragoût de viande, décoré d’amandes et d’œufs durs. Le lendemain, les parents de la mariée enverront au jeune couple, pour le petit-déjeuner, coupe de riz au lait et tête de mouton à la vapeur. Une semaine après, elle sera mise à l’épreuve, et devra préparer de bon matin, le levain qui fera lever le pain. Toujours curieuse, sa belle-mère testera ses talents culinaires : tagine d’agneau, tagine au poisson … Elle roulera le couscous, préparera la pâte feuilletée de la bastela, confectionnera des gâteaux pour les fêtes. Le matin de l’Aïd, mlaoui, rghaïfs, beghrirs …seront servis au petit-déjeuner, accompagnés de thé à la menthe et de plateaux de petits fours, puis elle saura doser les épices pour la mrouzia – ragoût de viande sucré aux raisins secs et aux amandes, pouvant se conserver plus d’un mois sans réfrigérateur. Pour le Mawlid, on dégustera avec délice, laassida, semoule cuite arrosée de miel, que l’hôtesse de maison aura préparée de bon matin pour le petit-déjeuner. Elle assistera à la cérémonie du khlii – viande séchée, où le boucher égorgera le veau ou le bœuf, au rythme des tambourins. Elle sera fière de cuisine la meilleure harira pour Ramadan, de préparer les chebbakiyas les plus sablés, le sellou le plus fortifiant. Toute une vie de traditions culinaires ancestrales.
La cuisine marocaine est assez difficile à régionaliser. De Tétouan à Marrakech, de Fès à Casablanca, Rabat, Agadir ou tout autre région du Maroc, on retrouve la fameuse harira, la bastela traditionnelle, le mechoui des grands jours, les différents couscous aux grains dorés et les succulents tagines de tous les jours. Néanmoins, chaque région se vante de posséder ce petit quelque chose qui sublime chacun de ces plats.
Quelques plats, pourtant, restent exclusivement spécifiques à une région déterminée. En effet, les spécialités de poissons sont plus variées, plus élaborées dans certains ports, comme à Safi ou à Tanger. De même, la tangia est un plat typique de Marrakech, que l’on ne retrouve nul part ailleurs au Maroc.
Cependant, les temps changent, le Maroc s’ouvre sur le Monde, et sa cuisine aussi. A Casablanca, ville cosmopolite, une grande diversité de cuisines étrangères s’est implantée, imposant ainsi des ingrédients particuliers. Vermicelle chinois, champignons noirs, fromages divers, herbes de Provence… vont peu à peu s’implanter dans la gastronomie marocaine, donnant ainsi des plats d’un nouveau genre : poulet ou encore delaa – quartier de mouton farci au vermicelle chinois, bastela aux fruits de mer… Des entrées plus ou moins élaborées, telles que les bricks tunisiennes, les pâtes à l’italienne, les salades exotiques, les potages ou soupes, vont ainsi permettre la composition de menus, où ne figurent qu’une entrée, un plat et un dessert, réservant aux grandes occasions, la possibilité d’ajouter un couscous ou un deuxième tagine. De même qu’en cuisine, la pâtisserie s’est beaucoup diversifiée. Des entremets à la crème, des sorbets et des glaces sont servis comme desserts à la fin d’un repas. S’inspirant du Moyen-Orient, de nouvelles pâtisseries – baklawa, besboussa, côtoient les traditionnelles cornes de gazelle, les fameuses ghroibas …
Des classiques de la cuisine marocaine ? Suite au prochain épisode…
8 Responses to M comme … cuisine Marocaine … (partie 1)
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je vis le glaude je vis!
J’ai faim le glaude, j’ai faim!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ma chère cuistot, ce parcours me ravit. La cuisine est le cœur battant de la maison, et le cœur marocain est parsemé de délices. J’attends le prochain épisode avec gourmandise, d’autant plus que tu sais rendre à chaque mets sa part de poésie!
Hey Cuistot la mrouziya j’adoooooooore!!!! le mélange sucré salé miam miam, le miel, les amandes grillées, la viande tendre et caramelisée… le tout accompagné du batbout, un pain moelleux à souhait, et d’un bon verre de thé mchahhar (bien relevé). Excellent!!!!!!
Salam Cuistot et toutes,
merci pour ce moment de bonheur!
Effectivement tu as bien raison en affirmant que chaque plat accompagne un évènement de notre vie. La cuisine marocaine est vraiment la bande originale de mon enfance; comme avec la madeleine de Proust chaque fois que je sens une bonne odeur de tagine ou celle d’un bon couscous, je ne peux m’empêcher de penser à ma chère mère (Allah i rhamha) dans sa cuisine à mettre la touche finale au plat qu’elle a préparé avec amour ou à ces goûter de pain msemen au miel et à la fleur d’oranger…
soupiiiiiiiiiiiiiiiiiir…
waaaaaaaw la cuisine marocaine!!!!!!
la meilleure du monde!!!!!!!
Miam miam chebbakia,slillou,hariraaaaa,ksouksou,atay,tajine,beghirs,msemen etc etc…
J’adooooooooooooooore
Salam, Bonjour à tous,
C’est quoi le sellou ? Je suis fan des tajines marocains, légers, et simples. Mais aussi de la bastella que je n’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en manger qu’une fois à un mariage
((((
Le sellou, c’est le GRANNY marocain! Il est composé de farine complète torréfiée au four, d’amandes émondées, frites puis concassées, de miel, de graines de sésame, d’épices (anis, cannelle, gomme arabique) et de beurre. Il se présente sous forme de poudre, ou si on met plus de beurre et de miel, sous forme de pâte que l’on roule en boudins pour former des petites bouchées.Il est servi pendant Ramadan, car c’est un excellent fortifiant (céréales+fruits secs), mais est également préparé pour la femme qui vient d’accoucher, pour lui redonner des forces. A l’occasion de la célébration de la naissance d’un enfant, on en offre aux invités dans des petites caissettes.
Pour le mawled, les tunisiens aussi font leur a3ssida (laasida).
Cette a3ssida spéciale mawled s’appelle a3ssidet ZGOUGOU….
Tiens ce mot ne vous rappelle t’il pas quelquechose ? Que dis-je, quelqu’un ?