Soirée Hijab and the city du 8 mars : mais comment c’était ?? (partie 2)
Youhou tout le monde !! Vous n’avez eu de cesse de nous demander des photos pour vous remémorer ou tout simplement commérer (ha ha) et voir comment la soirée s’est déroulée. Sachez que ce fut cool, sympa, chic, girly… c’est en tout ca ce qui a été dit dans les petits messages laissés sur le livre d’or ! Et vraiment, c’est très plaisant et ça n’a pas de prix, tout ces encouragements et compliments qui nous ont même poussé le lendemain (que dis-je, le 9 mars à 3h du mat’ sur le chemin du retour !) à penser à une prochaine rencontre (on prépare son agenda hi hi c’est peut être pour bientôt !). Mais déjà, on va commencer par vous raconter le déroulement de la soirée (en gros, très gros même, d’autres photos arrivent et surtout, on ne peut résumer ces instants magiques vécus à travers quelques lignes !).
Pour commencer, il faut vous parler du lieu choisi. C’est sur le Liza que l’équipe de Hijab and the city a jeté son dévolu, et a voulu à tout prix y faire sa première. Un lieu qui nous a semblé à l’image du site, un lieu cosy, girly, convivial, envoûtant comme dirait Khadija, un lieu qui à peine à l’intérieur vous fait voyager et vous transporte vers des contrées lointaines tout en étant au coeur de Paris. N’hésitez surtout sutout pas à y aller (c’est au 14 rue de la Banque dans le 2ème) et à visiter le site du Liza, vous y serez très bien accueillis, et vos papilles et pupilles seront émerveillées !
Dès que le lieu est pénétré, de gentilles et jolies hotêsses vous accueillent avec sourire et… coolitude ha ha, tout en vous souhaitant la bienvenue en vous offrant un badge « I Love HATC !! », vous demandent si vous avez fait bonne route et surtout, vous accompagnent jusqu’aux vestiaires en vous mettant à l’aise avec une ou deux blagues !! Qui sont-elles ?? Ce sont les les membres de la grande team Hijab and the city, Gamze, Allison, Yamina, Nassima, Ibtissem, Samira et Méliné !!
Une fois à l’intérieur, une fois dans votre élément, des odeurs vous interpellent et sollicitent votre odorat, un son vient chatouiller vos oreilles, vos yeux sont sous le charme de ce lieu au mobilier entièrement conçu sur mesure par des designers et artisants libanais… LA CLASSE ! Sans oublier qu’en parcourant le chemin de l’entrée jusqu’au vestiaires, vous rencontrez les lectrices, lecteurs amis et collaborateurs de Hijab and the city déjà présents, voyez toutes les animations qui occupent un espace particulier dans ce lieu féérique, et tout cela vous met à l’aise !!
Passons maintenant maintenant aux animations ! La première était assurée par un homme tout à fait exceptionnel, un chic type carrément sympa que j’ai eu plaisir à connaître et dont le talent est tout à fait remarquable, un homme qui est en france le seul capable de mixer des odeurs. Oui mesdames, mesdemoiselles messieurs, il y avait à la soirée Hijab and the city un perfume jockey, un DJ des odeurs, Emmanuel Martini qui a su charmer ces dames et ces messieurs, moi la première avec Sakina M’sa, Khadija et toutes les personnes présentes ! Il y a même un fan club qui s’est constitué… pas bêtes les guêpes. Quand Emmanuel sera une star, ben nous, hatciennes, nous l’aurons connu avant tout le monde, et fait quelques photos avec lui !!!


Et l’ambiance muscicale ?? Elle a été assurée (et le mot est faible) par Nasro, grand et talentueux joueur de oud (et multi- instrumentiste !!) qui a su nous enchanter, nous égayer, et nous transporter avec ses sonorités jouées, pleines de raffinement et de bon goût ! Il accompagnait la talentueuse Nora Aceval, conteuse et écrivaine dont je vous parlerai bientôt, et dont les contes sur les femmes ont su plaire et faire réagir hi hi hi !!
Il paraît qu’il y avait un quatrième artiste ?? Tout à fait, et comme les autres, il a fait un carton ! C’est Mahmoud Bagdadi dont Khadija nous avait parlé il y a quelques temps, notre ami artiste et calligraphe qui à travers son art a su transmettre avec beaucoup de pédagogie et de finesse, son amour pour les lettres, la langue arabe, l’art et l’écriture. Je crois que tout le monde a eu droit à un petit cour perso avec qalam et parchemin s’il vous plaît !
Je ne vous en dirai pas plus aujourd’hui, je laisse encore un peu de suspens. D’autres photos arrivent, ainsi que des anecdotes et une transcription de quelques petits mots laissés dans le livre d’or. Vous verrez qui était présent à la soirée, et saurez tout sur le trio de choc envoyé par la télé suédoise, sans parler de mon fabuleux discours qui a fait pleurer plus d’une personne… LOL. Sans oublier les nombreux remerciements à formuler car des gens en or, il n’y avait que ça à cette fabuleuse soirée !
Crédits photos : Franck Soudanas (Big up !), Yams du Grossip, Hijab and the city
J-2 semaines avant la soirée du 8 mars 2010
J- 2 semaines et des poussières de jours avant le 8 mars, vous savez, cette soirée qu’il ne faut rater pour rien au monde, cet événement fantasmagorique, magnifique, dithyrambique… oooh, si on peut plus se la raconter et dire n’importnawak !
Deviens une primitive, et tu lutteras contre le consumérisme !
12 février 2010 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
Aujourd’hui, on est vendredi. Et vendredi, ça rime avec philosophie, anthropologie et sociologie. Enfin ça rime avec un tas d’autres trucs, mais trop de mouahaha tue le mouahaha. Y’a pas mal de lectrices qui me somment de faire un « une seule en scène » mais je ne puis… car les blagues les plus courtes sont toujours les meilleures (et que j’aurais voulu être saxophoniste, tant qu’à être artiste !). Tu piges bichon ? Puis je laisse ça aux pros !
Parce que même sur facebook, tu assumes ta solitude
5 février 2010 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Peinée, je le suis ! Pas par l’actu, non. Il y a des choses dans ma vie tout à fait fascinante beaucoup plus dramatiques que Haïti, la burqa et Loana sur France Inter…
Oui, j’ai perdu un gant ! Je suis dèèèèèèg de chez dèg ! Une certaine hatcienne qui m’accompagnait lors du drame ne comprend toujours pas encore aujourd’hui cette tristesse (ouais, on revenait du défilé de Sakina M’Sa… on est trop des gens « in » sur Hijab and the city !), allant même jusqu’à se moquer de moi sur mon wall facemook… pas cool ! Comprenez que c’était la paire de gants qui n’a coûté que 25 petits euros (les soooooldes du siècle !) et sur laquelle tout le monde… bavait, je crois que c’est le bon terme. Ces gants, c’était le bon goût incarné, et il a fallu un an de ménage pour que la gauche plaque la droite. Depuis, je vis avec la droite, je suis même en train d’écrire avec là… seul Michael pourrait comprendre ! L’ironie dans tout ça, c’est que j’étais tombée quelques jours avant sur un groupe facebook que je n’arrive plus à trouver mais qui réunissait toutes les personnes qui en courant derrière le train perdaient un gant. Et après avoir lu l’intitulé, je me souviens avoir dit la phrase suivante : « oh les gros bouffons ! » suivie d’un « ha ha ha »… Tu t’es vu quand t’as bu ??
« Et où as-tu perdu ton gant crétine ? »
Dans le métro ma gueule, le METRO ! J’en ai pleuré… dans le RER… jusqu’à ce qu’un type s’installe à côté de moi et me dise :
- lui : ça va mademoiselle ?
- moi : oui ça va je vous remercie
- lui : vous voulez un mouchoir ?
- moi, dans ma tête : trop gentil et pas vilain en plus !!
- moi, en vrai : non je vous remercie (en essuyant mes larmes de crocrodiles parce que primo, un peu de dignité mince, surtout à Châtelet les Halles, Station balnéaire ou devrais-je dire, station dégueulasse. Et secundo, Khadija venait juste de m’envoyer un texto me disant qu’elle allait m’en acheter d’autres… hi hi hi)
- lui : c’est dommage de voir une charmante jeune femme triste…
- moi, dans ma tête : ooooh trop mignooooon
- lui, avant même que je réponde : en fait, voilà, je cherche une fille sérieuse… t’as pas un 06…
Nooooooooon, nooooon, il aurait pas pu fermer son bouche ! Mais c’est quoi ces princes qui en réalité sont des crapauds ??
En même temps, c’est vraiment pas à Châtelet qu’on fait les meilleures rencontres, mais c’est tellement rare de tomber sur des jeunes gens propres sur eux, polis et en plus de ça en possession des mouchoirs qu’on affectionne le plus ! Ouais, parce que y a mouchoir et mouchoir. Y a sous marque je te dégomme le zen, et mouchoir mouchoir quoi… je m’enfonce, je sais !
Tout ça pour revenir à la thématique qui vous préoccupe toutes, à en croire vos commentaires de ces derniers jours : le « casage ».
Si la vitesse à laquelle tourne l’horloge biologique, cette teigneuse, angoisse plus d’une fille, les poussant à partir à la chasse, à rêver tous les soirs du prince charmant et à garder espoir, d’autres elles sont carrément dans le « mieux vaut être seule que mal accompagnée (tellement vrai !) ou encore « à quoi bon se trimbaler un boulet qui chlingue le fauve et qui saoule » (hi hi hi). Elles n’envient donc pas leurs copines qui vivent le bonheur avec leur crapaud qui pue, et bien sûr maudissent tous les amoureux heureux et mielleux, berk ! De vraies aigries… que j’adore ! Trop des barres de rires de discuter avec ce genre de filles qui disent 70 % de choses vraies (le reste, c’est du semi-vrai parce que faut pas dèc, même s’il a tous les défauts du monde, s’il ressemble à lui, ben tu te tais et tu prends !). Tout ça pour vous parler de mes deux groupes facebook de la semaine !
« Tout ça pour ça ?? »
Ta bouche, c’est mon billet ! Et comme je le dis souvent, j’aime bien les détours, plus c’est sinueux, plus ça me fait rire… hi hi hi. Rien que ces petits apartés, il me font MDRer mouahaha !
Le premier, c’est celui-ci : Le 14 février, c’est la Saint-Khralentin. Trop fort !!! Pour celles qui n’auraient pas saisi c’est bien sûr sur la première syllabe de « khralentin » qui fait rire. Toujours pas compris ? Lançons la minute Roman Ossipovitch Jakobson ! Enfin… la micro minute hein parce qu’on est loin du compte ! Khra en arabe désigne un type de déjection très usité comme interjection exprimant la colère… tu comprends mieux maintenant ? C’est dire la considération que l’on a pour ce pauvre Cupidon… ce creuvard !
Le second : On a tous un(e) « amie » qui nous zappe dès qu’il/elle est en couple… On sent le groupe de célibataires rageux ha ha ha.
Et vous votre solitude, vous l’assumez comment ??
Les groupes facebook de la semaine :
- Le 14 février, c’est la Saint-Khralentin
- On a tous un(e) « amie » qui nous zappe dès qu’il/elle est en couple…
Petit FAQ de la soirée HATC du 8 mars 2010
« Youpi les filles, je viens à la soirée hijab and the city du 8 mars, mais je me pose quelques questions ! Ah bon Jacqueline ? Ouais… enfin je suis juste un peu curieuse ! »
- J’ai envoyé un mail pour réserver ma place, je peux dormir tranquille en attendant de donner ma participation ?
- Où se déroulera la soirée ?
- J’ai cours/je travaille le lendemain… je vais pas être fatiguée ?
Qui dort à 20 heures, quand Pimprenelle et Nicolas reçoivent de la part de Nounours du sable en pleine figure ?? La soirée commence à 20 heures, se termine à 1h… on a vu pire comme nuit blanche hi hi hi. Et puis, la Juvamine, à quoi ça sert ? Moi je dis qu’une petite exception de temps à autre, c’est pas dramatique ! A moins qu’on ait des étudiants du MIT parmi nous (si tu ressembles de loin à Keanu Reeves, tu peux quand même me faire signe !) ou des employés du Pentagone ! Et puis personne ne sera pompette, si c’est que vous craignez !
- J’habite loin/je veux pas venir sans ami(e)s…
On a pas mal de filles qui se plaignent soit d’habiter trop loin (nord, sud, est ouest, Bruxelles, Londres…). Mais je crois que le TGV et le covoiturage, ça existe non ?
Sinon, pour ce qui est de venir seul(e) ou accompagné(e), le but c’est de faire des rencontres, d’échanger. Il n’y aura pas de Rémi, je vous rassure !
- C’est une soirée 100% filles ou y aura le sexe opposé ?
- Y aura qui à la soirée ??
- Non mais y aura des vraies stars non ?
Pour réserver votre place (et faites vite, ça part comme des petits pains !) :
- envoyez un mail à hijab.and.the.city@gmail.com
- je vous donnerai la marche à suivre pour le paiement car envoyer un mail ne suffit pas à s’inscrire à la soirée. C’est une fois la participation de 40 euros reçue que votre nom fera partie de la liste.
- vous serez inscrit(e)s pour de bon, rendez-vous le lundi 8 mars 2010 à l’adresse que je vous indiquerai !
Le 8 mars 2010, viens faire la fête avec Hijab and the city !
Cela fait aujourd’hui plus d’un an et demi que Hijab and the city existe et que vous nous suivez très chères lectrices de manière très assidue. Depuis le début de l’aventure, beaucoup d’entre vous ont plus d’une fois demandé à ce que La Team (Rocket… ha ha ha) organise une rencontre qui permettrait aux lectrices et chroniqueuses du site de faire plus ample connaissance. Parce que même si l’on est connecté H24 et que l’on échange dans la joie et l’allégresse rien, non rien de rien, ne remplacera le contact humain !
Parce que les hatciennes apprécient les lieux singuliers et uniques…
C’est un lieu féerique, girly et cosy situé en plein cœur de Paris qui a été choisi pour accueillir les festivités, à l’image de l’ambiance qui règne sur Hijab and the city. Un lieu beau et apaisant, un lieu qui pourra nous permettre de papoter à notre aise et de faire des rencontres inoubliables !
Parce que les hatciennes sont de vraies stars…
Nous saurons toutes nous vêtir de nos plus belles tenues et allier chic et décontraction avec une facilité déconcertante ! Et c’est bien sûr en comptant sur l’aide de Shahîn qui nous proposera des looks dignes de cette super méga-soirée où nous brillerons toutes hi hi hi !!!
Parce que les haticiennes aiment faire la fête dans la gaieté et la convivialité…
En compagnie de toutes les chroniqueuses de Hijab and the city, des lectrices les plus assidues et d’invité(e)s de marque (qui ? Pas des moindres je vous le garantie !!) qui nous feront le plaisir de nous accompagner durant toutes cette soirée qui célébrera les femmes et les hatciennes que nous sommes !!
Sont prévues pour toute la soirée des animations originales à souhait, qui inviteront nos sens (ouïe, vue, odorat, goût) à un dépaysement total, un voyage vers des contrées éloignées et raffinées, un voyage comme on les aime. Je ne vous en dis pas plus, ce sont des surprises. Et quelles surprises !!!
Parce que les hatciennes savent que le rêve et les paillettes ont un prix…
- un lieu magique au cœur de la capitale
- une ambiance extraordinaire
- des rencontres mémorables
- des papilles et des pupilles comblées
- des musiciens de talent jouant en live
- un voyage des sens inoubliable vers de lointains horizons
- une soirée de rêve les yeux ouverts
Une participation de 40 euros est demandée.
Le lieu de la soirée est gardé secret jusqu’à votre inscription à la liste des invités (accessibilité hyper facile quelque soit votre moyen de transport, on a pensé à tout !). La soirée commencera à 20h et se terminera à 1h.
Pour réserver votre place (et faites vite car il y en a peu) :
- envoyez un mail à hijab.and.the.city@gmail.com
- je vous donnerai la marche à suivre pour le paiement car envoyer un mail ne suffit pas à s’inscrire à la soirée. C’est une fois la participation de 40 euros reçue que votre nom fera partie de la liste.
- vous serez inscrit(e)s pour de bon, rendez-vous le lundi 8 mars 2010 à l’adresse que je vous indiquerai !
Vengeance Vaudoue, un parfum signé Bébé Racaille
- Il sent super bon et ça… ça n’a pas de prix. Mon odorat en a clairement marre de se faire violenter par des parfums de rombières qui puent la mort (tu vois, le carré Hermès imprégné de Boucheron…) ou de jouvencelles qui sentent la fête foraine (Angel, la barbe à papa du parfum…)
- Quand tu le porteras, tu finiras comme le bonhomme en chocolat dans la pub Axe, t’auras la cote ! Mais attention a ne pas trop abuser des bonnes choses. Vengeance Vaudoue, c’est l’élégance et la sobriété incarnées. Transforme-toi en mouillette géante, et tu risques d’attirer tous les Jean-Baptiste Grenouille de la Terre
- Il est en édition limitée, produit à 999 exemplaires et en vente uniquement sur la e-boutique de Bébé Racaille !!! Tu ne risques pas de te retrouver dans le bus à côté de ta pire ennemie qui en plus d’avoir copié sur toi en achetant le même sac à une heure d’intervalle aura la même odeur que bibi
- Le prix est carrément raisonnable, au regard de la qualité, de l’originalité et de la rareté de Vengeance Vaudoue qui fera de toi la nouvelle reine de Saba
- Tu es une hatcienne, tu as la classe et tu es unique. Parlons peu, mais parlons bien : Vengeance Vaudoue est fait pour toi !

Alors dépêche-toi (toujours avec classe, mais remue-toi un peu tout de même) de te connecter à la boutique en ligne de Bébé Racaille, la Maison de haute Parfumerie qui bouscule les standards et réinvente le parfum pour femme, pour avoir le privilège en tant que fidèle lectrice de Hijab and the city de recevoir un échantillon de cette formidable effluve. Tu devras te rendre sur la page « échantillon » du site, remplir un petit formulaire et entrer le mot de passe « hatc » (cette offre est valable pour une durée de 7 jours). Tu recevras un beau matin dans un très joli pli un petit nounours tout mimi hi hi, imprégné de Vengeance Vaudoue.
Sacrifier Willy pour un thon, faire du legging un pantalon…
22 janvier 2010 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qui n’a jamais rêvé de dire au camion volé assis en face de soi dans le métro : « Mademoiselle, tu t’es fait renverser par un livreur Gemey-Maybelline ce matin ou bien ? »
En même temps, chacun fait ce qu’il veut, je vous le concède. Mais franchement, agresser les yeux d’autrui de bon matin (ou même en soirée), avec des kilos de fond de teint, du ROSE à lèvres bien baveux, du mascara à gogo avec un fard à paupières vert criard… et si en prime y a les UV couleur curcumine, une mode qui vient paraît-il de Peshawar… WOW !
Je viens de décrire la délicieuse dame posée à côté de moi dans le métro 1 la semaine dernière, avec à la main un Vuitton et sur les épaules un vison… mes yeux n’en reviennent toujours pas ! Chui persuadée qu’elle était russe !!
C’est donc sans hésitation et pour me remettre de ces émotions fortes que j’ai fini par rejoindre le goupe facebook « A quoi ça sert de tuer des baleines si c’est pour maquiller des thons ?!« , un groupe classé dans la catégorie « Juste pour le plaisir – Complètement inutile », mais qui pose je crois une véritable question qui mériterait réflexion…
Les barres de rire que je me tape grâce aux groupes facebook
15 janvier 2010 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
Ces derniers temps, facebook, c’est devenu mon dada. Je vous rassure, je ne suis pas en galère d’amitié, ni en quête de lien social… enfin un peu quand même mouahaha. Nan sérieux, c’est carrément plaisant et touchant de recevoir des tas de messages trop mimis concernant Hijab and the city, des bises virtuelles et des compliments à nous faire rougir comme des tomates cerises (parce c’est plus jolie, une tomate cerise qu’une grande et grosse tomate chimique…) la team et moi-même.
Et puis facebook, c’est trop marrant, et spécialement les groupes créés par ses membres. De « pour toutes celles et ceux qui croiVENT que la France est une baltringue » à « regarde, ce coq est possédé… machallah » (machallah = expression supposée traduire son ébahissement devant une création divine… même un coq fou… no comment !), en passant par « parce que toi aussi, tu crois que c****** c’est le synonyme de garçon » et « si toi aussi tu penses que Dora l’exploratrice nous prend pour des c*** »… hi hi hi, comment ne pas rire pendant des heuuuuures !! Et les commentaires des membres de ces groupes, une véritable thérapie pour celles et ceux qui sont en dépression.
Bien sûr, y a des groupes beaucoup plus sérieux, sur des questions de société, des évènements particuliers, des maladies incurables (que l’on peut paraît-il guérir avec de l’huile d’argan et des graines de nigelle…), des mouvements politiques, etc. enfin bref, un tas de trucs pas forcément rigolos mais il faut de tout pour facebooker à son aise !
Comme je suis une jeune fille vraiment sympa et qui aime bien déconner (ohhhh), j’ai décidé de partager avec vous chaque semaine un groupe qui aura retenu mon attention (vous inquiétez pas, y en a des sérieux que je fréquente… du style le groupe « Sociologie » ou encore « Le PIRATAGE tue l’artiste. Téléchargez Christophe Maé »… ha ha ha !
Aujourd’hui, c’est un groupe que j’aime beaucoup qui est à l’honneur, parce qu’il porte un combat des plus louables et des plus importants pour l’humeur, et notamment au petit matin, de toutes celles qui comme moi squattérisent les gares de France et de Navarre (c’est ça de vouloir jouer les « écolos » à deux balles et de pas vouloir passer son permis !).
Ce groupe, c’est celui-ci : Pétition pour mettre la voix d’Homer comme annonce dans les gares SNCF
Homer, c’est qui ? C’est pas l’auteur de l’Iliade inculte, mais le monsieur jaune et gras du bide de la série animée Les Simpson.
Quand on demande à Aurélien, à l’origine du groupe, de nous expliquer comment lui est venue l’idée du groupe, il nous explique que tout a commencé alors qu’il était dans la gare de Lille-Flandres. « Je devais prendre mon train, et j’en avais marre d’entendre la Fabienne ou Francine, je sais plus comment elle s’appelle !!! Cette voix commençait vraiment à me taper sur le système, et tout bêtement, je me suis dit (comme je suis un grand fan des Simpson), ça serait pas mal d’avoir la voix d’Homer qui nous annonce les trains ou les retards. En plus, le fait de voir tout le temps les gens dans les trains qui font la tronche, je me suis dit que ça pourrait le faire avec Homer, que ça casserait un peu le délire de notre société où au final rien n’est vraiment très fun, tout est bien fait, bien conçu, sans originalité ni « freestyle », surtout que sa voix française est bien particulière. Tout ça sans jamais croire que ça prendrait une telle ampleur. »
Et quelle ampleur ! Le groupe compte plus de 200 000 membres. Je lui souhaite encore plus de membres, et espère sincèrement que le miracle se produise un de ces quatre à St-Lazare !! hi hi hi
Pour rejoindre le groupe d’Aurélien, c’est par ici.
Avec Minouche, faisons le bilan de l’année 2009 qui s’écoule !
30 décembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Il y a quelques jours, c’était la nouvelle année hégirienne 1431. Pour celles et ceux qui comme moi ont toujours adoré apprendre leur fiche des dates qui ont marqué l’histoire du world (le world qui s’étend bien sûr en France de l’Europe à… l’Europe !) 1431, c’est l’année de la condamnation au bûcher de Jeanne d’Arc… Wouhou, que c’est gai !
Après demain, nous serons le 1er janvier 2010 ! Une nouvelle année s’annonce, et espérons que celle-ci soit pleine de réussite, de bonheur et d’amour. Je sais pas pourquoi mais sorti de mon clavier, le dernier mot sonne faux… C’est l’occasion de faire le bilan, calmement, de se remémorer chaque instant, parler des histoires d’avant comme si on avait cinquante ans… je m’arrête là, je risque d’avoir des problèmes avec la Sacem.
Alors moi les bilans, les points, les inventaires (même quand c’était la dèche), ça n’a jamais été mon fort, ni mon dada ! Mais avec Hijab and the city, c’est devenu un peu plus facile d’autant que cette année on vous a mis à contribution. Bon, j’aurai très bien pu vous faire un retour en images ou en phrases sur les faits d’actualité qui ont marqué notre douce France, notre belle planète. Mais très honnêtement, à part la mort de Michael Jackson et ma découverte des lentilles (je pense déjà à l’opération !), rien de bien saisissant à l’horizon. Barack Obama, la Grippe A, la burqa, l’identité nationale, Copenhague, la conversion de Diam’s, la hausse du prix du blé… Non sérieux, c’est Acuvue qui a changé ma life mais aussi, l’évolution de votre webzine féminin préféré : Hijab and the city (c’était solennel ou bien ?)
La semaine dernière, nous avons publié un petit sondage tout joli, tout mimi, tout hihi à travers lequel vous avez exprimé une tendance que nous avions remarquée sur le site mais aussi dans la vie réelle, par le biais de rencontres, d’échanges avec des lectrices ou des professionnels : vous aimez Hijab and the city !! Vous êtes de plus en plus nombreuses à nous lire, à nous écrire, à nous faire confiance. Vous accompagnez toute l’équipe dans cette belle aventure qui chaque jour se révèle être un succès. Le profil des lectrices se diversifie de plus en plus. Les femmes qui nous écrivent viennent d’horizons variés avec la volonté de dépasser un certain nombre de barrières et d’adhérer à la philosophie qui anime ce webzine : que vous soyez grande, petite, grosse, maigre, voilée, cheveux au vent, brune ou blonde, Hijab and the city vous donne la parole afin que vous puissiez vivre votre féminité sans complexes quelques soient vos croyances, vos idées et bien sûr vos mensurations !
Sachez que l’année 2010 sera l’année de quelques nouveautés sur Hijab and the city qui, on l’espère, vous plairons et qui sait, l’année de la grande rencontre. Vous ne comprenez pas ? Rassurez-vous, vous en saurez un peu plus d’ici quelques temps ha ha ha !
N’hésitez plus à commenter (ou pour les plus timides qui sont très nombreuses, à passer le cap ou à continuer à faire ce que vous faites déjà, nous écrire des mails que nous nous ferons un plaisir de lire) les contenus, à participer à leur élaboration, à nous faire des petits coucous, à partager vos coups de cœur, vos coups de gueule (poliment, cela va sans dire !) et bien sûr à devenir fan de la page facebook Hijab and the city ! (et bien sûr on fait tourner à ses contacts autrement c’est pas rigolo hein)
On ne le répètera pas assez mais ce magazine, c’est le vôtre, c’est vous qui l’animez, n’en déplaise aux vilains (et moches) grognons !
Une année pleine de big up aux lectrices et lecteurs de France et d’ailleurs. C’est carrément fou et plaisant de recevoir des messages d’encouragement et de kiffage qui proviennent de Barcelone, Manchester ou de Montréal (manque plus que Walnut Grove). Phileas Fogg n’a qu’à bien se tenir… c’était ma dernière vanne pourrie de 2009 !
Photo : Un petit Minouche qui fait la teuf ! Big up à tous les Minouches du world hi hi hi
« Douce France », le téléfilm de France 2 qui te dit comment réussir ton intégration (ou pas)
14 décembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
« Ca sent le roussi Irène, le sens-tu ?»
Irène, c’est qui ? C’est ma voisine, une vieille dame qui persécute mon chat, qui me demande si ma tunique Antik Batik « vient du pays », et qui veut savoir si elle aura droit à son couscous dominical. Bref, c’est ma voisine adorée qui pue les préjugés et que malgré tout j’aime beaucoup ! (elle prédit les divorces du quartier, les ravalements de façades, les morts parmi les vieux…)
Cette phrase, c’est quoi ? C’est celle que j’aurais aimé lui dire quand elle m’a interceptée en allant chez Shopi (ti-tuu-tii-ta ! C’est la musique, du Shopi, le supermarché où la marque distributeur coûte plus chère que la « vraie » marque…).
Irène a comme à l’accoutumée demandé où j’en étais à l’école, si j’avais un amoureux, où j’avais acheté ma paire de gants (qui claque tout avec un cuir d’une douceur extrême mais ça, c’est une autre histoire !). Et puis, pour la première fois, elle a voulu parler de l’actu. D’abord les minarets, puis l’interdiction des drapeaux étrangers dans les mairies.
-
Y en avait pas au mariage de votre frère, des drapeaux du pays ?
-
Non, Madame Irène, on est attaché à la France vous savez, et puis le vert et le rouge criards… très peu pour nous !
Puis Irène a parlé de la France, sa France, de la tournure que prenaient les choses et de l’utilité d’un débat national sur tout ça.
-
Vous avez vu le téléfilm « Douce France » mercredi dernier ?
-
Non…
-
Vous devriez regarder ce mercredi, c’est en deux épisodes, une belle leçon d’intégration vous verrez !
En fait si, j’ai bien vu le film, et mon Dieu !! C’est juste que mes envies de M&M’s et de Sundy étaient pressantes, et que la vieille commençait vraiment à me saouler. Et puis une belle leçon pour qui ? Rombière fripée va !
Pourquoi tant de haine ? Parce que si vous avez apprécié « Aïcha » et La journée de la jupe, vous adorerez « Douce France »…
Déjà parce qu’au niveau du casting, y a du bonhomme pas moche du tout ho ho ho ! Du grrr en veux-tu, en voilà ! Je ne parle pas du roux hein. Mais du boxeur et de son soigneur/petit frère, si bien sûr vous êtes amatrices de choucha et de bruns ténébreux !
-
Hé, mais ça parle de quoi au juste « Douce France » ???
Désolée pour le petit moment d’égarement mais « Douce France », ça parle de l’intégration par le cochon, l’alcool, et bien sur les unions mixtes ! Unions, sorties… j’en sais trop rien en fait.
« Douce France », c’est La leçon du moment qu’il faut suivre si t’es issue de l’immigration, et que tu veux te faire une place dans cette douce France justement, à condition de gommer tes différences et ton identité.
C’est quand t’es une fille, réussir dans tes études, avoir une carrière professionnelle, sortir avec une tête frangée de la bourgeoisie française et faire ce que tu veux de tes cheveux, de ton corps et de ton soutif. C’est dire à ton frère qui te demande si tu comptes te marier « tu veux me marier de force, t’as qu’à me voiler tant que tu y es ». C’est avorter quand tu tombes accidentellement enceinte, parce que t’as envie de continuer ta carrière et être indépendante, et envoyer balader ton gars qui te dit qu’il t’aime et qu’il veut faire sa vie avec toi, parce que les nanas de mai 68 et de NPNS, ben elles t’ont bien fait comprendre que y a que comme ça que tu pouvais être une vraie femme libre, indocile, et tout et tout.
Cool la description ? C’est en tout cas ce que j’ai pu retenir de Leila, l’un des personnages du film, une charmante avocate d’origine algérienne, mais qui ne joue pas très bien et dont les répliques suintent l’acculturation forcée ! Et punaise la tronche de son amant… et sa voix ?? Ahhh ! Mais, il a du capital symbolique, économique et culturel… en gros, il est blindé, l’animal. Alors le reste tu sais ! Moi je dis que la beauté intérieure, c’est ce qu’il y a de plus important… Ca sonne faux, je sais.
Leila a un frère chef de cabinet du premier ministre qui deviendra par la suite secrétaire d’état, un autre champion du monde de boxe qui a pour compagne une pas maghrébine, un papa chef d’entreprise qui vient du bled et qui boit du rouge, une maman pas voilée qui parle bien français et qui clope avec sa fille sur la terrasse du balcon. En somme, une famille moderne qui vit à la française, qui ne fait pas de vagues qui a su montrer patte blanche. Sauf que moi, perso, une concentration de caricatures sur pattes comme ça, dans ma courte vie, ben c’est du jamais vu !
Quand j’ai vu ce film, me suis dit : « Pardieu, je suis rétrograde ! » Chacun fait ce qu’il veut, boit ce qu’il veut, mange ce qu’il veut, on est d’accord. Mais l’accumulation de clichés… LOL. Il ne manquait plus que le béret, le Président, l’accordéon, et on était bon !
Les dialogues sont nuls, blindés de lieux communs et assez violents je trouve en ces temps d’intolérance ambiante et banalisée. Et la famille qui se déchire petit à petit (le frère qui fait de la politique aime sa moche belle-sœur Muriel, la femme du boxeur) sur fond de scandales médiatiques et politiques (vont finir en taule les deux frérots qui sont dans la boxe, comme le frère Dati. Chasse le naturel…), du gros n’importe quoi !
Tout ce que je sais, c’est que c’est toujours des Algériens qu’on met en scène dès qu’on parle d’intégration et de rejet de sa culture d’origine, que pour être « in » et civilisé, faut surtout pas se marier avec quelqu’un de sa race (hein !) et que quand t’es une beurette, ben il faut avoir les moeurs dissolues pour aller loin, très loin !
Tout ce que je sais aussi, c’est que je devrais reprendre mes bonnes vieilles habitudes d’il y a trois mois, et ne plus regarder la télévision parce que ça commence à être carrément flippant et insupportable ces discours racistes, dogmatiques et fallacieux tenus en toute impunité par tous ces journalistes, politiques, acteurs, etc.
Mais avant de me retirer à l’Ile de Ré et parce que je vous aime chères lectrices, je regarderai le second épisode ce mercredi. Le boxeur a des répliques aussi pourries que sa sœur. Mais lui au moins, il fait mal aux yeux (d’profil) hi hi hi !
Photo : G. Gustine/France 2/Cipango
Malika Ménard Miss France 2010…
7 décembre 2009 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
ou « comment tu t’es fait carotter samedi soir en pensant voter pour une beurette ! »
Le programme qu’il ne fallait pas rater ce week-end à la télé (avec The Departed hi hi), c’était bien sûr Miss France. Je vous rassure, je suis loin d’être fan des concours de beauté, mais celui-ci m’éclate, et particulièrement cette année ! Miss France, c’est l’occasion de se réunir un samedi soir avec ses copines (ou de se contenter comme cette année de Blackberry messenger… virus obligent !) et de jouer les mauvaises langues en regardant toutes ces filles (les 12 dernières hein parce que faut pas déconner, on ne va tout de même pas s’en taper 37 !), que l’on trouvera en toute objectivité carrément moches… OUAIS !!
Pas tous les ans, car je dois avouer que cette année ce qui a retenu toute notre attention à ma bande et moi, c’est l’éventualité que Miss France 2010 puisse être d’origine maghrébine et d’obédience musulmane…
Tout le monde a entendu parler de Juliette Boubaaya, la Miss Picardie qui avait en novembre dernier dans les colonnes d’un quotidien national revendiqué « sans complexes » son arabité et son islamité, en faisant part notamment de ses origines algériennes, du fait qu’elle avait déjà lu le Coran (qu’elle a d’ailleurs trouvé plus intéressant que la Bible) et surtout, l’info que j’ai surkiffé, des encouragements de son imam qui lui aurait dit de foncer ! Certains journalistes n’en croyaient pas leurs yeux, d’autant qu’elle posait sur la photo en deux pièces… hi hi. Mais elle a fini par un peu regretter ses propos Juliette, notamment ceux qu’elle a tenu sur sa pratique régulière de la prière. Mais malgré tout ça, moi j’ai voulu supporter la Miss Picardie. C’était un peu ma contribution au débat sur l’identité nationale… et c’est pas tous les jours que la diversité comprenant les arabo-musulmans est célébrée dans l’hexa !
Et puis Geneviève aussi était à fond dans le mouv’, et je l’aime bien moi cette dame. Y a quelques jours, elle a déclaré souhaiter voir avant de mourir une Miss France d’origine Maghrébine. Sauf qu’ils auraient pu trouver mieux comme « beurette » le comité Miss France, m’enfin bon : tahiya Juliette !!
Malheureusement, elle n’a pas fait long feu et n’a pas été retenue parmi les 12 demi-finalistes. Mais surprise, il y avait une Malika dans l’affaire, et dont je n’avais pas entendu parler !! J’avais prévu de soutenir Miss Provence et finalement, je me suis dit que Malika méritait bien une ou deux invocations pour le fun. Mais ce n’était pas du goût de tout le groupe qui m’accompagnait lors de cette soirée.
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« Même si elle s’appelle Malika, vous avez vu son zen et ses chicos ? Elle est chimique. On dirait Paris Hilton !
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Hé 22 piges en L3… elle a pas retapé ?? Toujours mieux qu’un BTS banque mais quand même…
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Sérieux, même si elle est moche, moi je veux qu’elle gagne… elle s’appelle Malika, plus blédard y a pas ! Moi je la soutiens, rien que pour faire rager Eric Besson et mon prof lundi.
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Hey, j’ai saigné mon forfait pour Malika !!
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Vous déconnez les filles, elle est trop trop belle quoi. Jalouses !
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La France aux Français merde ! Miss Rhône-Alpes, c’est elle qui doit gagner, elle est blonde aux yeux bleus. Tous les ans on a une métisse…
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Trop chelou, y a un malaise dans la falaise. Comme par hasard une Malika, je suis sûre qu’elle est pas maghrébine… »
Des messages « barres de rires » et tellement vrais ! Et c’est finalement Malika la favorite qui a gagné. Dégoutée pour Miss Provence mais on s’en moque, samedi soir en France une petite révolution s’est produite, une fille portant un prénom aussi lourd que Rachida, Fadela et Siham a été élue par le peuple de France ambassadrice de la beauté FRANCAISE. C’est un peu notre Barack Obama quoi ! Ca valait le coup de dépenser 50 centimes d’euros… fois combien ?
Sauf que Malika, ben elle est pas arabe mouahahaha. Elle a déclaré dimanche sur les ondes de RTL qu’elle était 100% française, que son prénom avait été choisi par ses parents car ils le trouvaient beau et qu’ils sont tolérants (sa maman et sa grand-maman du côté de sa maman ont vécu au Maroc…). Et bim !
Qui s’est fait entuber samedi soir ?? Pas mal de gens !
Mais ça montre quand même que la France d’en bas n’est pas allergique aux bicots… ou que le machin était truqué ? Pour tout vous dire, ça ne m’intéresse pas des masses. J’avais juste envie de me moquer gentiment de toutes celles et ceux (que je connais lool) qui ont généreusement fait du hors forfait hi hi, et m’incliner devant Endemol. C’est navrant à dire, mais ils sont trop forts !
« Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras ! »
23 novembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Vendredi, c’est l’Aïd ! Moi, j’adore cette fête parce que c’est justement l’occasion de faire la mouba (un mix entre nouba et « moubarak »… ok !), de bien manger (mais vraiment bien manger), de recevoir des cadeaux, et surtout de perpétuer une très belle tradition. Vivre cet évènement en France lui donne un charme supplémentaire. Pas de moutons qui gambadent dans la rue, pas d’accolade avec le premier venu. Seulement quelques commandements qui font que finalement, c’est plutôt amusant l’Aïd ici.
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De l’Aïd, l’image que donnent les médias… tu kifferas !
Bien sûr, qui dit Aïd dit forcément mouton et surtout mouton préparé à la blédarde ! Boulfaf, méchoui, débauche de viandes miam miam ! Mais bon, faut arrêter de réduire cette fête à l’animal.
« Nan mais tu comprends pas, le mouton c’est la figure symbolique de l’Aïd quoi. » T’as qu’à dire l’allégorie ma gueule !
J’hallucine quand je vois les JT nationaux de la veille ou du jour même. On fait un focus de fou sur les bêtes, les bouchers, les abattoirs, les baignoires, Brigitte Bardot… On n’a pas droit nous aussi à des petits reportages avec une musique douce, des vitrines à Haussmann, des gens qui n’ont pas des têtes d’assassins et qui ne parlent pas en stéréo… Non ?!? Bon. J’oubliais les micros-trottoirs aux sorties des mosquées… MDR
Une anecdote : en primaire, j’avais une prof ignoble en CM2 et vicieuse, tellement vicieuse que quelques jours après l’Aïd, alors que nous nous étions présentés avec des camarades munis de certificats médicaux (pas le choix, on avait pas droit de sécher… On avait vraiment des médecins de famille en or !), elle a attrapé un de mes amis d’enfance et lui a dit : « je t’ai vu à la télé hier, t’avais l’air en pleine forme ! ». Ha ha ha une caméra s’était postée à la sortie de la mosquée du coin pour « couvrir » l’évènement. France 2 est une balance !
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Après l’Aïd, des gâteaux tu en fileras (pas) ?!
Qui n’a jamais été taxé quelques jours avant ou après l’Aïd ? « Tu peux m’apporter des gâteaux au miel s’te plait ? ». Avec moi même en rêve, c’est pas possible ! Surtout quand la requête est formulée par la voisine qui ne dit jamais bonjour, le camarde de classe a qui vous n’avez jamais adressé la parole, le collègue qui ne comprend pas pourquoi dès qu’il y a du couscous au menu de la cantine, ben vous n’en prenez pas… enfin bref ! Si quelqu’un veut des gâteaux d’arabes, qu’il aille à Barbès ou au salon de thé de la Mosquée de Paris. Là-bas en plus, y a l’ambiance souk et le rapport qualité/prix est carrément intéressant ! (genre 10 euros le gâteau sec quoi)
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Avec l’Aïd, Brigitte tu attristeras !
Comme chaque année, Brigitte Bardot pète un câble dès qu’elle entend parler de l’Aïd. Mais à côté de ça, les agriculteurs français sont aux anges ! Alors la question est la suivante : doit-on ignorer la chaîne alimentaire et en ces temps de crise tourner le dos à nos agriculteurs (vous avez bien vu le « nos » hi hi hi), ou faire plaiz’ à une rombière facho qui aime les peluches ?
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Pour l’Aïd, ta moyenne tu sacrifieras !
Combien de fois dans votre vie, le jour de l’Aïd a coïncidé avec un jour… d’examen !! « S’il vous plaît monsieur, je serai absente ce jour là, c’est la deuxième fois qu’on reporte le partiel pour cause de mariage ou de sabbat, on peut encore une fois faire une petite exception ? » Même pas en rêve ! Soit… tu prends sur toi (et tu te manges un zéro à moins que ton généraliste ne fasse un geste), soit… La vie est injuste ! En France en tout cas.
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Pour l’Aïd, des congés tu n’auras pas ! (cherche pas c’est mort)
Si c’est pas les cours, c’est l’entreprise. Certains peinent à expliquer à leurs supérieurs que sur les 365 jours de l’année, ils ne sollicitent que celui-ci pour passer un moment en famille, pour faire la fête eux aussi. Mais non, c’est ce jour là que la vie de la boite se joue ! Si le mangeur en chef de bovidés s’absente, c’est le dépôt de bilan assuré…
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Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras !
« S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » dit le petit blondinet tout mimi (mais dont les yeux ont toujours fait peur… je parle du dessin hein !)
Le pauvre, s’il savait ! Vendredi, ça va plutôt être :
« S’il vous plaît… égorge-moi un mouton !
- Hein!
- Egorge-moi un mouton… »
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Pour l’Aïd des SMS pourris tu recevras ! (et à gogo ma gueule)
C’est peut-être la (plus… ha ha !) pire chose qui puisse arriver ce jour là. Et que je t’envoie des invocations bidons à n’en plus finir : « le firdaouss pour toi, ton chat et les 40 générations qui te succèderont » ou encore « que le vilain satan soit lapidé lui et ses méchants compagnons.»
Cela part d’un bon sentiment certes, mais si c’est pour polluer les messageries d’autrui… hi hi hi.
En tout cas, je vous souhaite un excellent Aïd. Au passage, on n’oublie pas Dhoul Hijja et ses mérites… pécheresse compulsive si tu me lis ! (mouahahaha)
Identité nationale : quand on m’a appris la Marseillaise…
4 novembre 2009 par Mariame
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Dernièrement, je suis allée voir Fame, le remake 2009 de la série qui m’avait poussée à demander une paire de Reebok classic aerobic noire alors que j’étais en primaire… mon Dieu que j’avais la classe !! Je me suis imaginée deux secondes en mode artiste, un mélange de Candy Dulfer et Sheila Escovedo parcourant le monde avec de longues escales à Essaouira et Montreux. Chacun son délire hein, Allison qui m’accompagnait se contentait de manger tous les Dragibus et les Sundy…
Bref, tout ça pour vous dire qu’en faisant la queue pour acheter les billets, j’ai reconnu une prof de primaire… hi hi hi
- Madame H ?
- Oui…
- Vous me reconnaissez ? (la dernière fois que j’ai dit ça à une ex prof, c’était ma prof de latin et de grec du collège qui m’adorait un truc de ouf, que j’ai revu alors que j’étais en seconde et qui a pas voulu me saluer à cause de mon voile. M’en moque, elle m’a appris un tas de trucs mouahahaha ! Genre « Caius Mucius, adulescens nobilis, consilium audacissimum init »… à quoi ça sert ? Je kiffe réciter mes déclinaisons devant un miroir !!)
- Ah non, avec tes lunettes et ton foulard je vois pas non…
- Mariame, Mariame T…
- Ouiiiiiiiiiii Mariaaaaame, bien sûr que je me souviens de toi, tu étais une excellente élève ! Qu’est-ce que tu deviens ?
Bon je vais arrêter de ma la jouer hi ha ho… On a un peu discuté, de sa carrière, de mon parcours enfin voilà, c’était sympa. Le truc c’est que cette prof m’a appris deux choses dont je me souviens parfaitement, comme si ça s’était passé hier :
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les paronomases, mais sans le vouloir : j’avais apporté un bouquin qui trainait à la maison, et je ne comprenais pas un mot (ouais, je lisais le Littré à 9 piges t’as vu !). Et ce mot c’était paronomase, et il m’a permis plus tard, en première, de me la raconter en français avec un texte de Doubrovsky… ok, je finirai l’histoire à mon chat.
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L’autre chose, c’est la Marseillaise !!!
Et je vous entends de loin mes jolies, en train de dire : wooow toutes ces infos pour parler de l’actu ! Certaines sont à l’ouest et j’imagine qu’elles n’ont pas fait le lien mais avec moi, on passe des pingouins à Ramsès II, sinon c’est pas marrant !
Truc de ouf, la Marseillaise. Me souviens encore de Nadia, Emilie, Mehdi, Leslie, Malika, Bertrand, Samir et bien d’autres. Me souviens de leur petite tête d’ange (avec des bagues et des dents carriées mais bon…) en train de chanter avec ferveur l’hymne de notre si beau, si cher, si tendre… bled. Me souviens de moi le chantant à la maison, j’ai toujours kiffé chanter et taper sur les portes et la boite de Benco le matin (y avais aussi les congas et la derbouka mais bon… ça faisait moins Keziah Jones dans le métro). Je chantais ça à la maison alors que mon frérot adoré était à la frontière franco-allemande en train de passer son service militaire… Pas cool je sais ! Non, pas à l’époque de la ligne Maginot… tiens ça m’aurait fait quel âge ?
La classe était assez hétérogène au niveau des origines ethniques (beaucoup de métisses). Par contre socialement, on venait tous du même bord. Sauf une descendante d’aristo fauchée jusqu’à l’os… Aïe, ça fait mal d’être conscient de sa condition, à 9 ans !
Nous chantions donc la Marseillaise de Rouget de Lisle, et je ne sais pas trop dans quelle optique on avait choisi de nous l’apprendre. Tout ce que je sais, c’est qu’on a vraiment chanté de la m****, et c’est peu dire.
On était loin du débat sur l’identité nationale dans ma petite primaire sympatoche, mais si c’était pour nous franciser un peu plus et nous demander des gâteaux au miel à la fête de l’animal à quatre pattes qui bêle et qui aime les sanitaires, ben c’est pas cool, pas cool du tout ! Parce que faut dire qu’avec le recul, les pics sur nos origines y en a eu, et pas des moindres ! « On dit la colonne, la case c’est pour les noirs ! », « c’est les arabes qui ont apporté la gale », « tu vas au pays pendant les vacances ? Je veux bien des babouches »…
Souvenirs, souvenirs ! Oui, je fais bien allusion à Johnny, le mec qui continue à bouler la France entière, le Belge a qui on ne demande pas de s’intégrer et de prouver sa francité depuis la primaire à la fac en passant par le collège. Et moi rien que pour ça, je lui tire mon foulard phrygien !
Diam’s s’est convertie… et alors ?
20 octobre 2009 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
A la mort de Michael Jackson (paix à son âme !), j’ai eu droit à un texto à pas d’heure. Et le lendemain, à un déjeuner en compagnie de ma bande (big up !) avec une copine qu’il a fallu consoler tout au long de la journée (c’est fou, je sais. Mais elle a aussi pleuré à la mort de Popi de Léo et Popi…). Après la publication des photos et de l’info concernant la conversion de Diam’s, j’ai également eu droit à un texto d’un numéro inconnu: « hey tu savé tu savé, Diam’s c converti a lislam (et Kamel lancien a 1 be-bar) ». La journée de la tétée !
12 octobre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
- Qu’est-ce t’as fait de beau hier ?Le mouvement féministe des années 50/60 en France revendiquait l’émancipation de la femme, la maternité était considérée comme un esclavage où l’homme régnait en maître. L’allaitement c’était être asservie à l’homme mais aussi à l’enfant. Parallèlement, les pays de l’Europe du Nord ont connu des mouvements féministes aux antipodes des notres, leurs revendiquations tendaient notamment vers l’amélioration des conditions de l’allaitement maternel.
C’est un peu ça et les petites choses que ma maman m’a expliquée qui ont fait que j’ai voulu en parler (ou plutôt en rire). Autrement les bébés, la maternité, le lait… aaaaaaaaaaaah ! J’ai encore droit à ma boîte de Kinder Surprise hebdomadaire et à mon passeport Disneyland annuel. Faut pas déconner, chaque chose en son temps !
Lettre ouverte aux voyeurs qui visitent ce site et en particulier au tartuffe du 91
23 septembre 2009 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
Des hommes qui lisent Hijab and the city et qui apprécient sa philosophie et l’interactivité qui le caractérise il y en a beaucoup, avec qui nous aimons en outre échanger. Car point de misandrie sur notre site certes très girly ! Il en existe d’autres qui accrochent moins, qu’ils soient hommes ou femmes d’ailleurs. Mais comme vous le savez, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ! Et puis que serait un monde où tout le monde s’entendrait sur tout ?? Ok, c’était ma minute I believe I can fly…Hé hé, nous allons en discuter ! Et comme vous savez que nous partageons tout avec vous bien chères lectrices et bien chers lecteurs, procédons à une étude de cas que dis-je, au cas le plus pathologique, au voyeur number one qui ces derniers temps fait preuve d’acharnement en usant de jeux de mots bien douteux sur le web.
Qui vote pour cette sanction ?
Grippe A : qui veut mourir avec classe ?
9 septembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
On va tous mourir… enfin il paraît ! Je pensais être épargnée par cette euphorie, cette panique, cette grosse instrumentalisation médiatique. Mais non. Je me suis surprise hier à m’éloigner de ma copine qui, après avoir toussé, a osé me toucher le bras et me tirer vers elle (on était en pleine séance de commérages… Bon Ramadan !). Bien sûr, je me suis aussitôt éloignée… instinct de survie, sûrement.
- Punaise, mais tu déconnes ! Me touche pas, j’ai pas envie de mourir (c’est une très très bonne pote… oui je sais, j’ai un sens profond de l’amitié).
- Tu veux que je te le répète combien de fois ? J’ai pas la grippe A. J’ai été chez le médecin, je reviens juste de vacances et j’ai attrapé froid. Je suis pas contaminée… enfin je crois.
Amitié ou pas, dans ces cas là on devient individualiste à mort ! (le mot n’est peut être pas approprié ha ha). Je ne suis pas peureuse… enfin un peu quand même, mais je suis encore jeune moi. Il y a pléthore de seniors ! Et eux peuvent clamser avant moi.
Bon, j’exagère. Mais hier en rentrant, je suis allée sur le site du ministère de la santé dans le coin des questions-réponses concernant la grippe A. Comme quoi, la propagande a fait effet sur la pauvre citoyenne que je suis !
J’ai donc parcouru toutes les questions en compagnie de Roseline Bachelot et Rama Yade qui guètent le site à droite (j’avais pas le choix, autrement…). Et j’ai bien aimé le sous-paragraphe intitulé : faut-il se procurer un masque ?
« Compte tenu de la situation actuelle, il n’est pas recommandé aux personnes non malades de se procurer un masque. Les masques anti-projections du stock constitué par l’Etat sont réservés aux personnes malades et leur sont délivrés gratuitement en pharmacie sur prescription médicale. Les masques anti-projections doivent être portés dès les premiers symptômes pour protéger l’entourage de la personne malade. »
Comme on est jamais à l’abri d’un mytho, et qu’en bon mouton terrorisé, on va finir par se ruer dans les pharmacies et que bien sûr, y aura plus rien, moi j’ai décidé de me procurer un masque qui claque tout, un masque pratique mais aussi rigolo qui me pousse à dire que la grippe A c’est pas si mal que ça finalement. Si tout le monde sortait avec ce masque, personne n’aurait pas une tête de con tous les matins à Saint Lazare !
Bon, j’en ri, mais c’est volontaire. On allait tout de même pas se mettre sur Hijab and the city à tenir un discours alarmiste avec un tas de conseils, comme on en trouve partout ailleurs. Que non ! Un petit focus sur quelqu’un qui sait bien surfer sur la vague, comme l’industrie pharmaceutique quoi. Une designer russe Irina Blok, qui propose depuis un moment différents modèles pour vivre la pandémie la tête haute ! (mouahaha).

J’ai littéralement kiffé sur le masque modèle barbe. Ne me demandez pas pourquoi, grrrr ! Le squelette n’est pas mal non plus, sans parler du zip. A chacun son interprétation, c’est de l’art quoi ! Moi je trouve ça marrant, et ça me suffit.
Et vous, avec lequel vous vous verriez bien vivre la pandémie ? On va tous mourir un de ces quatre, autant bien accueillir la chose !
Ramadan : fais pas ci, fais pas ça !
3 septembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
« Nan STARfoullah c’est pas bien ! C’est Ramadan ». Qui parmi vous n’a pas entendu ces derniers temps cette phrase qui, je dois l’avouer, m’horripile au plus au point ?
Personne, j’en étais sûre (hi hi). Nan parce que la mode pendant le Ramadan, c’est de s’inventer des interdits, mais aussi de s’interdire des choses qu’en temps normal, on fait avec une aisance assez déconcertante. Si c’est un délire perso, je peux comprendre ! Mais dès qu’il s’agit de les répandre autour de soi pensant faire preuve de philanthropie, franchement très peu pour moi. « Ma sœur, je peux te donner une nassiha ? ». Pourquoi pas, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties : avec moi, il est interdit d’interdire ! N’importe comment, j’entends… Daniel, sors de ce corps !
Quand on gratte bien, on s’aperçoit que ces nouvelles interdictions ramadaniennes sont l’œuvre d’individus contradictoires. Tout le monde peut l’être n’est-ce pas, mais qu’on vienne pas me dire : « Ouais, je me maquille pas moi, même pas du khôl, c’est Ramadan ». Puis qu’on revienne maquillé comme un camion volé deux jours plus tard et qu’on me dise : « ouais, j’ai mes gle-ré ». Alors déjà, dire à qui veut l’entendre qu’on est indisposée, c’est pas très glamour hein. Mais bon, c’est toujours mignon quand c’est dit en verlan ha ha !
Mieux encore, la musique. Mon Ipod ne s’islamise pas pour la période. Du Coran, il en comporte, comme un peu de anachid, du jazz, de la funk, de la soul…
Nan mais c’est Ramadan, on écoute pas de musique « STAR-foullah ». Ah ouais, ok ! Mais y a truc qui m’a achevé dernièrement, la fille qui me dit ça en train d’écouter du Rnb arabisé.
- Et ça c’est pas de la musique, de mauvais goût qui plus est ?
- Nan mais attends, c’est en arabe…
Ok ! Je m’incline.
Il paraît qu’il ne faut pas non plus faire de blagues, manger un plat avec de l’ail, mettre du parfum, se brosser les dents (mon Dieu !), ne pas dire de mots grossiers et rester zen. Pour les derniers, je veux bien. Mais quand une copine m’a dit que des malappris lui avaient dit « repasse après 21h », je me suis demandée ce qu’il fallait leur répondre ? « Nan mes frères, un peu de tenu c’est Ramadan » peut être ?
Et la bise… ah la bise ! Faut s’assumer non mais ! Soit on la fait, soit on la fait pas quoi. Ramadan ou pas, faut juste savoir que d’un point de vue hygiénique, on a une grande chance de récolter l’écume et les cellules mortes à force de contact. Enfin je dis ça…
Je ne sais pas, mais en tout cas, ce mois peut effectivement être l’occasion de prendre de bonnes résolutions. Mais gare au zèle et au mi-temps !
La musulmane voilée est-elle asexuée ?
11 août 2009 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
A toi, jeune homme, sosie de Keanu Reeves, mais t’appelant plutôt Kamel Reeves, cet article t’est adressé !
Comme dirait une amie, c’est la crise ! La crise du mariage, la crise du bon plan, la crise du bon parti. De manière générale, toutes les célibataires sont touchées par cette pénurie. Je me rends compte qu’autour de moi, nombre d’entre elles enchaînent les déceptions après moult rencontres, et je ne vous parle pas de celles pour qui rien ne se passe à l’approche de la petite trentaine. Je ne vous parle pas non plus de celles pour qui tisser un premier contact relève parfois de la gageure… et puis si, je vous en parle : les filles voilées ! D’où je tiens ça ? D’une étude de terrain, et quantitative je vous prie ! Je suis modeste, appelez-moi Lazarsfeld !
La semaine dernière, sur une terrasse en train de siroter ma citronnade avec quelques copines, une discussion s’est engagée. On était un groupe assez hétérogène : des jeunes femmes musulmanes, des non musulmanes, des voilées, des non-voilées… On parlait de tout, de rien, jusqu’à ce que l’une d’entre nous intervienne pour dire : « Je comprends pas pourquoi je rencontre jamais personne ? ». Une copine, sûre d’elle, enchaîne en disant : « C’est normal, t’es voilée », et il s’avère que cette explication, ça n’est pas la première fois que je l’entends.
Curieuse, je lui ai demandé ce qui la poussait à avancer cet argument. Et elles ont toutes fini par me donner une explication.
- C’est simple, quand t’es voilée, on te prend pour une sainte, à croire que tu peux pas avoir de sentiments et que limite, t’es asexuée.
- Moi, je ne suis pas voilée, mes sœurs non-plus, et je me souviens que mon frère était fou amoureux d’une fille de sa promo, qui l’était. Il ne s’est jamais approché d’elle parce que nous même, après qu’il nous ait demandé des conseils, on l’a fait flipper en lui expliquant qu’une fille qui porte le voile, c’est sacré. On a été bêtes sur ce coup.
- Une fois, je pensais bien m’entendre avec un garçon qui était avec moi en cours. Je voulais tout faire dans les règles de l’art, je pensais que c’était réciproque. Mais en fait, non. J’étais sa caution morale, la sainte qui lui donnait des conseils, son imam. Bref, il ne voyait en moi qu’un… voile.
Autant d’explications pour dire une chose : la filles voilées font flipper ! Déjà que trouver babouche à son pied est un exploit, imaginez ce que c’est quand on est considérée comme mère Térésa ? Même les escargots sont plus attractifs ! Sans oublier les moules.
Si tu es une fille de bonne famille, deviens Miss Arabie !
10 août 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qui n’a jamais rêvé de participer à un concours de beauté afin d’être couronnée et couverte de présents ? Euh… moi ! J’ai déjà du mal à regarder Miss France, alors jouer le jeu. Et puis j’ai pas mes chances en France, je suis un peu trop couverte. Mais peut être que Miss Arabie Saoudite est fait pour moi ? A vrai dire, toujours pas !
J’entends déjà certaines dire : « quoi ? Une élection de Miss au Moyen Orient, mais c’est du délire ? »
Du délire… pas pour Aya Ali-Al Moula en tout cas. Cette jeune femme âgée de 18 ans a été élue « Reine de la belle moralité » en raison non pas de sa plastique, mais de ses qualités et valeurs de femme musulmane. Un concours durant lequel elle n’a pas eu à montrer son visage, voilée et vêtue d’une abaya.
Et les cadeaux me direz-vous ? C’est ce qu’il y a de plus intéressant dans tout ça !! Eh bien mesdames, l’heureuse élue a reçu des bijoux, un voyage en Malaisie, et 5000 riyals, l’équivalent de 930 euros (les Saoudiens sont-ils devenus pingres ?).
Que penser de tout cela ? Certaines diront que lors de ce concours de miss, seule la beauté intérieure a été récompensée, à la différence des concours traditionnels où maillots de bain et robes de soirée sont de mise pour mettre en valeur ses attributs les plus attrayants… on se comprend n’est-ce pas ? La femme est réduite à un vulgaire objet qui s’exhibe en petite culotte devant la France entière pour au mieux gagner une Peugeot 307 (vraiment des pinces ces organisateurs de concours !).
Mais entre nous mesdames mesdemoiselles, à quoi bon organiser un concours, même pour récompenser la plus philanthrope et la plus pieuse des femmes musulmanes ? En petite tenue ou en hijab, pour moi c’est du pareil au même, surtout en Arabie Saoudite !
On ne fait pas dans le cliché, mais objectivement, les Saoudiennes auraient plutôt besoin de plus de droits et de considération dans une société où le patriarcat fait des ravages. Il est universel me direz-vous, mais quand on veut donner « l’exemple » soit on assure, soit on s’abstient !
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Un été au musée : la Cité de l’immigration
30 juillet 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Cet été, je propose à toutes celles qui ne partent pas (ou qui sont déjà parties) d’occuper une petite partie de leur temps libre en visiter quelques lieux qui regorgent de culture avec un grand « C » (ha ha ha). Cela peut constituer des sorties enrichissantes pour certaines, amusantes pour moi, parfois horripilantes (toujours pour moi). Et en plus, c’est gratuit pour les moins de 26 ans !! Mais les tarifs pour les vieilles personnes âgées de 27 ans et plus restent néanmoins très raisonnables (hi hi hi).Vous l’aurez compris, je vous parle des musées et des monuments de notre belle France, et particulièrement de ceux qui se trouvent dans la capitale ! Il s’agira pour moi de vous en faire découvrir quelques-uns que j’aurai au préalable visité pour vous ! Et bien sûr, je vous ferai part de mon point de vue, et à la fin de l’été, on décernera ensemble la palme du « lieu le plus pourri » ou au contraire du « lieu le plus mieux que mieux ». Ce n’est pas français ? Tant pis ! L’essentiel, c’est que l’on puisse par la suite en discuter.
On commence cette aventure hatcienne (wouhouhou) de l’été avec : la Cité nationale de l’histoire de l’immigration !! Pourquoi ce lieu ? Tout simplement parce que j’ai toujours dit que je devais y aller, avec toutes les choses que j’ai pu entendre à son sujet. Et je n’ai pas été déçue ! Je ne vais pas vous faire une visite guidée du musée, c’est du déjà vu et surtout, aucun intérêt à vous décrire des objets, des images, des sons que vous pourrez observer et écouter en vous rendant sur place (c’est aussi le but de la chronique !!). Quoique parler de la muséographie aurait beaucoup d’intérêt, car c’est ce qui me pousse en grande partie à ne pas trop apprécier les musées. Mais pour vous très chères lectrices, j’irai partout !!
La Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), c’est un lieu lourdement symbolique qui est apparu dans un contexte politique bien particulier. C’est aussi un lieu bien précis : le Palais de la Porte Dorée construit en 1931 à l’occasion de l’exposition coloniale internationale devenu plus tard le Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie.
La CNHI, c’est surtout la consécration de l’idée suivante : l’immigration est une question que l’on doit traiter de manière particulière, tellement particulière qu’on n’hésite pas à mettre en exergue des portraits, des parcours d’hommes et de femmes issus donc de « l’immigration », photos, vidéos, objets (allant des sacs Tati du ché-mar aux tajines) à l’appui.
C’est également l’expression d’une production culturelle étatique. Et entre nous, ça sent un peu (beaucoup) l’ethnocentrisme !
Si je devais retenir une chose de ce lieu dans lequel, je vous l’avoue, je ne suis pas restée trop longtemps (une glace au spéculoos m’attendait), c’est bien « l’oeuvre » de Kader Attia !! Mon Dieu, les réactions autour de celle-ci étaient carrément dithyrambiques ! Son nom : La machine à rêves. C’est une « oeuvre » qui se trouve à l’entrée de l’exposition permanente et que dire… rien ne m’a jamais fait pareil effet (oui, même pas la multitude de « Khamssa » du Quai Branly. Mais ça, c’est une autre histoire qui fera l’objet d’une autre chronique !).
La machine à rêves, c’est une une installation composée d’un distributeur automatique et d’un mannequin portant un sweat, un foulard, un sac, un pantalon… tous griffés «Hallal» (notons au passage que « halal » ne s’écrit en réalité qu’avec un seul « l »). Nous baptiserons cette femme voilée Kadera ! Kadera est donc en face de cette fameuse Machine à rêves, dans laquelle se trouvent des choses complètement délirantes pour une femme voilée, cela va sans dire ! Parmi elles :
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un string « hallal » (grrrrr),
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des préservatifs « hallal » (j’en avais jamais vu d’aussi près, c’est fou !),
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du gin « hallal » (miam),
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un petit manuel rose intitulé Comment rencontrer le musulman charmant ? (Kamel Reeves, si tu me lis !)
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un autre manuel sur Comment perdre son accent de banlieue en trois jours ? (ouaaa ziiivaaa, je m’appelle Kadera !)
… et un tas d’autres choses carrément girly et so muslima en quête d’intégration ! Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à la base dans cette installation, on avait un « Kader » et non une « Kadera » mais que pour le musée, Kader Attia a proposé une version féminine tout aussi lourde de sens. On la trouve à l’entrée du musée, et je dois dire que le choc est assez fort en arrivant dans le couloir. Elle est posée comme ça, dans un coin. Elle met en scène des objets symboliques, une figure mythifiée, fantasmée. On peut lire à côté quelques explications quant au choix des mots, des objets, notamment motivé par une volonté de dénoncer un galvaudage du mot « halal », et de représenter le rêve d’intégration des jeunes filles issues de l’immigration. Mais ce n’est pas assez suffisant pour connaître les intentions de l’artiste (quoique si vous avez internet sur votre mobile, une petite recherche vous permet d’y voir un peu plus clair. Parce que l’audioguide…).
Un peu pensive et dubitative face à ce tout, une dame du musée s’approche pour dire tout en souriant : « Vous savez, l’artiste est musulman, il n’y a rien d’anti-musulman dans cette installation. D’ailleurs, mon ami est musulman. »
Face à autant d’attention, de sincérité et de préjugés, je me suis juste contentée d’émettre quelques réserves sur cette installation et tout ce que j’ai pu voir : l’intérêt historique, sociologique, anthropologique, politique, social et j’en passe de tout cela, le questionnement quant à la symbolique des mots et des choses, la muséographie et ses orientations (choix du découpage thématique selon l’origine ethnique, etc.), et de manière générale sur la raison d’être de ce musée.
Et puis direction le glacier en compagnie de mes deux acolytes préferées !! (avec une observation des comportements de consommation de certains touristes…).
Rendez-vous la semaine prochaine pour une autre chronique bouillon de culture (ha ha ha). D’ici là, faites-moi part de vos commentaires concernant ce fabuleux musée !! Et pour celles qui n’y sont pas encore allées, on ne peut juger que par soi-même !
Rencontre improbable avec Loubna Méliane
Quand on lui demande ce qu’elle a appris après dix années de militantisme, Loubna Méliane répond « que tout n’est pas tout blanc ou tout noir ». Très présente dans les médias et sur le terrain avant de mettre sa carrière entre parenthèses, cette jeune femme n’a eu de cesse d’articuler combats politiques et défits personnels. Parfois décriée pour ses prises de position, Loubna Méliane se révèle être aujourd’hui une jeune maman heureuse et épanouie, qui parle sans ambages du passé avec un regard tourné vers l’avenir. Portrait d’une femme de terrain qui retrace avec nous son parcours en toute sincérité.
On connaît toutes ton parcours de militante, de femme engagée. Mais si je devais retenir quelque chose dans tout ce que tu as pu faire, c’est ton livre, Vivre libre, où tu te dévoiles beaucoup.
Je me suis mise à nu, ça a été difficile, très dur même. Je considérais que c’était pas à moi de faire ça. En tant que militante, je mène des combats pour ma personne, mais aussi pour les autres. Pour moi, quand tu es militant, tu n’as pas à te dévoiler… Je pensais qu’il n’y avais aucun intérêt à dire qui j’étais, d’où je venais… Et avec les années, je me suis rendue compte que si, que c’était plus simple et plus facile de faire passer des messages quand on racontait une histoire. Le but n’était pas de raconter mon histoire pour raconter mon histoire, non ! C’était de montrer mon cheminement par rapport à mon histoire familiale, mon engagement et les rapports que j’ai pu avoir avec les uns et les autres. Le but était de montrer que finalement, on est que le produit d’une histoire. Ce qui m’a poussée du jour au lendemain à militer, c’est mon histoire familiale. Chez moi, les femmes ont toujours été indépendantes. Et pour moi, être une jeune femme, issue d’un quartier, qui va à l’école, qui est confrontée à des difficultés, avec différents handicaps… Pour moi, malgré tout ça, on a envie de s’en sortir, et on se donne les moyens. Bien sûr, on a du mal, on doit en faire plus que les autres. Mais voilà, je voulais montrer qu’on pouvait y arriver. Chacun mène la vie qu’il veut mener. Néanmoins, on vit dans un pays où on a le droit de revendiquer un certain nombre de choses, on a la possibilité de le faire dans le respect de l’autre.
C’était donc par nécessité purement militante que tu as écrit ce livre. Mais à côté, comme tu l’as dit, tu as dû te mettre à nu. Est-ce que c’était pour toi un exutoire, une thérapie ?
Non. Vraiment, je voyais plus ça comme un exercice militant. Y a eu un travail d’introspection, c’est évident, mais pas très poussé. Parce que l’objet du livre, c’était pas de raconter ma vie pour raconter ma vie, c’était de raconter mon engagement. Je n’essayais pas de régler des questions d’ordre personnel. C’est après que ça a déclenché d’autres choses. Je vis ma vie de femme, je suis mariée, j’ai une petite fille. Forcément, j’ai fini par me poser des questions sur qui je suis, d’où je viens, ce que j’ai envie de transmettre à mon enfant. Donc là oui, j’ai dû faire une réelle introspection, parce que je mène une vie qui fait qu’au bout d’un moment, j’ai du me poser des questions. Et il faut avoir le courage de se mettre devant un miroir et de se poser les bonnes questions. C’est vrai que ma fille, plus que le livre, m’a amenée à une véritable introspection.
Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que quand on voit, on entend Loubna Méliane, on t’associe directement à un parti, à un mouvement, à un groupe. La Loubna femme, maman, c’est certainement la plus intéressante.
Je vis comme n’importe quelle jeune femme en France. Je me suis posée pas mal de questions, à savoir si oui ou non j’étais capable d’assumer un mariage mixte, avoir un enfant, des questions auxquelles j’ai pu répondre grâce à la marche (Marche des femmes des quartiers pour l’égalité et contre les ghettos) qui m’a poussée à penser que je pouvais vivre égoïstement, penser à moi, vivre heureuse. Pourquoi me l’interdire ? Au nom de quoi ? Donc voilà, je me pose les mêmes questions que n’importe quelle jeune femme. Au départ, c’était simple de sortir avec lui, ça ne l’engageait à rien, et ça ne m’engageait à rien. C’est au fil des années, au fur et à mesure que le temps passe que tu te rends compte que tu t’installes dans une routine, que ça devient sérieux, que ça amène à autre chose, à construite quelque chose ensemble, à s’installer, à se marier… à avoir des enfants ! La marche, ça m’a permis de régler ça par exemple, des questions plutôt personnelles. J’étais amoureuse, je voulais donner une chance à cette histoire et aujourd’hui, je suis heureuse. Il n’est pas musulman, mais il n’empêche qu’il respecte qui je suis et ce que je suis. Juste pour te donner un exemple, pendant un moment, j’étais loin de ma famille, et c’était la période où j’avais eu ma fille, où je voulais qu’elle puisse découvrir ma famille, ma culture. La famille de mon mari est adorable, je les aime très fort, ce sont des gens extraordinaires, mais ils ne pouvaient pas lui apporter ça. Je le vivais mal, mais mon mari a été génial. Il a proposé de fêter l’aid, m’a dit que j’avais ma propre famille, qu’on pouvait le fêter ensemble. Et c’est la que j’ai sorti mes livres de recettes, que j’ai invité mes amis, qui n’étaient pas forcément musulmans, mais peu importe. Le but était de partager avec moi le repas de l’aid. Il n’était peut être pas parfait, mais voilà… Notre force, c’est d’accepter l’autre comme il est, sans lui demander de changer. Je ne lui demanderai pas de changer, et il ne me le demandera pas non plus. Après, d’autres questions se poseront quand ma fille sera plus grande et qu’elle devra faire son choix, mais elle le fera toute seule. Moi, je ne lui imposerai rien. Si elle veut devenir musulmane, je lui expliquerai ce que je sais, et en réalité, j’ai une conception assez personnelle de la religion. Je l’inviterai à lire, c’est ce que mon père m’a toujours appris, à aller chercher dans les livres, à se faire sa propre opinion. On pourra en discuter, c’est ce que je faisais avec mon père ; on a pas eu d’obligations ou autres avec lui, je veux faire la même chose avec ma fille. J’essaierai de l’aider au mieux, de lui donner des conseils. Je ne veux pas lui mettre la pression. Avec mon mari, on est plutôt des laïcs. On croit, en quelque chose, mais plutôt à des valeurs universelles, le respect, la tolérance…
Vous croyez en une humanité ?
Oui voilà. Chez moi il s’appelle Allah, chez lui Jésus. Mais s’il s’était appelé autrement, ça ne nous aurait pas posé de problème. Y a des piliers, on s’appuie dessus et ça s’arrête là ! On essaye, mais je sais qu’on aura des difficultés d’ici quelques années, quand ma fille grandira. J’appréhende parce que ce qui m’inquiète, c’est le repli communautaire qui existe, et qu’on ne peut pas nier. Un enfant issu du métissage, c’est compliqué. Savoir d’où l’on vient, qui on est… Si en plus, par dessus tout ça, les uns et les autres mettent leurs propres revendications pour essayer de s’en emparer, j’ai de quoi m’inquiéter ! Pour l’instant, elle est petite. Elle vit avec plein d’amour, mais j’ai peur pour elle. Elle est métisse, elle a une double culture, et l’extérieur peut être hostile pour elle.
Quelques soient les milieux, les groupes qu’elle sera amenée à fréquenter ?
Oui, tous milieux confondus ! On a encore du mal à accepter le multiculturalisme.
Par rapport a tout ce que tu dis, à la naissance de ta fille qui à l’air d’avoir changé ta vie tant sur le plan personnel qu’au niveau de tes combats de militante, on voit que ça t’as ouvert les yeux sur pas mal de chose, sur ta manière d’appréhender l’autre.
Les gens me connaissent depuis que j’ai 19 ans. Aujourd’hui, j’en ai 31, et je suis comme tout le monde. J’ai grandi, j’ai évolué, j’ai mûri. Je ne suis plus forcément dans la spontanéité, je suis désormais plus réfléchie. Les gens sont restés sur une image. Je ne dis pas que j’ai mis de l’eau dans mon vin, je dis juste que les choses se présentent à moi différemment. Je ne les vois plus de la même façon, ou en tout cas, j’essaye de regarder plus loin que le bout de mon nez, et d’arrêter de me laisser prendre par les émotions. J’essaie aussi de ne plus regarder les choses sous un prisme personnel, par rapport à ma propre histoire. J’ai appris que les gens n’ont pas la même histoire que moi. Ils sont différents, et ont des histoires différentes,
Les histoires sont différentes et rien n’est figé. Et par rapport à tout ce que tu as pu faire, est-ce qu’il y a des choses que tu ferais autrement ? Qu’est-ce que tout ton parcours t’as appris ?
Que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, qu’il y a des nuances, que les choses sont compliquées. Je referais les choses de la même manière parce que c’était moi, à des moments particuliers. Je ne vais pas nier ce que je suis, je ne suis pas une autre personne. J’ai juste grandi ! Pour moi, les choses ne sont plus aussi simples. Il faut être capable d’analyser, d’écouter, de comprendre, et après d’avoir une opinion. Mais pas avant.
Y a pas très longtemps lors d’un débat, tu expliquais que tu assumais tout ce que tu avais pu faire jusqu’à aujourd’hui, mais qu’il y avait eu pas mal de récupération. Est-ce que tu parlais de Ni putes ni soumises que tu as fini par quitter ?
Non, on m’a gentiment demandé de partir.
Pour des question idéologiques, ou c’était plutôt des luttes de pouvoir ?
Un peu des deux. Je voulais pas faire de Npns un mouvement communautaire, pour moi ce n’était pas possible. La seule communauté à laquelle je veux bien appartenir, c’est la communauté française, la nation une et indivisible. Mais Fadela Amara a toujours voulu en faire un mouvement de beurettes, moi non. Parce qu’en plus, quand on a fait la marche, moi j’ai travaillé avec des femmes pas forcément issues de l’immigration, des quartiers ghettos. C’était des femmes qui avaient vécu les mêmes difficultés que nous, peut être pas aussi violentes, mais toutes aussi agressives.
Parce que pour toi, on porte toutes les mêmes stigmates ?
Oui, et c’est pour ça qu’il fallait un mouvement collectif. Le but était de créer une passerelle entre les féministes d’avant, et les femmes que nous sommes aujourd’hui. C’était un beau challenge que de remettre au goût du jour le féminisme, et surtout de l’expliquer. C’est pas une lutte des classes, une lutte entre les hommes et les femmes, non. C’est un combat de société pour permettre aux hommes et aux femmes de vivre ensemble, de trouver leur place . C’était la marche des femmes des quartiers contre les ghettos et ensuite pour l’égalité. Le féminisme est arrivé après. C’était avant tout un combat social pour moi, et au sens large. C’est en rencontrant des femmes, des féministes que je me suis dit que c’était important de renouer avec cette histoire, celle de notre pays. Finalement, Npns, c’est plus du tout ça ! Là, c’est des petites beurettes qui se mobilisent pour elles. Ça a créé beaucoup de tentions entre nous et les mecs, alors que sur la marche, pas du tout. C’est vrai que le slogan pouvait choquer… c’était de la provoc’, de la com’ quoi ! Je le dis et j’assume ! Il nous fallait un nom fort pour être visibles et entendues, mais ça ne voulait pas dire qu’on vivait en opposition avec nos frères et pères. Parce qu’eux aussi vivent les mêmes difficultés. C’était un combat pour nous, mais pour eux aussi. Et c’est pas ce qui en ressort aujourd’hui. Npns, c’est aussi une coquille vide, on ne propose rien. C’est bien beau de dire aux jeunes filles vous avez des droits, revendiquez-les… mais on leur donne pas les moyens, on ne leur propose pas d’alternatives, de solutions. Elles sont tombées dans une espèce de victimisation et moi, je ne suis pas une victime. Je ne me considère pas comme une victime. Et même celles qui ont subi les choses les plus difficiles et les plus atroces le disent. Là avec Npns, on est tombé dans le pathos. Après oui, c’est grave ce qui se passe, il y a des violences, mais c’est pas que ça. On ne peut pas se mobiliser uniquement la dessus. C’est réducteur, on tombe dans les clichés et en plus, ceux dont on veut se débarrasser. C’est une réalité que des femmes meurent sous les coups de leurs conjoints…
Mais celui-ci n’est pas forcément maghrébin ?
Tout à fait !
Donc pour toi Npns à l’origine, c’était un mouvement qui portait une lutte sociétale, quelques soient les origines ethniques, religieuses et sociales des uns et des autres ?
Y a qu’à regarder les statistiques, que tu sois une femme issue d’un milieu aisé, ou issue d’un milieu ouvrier, tu subis les mêmes violences. Les statistiques parlent.
C’est ce qui t’a dérangé ?
Oui, et par ailleurs, on m’a dit de partir avant d’exprimer quoique ce soit, de laisser la place à Fadela. Et à la rigueur, ça arrive, c’est de la politique. C’est pas ma façon de faire, mais bon…
Et qu’est-ce que tu as ressenti ?
J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. C’est comme si on m’enlevait mon bébé. Je travaillais dessus depuis deux ans. Npns, c’était bien avant la mort de Sohane. Ce malheur a permis d’avoir un écho au niveau médiatique, mais le mouvement existait bien avant. Mais ça avait marqué tout le monde parce qu’avant, on en parlait pas à la télé. Et puis Npns, c’est devenu un mouvement réduisant son combat contre les violences physiques faites aux femmes des banlieues. Même si c’est une réalité, y a pas que ça. D’autres problèmes existent, économiques, politiques. Avoir une carrière politique pour une femme, c’est difficile. Concilier une carrière professionnelle et une vie de mère, ça l’est encore plus. Et puis envers les mecs, on avait beaucoup d’affection, parce qu’on se rendait compte que si notre situation se dégradait, c’est parce que la leur aussi se dégradait. On essayait de se battre pour nos frères, c’était un combat commun. Je ne me vois pas vivre à côté d’eux, mais avec eux. Et c’est vrai que c’est aussi intéressant de mener un combat féministe en tant que tel, avec des questions sur l’émancipation, l’égalité salariale, la lutte contre les violences conjugales et autres, la possibilité de faire évoluer les femmes, la question du rôle de l’Etat dans toutes ces problématiques… Bref, des questions d’actualité !
Et ton actualité à toi Loubna. Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?
Il a donc fallu faire le deuil de Npns, toutes les anciennes ont été virées. Faut savoir qu’aujourd’hui chez Npns et autour, toutes celles qui sont à l’origine du mouvement, elles ont toutes été virées, ou sont parties quand Fadela a rejoint le gouvernement Sarkozy.
Et qu’est-ce que tu as fait après ça ?
J’en avais marre que mon nom soit assimilé à des gens, à un parti … J’avais envie de me détacher de ça, de me prouver des choses, de me montrer que je pouvais voler de mes propres ailes. J’ai bossé en radio, une libre antenne. J’avais une émission en soirée, une fois par semaine, sorte de service public où on abordait avec les auditeurs des sujets d’actu, société, religion, racisme, sexualité, etc. J’invitais des experts, des artistes, des politiques. C’était très intéressant. Ça a duré deux ans, puis je suis tombée enceinte, je me suis occupée de ma fille, et le militantisme m’a manqué. En même temps, j’avais peur d’y retourner. J’ai pris pas mal de gamelles. Je pensais qu’on était une famille, qu’on militait dans la même direction. Mais c’est de la politique, c’est un autre monde. C’est une famille parce qu’il y a des convictions communes, des orientations semblables, des objectifs communs. Mais ce qui m’a mis hors de moi, c’est que certaines personnes sont là pour elles. Après, avoir de l’ambition c’est bien, j’en ai aussi, c’est pas vraiment le problème. Mais pas de coups bas. J’ai un petit espoir, je crois que ma génération veut rompre avec ces façons de faire de la politique. Je suis persuadée qu’il faut arriver à travailler main dans la main. J’ai envie de faire de la politique différemment. On verra, l’avenir nous le dira ! J’ai donc beaucoup réfléchi, j’ai pris beaucoup de recul. Et j’ai constaté que j’avais besoin du militantisme ! C’est dur, mais j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. Je bosse aujourd’hui pour la Fédération nationale des maisons des potes. Je suis la rédac’ chef adjointe du journal Pote à pote. J’écris des articles, je rencontre des gens. Ça me permet de réfléchir à des problématiques que je n’ai plus abordé depuis longtemps. Ça me permet aussi de voir d’autres choses, de ne pas être sur le même créneau qu’avant, de réintégrer le terrain. Mais je ne me mets pas en avant, je veux continuer à militer, à faire de la politique petit à petit, mais tout en ayant un ancrage associatif. Je pense que les années à venir, on fera de la politique différemment. J’ai l’espoir qu’une société civile va émerger, qu’elle va reprendre le flambeau, que ce sera différent.
Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city ?
Je voudrais seulement leur dire qu’on doit mener ensemble un combat qui nous concerne toutes, et non pas les unes contre les autres. Parce que sinon, on avancera pas, et ce serait vraiment dommage. Et je vous encourage aussi dans votre initiative de prendre et donner la parole, c’est très important et intéressant ! Bonne continuation à toutes.
Photo : Loubna Meliane, juillet 2009 à Paris – Hijab and the city
Laurence Lascary, femme et chef d’entreprise
Laurence Lascary est une productrice de talent ! Elle a fondé en 2008 De l’autre côté du périph’, une société de production audiovisuelle qui compte aujourd’hui trois collaborateurs, et a reçu le Grand Prix Talents des cités-Espoir banlieues. C’est une charmante jeune femme au parcours brillant, qui force le respect et l’admiration, et qui est animée par des valeurs et une impressionnante envie de réussir. Portrait d’une chef d’entreprise pas comme les autres !
Laurence, est-ce que tu peux nous expliquer en quoi consiste le travail effectué par DACP ? Qu’est-ce que vous produisez ?

Chez DACP, on produit tout type de programme, notamment des films institutionnels qui s’adressent plutôt aux entreprises. La spécificité de ces films réside dans le fait qu’ils se concentrent sur les valeurs des entreprises : ça peut être le développement durable, l’écologie, la diversité bien sûr, et c’est d’ailleurs une des choses qu’on met en avant avec DACP, et au sens large du terme. C’est une diversité ethnique, culturelle, sociale ou physique. Grosso modo, c’est plus de tolérance, du vivre ensemble, et on essaye de voir comment intégrer dans les entreprises des collaborateurs pouvant être perçus comme atypiques. L’idée est de proposer aux entreprises des outils de communication qui leurs permettront de valoriser l’action de leur entreprise par rapport à ces thématiques là donc, offrir des outils de sensibilisation et de formation des collaborateurs pour encourager et impulser cette dynamique de changement au sein de ces entreprises. Parce qu’on voit que la diversité par exemple qui est un thème à la mode. C’est même un thème galvaudé. Certaines entreprises vont signer une charte, payer 80 000 euros pour se faire auditer et obtenir le label diversité. Et et puis une fois que c’est fait, on pense que ça y est, c’est bon. Sauf qu’il faut convaincre les collaborateurs, il faut vraiment le porter d’un point de vue stratégique, et non suivre une mode à laquelle il faut adhérer parce que s’il se passe quelque choses, l’entreprise y sera, sait on jamais ! Malheureusement, c’est un peu ce qui se passe aujourd’hui. Et c’est pour ça que DACP et d’autres entreprises prestataires vont voir ces entreprises là, les prennent au mot, et leur disent : vous vous êtes engagées sur ce terrain, qu’allez-vous faire ? Voyons ensemble comment nous pouvons procéder pour rendre votre démarche plus concrète.
Clairement, vous associez une démarche business et une démarche militante ? Je ne sais pas si c’est le bon terme ?
Carrément ! D’ailleurs, DACP est référencée comme une entreprise sociale dans le parlement des entrepreneurs d’avenir. C’est 200 sociétés au niveau national qui sont concernées, on voit que le panel est assez réduit. On en fait partie grâce notamment à nos valeurs, aux valeurs de notre société. C’est ce qui m’a poussé à monter cette entreprise; Je ne voulais pas vendre de la lessive ou autre, ça ne m’intéressait pas. Je viens du marketing initialement. DACP est en fait à mon image !
En parlant de ton image, on va un peu revenir sur ton parcours. Tu es une femme, chef d’entreprise, noire…
Et je suis jeune !
Oui tout à fait, jeune, faut surtout pas éluder la question générationnelle. Et donc, par rapport à tout cela, est-ce que ton parcours a été facile, normal ou au contraire semé d’embûches ?
Les obstacle viennent en fait de l’extérieur et de l’intérieur. Quand j’étais plus jeune, au lycée, j’étais attirée par le journalisme, ça se rapprochait le plus de ce que je voulais faire. Un prof d’histoire géo disait à ma mère qu’il fallait que je fasse Science Po ou une école de commerce, et moi je me suis dit que ça n’allait pas être possible. Je me suis donc dirigée vers des filières courtes, commerciales, là où il y a du boulot, et je pensais aussi que ce serait plus à mon niveau. Puis, quand j’ai vu que ça se passait bien, j’ai décidé de continuer au fur et à mesure. J’ai fait une maitrise en science de gestion, en alternance chez France Telecom. J’insiste parce que c’est ce qui m’a permis de réaliser que je ne voulais pas travailler dans une entreprise lambda, justement par rapport à ces questions de sens que j’évoquais tout à l’heure. Et plus ça allait, plus je me disais que ce qui m’intéressait c’était le culturel… je commençais un peu à me « décomplexer ». Il a donc fallu faire ce virage a 180 degrés, ce qui n’est pas évident en France, parce qu’il faut toujours trouver une cohérence dans les études; passer du management, du marketing à l’audiovisuel… c’était pas gagné d’avance ! Puis je suis partie à Londres pour prendre du recul et pratiquer mon anglais. J’ai ensuite fait un master audiovisuel, en étant la seule noire de la session. Je me disais que c’était donc possible. Et mon parcours, c’est vraiment ça. Au fur et a mesure, plus on met la barre haut, plus on voit qu’on avance et qu’on progresse.
Une sorte de parcours « escalier » donc. Est-ce que tu peux également nous parler de ton expérience aux USA ?
C’était un challenge pour moi. J’adorais New York où j’avais passé un été. Puis, je me suis organisée pour partir même si au départ, ça paraissait abstrait. Et j’ai fini par y aller un an, pour travailler dans le cinéma, pour une association financée par l’état, uniFrance, et dont la mission est de faire la promotion du cinéma français à l’étranger.
Tu étais dans une institution française aux États-Unis. Est-ce qu’il y a là-bas un décalage au niveau des mentalités, au niveau également de l’entrepreneuriat, de la formation, des études, de cette importance des valeurs que tu évoquais ?
Tu discutes avec les gens, tu rencontres dans ce milieu des personnes qui ont étudié la biologie. Et tu te demandes où est le rapport ? Y a pas de barrières aux USA. Tout le monde est sur la même ligne de départ. Là-bas, tout le monde est entrepreneur, tout le monde est freelance. Chacun travaille pour soi, sa carrière, pour avancer. C’est une mentalité complètement différente. Et moi, j’ai pu être confrontée à des jeunes qui faisaient énormément de choses. Moi même là-bas, j’ai fait un tas de choses, et c’est comme ça que la lubie suivante est venue… j’allais monter ma boite !
Et la créer aux USA, c’était pas envisageable pour toi ?
Non. J’ai passé une année formidable, j’en suis ressortie grandie ! J’ai appris un tas de choses, tant au niveau professionnel que personnel. Mais ça m’a aidé à réaliser que ma vie était en France, et que c’était la bas que je devais faire les choses. J’avais l’impression que je ne vivais pas dans la réalité. Parce que j’étais dans un environnement déconnecté du réel. uniFrance là-bas, c’est le cinéma avec un grand C. C’est très institutionnel. Toutes les portes nous sont ouvertes, mais j’avais envie d’avoir mon petit cheminement à moi.
Une phrase m’interpelle dans tes propos. Tu dis qu’aux USA, on est tous sur le même départ. Tu parles d’égalité des chances. Est-ce que là-bas, c’est un principe aussi galvaudé qu’en France, au même titre que la diversité dont tu parlais tout à l’heure ?
Oui, maintenant c’est une étiquette qu’on colle à tout va. Je pense qu’au lieu de parler de diversité, on devrait parler d’égalité professionnelle dans le monde du travail.
Mais avant d’arriver au monde du travail, il y a celui l’éducation ?
Oui, bien sûr, il y a discrimination dès le départ. On a pas tous le même accès à l’éducation. D’ailleurs, je fais partie d’une association qui intervient dans les lycées classés ZEP (zones d’éducation prioritaires) pour justement parler a ces jeunes des questions d’orientation. Et c’est vrai que sur le terrain, on se rend compte qu’il y a d’une part un phénomène d’auto-censure, une méconnaissance des possibilités de métiers qui font qui font que ces jeunes sont perdus, ne savent pas ce qu’il veulent faire. On est la pour échanger avec eux sur ces questions, pour leur dire que c’est possible. Les personnes qui interviennent en sont la preuve. Généralement, ce sont des personnes qui n’ont pas de parcours linéaire, certains partent de très loin. Par exemple, un des intervenants avait fait une STT (bac technologique) et a fini à Normal sup. On essaye de leur expliquer ça, parce que ça vient parfois des équipes pédagogiques mais aussi des jeunes eux mêmes. Il y a des questions d’inégalité dans la confiance en soi. Certains jeunes ont appris à être nuls, d’autres à avoir confiance en eux, ce qui simplifie fortement leur développement.
Autre phrase, tu dis qu’il y a des choses qui font qu’on peut pas y arriver, mais qu’on a aussi notre part de responsabilité. Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Est-ce que quand on veut, on peut ?
Oui ! Quand on décide de quelque chose, qu’on a des objectifs, qu’on se donne les moyens d’y arriver… ça marche. Même si au final, on atteint pas l’objectif voulu, on en sort grandi.
Tu avances chaque jour, tu continues ton chemin de chef d’entreprise, mais à côté, tu t’investis beaucoup, tu milites. Est-ce qu’au regard de ton parcours, tu considères que c’est une responsabilité que tu dois avoir ?
En fait, c’est un ensemble de choses. J ‘aimerais faire plus, me consacrer à d’ autres causes. Malheureusement, le temps me manque. Mais m’investir, c’est comme ça que je vois la vie en fait.
Pour toi, il n’y a pas de séparation entre ces deux activités. Tu fais de l’économie sociale ?
Oui tout à fait. Je suis persuadée que le respect dans la société capitaliste dans laquelle on vit se gagne par le pouvoir d’achat, le pouvoir économique. Il faut donc encourager les jeunes à prendre en main leur vie, leurs études, leur futur métier. Pour moi c’est très important. Ils constituent les décideurs de demain. Il faut comprendre les règles du jeu pour avancer au sein de la société.
On va revenir un peu sur ton travail. Tu nous as exclusivement parlé des films institutionnels, mais a coté, tu développes d’autres films ?
Oui, d’autres programmes soit pour la télé, soit pour le cinéma. On a produit un documentaire, L’école des ambassadeurs, et deux courts métrages, Narkissos et Dead Buddy. Le but de ces programmes est de banaliser la diversité sur les écrans. Chez DACP, on la banalise en la traitant comme un non sujet ; ça ne peut pas être un sujet de film ou de programme. Par contre, ce qu’on voit à l’écran est à l’image de ce qu’on voit dans la société. On ne veut pas proposer un miroir déformant comme ce qu’on peut voir à la télévision, au cinéma… des caricatures. Le téléfilm Aïcha par exemple, même avec l’ambition de faire de faire quelque chose de positif, on se rend compte qu’on tombe facilement dans les clichés, et ça fait encore plus de mal, car en se présentant comme le fer de lance de ces questions, on a un effet destructeur ! Cela devient une cible facile, et il est temps de rétablir la balance
Est-ce que tu peux nous parler de L’école des ambassadeurs ?
C’est l’histoire de jeunes gens qui partent aux USA, qui ont été sélectionnés pour représenter la France aux États-Unis, sur la base de leurs résultats scolaires, de leur milieu d’origine, de leur engagement citoyen, de leur ouverture au monde. On a par exemple une jeune fille pompier volontaire, des bénévoles au Téléthon. Ce ne sont pas des jeunes ordinaires dans la mesure où en France, l’engagement dans une association en tant que bénévole n’est pas très développé. Ces jeunes sont particuliers donc mais en même temps, ce sont des jeunes comme les autres, auxquels n’importe qui peu s’identifier. Quand on les entend parler, on ne se sent pas agressé. Après, je ne dis pas qu’il faut cacher ça, mais que ça fait du bien quand des gens qui ne connaissent pas les quartiers voient autre chose. Le cœur du film, c’est qu’on les voit pendant une période charnière, une semaine avant les élections aux USA. Il parle avec des jeunes, des adultes, de politique, d’économie … Ils assistent à l’élection d’Obama. La finalité de ce film, c’est de montrer l’émergence de cette nouvelle génération ouverte sur le monde, et qui compte prendre sa place.
En fait, pour paraphraser un grand philosophe, on est pas condamné à l’échec ?
Tout à fait (rires)
T’as pas peut qu’on te colle une étiquette ?
C’est déjà fait ! (rires) On dit notamment que je fais dans l’associatif
Et c’est pas frustrant en tant qu’entrepreneur ?
J’explique qu’il ne s’agit pas d’une association, que c’est une entreprise, qu’il y a un but lucratif. Mais globalement, il y a plus de positif que de négatif ! Et puis si on veut me coller une étiquette, qu’on le fasse, je sais qui je suis.
Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city. Tu me disais que tu connaissais le magazine, et que tu le lisais hé hé !!
Bonnes vacances ! (rires) Surtout, ayez des rêves, et réalisez-les. Il ne faut surtout pas attendre, le bonheur c’est maintenant !
Le film Narkissos a été sélectionné pour participer au concours «Lignes de Courts». Cette opération met en compétition 23 films de 5 minutes maximum. Les internautes sont appelés à voter tout l’été (du 1 er juillet au 31 août) sur le site internet de Kewego.fr.
Photo : Camille Millerand
Une nouvelle étape dans l’élaboration de notre livre
29 juin 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
J’ imagine que tout le monde se pose des questions sur notre super méga cool petit livre, que dis-je… GRAND livre ?
Rassurez-vous mesdames mesdemoiselles, il est toujours d’actualité !! Après avoir constaté que l’idée avait séduit pas mal d’ HATCiennes, on s’est dit qu’il fallait peut être passer à un stade supérieur.
Après avoir recueilli vos contributions pour le contenu, vos suggestions pour le titre, l’ idée serait d’organiser des ateliers d’écriture pour continuer la réflexion menée sur le site et parachever le projet. Il s’agirait dans un premier temps d’organiser des ateliers d’écriture, trois pour commencer, avec des lectrices intéressées par le projet. Plus on est de folles, plus on rit et surtout, plus les idées les plus lumineuses viennent à nos esprits (hein ?!?) !
Comme vous pouvez l’imaginer, le nombre de places sera limité afin d’assurer le bon fonctionnement des séances. Et bien sûr, ça tournera d’une semaine à l’autre !
Bien entendu, on continuera à en parler régulièrement sur le site, notamment pour tenir au courant tout le monde de l’évolution du bébé (oui oui, un bébé ! Un bébé loup même).
Comment procéder pour s’inscrire ?
C’est très simple ! Il vous suffit d’envoyer un mail à hijab.and.the.city@gmail.com, en indiquant l’objet du mail : « je veux participer aux ateliers », « le livre, le livre, le livre », « bien ou bien, je veux le Goncourt ! » à vous de choisir !
Seulement, je dois vous préciser un truc : il n’y a que 6 places par atelier… la première arrivée sera donc la première servie ! J’en suis navrée mais bon… question d’organisation ! Si la demande est forte, on avisera !
Les inscriptions sont donc ouvertes pour la première session (on dirait que je parle du bac !) qui se déroulera le week-end du 11 juillet. Toutes les modalités (lieu, date, heure, etc.) seront indiquées aux participantes après le premier contact pris avec la rédaction.
J’attends donc vos retours, et je vous souhaite un excellent début de semaine !!
Amelle Chahbi : l’humour au féminin
Amelle Chahbi, c’est un peu la copine qu’on aimerait toutes avoir : une jeune femme super sympa, belle, intelligente, et surtout extrêmement déconneuse ! Une chic fille qui n’a pas la grosse tête et qui a surtout eu la gentillesse d’accepter de répondre aux questions de Hijab and the city. Portrait d’une femme pleine de talent, qui a fait de l’humour sa passion et son métier.
La première fois que je t’ai vue Amelle, c’était dans une pub du bled…
Ah bon ? (rires)
La pub Kiri !
Oui la pub dans laquelle j’ai un faux ventre de femme enceinte avec un scratch derrière (rires)
Mais bien sûr, je t’ai vu ailleurs. Dans le Jamel Comedy club, à la télé, au cinéma. Mais avant tout ça, t’appartenais à un show qui s’appelait « Barres de rires ». Tu peux nous en parler ?
» Barres de rires », c’est en fait un collectif créé avec quelques membres de la troupe du Jamel comedy club, on se connaissait donc bien avant. On avait notre petite scène, notre petite ambiance à nous avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, Patson… C’était une scène underground sur laquelle on a fait nos débuts. Et c’est le bras droit de Jamel, Kader Aoun qui nous a repéré dans ce théâtre. Et de là est venue la proposition de créer le Jamel Comedy Club.
Ça vous a permis de gagner en visibilité ?
Oui !! Le Jamel Comedy Club nous a fait passer de l’ombre à la lumière. Il nous a offert des opportunités, nous a permis d’accéder à des trucs qu’on avait jamais eu : des tournées pleines, des salles de 1000 personnes, On a gagné du temps, de l’aisance, de l’expérience, et bien sûr du jeu.
Et les conséquences de tout ça ?
Toutes les chaines télé nous ont ouvert les portes et nous ont proposé des collaborations.
J’ai beaucoup aimé ta chronique dans Les agités du bocal sur France 4, qui mettait en scène une présentatrice d’un JT un peu blédard…
Oui ! Ils m’ont dit de venir, et j’avais la liberté de choisir et de faire ce que je voulais. J’ai donc joué le rôle de Kalthoum Zouzou présentatrice du journal télévisé, une femme qui a un point de vue sur tout. C’était important pour moi de montrer que des femmes comme Kalthoum Zouzou ont un avis sur tous les sujets : politique, people, etc. Et bien souvent, elles ont un caractère bien trempé !
Et t’as eu d’autres propositions ?
Oui, mais j’en ai refusé pas mal.
Est-ce qu’on t’a proposé des rôles clichés, des rôles assez marqués, clairement des rôles de beurette ?
Oui, des rôles clichés, trop clichés même, des rôles que je n’aurai jamais pu faire. Quand je lisais les pitchs, j’en avais mal au ventre. Mais on me propose aussi de très bons rôles, souvent de la part de jeunes réalisateurs, des jeunes qui ont mon âge. Je viens par exemple de tourner dans un film, Les Barons, réalisé par Nabil Ben Yadir. J’y joue le rôle d’une jeune journaliste qui vit sa vie de jeune femme, qui n’est pas tapée par son père ou ses frères, même si dans la réalité effectivement il existe des femmes qui se font maltraiter, mais c’est pas le propre des maghrébins. Et puis c’est plus le propos, les mentalités évoluent.
Et donc le film, il sort quand ? Tu peux nous en parler un peu plus, nous détailler le casting ?
C’est pour octobre 2009, le réalisateur Nabil Ben Yadir est Belge. On y trouve Fellag, Nader Boussandel, Edouard Baer, Julien Courbey, etc. Mon rôle, c’est donc celui d’une journaliste trentenaire, maghrébine, star du JT en Belgique, indépendante, active, mais très proche de sa famille, qui va voir ses parents tous les week end, qui va aux mariages maghrébins dans lesquels elle est conviée… Un femme qui est amoureuse, à qui il arrive beaucoup de choses.
Une femme normale en fait ?
Voilà, tout à fait ! Un femme normale, qui vit sa vie.
Tu as une jolie carrière ! Tu as commencé dans l’ombre, tu finis au cinéma… est-ce que tu as galéré pour en arriver là ?
Oui, au début c’est sûr ! Seule, c’est difficile. Quand t’as pas de famille artistique, t’as rien, tu galères. Mais avec le Jamel Comedy club, ça a fini par marcher. Quand on a monté « Barres de rire », on cherchait des scènes ouvertes sur lesquelles jouer. Quand tu es musicien, tu peux jouer de la guitare où tu veux. Quand tu fais du théâtre, du stand up, il faut une scène où jouer. On a fini par créer notre propre outil de travail.
Et le Jamel Comedy Club dans tout ça ?
C’est un luxe ! Avant, on louait un théâtre pour jouer. Jamel lui en a acheté un !

A ton avis, qu’est ce qu’il l’a poussé à vous soutenir ? Il s’est reconnu en vous ?
Oui il s’est reconnu, il a lui aussi galéré, et puis il est arrivé à un moment de sa vie où il avait besoin d’une vraie dynamique de travail, de partager des choses, de ne pas travailler seul dans son coin
T’as donc su trouver les bons partenaires dans un univers qui à la base t’attirait. Est-ce que dès le début, tu voulais faire carrière dans ce milieu ?
J’ai toujours voulu être humoriste, depuis longtemps. Mes parents ont toujours été cool, même si j’ai quand même fait un petit travail sur eux (rires). Mais ce qu’ils voulaient avant tout, c’était d’abord que je passe mon bac. Faut dire aussi que j’ai grandi dans un coin particulier. J’étais au Marais, petite je faisais de la danse avec Mia Frye (rires). Mes parents ont eu l’habitude voir ça, la danse, le théâtre dans le quartier. Mon père parlait même avec Mia Frye ! Il allait la voir après les cours le mercredi pour lui dire avec l’accent « faut pas déborder Mia », en la tutoyant (rires). Mais je m’étais inscrite à la fac de droit, sauf que j’y allais jamais. Puis je me suis dit qu’il fallait prendre des vrais cours de théâtre. J’ai fait ça pendant deux ans et demi, et j’ai fait de l’improvisation théâtrale pour à la fin avoir une vraie formation artistique.
Ton père, t’en parles beaucoup dans tes spectacles ?
Oui (rires). Un jour après un représentation, je vais le voir, et je lui demande ce qu’il en a pensé. Il me regarde et me dis avec l’accent : « t’es bien soignée, mais ce que tu racontes c’est zéro ! C’est le chinois qui va gagner ! «
Le chinois, Frédéric Chau, qui fait aussi partie de la troupe ?
Oui, il l’adore parce qu’il prend l’accent chinois quand il parle. Et mon père est mort de rire quand il l’entend. Il était persuadé que c’était un concours parce qu’on passe tous les uns après les autres (rires) En fait, je peux pas passer à côté des propos de mon père. J’essaye le plus possible de coller la réalité, pour que les gens puissent se reconnaitre.
T’as fait de même avec le sketch sur Taoufik qui a « une Porsche Cayenne » ?
Oui ! (rires) Taoufik qui est jeune, beau gosse, qui roule en Porsche, a qui tu demandes ce qu’il fait dans la vie et qui te répond qu’il est dans l’import/ export. J’ai eu ma période Taoufik à 20 ans, durant laquelle t’es impressionnée par le beau rebeu qui a une voiture incroyable
Et qui va boire un pot à l’hippo ?
Oui ! (rires) et tu te rends compte que le mec, ben il est pas net ! Je m’inspire de la réalité pour que ça parle à tout le monde.
Le milieu dans lequel tu évolues, c’est un milieu plutôt masculin ?
Effectivement, un milieu dans lequel les femmes sont assez peu nombreuses, et même frileuses. Les femmes ne montent pas seules sur scène. On est très peu, trois dans le Jamel Comedy Club. Les femmes qui sont connues ont pas mal galéré. Et puis c’est vrai que beaucoup de mecs viennent voir nos spectacles avec des a priori. Je sais qu’il m’est arrivée de venir sur scène, de remarquer un groupe de mecs qui pensaient que mon passage allait être la pause de la soirée. Puis une fois que je les ai fait rire, ben j’ai gagné mon pari.
C’est un peu ton challenge ?
Oui voilà. Y a une expression du Moyen Age qui disait que les filles n’étaient pas marrantes. Ben c’est un peu ça !
Et est-ce que cette difficulté à laquelle les femmes de ce milieu peuvent être confrontées explique le fait que tu passes de la fille « glamour » à la fille un peu « trash » dans tes propos ?
J’ai pris le parti de monter sur scène avec une allure travaillée, un beau brushing, des talons, de jolis vêtements…
En mode belle gosse quoi ?
Oui c’est ça ! (rires) Et il fallait casser tout ça, avec du trash. Je suis une fille glamour, mais qui sait vanner et qui n’hésite pas à le faire ! Et c’est aussi pour que les filles notamment écoutent ce que je dis, et regardent moins mes fringues (rires). Mais bon, je me cherche encore ! Je vais peut être opter pour d’autres tenues pour qu’on se concentre plus sur ma tête et sur ce que je dis.
Mais tu gardes le brushing ?
Ben non, d’ailleurs c’est une nouveauté ! Non, je n’ai pas les cheveux lisses, ce ne sont pas mes vrais cheveux ! J’ai besoin aujourd’hui de montrer mon côté mouton (rires)
Tu es d’origine maghrébine, de culture musulmane. On avait évoqué sur Hijab and the city la question de la soi-disante austérité des femmes musulmanes, notamment voilées, de la nécessité de rire, d’avoir de l’humour. C’est pas parce qu’on est maghrébin(e) et musulman (e) qu’on ne peut pas être drôle et avoir le sens de l’humour, non ? Ou est-ce que tu penses que c’est antinomique ? Je fais carrément l’avocat du diable là !
Je trouve que dans nos familles, l’humour est très important. On a vraiment beaucoup d’humour. Au Maroc par exemple, j’ai des tantes qui sont voilées, et c’est sans doutes les femmes les plus funky que je connaisse ! En été, chez mes grands parents, on rigole, on se tape des barres avec elles ! C’est pas du tout des femmes traumatisées par leur mari ou autre. Moi je suis en short, débardeur, avec des tongs et elles pas voilées à l’intérieur de la maison mais portant le voile à l’extérieur, et on a aucun problème pour rire ensemble. C’est pas du tout contradictoire d’être de culture musulmane ou maghrébine, et d’avoir de l’humour et de la joie de vivre. Après, chacun est différent. Chacun vit sa vie comme il l’entend.
Y a pas très longtemps, j’étais à Londres avec la troupe. Je suis partie faire du shopping dans une boutique fashion, super branchée, et aux caisses, je vois trois femmes voilées. Je donne à l’une d’elles mon haut dos nu de la mort (rires), et elle l’encaisse, en faisant tout simplement son boulot. A côté, sa collègue encaissait des strings et c’était aussi normal. Son voile, c’est sa foi, c’est un cheminement personnel, ça la regarde ! Elle était en train de faire son travail normalement. Mais c’est des questions qu’on complique, surtout quand je vois l’actualité.
Et ton actualité Amelle ?
Pour ce qui est de mon actu, y a une série qui sort bientôt, qui sera diffusée à partir du 4 juillet sur Canal + en clair : Inside Jamel Comedy Club à 19h tous les samedis. C’est une fiction, une sorte de making of scénarisé… c’est les coulisses du Jamel Comedy Club.
Ton rôle dans la série ?
J’ai le rôle d’une malade, une grande narcissique qui se la joue, une vraie peste (rires). A la rentrée, y a donc le film Les Barons qui sort en octobre. Et je serai sur scène avec Noom le mardi 30 juin à 21h30 au Comedy Club. Et à la rentrée toujours avec lui à l’affiche …
Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city ?
Bien sûr ! Je leur dirais qu’avant tout, en tant que femme, ne vous laissez jamais réduire à quoique ce soit, faut pas se faire marcher sur les pieds ! Faites les choses qui vous animent et jusqu’au bout. Allez loin, ayez de l’ambition, allez au bout de ce que vous voulez faire, et surtout ne lâchez rien !
Ne pas lâcher le steak donc ?
Oui tout à fait, ne rien lâcher, ne pas se laisser faire. Et à Hijab and the city, continuez de faire ce que vous faites. C’est génial, c’est frais, vraiment allez jusqu’au bout !
Merci beaucoup Amelle !
Et si on écrivait un livre ?
9 juin 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Enfin un livre… pas UN LIVRE. Plutôt un petit fascicule collectif dans lequel il serait question de rassembler toutes nos contributions, accompagnées des superbes illustrations de la talentueuse Shahin… ça vous dit ?
Bien sûr que ça nous tente, mais sur quel thème ?
Ha ! C’est là que le projet devient intéressant. Il faudrait aborder un sujet qui nous touche toutes, ou du moins qui a pu nous toucher à un moment. Quelque chose de sérieux qu’il faudrait dédramatiser, sinon c’est pas drôle. Enfin, un truc qui nous permettra de jouer avec les mots, de se lancer dans un exercice de style… l’éclate quoi !
La femme est un être qui renferme en elle un tas de secret (comme l’homme me dire-vous… mais on s’en moque !), qui a des caractéristiques qui lui sont propres, et qui peut susciter l’intérêt, la curiosité, l’interrogation. Imaginez la femme musulmane, voilée ou pas ! Wouhouuuuuu et l’onomatopée est faible.
Qui parmi nous n’a jamais fait l’objet de regards, de questionnements surtout, des plus saugrenus ou au contraire des plus intéressants ? Une situation qui entraine soit le sourire, soit la fuite. Tout dépend de la personne que l’on a en face de nous (son sexe, son origine), de l’humeur du jour, des questions posées et des remarques formulées (compliment, insulte, invitation). Certains n’osent même pas s’adresser à vous, vous font sentir que quelque chose les interroge, mais quoi… mystère et boule de poils (y a mon chat pas loin… c’est pour ça !).
Pour vous parler de mon expérience personnelle, il m’arrive d’être face à des individus agréables ou au contraire, de gros malappris. Et les femmes sont peut être les pires dans ce rôle là ! Certain(e)s vous le font sentir par un regard, un geste, d’autres viennent carrément mettre des mots sur leurs sentiments, en les ponctuant d’un point d’interrogation. Cette démarche-ci est à mon sens à saluer. Pourquoi ? Parce que je préfère qu’on prenne l’initiative de venir vers moi et demander, plutôt que de spéculer sur ma personne et mes éventuelles réactions. D’aucuns s’abstiennent par timidité, d’autres par haine, ça dépend. D’autres vont même jusqu’à s’exprimer avec des objets (une fois j’ai eu des roses, dans le train… hi hi hi, ça c’est de la déclaration !).
Après tout ça, on se demande pourquoi est-ce qu’on suscite des réactions aussi diverses et variées.
Et c’est là que notre super mega cool fascicule intervient. Offrons la possibilité aux curieuses et curieux, sympathiques ou vilains d’assouvir leur désir de nous connaître ! De la philanthropie ? Je ne sais pas, à chacune d’appréhender l’excercice comme elle l’entend. Un exutoire ? Peut être, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de limites, on est aussi là pour s’amuser.
On va d’abord procéder par étape !
- Dans un premier temps, identifier les questions qu’on nous a déjà posé, ou qu’on a posé à des femmes de notre entourage proche ou lointain, ou encore des interrogations que l’on a pu lire ou entendre dans les médias, chez l’épicier du coin, et même des questions qu’on a pu voir venir (je me comprends !).
- Dans un second temps, essayer d’apporter une réponse à ces questions, et si possible, en jouant avec les mots, en ironisant, tout en gardant l’aspect utile de l’exercice à savoir échanger, renseigner l’autre. Usez de l’absurde, ça permet d’avoir une réponse tout à fait explicite !
- Dans un troisième temps, les illustrer, pas toutes, Shahin aurait des squames (ha ha ha).
- Enfin, les compiler, l’éditer je ne sais pas mais en tout cas, en mettre un petit exemplaire en ligne, le diffuser au plus grand nombre. Dans quel but ? A vous d’en trouver un !
Alors très chères lectrices, qu’en dites-vous ? Bien, pas bien, on se lance, je vous saoule… hé hé ! J’ouvre la voie :
- Comment une femme voilée fait-elle pour se laver les cheveux ?
Elle dispose d’un système de tuyaux intégré à sa tête comme la femme bleue dans Le Cinquième élément (d’ailleurs, c’est des tuyaux ou des dreads ?)
- Est-ce que les femmes musulmanes ont des sentiments ?
ça dépend ! Envers l’espèce animale … oui. Pour le reste, c’est au cas par cas !
Pour contribuer, vous pouvez laisser un commentaire ou nous écrire à l’adresse suivante : hijabandthecity@gmail.com
Rokhaya Diallo : une Française (pas) comme les autres
Prenez une femme, prêtez lui des qualités comme la perspicacité, le talent, le dynamisme, l’humour et la bellegossité (ha !). Qu’est-ce que ça donne dans la réalité ? Rokhaya Diallo ! Hijab and the city est allé à la rencontre de cette parisienne de 31 ans qui est à l’origine de l’association Les Indivisibles, qu’elle préside depuis maintenant deux ans.
J’aime bien les gens sympathiques et intéressants. Et c’est sans hésiter dans cette catégorie là que je placerai Rokhaya qui a eu la gentillesse de déjeuner avec moi tout en répondant à mes questions dans un petit coin bien animé de Paris. Rencontre donc avec une femme comme on les aime.

M : Rokhaya les Indivisibles en quelques mots, qu’est-ce que c’est ?
R. D : C’est une association qui a pour objet la déconstruction des préjugés ethno-raciaux en utilisant l’humour. Il s’agit des préjugés qui nient le fait que certains Français soient de vrais Français en raison de leur couleur de peau, de leur apparence physique, qui dénigrent l’appartenance de Français à l’identité française sachant qu’on est pas là pour donner une valeur particulière à cette identité française en disant que c’est très bien. On part juste d’un constat, et de personnes qui ont des points communs et pourtant pas la même tête.
M : Les indivisibles, dans les faits, ça se traduit comment ?
R. D : A la base, les Indivisibles c’est un blog mis en ligne avec une charte qui constitue la pierre angulaire de notre action et de notre réflexion. Puis sont venus les dessins animés.
M : Les Individéos ?
R. D : tout à fait, les Individéos, deux dans un premier temps. On a des personnes qui nous aident et participent à la réalisation de ces vidéos, au doublage… les scénettes, ce sont les Indivisibles qui les écrivent. Parallèlement, on effectue un travail de veille par rapport aux médias, on surveille les propos des personnalités notamment politiques qui ont pignon sur rue, et qui tiennent des discours porteurs de préjugés, différentialistes, sans jamais connaître la contradiction, l’opposition. On assiste à une banalisation du discours raciste depuis le début des années 2000 : les propos islamophobes, l’arrivée de Sarkozy à l’Intérieur, les banlieues, la loi contre le foulard… L’idée est de tout répertorier et d’essayer de faire pression sur les individus qui en sont les auteurs et de faire en sorte que les personnes visées par ces propos marquent leur place au sein de la société civile, prouver qu’on ne peut pas dire n’importe quoi en toute impunité. On n’a pas le droit de tenir des propos homophobes, ce qui est normal. C’est pareil pour les musulmans, les noirs, les arabes, les asiatiques, etc. Le premier travail que nous faisons est un travail de vigilance, et à côté on créé des contenus originaux et rigolos, dont les Individéos mais aussi des romans photos en partenariat avec des magazines, etc., et un tas de choses que l’on peut diffuser, partager. On a pu diffuser des vidéos dans une école de commerce lors d’un cours sur les discriminations, mais aussi dans une université. On propose du contenu à mettre à disposition de tous, afin de sensibiliser le plus grand nombre.
M : En somme, des petits guides ?
R.D : C’est un peu ça, mais sans tomber dans la posture de juge, de garant de la bonne pensée. Le but, c’est vraiment de réfléchir, de discuter, de prendre le temps de créer le débat. Par la suite, on a commencé à faire des interventions, notamment dans la fac de St Denis, lors d’un cours de sociologie. Puis à mettre en place des partenariats avec des associations. Y a vraiment beaucoup de choses à faire, on est bénévole et on essaye de s’investir un maximum.
M : J’ai adoré l’Individéo qui mettait en scène les deux copines, l’une arabe qui écoute du Brassens et l’autre noire qui trouve ça fou qu’elle écoute ce type de musique du fait de son origine et que logiquement elle devrait écouter du raï, avec à la fin la phrase qui indique que personne n’a le monopole des préjugés… Vous luttez contre le racisme en général, mais vous dénoncez aussi le fait que tout le monde est porteur de préjugés, même les personnes qui sont habituellement victimes de ces préjugés (vidéos disponible à la fin de l’article).
R. D : Oui, on peut être à la fois victime et porteur de préjugés. C’est normal, on vit dans la même société, on est empreint des même préjugés. Cette animation montre l’absurdité des préjugés. On nous demande souvent de critiquer le racisme anti-blanc, mais on est conscient qu’il existe un racisme dominant qui empêche un certain nombre de personnes d’accéder à un certain nombre de choses, aux différents champs de la société. Par ailleurs, on est conscient qu’on est tous sujets à ces préjugés, et que tout le monde doit effectivement se dépolluer l’esprit, pour reprendre l’expression d’une Indivisible. Ce qui est important, c’est qu’il faut remettre tous les préjugés en cause.
M : D’une certaine manière, le fait que l’on soit tous porteurs de préjugés montre que nous avons tous les mêmes codes, la même culture…
R.D : Oui, et de toute façon on est tous Français ! On a grandi dans le même espace. Moi je sais qui est Dorothée. Si tu vas voir un noir Américain et que je lui demande s’il la connait, il va te regarder avec de gros yeux, il ne saura pas de qui je parle et pourtant, il est noir comme moi. On sait qu’il y a des choses qui nous parlent en tant que Français, ayant grandi dans tel espace temporel. Il y a des liens de l’ordre du générationnel qui dépassent complètement les dimensions ethniques et religieuses. C’est sûr qu’entre musulmans du monde par exemple, il peut y avoir des liens. Mais l’idée qu’on ait aussi une culture française n’est pas antinomique avec le fait de parler une langue, d’avoir une autre nationalité, d’avoir une religion qui n’est pas majoritaire, d’avoir un prénom qui ne sonne pas terroir…
M : Le prénom… ça me rappelle ta confrontation avec Zemmour qui t’avais reproché de ne pas avoir un prénom bien franco-français. Alors, t’as changé de prénom depuis ? Tu t’appelles Isabelle maintenant ?
R. D : (rires) C’est en cours effectivement. J’ai fini par prendre conscience de ma bizarrerie ! (rires)
M : Mais moi-même je me suis posée la question, si je m’étais appelée Marianne et non Mariame, ça aurait changé quelque chose ?
R. D : Sur le papier probablement (rires). Encore que Mariame, avec la racine Marie… ça passe bien ! Effectivement, si je m’étais appelé Jocelyne, je pense que je serais quand même noire. Mais c’est stupide parce que Nicolas, c’est germanique, pourtant c’est le prénom du président de la République. Carla… pas trop français non plus. Donc je pense qu’à ce stade, on peut tout à fait décider qu’à un moment, je ne sais pas en quelle année, tous ceux venus ou nés après cette date ne sont pas vraiment français, ou n’ont pas des prénoms latins, nordiques, pas vraiment francs. Je pense que l’identité française s’enrichit des vagues d’immigration. Je m’appelle Diallo, et c’est un nom extrêmement répandu, et je pense qu’il y a plus de Diallo que de Zemmour en France ! (rires)
M : Et toc ! Bravo, je constate que t’es vraiment attachée à ta francité !
R. D : disons que je n’y serai pas autant attachée si on ne l’avait pas autant remise en cause. Je pense que la plupart des Français n’attachent pas particulièrement d’importance au fait qu’il le soit. Mais on m’a tellement obligée à me justifier que du coup, je me suis retrouvée dans une position ou j’ai dû l’affirmer parfois, sans lui accorder une valeur particulière. Il y a une valeur affective, parce que j’ai appris à marcher dans les rues de Paris… en dehors de ça, je ne crois pas être plus Française que Sénégalaise, ce n’est pas mieux ou moins bien. Ce qui est important, c’est de savoir qu’avec ma tête et mon nom, je suis parfaitement française, ça n’enlève rien à ma francité, elle n’a pas moins de valeur que celle d’un Français depuis 10 générations. C’est plutôt en termes d’information politique vraiment, plutôt la posture de la personne à qui on nie sa francité. Ça n’empêche pas que je me sente de plusieurs cultures, de plusieurs identités et que voilà, je suis Française, mais ce n’est pas plus important pour moi que d’être une femme ou autre, d’avoir la peau sombre, les cheveux crépus… Il m’est arrivé d’être agacée notamment quand une enseignante m’a dit qu’elle avait beaucoup d’élèves avec des origines diverses, et que ça l’énervait qu’ils lui disent qu’ils étaient maliens, marocains, algériens… elle aurait aimé qu’ils soient Français avant tout. Me concernant, ce n’est pas quelque chose que je mets en avant. L’idée n’est pas d’imposer aux gens qui ont éventuellement plusieurs nationalités une francité qui dominerait toutes les autres. Il ne faut pas nier leur identité. Je suis née ici, j’ai grandi ici, j’ai la nationalité française, donc je suis Française. C’est purement factuel, je sais que si j’avais été née 10 ans plus tard, je ne serais pas Française aujourd’hui, peut être même que je n’aurais été personne… Quand on dit Indivisible, « Français, sans commentaire ! » ça veut dire pas de commentaires de la part des autres, nous après on peut commenter. Sans les commentaires imposés de l’extérieur. A quoi ça sert de parler de quelqu’un en disant untel d’origine machin, à quoi ça sert ? Ca ne fait que stigmatiser la personne, ça ne donne pas plus d’infos que ça !
M : Sur Hijab and the city, on a abordé toutes ces questions d’identité, de francité, de discriminations… beaucoup de lectrices révèlent qu’elles ne se sentent pas chez elles, voilées ou non d’ailleurs. Elles ressentent un rejet de la part de la société et de ces différentes sphères, elles sont stigmatisées, on les présente comme étant tantôt des musulmanes, étendards de l’Islam, tantôt des beurettes. Certaines pensent à s’expatrier, à aller voir ailleurs. Qu’en penses-tu ?
R. D : Je les comprends, mais à un point ! Mais ça m’attriste de voir des gens, qui devraient être finalement ici, se sentir obligés de partir parce qu’on leur fait sentir qu’ils ne font pas partie d’un tout. En même temps, l’envie de partir ne m’a jamais effleurée l’esprit, parce que je suis attachée à la France pour des raisons familiales, amicales. Et j’ai envie de rester pour transformer le regard des gens sur les Français qui n’ont pas vraiment l’air Français, et moi je pense qu’il faut rester là pour lutter ! Après, je ne vais pas demander à tout le monde de le faire, lutter 40 ans sans avoir de résultats, mener une cause qui peut être n’aboutira pas à des évolutions… Ce qui rend les gens d’extrême droite notamment hystériques, c’est qu’on leur dise je suis Française, et pas de commentaires ! Tu vois cette façon décomplexée, affirmative de dire on est chez nous, et Sarkozy t’es pas notre chef, mais un représentant. Enfin voilà y a pas de négociations, c’est un fait ! Enfin voilà, je pense que si les gens partent et arrivent à trouver des ressources pour lutter contre ça, c’est un combat de gagné ! Mais ça me fait de la peine que des personnes avec des diversités de parcours, de points de vue s’expatrient. En plus, ce sont généralement des individus qui ont énormément de compétences qui sont niées, et c’est très dur !
M : Tu as parlé d’extrême droite, de Sarkozy. Et la gauche dans tout ça ? Est-ce qu’il existe un racisme à gauche ou de gauche ? Et si oui, est-il moins pire ou est-ce que c’est la même chose ?
R. D : Oui bien sur, le racisme n’est pas propre à certains groupes, on le retrouve partout. Il n’est pas l’apanage de la droite ou de l’extrême droite. Georges Frêche est de gauche, et pourtant ! On assiste à une banalisation du discours raciste.
M : Politiquement, est-ce qu’il s’agit d’un racisme plus dangereux ? A gauche on a un racisme plutôt latent, une culture de l’exotisme…
R. D : oui effectivement, on a une culture de l’exotisme, un esprit « je ne suis pas raciste, je travaille avec des noirs », « comment tu t’habilles chez toi, tu mets des pagnes ? J’adore l’Afrique ! ». A gauche comme à droite, il existe un racisme bienveillant, des personnes qui te prêtent des qualités en raison de ton origine. Si tu es asiatiques, tu es forcément bon en maths, si tu es noir, tu as la danse dan la peau…
M : Et tu cours vite !
R. D : Faut lutter contre ça. Si tous les noirs sont de bons danseurs et de bons sportifs, c’est ensuite pour dire que les blancs sont de bons hommes politique et de bons chefs d’entreprise, un peu comme les femmes sont sensibles et les hommes plus forts… ça contribue à enfermer des gens dans des rôles. Et d’autres seraient porteurs d’universel ? Y a donc ce petit côté « gentil », je fais des compliments, alors qu’à côté on voit en toi le côté exotique, on te demande d’où tu viens, on n’arrive pas à te considérer comme un semblable, on te demande constamment c’est comment chez toi, ton pays… Alors tu leur dis je suis de la même ville que toi, j’ai fréquenté le même lycée, et j’ai pas grand-chose à dire sur ce pays dont tu me parles. Je l’ai même jamais vu de ma vie, à par mon visage et mon nom, rien ne te dit que je le connaisse. Je n’ai rien raconté, arrête de présumer de mes origines et de ma culture. Et puis la gauche… elle a des responsabilités assez évidentes en terme de représentation, et de récompense dans le militantisme. On a bien vu les carrières des gens issus de l’immigration ou de l’esclavage, par rapport à leurs congénères à la peau plus claire.
M : Qu’est-ce tu penses de Rama Yade et de Rachida Dati, et notamment de leur nomination ?
R.D : Leur nomination… Il y a beaucoup de commentaires autour de leur nomination. Les journalistes parlaient de la taille, de la beauté de Rama Yade… c’était insupportable ! C’est une femme politique, un ministre de la République et voilà ! On doit la juger non sur ce qu’elle est mais sur ce qu’elle fait, alors après l’instrumentaliser… moi ça me dégoute cette image de belles femmes, qui s’habillent bien, qui passent bien. Elles ont tout à fait leur place dans le gouvernement, Dati est un très bon soldat, ça prouve aussi qu’il y a à droite des gens de tous bords ! Finalement, l’idée est de montrer que les méchants ne sont pas forcément tous les mêmes, pas forcément des hommes blancs. Il y a aussi des personnes qu’on pourrait croire de gauche, comme porteur de valeurs telles que la solidarité qui sont en fait de droite. Finalement, ça humanise un peu le noir, l’arabe qui peut lui aussi être méchant. Tout va bien, on n’est pas complètement conditionné par son origine.
M : le plus handicapant, c’est d’être femme ou d’être noire ?
R. D : les handicaps se conjuguent. Je pense que si j’avais été un homme noir, je n’aurais pas la même vie. Je vois mon frère, c’est un grand noir, imposant, il porte en lui quelque chose d’inquiétant.
M : Il est vigile ? Blague de facho, je te le concède !
R. D : Il aurait pu ! (rires) Etre une jeune femme noire de même qu’être une femme d’origine maghrébine, avec le cliché de la beurette super répandue qui a du mal à s’en sortir avec son père violent et son frère oppresseur.
M : J’ai vu que vous aviez relayé la pétition de soutien à la doctorante voilée qui a été virée 7 mois avant sa soutenance ?
R. D : ça me révolte, j’ai vraiment honte ! Comment dans un pays comme celui-ci, on choisit d’exclure les gens soit disant parce qu’ils font du prosélytisme ? On invoque des raisons tirées par les cheveux ! Je trouve que c’est normal de relayer ça. J’estime que ce qu’on a gagné dans le féminisme, c’est le droit pour chaque femme de se vêtir comme elle l’entend. On n’a pas une mode universelle, dans un pays où l’on dénude le corps des femmes pour vendre n’importe quoi. Et on ne va pas chercher ces femmes là pour leur dire d’arrêter. Le féminisme à sens unique, moi ça me révulse. Avec la loi contre le voile, ce que j’ai vu, ce que j’ai pu entendre comme arguments… on peut vraiment faire dire n’importe quoi à la République !
M : Revenons-en aux Indivisibles. Tu peux me parler des militants de l’assos, de leur profil ?
R. D : Ce qui est cool, c’est qu’il y a beaucoup de gens différents, à par au niveau de l’âge, on est globalement assez jeunes. Au départ, il n’y avait que des personnes de mon entourage.
M : Et en ce qui concerne les profils sociaux ?
R. D : C’est super différent : Il y a des artistes, des informaticiens, des producteurs, des profs, des travailleurs sociaux, c’est très varié ! Et c’est quelque chose que je trouve vraiment bien. Du coup, on rencontre des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés dans la vraie vie, et ce qui est génial par rapport à d’autres associations, c’est que mes motivations ne sont pas carriéristes et notamment politique. Je ne dis pas que c’est mal, le milieu associatif peut être un tremplin vers d’autres milieux ; Mais quand c’est comme ça dès le départ, je trouve que ça biaise l’action militante et du coup, on se retrouve avec des gens qui ne sont pas intéressés par l’objet même de l’association. On n’est pas des militants pro, on est la pour faire avancer les choses, et on est vraiment dans quelque chose d’assez sain, d’assez rare. C’est pas les Indivisibles qui vont nous faire manger, ça donne un rapport assez serein au militantisme.
M : Donc niveau crédibilité pour toi, ça joue ?
R. D : C’est important effectivement, on n’est pas lié au pouvoir. On se veut un peu subversif, avec un vrai questionnement sur la France, sans donner de modèle ou de mode d’emploi sur comment être un bon français : s’habiller comme ca, parler comme ca, remercier la République, non ! O a bien compris que non, on ne vivrait pas dans une case sans la France, moi ca me fatigue, j’ai aucune reconnaissance particulière à formuler. Sinon, tout le monde devrait être reconnaissant, des gens ce sont battus avant nous pour construire ce pays. Tout le monde devrait être reconnaissant au même degré a l’égard des révolutionnaires, des communards … Surtout pas de reconnaissances parce que sous-entendu, si j’étais née ailleurs je serai dans une case, avec un mari polygame.
M : Tu parles de revendications, que penses-tu des Indigènes de la République ?
R. D : J’ai signé l’appel, j’ai fait quelques manifestations, j’avais filé un coup de main. Moi je suis solidaire. Je ne peux pas dire que je suis d’accord sur tout, notamment sur la forme, mais voilà, on est sur le même bateau ! Je sais que les journalistes essayent de nous opposer avec d’un côté les méchants et de l’autre les gentils…
M : C’est d’ailleurs pour ça que je te pose la question…
R. D : Nous on est pas là pour dire qu’on est les gentils et eux les méchants. Moi je considère que ce ne sont vraiment pas les ennemis et ce n’est sûrement pas moi qui vais décrier les Indigènes de la République. Ils ont le mérite d’avoir ouvert le débat sur le post colonialisme et voila, avec le contexte dans lequel tout ce discours s’est développé, ils sont dans une vérité. Moi je refuse cette opposition entre d’un coté les méchants énervés et de l’autre les gentils rigolos avec leurs dessins animés. Nos combats ne sont pas antinomiques.
M : Par rapport à des pays comme les Etats-Unis, est-ce que la France à des TGV de retard concernant les combats comme ceux que tu mènes ?
Sur le discours c’est sûr, j’ai été aux Etats-Unis la semaine dernière pour assister à un séminaire sur ces questions là, et je parlais avec une prof de là-bas, qui me disait qu’aux USA ces questions étaient très importantes, que si chez eux on était en 2009 par rapport à ces problématiques, en Angleterre on est dans les années 90 et en France dans les années 80. Et là, tu prends une claque. On peut pas le nier, je parlais avec la personne qui m’a invité des propos de Jean-Claude Narcy lors de l’investiture d’Obama et la même semaine en Angleterre, la fille de Margaret Thatcher a tenu en off des propos plus que déplacés sur Jo Wilfried Tsonga en le comparant à une poupée qui se vend en Angleterre, et elle s’est fait virer sur le champ alors qu’elle a tenu ces mots en off et qu’il s’agit de la fille de Thatcher ! Et quand ça se passe la même semaine que Narcy (qui a déclaré pendant qu’Aretha Franklin chantait à l’investiture d’Obama qu’ «on devait chanter comme ça dans les champs de coton!»… Je ne veux pas qu’il soit viré ce pauvre monsieur, mais au moins qu’on dise quelque chose ! Mais non, personne n’a réagi. Effectivement, je pense que le vrai travail a été fait sur le discours et la représentation publique dans les pays anglo-saxons. Tu as des gens qui ont des rôles un peu partout dans la société, mais tout n’est pas rose non plus ! Quand tu vois des séries comme Friends ou Sex and the city, des séries de blancs, où des noirs apparaissent et de manière assez stigmatisante. Tout n’est pas rose, mais nous dans la représentation, on est quand même bien loin. Et c’est vrai qu’aujourd’hui tout le monde a l’impression, on nous accuse d’être dans la paranoïa. Mais moi quand j’allume la télé, c’est pas pour me faire insulter, je paye ma redevance et c’est pas pour que des gens disent que j’appartiens à la race noir. On est des citoyens, on paye nos impôts, y a pas de raisons qu’on puisse ne pas avoir de recours. Bon après oui et non, aux USA le mariage mixte est assez marginal. En France, ça bloque plus au niveau des élites, mais globalement les gens se mélangent plus facilement pour se marier, se fréquenter là où aux USA me semble-t-il les groupes sont plus scindés. Mais avec leurs élites, ils ont des victoires que nous n’avons pas !
M : Effectivement, au niveau de l’élite intellectuelle, au niveau académique, les travaux sur les postcolonial studies, les subaltern studies… c’est bien dans les universités américaines que ce sont développés ces courants ? Et pourtant, leurs inspirations sont françaises ?
R. D : Oui, tout à fait. D’ailleurs quand j’étais aux USA, le séminaire en question était organisé par une brillante universitaire, Maboula Soumahoro, qui a été prise en charge par la France durant ses études et qui a atterri à Columbia. Son savoir, ses compétences, elle les transmet aux étudiants américains, et non en en France. Ces cours portent sur la diaspora noire dans une des meilleures universités des Etats-Unis et du monde. En France, ces cours là, notre combat, nos interventions, on les fait à la fac de St Denis, pas a la Sorbonne. Et on n’est pas accueilli par n’importe qui. C’est un prof engagé et militant qui est à l’origine de ce genre d’initiative.
M : Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city Rokhaya ?
R. D : Je voulais féliciter l’initiative. C’est vraiment génial, je trouve ça hyper bien !
M : ça fait plais’ Rokhaya, ça fait plais’ !!
R. D : Vraiment, le nom est drôle, audacieux. On présente sur le site des femmes ignorées, regardées avec condescendance. Je trouve qu’à travers toi, ou d’autres filles, on donne une image variée de ce que peut être une femme française aujourd’hui. Les lecteurs, je les encourage à lire le magazine en ligne, à le populariser. C’est un très beau projet, vous avez tout à fait votre place dans l’espace des magazines, vraiment bravo !
M : Eh bien ! Merci Rokhaya.
Photo : Pierre-Emmanuel Rastoin
Muhammad, le dessin animé
25 mai 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
J’ai toujours adoré les dessins animés, depuis toute petite. Mon préféré, c’est la Belle et la bête (peut être parce que je suis belle ? Ha ha ha ! Ok j’arrête !), sans oublier tous les Tex Avery. Vous vous imaginez bien que j’ai foncé lorsque j’ai vu qu’un dessin animé sur notre Prophète bien aimé était sorti en dvd. Et mon Dieu, quelle surprise !
Il s’agit à quelques (gros) détails près d’une adaptation du film Le Message, l’un de mes films préférés. De gros moyens ont été mis en œuvre pour la réalisation de ce dessin animé qui a été paraît-il produit par les créateurs de Rox et Rouky (je l’ai pas aimé celui-ci…).
Vous devez sûrement vous demander ce que j’en ai pensé ? Eh bien figurez vous que j’ai un avis assez tranché sur la question !
De manière générale, je trouve le dessin animé pas mal, ça change vraiment des dessins animés traditionnels de la « communauté », avec des voix de phoque et un graphisme digne des JT afghans (surtout au niveau des couleurs). Mais, beaucoup d’éléments font qu’il lui faut faire encore beaucoup d’effort avant d’arriver au même niveau qu’un classique de Disney ou Pixar.
- Tout d’abord les personnages. Si l’on regarde dans le détail, le graphisme n’est pas top et quelques personnages font flipper du fait de certains coups de crayon approximatifs. Khalid Ibn el Walid n’est pas très beau, alors qu’il est connu pour sa beauté. Dans le film, il ressemble plus à un pizzaiolo ou à Jean Baptiste Poquelin… au choix !
- La musique, pas top non plus! Je fais partie de ces gens qui adorent les musiques de film. Tout le monde connaît celle du Message, qui est peut être une des plus belles musiques de film de l’histoire du cinéma. Alors j’attendais un peu la même chose pour le dessin animé. Il n’en est rien! Rien de bien transcendant à l’horizon. Une même musique qui se répète. «Tala3a l’badrou 3alayna», le chant médinois, un peu massacré même. Bref, je n’ai pas été très emballée (mon degrés d’emballement se mesure au nombre de fois que je visionne un film. Pour l’instant je ne l’ai vu qu’une seule fois!).
- Les dialogues… un massacre !! On passe du registre soutenu au familier, en passant par le courant et le verlan (je plaisante pour le dernier!).
- Et les voix… Elles sont à mes yeux tout aussi importantes que la musique. Et c’est tout aussi décevant! Abou Soufiane a la palme de la voix la plus louche du film!! (oui parce que la voix de vicieux qui a l’accent francophone quand il parle arabe, ça le fait pas trop). Je crois que des anglophones sont dans le coup, parce que lorsqu’on entend Abou Talib, l’oncle du Prophète parler des «QorrrEIchs», on se dit que les compatriotes de l’oncle Sam’ ne sont pas bien loin ! Mais mon préféré, c’est sans doutes le compagnon mafieux «ma qui parlé commé ça avec oune voix cassé»… limite le parrain le mec ! Et puis il a une tête de cubain… manque plus que les congas !
- On trouve également beaucoup d’anachronismes, d’approximations, d’oublis, d’erreurs, tant au niveau de l’histoire (cf. le Prophète (ص) et sa fréquentation de la grotte Hira) que des vêtements des personnages (une femme portant un hijab à l’époque antéislamique…), sans oublier un frère mus’ en Lacoste et TN Requin… bien sûr, c’est une blague! Il porte des Stan Smith… Je déplore aussi l’absence des femmes telles que Oum Jamil ou Hind, pourtant très présentes dans Le Message (souvenez-vous de l’épisode de Hind, Hamza et Wahchi), et tenant à l’époque un rôle particulièrement important au sein de la puissante tribu de Qoreich et de manière générale dans la genèse de l’Islam à la Mecque.
- Et le prix : 20 euros, prix éditeur! Je suis de ceux qui pensent qu’il faut mettre le prix pour avoir de la qualité. Mais je trouve que 20 euros le dvd, c’est un peu cher. Certes, ça change de ce qu’on a l’habitude de nous servir, mais pour ce rendu là, c’est peut être un peu trop. Et puis, le but de ce dessin animé, c’est bien en définitive de diffuser un message au plus grand nombre? Se pose donc la question de l’accès au produit… Mais bon, 20 euros une fois de temps à autre, c’est rien ! J’avoue les mettre sans hésiter dans un CD…
En résumé, c’est un dessin animé qui vaut ce qu’il vaut. Il n’est pas prodigieux, ce n’est pas non plus un navet… disons qu’il est à voir ! Et si on peut vous le prêter… c’est encore mieux !
Esteban, Zia, Tao… à Dubaï d’or !!
21 avril 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Vous connaissez très chères lectrices Les Mystérieuses cités d’or, ce merveilleux dessin animé qui a bercé mon enfance (et la vôtre… moi c’était plutôt le temps des énièmes rediff ‘ ). Vous vous souvenez également des protagonistes de la série, Esteban, Zia et Tao, parcourant sur le dos d’un oiseau géant en or massif (un Mauboussin, je crois) l’Amérique centrale et du sud à la recherche de ces cités mythiques… qui en réalité n’existent pas. Cette quête me rappelle un peu celle de certains « banlieusards » qui cherchent du boulot et qui se retrouvent déclassés sur le marché du travail français. Sauf que les concernant, il paraît qu’il existe une cité mythique qui offre du travail à profusion (et bien rémunéré !!) à toutes les têtes bien typées originaires de France et de Navarre, et encore mieux aux musulmanes notamment voilées : la possibilité de bronzer sur des plages désertes (oui, il s’agit là d’une aspiration hautement louable !). Très chères lectrices et très chers lecteurs, il était une fois… Dubaï !
Pourquoi cet intérêt soudain ? Tout simplement parce qu’on a de cesse de m’en parler et à toutes les sauces. La dernière info en date sur le sujet, le texto d’une très bonne copine qui me disait qu’elle partait pour Dubaï et les pays voisins. La concernant, il s’agit là de faire du tourisme, mais j’en connais d’autres qui s’y sont installés après avoir trouvé du boulot, notamment dans le secteur bancaire.
Je n’y suis jamais allée, et je m’en porte bien (merci !), mais c’est vraiment un endroit qui ne me branche pas du tout. Pourtant très curieuse de nature, je n’arrive pas à comprendre comment ce petit bout de terre arrive à créer l’engouement auprès d’un bon nombre d’ hommes et de femmes d’origine maghrébine bien souvent. » Tu peux travailler là-bas avec ton voile ou ta barbe », « tu peux aller dans un centre commercial géant et faire du shopping sans ton foulard »… voici les explications que l’on me donne généralement pour me convaincre du caractère exceptionnel de cette ville/pays/émirat (c’est marrant !). Sans oublier la possibilité de bronzer, même en deux pièces, pour les femmes voilées, sur une plage privée.
Face à des arguments aussi pertinents que convaincants, j’ai tendance à rire, à bien rire même. Partir, vivre le dépaysement… tout ça pour aller bronzer et faire du shopping la tignasse à l’air libre ? (oui, il paraît que les voilées ne se peignent pas…). C’est quand même exagéré ! A la limite pour trouver du boulot je veux bien, et encore !
Je dois vous avouer que ce pays me fait penser à une maquette géante. J’aime bien les endroits chargés d’histoire… c’est sûr que les grands ensembles du 93 ne sont pas funky à côté, hein ! Mais quand même, Dubaï à ce que j’ai pu entendre, lire ou voir, c’est un lieu qui n’a pas d’odeurs, qui n’a pas de charme. Et puis pour être honnête avec vous, j’ai un peu de mal avec les pays de ce côté-ci du globe. De plus quand on voyage, c’est pour découvrir un pays, une culture, une civilisation, des autochtones… A Dubaï, 3/4 de la population est d’origine étrangère, et on y parle plus l’anglais que l’arabe… Autant prendre l’Eurostar moi je dis !
Enfin je sais pas, je suis peut être un peu rabat-joie, mais voir autant de fascination pour un pays comme celui-ci, ça me dépasse ! Je peux comprendre que pour certains, c’est un peu une issue de secours, un moyen d’aller « réussir » comme ils disent ailleurs. Mais je pense que tout est à faire ici et maintenant. Après, on peut songer à partir, mais si tout le monde fuit tout de suite, on fait comment pour les générations futures ?
Lutter contre « les violences coutumières »
16 avril 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Le 14 avril a débuté une grande campagne nationale de sensibilisation contre l’excision et les mariages forcés, car paraît-il en France, 140 000 jeunes femmes seraient menacées par ces pratiques. Pour combattre ces fléaux venus d’outre Méditerranée, des petites affiches et des fascicules seront distribués dans les écoles (ZEP, bien entendu), les mairies (en ZUP, évidemment), les clubs sportifs (désolée mais la ffgolf n’est pas concernée), les maisons de quartier, etc. Ces visuels contiennent des images très explicites : une lame de rasoir rouge entourée et barrée par un trait noir pour les mutilations sexuelles, et une main rouge a qui on tente de passer une alliance hérissée de pointes. Bref, une campagne vitale et nécessaire pour lutter efficacement en ces temps de crise économique contre le chômage et la pauvreté !
Comme vous le savez, les mutilations sexuelles et les mariages forcés font partie des incontournables de la vie politique française. Ce sont des sujets qui mettent tous les partis politiques d’accord, et qui font l’objet d’une médiatisation soutenue et assez agressive pour les pauvres citoyens barbares et ignares de confession musulmane que nous sommes (d’ailleurs le rasoir et l’alliance barrés… ça fait un peu picto pour enfant non ? Bieeeen… Paaaas bien !).
En tant que femme et en tant que musulmane, que penser de tout cela ?
La première réaction que l’on pourrait avoir serait pleine de désapprobation, et engendrerait une condamnation sans concessions d’actes qui portent atteinte à la dignité humaine. Pourtant, une autre posture pourrait être adoptée, faisant fi de certaines considérations, notamment « féministes » ou culturelles. Une posture qui tenterait, notamment à cause des réelles motivations qui amènent le débat sur le devant de la scène, de relativiser les choses en les inscrivant dans un contexte, une histoire, une culture. Afin d’étudier des cultures ou des pratiques qui leurs sont étrangères, beaucoup de philosophes, de sociologues, d’anthropologues adoptent comme méthodologie le relativisme culturel qui consiste à mettre de côté ses propres codes, sa propre culture pour tenter de comprendre ceux des autres alors pris dans leur contexte local. Relativiser ne veut pas dire cautionner. Cela signifie seulement que l’on peut concevoir qu’à côté de notre culture, il en existe d’autres qui appréhendent les choses différemment, et comprendre ces appréhensions dans un contexte donné.
Dès qu’il s’agit du mariage forcé et de l’excision, les médias ( et je ne vous parlerai pas des maisons d’édition !) n’oublient pas d’inviter une multitude de femmes, toutes traumatisées, battues, ou encore privées de sortie dès l’âge de 8 ans… tout ça au non de l’Islam. Et c’est toujours la même histoire !! Elles viennent d’Iran, de Saint-Denis, d’Algérie… elles sont issues pour la plupart de familles très pratiquantes, et ont chacune vécu des histoires terribles avec un entourage (très souvent masculin et barbuvélique…) des plus rude. Tous les ingrédients sont là : l’exotisme, le misérabilisme sans oublier le mensonge ! Tout le monde se souvient de Ayaan Hirsi Ali, l’islamophobe Néerlandaise d’origine somalienne. Elle avait percé dans son pays d’adoption ainsi qu’en France en parlant notamment d’un mariage forcé qu’elle aurait enduré en plus de la guerre civile en Somalie. Pourtant, elle n’a jamais connu la guerre car elle était avec sa famille réfugiée au Kenya, et s’était mariée alors qu’elle était consentante avec un Somalien installé au Canada. Bref, une belle menteuse, et pas la seule ! En France aussi nous avons nos mythos nationales qui ont vendues père et mère pour « s’intégrer »!!
Ce qui m’amène à vous poser les questions suivantes : pourquoi parler de « violences coutumières », et pourquoi en parler en France ? Qu’ appelle-t-on mariage forcé ? Et surtout, d’où viennent les chiffres avancés par le gouvernement ? Mon intention n’est pas de nier des phénomènes qui existent et qu’il faut comprendre et analyser. Je veux juste que cela soit fait de manière honnête, et qu’on arrête de les instrumentaliser alors qu’ils ne sont en réalité que marginaux, en les rendant inhérents aux pratiques des musulmans français, supposés former un tout homogène vivant dans les cités de banlieues.
La journée de la jupe…
8 avril 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Ou comment produire en 1h28 un concentré de préjugés immondes, et qui plus est un navet !
Pourquoi vous parler de cette perle cinématographique alors que nos pauvres cerveaux traumatisés s’étaient à peine remis de sa diffusion sur Arte (gratos hein… autrement payer pour regarder cette chose, ça relève du masochisme) ? Parce qu’en passant devant un ciné tout à l’heure, mes yeux ont été violentés par l’affiche du film. Et quel film !
Certains se plaignent toujours de ne pas voir sur le petit écran la « diversité », vous savez cette belle chose qui caractérise notre douce France, cher pays de notre enfance. Et bien mesdames et messieurs les rabat-joies, voilà qu’un film (un VRAI) vient mettre en scène, et rien que pour vous, du garçon noir, de la petite maghrébine, du Mehmet et de la Khadija… en voulez-vous, en voilà ! Ce chef d’oeuvre, qualifié par quelques thuriféraires de véritable peinture sociale, ou encore de film de prise d’otage dans la pure tradition du style, s’appelle La journée de la jupe. Il a été réalisé par un individu dont on ne se préoccupera pas ici (nouveau site, pas de pollution visuelle merci!), et a comme actrice principale Isabelle Adjani, la mi-femme, mi-mutante (souvenez-vous de son super tatouage lors des globes de Cristal… V !).
D’abord diffusé sur ARTE, il est en salle depuis quelque temps, pour le plus grand bonheur des cinéphiles avertis, curieux, voulant connaître la « réalité » des banlieues françaises et de leurs écoles. Il s’agit là d’un film d’une rare qualité… et honnêteté ! La journée de la jupe, c’est l’histoire de Sonia (Isabelle Adjani dont le vrai prénom est Yasmina…), une prof de français qui « galère » pour être respectée par ses élèves, et pour leur enseigner le français (le vrai ! Pas « wech ma gueule, bien ou bien ? »), dans un collège très chaud de la banlieue… vous imaginez l’ horreur ? Alors qu’elle répéte une pièce avec sa classe, elle trouve dans le sac d’un de ses élèves, « très africain » au passage, un pistolet qu’elle utilisera en tirant sur le vilain fautteur de troubles, noir (quelle coïncidence!), et prendre l’ensemble de la classe en otage. Un très grand scénario et bien entendu une très grande actrice ! (qui s’est même sacrifiée en portant une jupe Zara et en jouant avec des sauvageons dénués de bon goût qui ne la connaissaient même pas… quelle martyre ! Soumia doit se faire du soucis !).
Mieux que le film, les propos d’Isabelle Adjani, ou plutôt Yasmina de Beauvoir, dans cette interview accordée au Nouvel Obs (autre merveille…) qui, à la question du journaliste « La modernité, c’est la jupe ou le pantalon ? » répond : « Ce fut le pantalon, c’est devenu la jupe. On est loin des acquis féministes. On est dans la nécessité de revenir à une féminité vivable. Féminine égale pute, c’est quand même embêtant. C’était inimaginable avant le phénomène de l’intégrisme islamique. Il est étrange que le pantalon soit vécu comme un voile. »
Bien sûr, le film met en scène des banlieusards apprentis misogynes et intégristes, et des banlieusardes soumises qui ne connaissent pas la féminité, la vraie. Bien sûr, parler des banlieues, c’est forcément parler de l’ Islam (ce fléau !), et surtout du voile (la voilée a toujours bon dos).
Des commentaires ou la boucle est bouclée ?
Tout ça pour dire que vraiment, on se passerait bien de ce type de film, à savoir de la vulgaire propagande réac, laïcarde, et clairement raciste. Ce film veut nous montrer que pour civiliser des noirs, des arabes, des phallocrates (pardonnez les pléonasmes !), des Fatma, il faut un flingue. Il faut donc être très violent, mais c’est pour la bonne cause ! Il faut inculquer à ces sauvages les bonnes vieilles valeurs de la république, il faut les mater ! Tant qu’on y est, pourquoi pas un fouet ? C’est plus exotique, et ça rappelle des souvenirs…
Sophie Guillemin : une actrice qui le vaut bien !
Rencontre exeptionnelle dans un petit coin sympathique de Paris. Il fait très beau et Sophie Guillemin nous accueille avec un très grand sourire. Chacune de nous se présente, on discute un peu, on rit beaucoup. On commence par aborder sa carrière d’actrice, la manière dont elle est arrivée dans le milieu du cinéma. C’est « par hasard » qu’elle s’est retrouvée au casting de L’Ennui alors qu’elle était lycéenne. Un coup de chance pour un rôle dans un film qui a fait parler de lui et qui lui a permis de connaître d’autres opportunités. D’un coup se sont enchaînées les propositions, notamment pour un film en 2000, Harry, un ami qui vous veut du bien qui lui vaudra alors une seconde nomination aux Césars.
En 1999, elle décide de se convertir à l’Islam.
« En réalité, ça a commencé bien avant, la pratique est venue lentement. Au début, j’ai commencé par changer des trucs personnels, arrêter de boire par exemple. Au niveau professionnel, j’ai arrêté les scènes de nu et tout ce qui pouvait entrer en contradiction avec mes principes. Mais j’ai continué à jouer, et j’ai eu envie de porter le voile. Cela semblait pour moi une nécessité, puis je l’ai portée en 2002. Et j’ai arrêté le cinéma jusqu’en 2007-2008. Dans ce milieu, on disait que j’étais partie dans des camps en Arabie Saoudite.»
Lorsque l’on demande à Sophie comment s’est déroulée sa rencontre avec l’Islam, comment d’une adhésion à une croyance, elle est passée à une pratique active, elle nous explique que depuis toute petite, elle croyait en un créateur.
« Mes parents sont athées, je n’ai jamais eu d’éducation religieuse. Petite je suis allée avec une copine à ses cours de catéchisme pour voir ce qu’était la religion, mais ça ne m’a pas parlé, notamment cette ambivalence entre Dieu et Jésus fils de Dieu. Rien ne me semblait logique, du coup je me suis éloignée de ses croyances, et je n’avais pas d’autres croyances auxquelles m’accrocher. En 1997, j’ai rencontré le père de ma fille qui lui est musulman. On a parlé religion, existence de Dieu. Du coup, je suis partie à la Fnac acheter des livres, un Coran. J’ai vu qu’il y avait dans l’Islam un rapport direct à Dieu, pas de clergé. Je me suis donc convertie, avant même de porter le voile, alors que j’étais encore actrice.»
La religion n’est pas un carcan pour Sophie.
«Elle ne m’a pas changée, je n’ai pas changé ma personnalité. Les gens font beaucoup d’amalgames avec les limites morales que l’on s’impose et du coup, on croit que dès qu’on s’impose des limites, ben on est opprimé. Et on arrive pas à comprendre que vouloir évoluer dans un cadre, avec des valeurs, une structure, ça peut être épanouissant. Non, forcément c’est opprimant. Aujourd’hui, on est dans un hédonisme total, si on n’est pas dans l’excès, on est considéré comme opprimé. »
Les réactions à sa conversion sont différentes.
«Quand les gens savent que je suis musulmane, ils sont ok. Mais dès que je leur dit que je suis pratiquante, ils trouvent ça suspect. A la rigueur être musulmane ça ne les dérange pas trop, mais pratiquante, ça fait de moi quelqu’un de dangereux ou d’opprimé.»
Lorsqu’on lui demande de nous raconter son premier jour avec son foulard, la réaction de son entourage proche et professionnel, elle nous explique que ses amis s’en fichaient.
«Sophie c’est Sophie, ils n’étaient pas étonnés car mes amis ont suivi ma progression. Ils ne se sont pas arrêtés sur l’apparence. Mes parents eux étaient inquiets lorsque j’ai porté le foulard. Ils avaient peur que la société me mette en retrait, me marginalise, ce qui est le cas (rires). Mes parents ne m’ont jamais reniés, ils ont juste eu peur pour leur enfant. »
Et son entourage artistique ?
«C’est clair, en général c’est pas vu d’un bon œil. Le premier jour où je l’ai portée, j’étais sur un projet de film. Une fois, on avait rendez-vous avec les réalisateur pour des essais maquillage et costumes. Je portais donc le voile dans la rue, j’arrivais avec, et une fois là-bas, je le retirais, parce que j’étais au travail. Je l’enlevais par rapport à lui, à son film. Je ne voulais pas lui imposer dans son boulot à lui. Donc j’arrivais (rires), et du coup il a eu peur que je m’éloigne de son film, qu’il y ait une espèce de fuite, et qu’à mon avis je lâche. Du coup je ne l’ai pas fait, il était carrément sur la défensive à cause de ça et à un moment donné, y a eu un truc qui ne m’a pas plu. En même temps, c’était une période transitoire pour moi. J’avais dit oui pour un film mais en même temps, j’étais en train de passer à autre chose… c’était difficilement conciliable. Et je me suis dit, on passe à autre chose. »
Quand on l’interroge sur ce qui a changé après sa conversion dans sa manière de vivre, Sophie nous explique qu’en 2002, quand elle a décidé de ne plus jouer, c’était un tout.
« Je voulais porter le voile, mais je voulais aussi un enfant, l’élever, et ne pas le laisser à deux mois et partir en tournage. Puis j’ai saturé de Paris, et c’est clair que je voulais partir. Beaucoup de choses mélangées qui ont fait que j’ai changé de mode de vie. »
Et aujourd’hui ?
« (Rires) j’ai fini par l’enlever… malheureusement. C’est clair que je ne suis pas du tout dans la revendication ou quoi que ce soit. Mais à un moment donné, c’était dur pour moi physiquement de le porter. »
Le regard des autres ?
« Non pas du tout, tout le contraire. Plus les regards, surtout après le 11 septembre sont agressifs, plus j’ai un petit côté à aller dans la provoc’. Non vraiment c’était physique. Je ne supportais plus de ne plus sentir le soleil, le vent, de me sentir enfermé. Et tout ça, c’est devenu une contrainte. Et y a un verset dans le Coran qui dit qu’il n’y a pas de contraintes en Islam, et je me suis appuyée sur ça même si c’est clair que je ne revendique pas du tout que ce n’est pas une obligation c’est pas ça. C’est que du coup, je sentais ma foi s’égratigner, je faisais moins ma prière, j’avais cette partie là que j’avais du mal à gérer. J’avais peur que ça influe sur la foi première. Je voulais me remettre à fond sur la foi… (rires). Mais je vais le remettre (rires). Y a des périodes dans la vie, je me dis que celle-ci a été une période de faiblesse. Personne n’est parfait.
Quand on lui parle des autres musulmans, de ses rapports avec la « communauté » musulmane, elle nous explique qu’elle n’a pas eu la démarche d’en côtoyer plus.
« A part la famille de mon mari, je n’ai pas beaucoup de musulmans dans mon entourage. Mais maintenant j’en connais un peu plus, parce que j’ai recommencé à jouer, je repasse par la petite porte, et j’ai rencontré de jeunes acteurs, musulmans, alors que quand je débarquais dans le milieu je ne connaissais personne. Mais je n’ai jamais eu de démarche volontaire, ça a été au gré du hasard. Mes meilleurs amies ne sont pas musulmanes… je pense que c’est une question de mentalité. Elles ne sont pas musulmanes mais on a le même état d’esprit. Elles sont chrétiennes, mais on s’entendrait moins si elles étaient délurées (rires), si elles allaient en boite tout le temps, etc. Là forcément ce serait dur à concilier. Mais elles ne sont pas comme ça donc pas de soucis !»
Le retour de Sophie ? L’espoir du cinéma français revient sur la scène après s’être dévoilée.
« Les gens du milieu sont contents que je revienne. Mais (rires) le problème auquel je suis confrontée c’est qu’au cinéma, les rôles contiennent au mieux des baisers, au pire des scènes d’amour. Comme je fais ni l’un ni l’autre (rires)… même mon agent ne comprend pas. Enfin elle le comprend, mais c’est difficile à accepter. »
Foi et cinéma. Possible à concilier ? Incompatibilité ? Films sur la religion ?
« (Rires) les films sur la religion… y aurait pas beaucoup de travail là. Pour moi, tant que je ne joue pas dans un registre de séduction, d’exposition des corps… marcher dans une rue, ça n’a rien de dramatique. Etre en représentation… c’est peut être la question de l’image, de la représentation ? Je pense qu’on peut écrire une histoire qui ne traite pas que de religion et que l’on peut représenter. Je ne vois pas en quoi c’est incompatible. »
Le mot de la fin ?
Que dirait l’actrice Sophie Guillemin aux lectrices et contributrices de Hijab and the city qui se reconnaissent peut être dans le fait que des portes te soient fermées non pas à cause de ce que tu es mais à cause de ce que la société pense que tu es, à cause de tes croyances. Des femmes qui elles aussi sont marginalisées socialement, professionnellement, etc.
« Je peux comprendre que dans le cinéma, les histoires d’amours il en faut. Je comprends que ça ne puisse pas passer, j’essaye de m’y adapter, je leur demande pas de s’adapter a moi. A la rigueur si ça ne concernait que ce champ…, mais là non, toute la société est concernée par le fait qu’on marginalise. Un métier quand tu es voilée, tu peux pas le faire.
Merci beaucoup Sophie !
De rien du tout !
Photo : Sophie Guillemin, avril 2009 à Paris (Hijab and the city)
Quelle place pour les étudiant(e)s musulman(e)s que nous sommes dans l’actualité des universités françaises ?
25 mars 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Lénine disait de l’université qu’elle était » un petit miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société. » Si l’on s’arrête quelques minutes sur l’actualité, et notamment celle des universités françaises, on s’aperçoit que cette phrase qui doit avoir un siècle est criante de vérité.
A celles et ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui dans nos facs ne nous concerne pas, j’affirme que si, cela nous concerne ! De plus en plus de jeunes gens issus de l’immigration et/ou des milieux populaires fréquentent les universités françaises. Parmi eux les musulmanes que nous sommes, voilées ou non. Bien sûr, il faudrait relativiser cette démocratisation scolaire en montrant, avec des chiffres et des enquêtes sociologiques, que très souvent cette population a accès à des filières bien précises (les moins prestigieuses), que l’échec à l’issue de la première année est assez conséquent et qu’à la fin de la licence, les quelques rescapés ont très peu de chance d’accéder au Master. Mais malgré cela, il faut absolument se renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui avec la loi dite d’autonomie des universités (LRU), qui depuis 2007 agite les campus de notre douce France (ah!).
Très brièvement, il s’agit purement et simplement d’une privatisation de l’enseignement supérieur et de ses financements déguisée en autonomie et progrès considérables en faveur de facs médiocres qui n’offrent pas de perspectives professionnelles aux jeunes à la fin de leur cursus universitaire, et qui se trouvent loin derrière les grandes écoles françaises (elles-mêmes loiiiin derrière les grandes universités de la planète, notamment américaines). L’application de la LRU se traduirait d’un côté par la création de pôles d’excellence pour ceux qui ont les moyens de payer des frais de scolarité exorbitants, et de l’autre la création d’universités poubelles. Bien entendu, nous savons que ces dernières existent déjà, des satellites dont les diplômes ne valent pas grand chose. Mais la LRU vient accentuer encore plus ces inégalités. Tout le monde connait les systèmes d’enseignements anglo-saxons. Le brillant John, très bon basketteur issu de Brooklyn, ne peut aller à l’université que si on lui attribue une bourse ou si… ses parents s’endettent (ou les deux!). Alors imaginez le destin de Ali, très bon élève du 93, dans quelques années après l’obtention de son bac… Autant aller aux States : au moins là-bas, on vit bien son islamité et on mange du cheesecake à gogo !
Depuis plusieurs semaines, ce sont les enseignants chercheurs avec certains étudiants qui se mobilisent. Ils contestent pour la plupart uniquement le décret qui les concerne, et non la réforme Pécresse dans sa globalité. Ce mouvement se révèle être plus corporatiste qu’autre chose, même si certains professeurs font entendre une voix différente, qui elle dénonce la LRU dans son ensemble et par la même, le sort réservé aux étudiants les plus défavorisés.
Vous l’aurez compris, l’université française connait des transformations des plus libérales qui traversent en réalité l’ensemble de la société et de ses différentes sphères. On parle de crise à tout va sans vraiment saisir ce qui se joue. Nous ne devons pas être passifs. Le musulman et la musulmane doivent avoir un avis réfléchi sur tout, et particulièrement dans cette société où sa politisation est une question de survie !
Fatima fille de Assad
20 mars 2009 par Mariame
Classé dans Spiritualités
Qui est Fatima fille de Assad ? Elle est la mère d’un des quatre califes à qui l’on a promis le paradis comme demeure éternelle, ainsi que celle d’un illustre compagnon Jaâfar (pas le méchant dans Aladin, que non !). Elle est aussi et surtout la femme d’Abou Taleb, l’oncle bienveillant du Prophète Mohammed (ص).
A sa mort, le Prophète (ص) dit à ses compagnons de se lever pour sa mère. L’amour qu’il lui portait était tellement fort et grand qu’il lui passa sa chemise dans l’espoir que le feu de la géhenne ne la touche jamais.
Fatima fille de Assad vécut à la Mecque avec son mari, seigneur de la communauté des Hachimites et ses enfants Ali, Jaâfar et Aqil. Quand le Prophète (ص) perdit ses parents, puis son grand père Abdel Moutalib, c’est son oncle Abou Talib qui le prit en charge. Fatima l’adopta et fit de lui plus qu’un fils. Elle ne le différencia jamais de ses propres enfants, et la présence du Prophète (ص) au sein de son foyer était pour elle une véritable bénédiction. Elle le constatait chaque jour, lors de la préparation des repas. Abou Talib ne mangeait jamais sans la présence du Prophète (ص). Une fois le repas terminée, il restait de la nourriture, et en abondance, ce qui poussa Abou Talib à penser que Mohammed (ص) était réellement béni.
Fatima fille de Assad avait beaucoup de qualités. Pour le Prophète (ص), il s’agissait d’une seconde mère aimante, indulgente, attentionnée, qui écoutait quand il parlait et répondait lorsqu’il la questionnait. C’était une femme qui occupait une place importante dans son coeur.
Lorsque le Prophète (ص) reçu la révélation, sa tante bien aimée crut en lui, parce qu’elle le connaissait sincère, honnête, loyal, intègre, en somme d’excellente vertu morale. Lorsque les Qoreïchites allèrent voir Abou Talib dans l’espoir qu’il leur livre Mohammed (ص), Fatima fille de Assad poussa son mari à se convertir à l’Islam en mettant en avant toutes les qualités de leur neveu. Abou Talib refusa, ne voulant pas trahir ses ancêtres et sa communauté. Malgré cela, il fut toujours là de son vivant pour assurer la sécurité et la paix à son neveu. Il l’encouragea également, sans pour autant le suivre. Il alla même jusqu’à dire au Prophète (ص) : « tu m’exhortes, et je sais que ton message est véridique. »
Telle était la vie de cette illustre femme, qui occupa une place importante dans la vie de notre Prophète bien aimé.
Dossier spécial loi du 15 mars 2004
16 mars 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Aujourd’hui, Hijab and the city vous propose un dossier exceptionnel à l’occasion de l’anniversaire de la loi anti-foulard du 15 mars 2004.
Au programme :
- une contribtion exceptionnelle d’ Ismahane Chouder, militante féministe, co-auteure du livre Les filles voilées parlent avec Pierre Tevanian et Malika Latrèche
- un micro-trottoir intitulé » ce que pensent les filles voilées « . Hijab and the city est allé à la rencontre des filles voilées pour leur donner la parole
- Oumma pour elle by Hijab and the city a consacré sa chronique hebdomadaire du lundi sur Oumma TV.TV aux repercussions de la loi sur la vie des filles voilées
Êtes-vous humbles ?
27 février 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Il paraît que du côté des gens branchés et fashions (NON, jeune voilée, tu n’en fais pas partie ! ), on commence un peu à remettre en question le style » je porte des vêtements hors de prix et mettables qu’ une seule fois. » Être à la mode en ce moment, c’est être humble, sobre et modeste, dans l’apprence du moins. Finie la débauche de marques et de vêtements ou accessoires estampillés luxe. Un trench, un jean, des sneakers suffisent. Des couleurs sombres aussi. Bien sûr, il ne faut pas non plus pousser mémé dans les orties : on porte quand même du Burberry, pour le trench. Non parce que sinon, on a un style « plèbe »… Et ça, c’est pas très fashion !
Vous l’aurez compris, l’humilité devient un style. Mais comme vous le savez un style, ça se cultive ! Alors que l’humilité, peut-on vraiment la cultiver ?
Gandhi disait que cultiver l’humilité revient à cultiver l’hypocrisie. C’est ce que moi j’appelle le style « la main sur le coeur » qui caractérisent un bon nombre d’individus.
Quèsaco ? C’est une manière d’être assez ostensible (dans les mimiques, par exemple) que l’on le retrouve notamment chez quelques jeunes hommes qui, pour approcher la musulmane que vous êtes, voilée ou non d’ailleurs (mais c’est à tous les coups avec la voilée que ça se fait le plus… mince !), vont vous faire tout un film sur leur faiblesse (pas physique, hein), leur simplicité, leur pudeur, leur soumission à Dieu, leur grandeur d’âme, leur piété, bla-bla-bla… tout ça pour avoir bonne presse, voire une « touche » avec vous (alors qu’en vrai…). Sauf que mesdames mesdemoiselles, et soyez sincères, qui y-a-t-il de plus lourd et de plus inintéressant que ce genre d’individu ? Rien ? Personne ? Je m’en doutais. Parce que comme disait le Mahatma, l’humble n’a pas conscience de son humilité. Donc vouloir se vendre auprès de quelqu’un en mettant en avant une vertu qui n’est pas donnée à tout le monde : c’est tout sauf de l’humilité !
Pourtant l’humilité, la vraie, est dans notre religion un devoir. Chez le croyant et la croyante, elle doit se traduire dans un premier temps par un sentiment de faiblesse face à l’omnipotence de Dieu. Attention cependant à ne pas tomber dans le fatalisme. Certes, tout est écrit et Dieu est tout puissant. Mais nous avons une marge de manoeuvre et surtout un libre arbitre qui nous permettent d’avoir prise sur les orientations que prennent nos vies.
Donc la phrase « c’est maktoub, j’y peux rien », est à bannir de notre langage. La musulmane et le musulman se doivent d’être actifs dans la vie afin d’être utiles pour eux-mêmes mais aussi pour leurs coreligionnaires. Naturellement, en faisant preuve d’humilité et en invoquant constamment l’aide de Dieu.
L’humilité, c’est aussi un sentiment de faiblesse envers les autres. Certes, il s’agit là d’une faiblesse différente de la précédente, mais il s’agit quand même d’une faiblesse. Cela n’est pas non plus un complexe, que non. Il s’agit plutôt de déférence, de discretion, de simplicité, d’altruisme.
Et vous, comment voyez-vous l’humilité ? Comment la définiriez-vous ? Enfin, pensez-vous être humble ?
Que penser de l’Arabie Saoudite ?
19 février 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Noura al-Fayez… est-ce que ce nom vous dit quelque chose ? Non ??? Honte à vous ! C’est pourtant l’info du siècle, en tout cas selon certaines. Il s’agit de la première femme en Arabie Saoudite à entrer dans le gouvernement en tant que vice-ministre de l’Education chargée des femmes. Inutile de vous dire que ce genre d’ info en France, pays des droits de l’homme et de l’interdiction des signes religieux, ne passe pas inaperçue ! Généralement, lorsque l’Arabie Saoudite marque l’actualité, c’est à cause du pétrole et des pétrodollars, des bousculades lors du pélerinage (faut parler du manège géant et des jets de pierres, sinon c’est pas assez sensationnel ! ), des mains coupées, de la lapidation, des femmes qui ne conduisent pas (femmes au volant…), et j’en passe ! En bref, que des choses cool et sympathiques.
C’est une bonne nouvelle diront certaines, une grande avancée même. J’ai lu quelque part que c’était un pas vers la parité. Mouais… il en faudrait des plus significatifs quand même. Et puis de manière générale, la parité, ça ne veut rien dire ! Alors en Arabie Saoudite…
Chez nous, les féministes du dimanche parlent d’une mince avancée pour les femmes saoudiennes, toujours autant soumises au système patriarcal. Pour les associations féministes présentent sur place, de gros progrès en faveur de l’émancipation (mot toxique) des femmes ont été accomplis depuis près d’un an, notamment sur le marché du travail avec désormais la possibilité pour les femmes d’occuper des postes qui leurs étaient auparavant interdits. En Arabie Saoudite, les femmes représentent trois quarts des diplômés de l’enseignement supérieur. Ainsi, de plus en plus de Saoudiennes font entendre leur voix. Mêmes les princesses se rebiffent.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais entre les discours qui visent en permanence à disqualifier le fameux monde arabe qui regorgent de phallocrates polygames barbuvéliques, et la réalité, notamment saoudienne, qui fait état de pratiques et comportements très moyenâgeux dans toutes les sphères de la société, il est très difficile d’être critique sans, à côté, être accusée de faire le jeu de l’ « Occident ». C’est comme dénoncer les dérives de certain(e)s au quotidien, comme le tout haram dont nous avions parlé, et risquer d’être taxée d’hérésie ou de trahison.
Ce n’est pas parce que le premier lieu saint de notre bien aimée religion se trouve dans ce pays que l’on doit fermer les yeux sur les choses scandaleuses qui s’y passent. Outre le sort réservé aux femmes (et bien sûr, il faudrait aussi préciser que toutes les femmes de cette société ne sont pas logées à la même enseigne), il y a également les politiques menées en matière d’économie et de diplomatie qu’il faut signaler et commenter.
Le fait d’avoir des opinions, en l’occurence politiques, n’est pas une tare, ni une déviation, non ! Au contraire, c’est un devoir. La musulmane n’est pas un mouton. Par contre, elle peut en manger… du mouton.
Il est l’or, il est l’or de se marier !
11 février 2009 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Combien de cartes bleues sont devenues vertes après que leurs propriétaires se soient acquittés d’une obligation qui constitue une des caractéristiques des mariages musulmans (et pas seulement) ? Combien de jeunes hommes ont paniqué dès que le mot « dot » a été prononcé avant leurs épousailles ? Un bon paquet ! Figurez-vous qu’on ne se marie plus en bénéficiant au préalable d’un présent offert par son bien aimé en témoignage de l’amour et de l’estime qu’il nous porte. Maintenant, on négocie et on signe des accords à faire pâlir ceux de Bretton Woods !
Qu’est-ce qu’ une dot ? Sans entrer dans les détails, la dot est un droit dont bénéficie la femme musulmane lorsque son contrat de mariage est conclu. Tout mari doit verser une dot à son épouse, à moins que celle-ci y renonce de son plein gré. Aucun montant minimum ou maximum n’est défini, la dot étant fonction de la situation financière de l’époux, du lieu dans lequel il vit et de l’époque. Néanmoins, de plus en plus d’hommes, et notamment les plus jeunes, sont confrontés à des demandes démesurées de la part de leur future épouse ou pire encore, de leurs beaux-parents. Certains contractent même des crédits pour être en mesure de supporter les coûts du mariage (dot, cérémonie, etc.). La dot élevée, à l’origine de bien des problèmes tant dans les familles qu’à l’échelle sociétale n’est pas le propre de la société indienne.
Dans certains salons musulmans, c’est une des scènes de la Folie des grandeurs qui se joue, celle des pièces d’or de Don Salluste. Attention: un euro, c’est un euro. Et quelque soit la catégorie sociale, on négocie!
Vous l’aurez compris, il s’agit là d’un véritable problème. Pourtant, nous avons beaucoup d’exemples parmi les illustres femmes et hommes qui ont fait la gloire de l’islam. Prenons Oum Salim fille de Malhan, la mère d’Anas fils de Malik. C’est une femme qui avant de se remarier demanda comme seule dot à son futur conjoint Abou Talha, homme pourtant riche, sa conversion à l’Islam. La foi, la piété, appelez ça comme vous voulez. En tout cas, cette anecdote est à mon sens pleine d’enseignement.
En résumé, on peut demander ce que l’on veut comme dot (même une chèvre… ou une biche ?) à condition de rester dans les limites du raisonnable et surtout du réalisable pour celui qui doit s’en acquitter. Se marier, c’est démarrer une nouvelle vie, partir sur de nouvelles bases. Mais si pour commencer on décide de déplumer le poulet, il faut craindre certaines répercussions, même sur le long terme. La rancune… personne n’en ai exempt !
Êtes-vous girly ?
5 février 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Si vous aimez les caprices, le rose, les câlinous, les chewing-gums à la fraise, les ballerines, les parfums fruités, les jupes (et rien d’autre), les coeurs, les noeuds, les paletots, et bien sûr tout ça à la fois : y’a pas de doute, vous êtes girly ! Rassurez-vous, ça n’est pas une tare. Quoique poussée à l’extrême, la girly attitude peut faire de vous une véritable source d’exaspération et ça, ça fait fuir les copines… et les prétendants.
Oui! Parce que les envies de macarons à la rose et le petit côté femme-enfant sage et raffinée, ça va cinq minutes. Si à côté de ça on a une voix stridente et un côté neuneu qui vous fait dessiner des licornes ou des coeurs ou les deux dans des coins de feuilles… D’ailleurs, on peut avoir la classe en mangeant des potatoes bien grasses (ou un kebab?) et porter des sneakers !
Je pensais que la girly attitude était le propre des victimes de la mode et des fans de Gossip Girl (série que je n’ai jamais vu mais dont on parle tellement… je résiste!). Eh bien non! Figurez-vous que j’ai découvert un spécimen assez intéressant: la muslima girly. J’imagine que vous vous posez un tas de questions à son égard, qui est-elle, comment est-elle, où peut-on la trouver? On se calme les zami(e)s, ce n’est pas un cachalot! Mais c’est vrai qu’il s’agit d’une espèce assez rare.
La muslima girly est très coquette. Rien de grave jusque là, c’est même cool, sauf que le total look violet/rose/turquoise (bonnet du hijab, tunique, sac, escarpins, fard à paupières), c’est too much! Autre caractéristique, son discours. La muslima so girly ponctue ses phrases par des « ouais », des « macha’allah » (même quand vous lui annoncez un décès)… et ses mimiques? Ah ses mimiques! Aussi remarquables que celles de la girly girl de base.
Pourquoi je vous parle de ça? Parce que je pense qu’effectivement, on peut trouver mignonne une jeune femme toute pomponnée et très féminine, à condition que ça ne devienne pas une caricature sur pattes, maniérée à l’extrême et qui ne parle H24 que de ses problèmes cutanés et de fringues. Si tel est le cas, je crois qu’il faudrait s’interroger sur la compatibilité de ce genre de comportement avec l’idée de la femme que l’on se fait en tant que musulmane, et en tant que femme tout court. Réveillez la Simone qui est en vous !
Bon, je vous dis tout ça, mais je dois vous avouer quelques choses : j’ai un mug Diddl rose, des pantoufles roses, un cabas Minnie et j’ai des vues sur le stylo digital Pet Shop rose de ma nièce. Suis-je perdue ??
Tu es plus Barbie ou Rabi’a ?
3 février 2009 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Grâce à mes pérégrinations sur la toile, je suis tombée par hasard (enfin, à cause de je ne sais plus quel mot clé) sur un forum assez drôle dont le sujet de discussion était le matérialisme et la vénalité chez la femme, et surtout pas chez l’homme. C’est bien connu, une femme c’est superficielle, ça agit pour de l’argent et ça ne se marie qu’avec des bombes pas fauchées! C’est en tout cas ce que disait l’un des internautes qui, pour appuyer ses propos, fit part de son expérience avec une fille qui selon lui a préféré se marier avec un autre parce qu’il avait des pectoraux, les cheveux gominés et un beau coupé comme carrosse. Comme je la comprends! Bien entendu, je plaisante. Je crois surtout que le jeune homme en question (au regard de ses interventions) s’est fait plaqué, car il avait tout l’air d’une tête à claques. Néanmoins, je me pose une question: est-ce que le fait d’aimer les belles choses fait forcément de nous une femme matérialiste?
A priori, je pense que non. On peut avoir du goût et vouloir qu’il soit partout, dans tout ce que l’on fait et tout ce que l’on a.
Il s’agit en réalité d’un mot galvaudé qu’on utilise pour définir n’importe qui. Parce que vouloir vivre dans un minimum de confort fait de nous une matérialiste, parce que vouloir bien gagner sa vie pour ne plus avoir de comptes à rendre à personne fait de nous une matérialiste en puissance, parce que croire que vivre d’amour et d’eau fraîche c’est carrément pas possible (sauf dans les contes de fée) fait encore de nous une matérialiste.
Combien de filles se sont fait demander par des étudiants ou des fauchés alors qu’elles étaient elles-mêmes étudiantes ou qu’elles occupaient des emplois précaires, combien? A moins d’être rentière, aucune fille raisonnée ne voudrait galérer, surtout en ces temps de crise (la crise a bon dos!). Certes, il y a des critères plus importants qui viennent nous influencer dans notre choix de nous engager ou non dans un mariage. Mais honnêtement, vous vous voyez, la bague au doigt, demander à vos parents de se porter garant pour le loyer?
Que ce soit clair, il n’est pas question ici de dire qu’il faudrait que Rachid/Ken, le futur prétendant soit magnifique et richissime, noooon! Un nez un peu tordu (pas trop non plus) et des découverts par-ci par-là, ça a toujours son charme.
Mais bon, si c’est un richissime self-made man, on dit pas non hein… n’est pas Rabi’a El Aâdaouia qui veut! Pourquoi elle? Car elle avait été demandée en mariage par un homme fortuné de Bassora qui lui avait offert une dot assez conséquente. Mais fidèle à elle même, elle l’a éconduit parce qu’elle n’était pas matérialiste! C’était une ascète qui pensait que la richesse et les hommes pouvaient détourner quiconque de Dieu.
Disons qu’il s’agit là d’une jolie leçon pour vous autres (nous autres?) matérialistes! Sauf que Rabi’a El Aâdaouia a aussi repoussé un ascète, comme elle, qui voulait l’épouser… J’y comprends plus rien moi !
Des femmes d’aujourd’hui, des femmes qui se dévoilent…
29 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Une question me turlupine. Pourquoi certaines femmes françaises d’origine maghrébine, qui veulent dénoncer le machisme, le sexisme et tout ce qui cause du tort aux femmes en général le font en stigmatisant essentiellement les hommes qui sont de la même origine qu’elles ? En réalité, j’ai ma petite idée sur la question, mais j’aimerais avoir vos réponses à vous.
Tout le monde connaît Rachida Khalil, comédienne d’origine marocaine issue d’un milieu populaire. Petite protégée de Guy Bedos, on lui doit notamment la réintroduction du personnage de la Fatna dans l’imaginaire collectif français. Défenderesse des femmes « orientales » opprimées du fait de sa propre condition de femme « orientale » anciennement soumise, elle est à l’origine d’un spectacle mettant en scène un défilé de mode de « tchadors » comprenant des modèles assez divers : un tissu imprimé « poids chiche », un tissu avec de la dentelle (pour les nuits de noces… grrr), un autre taillé dans un drapeau américain. Vous l’aurez compris, c’est une femme libre, qui défend les femmes arabo-musulmanes sans tomber dans les clichés ! D’ailleurs, elle participe assez souvent aux galas de SOS racisme, autre phare qui vient avec sa lumière éclairer les ténèbres que constituent les banlieues françaises.
Et Sofia Essaïdi? C’est une jeune chanteuse, issue d’un milieu bourgeois marocain, qui a fait ses débuts à la Star Academy. Elle dénonce elle aussi l’opression des femmes maghrébines, les tabous, le qu’en-dira-t-on, le voile, la frustration des hommes qui peuplent l’autre côté de la Méditerranée… le tout à travers des textes et des clips très suggestifs (cf. Mon Cabaret).
Pointer du doigt le patriarcat, le machisme, le sexisme, soit! Ils sont universels, et on les retrouve dans toutes les cultures et toutes les classes sociales. Mais stigmatiser une population sous prétexte qu’on a été la victime d’un mariage forcé ce qui est le cas de Rachida Khalil, c’est pousser mémé dans les orties! On ne fait pas de son cas une généralité, au risque de passer pour la misérable de service, qui sert une cause hautement politique, et qui au final en tirera des bénéfices. Et que dire de Sofia Essaidi? Elle a joué le rôle d’une beurette banlieusarde prénommée Aïcha dans un téléfilm de Yamina Benguigui. Une expérience sûrement très intéressante et insolite pour jeune fille issue d’un milieu aisé et qui n’a jamais vécu en cité de banlieue. Autre chose, pourquoi affirmer être une femme qui se dévoile, dont le corps n’est pas soumis quand on a grandi dans une ville aussi libérale que Casablanca tout en faisant partie de sa jeunesse dorée?
Bien entendu, leurs origines n’impliquent en aucun cas de la « fidélité » envers la religion de leurs ancêtres ou leur arabité (ou berbérité), que non! Elles n’ont de comptes à rendre à personne. Toutes les injustices sont bonnes à dénoncer, surtout si elles nous sont proches. Il faut juste le faire avec honnêteté et intelligence. Autrement, on s’abstient, et on ne fait pas sa Fadela !
Des bottines, des robes, des boléros…
27 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Look at mon style
Je sais pas vous mes jolies, mais moi en ce moment avec le temps qu’il fait, je ne suis pas trop d’humeur à me prendre la tête pour m’habiller. Et pour éviter de ressembler à rien, il faut avoir le sac, l’accessoire ou la paire de chaussures qui change une tenue du tout au tout !
Sinon, j’ai des envies de robes larges, de sacs besaces, de boléros, de bottines enfin bref : des envies de futilités! Bien sûr, j’ai aussi en tête des couleurs bien précises, le noir, le gris, le vert, le marron… Un petit aperçu ?
Pardon? Le joli sac noir? Oui, c’est un Balenciaga. Mais ne vous inquiétez pas, je ne compte pas hypothéquer un rein pour me le procurer, que non! Toutes ces jolies choses, plus ou moins accessibles le sont encore en plus en ces périodes de soldes (la crise est telle que même les créateurs se sont lâchés niveau rabais). Sinon, comme je vous l’avais déjà indiqué ici, les grandes enseignes ont pensé à nous. Les franges se sont démocratisées, sans parler du style bohême et des jolis boléros qui sont pour certains à bien des égards des bijoux qui donnent à n’importe quelle silhouette beaucoup d’allure. Profitez-en, Zara un tas d’enseignes ont cet hiver proposé de très jolis boléros en laine ou en velour, ornés de perles, de sequins et autres, aujourd’hui soldés.
Et vous mesdemoiselles, en ces temps pluvieux et venteux, quelles sont vos envies vestimentaires?
Les dragibus, le cinéma, les manifs, c’est haram!
23 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
La musique, les manifestations, le jean, le cinéma, les dragibus (et la liste est longue) sont pour certains haram. Non vous ne rêvez pas, même les dragibus sont dans le lot!! J’avais déjà abordé la question de la musique ainsi que celle du jean. Parlons aujourd’hui des manifestations et du cinéma.
Qui n’a jamais entendu dire que les manifs sont des moments de mixité intense durant lesquels garçons et filles en profitent pour draguer? Grrr !!! Bien sûr, les seules motivations qui nous poussent à aller manifester sont les éventuels regards et sourires que l’on pourrait échanger avec le mâle d’à côté qui scande des slogans avec beaucoup de conviction et de ferveur. D’ailleurs demain, samedi 24 janvier, aura lieu à Paris une grande manifestation nationale pour soutenir le peuple Palestinien. Mais comme tout le monde le sait, c’est surtout l’occasion de partir à la pêche. Un meetic géant au coeur de Paname… on accorde son keffieh à sa veste je vous prie!
Le cinéma… c’est une autre histoire! C’est le temple de la débauche visuelle surtout si Bob, le gobelet de pop corn, est de la partie! Comme pour la musique, c’est catégorique, c’est haram un point c’est tout. Qu’il s’agisse du film d’animation, du film d’action, du documentaire ou du thriller, tous sont prohibés car ils constituent pour le coeur et l’esprit corruption et pourrissement. Simba, Hannibal Lecter et Pamela Anderson… même combat? Autre argument avancé, certains films diffusés dans le cinéma sont licencieux sans parler du comportement de quelques individus. Dans ce cas là, faisons nos courses sur internet pour éviter les rayons qui ne nous conviennent pas, sans parler des jardins publics! Le cinéma fait partie de la culture populaire de certains pays musulmans comme l’Egypte… que faut-il en déduire?
Je ne sais pas ce que vous en pensez vous, mais moi j’ai tendance à avoir mal à la tête face à autant de… de quoi justement ?
Décapitons les petits chefs !
20 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qu’il s’agisse de la prière, du dikhr, ou encore de la récitation et de l’apprentissage du Coran, il est conseillé de les pratiquer en groupe. La recommandation عليكم بالجماعة pousse donc tout musulman à des activités spirituelles collectives, et ceci de manière ponctuelle ou régulière. Mais comme vous le savez, l’être humain a quelques faiblesses, et les groupes peuvent très rapidement dévier et se transformer en groupes autoritaires et oppressants sans que l’on s’en aperçoive, avec à leur tête des petits chefs mégalomanes en quête de reconnaissance sociale… Raël quoi !
Un parti politique, un groupe de musique, une association sportive sont des organisations au même titre qu’une entreprise. On trouve dans ces dernières une hiérarchie, un système particulier, des acteurs, des compétences, etc. Il en est de même pour certains groupes qui du dikhr en collectif finissent par étendre leurs activités et ainsi le nombre des personnes qui y participent. Comme dans tout collectif, il faut un chef, charismatique ou pas (bien entendu, tout est relatif) qui veille au bon fonctionnement du groupe et de ses activités. Certains collectifs commencent à rationaliser ce qui était au départ des réunions à visées spirituelles voire à se professionnaliser. Rien de mal à cela, sauf si les intentions deviennent mauvaises et les motivations purement égoïstes et pécuniaires. Des Minus et Cortex, ça existe! Sauf que dans la vraie vie, ils prient.
Bien entendu, je parle de notre communauté, mais c’est partout pareil quelque soit la religion ou la non religion. C’est propre à l’humain. Le pouvoir et l’argent font tourner quelques têtes et il faut à tout prix faire en sorte que ses têtes ne soient pas responsables de personnes dont l’intention est sincère et pure.
Pratiquer en groupe, partager des connaissances avec ses semblables, quoi de plus beau et de plus enrichissant. Mais attention aux déviations! Décapitons les petits chefs, pour que le spirituel le vrai soit notre seul but.
Contre la pression… le citron !
16 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Cuisinez la
La fin du mois de janvier, c’est bien sûr la période des examens écrits et des devoirs à rendre rapidement. Elle est pour certaines synonyme de stress et d’angoisse, et les pousse à chercher tous les moyens possibles pour faire baisser la pression. Les invocations ou encore les féculents sont très efficaces, mais qu’on se le dise: si vous n’avez pas été assidues en cours, même les graines de nigelle n’y changeront rien! Ma solution à moi, c’est d’abord de ne pas stresser, ensuite de profiter des semaines banalisées réservées aux révisions pour se faire plaisir, le plus simplement possible. Je ne sais pas si le citron est un fruit qui possède des vertus miraculeuses, comme vous inspirer un plan pertinent alors que vous êtes en train de disserter. En tout cas, j’adore le citron et les tartes au citron. La pâte sucrée, la crème citron acidulée… miam miam miam ! C’est peut être la recette de tarte la plus facile à réaliser, mais encore faut-il trouver la bonne. J’en ai une, toute simple et inratable. Donc si ça brûle, il ne vous reste plus qu’à vous éloigner des fourneaux jusqu’à la fin de votre vie… ou à épouser un cordon bleu ! Elle vient d’ ici. N’aimant pas trop la meringue, j’évite d’en mettre, et pour ce qui est de la taille de la tarte, c’est comme tout : plus c’est petit, plus c’est mimi !
Et vous mesdemoiselles (et messieurs ! ), comment gérez-vous votre stress ?
Dora fille d’Abi Lahab
15 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Spiritualités
Tout le monde connaît Dora l’exploratrice, cette brunette au teint hâlé qui voyage avec un sac à dos, Sakado, qui parle et un singe prénommé Babouche (serait-il maghrébin?). Cette petite fille est une une vraie boule d’énergie, qui parcourt le monde et qui doit faire face à Chipeur, le renard malicieux et voleur!
Et Dora fille d’Abi Lahab, ça vous dit quelque chose?
Il s’agit de la fille d’Oum Jamil et d’Abou Lahab, l’oncle du Prophète (ص). Tous les deux sont les protagonistes de la sourate 111 (les fibres) dans laquelle leur sort dans l’au-delà a été révélé. Souvenez-vous du film le Message, et plus particulièrement de la scène où Oum Jamil et son époux apostrophent le Prophète (ص) devant la Ka’ba alors que celui-ci essuie les insultes et les coups de la foule polythéiste.
Malgré le comportement et les convictions de ses parents, elle se convertit à l’Islam après la bataille de Badr, et émigra vers Médine. Arrivée là-bas, beaucoup de musulmans se posèrent des questions sur ses motivations et sur la sincérité de sa foi car le spectre de sa famille était toujours présent. Blessée, elle alla voir le Prophète (ص) à la mosquée pour lui en parler, lequel fut affecté au point de prendre la parole et d’expliquer à l’auditoire des croyants que s’en prendre injustement à quelqu’un de sa famille, c’est également s’en prendre à lui. Puis, il ajouta: « On ne doit pas porter préjudice à un vivant, à travers la faute commise par un mort ». Dieu dit: Aucune âme porteuse de charge ne supporte celle d’une autre. En d’autres termes, le musulman sincère n’est pas là pour payer les pots cassés de sa famille où de qui que ce soit d’autre. Il n’a pas à supporter un héritage, de quelque nature qu’il soit dont il n’a pas voulu, surtout si celui-ci entre en contradiction avec les principes de notre religion.
De nos jours, de plus en plus de personnes se plaignent d’avoir à choisir entre leur pratique de la religion et leur famille ou amis. C’est le cas de certains converti(e)s qui parfois sont confrontés à l’incompréhension de leur entourage. C’est également le cas de femmes qui désirent porter le hijab ou qui le portent, et qui elles aussi font face à un refus catégorique de la part de leur environnement, lequel pense que ce hijab fera d’elle une intégriste en puissance, qui deviendra du jour au lendemain une femme austère et irrespectueuse envers les autres.
A toutes ces personnes, je leur conseille de ne pas couper les liens avec leurs proches, même si les quolibets et la pression sont à terme très lourds psychologiquement. La patience est une vertu que tout musulman devrait avoir. Dites-vous qu’il s’agit là d’une épreuve et que vous en sortirez plus fortes.
Rieuses, crieuses, mâchouilleuses, kebabeuses…
13 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qui parmi vous n’a jamais voulu étrangler la demoiselle dans le métro ou à la caisse du supermarché qui mâchouille de la manière la plus vulgaire et la plus impolie qu’il soit son chewing-gum en faisant en prime des bulles ? Qui ??
Nous avons toutes eu, au moins une fois dans notre vie, des envies de meurtre dans les lieux publics. Parce qu’une femme grossière, et qui de surcroît ne s’en rend même pas compte, c’est pas très joli à voir !
Les marchandes de poisson, les rieuses pro, les distributeurs de gros mots, les miss chewing-gum, les « la route est droite, pourquoi tu marches comme ça? »… autant de femmes qui en l’espace d’une minute font fuir tout être humain normalement constitué. En voiture, à pied, dans la rue, à la maison, dans les boutiques ou au travail, elles font un carnage!! Insultes, gestes digne d’une brute, « bidonnades » (bip bip!!) ou bruit de pas avec talons aiguilles, tout est permis, même le mardi!
Bien souvent, leur comportement va de paire avec leur apparence. Souvent négligée ou au contraire provocante, la femme qui fait montre de vulgarité a au moins le mérite d’être cohérente.
Mais gare aux tromperies! Il existe une catégorie de femmes qui vous dissimulent leur côté obscur d’un coup de baguette magique. N’avez-vous jamais rencontré lors de vos années fac, chez le monsieur kebab du coin (beurk le resto U!), une jeune femme vêtue d’un trench cintré, avec à la main un sac très féminin, sans oublier les chaussures aux talons hauts (très hauts) dire au monsieur: « wech frère, un mini kefta salade tomate oignon steuplé… avec un supplément fromage et frittes tqt! » ?
Est-ce une femme ou un mutant?
J’insiste sur la vulgarité féminine parce que le choc est d’autant plus violent! Cracher sur la voie publique, c’est écoeurant. Et quand le geste vient d’une femme, ça l’est encore plus. Je ne dis pas qu’un homme qui crache est moins blâmable, que non! Pour certain(e)s, la brutalité et la trivialité sont les signes de la masculinité, la vraie! Mais qui voudrait faire sa vie avec le capitaine caverne ?
Homme ou femme, il faut avoir de la classe, de la pudeur dans ses propos, ses manières et ses tenues !
Le keffieh, l’accessoire indispensable de ces prochains jours
9 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat

Comment parler mode avec pareille actualité? C’est très simple: en évoquant le keffieh.
Vous connaissez toutes ce foulard, auquel Allison avait d’ailleurs consacré un billet il y a quelque temps, et qui n’est autre qu’un symbole politique devenu objet de mode pour fashionistats.
Ce morceau de tissu (comme un autre bizarrement) a fait couler beaucoup d’encre. Un débat a été soulevé, après que Balenciaga l’ait lancé lors de son défilé automne-hiver 2007/2008. Et c’est à partir de là que quelques-uns se sont interrogés sur la signification du keffieh et sur la portée symbolique qu’il pouvait avoir.
Certains magazines féminins ont carrément eu du mal à l’assumer. C’est par exemple le cas de ELLE, qui au lieu de parler de keffieh a préféré utiliser le mot chèche, tout aussi exotique… mais surtout moins polémique!
Mais heureusement pour le monde de la mode, les stylistes sont là pour inventer et vendre du rêve. Le keffieh a été décliné sous différents formats, coloris et tissages. Désormais, porter un keffieh, surtout rose, ne fait pas de vous une militante en puissance, loin de là. Cela fait juste de vous une fille (ou un garçon) qui suit les tendances.
Reste à savoir comment, si un jour venait à un styliste l’idée saugrenue de lancer une mode des pierres (blazer incrusté de pierres par exemple), les papes de la mode arriveraient à justifier cette performance artistique et à lancer l’engouement?
Alors demain mesdemoiselles, accordez vos keffieh (les vrais, et pas ceux de Chine!) à vos vestes et manteaux. Pas pour participer à la grande moutonnerie modesque, que non! C’est juste qu’une grande manif’ nous attend.
Attends ma soeur, je vais te donner un conseil, une nassiha
7 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Dès qu’une conversation débute avec cette phrase, et que la personne qui s’adresse à vous en ces termes est une inconnue qui vous prend de haut: sauvez-vous! Parce que malheureusement mes poulettes, de plus en plus de filles, de femmes s’improvisent imams, donneuses de leçons avec pour objectif premier de remettre les brebis égarées sur le droit chemin.
Surtout, ne vous méprenez pas. Il existe des êtres qui en vous donnant leur avis sur quelque chose qui vous concerne, le font en toute sincérité et dans le but de vous épargner bien des galères (dans la vie d’ici bas et dans celle de l’au-delà). Mais dans la plupart des cas, moult pestes il y a! Le pire dans tout ça, c’est qu’elles veulent passer pour des vertueuses alors qu’en réalité, elles sont les reines de la perfidie, du mensonge, et de la fourberie!
Si la féminité n’est pas une affaire de cheveux, l’islamité est loin d’être une affaire de tissu! Ce n’est pas parce qu’une telle porte le hijab que cela fait d’elle une musulmane irréprochable. Certes, le hijab est un acte d’adoration et un précepte fondamental dans notre religion. Mais l’habit ne fait pas le moine, et le porter pour le porter n’est pas très approprié. Bien sûr, même si l’on porte le hijab pour soi et seulement pour soi, qu’on a de comptes à rendre à personne sur cette terre qui ne tourne pas rond et qu’on est loin d’être parfaite, il faut néanmoins faire preuve d’un minimum de cohérence et éviter de dire n’importe quoi. Par exemple, croire qu’on est meilleure que toutes celles qui ne le portent pas et leurs signaler, c’est dire n’importe quoi! A coup de » ça c’est haram » et de » ça c’est halal », on pense pouvoir convaincre quelqu’un du bien-fondé de son discours généralement creux.
T’écoutes de la musique, c’est haram! Ton haut est trop court, on dirait une traînée! Quand la bêtise et la vulgarité se mélangent, ça ne donne aucun résultat.
L’inverse existe aussi. Certaines qui ne portent pas le hijab car elles sont encore trop jeunes selon elles et qu’elles ne se sentent pas prêtes, se permettent de critiquer celles qui le portent.
Tu portes le hijab pourtant, tu devrais pas faire ça…
A ces filles, je répondrais que la foi est un perpétuel cheminement, une perpétuelle quête du bon et du juste, qu’elle a tendance à beaucoup varier telle une courbe, et qu’ avant de se prononcer sur autrui, vaudrait mieux nettoyer devant sa porte!
En résumé mesdemoiselles et mesdames, personne n’a le monopole de la bonne pratique et du savoir.
Une nassiha, pourquoi pas, mais avec tact et respect je vous prie. Fourbes, incultes et petits chefs s’abstenir !!
La 13 ème journée du savoir
5 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Dimanche dernier, nous nous sommes rendues Clochette et moi à la 13ème journée du savoir organisée par la LFFM (ligue française de la femme musulmane), et l’ AMF (association des musulmans d’Ile de France). Cette journée avait pour but la promotion du savoir et de l’apprentissage au sein de la communauté musulmane, et notamment chez les plus jeunes.
Les organisateurs nous ont réservé un accueil très chaleureux, et la journée fut très enrichissante du fait des multiples interventions. Au programme, des témoignages d’élèves du secondaire et d’étudiants brillants, une remise de prix, des anachids, sans oublier les stands d’associations (Muslim Hands, Secours Islamique, CBSP) invitées pour récolter des médicaments et des dons pour nos frères et soeurs Palestiniens. Car comme l’a expliqué Halima, l’une des organisatrices de la journée, même si l’évènement annuel a été maintenu, il a bien entendu été placé sous le signe de la solidarité envers le peuple de Gaza.
Nous avons pu discuter avec des femmes militantes, pleines de convictions, de tout âge et de toutes origines. Il y a avait par exemple Houda, une des organisatrices et jeune étudiante en histoire. Il y avait également Noura Jaballah, ancienne présidente de la LFFM, et actuelle présidente du forum Européen de la femme musulmane (EFOMW). La LFFM est une association qui existe depuis 1995 et dont le but est de coordonner plusieurs associations et sections féminines.
Elle nous a rappelé la mission de la LFFM, qui consiste notamment à soutenir les initiatives féminines musulmanes dans le domaine éducatif et social. La ligue aspire aussi à réhabiliter le statut de la femme et son rôle dans les différents champs de la société. Pour mener toutes ces actions, cette association à besoin de bénévoles actives qui veulent faire bouger les choses. Retrouvez toutes les informations nécessaires sur leur site.
El Khansa, mère des martyrs
31 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Spiritualités
Depuis quelques jours, le peuple palestinien déjà victime d’un blocus imposé par l’occupant israélien est de nouveau frappé dans sa chair et dans son sang. Les images font état d’une barbarie et d’une violence sans précédent. Alors que des hommes, des femmes et des enfants souffrent gravement du manque de soins, de médicaments, de nourriture et d’éléctricité, la communauté internationale reste muette.
Pensons à toutes ces femmes, toutes ces mères qui chaque jours perdent pères, frères, fils et oncles. Pensons à leurs souffrances, et surtout à leur courage qui nous rapelle à bien des égards celui d’ une femme en particulier, El Khansa fille de Aâmr, l’une des plus vertueuses et des plus loyales dans son engagement vis-à-vis de Dieu. Elle était mère de quatre fils, tous poètes et cavaliers. Lors de la bataille d’El Qadissyya, elle sortit pour le combat accompagnée de tous ses fils. La nuit précédent le combat, elle les réunit et les exhorta à la sincérité et à la bravoure. Ils quittèrent leur mère et adoptèrent ses conseils. Ils combattirent jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dès que la nouvelle de leur mort parvint à ses oreilles, elle dit: « Louange à Dieu qui m’a gratifié de leur martyr. Je prie le Tout-puissant de nous réunir en son séjour éternel de sa clémence. »
Des Khansa bintou Aâmr, il en existe à Gaza. Et il est de notre devoir de les soutenir. A nous de nous mobiliser au nom de la justice et des droits de l’homme, et de dénoncer ce crime contre l’humanité.
Pour information, Oumma.com lance une opération humanitaire pour Gaza en partenariat avec Muslim Hands et le Secours Islamique.
Vous trouverez également des informations dans l’onglet Urgence Palestine que vous êtes invité(e)s à alimenter si vous disposez d’informations supplémentaires.
Une nouvelle année et des mini cakes salés
29 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Cuisinez la
Bonne année 1430 à toutes et à tous!!
En espérant que cette nouvelle année soit pour nous l’occasion de prendre un nouveau départ ainsi que de bonnes résolutions.
Sans transition, une petite recette qui permettra à toutes celles qui le souhaitent, de se faire plaisir à l’heure du goûter avec les ingrédients que l’on trouve dans tous les placards (même vides).
Mais il faut d’abord que je vous parle de mon addiction aux moules en silicone et en aluminium, idéal pour les cupcakes, les muffins et les cakes en tous genres. Voici ma dernière acquisition :4,99 euros les six moules chez Eurodif. On en trouve un peu partout, notamment dans les magasins comme Ikea et Auchan, mais aussi sur internet et à moindre côut. Les modèles sont très variés (taille, forme, matériaux, prix), mais j’ai une préférence pour les plaques. Tout ce qu’on y met réussi, et la cuisson n’est pas du tout prise de tête !! La preuve avec ces mini cakes salés. J’avais très peu d’ingrédients sous la main, mais j’ai quand même pu boire mon thé à la menthe avec ces petites merveilles.
Si vous avez du saumon fumé, des anchois ou des tranches de dinde fumée, surtout n’hésitez pas! C’est une recette classique que l’on peut personnaliser à sa guise.
Ingrédients
1 yaourt nature, 3 oeufs, 3 pots de yaourt de farine (à l’ancienne!), 1/2 pot d’huile d’olive, 100g de fromage rapé (emmental ou gouda… rajoutez une cuillère de boursin chèvre, c’est excellent!!), 1 sachet de levure, 1 pelle d’olives denoyautées, des herbes de provence, de la coriandre et du persil.
Préparation
Prendre un saladier, mélanger le yaourt, les oeufs et la farine. Remuer en incorporant l’huile d’olive. Ajouter le fromage, la levure et les herbes. Puis, mettre les olives au préalable farinées. Une fois la pâte homogène, la mettre dans un moule à cake beurré et fariné. Enfourner à 180° C pendant 30/40 min. Et voilà le résultat :
Ces mini cakes sont parfaits pour accompagner une salade ou autre.
Bon début de semaine !!
Tu fais quoi pour le réveillon ?
24 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Chaque année, on me demande ce que je compte faire pour le réveillon. En réalité, pour LES réveillons, celui de Noël et celui du Nouvel An. Pas la bringue, ça c’est sûr ! La musulmane est casanière, c’est bien connu.
Ce qui me frappe ces dernières années, c’est que de plus en plus de musulmans pratiquants prennent part aux festivités sans même se poser des questions sur l’origine de ces fêtes et leurs significations. Pour certains, il s’agit seulement de profiter des jours de congés pour se réunir avec la famille et les amis. C’est comme acheter des chocolats durant Pâques… on est pragmatique, on consomme parce que c’est moins cher ! Il en est de même pour les bûches en cette période. Mais de là à organiser un repas, à mettre dans son salon un sapin et à s’offrir des cadeaux… ça devient limite.
Nous avons nos fêtes, durant lesquelles nous pouvons passer de très bons moments avec les êtres qui nous sont chers (à condition de prendre quelques jours n’est-ce pas ?), nous offrir des cadeaux, nous faire des bisous (ben quoi ?), manger à souhait. Elles sont au nombre de deux. Elle peuvent vraiment satisfaire les enfants parce que chaque année , ils ont deux fois plus de cadeaux. Dès lors, pourquoi copier des pratiques qui ne sont pas les nôtres ?
Quelques-uns ne veulent pas frustrer leurs enfants qui à la rentrée n’auront rien à raconter à leurs petits camarades. D’autres veulent s’intégrer. Une autre catégorie d’individus banalisent la chose en avançant que Noël n’est pas une fête religieuse mais commerciale. Mouais… en réalité, là n’est pas la question !
Lorsqu’on nous demande quels sont nos projets pour les réveillons, et surtout celui du Nouvel An, et que la réponse est un » rien » bien assumé, les réactions sont très différentes. Soit notre interlocuteur comprend, et nous pose des questions sur les fêtes qui nous concernent, sur la nouvelle année selon le calendrier hégirien. Soit, il est dépassé et nous lâche un » tu n’sais pas ce que tu rates ! « .
Ce que je rate selon lui ? Des soirées bien arrosées (en champomy pour ceux qui malgré tout ne boivent pas. Et comme tout le monde le sait, sans alcool la fête est plus folle!), des plans dragouille à n’en plus finir ? Rien de bien intéressant, vous en conviendrez. Enfin, il y a peut être des choses qui intéresseront certain(e)s. Des vacances gratis, et pas du bas de gamme les zami(e)s !
Le meilleur plan à ce jour proposé à La voilée libérale, c’était d’aller skier, rien que ça ! Sauf que la proposition venait d’UN camarade de classe et que surtout, c’était pour le Nouvel An. Bien entendu, j’ai poliment décliné cette aimable invitation. Mais j’ai quand même eu du chocolat !!
Faut rigoler, faut rigoler !
22 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
On a tendance à croire que les musulmans n’ont aucun sens de l’humour. On pense même que le sérieux, l’austérité sont les principales caractéristiques (avec le hijab et la barbe…) des musulmans de Musulmanie et de Navarre. La preuve, nous n’avons pas ri des caricatures, et nous ne croyons pas au Père Noël (oui, le grassouillet vêtu de rouge est pour moi la plus grosse blague de l’Histoire, tous siècles confondus). Mais il faut avouer que certains de nos coreligionnaires n’arrangent pas les choses. Au contraire, ils confortent le préjugé en affirmant à tout bout de champ, même après une blague Carambar sur Toto, que كثرت الضحك تميت القلب, que le fait de trop rire est nuisible pour le coeur. Et là je dis attention, faut pas pousser mémé dans les orties!
Le Prophète (ص) avait horreur de la moquerie, des quolibets, et du sarcasme. En résumé, toutes les paroles et attitudes dont l’unique but est l’humiliation ou l’insulte. La plaisanterie, le rire, la saillie, le bon mot sont quant à eux des qualités que le Prophète (ص) appréciait, car ce sont des signes d’intelligence et de finesse.
Quoi de plus subtil et de plus charmant (!) qu’une personne qui a de l’humour et qui, par son biais, arrive à faire passer un message, à répondre aux piques qu’on lui lance ou tout simplement, à vous faire rire? Parce que mes poulettes, un cher et tendre pas drôle, c’est l’ennui assuré!
Bien entendu, il y a des limites à l’humour. Il faut faire preuve de pudeur, de décence, de modération… c’est comme pour tout en fait! Vous comprendrez donc que Jean-Marie Bigard et ses blagues vulgaires et racistes n’entrent pas dans la définition que nous nous faisons, en tant que musulman(e)s, de l’humour. Et c’est en réalité une grande, très grande partie des humoristes et comiques de l’hexagone (je ne parle que de ceux qui bénéficient d’une visibilité médiatique importante) qui ont un humour des plus médiocres. Il est seulement à l’image de l’humour pratiqué en France. Et c’est là que réside tout le problème.
Je ne sais pas si vous partagez cet avis, mais j’ai l’impression que quelque soit le classe sociale, il y a un certain humour français qui fait l’unanimité: c’est celui qui se situe, parlons franchement, en dessous de la ceinture. Je me souviens d’un prof de fac qui, après avoir bien ri d’une blague incompréhensible sur Napoléon, s’est mis à raconter d’une manière très triviale une histoire censée être drôle sur la sexualité. Elle a plu à toute la classe… la musulmane, en plus d’être austère, serait-elle rabat-joie?
En tout cas, bon nombre d’exemples montrent que de tout temps et en tous lieux, les musulmans ont toujours eu beaucoup d’esprit et d’humour. Souvenez-vous de Nasreddine, Joha pour les Maghrébins, Hoca pour les Turcs ou encore Goha pour les Egyptiens. Non! Il n’appartient pas à la culture germanique, mais bien à la culture musulmane.
Comme disait feu Henri Salvador (de la vraie chanson mes ami(e)s, de la vraie !! ), » faut rigoler, faut rigoler »
Et vous, est-ce que vous rigolez ?
Êtes-vous des blanches colombes ?
18 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Nous connaissons toutes l’histoire du Prophète Youssef ainsi que le récit de la calomnie dont a été victime oumana Aïcha. Le premier a dû endurer beaucoup d’épreuves à cause de la jalousie de ses frères, la seconde a été accusée d’adultère par des hypocrites aux coeurs remplis de haine.
Si vous ne savez pas ce qu’est réellement la jalousie, c’est bon signe! Cela veut dire que vous ne l’êtes pas. Trouver les chaussures de sa copine hyper cool, lui lancer un « je te déteste pour avoir trouvé ce bon plan » en plaisantant et les vouloir à tout prix, je vous rassure mes poulettes ça n’est pas de la jalousie! En fait, on sait ce que c’est que lorsque l’on devient la victime directe d’une jalouse ou pire, d’un groupe de jalouses. Au départ, on ne s’en rend pas compte, surtout quand les jalouses en question sont des personnes que l’on fréquente depuis bien longtemps. Cela commence par des réflexions pas très gentilles, des regards malsains, des orientations et conseils qui suintent la tromperie, sans oublier le sapement continu de toutes les choses que vous entreprenez. Bien entendu, dans un premier temps vous ne vous en rendez pas compte. C’est au fur et à mesure que cette jalousie se transforme en haine que vous sortez de votre torpeur.
« Mieux vaut faire envie que pitié », diront certaines. Oui, peut être. Sauf qu’en réalité, mieux vaut rien du tout! C’est peut être mon côté philantrope (mouahaha), mais j’éprouve sincèrement de la compassion pour les personnes atteintes (car il s’agit d’une maladie) par la jalousie. C’est un mal qui doit sûrement les ronger et les torturer pour qu’au final, cela aboutisse à une haine aveugle et vindicative envers des personnes qui ne leurs ont en rien fait. Comment ne pas ressentir de la pitié et faire preuve de clémence à l’égard des individus dont les vies sont tellement pathétiques qu’elles veulent s’emparer de la vôtre qui à leurs yeux est beaucoup plus funky?
Nous ne sommes pas meilleures que le Prophète Youssef, et bien loin d’oumana Aïcha. Le pardon est une qualité dont peu de gens sont dotés. Certes, il est facile de tenir ce discours. Je vous avouerais que me concernant, j’opte dans un premier temps pour l’indifférence. A mi-chemin entre le pardon et la déconsidération, mon attitude consiste à ignorer, tout simplement. A quoi bon gaspiller sa salive et son énergie avec quelqu’un qui n’en vaut pas la peine? Puis, vient le pardon, le vrai. Même si aucun renouement ne se fera avec cette personne, on lui pardonne malgré tout. Parce qu’on est musulmane avant tout, qu’on s’en remet au jugement de Dieu et que finalement, la jalouse haineuse a fait quelque chose de bien pour nous. Oui!! Grâce à ses coups bas et multiples commérages (sans oublier la mythomanie), elle vous « lave » de vos péchés. En résumé mes poulettes, plus on bave sur vous par jalousie, plus votre chance d’accéder au paradis grandit.
Vous ne vous sentez pas légères d’un coup? Plus sérieusement, comment vous mes jolies, vous réagissez ?
« La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe »… que les colombes se manifestent !!
Safia bintou Abdel Moutalib : une femme de conviction et de combat
16 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Spiritualités
S’ il y a bien une femme pour qui j’avais beaucoup d’admiration durant l’adolescence (période durant laquelle je croyais qu’un Khalid bnou Al Walid des temps modernes, qui vient prendre le thé à la maison le samedi avec sa mère, ça pouvait exister… pffff), c’est Safia bintou Abdel Moutalib. Je m’étais intéressée à sa vie après avoir lu la biographie de son fils, Zoubeir bnou El Aawam.
Safia était à la fois la tante du Prophète (ص), la mère d’un illustre compagnon et la soeur d’un des plus grands hommes de l’Islam, Hamza. C’est ce qu’on appelle appartenir à une famille de ouf!! Elle faisait partie des premières femmes qui embrassèrent l’Islam à ses débuts. Elle était aux côtés du Prophète (ص) et des premier(e)s converti(e)s face à l’adversité et à l’hostilité des Qoreïchites, notamment les membres de sa propre famille. Elle désavoua son propre frère Abou Lahab afin de soutenir son neveu et lui porter secours. Son frère Hamza fit de même, ce qui la rendit d’ailleurs heureuse. Elle avait tellement foi en Dieu et en son Messager qu’elle n’hésita pas à laisser derrière elle sa famille et tous ses biens pour émigrer avec son fils Zoubeir et ainsi, suivre le Prophète (ص ) vers Médine. Vous l’aurez compris, Safia a dû faire des sacrifices pour vivre sa foi et contribuer à l’essor de ses croyances. C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui une femme de conviction. Elle n’a donc rien à envier à une suffragette ou à Ingrid Betancourt (je la cite car adulée par les magazines féminins pour ces raisons…).
C’était aussi une femme de combat. Et c’est peut être cet aspect de sa personnalité qui m’a le plus intéressée. Lors de la bataille du fossé (al khandaq), Safia et les autres femmes musulmanes s’étaient retranchées dans une citadelle, sous la protection de Hassan bnou Thabit. Un cavalier ennemi arriva près des murs de la forteresse, se hissa sur sa monture et découvrit les femmes musulmanes. Safia ordonna à Hassan bnou Thabit de lui trancher la tête, lequel n’osa pas faute de courage. Elle se leva, trancha la tête du soldat puis la jeta par dessus la muraille afin de faire croire aux ennemis que les femmes n’étaient pas seules et qu’au contraire, elles bénéficiaient d »une bonne garde. Sa technique fut tellement efficace que les cavaliers prirent peur et décampèrent.
J’adore cette histoire. Certains n’y verront que du bellicisme (petites natures… on prépare le Grand Soir ici mais chuuut!), et il n’auront rien compris! Elle montre au contraire toute la bravoure, la vaillance, l’intelligence dont a fait preuve Safia bint Abdel Moutalib, qui (avec Salman Al Farissi à l’origine du fossé) a été durant cette bataille un fin stratège. Elle a tranché une tête, et alors? Cela peut paraître gore surtout venant d’une femme, mais c’est ce qu’on appelle se défendre! On ne s’est jamais offusqué de la participation de femmes aux actes de sabotages ou aux opérations armées orchestrés par les résistants Français par exemple… eh bien à chacun sa Lucie Aubrac!
Safia s’illustra également lors de la bataille d’Ohod par sa témérité, et participa aussi à ghazouat Khaïbar avec son fils en première ligne.
Cette grande dame vécut avec la considération de tous les musulmans. Elle fait partie des personnes ayant rapporté de nombreux hadiths.
Le cupcake, la corne de gazelle du pays d’Obama (M’barck, pour les intimes)
9 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Cuisinez la
N’en déplaise à Brigitte, la « fête du mouton » (comme disent nos compatriotes… à croire que cette fête, c’est un méchoui géant), c’est top !! On la prépare sprirituellement les jours qui la précèdent. On la prépare aussi pour des choses plus « matérielles » mais toutes aussi importantes. Oui ! Parce qu’il ne faut pas l’oublier, il s’agit d’une fête, d’un évènement joyeux et heureux! C’est l’occasion de se réunir en famille, de voir les ami(e)s, de se faire plaisir de s’éclater, sans oublier de penser aux moins chanceux et donc à toute la dimension de partage et de solidarité qui caractérise l’Aïd. Tout cela, il faut l’expliquer aux enfants, et c’est en fêtant l’Aïd comme il se doit que ces derniers comprendront et appliqueront toutes les choses que vous aurez faites pour eux.
J’ai été contente de voir qu’aujourd’hui dans mon entourage, les plus grands comme les plus petits étaient super heureux, comme à tous les Aïds en fait, et pourvu que ça dur ! Mais pour en revenir aux enfants (c’est super important, c’est l’avenir), j’ai pu expérimenter plusieurs recettes pour leur faire plaisir. Déjà comblés par les cadeaux qu’ils ont reçu, il ne leur manquait plus que des sucreries et des bons gâteaux pour qu’ils lancent cette phrase :
« c’est le plus beau Aïd de ma vie »
C’est comme ça tous les ans, à tous les Aïds et je dis l’hamdoulilah !
Parmi les recettes, des cupcakes (faudrait aussi que je vous parle du train magique avec des smarties et des bonbons au réglisse). Pourquoi des cupcakes ? Parce que les gâteaux de chez nous, même bien faits, ben ça nous monte à la tête au bout d’un moment ! Et que des fois, on a envie de macarons, de verrines et de cupcakes (par contre, les brochettes de kebda, la pastilla… c’est carrément IRREMPLAçABLE!!!).
Des cupcakes aussi pour fêter la victoire de M’barck Obama, le Ricain… nan je plaisante (surtout que moi, je ne fais pas partie du fan club, nan pas du tout).
Des cupcakes enfin parce que c’est coloré, ça vous replonge dans l’enfance. Et goûter avec un cupcake, c’est comme goûter avec Charlotte aux fraises !! Pardon? Oui, c’est MA sommité à moi. Mieux qu’un prix Nobel d’économie la Charlotte!
Par contre, les cupcakes sans le matos, c’est un peu difficile (oui, parce que quand tu t’aperçois à minuit que t’as pas de poche à douille pour une éventuelle crème, ben tu mets un glacage à l’arrache mais… ça reste mimi et surtout, ça n’enlève rien au goût. Parce que la base, c’est quand même le gâteau!!).
Mais le plus cool, c’est que si t’es pas très douée pour cuisiner, notamment les cupcakes, eh bien il existe en France, à Paris même, dans le 11ème plus exactement un endroit qui vous vend de bons cupcakes. Très bons même, bio et des vrais de vrais, même que quand on en mange, on finit par ne parler qu’en anglais! Pour être honnête avec vous, on m’a dit qu’ils étaient très bons, je n’y suis pas encore allée. En tout cas, c’est l’occasion pour les maladroites et les paresseuses de manger des cupcakes sans les brûler ou toucher à un saladier. C’est 3 à 4 euros le gâteau (3.40 euros plus exactement). N’ayant aucune notion du cher en ce qui concerne la nourriture (oui, moi je mange à ma faim et selon mes envies. Grosse bouffe? Oui, appelez moi comme ça!), je dirai qu’occasionnellement (le but n’étant pas de devenir obèse like ceux d’Outre Atlantique), c’est raisonnable. D’ailleurs, je crois que je vais y faire un saut cette semaine tellement ça me donne envie!! Jetez un coup d’oeil sur leur site.
Tu mets quoi pour l’Aïd ?
5 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Look at mon style
Lundi, c’est l’Aïd et moi j’adoooore les teufs et notamment celle-ci ! Pour moi, l’Aïd c’est la fête en famille, une journée sans cours (enfin je devrais dire une semaine… oui, il m’arrive de me faire plaisir), de la bonne nourriture et à gogo, des cadeaux, une maison décorée, de l’ambiance, bref: J’ADORE! L’Aïd, c’est aussi l’occasion de faire du shopping, et pas qu’un peu. Certaines personnes, notamment de notre confession, dépensent une fortune pour le réveillon et sont en mode souillon le jour de l’Aïd. Et moi je dis NON !! L’Aïd, c’est notre fête, et il faut donc être à la hauteur. Et ça passe aussi par porter vos plus beaux vêtements le jour J. Même si on est fauchée, je considère qu’on doit prendre ses dispositions et être toute mimi pour le mouton.
Me concernant, j’aime bien porter une jellaba pour prier à la mosquée le matin (neuve et belle la jellaba bien sûr! D’ailleurs, Clochette en a reçu une il y a quelque temps et que dire… elle tue tout!). Vient ensuite la tenue de la journée. Sobre et chic, tels sont les mots qui doivent caractériser votre allure, le but n’étant pas de ressembler à un sapin enguirlandé. Voici une petite sélection des fringues et accessoires que je pourrais mettre. Je vous préviens, j’aime beaucoup le gris et le noir. Vous pouvez ajouter quelques couleurs mais attention: on ne va pas au delà de trois couleurs, sinon ça craint !
Oui, donc j’ai dit qu’il fallait mettre le paquet, mais il ne faut pas non plus se ruiner (mais si quelqu’un vous passe SA carte bleue, et pas une éléctron, pourquoi pas?). Je vous ai mis au dessus du Chanel, Hermès, Agnes b, Miu Miu, Repetto…
Ben comment on fait, la voilée libérale? Tu veux absolument qu’on se mette sur notre 31, on hypothèque un rein pour s’acheter la pochette à sequins ??
Que non mes poulettes, les grandes enseignes ont pensé à nous !
Le petit gilet à sequins en haut à gauche (oui la boule à facettes), Zara en propose un en ce moment, avec des manches. Il est HYPER joli et peut se porter aussi bien au quotidien que lors des occasions.
Viennent ensuite les derbys. J’adoooooore les derbys, un truc de fou! Les plates surtout, mais j’ai pensé à celles qui aiment les talons. Vous en trouverez de très jolies chez Zara, Bata ou André, pas trop cher. Chez Eden Shoes aussi… mais c’est vrai que les Repetto ont la classe! Pour les amatrices de ballerines, il y en a une multide à un peu plus de 20 euros chez Zara (toutes les couleurs, imprimées ou unies, avec un noeud ou des perles …)
Pour les hauts, je vous ai sélectionné deux robes qui pour nous… servent de tuniques! Avec une jolie petite veste, c’est très mimi! Surtout, mélangez les styles (d’où les derbys vertes histoire de casser le tout un peu trop classique). Vous trouverez de jolies robes tuniques assez habillées chez La Redoute, H&M, Etam, Promod, Naf Naf, Zara bien sûr… après, tout dépend du budget. Il y en a de très très jolies chez Kookaï, Sisley, au Comptoir des cotonniers, Sandro, Maje…
Pour ce qui est du bas, si le haut est très habillé, un joli jean coupe droite (noir ou bleu) ou un simple pantalon droit ou cigarette conviennent amplement (tout dépend aussi de la longueur du haut).
Pour les sacs, une petite pochette ou une petite bourse (celle du haut vient de chez La Redoute)… c’est parfait ! On en trouve aussi chez Mango, Accessorize, H&M, Zara.
N’hésitez surtout pas au niveau des accessoires: un bijou fantaisie (broche, bague) ou ethnique (ohhhh un bracelet en argent… du bled si possible !! ), une étole assortie à vos vêtements (sans oublier pour les voilées le hijab, qui doit également être en harmonie avec le tout)…
Voilà! J’espère vous avoir donné quelques idées qui vous plairont. Et j’insiste : l’apparence, surtout le jour de l’Aïd, c’est super important !
Samedi je viens prendre le thé, j’ai un fils à marier !
3 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Après la fac (ou pendant les heures de cours… pardon ? Oui, on peut appeler ça de la fac buissonnière), on aime bien mes zamies adorées et moi se retrouver autour d’une fondue au chocolat (miam miam) ou d’un truc qui ressemble à de la nourriture mais qui est très sucré, bourratif et qui rend joyeux pour discuter de tout et de rien. J’adore ces moments parce que tout y passe: la religion, nos états d’âme, les têtes à claques qui nous pourrissent la vie, nos envies (fringues, voyages, projets pro, nombre de gosses…) critiquées ou approuvées par THE groupe, sans oublier les commentaires sur les visites surprises du week-end !!
Les visites surprises du week-end, quèsaco ? Pat le Guen, lumière s’te plaît.
Il semblerait que le week-end soit pour les mamans le moment propice pour partir à la chasse aux belles filles pour leurs gaaaaarçons chéris! Cela se traduit par des visites surprises. Quand la famille du garçon n’est pas une famille de bras cassés, ça peut être flatteur voire rigolo de se poser à côté de future belle maman et de sortir son plus beau sourire Colgate. Ben ouiiiii!! Attends, son fils a fait les Mines… il est beau et ténébreux (Dieu est beau et aime la beauté hein)… c’est un fervant pratiquant !!! Je signe où pour le mariage ??? Même la voilée libérale qui passe des dédicaces à son chat pense que quand THE occasion se présente alors qu’on a un tas de projets à concrétiser avant de se caser, ben faut pas hésiter… la roue tourne assez rapidement. Sauf que concernant ma copine chérie avec qui je partage fondants au chocolat et potatoes (très raffiné je sais), le profil était tout autre.
- Vous savez pas vous mais dimanche, y a une copine de ma mère qui déboule à la maison avec sa fille. D’où les gens tapent l’incruste comme ça ?
Les bonnes amies que nous sommes étaient effarées !! Effectivement, d’où la populace débarque comme ça, sans prévenir ???
- Et donc moi vous me connaissez, je suis sociable, donc je sors pas de ma chambre parce que je sentais un truc… je savais que c’était pour quelque chose de précis, pour quelqu’un !!
Et elle n’avait pas tort la bougresse, c’est d’ailleurs pour ça qu’on l’appelle le sixième sens! La copine de la maman venait en réalité faire plus ample connaissance avec cette jeune et belle étudiante pleine d’ambition. Pourquoi et pour qui surtout? Pour son fils, la bonne trentaine, avec un passé bien chargé, une assez bonne situation et surtout, un divorce fraichement prononcé.
- Attends mais elle a pas honte ? Franchement ??? C’est pas tant l’âge qui me gêne, c’est que le mec à un passif gros comme un camion. Un passif (comme en compta… oui c’est un euphémisme ! ) officialisé en plus et même pas avec une musulmane !! Et puis c’est quoi ces manières??? Je ne suis pas un déchet!!
Le groupe de bonnes amies que nous sommes était partagé. D’un côté celles qui comprenaient la maman, sans approuver pour autant. De l’autre, les filles outrées!! (de quel côté étais-je? A votre avis?).
- Le pire dans tout ça, c’est que ma mère, ben elle a dit qu’elle allait m’en parler!! Avant de dire nan, ça doit selon elle faire l’objet d’une discussion !!
Et là, tout le monde s’est reconnu. Tout le monde a constaté qu’en ce moment, les mamans voient du rose et des mariages partout. Elles craignent de nous voir devenir vieilles filles. Et pour éviter ce graaaand malheur, elles lancent tous les jours des messages subliminaux, et sont trèèèès contentes quand des occas se présentent.
Les débarquements dans le salon pour le thé le samedi ou le dimanche, ça vous dit quelque chose à vous mes poulettes ?
Après les Rhopalocères… les voilées !
2 décembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Quand on est voilée et qu’on vit dans cette société, on est souvent perçue comme étant soit une soumise pas très fute-fute qui se plie à l’autorité du père, du mari ou du frère, soit au contraire une extrémiste révoltée à l’extrême (bouuuu), une djihadiste en puissance mais toujours à la botte de la gent masculine (oui… parce que sinon c’est plus drôle). Pour ne pas coller à ces deux profils, on est constamment obligée de se justifier, de montrer que non, moi portant hijab pas illettrée et surtout pas enragée! Surtout devant ses profs dans le supérieur qui souvent sont pour la première fois confrontés à des filles voilées dans leurs amphis.
A côté de ça existent deux autres figures de la voilée dessinées par les Maghrébins (d’ici et de là-bas) musulmans pratiquants ou non, avec d’un côté la voilée « masha’Allah », hyper pieuse, »droite » et un tantinet moralisatrice (et alors, si t’es »masha’Allah » tu peux toujours te la raconter!) et de l’autre, la voilée indépendante, pas trop bête et moderne. J’oublie la plus problématique, la troisième voilée « Iqraa d’en haut et Rotana d’en bas » dit-on au bled, plus contradictoire tu meurs, « fashion » à l’accès et grande amatrice de petits copains!!
Il existe un tas d’autres grands traits supposés caractériser les femmes voilées. Certains « sociologues » (souvent issus de la « communauté ») vont même jusqu’à pondre articles et livres après avoir défini un idéal-type de la voilée, sur la base de deux ou trois interviews… un peu (beaucoup) limite quoi ! Cela donne par exemple des travaux sur les Françaises musulmanes voilées et leurs stratégies matrimoniales (grrr!!). D’ailleurs, je vous (dé)conseille de lire Amel Boubekeur, c’est assez tiré par les cheveux (pardon, par le foulard!) tant au niveau du contenu que des méthodes (d’ailleurs, je m’en vais dès aujourd’hui chercher un ‘ »homo-islamicus » à la BU de ma fac!!).
Si je vous parle de ça, c’est parce que j’en ai un peu marre qu’on essaye constamment de me cataloguer. Où que je sois, quoi que je dise et que je fasse, il faut toujours que mon interlocuteur (trice) musulman(e)s ou non me classe. Pas parce que j’ai des opinions ou des goûts particuliers, que non! Mais pour la simple raison que je porte un hijab qui devient dès lors LA spécificité number one de la voilée que je suis. Pourquoi à votre avis j’ai choisi la voilée libérale comme pseudo ? Parce que souvent, on me dit que je suis une voilée décomplexée (par rapport à qui à quoi? Je ne sais pas!). Et ce qualificatif là, je l’avais lu dans un article de je ne sais plus quel grand (par le tirage hein) hebdo français qui l’attribuait à des voilées « occidentales » devenues de vraies libérales. J’ai bien ri ce jour là ! (Von Hayek, Ben Hayek pour les intimes, c’était une blague hein ! ).
J’imagine que même les non-voilées en ont marre d’être cataloguées notamment par nos coreligionnaires, du fait de leur « non-voilage » (je vous ai déjà dit que j’aimais bien les néologismes ? ). Et je les comprends !
En résumé, la taxinomie c’est bon pour les botanistes. Ou Eric Zemmour…
J’ai des questions…
27 novembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Il y a quelques jours, une copine me montrait un dépliant sur la sexualité, distribué notamment dans les écoles et dans les centres de planning familial. Etant curieuse de nature et de surcroît libérale (oui ça aide), j’ai donc commencé à parcourir le document, à la première page très « attrayante ». Pourquoi ? Parce qu’en guise d’illustration, des sous-vêtements roses pour les filles (avec un noeud blanc, détail qui a toute son importance pour l’amie bédouine) et bleus pour les garçons… youpi! 90% du doc parlait de la contraception sous toutes ses formes, et je dois avouer que j’en ai appris des choses !
C’est que j’ai été traumatisée en 5ème par les cours d’éducation sexuelle de ma prof d’ S.V.T (Sciences de la Vie et de la Terre pour les anciens). Entre la vidéo plus que choquante et les démonstrations plus que… comment dire? Marquantes, démonstrations marquantes, neuf ans après je m’en souviens encore! Le truc c’est qu’à 12 ans, je me posais d’autres questions… et surtout, j’aurai voulu qu’on m’en parle ailleurs que dans une salle de classe en effervescence avec à ma droite, mon camarade du sexe opposé qui était tout à fait captivé (Benjamin si tu me lis…)
Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que je me pose un certain nombre de questions sur la manière dont les parents de la « oumma » (cool la formule) parlent de la sexualité avec leurs enfants, ou plutôt leurs ados. On en avait parlé ici, assez rapidement. Et je voudrais des réponses (oui les mamans, va falloir se manifester!)
Je voudrais savoir comment est-ce que le sujet est abordé, si les garçons et les filles participent à la discussion de la même manière (je connais des familles pour qui ce moment est uniquement réservé aux garçons… c’est marrant!)
A partir de quel âge il faut en parler, sachant que certains enfants dès la primaire s’interrogent (et que Dieu nous préserve, quand on lit les faits divers…).
Est-ce que pour éviter le pire, certains parents mettent l’accent sur la contraception? Bien sûr que tout est dans l’éducation, qu’un certain nombre de conseils sont donnés dans notre belle (et jolie!) religion pour éviter d’avoir des relations hors mariage. Mais il faut ouvrir les yeux : on vit dans un monde où la tentation est grande (je ne dis pas société parce que je ne pense pas que la hijra soit LA solution pour fuir la « débauche occidentale ». Si débauche il y a, elle est mondiale, et elle n’épargne sûrement pas (pas du tout même) des villes comme Agadir ou Dubaï… par contre y a beaucoup de soleil là-bas ! ).
Y a t-il des réponses ou je dois consulter les incollables? (une de mes préoccupations quand j’étais en 5ème…).
Ah oui, même si vous n’êtes pas parent et que vous avez un avis sur la question, faut surtout pas se gêner !
Il y avait également un dépliant sur les mutilations sexuelles féminines… peut être l’objet d’un prochain billet.
Le monde appartient aux moches et aux écervelées décomplexées
21 novembre 2008 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Presque toutes les filles se trouvent horribles. Elles ont un problème avec leur nez, leur bouche ou encore leurs yeux. Elles complexent à mort, surtout quand elles sont à deux doigts de se caser.
» tu crois qu’il va remarquer que j’ai des poils incarnés… j’ai pas encore terminé mes séances de lasers ?!?! «
Certaines vont même jusqu’à faire part de leurs défauts physiques. Et là je dis ERREUR !!
Est-ce que vous croyez que le poulet avec qui vous allez vous engager va vous avouer que le matin, il a une haleine de fauve, qu’il laisse traîner ses chaussettes un peu partout et qu’il ne passera jamais l’aspirateur? Nan, je crois pas nan.
Même si vous pensez avoir un très mauvais profil, des kilos en trop ou des boutons, surtout gardez-le pour vous! Parce que généralement, on n’exagère quand on se regarde dans une glace. Et même si ces défauts existent réellement, on peut toujours les masquer et s’arranger.
Par contre, il est difficile de cacher le manque de confiance en soi. Et malheureusement, l’assurance ne tombe pas du ciel. Je connais des filles qui se rendent malade à force de lister leurs « imperfections ». Allez faire les boutiques avec l’une d’elles… vous le regretterez. Pourquoi? Luminosité des cabines d’essayages = révélateur de pores dilatées, de duvet, de points noirs…
Moi, j’ai arrêté de complexer le jour où je me suis aperçue que les moches et les écervelées se la jouaient!
Je sais pas si vous avez remarqué, mais dans un couple y a toujours un moche ou une moche, avec un beau ou une belle (sauf dans celui que mes parents constituent…) et c’est toujours le partenaire moche (le plus souvent la femme) qui dirige tout et qui en plus a beaucoup, mais vraiment beaucoup d’assurance et qui, et c’est le comble, se permet de faire certaines remarques sur le physiqu















