Je suis jalouse
8 mars 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans A la une, Psy-show
Je suis avec un homme et bientôt fiancée, mais j’ai des doutes. Il a de bons rapports avec sa belle-sœur et il lui arrive de sortir avec elle pour faire des achats. Je lui ai dit qu’il ne devait pas se retrouver seul avec d’autres femmes, encore moins avec les femmes de ses frères.
Il m’a répondu qu’il n’y voyait aucun mal tant qu’il n y a pas de mauvaises intentions.
Au début, il n’était pas d’accord avec moi et il ne me comprenait pas. Voyant que cela me faisait mal, il a promis de ne plus recommencer mais considère tout de même qu’il ne contrevient à aucun principe. J’en suis devenue paranoïaque. Que faire ?
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Tout d’abord, cet épisode n’est en réalité qu’un exemple qui doit vous aider à comprendre l’état d’esprit de votre futur mari. Je pense qu’il faut, avant de vous engager, être clair sur vos visions respectives de la religion et de sa pratique pour être sûrs d’être compatibles.
Si vous divergez sur des principes de base, il y a forcément d’autres points sur lesquels vous ne serez pas d’accord. N’hésitez pas à vous entretenir avec des personnes qui le connaissent (sa famille, ses amis…).
Dans tous les cas, prenez votre temps car pour ce qui est de l’engagement dans le mariage, personne n’est jamais trop prudent. Bonne chance !
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé
Courrier des lectrices : Mon père souhaite se remarier
1 mars 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai 26 ans et j’ai deux frères de 35 et 31 ans. Nous sommes tous mariés. J’ai perdu ma mère le 26 décembre dernier, paix à son âme, elle avait 52 ans, elle est morte suite a une mauvaise réaction à des antibiotiques. Toute notre famille est encore sous le choc, on accuse encore le coup. Nous somme tous partis l’enterrer au bled. Mon père qui a 61 ans, est resté là-bas le temps que nous nous occupions de toutes les formalités administratives. Il y a 5 jours, mon père m’a annoncé qu’il souhaitait se remarier !!! Dans un sens, je me dis que c’est bien pour lui d’avoir quelqu’un auprès de lui pour finir ses jours. De l’autre, c’est trop rapide est trop violent, je me sens deux fois plus brisée entre le deuil et le remariage. Je ne sais plus quoi penser ou quoi faire, mes frères et moi avons dit à mon père que nous le soutiendrons quoiqu’il fasse mais paradoxalement j’ai l’impression de trahir ma mère.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Votre sentiment est tout à fait normal : vous avez l’impression de trahir votre mère car c’est comme si vous acceptiez une remplaçante, or ce n’est pas une autre mère que vous allez avoir, c’est une femme pour votre père. Cette réaction est très fréquente, et tend à se banaliser. Certains hommes ne supportent pas d’être seuls et ils se disent (peut-être trop rapidement pour vous) « c’est comme ça, on y peut rien, que je reste seul ou que je me remarie n’y changera rien ». L’engagement sentimental dans le couple n’est pas le même non plus dans certaines cultures et vivre seul, c’est impossible pour certains hommes. Le manque sera présent dans plusieurs domaines avec une incapacité à combler seul.
Cela ne signifie pas que votre père souhaite remplacer votre mère, mais qu’il a besoin d’être accompagné, peut-être est-ce également un moyen de moins subir la détresse et la souffrance liées à la perte.
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Courrier des lectrices : Je n’arrive pas à rester fidèle
22 février 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Le témoignage de Lina :
Dès l’âge de 3 ans j’ai subi des attouchements sexuels par un cousin pendant près de 10 ou 13 ans. La police n’a rien retenu contre lui, mes parents ont fermé les yeux. Ma mère a presque toujours considéré ce cousin comme son fils (c’est son neveu).
J’ai eu un premier vrai copain à 18 ans, ça a duré 9 ou 10 mois je crois, mais au bout de quelques mois je me suis mise en même temps avec mon copain actuel. J’ai mis près de 6 mois avant de quitter mon premier copain. Pendant des mois, je disais au nouveau que j’avais quitté le premier mais ça n’est qu’au bout d’un an de relation qu’il a appris la vérité. Il a failli me quitter, mais il a décidé de rester. Puis j’ai enchainé plusieurs rencontres sur internet qui m’ont amenée à avoir des relations sexuels avec ces garçons que je connaissais à peine, des relations sans lendemain.
J’ai caché toutes ces rencontres à mon copain jusqu’à ce que fin décembre il a découvert que j’avais rencontré un garçon une journée ou je ne répondais pas au téléphone. Tout s’est enchainé j’ai voulu mentir, dire que je n’avais pas eu de relations sexuelles avec ces garçons mais au bout de quelques jours j’ai du avouer. Il m’a pardonné. J’ai oublié de préciser qu’au moment où mon copain a appris que j’étais encore avec mon premier petit ami, je suis tombée enceinte peu après. Il a dit qu’il serait là pour moi quelque soit ma décision. J’ai fait le choix d’avorter. Il n’a pas pu venir me chercher à la clinique ce jour là. Il s’en est voulu de cette grossesse, il a gardé l’échographie que j’avais faite. Suite à ses différentes infidélités il s’était demandé si cette grossesse était vraiment de lui.
Puis il a lu des messages que j’envoyais à une copine à moi où je parlais d’autres en disant qu’ils étaient mignons, qu’ils étaient mes coups de cœur, que je devais passer à un niveau supérieur… Gros coup au cœur pour lui j’imagine, et c’est là qu’il a décidé de me quitter.
J’aimerais réellement comprendre pourquoi je persiste à mentir ? Pourquoi je fais du mal aux personnes qui ne me font que du bien ? Comment faire pour ne pas recommencer cette erreur ? Car dans cette relation j’étais épanouie, heureuse, je ne pense vraiment pas avoir manqué de quoi que ce soit même sur le plan sexuel. Il reste présent pour moi, il continue de dire qu’il m’aime mais « son cœur saigne ». J’en ai honte parfois, pour ma propre personne, pour mon estime. Comment donner l’exemple à mes sœurs ou mes filles après cela ?
La réponse de Fatma Mamouni, psychothérapeute :
Votre lettre relate notamment votre parcours amoureux, sentimental qui est pour le moins très perturbé. Vous avez certainement été complètement « déboussolée » par ce qui vous est arrivé étant enfant: les viols successifs, vous n’avez rien construit de « normal » quant aux stades de développement naturel de l’enfant en ce qui concerne les relations hommes-femmes et la sexualité. Tout a été « éclaté » et votre attitude en est le résultat.
Il y a par ailleurs, dans vos changements de partenaires fréquents, un comportement à risque et immature qui peut être lié à une perte d’estime de soi et donc un besoin incessant de revalorisation. C’est également pour cela que même si votre ami vous apporte tout ce qu’il a de bénéfique et de positif sur un plan objectif, psychiquement ce n’est pas ce que vous recherchez, vous êtes dans le test des limites (sms que vous conservez, grossesse non aboutie), et cela pourrait vous desservir à long terme.
Si vous souhaitez faire un travail pour arranger cela (vos relations parallèles, vos contacts internet…) et renouer avec votre petit ami une relation saine, montrez lui que c’est ce que vous souhaitez en vous engageant dans une démarche thérapeutique.
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Courrier des lectrices : je suis boulimique
15 février 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Cela fait déjà quelques temps que j’ai ce problème, je n’ai jamais osé en parler autour de moi mais je pense que certaines personnes ont dû le remarquer, du moins mes deux sœurs et peut être ma mère.
Je suis une jeune femme mince aujourd’hui mais ce n’était pas le cas il y trois ans. J’avais commencé un régime à l’époque alors que j’avais 28 ans, aujourd’hui j’en ai 31 et j’ai réussi à perdre près de 23 kg. Seulement, à côté du régime, je me faisais vomir parfois quand je craquais et je mangeais tellement dans ces moments là au point de m’écœurer moi même. J’ai donc réussi à perdre des kilos. Mais j’ai gardé cette mauvaise habitude. J’ai du mal à l’admettre, mais oui, je suis boulimique.
J’ai honte d’en parler et je sens que ma santé en fait les frais. Je n’ose même pas m’adresser à un professionnel et pourtant je sais que c’est dangereux.
Je me marie bientôt et je voudrais en finir avec cette mauvaise habitude. Il ne le sait pas et je voudrais qu’il ne le sache jamais.
Je me sens seule et désemparée. Merci de m’aider.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Il y a deux soucis : le premier, ce sont vos troubles dans votre conduite alimentaire, et le second c’est la peur que votre futur mari le découvre.
Pour le côté pathologique, il faut absolument en parler à votre généraliste qui vous orientera vers une équipe compétente. Ils ont l’habitude, vous ne serez qu’une patiente parmi d’autres, ils ne porteront donc aucun jugement sur vous. Au contraire, ils vont vous rassurer et vous aider dès le premier rendez-vous.
Pour ce qui est de votre vie privée, votre futur mari le saura et pourrait mal le prendre. Il peut avoir le sentiment d’avoir été trompé car vous le lui avez caché. Il est préférable de lui en parler en ayant déjà entamé une démarche médicale, voire de lui demander de l’aide, cela pourrait le valoriser.
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Courrier des lectrices : « J’ai l’impression d’attirer le mauvais oeil sur les gens que j’aime »
8 février 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Je n’arrive pas à faire le deuil de ma sœur décédée d’un cancer juste avant Noël, mais aussi je n’arrive pas à faire le deuil du père de mon fils décédé en 1994 (mon fils avait 4 mois), de ma meilleure amie décédée elle aussi d’un cancer en 2007 et la liste est longue, trop longue (mon père, mon beau père, un cousin.)
Je me réfugie dans la nourriture. Depuis 1997, j’ai refait ma vie j’ai eu un autre enfant mais j’ai l’impression d’attirer le mauvais œil sur les gens que j’aime. Je suis triste et malheureuse, je suis aussi très sensible pour ne pas dire irritable.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :Certaines personnes ont des vies faites d’épreuves, aussi douloureuses les unes que les autres. Votre vie semble être une succession d’évènements lourds et malheureux. On comprend que vous êtes victime et que votre souffrance doit être difficilement imaginable. Vous avez envie de vous retirer du monde et échapper à toute nouvelle épreuve, mais vous avez un enfant et c’est là votre source de bonheur, c’est en lui que vous allez trouver force et courage. Votre parcours montre que vous êtes très forte et que vous êtes une femme qui aime avancer dans la vie. Vous avez réussi à vivre en couple, vous êtes mère de famille et c’est dans ce sens qu’il faut continuer, je vous encourage vivement à faire des projets.
La perte de personnes aimées est une véritable douleur. Votre peine ne vous aidera pas à aller de l’avant et toutes ces personnes souhaiteraient que vous y croyiez et que vous vous battiez, car vous le pouvez encore, et pas elles. Alors faites-le pour elles, faites ce qu’elles aimeraient vous voir faire, ainsi elles seront présentes en vous car elles seront la source de votre motivation.
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Courrier des lectrices : Mon mari est violent
1 février 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Je suis mariée depuis huit ans. J’ai vécu durant deux ans chez mes beaux-parents et mon mari ne faisait pas attention a moi.
Comme il travaillait dans la région parisienne, il revenait tout les 15 jours. Et quand il rentrait, il sortait avec son frère voir ses amis. Il rentrait à 2 h du matin et franchement je n’avais pas envie qu’il me touche.
On se disputait tout le temps. Il jetait mes vêtements par terre quand il s’énervait et j’étais obligée de les ramasser. Il me donnait des coups de pied le matin pour que je me lève, me jetait du lit et il me frappait à nouveau. Et je ne disais jamais rien car je l’aimais et j’avais peur pour ma réputation alors je pleurais tout le temps. Et comme ma famille était loin j’étais seule à subir cela. Je voulais juste que l’on m’aime et profiter de la vie avec mon mari. Et pour tout le monde, c’est moi qui étais folle et qui avais un problème.
Il y a eu des jours où je voulais dire stop mais j’avais peur de gâcher sa vie et celle de mes enfants et de faire souffrir nos familles. Mais aujourd’hui, je ne l’aime plus parce qu’il m’a fait beaucoup de mal.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Il est normal de ne plus aimer une personne si elle vous manque de respect et si elle vous fait souffrir, physiquement et moralement. Mais posez-vous la question de savoir pourquoi en est-il arrivé là. Le problème c’est que vous l’avez laissé faire durant des années et qu’aujourd’hui, il risque de ne pas comprendre, ni sa famille d’ailleurs. Et aujourd’hui vous n’acceptez plus. Rassurez- vous, cela n’a rien à voir avec de la folie. Vous devez trouver un moyen de restaurer une relation de confiance, parlez-en à une personne qui le connait et qui pourrait intervenir afin de vous aider. Le divorce n’est pas LA seule solution, ou du moins, la première.
Vous avez « peur de gâcher sa vie » et celle de vos enfants et « de faire souffrir » vos familles, mais qu’en est-il de votre dignité et de votre vie, doit-elle être gâchée pour faire plaisir aux autres ?
Expliquez-lui ce que vous ressentez et pourquoi afin que vous vous déchargiez de ce fardeau que vous portez depuis si longtemps. J’ai décidément toujours du mal à comprendre comment une femme peut accepter de se faire humilier et pourtant…
Courrier des lectrices : Ma fille a un petit ami non-musulman et elle souhaite l’épouser
25 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Je suis père de 4 enfants dont l’ainée est une fille de 19 ans qui nous pose un problème de conscience très lourd à supporter : elle nous a informés qu’elle avait un petit ami non-musulman et qu’elle voudrait se marier avec lui. Nous avons beaucoup discuté sur le sujet et elle sait très bien que pour nous, parents musulmans, ce mariage n’est pas autorisé et nous lui avons expliqué pourquoi. Ce n’est pas la première fois que nous abordons le sujet, et il me semble que nous avons essayé depuis leur jeune âge d’inculquer à nos enfants les valeurs musulmanes dans un esprit de dialogue, de tolérance et d’écoute. Notre fille nous a expliqué qu’elle n’était pas convaincue et qu’elle ne comprenait pas comment une religion de paix et d’amour comme l’Islam pouvait interdire une relation entre deux êtres qui s’aiment et qui se respectent et acceptent de vire ensemble. Elle n’est pas dans un esprit de rejet de la religion à laquelle elle se dit attachée ni de non respect de ses parents : elle souhaite décider librement de sa vie mais elle ne conçoit pas fonder une vie de couple sans notre bénédiction.
Merci beaucoup pour votre éclairage et votre soutien car nous nous sentons seuls dans cette épreuve.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Pour les parents, il est capital de bien éduquer ses enfants mais ils appréhendent beaucoup de voir ces-derniers s’inscrire dans l’opposé. Généralement, et c’est que je rencontre en consultation, l’enfant qui s’inscrit dans des choix de vie opposés et notamment concernant le choix de l’époux (se), rejette une part de ce que lui ont inculqué ses parents ou le font en raison de souffrances que ces-derniers lui ont fait subir.
Dans tous les cas, vous devez partir des points positifs : elle vous respecte, expliquez lui combien cela vous blesse. Elle aime sa religion, proposez lui des lectures à ce sujet. Par ailleurs, il faut savoir que c’est un âge trop immature pour se marier, vous devez la sensibiliser aux études, par exemple, ou à tout autre projet de vie, et pourquoi pas essayer de trouver un compromis tel que « nous ne sommes pas d’accord, mais si tu le fais attends d’avoir 21 ans ou 22 ans », elle aura alors plus de maturité. Vous pouvez également lui dire que son choix entrainera des conséquences et peut être que cela l’amènera à réfléchir.
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Courrier des lectrices : « Ma famille comme mon mari veulent que je sois très présente »
18 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Je suis mariée depuis dix ans avec quelqu’un que je connaissais. On s’aimait. Nous avons eu de violentes disputes, très souvent à cause de ma famille. Il me disait souvent que je l’ai trop étouffé avec. Ils sont musulmans mais avec beaucoup de problèmes, et moi, j’étais coincée entre un père violent si je n’obéis pas et un mari qui me voulait pour lui seul ou plutôt un mari qui ne voulait pas visiter ma famille régulièrement comme moi je le devais.
Pour mon mari je n’étais plus la fille souriante qu’il avait connu parce qu’en fait j’étais prise entre deux feux : ma famille et mon mari qui, l’un comme l’autre, veulent que je sois très présente.
Au bout de dix ans mon mari m’annonce qu’il ne m’aime plus, et il n’a pas pris de pincette pour me le dire.
J’ai essayé de changer, d’être moins prise par ma famille, mais il me dit que c’est trop tard mais moi, je continue de l’aimer. Il avait commencé à écrire un roman où il était question de l’amour qu’il portait à une femme, mais ce n’était pas de moi dont il s’agissait.
Aujourd’hui, mon mari est très triste, le seul effort qu’il fait c’est à l’égard des enfants.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Vous êtes dans une situation difficile ou d’une part vous devez essayer de comprendre le comportement de votre époux, et d’autre part essayer de jongler pour maintenir un lien avec votre famille.
Vous devez communiquer avec votre époux pour savoir ce qui l’a mis dans une telle situation et la réelle raison pour laquelle il dit ne plus vous aimer. C’est important de comprendre pourquoi il vous dit cela. Le fait qu’il ait eu besoin d’écrire est un moyen pour lui d’extérioriser ce qu’il ressent, et le fait qu’il s’imagine vivre une relation avec une autre femme est révélateur d’une insatisfaction dans sa relation avec vous. Essayer de parler avec une personne qu’il connait bien pour comprendre ou bien demandez lui ce qu’il veut exactement. Il est important de comprendre avant d’agir et d’agir de manière éclairée et non de manière impulsive et irréfléchie, vous risqueriez de le regretter.
Des vacances pour vous retrouver en couple, ou un changement notable comme un déménagement pourrait peut-être vous aider à mettre de la distance avec ce que vous supportez tous les deux depuis longtemps c’est à dire des conflits fatigants !
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Courrier des lectrices : « J’ai l’impression d’être une mère indigne »
11 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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« Je viens de mettre au monde le plus beau des petits garçons du monde, seulement, ce bébé je n’arrive n’y à l’aimer ni à le considérer comme étant le mien. C’est très dur à reconnaître d’autant que j’attendais cet enfant dans le bonheur, je l’aimais lorsqu’il était en moi, je me faisais une joie de l’accueillir.
Le jour de l’accouchement, lorsque la sage femme l’a mis dans mes bras, je n’en voulais plus. Je souffre terriblement, je ne sais plus quoi faire, j’ai l’impression d’être une mère indigne. Je ne me regarde même plus dans un miroir et je me hais dès que je vois l’enfant. M’occuper de lui est une obligation et non un plaisir comme les autres mamans que je connais. Il a bientôt deux mois et depuis le jour de sa naissance cela dure. Aidez-moi ! Je ne peux en parler à mon entourage je serais montrée du doigt comme une paria, pourtant je ne maltraite pas cet enfant ni le fait manquer de quoi que se soit, je n’arrive pas à être heureuse lorsque je le prends dans me bras, et ça, j’en souffre affreusement. »
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue clinicienne :
C’est une souffrance très particulière. D’emblée on sent que vous ne vous appropriez pas votre bébé, vous écrivez « cet enfant », il a pourtant été voulu, il faut pouvoir comprendre ce qui fait que vous ne l’aimez pas, c’est difficile de « deviner », je crois qu’il faut plonger dans votre histoire personnelle pour comprendre ce refus. Peut-être avez-vous trop idéalisé votre « bébé ». Je vous conseille d’en parler à votre époux pour qu’il vous soutienne et qu’il apporte à l’enfant l’amour que vous n’arrivez pas à lui donner pour le moment, afin qu’il ne souffre pas de carence affective. Les bébés ressentent ce genre de sentiments. Si cela persiste, n’hésitez pas à consulter un psychologue, c’est difficile de vous aider avec si peu d’éléments…
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De l’importance de parler de son viol
8 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Comme le reflète le témoignage de Chadia, on constate combien il est difficile de parler d’un viol, de la douleur que cela engendre et de repenser à d’affreux souvenirs. « J’ai tout fait pour oublier », est une phrase que les victimes ont tendance à dire mais ce n’est pas la solution, il est important d’en parler afin de se libérer de cette histoire terrible. N’oubliez pas, si l’on a abusé de vous sexuellement il faut se répéter que VOUS êtes la victime.
La culpabilité que l’on ressent lorsque l’on est victime d’un viol nous enferme et nous rend méfiante et dure envers les hommes.
Il est important de comprendre que l’on peut être aidée. Obtenir une aide spécialisée et adéquate permet de surmonter ce traumatisme. Plus la qualité du soutien sera bonne et plus les facteurs de récupération seront positifs.
Concernant le vécu des enfants victimes d’abus sexuels, des psychologues ont proposé une explication permettant de comprendre comment et pourquoi l’avènement d’un abus sexuel peut se répercuter d’une façon aussi importante dans l’enfance et se poursuivre dans la vie adulte de la victime. Afin de mieux comprendre, j’ai fait en lien entre leurs conclusions et la situation de Chadia pour en ressortir les points essentiels.
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La sexualisation traumatique :
Confronté trop jeune à une sexualité qu’il ne peut ni comprendre, ni maitriser, l’enfant va voir la sexualité d’une manière erronées. Ses connaissances en matière de sexualité sont inappropriées à son âge. Chez Chadia, cela a entraîné le fait qu’elle ait cru à ce qu’on lui disait quand et lui faire croire que cela était normal.
Cette sexualité traumatique sera d’autant plus marquée si l’enfant recevait en plus des cadeaux, des privilèges ou de l’attention en échanges des activités sexuelles. Chez certaines personnes, ces attouchements peuvent être accompagnés de plaisir et cela aggrave encore ce sentiment : l’incompréhension du ressenti vient s’ajouter à l’incompréhension de ce drame subi.
Par ailleurs cela peut avoir des conséquences sur la sexualité adulte. Dans le cas de Chadia, il semblerait qu’elle ait porté un intérêt pour les hommes de façon tardive (24 ans). Certaines personnes peuvent être amenées à adopter des comportements sexuels inappropriés ou à risque comme la prostitution.
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L’impuissance :
L’impuissance renvoie au sentiment pour l’enfant de ne pas avoir de pouvoir dans la situation. Elle est associée à l’idée que l’abus peut arriver n’importe quand, sans qu’il ne puisse rien faire pour y échapper. Peu importe ce que l’enfant peut dire ou faire, toutes ses tentatives de faire cesser l’abus échouent. L’enfant se sent pris dans la situation et n’a aucune porte de sortie. Ici, le père ne la prenait pas au sérieux quand elle appelait au secours, par conséquent Chadia a perdu le sentiment de sécurité qu’il était censé lui apporter. Cet état d’impuissance va parfois générer de la peur et de l’anxiété (rapports complexes, méfiance, dureté, haine, rancune).
C’est ce sentiment d’impuissance qui peut donner lieu à différentes conséquences telles que les cauchemars, les phobies, la perte de confiance en soi, la baisse de l’estime de soi. Là, on retrouve souvent des personnes qui ont tendance à se retrouver souvent en situation de victime ou impuissantes à se sortir d’une situation où elles sont manipulées, menacées ou en danger.
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La trahison :
Lorsque l’enfant découvre qu’il a été piégé dans une relation où un adulte a profité de sa faiblesse et de sa naïveté, cette expérience relationnelle, avec vos cousins, votre père puis votre tente, qui vous a déçu, peut entacher votre capacité de faire confiance à qui que ce soit, d’où aussi votre méfiance. Ce sentiment de trahison peut mener à la haine de l’agresseur, et vous avez invoqué Dieu pour qu’Il les fasse mourir, mais parfois ce sentiment de haine peut être plus fort envers les parents qui n’ont pas pu protéger l’enfant contre l’agresseur.
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La stigmatisation :
On se sent coupable, on a honte (« j’avais trop honte », « repli »), culpabilité, sentiment d’être sale, ce qui peut être ressentit également lorsque l’enfant est blâmé et tenu pour responsable par l’agresseur ou l’entourage, ou lorsqu’il doit garder le secret de ces activités sexuelles. Et le repli est lié au fait que vous pensez fermement que personne n’a vécu cela ou que personne ne pourra jamais vous comprendre et vous vous dites que vous seriez rejetée qi quelqu’un l’apprenait.
Certains enfants sont persuadés qu’ils ont été la cible de l’agresseur parce qu’elles avaient en elles quelque chose de mauvais, de dégoûtant. Ce vécu de stigmatisation explique notamment les comportements d’autodestruction ou les tentatives de suicide.
Comprendre ce qui vous est arrivé ne signifie pas « guérir », encore faut-il déterminer précisément de quoi vous êtes « malade ». Je pense que c’est un premier pas vers la guérison que d’éclaircir ce qui se passe chez une personne qui a subi de telles violences. Il est essentiel de pouvoir en parler et pourquoi ne pas profiter de groupes de parole si on ne se sent pas à l’aise en thérapie individuelle ? Le groupe a une fonction de rassurance, c’est un cadre propice dans la mesure où l’on partage librement avec des personnes qui ont vécu la même chose et qui font également part de leur façon d’ « exorciser » pour reprendre votre terme.
Chadia a été victime et cela ne peut changer, elle a subi ce drame. A présent, il lui faut agir pour ne plus vivre avec le fantôme de ce dernier. Aujourd’hui, elle a le choix. Il faut se lancer dans un travail afin d’inscrire cette histoire sur une page du passé et investir une relation avec un homme sans risquer d’être, inconsciemment, dans une optique de vengeance.
Pour en savoir plus :
Autre article
Sites Web
-
SOS Femmes www.sosfemmes.com
-
Paris Aide aux Victimes (PAV) www.pav75.fr
Contacts utiles
-
Collectif féministe contre le viol www.cfcv.asso.fr
Guide « Les droits des victimes » du ministère de la Justice
Courrier des lectrices : « la dépression m’emporte un peu plus chaque jour »
4 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai rencontré un homme très bien. Au départ nous avons beaucoup échangé par téléphone, il m’appelait en moyenne 2 à 3 fois par mois puis 1 fois par semaine. Nous habitions à 400 km l’un de l’autre.
Cela faisait quatre mois que nous faisions connaissance par téléphone et nous sommes tombés l’un et l’autre sous le charme avant notre rencontre.
La rencontre s’est effectuée dans ma ville. Au fur et à mesure on a « oublié » nos différences de caractère parce que l’attirance physique et psychique était plus forte.
Il me disait qu’il officialiserait notre relation dès que j’accepterai de le rejoindre dans sa ville natale. Il me demandait sans cesse de dire oui et moi je lui disais non et que c’était à lui de changer de ville. Il ne souhaitait pas quitter sa ville car sa mère est atteinte d’une maladie incurable. Après mure réflexion j’ai accepté de le rejoindre. Mais, au début du mois d’août nous avons rompu. Depuis je broie du noir… Je me reproche de ne pas avoir eu le réflexe de mettre un instant la relation sur pause. De ne pas l’avoir rassuré, de ne pas lui avoir promis que mon attitude (rancune, fierté) pourrait changer avec de la bonne volonté et l’aide de Dieu.
Aujourd’hui, je veux vraiment me marier et j’essaye par tous les moyens via des sites ou des connaissances. Je déprime, les hommes que je rencontre ne m’intéressent pas…
La personne qui nous a présentés ne comprenait pas notre séparation et aujourd’hui j’ai du mal à me l’expliquer à moi même. Je n’ai plus de contact avec lui et je n’ose pas le contacter. Je ne voudrais pas qu’il me dédaigne ou qu’il m’annonce qu’il a rencontré quelqu’un d’autre…ça serait une énorme claque, j’aurai du mal à m’en remettre.
La dépression m’emporte un peu plus chaque jour… Je le remarque par mon manque d’appétit, mon manque d’envie de sortir ou de faire du sport comme avant, j’ai tout laissé tombé. Je me convainc que c’est passager. J’espère que cela ne durera pas des années. Samia.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
La chute est complètement inattendue ! Si j’ai bien compris vous rompez pour des raisons géographiques et cette rupture vous plonge dans un état de détresse absolu, visiblement il s’agit sans aucun doute d’une dépression, ceci étant c’est votre choix, il faut vous convaincre que si vous étiez partie vous ne l’auriez pas supporté. Je pense qu’il ne faut pas vous forcer à rencontrer un homme, et il semble que cela est difficile pour le moment, c’est sûrement parce que vous n’avez pas encore fait le deuil de votre ancien amour, d’où cette douleur qui vous plonge dans une dépression.
La réalité objective est l’inverse de la réalité psychique : vous pensez qu’il vous faut quelqu’un d’autre, alors que votre « mental » vous dit qu’il n’est pas encore prêt.
Prenez de la distance avec ces évènements, des vacances vous feraient du bien et, comme toujours, c’est quand on s’y attend le moins que cela nous tombe dessus.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Courrier des lectrices : « Il me plaît beaucoup… mais je n’ose pas lui adresser la parole »
28 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai 29 ans et je suis célibataire. Je suis inscrite à des cours de religion dans une association. J’ai remarqué un jeune homme, il me plait beaucoup, nous avons échangé quelques regards au début. Mais je n’étais pas très encourageante puisque je baissais mes yeux dès que nos regards se croisaient. Maintenant, j’évite de le croiser pour éviter ces échanges muets sans suite. Je voudrais comprendre pourquoi je suis dans pareille situation et comprendre ce sentiment d’impuissance.Que doit faire une femme musulmane, lorsqu’elle est attirée par un homme qu’elle ne connait pas avec tout ce que cela implique en terme de principes éthiques que sont les miens ? Comment dois-je réagir sans redouter de le bousculer ? Hayet
Apparemment un jeune homme vous plaît et vous avez le sentiment que cela est réciproque, c’est humain, certes, mais il ne faut pas en oublier les règles de bienséance. La démarche est simple, étant donné que vous ne connaissez pas son entourage, il faut vous adresser à une personne de l’association qui le connait (un professeur, un employé du personnel) en lui faisant part de la situation. Il ou elle lui en parlera et cela se fera en toute discrétion. Puis s’il est intéressé pour faire votre connaissance, vous pourrez réfléchir ensemble à l’organisation d’une rencontre.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Courrier des lectrices : « Mon mari aime sa belle-soeur »
21 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Nous sommes mariés depuis 7 mois, nous étions fiancés pendant 3 ans. Lorsqu’il m’a demandée en mariage je ne l’aimais pas, j’ai eu de l’admiration pour lui après le mariage et je ressentais du désir. Il me manquait dès qu’il s’éloignait de moi. Mais j’ai découvert qu’il était fou amoureux de l’épouse de son petit frère, il l’aime secrètement, elle ne le sait pas !
Je l’ai surpris à la contempler d’un regard amoureux alors qu’elle était occupée à faire son ménage lorsque l’on était chez eux. Il m’appelle très souvent par le prénom de sa belle-sœur, il n’y a pas une conversation où il ne parle d’elle.
J’ai éclaté et je lui ai dit ce que j’avais remarqué, il a nié et juré qu’il m’aime à la folie et que mes propos le blessaient. Depuis, il fait attention, il parle moins d’elle mais moi je ne l’aime plus, j’ai de la tendresse pour lui et j’éprouve même de la pitié pour son amour impossible. J’ai demandé le divorce mais il ne veut pas. Il a malgré tout essayé par tous les moyens de me prouver qu’il m’aimait mais en vain, je ne le crois plus.
Je ne sais pas quelle décision prendre sachant qu’il vient à l’instant de m’appeler en usant du prénom de sa belle-sœur ! Je ne supporte plus cette situation. Myriam
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Votre réponse à son attitude est le divorce : c’est l’extrême, vous commenciez juste à l’aimer ! D’un autre côté les lapsus répétés de votre époux ne font aucun doute sur le fait qu’il l’apprécie, mais cela ne signifie pas qu’il ne vous aime pas.
Il semblerait que vous vous sentez incapable de rivaliser avec elle et donc que vous préférez sortir de la course, je ne sais pas si c’est un motif suffisant pour abandonner l’homme que vous aviez appris à aimer. Faites-lui part de votre malaise et des conséquences de son attitude et demandez-lui ce qu’il propose comme solution.
Il semble vous aimer et tenir à vous, aussi, je pense que vous pouvez trouver un terrain d’entente. Pour commencer, il faut essayer d’éviter tout contact avec elle afin qu’il puisse commencer à mettre de la distance, et puis vous avez plus d’avantages qu’elle pour séduire et plaire à votre époux, profitez-en, plus vous lui ferez plaisir et plus il ne verra que vous !
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Courrier des lectrices : « Mon mariage est un cauchemar »
14 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Je suis mariée depuis l’été 2007. Malheureusement, dès le début de mon mariage rien ne va. Mon mari ne me faisait pas confiance du tout, il portait un regard de dégout et de honte sur moi me considérant comme impure (bien que la première fois n’a eu lieu que 4 mois après le mariage!! Je n’ai pas vraiment connu la nuit de noce)
Petit à petit j’ai commencé à me présenter à l’image qu’il voulait. Je me faisais timide alors que je ne le suis pas, je contrôle tout ce que je dis tout ce que je fais face à lui pour que ces doutes ne s’installent pas et qu’il pense de moi ce que je suis vraiment, c’est à dire quelqu’un de pudique respectueux…
Le mauvais cours de ce début de vie commune a eu un impact sur moi pour la suite. En fait, au niveau de sa confiance en moi ça va un peu mieux (même si il y a toujours un code pour internet ) mais du coup je suis toujours sur mes gardes et la moindre remarque de sa part devient pour moi une accusation et une critique. Je suis devenue une femme très dure et froide, presque sans expression ; la communication entre nous est du coup très difficile et la compréhension impossible. Je suis vraiment triste et détruite au fond de moi, je vois ces autres qui évoquent leurs premiers moments à deux comme des bons souvenirs, et moi c’est un cauchemar que je ne veux même pas remémorer. Sofia.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Je pense qu’il faudrait que vous arriviez à discuter avec lui de ce qui est à la base de vos difficultés : le commencement. Il y a chez vous un blocage lié à ce début de vie de couple peu réjouissant, vous idéalisiez sûrement comme toute femme au début de sa vie de couple et vous vous retrouvez aujourd’hui dans un cauchemar ! Vous devez donner du sens à cette attitude : pourquoi voyait-il en vous une femme impure ? A mon avis, son passé devrait vous éclairer si il sent qu’il peut l’aborder. Et vous ne me dites pas si vous l’aimez et souhaitez continuer ainsi, ou si vous voulez vous séparer.
Dernier point : le code internet révèle une situation de déséquilibre, il vous infantilise, vous vous sentiriez mieux si vous arriviez à retrouver un rôle d’épouse.
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Courrier des lectrices : « Je n’aime pas mon mari »
7 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Mon mari est quelqu’un de bien, de gentil mais je me suis rendue compte que je ne l’aime pas amoureusement, je l’aime par reconnaissance. Je suis douce et plus ou moins aimante car il l’est envers moi du coup je ne sais plus ce que veut dire aimer, auriez vous une définition ?
Je souffre car je me dis qu’il ne me mérite pas. Ghislaine.
La réponse de Fatma Mamouni, psychothérapeute :
Je pense que ce genre de sentiment n’est pas si innocent que cela peut sembler : ou vous aimiez une autre personne auparavant avec laquelle vous le comparez et que vous regrettez, ou bien vous avez envie de vous séparer de lui.
C’est généralement ce que je constate lorsque des patients ont ce type de souci. Cependant, si vous trouvez qu’il est aimant et gentil pourquoi ne pas essayer de développer cet amour, de vivre ensemble des choses qui vous feront l’aimer ?
Des sentiments peuvent naître entre vous et il faut les entretenir, cela est préférable. Et pour vous aider à orienter votre relation, peut-être serait-il utile de vous remémorer vos débuts et les raisons qui vous ont poussés à vous marier ensemble. Cela étant, il faut être honnête et essayer de ne pas le faire souffrir, si vous voulez lui en parler armez vous de douceur et de diplomatie.
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Courrier des lectrices : « je n’ai pas choisi ma filière »
30 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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J’ai décidé de suivre des études dans une grande école mais je ne m’y sens pas à ma place. Si je m’y suis inscrite c’était pour faire plaisir à mes parents mais je n’aime pas du tout cette filière. Je suis en deuxième année, et j’ai peur de la réaction de mes parents si je venais à tout arrêter. J’ai beau avoir de bons résultats, il n’empêche que je déteste ce que je fais. Sabah
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Sabah,
Cette situation est fréquente et malheureusement, les parents jouent sur l’affectif pour que leur enfant n’imagine même pas pouvoir un jour refuser leur choix. Ils vont certainement être déçus mais il faut leur faire comprendre que vous n’aimez pas du tout ce que vous faites, car dans le pire des cas ils ne le comprendront que le jour où vous aurez fini et que vous ne trouverez pas de travail par manque de motivation. Là ils vous diront qu’il fallait le dire avant !
Cependant, si vous décidez de leur faire part de votre mal-être, il est préférable de leur proposer une alternative : essayez de leur montrer que vous avez trouvé une autre filière qui vous plaît, et que vous pourriez l’intégrer dès janvier par exemple, parfois c’est possible.
Dans tous les cas, dans ce genre de situation le plus tôt est le mieux, pour vous autant que pour vos parents.
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Courrier des lectrices: « Ma belle-famille ne m’accepte pas »
23 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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J’ai de gros soucis avec ma belle-famille et je suis à bout. En fait, ils ne m’ont jamais acceptée, et aujourd’hui cela va en empirant. J’ai essayé de discuter mais rien n’y fait, on me déteste et cela parce que ma belle-mère aurait voulu que son fils épouse la fille de sa meilleure amie. J’avais longtemps hésité avant de m’engager mais mon mari me disait qu’elle finirait par m’accepter. Or, cela fait un an et demi que nous sommes mariés et les relations sont de plus en plus tendues, et ce, même avec mes belles soeurs. Je ne sais plus quoi faire, je ne veux pas couper les ponts avec elles mais je ne supporte plus d’être traitée comme une moins que rien. Nabila
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Nabila,
Il est difficile d’être à l’aise face à une belle-famille qui ne vous accepte pas, votre époux a son rôle à jouer si vous tenez tous les deux fortement à votre couple.
Je pense q’un an de mariage c’est tout de même assez récent et qu’il faut peut-être réfléchir à à instaurer la bonne distance avec votre belle-famille : éviter les contacts trop fréquents, puisqu’ils sont néfastes, favoriser les contacts brefs et montrez que vous êtes positive, que vous tenez à votre époux, et qu’à ce titre, vous ne céderez jamais. Ils finiront pas comprendre que leur attitude n’aboutira pas à une séparation et changeront forcément.
Cependant, pour cela, il faut que vous en soyez convaincue et que vous vous armiez de patience.
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Courrier des lectrices : « Je n’arrive pas à faire le deuil de mon époux »
16 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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J’ai perdu mon époux il y a plus de 8 mois déjà mais je n’arrive pas à m’en remettre. Mes enfants sont tellement gentils et attentionnés, ils font tout pour me faire retrouver le sourire, mais je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. J’étais follement amoureuse de lui, c’était l’homme de ma vie et il me manque tellement. Je me sens si mal vis à vis de mes enfants, mais c’est difficile de faire le deuil de mon mari. Nadia
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Nadia,
Vos enfants sont courageux et mûrs et je vous en félicite, mais ils ont également besoin d’une mère forte, car il se peut que leurs forces rencontrent leurs limites.
Dans ces moments, il est primordial de s’entourer, la solitude est votre pire ennemi.
Pour reprendre goût à la vie, il vous faut dresser une liste de ce que vous aimiez faire auparavant et de vous y tenir : sorties, activités (notamment avec les enfants), visites d’amis, de proches que vous appréciez… cela est un bon remède pour cesser de penser au malheur et ainsi panser la douleur.
Pour ce qui est de l’amour envers votre époux, vous en souffrez et c’est normal, car dans le deuil, les sentiments que l’on porte à autrui ne trouvent plus d’objet (de récepteur) et nous reviennent : c’est cela qui est très douloureux, vous devez trouver un moyen de les réinvestir, pourquoi pas en vos enfants, ils le méritent bien !
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Courrier des lectrices : « Le mari de mon amie m’a fait des avances »
9 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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« Ma meilleure amie s’est mariée il y a peu de temps avec un homme qu’elle aime fort. Elle désespérait de trouver quelqu’un de bien, qui lui plairait. Après leur mariage, j’ai été invitée chez eux et j’ai remarqué qu’il avait trop tendance à me regarder, au début je me suis dit que ce n’était pas mal intentionné, qu’il est comme certaines personnes qui zyeutent beaucoup. Et j’ai zappé. Il m’a téléphonée récemment, et il m’a dit qu’il voulait me consulter pour l’anniversaire de sa femme. J’ai accepté mais il s’avérait que c’était un prétexte pour prendre contact avec moi. Au début, il était normal on parlait d’idées de cadeaux, et puis après deux coups de fil, il m’a fait part de ses sentiments pour moi, me disant que c’était le coup de foudre. Alors je lui ai dit que c’était horrible et dégoûtant. J’ai donc décidé de ne plus lui parler. Je n’en ai pas parlé à mon amie, j’ai peur des conséquences. Je ne vais plus chez elle, de peur de le revoir. Et je me sens mal, je me dis qu’il faut que j’oublie mais je suis mal à l’aise par rapport à elle. » Dalila
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue
Bonjour Dalila,
Visiblement cette situation vous met dans un état de grande difficulté. Vous devez faire un choix qui n’est pas simple : soit garder le silence, mais dans ce cas, cette histoire deviendra un secret entre cet homme et vous, soit vous l’avouez à votre amie et risquer qu’elle vous en veuille et que cela brise son couple.
Dans ce genre de situation, il est beaucoup question d’honnêteté donc il faut vous poser les bonnes questions : tout d’abord qui devez-vous protéger, ensuite comment aimeriez-vous que votre amie agisse si les rôles étaient inversés, et enfin, êtes-vous certaine qu’elle vous rejetterait ? Vous devez également tenir compte du fait que les hommes qui agissent de cette façon sont bien souvent sûrs que la fille gardera le silence, faut-il cautionner pareille attitude ?
Vous devez choisir la solution qui engendrera le moins de regret et de culpabilité, autrement vous risquez de vous le reprocher toute votre vie et le jour où elle l’apprendra, qui sait comment elle réagira…
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Courrier des lectrices : la peur d’aimer à nouveau
2 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
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Vous êtes de plus en plus nombreuses à nous écrire et vos histoires nous touchent énormément. Pour cela, nous avons mis en place le courrier des lectrices afin de nous faire part de vos questionnements, de vos soucis. Fatma Mamouni notre psychologue est là pour vous répondre et vous conseiller. N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien entendu, votre anonymat sera préservé.
Aidez moi ! Je suis divorcée depuis un an et j’ai beaucoup souffert car j’aimais mon mari très fort !Je prie beaucoup, et Dieu m’a beaucoup aidée durant cette épreuve. J’ai beaucoup pleuré pendant un an, et j’ai tenu le coup grâce à ma fille. Mes amies en ont eu assez de me voir me lamenter sur mon sort et m’ont proposée un soir d’aller à une soirée organisée par l’une d’elles. Pendant cette soirée, un garçon est venu me parler et je vous avoue que je l’ai repoussé, n’étant pas encore divorcée, j’avais le sentiment d’être toujours mariée, mais au fil de la soirée on a parlé de sa vie, lui était également en instance de divorce, on avait beaucoup de points communs. On a échangé nos numéros et le plus surprenant c’est que l’on s’appelle depuis huit mois sans arrières pensées. Jusqu à récemment, il a décidé de venir me voir car il avait un chantier à côté de chez moi. Et là, on est tombés dans les bras l’un de l’autre sans vouloir se décoller, ça a été un moment très fort pour tous les deux. Il me dit qu’il ne peut rien me promettre pour l’avenir puisqu’il est toujours en instance de divorce et moi je n’imaginais pas un jour craquer sur un autre homme. Et lorsque je fais mes prières, j’ai honte mais c’est tellement bon de se sentir aimée, et il est tellement patient, attentionné je ne sais plus quoi faire. J’ai envie de croire en cet homme, mais j’ai peur de commettre une erreur. Aidez moi !
Salima.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue clinicienne :
Chère Salima,
Il y a deux choses à distinguer dans votre situation, d’une part le divorce dont vous avez énormément souffert et d’autre part cette rencontre qui vous comble de joie.
Vous vous retrouvez face à deux situations opposées la perte puis la rencontre qui ont comme point commun d’impliquer toutes les deux l’inattendu et des sentiments forts.
Ce n’est pas évident d’être confronté à ce genre de difficulté, cependant vous évoquiez l’aide trouvée dans la prière, c’est à mon sens vers ce chemin qu’il faut avancer car c’est un chemin sans contradiction et sans surprise.
Cet homme et vous, semblez avoir vécu des évènements similaires et avoir des points communs, mais cela ne veut pas dire que vous êtes faits l’un pour l’autre.
Comme pour toute rencontre, restez prudents et essayer de vous inscrire dans une relation simple afin de ne pas vivre de nouvelles souffrances, et ces dernières peuvent être évitées uniquement si vous n’impliquez pas d’emblée de sentiments ni d’attachement.
D’autant plus qu’il est plus difficile de se remettre d’une séparation lorsque l’on en a déjà vécu une ou plusieurs. Je comprends que ce soit un besoin et un plaisir pour vous, mais il faut que vous soyez sûre pour ne pas avoir de regrets par la suite.
Vous ressentez de la honte lorsque vous faites vos prières, c’est positif car cela prouve que vous vous sentez le devoir de prendre du recul, réfléchir.
Il ne faut pas précipiter les choses. Apparemment, le recueillement dans la prière vous aide beaucoup, aussi peut-être devriez vous suivre cette voie qui vous apaise, cela vous permettra sûrement de relativiser.
Le premier jour de jeûne de ma fille
31 août 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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« Je veux me sentir forte et capable », tels sont les mots utilisés par ma grande fille de 13 ans qui jeûne cette année pour la première fois.
Quelle joie pour elle, cela se voit et se lit dans ses yeux. Quand on lui demande » pourquoi jeûne-tu ? « , elle répond : » parce-que j’aime le faire, j’aime me réveiller le matin pour le sahour (repas de l’aube) alors que tout le monde dort, c’est comme si je participais à quelque chose de magique. Et partager ensemble l’Iftar, tous récompensés de l’effort fourni. C’est génial !! Même la prière est différente je me sens plus proche de Dieu, et quand j’ai faim je me dis que ce soir j’aurai mieux et que je trouverai ma récompense au Paradis « . Voilà un témoignage plein de volonté !
En plus de vouloir faire plaisir à ses parents, en l’occurrence moi sa maman, ma « jeune ado » découvre les joies de faire partie d’une communauté de foi. Ce sentiment d’appartenance fait naître une véritable motivation et un intéressement particulier aux questions religieuses tel que : qu’est ce que je peux ou ne peux pas faire ? A chaque jour sa part de bénédictions.
Le jeûne occupe une très grande place dans l’éducation comportementale et spirituelle de tout musulman. Mais il est vrai aussi qu’en tant que parents, nous avons du mal à voir notre enfant observer le jeûne, quand il nous l’impose par « maman cette année je vais jeûner, je suis assez grand(e) ! » Nous nous posons mille et une questions sur leur capacité à pouvoir le faire, à s’interroger soi même et à comprendre ce que Dieu attend de nous. En fin de compte l’initier au jeûne et à ses principes.
Néanmoins l’initiation doit se faire. C’est le franchissement d’une nouvelle étape, c’est comme un rite de passage, un moment fort dans la vie du musulman. Si les membres de la famille parlent du jeûne et le planifient ensemble, préparent le repas et prient ensembles, prennent un moment pour la méditation, les plus petits sauront que leurs parents et leurs frères et sœurs plus âgés jeûnent et ils comprendront l’objectif de ce dernier. Et finalement, qu’il prend une très grande importance dans le cheminement spirituel.
Et surtout n’oublions pas de les récompenser (pour les plus petits). C’est bien agréable pour un enfant d’être content de lui surtout quand la grande personne l’est aussi. C’est l’aider à juger de lui-même de l’effet de ses actes, le rendre responsable.
Alors, le Ramadan est là…
24 août 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Voici venus les jours tant attendus, une année est passée… Qu’en est-il ?
Début de matinée ordinaire sur la Terre, finalement pas si ordinaire que cela, c’est le premier jour de Ramadan. Mois si attendu, mois de purification et d’introspection, mois durant lequel toutes nos espérances et aspirations à vouloir changer, évoluer, se rapprocher et s’épanouir sont investies, d’ailleurs notre propre expérience prouve que durant ce mois béni notre spiritualité est en ascension. C’est le mois qui nous permet de retrouver l’équilibre du côté spirituel que onze mois de laisser aller ont vite fait de dérégler. Les merveilleuses paroles coraniques et prophétiques au sujet de ce mois de jeûne nous invitent à déployer nos forces dans la rencontre de nous-mêmes, à découvrir la paix intérieure qui nous habite à renouer avec notre esprit.
C’est une excellente opportunité pour se regarder soi même, la personne avec laquelle nous passons le maximum de notre temps est nous-mêmes, alors qu’attendons-nous ?! C’est une merveilleuse opportunité de développer une qualité d’être porteuse d’amour, de respect, de modifier des comportements afin de se débarrasser de ce qui est gênant pour soi.
Comment procéder et comment mettre à profit ces journées de jeûne, ces nuits de prières d’invocations et ces moments de méditation?
Tout d’abord, se demander si nous avons un but durant ce mois de Ramadan; se fixer des objectifs, des défis journaliers. L’introspection durant le Ramadan amène forcément à un agacement, une dépréciation de soi mais elle incite à vouloir changer parce-que nous apprenons quelque chose qui nous déplait et nous fait prendre conscience de ce que l’on veut changer ; chose à laquelle nous n’étions peut être pas sensible. Car au-delà du sentiment de privation que procure le jeûne il nous permet de revenir à l’essentiel, ce qui est important dans l’instant.
Ensuite nous pouvons commencer à rééquilibrer les rôles de chaque partie de notre personnalité, par exemple les émotions. Elles peuvent alors reprendre leurs véritables places, quand elles ne sont pas écoutées elles risquent de nous diriger, alors qu’elles sont là pour nous aider.
Ainsi, nous pourrons nous ouvrir au monde et aux autres dans le partage, le recueillement et la solidarité, parce-que l’on est plus disponible une fois que l’on s’est débarrassé de notre principale occupation : nous-mêmes !
Pour terminer je vous propose un petit exercice à faire dès le début de la journée de jeûne, une fois que les adorations auront été effectuées. Pour être pleinement réceptif, à l’écoute de votre réalité intérieure autant qu’extérieure. Fermez les yeux et posez-vous les questions suivantes et laissez venir à vous les réponses :
- Que suis-je en train de faire ?
- Que suis-je en train de ressentir ?
- Que suis-je en train de penser ?
- Que se passe-t-il autour de moi ?
Choisissez d’être complètes dans vos réponses et dites vous que c’est le moment de vous surpasser ! Bon Ramadan à toutes.
Courrier des lectrices : tromperie, trahison et divorce
24 août 2009 par La rédaction
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La vie est tumultueuse et ponctuée d’évènements que l’on a bien souvent du mal à contrôler. Alors, on se sent seule et impuissante. Cette semaine, c’est le témoignage d’une femme trahie que nous publions sur Hijab and the city, une femme au coeur meurtri qui à son tour sollicite votre aide et vos conseils.
« Je vous écris car je suis en pleine détresse. Mon couple bat de l’aile depuis plusieurs années et cela fait deux ans maintenant que mon mari et moi ne partageons plus rien. Nous nous sommes mariés en respectant les principes islamiques. Nous avons eu beaucoup de mal à faire accepter notre union car il est d’origine maghrébine et moi mauritanienne . Finalement au nom de l’Islam, mes parents ont fini par accepter. Aujourd’hui, nous nous séparons violemment après dix ans de vie commune et trois filles magnifiques.
Si je suis en détresse, c’est parce que pendant ces huit derniers mois, il ne vivait plus sous notre toit disant qu’il prenait ses distances pour réfléchir. Il m’a appris récemment qu’il avait rencontré quelques femmes et qu’il envisageait de se marier avec une Sofia. En avril dernier, j’ai justement trouvé un mot de cette fille chez moi indiquant qu’ils avaient passé une nuit encore plus merveilleuse que les précédentes. Il a menti, car il m’avait dit qu’il s’agissait d’une soeur qui voulait se marier avec un de ses amis converti, et qu’il la voyait pour la mettre sur le droit chemin. Mon mari va chaque année en mission humanitaire, et cette fille fait partie de l’association dans laquelle il est investi. il n’a jamais voulu que je l’intègre, prétextant que je ne portais pas le voile. Cette Sofia ne le porte pas non plus et les autres membres femmes aussi. Il a confié mes filles à cette femme ! Pendant des mois, j’ignorais leur relation.
Je suis en colère car j’ai été trahie, sachant qu’il ne s’est jamais investi dans notre couple et qu’il a toujours été très absent. Il expliquait cela par le fait que je n’étais pas assez pieuse et que je le « saoulais ». Donc pas de vie de famille, pas de vacances en famille, il nous consacre peu de temps. Parfois, il ne dort pas à la maison, et dit dormir à la mosquée et être avec des frères. Quand il voit nos filles, c’est en coup de vent, pendant quelques heures, parce qu’il a des choses à faire. Il est intermittent et notre situation financière a toujours été chaotique, ce qui générait parfois des conflits violents. Il m’a beaucoup insulté, en utilisant des mots très dégradants. Il lui arrive même d’être physiquement violent. Je suis aujourd’hui fonctionnaire pour compenser les galères financières.
Cette situation est très difficile, d’autant que je m’entends très bien avec sa famille. J’ai aussi l’impression d’avoir tout donné et en retour, je récolte un divorce. J’ai besoin d’un avis ou d’un conseil pour avancer. Je prie beaucoup et remercie Dieu pour mes filles et pour ma situation pas trop catastrophique. »
Courrier des lectrices : avortement et cas de conscience
17 août 2009 par La rédaction
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Sur Hijab and the city, vos interventions sont primordiales ! C’est vous très chères lectrices qui faites vivre cet espace, et qui poussez les débats soulevés encore plus loin. Vous n’hésitez pas non plus à faire preuve d’empathie et d’esprit critique lorsqu’il s’agit d’écouter les histoires d’autres hatciennes. Et c’est ce dont il s’agit aujourd’hui. Suite aux nombreux témoignages relayés sur le site et aux réactions qu’ils suscitent, de plus en plus de femmes souhaitent nous faire part de leurs soucis du quotidien. C’est le cas de Natacha qui s’est tournée vers Hijab and the city et les hatciennes afin de solliciter quelques conseils. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de stigmatiser quiconque et de formuler des jugements à l’emporte-pièce.
« Je me tourne vers vous car je suis dans une situation complexe et j’ai besoin d’aide. Je suis Française, vit avec un Algérien pratiquant, et nous ne sommes pas mariés. Tout se passait bien dans notre couple, notre diversité et notre ouverture d’esprit faisant notre richesse. Mais voilà, un accident est venu tout perturber. Je suis enceinte de deux mois maintenant, et nous nous posons un certain nombre de questions quant à la manière d’agir face à cet évènement. Un avortement est contraire à nos religions. De plus, nous aimerions avoir cet enfant. Mais du fait de ses convictions religieuses sur le sujet, le dialogue est devenu difficile avec mon compagnon. J’ai peu de temps pour me décider, j’ai de plus en plus envie de le garder. Je ne sais plus comment me comporter avec lui. Si vous pouviez m’aider à comprendre. »
Le célibat : l’avis de la psy
24 juillet 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Chacun d’entre nous est habité par une aspiration profonde et vive de s’approcher et de se lier avec un double ou de trouver la part manquante au fond de nous-mêmes. Cette recherche est l’expression de la place que l’on souhaite laisser à l’être attendu et espéré, qui saura nous comprendre et surtout nous aimer inconditionnellement. N’est ce pas cela qui apparaît au travers des témoignages de la question de la semaine ?
Qui y a-t-il dans la tête d’un(e) célibataire ?
Dans la tête d’un célibataire, il y a pleins de questions comme celles que nous pouvons lire dans les témoignages : « est ce que je vais rencontrer quelqu’un ? Sera-t-il mon prince charmant ? Est-ce que l’amour sera au rendez-vous ? » etc. Ces questions s’enchaînent, et n »arrêtent pas de vous faire tourner la tête. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’en se posant ce genre de questions, cela vous amène à vous interroger sur vous et sur des réflexions bien plus profondes. Notamment celle d’avoir choisi « inconsciemment » ou pas le célibat pour Najat, la peur de s’engager pour Mouminette, la question de l’autre idéalisé et de notre propre représentation pour Soso et Jamila, les questions de qui suis-je pour l’autre et que puis-je représenter pour lui ? Ainsi que la question fatidique « suis-je trop exigeante ? » qui, à force de se remettre en question, finie par survenir ! N’est ce pas Nono ? Mais pour parer à cela, Thé ou café nous propose de nous appuyer sur quelques qualités essentielles, encore faut-il les déterminer. La vie est tellement imprévisible que parfois, il n’est pas rare de tomber amoureuse de la personne qui est complètement l’opposé de ce à quoi vous aviez rêvé depuis que vous êtes en âge de lire les romans à l’eau de rose !
De ce point de vue là, je dirai que la recherche de l’autre est passive (c’est ce qui ressort des commentaires), c’est-à-dire qu’elle est plutôt constitué d’attente de rencontrer, voire d’exigences implicites. C’est ce que Jacques Salomé appelle le syndrome de « la Belle au bois dormant » qui atteint aussi bien les hommes que les femmes. C’est passer son rêve à cultiver le secret et magique espoir de l’arrivée du Prince charmant ou de la délicieuse Princesse susceptible de l’éveiller, de le combler. Chacun attendant de l’autre qu’il réponde à ses besoins et à ses désirs, de réparer ses blessures et de satisfaire à tous les manques, combler tous les vides.
Alors que faire et comment réagir ?
Tout d’abord, rappelons que vivre en couple c’est investir une partie de sa vie, de son énergie et de son bonheur.
La première étape est celle de définir vos attentes en tant que femme/homme célibataire. C’est la question des attirances et des peurs. Une attirance peut-être physique, émotionnelle ou spirituelle. Elle peut-être aussi circonstancielle, liée à un état particulier, à une sensibilité et une réceptivité particulières. Les peurs constituent une forte source de stimulations ou d’inhibitions dans la recherche de l’autre et de la rencontre amoureuse.
La deuxième étape est d’identifier les illusions que nous entretenons sur la vie de couple, et elles sont nombreuses !
Et enfin, la troisième consiste à prendre conscience des modèles de pensée au sujet de la vie de couple transmis par nos parents, notre famille. Nous nous attachons parfois à des images, à des représentations qui nourrissent l’espoir que l’autre sera différent ou pareil qu’une personne significative de notre histoire personnelle (papa, maman ou un amour de jeunesse…).
Ce qui est important c’est de retenir que le choix est vaste et que « partenaire idéal » ne veut pas dire « partenaire parfait ». Il sera idéal dans le sens de sa participation (volontaire ou non) à vous aider dans votre évolution et cheminement personnel, comme toutes les personnes que vous avez et aurez à rencontrer dans votre vie, « cas soc » (sos ) ou pas ! Il me plait à croire qu’aucune rencontre n’est fortuite.
Et pour finir je voudrais partager avec vous ce magnifique poème de Claude Roy :
Je te reconnaîtrai
Aux algues de la mer
Au sel de tes cheveux
Aux herbes de tes mains.
Je te reconnaîtrai
Au profond des paupières
Je fermerai les yeux
Tu me prendras la main
La question de la semaine : le célibat
20 juillet 2009 par La rédaction
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Les agences de rencontres pullulent, les réseaux se multiplient et pourtant le célibat subsiste. Fatalité ou encore décision mûrement réfléchie, à chacune son choix et ses priorités.
Vous en avez assez d’être célibataire et vous considérez que tout les moyens sont bons pour trouver l’homme de sa vie ? S’encombrer d’un mari et puis quoi encore ? Vous vivez dans votre bulle et l’idée de vous engager vous effraie ?
Exprimez-vous durant toute cette semaine en laissant des commentaires, et échangez avec toutes les autres lectrices en nous faisant part de vos expériences !!
Famille nombreuse, famille heureuse ? L’avis de la psy
17 juillet 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Les témoignages de la question de la semaine m’ont inspiré sourire, espièglerie et tendresse en les lisant, car ils m’ont renvoyé à mes propres souvenirs d’enfance, aux crises de rires mais aussi de larmes et de nerfs.
La famille comme le dit une certaine chanson de mon adolescence « ah ah ! Famille nombreuse, famille heureuse on en est fier », apparaît aux travers des commentaires. La fierté est la valeur qui ressurgit le plus, faire partie d’une famille nombreuse, quelle richesse !!
Aujourd’hui, en France, ce sont les familles ayant trois enfants ou plus qui sont généralement considérées comme « nombreuses» et parce qu´elles font figure d´exception dans une société de plus en plus individualiste, les familles nombreuses ne se sentent pas vraiment «comme les autres ».
Vivre dans une famille nombreuse procure souvent bien des plaisirs. Mais cela peut avoir aussi quelques inconvénients. Par exemple, la jalousie qui peut s’installer entre les enfants, la répartition des espaces d’intimité personnels afin que les uns n’empiètent pas sur les autres. Et peut être aussi la difficulté de trouver sa place. Kkuète dans son commentaire nous parle de défendre sa place dans cette mini-société familiale face aux garçons qui ont l’air de ne rien faire.
Pour un dialogue familial :
Le principe à ne pas oublier c’est d’installer un véritable « esprit de famille », en organisant des réunions de famille qui permettront ainsi de fixer des règles, de rappeler ce que vous (les parents) souhaitez, ou ne souhaitez pas… Il est important que les règles soient fixées et que les enfants puissent exprimer leurs ressentis. C’est par l’échange que la créativité est stimulée et c’est aussi l’occasion d’apprendre à décider, partager en famille, comme nous le témoigne Adèle.
Un autre principe à ne pas oublier c’est celui de ne pas enfermer ses enfants dans des modèles trop rigide où tout le monde doit forcément bien s’entendre où l´aîné, surtout si c´est une fille, ne doit pas être obligé d´endosser le rôle de seconde maman, mais l’ainé peut apprendre le sens des responsabilités. Le rôle des parents devra donc s’assurer de réguler la place de chacun et surtout d’avoir une relation individualisée avec chacun des enfants.
Parlons de rivalité :
La rivalité fait partie de la fraternité, et le travail de l´éducation est de leur apprendre à vivre avec cette fraternité, l’appréhender. Ne vous est-il pas déjà arrivé de vous voir rêver être l’enfant unique de vos parents ?
Khadija nous parle des différentes possibilités de relations entre enfants qui sont aussi plus ouvertes, nombreuses et riches. On y expérimente plus tôt, parfois plus abruptement, une riche palette de relations, avec les rivalités, les jeux d´alliance, les interactions ; et parfois même des enfants faisant bloc devant leurs parents !
La question de la semaine : famille nombreuse, famille heureuse ?
13 juillet 2009 par La rédaction
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La France reste la championne d’Europe de la fécondité. Bien que les mariages soient en baisse, il semble que la femme française aspire à avoir une vie de famille avec plus d’un enfant. Le vieil adage famille nombreuse, famille heureuse est donc plus que jamais d’actualité.
Appartenir à une grande famille est-il synonyme de bonheur inconditionnel ? Vouloir un seul enfant est-ce faire preuve d’égoïsme ? Être membre d’une grande famille est-ce risquer de manquer d’attention ?
Exprimez -vous sur ces questions durant toute cette semaine et échangez avec toutes les autres lectrices en nous faisant part de vos expériences.
A vos claviers !!
Le travail peut-il être une source d’épanouissement ? L’avis de la psy
10 juillet 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Dans notre société l’image que nous avons de la femme épanouie est celle de la femme qui travaille et qui gagne de l’argent. Et souvent lorsque nous nous présentons à quelqu’un, nous le faisons par rapport à ce que nous faisons (le faire) pas à ce que nous sommes (l’être). Le travail est donc intimement lié à l’identité de la personne. Combien de fois, ai-je entendu des femmes qui ne travaillent pas « à l’extérieur », c’est-à-dire qui n’ont pas d’activité professionnelle, dire qu’elles ne font rien ; alors qu’elles ont un travail énorme à fournir au sein de leur foyer. Tout est une question de valorisation de ce que l’on fait, de la manière et de la motivation.
Sur la question de l’épanouissement, je crois que l’on est épanouie quand le poste que l’on occupe nourrit nos besoins psychologiques, c’est-à-dire nos valeurs personnelles et nos buts.
Pour certains ce sera la recherche de la compétition (eh oui ! mesdames mêmes les femmes sont attirées par la compétition) afin de se dépasser, pour d’autres cela pourra être la volonté de se sentir utile, d’œuvrer pour une cause qu’ils croient juste, et enfin se développer personnellement. Nous l’avons lu dans les témoignages.
Travailler c’est une façon de se valoriser plus évidente que les autres car le travail permet d’acquérir des résultats visibles et concrets. Une femme au foyer, malheureusement, n’impressionne personne même si ce qu’elle fait est noble et louable. Eduquer et garder ses enfants est un vrai travail parce que des professionnels le font d’une part, et d’autre part, choisir de rester au foyer pour s’occuper de ses enfants, c’est aussi une source d’épanouissement. Alors pourquoi les femmes qui font ce choix se voient souvent renvoyer l’image de la femme non accomplie? Certainement parce que notre société nous renvoie l’image qu’une femme dans son foyer est forcément une femme sans ressources personnelles et intellectuelles, car si elle avait pu avoir le choix elle aurait fait celui du travail professionnel.
Nous avons pu lire dans les témoignages que les femmes qui mettent toute leur énergie dans le travail au détriment du reste, finissent par perdre leurs racines parce ce qu’il n’y a pas d’équilibre avec les autres aspects de leur vie. La confusion entretenue par notre société entre l’identité féminine et l’identité masculine est telle que nous avons fini par l’oublier : la femme a également pour mission d’être éducatrice, et d’enraciner son entourage dans les valeurs culturelles et spirituelles auxquelles elle est par nature attachée. C’est le constat qu’elles font quand elles recherchent autre chose, c’est une recherche constante d’un équilibre, et le point d’équilibre n’est jamais où l’on se l’imagine. Il est différent d’une femme à l’autre. Voilà pourquoi il est important d’assumer sa féminité dans le choix de sa profession. Les femmes sont plus naturellement attirées par les métiers où il y a un sens social, une conviction profonde. Qui mieux qu’elles pourraient plaider la cause de l’humanisme !
Trouver un sens profond à la dimension du travail, voilà une source de motivation et d’épanouissement ! Le travail est une valeur spirituelle, c’est une valeur importante, car le fait de se sentir et d’être utile à la société, de participer ne serait ce qu’à un niveau marginal contribue au changement. Il participe aussi à définir la personne dans la relation qu’elle entretient avec l’autre. Pris dans ce sens le travail ne peut être déconnecté des convictions fortes de l’être humain. C’est un moyen d’atteindre ses objectifs, de s’accomplir.
Ainsi, le travail quel qu’il soit, participe à définir une partie du sens de sa propre vie. Ce n’est pas uniquement un gagne pain, une corvée, il peut être aussi l’expression de nos convictions les plus intimes. Ce que l’on retrouve chez chacun, ou que l’on révèle, c’est une certaine volonté de changement, celle de trouver une meilleure adéquation entre ses valeurs personnelles et son activité professionnelle.
La question de la semaine : le travail est-il une source d’épanouissement ?
5 juillet 2009 par La rédaction
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A chaque semaine sa question. Vous avez été nombreux à participer à cette nouveauté. Aujourd’hui nous vous soulevons une autre question, nous espérons que vous réagirez en masse ! Et bien sûr, retrouvez Karima Chahdi Bahou en fin de semaine pour l’avis de la psy.
Les femmes sont de plus en plus actives, et le travail leur apporte équilibre, épanouissement et joie de vivre. Nombreuses sont celles qui se sentent bien et qui comptent bien le rester.
Travailler est-il indispensable pour être une femme épanouie? Votre métier passe t-il avant votre famille, votre vie de femme? Comment placez-vous le travail dans votre vie?
Le divorce : l’avis de la psy
3 juillet 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Chose promise, chose due! Suite aux multiples interventions impulsées par la question de la semaine, Karima Chahdi Bahou revient sur vos réflexions et vos interrogations, pour vous offrir des pistes ainsi que des éclaircissements.
Un divorce n’est jamais facile qu’il soit assumé ou subi. C’est un événement qui bouleverse votre vie entière, c’est-à-dire au niveau matériel, parfois physique, psychologique et spirituel.
Le divorce remet en cause les fondations d’une vie de couple, une vie de couple qui s’achève. Il ouvre une phase de turbulences de perturbations qui peut être déstabilisante. Nous l’avons lu dans les témoignages. Et Je tiens à remercier ici du fond du cœur toutes les personnes qui ont osé parler, témoigner de leur histoire, de leur ressenti, d’avoir participé à casser un tabou qui a encore malheureusement la vie dure dans notre société.
Notre vie terrestre est une continuelle bataille et ce n’est pas facile tout d’abord avec nous-mêmes et raison de plus avec son conjoint. A chacun son histoire, son éducation, son vécu et j’ajouterai ses aspirations. Et quand on se marie, on a pour objectif inconscient et dommageable de ne faire qu’un, d’ailleurs un proverbe anglais dit très justement : «Ne faire qu’un. Oui, mais lequel ?». Pour ne faire qu’un, le couple plonge spontanément dans la rivalité : l’un doit prendre le pouvoir sur l’autre. Le désir d’autonomie apparaît forcément d’un côté ou de l’autre. Le besoin de se réaliser et de se différencier de l’autre. Or cette tentative de l’un peut être perçue comme un abandon par l’autre. Pour ce dernier, la différence n’est pas un enrichissement mais une séparation, donc un conflit : «Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ».
C’est ce qui ressort, à mon sens du témoignage d’Inès. Elle a réalisé qu’elle devait faire le deuil de son mariage, le deuil de la relation qu’elle avait imaginé, espérer avec son conjoint. Parce qu’à un moment donné quand on souffre dans la relation, que vous vous sentez perdre votre identité et bien il faut savoir arrêter une histoire. Pour les personnes pour qui le divorce a été libérateur, cela leur révèle leur propre capacité à décider, à refuser ce qu’elles ne veulent pas, même si elles ne savent pas encore, consciemment, ce qu’elle souhaite au plus profond d’elle-même. Et il serait intéressant qu’Inès s’interroge sur ce qu’elle a appris sur elle-même au travers de cette histoire ? Dans sa prise de décision ?
La personne a besoin de se donner le temps de souffrir, comme nous l’exprime Thé ou Café « la convalescence me va bien ». Notre premier réflexe est de vouloir oublier, occuper son esprit à autre chose, car y penser cela fait mal, angoisse ; et le danger c’est quand on fuit son chagrin, sachant qu’ il ne tarde jamais à vous rattraper, alors autant lui donner sa part en pleine conscience, afin de réparer ce qu’il y a à réparer, d’évoluer et de s’améliorer dans une nouvelle relation épanouissante. Quand il y a des enfants, il est vrai que la rupture entraîne de grands changements familiaux. Le divorce des parents est toujours vécu, au départ, comme une épreuve douloureuse par l’enfant. Il faut tout d’abord rassurer encore et encore sur l’amour que les parents portent à leurs enfants même s’ils sont séparés. Qu’ils leur répètent qu’ils n’ont aucune responsabilité dans leur divorce/séparation, et qu’ils peuvent se comporter « en enfant » sans craindre de perdre l’un des deux parents. C’est aussi en accompagnant votre enfant, communiquer avec lui de ce que vous ressentez sans accusez l’autre. C’est lui donner l’occasion, d’une part, de mesurer la place qu’il occupe pour ses parents, c’est l’assurer qu’il compte. Et d’autre part lui apprendre que la séparation n’est pas une catastrophe irrémédiable, qu’après l’orage il y a le beau temps. C’est le couple conjugal qui se sépare, pas le couple parental. Et il est aussi nécessaire de leur donner le droit de poser des questions et d’en parler, s’ils en ont besoin, avec des amis de la famille et même en dehors du cercle familial. Le divorce n’est pas un secret honteux.
Refuser de divorcer pour préserver ses enfants : est-ce la bonne solution ? Il n’y a pas de réponse toute faite, chaque cas est particulier. Et cette douloureuse interrogation repose sur une double problématique : un désir profond de protéger ses enfants et la nécessité de se séparer. Certains enfants témoignent d’une souffrance vécue face à des parents qui ne se séparent pas, qui ne se parlent plus, ne se regardent plus. Certains enfants devenus adultes aujourd’hui auraient préféré voir leurs parents séparés plutôt que de vivre l’angoisse de ce silence ou des disputes à venir.
Le témoignage de Chaima est édifiant en ce sens et sur la probable culpabilité qu’elle peut porter. Très réceptive à ce climat de tension, elle tente même de les réconcilier et se sent investie par cette mission donnée par sa mère. Et il serait intéressant de se demander ce que Chaima veut ou peut sauver, alors que ses parents ne manifestent pas réellement la volonté de vouloir se réconcilier (d’après les éléments dans le témoignage).
Quand au témoignage de « thé ou café » il montre, pour moi, quelques uns des avatars d’une relation de couple, si pleine de risques et de malentendus sincères. Une relation dans laquelle nous usons de tant d’habileté pour blesser l’autre ou nous-mêmes ! Accusations, agressions, bourreau, victime etc… Il est clair que la relation conjugale se basait plutôt sur une relation de rapport de force « qui sera le chef ?! » Et je crois que dans ce genre de relation il est important de lâcher ce que l’autre prend pour prise, c’est-à-dire accepter l’idée que vous n’êtes responsable que de votre « extrémité de la relation », inviter l’autre à être responsable de la sienne. Reconnaître ses manquements et que cet excès de violence est une manière de demander de l’aide ; ET en tant que thérapeute je me pose la question suivante : en quoi le symptôme, en l’occurrence ce comportement, est la solution au problème ?
Il ne faut surtout pas les nier mais oser en parler afin de minimiser le sentiment d’angoisse et donc de les dépasser. Un couple qui dure est un couple qui accepte les différences et qui transforme la situation de façon à être de nouveau satisfait.
Vouloir changer l’autre, c’est difficile. Mais on peut le faire évoluer en se comportant soi-même différemment. L’humilité, constitue en effet une bonne approche. C’est sur soi qu’il faut travailler et non sur l’autre. Le lien conjugal est un projet qui comme tous les projets de notre vie doit être un champ pour la Vie Future. Dieu nous dit : « Je ne changerai rien en un peuple, tant qu’il n’aura rien changé en lui-même. »
Pour conclure, j’aimerais rajouter qu’un divorce ne doit pas se vivre comme un échec, exprimez vos émotions, ne les refoulez pas, elles vous amèneront à de nouvelles prises de conscience. Ne culpabilisez pas, car la culpabilité est mauvaise conseillère. Et enfin profitez de cette épreuve pour en tirer les enseignements, ce qu’elle vous apprend sur vous-mêmes ce qu’elle a mis en valeur par ailleurs. Et comme vous l’avez fait durant cette semaine continuez à partager, échanger avec d’autres personnes qui ont vécu la même chose que vous.
Notre vie ici-bas n’est qu’un examen de passage. Puissiez-vous trouver la Paix !
La question de la semaine : le divorce, souffrance ou libération ?
29 juin 2009 par La rédaction
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Parce que votre point de vue nous intéresse, Hijab and the city lance la question de la semaine. Une question sur des sujets qui nous touchent et qui, à travers vos commentaires, amèneront une discussion, un échange entre lectrices et lecteurs, afin de mieux confronter vos idées, vos avis. La discussion se clôturera par une contribution de Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie. Aussi, n’hésitez pas à faire part de vos impressions sur le sujet parce que Hijab and the city c’est avant tout votre magazine.
En France, un mariage sur trois se termine par un divorce. Et les musulmans n’échappent pas à ces statistiques. Le divorce est une épreuve pour laquelle aucune recette miracle n’existe. A chacun son histoire et son parcours et surtout à chacun sa personnalité et sa force.
Comment avez-vous surmonté votre divorce (ou celui de vos proches), a-t-il été libérateur et salutaire ou au contraire une difficulté insurmontable ? Comment retrouvez ses repères après un divorce voulu ou subi ? Qu’est ce qui peut motiver un tel choix ?
Et si on parlait de sexualité
12 juin 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Amour, aimer…
L’espèce humaine a de l’amour à revendre et notre amour pour notre prochain poursuit inlassablement cette quête. Nous aimons Dieu, les prophètes, nos parents, nos enfants, nos amis, notre pays, les livres, certains personnages historiques etc….Nous aimons aussi nous questionner et surtout avoir des réponses !
Par exemple cette question du lien : comment sauvegarder la magie du lien au quotidien au sein du couple ?
Peut-on attribuer au couple idéal une ligne de réalisation sexuelle indépendante de la reproduction, en d’autre terme y a t il un épanouissement sexuel ?
Un Don de Dieu
La sexualité est un don de Dieu, l’Islam accorde une grande place à la sexualité car le rapprochement de Dieu se fait aussi, pour les couples mariés, par la célébration des corps et de la sexualité. C’est aussi l’occasion de se rapprocher l’un l’autre.
Le mariage, en plus d’être un contrat, est un engagement spirituel réciproque. Les corps et les âmes se rencontrent, s’unissent c’est la vision islamique du mariage, cette union vient de l’intérieur et elle permet celle des corps puis celle des cœurs. Notre cheminement est une suite croissante vers la perfection et cette recherche se fait à tous les niveaux et à chaque instant de notre vie. La sexualité n’en est pas dispensée, mais pour se faire nous devons dépasser nos préjugés et fausses idées que nous nous faisons de et sur la sexualité.
L’expérience de la sexualité dans la communion amoureuse peut pour les couples mariés servir de tremplin vers la Reconnaissance de Dieu. Le sexe devient alors comme un pont dans le cheminement spirituel des couples mariés.
Expression de qui nous sommes
Chaque être humain porte en lui une représentation plus ou moins claire du partenaire idéal. Cette image nous fait rêver, fantasmer et aller à la quête de cet amour pour former un couple, et le voir se développer physiquement. Nous attendons également ardemment de nos partenaires qu’ils se plient à notre image idéale. Il ne sera donc pas étonnant de constater que les problèmes conjugaux auront pour origine des problèmes dans les rapports intimes du couple ; parce que la sexualité vécue ne correspond pas à l’image construite durant les années de célibat.
Notre sexualité peut exprimer notre être entier, notre histoire psychologique aussi. Une personne peut être centrée sur son propre plaisir si elle a un amour-propre fragile, ou au contraire pourrait accorder plus d’attention à son partenaire si elle se sent plus en confiance. Voilà comment la sexualité peut nous apprendre sur qui nous sommes.
Le sentiment amoureux est motivé par un besoin de communion que nous cherchons à concrétiser en nous unissant à une autre personne et à répondre à son propre besoin. Le travail personnel sur soi est la clé. L’intimité repose alors, avec l’autre sur sa propre capacité d’intériorité et d’évolution personnelle. C’est le facteur déterminant. Il permet l’union. Ce n’est pas le travail que je dois faire sur l’autre. Une étape essentielle à mon sens : se questionner sur ce que m’apporte la sexualité plutôt que sur le besoin de vouloir changer l’autre, parce qu’il m’invite ou m’empêche d’explorer certain versant de ma personnalité.
Le jeu et la sensualité
La dimension corporelle nous interpelle sur le rapport que l’on entretient avec notre propre corps et pour se dépasser et quitter l’espace mental duquel provient toutes les images, les jugements et les étiquettes que l’on s’applique à soi et aux autres.
Prendre conscience de son corps par le jeu peut déjà commencer par le simple fait de sentir, ressentir sa respiration et se laisser aller au bien être de respirer. De se toucher l’un l’autre, cette dernière pratique est très efficace car elle peut se pratiquer à deux. En même temps sentir sa propre présence ainsi que celle de son compagnon. Le reconnaître par sa seule présence.
Dans ce premier texte sur la sexualité j’ai conscience que je n’ai pas relevé tous les aspects, il n’est qu’une ébauche et il serait intéressant de pouvoir le nourrir de questionnements et de témoignages, sans tabou.
A suivre
Témoignage : J’ai une vie sexuelle et pourtant je ne suis pas mariée
Psycho : Petite séléction de livres sur la sexualité
Petite séléction de livres sur la sexualité
11 juin 2009 par La rédaction
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Karima Chahdi Bahou vous propose une sélection d’ouvrages afin d’enrichir vos connaissances en matière de sexualité !
- L’Encyclopédie de la femme musulmane, sous la direction de Asmaa Godin et de Abdelilah Cherifi Alaoui
- N’y a t-il pas d’amour heureux ?, Guy Corneau
- Mariage et plaisir en Islam, Ahmed Labiadh
- Les mots du couple, Jean-G. Lemaire
- Le couple à travers le linge, Jean-Claude Kaufmann
- La sainte folie du couple, Paule Salomon
Et pour celles qui les liront, pensez à nous faire part de vos réflexions.
L’éveil de l’enfant en famille
21 mai 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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L’activité faite en famille qui, à mon sens est la plus importante, consiste à développer l’amour pour la Parole de Dieu. C’est l’une des plus grandes responsabilités des parents.
La demeure familiale reste toujours le premier espace de formation des petits et des grands. Sa fonction primordiale est de constituer une enclave sécurisante où l’enfant grandit. Dans tous les domaines, l’éveil de l’enfant ne peut porter ses fruits qu’en famille. Malheureusement beaucoup de parents oublient parfois que le premier lieu d’apprentissage est la maison et que le modèle par excellence est le parent.
Construire la confiance en Dieu
Le temps de l’enfance est un temps pour croître physiquement, mais aussi spirituellement. C’est le temps et le moment pour valoriser la Confiance dans la relation à Dieu.
En tant que parents, nous savons bien que les enfants peuvent être sensibles à la création de Dieu, à Sa présence, un enfant ne s’éveille pas tout seul, il ne peut pas comprendre tout seul le monde qui l’entoure. Il a besoin d’un soutien, d’une aide pour l’éveiller à cette rencontre. Il peut mettre ainsi en évidence les rapports qu’il peut entretenir avec l’ensemble de l’Univers, de la Création.
Le conte pour commencer
De l’âge de 4 ans à la puberté l’enfant à besoin de connaître des images symboliques qui le rassurent. Les psychologues préconisent la narration des contes de fées . Ces derniers, nous dit B. Bettelheim, dirigent l’enfant vers la découverte de son identité et de sa vocation, lui montrent aussi par quelles expériences il devra passer pour développer plus avant son caractère, le stimulent et alimentent son imagination.
Raconter les histoires des Envoyés de Dieu à nos enfants est essentiel. Tout d’abord c’est un moment d’échange de paroles qui permet de créer un climat de proximité et de sérénité avec ses enfants. C’est aussi l’occasion de rendre accessible à l’enfant la parole de Dieu.
Installer ces moments dans la plus tendre enfance est plus que salutaire. Les enfants raffolent des histoires, celles des prophètes nous permettent de faire passer de la morale sans « prêcher», de fixer un cadre de références contre le doute et la faiblesse. D’édifier la confiance, de devenir un appui moral nécessaire à l’être que l’enfant est en train de construire. Nous connaissons la fascination que les enfants développent pour les héros, ceux-là sont choisis par Dieu !
Ainsi profiter de la lecture d’une histoire d’un prophète dans un moment d’intimité, le soir par exemple, est une occasion de le rassurer tout en l’initiant à la vie, lui enseigner le courage, la force, le sauvetage et la confiance en Dieu. C’est développer chez l’enfant une ouverture sur le monde abstrait. Les enfants ont une telle imagination qu’il faut l’entretenir, et continuer à développer ses capacités à absorber le monde qui l’entoure et à s’en imprégner (esprit absorbant selon M Montessori).
Pour conclure, je me souviens du regard émerveillé des enfants, à l’écoute de la fabuleuse histoire de la création miraculeuse de la Chamelle du prophète Salih (PsL); de l’énorme baleine qui avala le prophète Younès et des années passées à invoquer Dieu ; de leur étonnement devant la sagesse de l’enfant, dans son berceau, qui parla et rassura sa mère etc…
Racontez ces histoires à l’enfant avec des mots simples et de manière vivante lui permet de se les approprier, de les méditer à sa manière et d’en tirer les enseignements.
Le récit participe alors au processus éducatif, et le Coran regorge d’histoires aussi merveilleuses que véridiques.
Voilà une activité qui favorise l’éveil avec toute la famille !
Oumma pour elle, épisode 14 : l’éducation, la mission des parents
27 avril 2009 par La rédaction
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L’éducation des enfants
17 avril 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Le métier de parents est le plus beau et le plus difficile et pourtant c’est le seul qui ne nécessite pas de diplôme. C’est l’enfant qui fait d’une femme une mère, un homme un père et élargit le couple à une famille. Et l’une des tâches des plus difficiles de la vie est de prendre un enfant, un petit être totalement incapable de s’occuper de lui-même et de lui donner un amour inconditionnel. L’amour l’affection c’est tout ce dont, l’enfant, l’être humain a besoin pour se développer, s’épanouir et agir. C’est inscrit dans nos gènes.
Que signifie être mère ?
La mère possède en elle cette merveilleuse capacité à donner de l’amour inconditionnel, car en offrant son corps à son enfant au moment de la grossesse, elle lui procure la nourriture en même temps que la sécurité au travers du cordon qui les relie, et ensuite en l’allaitant. C’est le début de l’expression même de sa principale qualité al Hafidiya, de sa nature même, profonde. Celle qui protège dans le secret tout ce que Dieu Lui-même a protégé. Cette qualité précieuse qui ne peut être défini uniquement comme l’instinct maternel et qui va bien au-delà, est détaillée dans le Saint Coran dans le verset suivant : « …. Les femmes de Bien sont celles qui sont de dévotion, qui protègent même dans le secret, ce que Dieu a protégé ….. » (Sourate An-nissa, V. 34)
Le Prophète Mohammed (PBDSL) nous enseigne ceci : « Un homme vint interroger le Prophète en lui disant : quelle est la personne qui mérite le plus ma générosité et ma reconnaissance ? Le Prophète lui dit : c’est ta mère. Par trois fois l’homme réitéra sa question et il reçut la même réponse. La quatrième fois seulement, il entendit l’Envoyé de Dieu lui dire : ton père », rapporté par Al Boukhari et Moslem. Dieu a fait de la femme une miséricorde pour tout être vivant sous sa responsabilité.
Aujourd’hui, les mères ont besoin d’être reconnues. Mère, dans le sens le plus profond, ne serait-ce déjà que par leur silhouette arrondie, prometteuse d’une nouvelle vie ; mais aussi parce que la mère écrit dans une large mesure la future histoire de son enfant. Etre deux en un, n’est-ce pas magnifique ! Elle est la seule à le ressentir ! N’est-ce pas un privilège, un don de Dieu Le Clément. Etre la seule à partager la vie du fœtus ! La maternité apporte en même temps des joies mais aussi de grandes fatigues. La femme peut traverser des périodes de grande fragilité et de dépendance envers son entourage. A ce propos, le prophète Mohammed (paix et bénédictions de Dieu sur lui) attachait beaucoup d’importance à l’équilibre émotionnel de la femme enceinte. Il reconnaissait la nature essentielle de sa tâche. C’est elle qui a le rôle fondamental de la préservation de l’être et de la transmission de la foi, déjà en son sein. Voilà pourquoi les attentions de son entourage et surtout du futur père sont importantes et doivent s’efforcer d’éviter à la future mère, toute peine.
L’être mère se situe entre nature et culture, entre donner la vie et éveiller à la vie, entre procréation et éducation. C’est elle qui se doit d’apporter à l’enfant, les meilleurs éléments et les meilleures conditions afin qu’il développe au mieux les potentialités inscrites dans son patrimoine génétique et spirituel. Aujourd’hui, il y a beaucoup de livres sur la maternité, sur la maternalité mais aucun ne prépare au moment magique : celui où la mère donne son cœur à son enfant.
La place du père
Prenons le modèle prophétique, et ce qu’il nous enseigne. Il nous suffit de lire la Tradition, la Sounna, pour être convaincu de la place imminente du père, de découvrir le comportement de notre Noble prophète (PBDSL) avec ses filles et ses petits -fils. Il considérait que le rôle de l’homme était essentiel, et il lui donnait une charge affective et éducative, avec tout ce qu’elle comporte, aussi bien pour la mère que l’enfant. C’est un des aspects de sa nature, al qiwama tel qu’il a été crée (Sourate An Nissa, V.34). Cette qualité fait de lui « l’enveloppe de l’enveloppe » par le soutien, la compréhension, la protection et l’admiration qu’il offre à son épouse. Il apporte sa confiance, sa sérénité, sa quiétude à la mère de son enfant. Il est le garant de la relation mère/enfant.
La présence du père est nécessaire dans sa réalité physique, dans sa force d’homme, quand il est reconnu et accepté par la mère. L’enfant apprend alors, par les sentiments de sa mère, que la moitié de lui-même est aussi importante que ce lien avec sa mère. Les parents doivent reconnaître que chaque partie qui forment l’enfant sont d’égale valeur : celle qui vient du père et celle qui vient de la mère.
Au travers de l’Histoire des Musulmans, al qiwama, etait comprise et interprétée comme étant « l’autorité suprême de l’homme sur la femme », lui octroyant le droit de s’ériger et de s’autoproclamer pharaon des temps modernes. Alors qu’il n’en est rien: le noble et merveilleux comportement du prophète à l’égard de toutes les femmes, empreint de douceur, d’amour, de compassion, de compréhension en est la preuve. Voilà ce à quoi il exhortait ses compagnons : rester le pilier solide malgré les problèmes que les pères peuvent endurer ; donner confiance et encourager ; jouer avec son enfant et l’ouvrir à la Foi et au monde. Il dit dans un hadith : « Le meilleur d’entre vous est celui qui a le meilleur comportement avec sa famille…. » Parole rapportée par Al Bokhari.
L’éducation est un projet construit avec comme ciment l’amour « L’enfant est un être à part entière, il est le devenir de l’homme, s’en préoccuper c’est se préoccuper de son devenir ».
Le prophète Mohammed (psl), le meilleur des hommes, le meilleur des pères, le meilleur éducateur, nous a recommandé de montrer de l’affection envers nos enfants, d’être tendre avec nos enfants.L’enfance est porteuse de toute la personnalité future, de tout le développement. Si le foyer repose sur de solides fondations, sur l’amour , ce dernier n’a rien à craindre, l’image selon laquelle l’enfant se développe dépend de l’image que les parents reflètent. Si nous avons conscience de cela tout au long du processus éducatif, notre travail de parent sera plus aisé. Les liens affectifs que nous nouons avec nos enfants depuis la naissance leurs permettront d’acquérir les qualités humaines essentielles.
Oumma pour elle, épisode 9 : la relation conjugale au quotidien
23 mars 2009 par La rédaction
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La relation conjugale au quotidien
4 mars 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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Être homme, être femme sont deux manières d’être au monde. Dieu nous dit dans le Saint Coran que « le masculin est différent du féminin » (S Al Imrane V36) ; cette parole de Dieu à la mère de Maryam (AS) au moment de sa venue au monde nous invite à entrer dans la découverte du monde de l’autre et de s’ouvrir à la radicale différence de l’autre, alors osons la différence !!
Une grande Alliance
Le couple est la recherche d’une alliance respectueuse honnête et forte, et qui sans cesse réactualise deux libertés : celle d’être un homme et celle d’être femme.
Un couple c’est l’histoire d’une rencontre de deux personnes en interaction et interrelation qui vivent un lien particulier, un lien d’appartenance puissant à tel point que Dieu le qualifie dans le Coran de « Mithaq al Ghalidh », la grande alliance, le lien puissant. Cette idée est importante pour comprendre le couple.
En effet chacun amène à travers son histoire, son passé, son schéma du couple, ses propres données qui influencent obligatoirement l’organisation et l’équilibre du couple.
Un rapprochement de soi
La relation conjugale nous permet de vivre un rapprochement de soi ; en effet pour bien se comprendre il est d’abord nécessaire d’aller à la rencontre de soi-même, c’est-à-dire de prendre conscience de :
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Son propre cadre de références
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Ce que je crois
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Ce que je pense, mes valeurs
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Qu’est ce qui se joue pour moi au travers de cette relation ? Qu’est ce que cette relation m’apprend sur moi ? Quels sont les ajustements que je dois apporter ?
Ces questionnements permettent au couple de devenir une entité vivante, la ressentir , la soigner, l’arroser comme une plante, la nourrir de sa bienveillance et non pas la considérée comme une structure blindée , bétonnée.
Quand Aïcha (RAA) demandait au prophète (paix et salut de Dieu sur lui) s’il l’aimait, il comparait son amour à un nœud solidement noué et quand elle l’interrogeait sur la solidité du nœud , le Prophète (PSDL) lui répondait qu’il était comme au premier jour.
L’amour et un sentiment noble et unique, un sentiment sacré car il fait partie de notre Essence même.
Au cœur de chaque être humain il y a une aspiration profonde à vivre une intimité et une complicité avec l’autre.
Regarder son partenaire comme étant la meilleure opportunité pour moi d’évoluer, de voir mes chaînes, mes verrous afin de les enlever. C’est enfin vivre un rapprochement de soi pour mieux se rapprocher de l’autre.
L’union du couple deviendra d’autant plus solide que les époux partagent des centres d’intérêts communs au niveau spirituel, physique, intellectuel et émotionnel.
Oumma pour elle by, épisode 4 : comment transmettre des valeurs aux enfants ?
16 février 2009 par La rédaction
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Transmettre des valeurs à nos enfants
13 février 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
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L’éducation des enfants fait partie des valeurs les plus sûres et les plus importantes. Ainsi, le Prophète (PBSL) dit :
« Quand le fils d’Adam meurt, ses bonnes actions cessent exceptées trois : une aumône qui reste permanente, une science bénéfique, et un enfant vertueux qui invoque Dieu pour ses parents. » (rapporté par Abou Horeira dans les 4 Sahiheine)
L’enfant, comme nous le comprenons dans cette parole du Prophète, fait partie de l’œuvre de l’être humain. L’enfant est crée par Dieu, mais il est l’œuvre, l’action de l’être humain. Il est sous sa responsabilité à laquelle d’ailleurs, il devra répondre devant son Créateur le moment venu.
Élever cet enfant, l’éduquer et l’accompagner sera une lourde tâche. La responsabilité parentale réside dans l’effort fourni pour permettre à l’enfant de s’épanouir et de se construire. Ainsi, la transmission est le coeur de cette responsabilité. Celle-ci nécessite évidemment de la compétence de la part des parents de s’informer, de questionner et de se questionner, de poser des règles ; mais elle requiert d’autant plus le plaisir de transmettre dans l’amour de son enfant.
La transmission est un projet éducatif
Dès la prime enfance, les enfants sont imprégnés des valeurs de leurs parents. Même si ces derniers n’enseignent pas leurs valeurs délibérement, les enfants ressentent ce que leurs parents considèrent comme bien et mal. Transmettre des valeurs à son enfant n’est jamais facile, c’est un projet éducatif ambitieux et exigeant qui demande de la cohérence, qui suppose un sens aigu de la stratégie, c’est à dire de fixer des objectifs, sélectionner des priorités et s’y tenir. Un environnement inconsistant met les enfants dans la confusion.
Cela ne s’improvise pas, surtout quand la concurrence est rude. Les parents n’ont plus le monopole de la transmission : il y a l’école, les copains, la télévision, l’Internet, etc. Alors, les parents devront joindre le geste à la parole. Soyons nous-mêmes fidèles aux valeurs que nous souhaitons transmettre. Donnons l’exemple afin que l’enfant fasse siennes les valeurs qui lui sont transmises.
La famille : le premier lieu d’apprentissage
La famille aujourd’hui se cherche, se transforme, parfois recomposée ou déconstruite, elle reste pourtant la cellule de base de la société parce qu’elle reste indispensable à la structuration de l’individu. La demeure familiale est le premier espace de formation des petits et des grands ; elle constitue une enclave sécurisante où l’enfant grandit. Et conformément à la parole de notre Bien aimé Prophète (PBSL) :
« Un parent ne peut offrir de meilleur à son enfant que de bonnes manières. »
Comment les parents peuvent-ils aider leur enfant à s’épanouir et à adopter les meilleurs principes ?
Il n’existe pas de potion magique. Néanmoins, voici quelques pistes. Tout d’abord :
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l’aider à savoir qui il est ; la connaissance de soi est la source de l’accomplissement humain. L’aider à connaître ses goûts, ses talents, ses faiblesses, car ceci l’encourage à faire les bons choix.
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Le préparer à affronter les réalités d’une société qui peut être parfois sans pitié.
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Par l’épanouissement de la confiance en soi : se sentir aimé et s’attacher en éprouvant un sentiment de sécurité suffisant pour pouvoir un jour se détacher du cocon familial.
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Poser des limites: ce qui est acceptable et qui ne l’est pas pour vous. Surtout, restez fidèles à vos principes. L’enfant à besoin de limites pour s’épanouir, pour comprendre qu’il n’est pas tout puissant et apprendre à vivre avec les autres.
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Développer son esprit en même temps qu’éveiller son coeur et éduquer sa conscience.
Tout cela ne peut se faire qu’au travers de votre propre référence, c’est-à-dire :
- dans la manière d’être parents
- dans la qualité de la relation éducative que vous installez
- dans le regard que vous portez sur votre enfant.









