Un amour de mari

23 décembre 2009 par Khadija  
Classé dans Célibat Mariage & Cie

Ah qu’ils ont eu droit à un règlement de compte ces maris impudents qui font souffrir nos belles dames et qui les font se flétrir ! Mais courage mes belles, ces épreuves vous rendront plus fortes et feront de vous des femmes vaillantes et sûres d’elles ! Pas question de se laisser aller même quand tout est voué à l’échec. La vie, elle, continue et il faut la saisir, la dompter pour atteindre ses buts même les plus inaccessibles. Ne pas oublier d’être femme avant d’être épouse, ne pas négliger sa personnalité et se mésestimer. Voilà le défi de cette femme qui souffre et qui ne voulait qu’une chose au départ, être aimée par un homme qui la respecte, l’honore et la rend plus femme encore.

Un homme c’est avant tout quelqu’un qui est là pour vous soutenir, vous protéger et surtout vous aimer. Personne n’est à l’abri des erreurs, certes, mais il en est certaines qui ne pardonnent pas. Mais qui peut se prémunir de cela ? Quelle femme peut d’emblée affirmer que l’homme qu’elle aime est le bon et qu’il ne la décevra jamais ? C’est donc une question de fortune, de destin. Néanmoins, comme dirait une de mes amies : « ce qui compte avant tout c’est sa gentillesse, parce que s’il te fait souffrir avant même qu’il y ait quoique ce soit, alors il n’en vaut pas la peine ». Amen, c’est bien vrai tout ça ! Mais qu’est ce qu’on est aveugle quand on aime, et on ne s’en aperçoit qu’une fois la bague au doigt, oups !

Trêve de scénarios tristounets, malheureusement tellement réels et courants…

Tous les maris ne sont pas grogneurs et méchants. Il existe des amours de mari, qui mangent dans la main de leur petite femme et qui n’oseraient jamais leur faire du mal. Non, je ne fais pas allusion au monde des Bisounours ou encore à la famille Doucœur. Il s’agit bien d’hommes qui n’ont de cesse de choyer leur moitié, pas seulement à coup de cadeaux mais qui les aiment et les chérissent et ça se voit !

Ils sont attentionnés, font tout pour que la flamme persiste, même quand c’est la femme qui endosse le rôle du rustre. Là par contre, ça nous rend jalouses et on se dit qu’elle ne le mérite pas, ouh les langues de vip ! Ainsi sont les lois de ce bas monde, on appelle cela l’équilibre des forces : les sauvageons avec les princesses et les amours de mari avec les sorcières. Vous imaginez si l’homme et la femme étaient tous les deux sauvageons, ils engendreraient des boules de nerfs !

Les amours de mari font fondre leur dame parce qu’ils savent qu’elle vaut bien plus que tout l’or du monde. Et c’est leur maturité et leur intelligence qui leur dictent d’avoir une attitude exemplaire. En effet, ils voient en leur femme, une sœur, une mère, une amie, une amante qu’il faut savoir aimer. Bien sûr, ils ne sont pas non plus infaillibles, mais au moins ils font des efforts afin que l’harmonie règne dans leur couple. Et cela passe par : aller déposer et chercher les enfants à l’école ou à la crèche quasiment tous les jours, faire les courses, s’occuper du bain des enfants et permettre à madame de sortir de temps en temps avec ses copines. Toutes ces petites choses qui soulagent et vous font sentir que vous êtes bien deux. Et la crème des crèmes, c’est celui qui s’occupent en sus des tâches ménagères en repassant lui-même ses chemises ou en lançant les machines. Mais le must of the must, c’est quand il cuisine, là c’est la vraie classe hein les girls ? Quoi de plus séduisant qu’un homme en tablier qui dit d’une voix ténébreuse : « dis chérie, tes pâtes tu les veux al dente c’est bien ça ? ». Et c’est encore plus charmant quand il se met à réaliser des recettes un peu compliquée, qu’il vous met les petits plats dans les grands et qu’il sort votre plus belle vaisselle, alors que les enfants sont chez la grand-mère. Ou celui qui pense à prendre des fleurs ou votre pâtisserie préférée.

Et oui, mesdames, cela existe, ce n’est pas un mythe et ce n’est pas du prince charmant qu’il s’agit. Ce sont des hommes ordinaires mais qui n’ont d’unique que l’amour qu’ils portent à leur petite femme adorée. Et moi, même si les pâtes sont trop cuites, je fondrais malgré tout….

Courrier des lectrices : « Mon mari aime sa belle-soeur »

21 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

femme triste sNous sommes mariés depuis 7 mois, nous étions fiancés pendant 3 ans. Lorsqu’il m’a demandée en mariage je ne l’aimais pas, j’ai eu de l’admiration pour lui après le mariage et je ressentais du désir. Il me manquait dès qu’il s’éloignait de moi. Mais j’ai découvert qu’il était fou amoureux de l’épouse de son petit frère, il l’aime secrètement, elle ne le sait pas !
Je l’ai surpris à  la contempler d’un regard amoureux alors qu’elle était occupée à faire son ménage lorsque l’on était chez eux. Il m’appelle très souvent par le prénom de sa belle-sœur, il n’y a pas une conversation où il ne parle d’elle.
J’ai éclaté et je lui ai dit ce que j’avais remarqué, il a nié et juré qu’il m’aime à la folie et que mes propos le blessaient. Depuis, il fait attention, il parle moins d’elle mais moi je ne l’aime plus, j’ai de la tendresse pour lui et j’éprouve même de la pitié pour son amour impossible. J’ai demandé le divorce mais il ne veut pas. Il a malgré tout essayé par tous les moyens de me prouver qu’il m’aimait mais en vain,  je ne le crois plus.
Je ne sais pas quelle décision prendre sachant qu’il vient à l’instant de m’appeler en usant du prénom de sa belle-sœur ! Je ne supporte plus cette situation. Myriam

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :

Votre réponse à son attitude est le divorce : c’est l’extrême, vous commenciez juste à l’aimer ! D’un autre côté les lapsus répétés de votre époux ne font aucun doute sur le fait qu’il l’apprécie, mais cela ne signifie pas qu’il ne vous aime pas.

Il semblerait que vous vous sentez incapable de rivaliser avec elle et donc que vous préférez sortir de la course, je ne sais pas si c’est un motif suffisant pour abandonner l’homme que vous aviez appris à aimer. Faites-lui part de votre malaise et des conséquences de son attitude et demandez-lui ce qu’il  propose comme solution. 

Il semble vous aimer et tenir à vous, aussi, je pense que vous pouvez trouver un terrain d’entente. Pour commencer, il faut essayer d’éviter  tout contact avec elle afin qu’il puisse commencer à mettre de la distance, et puis vous avez plus d’avantages qu’elle pour séduire et plaire à votre époux, profitez-en, plus vous lui ferez plaisir et plus il ne verra que vous !

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : « Mon mariage est un cauchemar »

14 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

hatc-femme-lonJe suis mariée depuis l’été 2007. Malheureusement, dès le début de mon mariage rien ne va. Mon mari ne me faisait pas confiance du tout, il portait un regard de dégout et de honte sur moi me considérant comme impure (bien que la première fois n’a eu lieu que 4 mois après le mariage!!  Je n’ai pas vraiment connu la nuit de noce)
Petit à petit j’ai commencé à me présenter à l’image qu’il voulait. Je me faisais timide alors que je ne le suis pas, je contrôle tout ce que je dis tout ce que je fais face à lui pour que ces doutes ne s’installent pas et qu’il pense de moi ce que je suis vraiment, c’est à dire quelqu’un de pudique respectueux…
Le mauvais cours de ce début de vie commune a eu un impact sur moi pour la suite. En fait, au niveau de sa confiance en moi ça va un peu mieux (même si il y a toujours un code pour internet ) mais du coup je suis toujours sur mes gardes et la moindre remarque de sa part devient pour moi une accusation et une critique. Je suis devenue une femme très dure et froide, presque sans expression ;  la communication entre nous est du coup très difficile et la compréhension impossible.  Je suis vraiment triste et détruite au fond de moi, je vois ces autres qui évoquent leurs premiers moments à deux comme des bons souvenirs, et moi c’est un cauchemar que je ne veux même pas remémorer. Sofia.

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :

Je pense qu’il faudrait que vous arriviez à discuter avec  lui de ce qui est à la base de vos difficultés : le commencement. Il y a chez vous un blocage lié à ce début de vie de couple peu réjouissant, vous idéalisiez sûrement comme toute femme au début de sa vie de couple et vous vous retrouvez aujourd’hui dans un cauchemar ! Vous devez donner du sens à cette attitude : pourquoi voyait-il en vous une femme impure ? A mon avis, son passé devrait vous éclairer si il sent qu’il peut l’aborder. Et vous ne me dites pas si vous l’aimez et souhaitez continuer ainsi, ou si vous voulez vous séparer.

Dernier point : le code internet révèle une situation de déséquilibre, il vous infantilise, vous vous sentiriez mieux si vous arriviez à retrouver un rôle d’épouse.

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : « Je n’aime pas mon mari »

7 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

Femme triste HATCMon mari est quelqu’un de bien, de gentil mais je me suis rendue compte que je ne l’aime pas amoureusement, je l’aime par reconnaissance. Je suis douce et plus ou moins aimante car il l’est envers moi du coup je ne sais plus ce que veut dire aimer, auriez vous une définition ?
Je souffre car je me dis qu’il ne me mérite pas. Ghislaine.

 La réponse de Fatma Mamouni, psychothérapeute :

Je pense que ce genre de sentiment n’est pas si innocent que cela peut sembler : ou vous aimiez une autre personne auparavant avec laquelle vous le comparez et que vous regrettez, ou bien vous avez envie de vous séparer de lui.

C’est généralement ce que je constate lorsque des patients ont ce type de souci. Cependant, si vous trouvez qu’il est aimant et gentil pourquoi ne pas essayer de développer cet amour, de vivre ensemble des choses qui vous feront l’aimer ?

Des sentiments peuvent naître entre vous et il faut les entretenir, cela est préférable. Et pour vous aider à orienter votre relation, peut-être serait-il utile de vous remémorer vos débuts et les raisons qui vous ont poussés à vous marier ensemble. Cela étant, il faut être honnête et essayer de ne pas le faire souffrir, si vous voulez lui en parler armez vous de douceur et de diplomatie.

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : « je n’ai pas choisi ma filière »

30 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

hatc-femmeJ’ai décidé de suivre des études dans une grande école mais je ne m’y sens pas à ma place. Si je m’y suis inscrite c’était pour faire plaisir à mes parents mais je n’aime pas du tout cette filière. Je suis en deuxième année, et j’ai peur de la réaction de mes parents si je venais à tout arrêter. J’ai beau avoir de bons résultats, il n’empêche que je déteste ce que je fais. Sabah

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :

Bonjour Sabah,

Cette situation est fréquente et malheureusement, les parents jouent sur l’affectif pour que leur enfant n’imagine même pas pouvoir un jour refuser leur choix. Ils vont certainement être déçus mais il faut leur faire comprendre que vous n’aimez pas du tout ce que vous faites, car dans le pire des cas ils ne le comprendront que le jour où vous aurez fini et que vous ne trouverez pas de travail par manque de motivation. Là ils vous diront qu’il fallait le dire avant !

Cependant, si vous décidez de leur faire part de votre mal-être, il est préférable de leur proposer une alternative : essayez de leur montrer que vous avez trouvé une autre filière qui vous plaît, et que vous pourriez l’intégrer dès janvier par exemple, parfois c’est possible.

Dans tous les cas, dans ce genre de situation le plus tôt est le mieux, pour vous autant que pour vos parents.

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices: « Ma belle-famille ne m’accepte pas »

23 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

hatc_femme5J’ai de gros soucis avec ma belle-famille et je suis à bout. En fait, ils ne m’ont jamais acceptée, et aujourd’hui cela va en empirant. J’ai essayé de discuter mais rien n’y fait, on me déteste et cela parce que ma belle-mère aurait voulu que son fils épouse la fille de sa meilleure amie. J’avais longtemps hésité avant de m’engager mais mon mari me disait qu’elle finirait par m’accepter. Or, cela fait un an et demi que nous sommes mariés et les relations sont de plus en plus tendues, et ce, même avec mes belles soeurs. Je ne sais plus quoi faire, je ne veux pas couper les ponts avec elles mais je ne supporte plus d’être traitée comme une moins que rien. Nabila 
 

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :

Bonjour Nabila,

Il est difficile d’être à l’aise face à une belle-famille qui ne vous accepte pas, votre époux a son rôle à jouer si vous tenez tous les deux fortement à votre couple.

Je pense q’un an de mariage c’est tout de même assez récent et qu’il faut peut-être réfléchir à à instaurer la bonne distance avec votre belle-famille : éviter les contacts trop fréquents, puisqu’ils sont néfastes, favoriser les contacts brefs et montrez que vous êtes positive, que vous tenez à votre époux, et qu’à ce titre, vous ne céderez jamais. Ils finiront pas comprendre que leur attitude n’aboutira pas à une séparation et changeront forcément.

Cependant, pour cela, il faut que vous en soyez convaincue et que vous vous armiez de patience.

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : « Je n’arrive pas à faire le deuil de mon époux »

16 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

Hijab and the city femme tristeJ’ai perdu mon époux il y a plus de 8 mois déjà mais je n’arrive pas à m’en remettre. Mes enfants sont tellement gentils et attentionnés, ils font tout pour me faire retrouver le sourire, mais je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. J’étais follement amoureuse de lui, c’était l’homme de ma vie et il me manque tellement. Je me sens si mal vis à vis de mes enfants, mais c’est difficile de faire le deuil de mon mari. Nadia

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :

Bonjour Nadia,

Vos enfants sont courageux et mûrs et je vous en félicite, mais ils ont également besoin d’une mère forte, car il se peut que leurs forces rencontrent leurs limites.
Dans ces moments, il est primordial de s’entourer, la solitude est votre pire ennemi.
Pour reprendre goût à la vie, il vous faut dresser une liste de ce que vous aimiez faire auparavant et de vous y tenir : sorties, activités (notamment avec les enfants), visites d’amis, de proches que vous appréciez… cela est un bon remède pour cesser de penser au malheur et ainsi panser la douleur.

Pour ce qui est de l’amour envers votre époux, vous en souffrez et c’est normal, car dans le deuil, les sentiments que l’on porte à autrui ne trouvent plus d’objet (de récepteur)  et nous reviennent : c’est cela qui est très douloureux, vous devez trouver un moyen de les réinvestir, pourquoi pas en vos enfants, ils le méritent bien !

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : « Le mari de mon amie m’a fait des avances »

hatc-femme-lon« Ma meilleure amie s’est mariée il y a peu de temps avec un homme qu’elle aime fort. Elle désespérait de trouver quelqu’un de bien, qui lui plairait. Après leur mariage, j’ai été invitée chez eux et j’ai remarqué qu’il avait trop tendance à me regarder, au début je me suis dit que ce n’était pas  mal intentionné, qu’il est comme certaines personnes qui zyeutent beaucoup. Et j’ai zappé. Il m’a téléphonée récemment, et il m’a dit qu’il voulait me consulter pour l’anniversaire de sa femme. J’ai accepté mais il s’avérait que c’était un prétexte pour prendre contact avec moi. Au début, il était normal on parlait d’idées de cadeaux, et puis après deux coups de fil, il m’a fait part de ses sentiments pour moi, me disant que c’était le coup de foudre. Alors je lui ai dit que c’était horrible et dégoûtant. J’ai donc décidé de ne plus lui parler. Je n’en ai pas parlé à mon amie, j’ai peur des conséquences. Je ne vais plus chez elle, de peur de le revoir. Et  je me sens mal, je me dis qu’il faut que j’oublie mais je suis mal à l’aise par rapport à elle. » Dalila

La réponse de Fatma Mamouni, psychologue

Bonjour Dalila,

Visiblement cette situation vous met dans un état de grande difficulté. Vous devez faire un choix qui n’est pas simple : soit garder le silence, mais dans ce cas, cette histoire deviendra un secret entre cet homme et vous, soit vous  l’avouez à votre amie et risquer qu’elle vous en veuille et que cela brise son couple.

Dans ce genre de situation, il est beaucoup question d’honnêteté donc il faut vous poser les bonnes questions : tout d’abord qui devez-vous protéger, ensuite comment aimeriez-vous que votre amie agisse si les rôles étaient inversés, et enfin, êtes-vous certaine qu’elle vous rejetterait ? Vous devez également tenir compte du fait que les hommes qui agissent de cette façon sont bien souvent sûrs que la fille gardera le silence, faut-il cautionner pareille attitude ?

Vous devez choisir la solution qui engendrera le moins de regret et de culpabilité, autrement vous risquez de vous le reprocher toute votre vie et le jour où elle l’apprendra, qui sait comment elle réagira…

N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.

Courrier des lectrices : la peur d’aimer à nouveau

2 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne  
Classé dans Psy-show

Vous êtes de plus en plus nombreuses à nous écrire et vos histoires  nous touchent énormément. Pour cela, nous avons mis en place le courrier des lectrices afin de nous faire part de vos questionnements, de vos soucis. Fatma Mamouni notre psychologue est là pour vous répondre et vous conseiller. N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien entendu, votre anonymat sera préservé. 

hatc-femme-ombreAidez moi ! Je suis divorcée depuis un an et j’ai beaucoup souffert car j’aimais mon mari très fort !Je prie beaucoup, et Dieu m’a beaucoup aidée durant cette épreuve. J’ai beaucoup pleuré pendant un an, et j’ai tenu le coup grâce à ma fille. Mes amies en ont eu assez de me voir me lamenter sur mon sort et m’ont proposée un soir d’aller à une soirée organisée par l’une d’elles. Pendant cette soirée, un garçon est venu me parler et je vous avoue que je l’ai repoussé, n’étant pas encore divorcée, j’avais le sentiment d’être toujours mariée, mais au fil de la soirée on a parlé de sa vie, lui était également en instance de divorce, on avait beaucoup de points communs. On a échangé nos numéros et le plus surprenant c’est que l’on s’appelle depuis huit mois sans arrières pensées. Jusqu à récemment, il a décidé de venir me voir car il avait un chantier à côté de chez moi. Et là, on est tombés dans les bras l’un de l’autre sans vouloir se décoller, ça a été un moment  très fort pour tous les deux. Il me dit qu’il ne peut rien me promettre pour l’avenir puisqu’il est toujours en instance de divorce et  moi je n’imaginais pas un jour craquer sur un autre homme. Et lorsque je fais mes prières, j’ai honte mais c’est tellement bon de se sentir aimée, et il est tellement patient, attentionné je ne sais plus quoi faire. J’ai envie de croire en cet homme, mais j’ai peur de commettre une erreur. Aidez moi !

Salima.

Réponse de Fatma Mamouni, psychologue clinicienne :

Chère Salima,

Il y a deux choses à distinguer dans votre situation, d’une part le divorce dont vous avez énormément souffert et d’autre part cette rencontre qui vous comble de joie.
Vous vous retrouvez face à deux situations opposées la perte puis la rencontre qui ont comme point commun d’impliquer toutes les deux l’inattendu et des sentiments forts.
Ce n’est pas évident d’être confronté à ce genre de difficulté, cependant vous évoquiez l’aide trouvée dans la prière, c’est à mon sens vers ce chemin qu’il faut avancer car c’est un chemin sans contradiction et sans surprise.
Cet homme et  vous, semblez avoir vécu des évènements similaires et avoir des points communs, mais cela ne veut pas dire que vous êtes faits l’un pour l’autre.
Comme pour toute rencontre, restez prudents et essayer de vous inscrire dans une relation simple afin de ne pas vivre de nouvelles souffrances, et ces dernières peuvent être évitées uniquement si vous n’impliquez pas d’emblée de sentiments ni d’attachement.
D’autant plus qu’il est plus difficile de se remettre d’une séparation lorsque l’on en a déjà vécu une ou plusieurs. Je comprends que ce soit un besoin et un plaisir pour vous, mais il faut que vous soyez sûre pour ne pas avoir de regrets par la suite.
Vous ressentez de la honte lorsque vous faites vos prières, c’est positif car cela prouve que vous vous sentez le devoir de prendre du recul, réfléchir.
Il ne faut pas précipiter les choses. Apparemment, le recueillement dans la prière vous aide beaucoup, aussi peut-être devriez vous suivre cette voie qui vous apaise, cela vous permettra sûrement de relativiser. 

La méritocratie, vous y croyez ?

19 octobre 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

« Quand on veut , on peut » ; « travailler dur », autant de formules qui reviennent sans cesse dès qu’il s’agit de parler de réussite sociale. En fait, c’est simple, pas de secret pour toutes celles qui souhaitent avoir une vie paisible, confortable à l’abri des dettes et des périodes noires, il suffit de se tuer à la tâche et forcément ça paiera !

Ça commence par les études. D’emblée, tout le monde connaît bien évidemment ce qui est prometteur de ce qui ne l’est pas, et tout le monde part avec les mêmes chances à en croire certains. Tout est une question de volonté et de motivation, donc. On savait toutes que la formule prépa + grande école c’était bien plus élitiste et porteur que la fac, ou encore que les stages sont à faire dès l’obtention du bac ou mieux pendant, bah voyons !

Certes, l’instruction est le meilleur moyen de se donner les moyens, je m’explique : nous ne disposons pas des mêmes capacités c’est un fait, certains sont meilleurs en mathématiques, d’autres en littérature, d’autres encore en économie, en arts plastiques, en biologie, en langues, en histoire, en mécanique et la liste est longue. Savoir exploiter ses prédispositions ou travailler avec opiniâtreté quand il s’agit d’un domaine où l’on est moins bonne, nous permet de mettre certaines chances de notre côté, je dis bien certaines et pas toutes. En effet, au-delà des connaissances que l’on acquiert, des compétences que l’on peut mettre à profit, il existe tout un tas d’éléments à prendre en compte et qui nous font réaliser que tout ne vas pas de soi, qu’il ne s’agit d’une simple opération du genre 2 + 2 = 4 mais qu’au contraire il arrive parfois que le résultat soit nul et non avenu.

On parle de méritocratie, quand il s’agit de promouvoir une personne sur un seul et unique critère, celui du mérite. Qu’en est-il de celui ou celle qui a 23 ans, un bac + 2 en droit à son actif, mais laborieusement obtenu, réussi à accéder à un poste à haute responsabilité ?

Je ne suis pas pessimiste, je vous rassure, surtout celles qui sont en plein dans leurs études, parce qu’y croire c’est le début de la gloire. Néanmoins, le spectre de la dominance plane sur nos têtes ainsi que celui de la discrimination, du deux poids deux mesures…

Et pour éviter la grosse gifle à laquelle on ne s’attend jamais, il vaut mieux partir avertie. Et quand on l’est avec la tête bien pleine, cela vous garantit le succès, du moins je l’espère.

Il n’y a pas de recette miracle mais des réalités qu’il faut réussir à déjouer. Notre belle nation nous donne aujourd’hui un exemple patent de cet état de fait : Jeannot au commande de La Défense, non pas parce qu’il est « bien né » comme dirait le paternel, mais parce qu’il l’a mérité ! Népotisme quand tu nous tiens ! Et à plus petite échelle, vous vous apercevrez que c’est pareil en entreprise, et on le sent encore plus quand il s’agit de trouver un stage ou pire un emploi, et ce quelque soit le domaine (même à l’usine !).

Finis donc la période des bons points et des images à collectionner, place à la stratégie et aux relations mes belles. Réseautez autant que vous le pourrez , soyez perspicaces mais pas trop, sachez être là où il faut quand il le faut et apprenez à vous vendre (surtout les universitaires, c’est fou ce qu’on peut être naïfs).

Bienvenue dans le monde du passe-droit et de la préférence, et  c’est ce qui fait loi depuis longtemps et ce n’était donc qu’un rappel les girls que l’actualité n’a pas manqué de nous faire.

Quand on veut on peut, d’accord mais en se prémunissant de pas mal de choses. La course au mérite est lancée : à vos relations, prêtes, feu, réussissez !

Interview exceptionnelle de Tariq Ramadan

16 octobre 2009 par Khadija  
Classé dans Portraits

Hijab and the city publie cette semaine une interview exceptionnelle de Tariq Ramadan. Au programme, une discussion autour de son ouvrage l’Autre en nous, une ode à l’amour et à l’enrichissement par la différence, une autre façon de voir le monde, de voir l’autre. Rencontre avec un homme porteur d’un message empreint d’humanité et de sincérité.

Tariq RamadanVotre livre l’Autre en nous traite de la question du pluralisme, pourquoi un ouvrage sur le sujet ? Est-ce eu égard à la situation des musulmans Européens ?

Pas du tout. J’ai une formation en philosophie et une formation en sciences islamiques que j’ai eu au Caire, et à un moment donné, j’ai travaillé sur le droit et les fondamentaux du droit, notamment dans mon livre Islam, la Réforme Radicale. J’avais envie de parler de valeurs fondatrices, faire un texte de philosophie mais avec un angle nouveau. Comme je le dis dans mon ouvrage, la question du sens ce n’est pas regarder les choses à partir de notre petite fenêtre mais à partir de l’océan. Ce n’est pas du tout un livre européo centré, il a déjà été traduit en huit langues et bientôt en turc et en arabe.

Vous parlez d’un universel partagé et mettez l’accent sur la diversité des points de vue, des dogmes, qu’en est-il de la notion d’ « Oumma » ? « Le besoin de commun » est-il à ce point primordial ?

On peut parler d’une Oumma internationale ou la Oumma telle que la présentait Ibrahim. Beaucoup de musulmans la traduisent comme représentant tous les musulmans du monde. Alors que la Oumma c’est avant tout une communion spirituelle, un rapprochement vers le divin. Cette quête vers le divin s’appuie des principes qui sont des principes fondateurs de l’enseignement islamique et qui sont traduits d’ailleurs dans les noms divins : arRahman (le Clément)… Et parce que c’est une communion spirituelle, elle exige la conscience critique, c’est à dire distinguer ce qui est universel dans les principes de ce qui est particulier dans les cultures. Le principe fondateur de la Oumma spirituelle c’est notamment quand deux groupes de la Oumma se disputent, tout doit être mis en œuvre pour les faire se rapprocher, sauf si l’un des deux groupes transgresse. Et la conscience critique repose sur la diversité d’interprétation.

Les voyages sont importants selon vous, vous dites d’ailleurs qu’« il faut se mettre en route vers de nouveaux horizons afin de découvrir l’autre ».

Le Prophète (SAW) dit : « soit sur la terre comme un étranger ou comme un passant » et l’on dit également « vis sur la terre comme si tu devais y vivre éternellement ». Nous devons comprendre que nous sommes sur la terre et que la vie est un voyage. Nous devons le vivre en le comprenant spirituellement. Ne jamais idolâtrer les lieux. Dans le voyage, on acquiert une relativité des habitudes, de la pensée mais l’universalité des principes demeure. Il faut apprendre à rester humble dans notre interprétation des idéaux, elle reste propre à chacun.

Comment percevez-vous le monde d’aujourd’hui ? Allons-nous vers plus de confiance à l’égard de celui qui diffère de nous ?

Aujourd’hui, nous sommes à l’opposé de ceci car pour pouvoir le vivre il faut faire tout un travail sur soi. Nous sommes à l’ère de la globalisation, on parle d’absence, on est dans une ère des petites vérités méfiantes. L’émancipation intellectuelle passera par la résistance de ces vérités vers des horizons de la confiance.

Tariq Ramadan, L'autre en nousVous n’avez de cesse de répéter qu’il faut témoigner son amour aux autres, le monde d’aujourd’hui va t-il à ce point à la dérive au point de rappeler aux autres qu’on les aime ?

Ce n’est pas parce qu’on va mal qu’il faut dire qu’on s’aime, même quand on se marie il faut le dire, et pas attendre de divorcer et de repenser à la période où l’on s’aimait. L’amour c’est une lumière, et parce que dire l’amour produit un état d’esprit, un état d’illumination de l’esprit qui se projette à notre rapport au réel. Quand on fait entrer en nous l’amour, on se conditionne mentalement, cela fait référence au béhaviorisme, à la psychologie comportementaliste. Or, ce conditionnement peut être négatif, mais le comportement mental spirituel de dire l’amour, c’est prévenir le fait de devenir plus mal. Et surtout l’amour qui se dit dans la gratuité de ce qui se vit ; ça ne coûte rien et ça vaut tellement.

Savoir d’où l’on vient, ne pas rompre avec le passé, pourquoi est-ce si important ?

C’est important parce que beaucoup de gens sont si obsédés par là où ils vont qu’ils en oublient là où ils viennent. Or, je ne vais nulle part si je ne sais pas d’où je viens. La quête de l’origine est importante, elle peut être négative quand on s’enferme dans son passé et positive quand on se nourrit de ce passé. Ce passé, comme j’ai tendance à la dire est une école. Il y a des choses, des détails qui nous forment, il ne faut se couper de cela. Ceux qui viennent à la conversion du cœur se coupent du passé parce qu’il leur paraît tellement noir, qu’ils veulent s’en couper. C’est une façon de remercier le Très Haut de ce cheminement. Se nourrir de la noirceur d’hier pour rester fort aujourd’hui et éduquer ses enfants. Entendre ceux qui vivent dans leur passé, car son passé à soi c’est le présent des autres.

En parlant du passé, quel est l’événement qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

Oh la ! Le traumatisme de ma naissance (rires). Il y en a plusieurs. Ce sont souvent des décès, le décès de mon père a été un vrai questionnement ; le décès d’un de mes élèves dont je parle dans mon dernier livre a aussi été un questionnement. C’est essentiellement l’expérience de la mort mais aussi celle du désert. Et tout ce qui relève des chants de l’amour, telle que la naissance des enfants.

Selon vous, existe t-il une femme musulmane ou des femmes musulmanes ?

Non, il y a des femmes musulmanes. Il y a un idéal féminin, il y a des cheminements. L’idéal féminin, on peut en discuter, de l’être féminin dans son autonomie, qui assume sa féminité, et qui a un autre regard sur la vie, sur certaines valeurs, sur l’éducation, sur les priorités. Pas forcément meilleur mais meilleur parfois. Il y a un idéal dont je pourrai définir les contours et il y a des femmes. C’est le cheminement de chaque femme singulièrement qui doit assumer ce qu’elle est, ses doutes, son humanité.

Un mot pour les lectrices de Hijab and the city ?

Ce que je dirais, puisque vous avez choisi de mettre le hijab en avant, l’essentiel est de comprendre les prescriptions islamiques à la portée de leur objectif spirituel. S’il y a une pudeur vestimentaire en Islam, elle doit être accompagnée par une pudeur spirituelle, intellectuelle, les pudeurs fondamentales, c’est important. Nous tous, nous gagnerons beaucoup à préserver l’humour. Une femme qui sait faire de l’humour, c’est une femme qui sait se faire respecter en souriant.

Merci à Tariq Ramadan d’avoir pris la peine de répondre à nos questions.

Site officiel de Tariq Ramadan : www.tariqramadan.com

La créatrice, c’est VOUS !

15 octobre 2009 par Shahin  
Classé dans Look at mon style

On rêve toutes du modèle unique, fait pour nous, par nous. Un truc qui fera faire des « waouh » des « ohhh » des « nooon » des copines ébahies devant « NOTRE TRUC EN PLUS ». Et à notre tour de leur répondre la fameuse phrase déja culte : « C’est moi qui l’ai fait ! »

Car aujourd’hui la styliste c’est vous. Freestyle de couleurs de matières et de formes pour donner libre cours à votre imagination. Et c’est sur 3 suisses

3 suisses
 
A vous le top, la jupe, la robe de vos rêves. En 4 étape le tour est joué ! On choisit son modèle, son tissu (soie, coton… ), et on s’adonne à notre créativité en choisissant l’encolure, les manches, la forme que prendra notre modèle unique. Et pour environ 70 euros, on repart avec une jolie pièce imaginée par nos soins… c’est pas beau ça !
 

3 suisses création
 
Le concept n’est pas nouveau, on pense bien sûr à la marque Longchamp qui avec ses sacs à customiser nous donne l’âme d’une artiste. Choisissez votre modèle, la couleur du cuir et de la doublure. Et cerise sur le gâteau : vos initiales gravées sur le devant ! Un sac HATC c’est possible ???
 
sacs longchamp
 
Mais définitivement mon coup de coeur va à la marque culte Nike, qui depuis bien des années ravie les puristes de la sneakers, qui peuvent se vanter de customiser leurs air force d’un bleu électrique, ou d’une virgule à pois noir et blanc !
 

Nike

Pour être allée au Nike ID studio de Londres, je vous assure que ça vaut le coup d’oeil… On sélectionne son modèle, et on customise à souhait sa basket d’un coup de clic !

Nikeid full shot

Alors c’est qui la nouvelle Lagerfeld ???

Focus sur… les féministes musulmanes

20 août 2009 par La rédaction  
Classé dans Portraits

Aujourd’hui, la question du féminisme musulman est de plus en plus traitée par des femmes musulmanes, ou non, bien décidées à révolutionner ce concept à l’origine occidental. Paradoxe pour certains, réhabilitation pour d’autres, le féminisme suscite toujours autant de débats et continue à déchaîner les passions de celles qui s’en réclament ou qui le décrient.

Hijab and the city dresse pour vous aujourd’hui le portrait des grandes figures du féminisme musulman de par le monde, qui à l’unisson, réinvestissent le champ de l’interprétation des textes religieux (Ijtihad), rompant ainsi avec les interprétations patriarcales. Du Maghreb au Machrek, des Etats-Unis au continent européen, ces femmes s’organisent et présentent une nouvelle figure du féminisme.

margot-badranMargot Badran

Chercheuse au centre Alwaleed bin Talal for Muslim-Christian Understanding à  l’université de Georgetown. Elle est l’auteure de Identity Politics and Women : Cultural Reassertions and Feminisms in International Perspective, qui est une étude comparative sur les fondamentalismes. Considérer que les mots féminisme et Islam sont antinomiques est,  selon elle, la plus grande aberration qui relève de l’ignorance.

Amina Wadud

amina-wadudProfesseure d’études islamiques en Virginie, elle est surtout connue pour avoir été la première femme à diriger la prière du vendredi devant une assemblée mixte. Un évènement qui a déclenché un tollé chez les musulmans. Elle promeut le caractère dynamique de l’Islam et se présente comme postmoderniste. Auteure de Qur’an and Woman: Rereading the Sacred Text from a Woman’s Perspective, elle tend à proposer une interprétation des textes sacrées qui rompt avec le sexisme qui sévit depuis des siècles.

nadia-yassineNadia Yassine

Fondatrice et dirigeante de la section féminine du mouvement marocain el Adl wa el Ihsane (Justice et Bienfaisance), elle est conférencière internationale et auteure d’ouvrages et d’articles dont Toutes voiles dehors paru en 2003. Opposée au wahabisme, elle prône également un effort d’interprétation des textes, pour ainsi faire revivre le message de libération, envers les femmes notamment, que l’Islam porte en lui depuis son avènement.

Ndeye Andujar

ndeye-andujarUniversitaire et vice présidente du Conseil Islamique de Catalogne, elle lutte contre les interprétations machistes qui entachent les textes sacrés. Son but, créer des ponts entre le féminisme occidental et le féminisme islamique de façon à aboutir à une lutte commune pour la cause des femmes en quête d’égalité, et combattre les clichés qui présentent la femme musulmane comme étant soumise et inférieure.

Rencontre improbable avec Loubna Méliane

17 juillet 2009 par Mariame  
Classé dans Portraits

Quand on lui demande ce qu’elle a appris après dix années de militantisme, Loubna Méliane répond « que tout n’est pas tout blanc ou tout noir ».  Très présente dans les médias et sur le terrain avant de mettre sa carrière entre parenthèses, cette jeune femme n’a eu de cesse d’articuler combats politiques et défits personnels.  Parfois décriée pour ses prises de position, Loubna Méliane se révèle être aujourd’hui une jeune maman heureuse et épanouie, qui parle sans ambages du passé avec un regard tourné vers l’avenir. Portrait d’une femme de terrain qui retrace avec nous son parcours en toute sincérité.

On connaît toutes ton parcours de militante, de femme engagée. Mais si je devais retenir quelque chose dans tout ce que tu as pu faire,  c’est ton livre, Vivre libre, où tu te dévoiles beaucoup.

loubna-meliane-pour-hijab-and-the-cityJe me suis mise à nu, ça a été difficile, très dur même. Je considérais que c’était pas à moi de faire ça. En tant que militante, je mène des combats pour ma personne, mais aussi pour les autres. Pour moi, quand tu es militant, tu n’as pas à te dévoiler… Je pensais qu’il n’y avais aucun intérêt à dire qui j’étais, d’où je venais… Et avec les années, je me suis rendue compte que si, que c’était plus simple et plus facile de faire passer des messages quand on racontait une histoire. Le but n’était pas de raconter mon histoire pour raconter mon histoire, non ! C’était de montrer mon cheminement par rapport à mon histoire familiale, mon engagement et les rapports que j’ai pu avoir avec les uns et les autres. Le but était de montrer que finalement, on est que le produit d’une histoire. Ce qui m’a poussée du jour au lendemain à militer, c’est mon histoire familiale. Chez moi, les femmes ont toujours été indépendantes. Et pour moi, être une jeune femme, issue d’un quartier, qui va  à l’école, qui est confrontée à des difficultés, avec différents handicaps… Pour moi, malgré tout ça, on a envie de s’en sortir, et on se donne les moyens. Bien sûr, on a du mal, on doit en faire plus que les autres. Mais voilà, je voulais montrer qu’on pouvait y arriver. Chacun mène la vie qu’il  veut mener. Néanmoins, on vit dans un pays où on a le droit de revendiquer un certain nombre de choses, on a la possibilité de le faire dans le respect de l’autre. 

C’était donc par nécessité purement militante que tu as écrit ce livre. Mais à côté, comme tu l’as dit, tu as dû te mettre à nu. Est-ce que c’était pour toi un exutoire, une thérapie ? 

Non. Vraiment, je voyais  plus ça comme un exercice militant. Y a eu un travail d’introspection, c’est évident, mais pas très poussé. Parce que l’objet du livre,  c’était pas de raconter ma vie pour raconter ma vie, c’était de raconter mon engagement. Je n’essayais pas de régler des questions d’ordre personnel. C’est après que ça a déclenché d’autres choses. Je vis ma vie de femme, je suis mariée, j’ai une petite fille. Forcément, j’ai fini par me poser des questions sur qui je suis, d’où je viens, ce que j’ai envie de transmettre à mon enfant. Donc là oui, j’ai dû faire une réelle introspection, parce que je mène une vie qui fait qu’au bout d’un moment, j’ai du me poser des questions. Et il faut avoir  le courage de se mettre devant un miroir et de se poser les bonnes questions. C’est vrai que ma fille, plus que le livre, m’a amenée à une véritable introspection. 

Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que quand on voit, on entend Loubna Méliane, on t’associe directement à un parti, à un mouvement, à un groupe. La Loubna femme, maman, c’est certainement la plus intéressante.

Je vis comme n’importe quelle jeune femme en France. Je me suis posée pas mal de questions, à savoir si oui ou non j’étais capable d’assumer un mariage mixte, avoir un enfant, des questions auxquelles j’ai pu répondre grâce à la marche (Marche des femmes des quartiers pour l’égalité et contre les ghettos) qui m’a poussée à penser que je pouvais vivre égoïstement, penser à moi, vivre heureuse. Pourquoi me l’interdire ? Au nom de quoi ? Donc voilà, je me pose les mêmes questions que n’importe quelle jeune femme. Au départ, c’était simple de sortir avec lui, ça ne l’engageait à rien, et ça ne m’engageait à rien. C’est au fil des années, au fur et à mesure que le temps passe que tu te rends compte que tu t’installes dans une routine, que ça devient sérieux, que ça amène à autre chose, à construite quelque chose ensemble, à s’installer, à se marier… à avoir des enfants ! La marche, ça m’a permis de régler ça par exemple, des questions plutôt personnelles. J’étais amoureuse, je voulais donner une chance à cette histoire et aujourd’hui, je suis heureuse. Il n’est pas musulman, mais il n’empêche qu’il respecte qui je suis et ce que je suis. Juste  pour te donner un exemple, pendant un moment, j’étais loin de ma famille, et c’était la période où j’avais eu ma fille,  où je voulais qu’elle puisse découvrir ma famille, ma culture. La famille de mon mari est adorable, je les aime très fort, ce sont des gens extraordinaires, mais ils ne pouvaient pas lui apporter ça. Je le vivais mal, mais mon mari a été génial. Il a proposé  de fêter l’aid, m’a dit que j’avais ma propre famille, qu’on pouvait le fêter ensemble. Et c’est la que j’ai sorti mes livres de recettes, que j’ai invité mes amis, qui n’étaient pas forcément musulmans, mais peu importe. Le but était de partager avec moi le repas de l’aid. Il n’était peut être pas parfait, mais voilà… Notre force, c’est d’accepter l’autre comme il est, sans lui demander de changer. Je ne lui demanderai pas de changer, et il ne me le demandera pas non plus. Après, d’autres questions se poseront quand ma fille sera plus grande et qu’elle devra faire son choix, mais elle le fera toute seule. Moi, je ne lui imposerai rien. Si elle veut devenir musulmane, je lui expliquerai ce que je sais, et en réalité, j’ai une conception assez personnelle de la religion. Je l’inviterai à lire, c’est ce que mon père m’a toujours appris, à aller chercher dans les livres, à se faire sa propre opinion. On pourra en discuter, c’est ce que je faisais avec mon père ; on a pas eu d’obligations ou autres avec lui, je veux faire la même chose avec ma fille. J’essaierai de l’aider au mieux, de lui donner des conseils. Je ne veux pas lui mettre la pression. Avec mon mari, on est plutôt des laïcs. On croit, en quelque chose, mais plutôt à des valeurs universelles, le respect, la tolérance…

Vous croyez en une humanité ?

Oui voilà. Chez moi il s’appelle Allah, chez lui Jésus. Mais s’il s’était appelé autrement, ça ne nous aurait pas posé de problème. Y a des piliers, on s’appuie dessus et ça s’arrête là ! On essaye, mais je sais qu’on aura des difficultés d’ici quelques années, quand ma fille grandira. J’appréhende parce que ce qui m’inquiète, c’est le repli communautaire qui existe, et qu’on ne peut pas nier. Un enfant issu du métissage, c’est compliqué. Savoir d’où l’on vient, qui on est… Si en plus, par dessus tout ça, les uns et les autres mettent leurs propres revendications pour essayer de s’en emparer, j’ai de quoi m’inquiéter ! Pour l’instant, elle est petite. Elle vit avec plein  d’amour, mais j’ai peur pour elle. Elle est métisse, elle a une double culture, et l’extérieur peut être hostile pour elle.

Quelques soient les milieux, les groupes qu’elle sera amenée  à fréquenter ?

Oui, tous milieux confondus ! On a encore du mal à accepter le multiculturalisme.

Par rapport a tout ce que tu dis, à la naissance de ta fille qui à l’air d’avoir changé ta vie tant sur le plan personnel qu’au niveau de tes combats de militante, on voit que ça t’as ouvert les yeux sur pas mal de chose, sur ta manière d’appréhender l’autre.

Les gens me connaissent depuis que j’ai 19 ans. Aujourd’hui, j’en ai 31, et je suis comme tout le monde. J’ai grandi, j’ai évolué, j’ai mûri. Je ne suis plus forcément dans la spontanéité, je suis désormais plus réfléchie. Les gens sont restés sur une image. Je ne dis pas que j’ai mis de l’eau dans mon vin, je dis juste que les choses se présentent à moi différemment. Je ne les vois plus de la même façon, ou en tout cas, j’essaye de regarder plus loin que le bout de mon nez, et d’arrêter de me laisser prendre par les émotions. J’essaie aussi de ne plus regarder les choses sous un prisme personnel, par rapport à ma propre histoire. J’ai appris que les gens n’ont pas la même histoire que moi. Ils sont différents, et ont des histoires différentes,

Les histoires sont différentes et rien n’est figé. Et par rapport à tout ce que tu as pu faire, est-ce qu’il y a des choses que tu ferais autrement ? Qu’est-ce que tout ton parcours t’as appris ?

Que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, qu’il y a des nuances, que les choses sont compliquées. Je referais les choses de la même manière parce que c’était moi, à des moments particuliers. Je ne vais pas nier ce que je suis, je ne suis pas une autre personne. J’ai juste grandi ! Pour moi, les choses ne sont plus aussi simples. Il faut être capable d’analyser, d’écouter, de comprendre, et après d’avoir une opinion. Mais pas avant.

Y a pas très longtemps lors d’un débat, tu expliquais que tu assumais tout ce que tu avais pu faire jusqu’à aujourd’hui, mais qu’il y  avait eu pas mal de récupération. Est-ce que tu parlais de Ni putes ni soumises que tu as fini par quitter ? 

Non, on m’a gentiment demandé de partir.

Pour des question idéologiques, ou c’était plutôt des luttes de pouvoir ? 

Un peu des deux. Je voulais pas faire de Npns un mouvement communautaire, pour moi ce n’était pas possible. La seule communauté à laquelle je veux bien appartenir, c’est la communauté française, la nation une et indivisible. Mais Fadela Amara a toujours voulu en faire un mouvement de beurettes, moi non. Parce qu’en plus, quand on a fait la marche, moi j’ai travaillé avec des femmes pas forcément issues de l’immigration, des quartiers ghettos. C’était des femmes qui avaient vécu les mêmes difficultés que nous, peut être pas aussi violentes, mais toutes aussi agressives.

Parce que pour toi, on porte toutes les mêmes stigmates ?

Oui, et c’est pour ça qu’il fallait un mouvement collectif. Le but était de créer une passerelle entre les féministes d’avant, et les femmes que nous sommes aujourd’hui. C’était un beau challenge que de remettre au goût du jour le féminisme, et surtout de l’expliquer. C’est pas une lutte des classes, une lutte entre les hommes et les femmes, non. C’est un combat de société pour permettre aux hommes et aux femmes de vivre ensemble, de trouver leur place . C’était la marche des femmes des quartiers contre les ghettos et ensuite pour l’égalité. Le féminisme est arrivé après. C’était avant tout un combat social pour moi, et au sens large. C’est en rencontrant des femmes, des féministes que je me suis dit que c’était important de renouer avec cette histoire, celle de notre pays. Finalement, Npns, c’est plus du tout ça ! Là, c’est des petites beurettes qui se mobilisent pour elles. Ça a créé beaucoup de tentions entre nous et les mecs, alors que sur la marche, pas du tout. C’est vrai que le slogan pouvait choquer… c’était de la provoc’, de la com’ quoi ! Je le dis et j’assume ! Il nous fallait un nom fort pour être visibles et entendues, mais ça ne voulait pas dire qu’on vivait en opposition avec nos frères et pères. Parce qu’eux aussi vivent les mêmes difficultés. C’était un combat pour nous, mais pour eux aussi. Et c’est pas ce qui en ressort aujourd’hui. Npns, c’est aussi une coquille vide, on ne propose rien. C’est bien beau de dire aux jeunes filles vous avez des droits, revendiquez-les… mais on leur donne pas les moyens, on ne leur propose pas d’alternatives, de solutions. Elles sont tombées dans une espèce de victimisation et moi, je ne suis pas une victime. Je ne me considère pas comme une victime. Et même celles qui ont subi les choses les plus difficiles et les plus atroces le disent. Là avec Npns, on est tombé dans le pathos. Après oui, c’est grave ce qui se passe, il y a des violences, mais c’est pas que ça. On ne peut pas se mobiliser uniquement la dessus. C’est réducteur, on tombe dans les  clichés et en plus, ceux dont on veut se débarrasser. C’est une réalité que des femmes meurent sous les coups de leurs conjoints… 

Mais celui-ci n’est pas forcément maghrébin ?

 Tout à fait !

Donc pour toi Npns à l’origine, c’était un mouvement qui portait une lutte sociétale, quelques soient les origines ethniques, religieuses et sociales des uns et des autres ?

Y a qu’à regarder les statistiques, que tu sois une femme issue d’un milieu aisé, ou issue d’un milieu ouvrier, tu subis les mêmes violences. Les statistiques parlent.

C’est ce qui t’a dérangé ?

Oui, et par ailleurs, on m’a dit de partir avant d’exprimer quoique ce soit, de laisser la place à Fadela. Et à la rigueur, ça arrive, c’est de la politique. C’est pas ma façon de faire, mais bon…

Et qu’est-ce que tu as ressenti ?

J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre. C’est comme si on m’enlevait mon bébé. Je travaillais dessus depuis deux ans. Npns, c’était bien avant la mort de Sohane. Ce malheur a permis d’avoir un écho au niveau médiatique, mais le mouvement existait bien avant. Mais ça avait marqué tout le monde parce qu’avant, on en parlait pas à la télé. Et puis Npns, c’est devenu un mouvement réduisant son combat contre les violences physiques faites aux femmes des banlieues. Même si c’est une réalité, y a pas que ça. D’autres problèmes existent, économiques, politiques. Avoir une carrière politique pour une femme, c’est difficile. Concilier une carrière professionnelle et une vie de mère, ça l’est encore plus. Et puis envers les mecs, on avait beaucoup d’affection, parce qu’on se rendait compte que si notre situation se dégradait, c’est parce que la leur aussi se dégradait. On essayait de se battre pour nos frères, c’était un combat commun. Je ne me vois pas vivre à côté d’eux, mais avec eux. Et c’est vrai que c’est aussi intéressant de mener un combat féministe en tant que tel, avec des questions sur l’émancipation, l’égalité salariale, la lutte contre les violences conjugales et autres, la possibilité de faire évoluer les femmes, la question du rôle de l’Etat dans toutes ces problématiques… Bref, des questions d’actualité !

Et ton actualité à toi Loubna. Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?

Il a donc fallu faire le deuil de Npns, toutes les anciennes ont été virées. Faut savoir qu’aujourd’hui chez Npns et autour, toutes celles qui sont à l’origine du mouvement, elles ont toutes été virées, ou sont parties quand Fadela a rejoint le gouvernement Sarkozy. 

Et qu’est-ce que tu as fait après ça ?

J’en avais marre que mon nom soit assimilé à des gens, à un parti … J’avais envie de me détacher de ça, de me prouver des choses, de me montrer que je pouvais voler de mes propres ailes. J’ai bossé en radio, une libre antenne. J’avais une émission en soirée, une fois par semaine, sorte de service public où on abordait avec les auditeurs des sujets d’actu, société, religion, racisme, sexualité, etc. J’invitais des experts, des artistes, des politiques. C’était très intéressant. Ça a duré deux ans, puis je suis tombée enceinte, je me suis occupée de ma fille, et le militantisme m’a manqué. En même temps, j’avais peur d’y retourner. J’ai pris pas mal de gamelles. Je pensais qu’on était une famille, qu’on militait dans la même direction. Mais c’est de la politique, c’est un autre monde. C’est une famille  parce qu’il y a des convictions communes, des orientations semblables, des objectifs communs. Mais ce qui m’a mis hors de moi, c’est que certaines personnes sont là pour elles. Après, avoir de l’ambition c’est bien, j’en ai aussi, c’est pas vraiment le problème. Mais pas de coups bas. J’ai un petit espoir, je crois que ma génération veut rompre avec ces façons de faire de la politique. Je suis persuadée qu’il faut arriver à travailler main dans la main. J’ai envie de faire de la politique différemment. On verra, l’avenir nous le dira ! J’ai donc beaucoup réfléchi, j’ai pris beaucoup de recul. Et j’ai constaté que j’avais besoin du militantisme ! C’est dur, mais j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. Je bosse aujourd’hui pour la Fédération nationale des maisons des potes. Je suis la rédac’ chef adjointe du journal Pote à pote. J’écris des articles, je rencontre des gens. Ça me permet de réfléchir à des problématiques que je n’ai plus abordé depuis longtemps. Ça me permet aussi de voir d’autres choses, de ne pas être sur le même créneau qu’avant, de réintégrer le terrain. Mais je ne me mets pas en avant, je veux continuer à militer, à faire de la politique petit à petit, mais tout en ayant un ancrage associatif. Je pense que les années à venir, on fera de la politique différemment. J’ai l’espoir qu’une société civile va émerger, qu’elle va reprendre le flambeau, que ce sera différent.

Un petit mot pour les lectrices de Hijab and the city ?

Je voudrais seulement leur dire qu’on doit mener ensemble un combat qui nous concerne toutes, et non pas les unes contre les autres. Parce que sinon, on avancera pas, et ce serait vraiment dommage. Et je vous encourage aussi dans votre initiative de prendre et donner la parole, c’est très important et intéressant ! Bonne continuation à toutes.

Photo : Loubna Meliane, juillet 2009 à Paris – Hijab and the city

Sommes-nous matérialistes ?

5 juillet 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

hatc-womanIf I was a rich girl na na na na na na na… Pour le coup être blonde n’est pas une fatalité, Gwen Stefani soulève là une vraie question (pardon les blondes).

C’est une question que l’on s’est toutes posées au moins une fois dans notre vie, avouons le. On se projette dans une vie fastueuse et opulente, avec des étoiles pleins les yeux en se disant « ah si seulement j’étais riche… » Ou encore, tout en restant terre à terre et en n’étant pas trop gourmande, on se dit juste qu’on aimerait pouvoir donner libre cours à des envies beaucoup plus accessibles comme voyager sur commande, faire des achats tous les jours, aller chez l’esthéticienne chaque semaine, et se faire coiffer après chaque shampoing, les cheveux entourés d’une serviette, à la sortie du hammam, que dis je du spa.

Ce n’est donc pas forcément avoir la folie des grandeurs, ça peut être juste aspirer à quelques petits plaisirs qui ne sont  vraiment pas donner ici : soins, coiffure, salons spécialisés et pareil pour les vêtements. Des trucs de filles en somme.

Ainsi, aimer les belles choses, et vouloir ce dont on ne dispose pas fait il de nous des matérialistes ?

Certaines ne s’en cachent pas, elles l’assument haut et fort. Elles vont jusqu’à s’endetter pour obtenir ce qu’elles veulent. D’autres font le choix d’épouser un homme qui ne leur plait pas du tout mais qui dispose d’un patrimoine à en faire rager plus d’une. Jusqu’au-boutistes pour les unes, pragmatiques pour les autres, jusqu’où peut on aller pour arriver à ses fins ?

Et vous aurez remarqué qu’aujourd’hui tout le monde arbore des sacs chics, ou encore des lunettes hors de prix, des accessoires de luxe, sans parler des cosmétiques et autres babioles qui peuvent représenter un tiers du budget mensuel. On n’hésite plus à faire du shopping à outrance et à tendre vers un style et vers des gammes qui sont bien au dessus de nos capacités réelles en matière de dépenses.

La publicité nous inonde, notre propension au beau et au rare également, en bref nous sommes humaines et parfois à excès, mais est ce que cela peut justifier les folies qui nous poussent à devenir comme ces filles des séries télévisées qui ne jurent que par l’argent ?

Avec l’augmentation du coût de la vie, les choses sont de plus en plus chères et on ne peut pas en vouloir à une femme d’accepter de fermer les yeux sur certains critères quant au choix de leur futur époux, parce qu’elles savent qu’avec le temps, on s’habitue à tout. Et oui ! La notion du sacrifice ou le réalisme, appelez cela comme vous voulez. C’est moche hein ? Mais c’est comme ça!

Alors à la question sommes nous matérialistes, je dirais que nous le sommes toutes à des degrés différents, certes, mais nous le sommes malgré tout. La société de consommation nous a vu naître et c’est à son sein que nous avons été nourries.

Néanmoins, la raison est là pour nous faire des piqûres de rappel, parce que franchement, ce n’est pas son compte en banque que l’on a près de soi au lever comme au coucher n’est ce pas mesdames ? Et c’est dans ces instants là que les plus voraces doivent se dire « est ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? » Quant à souffrir de malnutrition pour un speedy Vuitton ou pour tout autre plaisir, je dis hors de question ! N’est ce pas Cuistot ?

Célibataires : contre l’inaction !

8 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Célibat Mariage & Cie

beautiful Muslim young woman in head scarf and traditional wearAide toi et le ciel t’aidera, provoque ton destin, des mots d’ordre qui raisonnent dans la tête de la célibataire que vous êtes et que vous ne voulez plus être.

Avec la normalisation des rencontres sur le net, le développement des réseaux de rencontres, organisés parfois sous couvert de professionnalisme, tout est bon à expérimenter pour trouver son futur mari. Même les mamans s’y mettent ! Elles poussent leur fifille à devenir plus souriante, moins impassible, plus accessible, tout en ne perdant pas de vue leurs principes.

Par ailleurs, nombreuses sont celles qui pensent qu’aujourd’hui les hommes ne font plus d’efforts. Elles déplorent le fait qu’ils soient moins entreprenants, trop timides parfois.  Aussi, elles n’hésitent pas à dire qu’elles sont fermement décidées à faire bouger les choses, à les faire avancer quand elles stagnent, ou mieux à aller demander la main d’un homme. Oui ! Prendre les devants, parce qu’elles pensent que l’on est jamais mieux servie que par soi même !

Certaines voient cela d’un mauvais œil : aller vers les hommes relèverait de l’impudence, cela reviendrait à transgresser les règles de bienséance. Ça ne se fait pas un point c’est tout. D’autres sont plutôt fascinées par tant de confiance en soi et d’assurance.

Or, si l’on se base sur les faits historiques relatifs aux rapports homme/femme au temps du Prophète (SAW), les femmes n’hésitaient pas à se renseigner auprès de compagnons ou de compagnonnes au sujet d’un homme qui serait susceptible de les intéressées. Khadija bint Khouweylid avait d’ailleurs pris l’initiative de demander la main du Prophète (SAW). Bien qu’elle ne l’ait pas fait directement, c’est elle qui impulsa la démarche et ce n’était pas la seule.

Comment sommes nous donc arrivées à intégrer des tabous qui n’en sont pas en réalité ? Pourquoi accepter des codes qui nous desservent et finissent par nous rendre vieilles filles ou du moins qui retardent notre mariage ?

La timidité et les tabous sont à distinguer. Ne pas oser, ou préférer que les choses se fassent de manière traditionnelle ou conventionnelle, ne doit pas faire de celles qui sont plus avenantes des séductrices, et inversement, les plus entreprenantes ne doivent pas voir les autres comme des prudes coincées. Le tout étant de respecter la personnalité de chacune.

Vouloir faire sa vie est noble mais gare aux faux pas. Tout est une question de pondération et de bon sens. Provoquer son destin c’est bien mais dans les règles de l’art. Et pour celles qui optent pour les schémas classiques, ne vous attendez pas non plus à ce que l’homme parfait toque à votre porte, faites preuve de discernement et de bon sens.

A chacune sa conception, le tout étant de ne pas se compromettre. La tradition est souvent castratrice et bien ancrée en nous. A nous de faire le bon choix.  

La misère du monde

23 avril 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Etre musulmane pour certains, c’est forcément appartenir à une communauté homogène, où les différences n’existent pas ou presque pas, et où l’on est sensée penser les mêmes choses, vivre  les mêmes injustices, bref être une seule et même femme.

La musulmane doit vraisemblablement sortir d’un moule estampillé « Islamic label » qu’elle soit Européenne, Africaine, Asiatique ou encore Inuit.

Même foi, mêmes personnalités, mêmes soucis, de vrais clones !

 N’avez-vous pas remarqué à quel point l’on montre du doigt les femmes musulmanes françaises dès qu’un crime d’honneur commis en Papouasie fait la une des journaux occidentaux ? Ou encore, quand il s’agit du sort des femmes Iraniennes ou Afghanes, l’on accuse les femmes musulmanes Françaises des maux qui accablent ces femmes d’une autre culture, d’un autre pays, d’un autre monde.

Je n’ai jamais entendu sœur Emmanuelle s’exprimer sur le sort des femmes appartenant à la communauté des  Mormons, des Quakers, des Amish où les femmes ne sont pas bien loties et pourtant se réclamant de l’Eglise.

Avons-nous l’obligation d’endosser et d’expliquer le malheur (souvent exagéré ou inventé) de ces femmes qui n’ont de commun avec nous que la religion, laquelle se décline en réalité à travers moult tendances, philosophies et mouvements ?

Pourquoi nous justifier et nous identifier à des femmes qui vivent d’autres réalités et qui même si elles sont réellement opprimées vivent sous le poids de la tradition patriarcale propre à toutes les sociétés aussi modernes soient-elles ?

Ainsi, il est important d’intégrer l’idée qu’être une femme musulmane ce n’est pas être le porte étendard d’une communauté unique. Justifier la condition de ces femmes ou encore faire leur plaidoyer n’est pas leur rendre ou nous rendre service, mais bien cautionner l’idée que toute la misère de ces femmes est à imputer aux musulmanes du monde entier, accusées d’être complices.

Défendre la cause de femmes opprimées est un combat on ne peut plus noble. Qu’elles soient Musulmanes, Chrétiennes, Juives ou encore Bouddhistes, les femmes doivent d’un cri d’un seul dénoncer les injustices qui touchent leurs consœurs quelque soit leur croyance.

Aussi, certaines devrons suivre quelques séances d’exorcisme en s’efforçant de répéter avec force : non je ne suis pas responsable de la misère du monde ! Et demain si quelqu’un vous demande votre avis sur le combat des femmes musulmanes « opprimées » d’Asie du sud-est, vous répondrez quoi ?

La 13 ème journée du savoir

5 janvier 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Dimanche dernier, nous nous sommes rendues Clochette et moi à la 13ème journée du savoir organisée par la LFFM (ligue française de la femme musulmane), et l’ AMF (association des musulmans d’Ile de France). Cette journée avait pour but la promotion du savoir et de l’apprentissage au sein de la communauté musulmane, et notamment chez les plus jeunes.

Les organisateurs nous ont réservé un accueil très chaleureux, et la journée fut très enrichissante du fait des multiples interventions.  Au programme, des témoignages d’élèves du secondaire et d’étudiants brillants, une remise de prix, des anachids, sans oublier les stands d’associations (Muslim Hands, Secours Islamique, CBSP) invitées pour récolter des médicaments et des dons pour nos frères et soeurs Palestiniens. Car comme l’a expliqué Halima, l’une des organisatrices de la journée, même si l’évènement annuel a été maintenu, il a bien entendu été placé sous le signe de la solidarité envers le peuple de Gaza.

Nous avons pu discuter avec des femmes militantes, pleines de convictions, de tout âge et de toutes origines. Il y a avait par exemple Houda, une des organisatrices et  jeune étudiante en histoire. Il y avait également Noura Jaballah, ancienne présidente de la  LFFM, et actuelle présidente du forum Européen de la femme musulmane (EFOMW). La LFFM est une association qui existe depuis 1995 et dont le but est de coordonner plusieurs associations et sections féminines.

Elle nous a rappelé  la mission de la LFFM, qui consiste notamment à soutenir les initiatives féminines musulmanes dans le domaine éducatif et social. La ligue aspire aussi à réhabiliter le statut de la femme et son rôle dans les différents champs de la société. Pour mener toutes ces actions, cette association à besoin de bénévoles actives qui veulent faire bouger les choses. Retrouvez toutes les informations nécessaires sur leur site. 

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !

12 novembre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Parmi les nombreux sujets qui font la une des JT se trouve celui sur les femmes voilées qui, accompagnées de leurs terrifiants mâââris généralement présentés comme des hommes des cavernes, refusent d’être soignées par des médecins hommes (par lui ou lui quoi… enfin jamais vu de médecins comme ça dans les hôpitaux français… ça aurait peut être fait changer d’avis ? )

Quel archaïsme, vraiment!

Ce qui fait que maintenant toutes les femmes voilées doivent constamment se justifier et rassurer les infirmières et médecins qu’elles consultent.

Mais il faut bien admettre que certaines exagèrent. Pas dans le fait de vouloir absolument être soignée par un médecin femme, non. Le problème réside dans la manière de formuler leur volonté, sans oublier le choix des arguments de la mort (c’est le cas de le dire) exposés.

Je pense réellement qu’il n’y a pas à tergiverser et à entrer dans de fausses considérations religieuses. ERREUR!!! Si on veut un médecin femme et qu’il y en a un, tant mieux! Si y en a pas, ben tant pis! Pas besoin de donner de la matière aux journaleux en faisant de longs discours.

Mon ophtalmo est un homme, mon généraliste aussi… Le premier est limite muet, le second est mon médecin depuis très longtemps. Une fois il était absent, et j’ai eu à faire à son remplaçant plus jeune et surtout flippé. Après avoir demandé si je l’autorisais à s’approcher, il a commencé à m’ausculter en posant son stethoscope sur mon pull et s’est placé loin, très loin. J’ai ri sur le coup. Mais après réflexion, j’ai trouvé ça assez froissant…

Pourquoi avoir choisi des hommes et pas des femmes? Parce que l’ophtalmo est hyper compétent et c’est celui de la famille. Idem pour le généraliste. Et puis, j’avoue que mes choix de médecins selon leur sexe sont motivés non par des raisons religieuses (y en a pas de valables de toute façon), mais par les zones à examiner. Par pudeur ou à cause de complexes, interprétez-les comme vous voulez! Ma dermato est devenue une femme (avant, c’était pas le cas), ma dentiste en est également une (là par contre, c’est parce qu’elle est à 5 min de chez moi… c’est THE argument, ne cherchez pas!), mon O.R.L aussi: j’étais tombée sur un obsédé des cheveux la première fois.

Et vous mes poulettes (les poulets des cavernes peuvent donner leur avis), comment vous choisissez vos médecins?

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !

Et si vous créiez votre propre business ?

16 octobre 2008 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

De plus en plus de femmes décident de créer leur propre entreprise parce qu’elles souhaitent arriver à un certain  »accomplissement de soi ». Ces femmes qui se lancent dans l’entreprenariat sont bien evidemment des femmes actives, mais cette situation ne leur convenant pas ou plus, elles font le choix de prendre des risques et devenir ainsi indépendantes.

Pour certaines musulmanes, trouver un emploi relève de la gageure pour ne pas dire de l’impossible. Décider de travailler ou pas devient alors un luxe et non pas un choix. Elles ne peuvent pas se permettre de quitter leur job parce qu’elles aspirent à se réaliser. Non, si elles arrivent par on ne sait quel enchantement à trouver un  emploi qui leur correspond, soyez sûres qu’elles ne le lâcheront pas de sitôt! Elles feront comme le toutou et son nonos entre les dents  »c’est mon poste à moi et à personne d’autre! »

Ainsi pour certaines d’entre elles, si elles doivent se lancer dans l’entreprenariat, c’est en partie parce qu’elles pensent trouver dans ce domaine une alternative à leur situation d’exclue du marché du travail. Aussi, pour toutes celles qui peinent à se faire une place dans cette société, la création d’entreprise devient le moyen le plus effectif pour s’accomplir et être en phase avec soi même!

Au delà de l’aspect « technique », cela ne doit pas être si compliqué d’y arriver, le seul petit truc: avoir des idées novatrices et porteuses pour que cela marche. Comment trouver? me direz vous. Eh bien il me semble avoir la recette miracle pour faire de vous une future Bill Gates ou encore une Oprah Winfrey. Roulement de derbouka… FAITES FONCTIONNER VOS NEURONES bon sang! Posez-vous, observez autour de vous et vous verrez que dans votre propre quotidien tout est sujet à être repris, conceptualisé, travaillé et concrétisé. Tous les entrepreneurs sont passés par là, prenons l’exemple de celui (ou celle) qui a conçu les petits pots pour bébé halal. J’imagine le scénario suivant: sa femme étant absente, il lui faut quand même penser à nourrir le bébé, seulement il ne sait pas faire de purée le malheureux, alors il se rend au supermarché du coin, mais à la surprise générale il ne reste que des plats et petits pots blédina aux lardons ou encore au veau! Que faire?! La suite vous la connaissez, vous avez compris ce vers quoi je souhaite mener votre réflexion et votre ingéniosité.

Rien ne sert de se morfondre, il faut réagir! Faites le tour de vos compétences et de votre savoir faire et vous verrez que vous recèlez des talents inexploités et qui pourraient rapporter gros.

Quant à celles qui créent leur propre business pour leur épanouissement personnelle je leur dis bravo, mais pensez à recruter celles qui n’ont pas la chance d’être jusquauboutistes comme vous.

Alors à vos calpins et n’hésitez surtout pas à vous lancer. Un dernier ptit conseil: faites fi des nonencouragements (j’adore les néologismes, ça vous rappelle pas le nonanniversaire dans Alice aux pays des merveilles?) et passez outre les critiques inhibitrices.