Je suis voilée et étudiante à Sciences Po
4 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).
Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.
Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?
Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.
Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?
Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.
Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.
Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?
Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.
Tu t’es fait des amis ?
Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.
Plus de peur que de mal alors ?
Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !
Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.
Que souhaites tu faire plus tard ?
J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.
Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?
C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.
Dans le même dossier :
J’hésite à porter le voile
27 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.
As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?
J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.
Et au lycée, impossible de porter autre chose ?
Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !
Quel sens donnes tu au hijab ?
C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.
Depuis combien de temps penses tu à le porter ?
Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.
Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?
De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.
Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?
C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.
Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?
Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.
Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?
Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.
Que peut-on te souhaiter ?
Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.
Dans le même dossier :
Mon style trendy
1 juillet 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
Une fois le problème de la robe solutionné, il vous reste un énième « casse tête » à régler, celui du hijab. Celui qui sublimera votre tenue… ou pas !
Vous me direz entre femmes pas de soucis, le chignon ou le brushing le remplace. Mais n’oubliez pas la cérémonie officielle, la mairie, le parc… et tout le tralala. Donc une fois le hijab choisi, on commence à réfléchir au « montage » et c’est là que ça se corse !
Non non, je ne suis pas entrain de vous parler du mode d’emploi de votre dernier meuble ikea, mais bien de la façon dont vous « nouerez » votre trendy hijab. Car il existe bien des façons de porter ce hijab, celui des grands soirs où tout est permis !!! Pour preuve, on trouve toutes sortes d’explications plus ou moins hasardeuses des différentes façon de le mettre. Mais à en croire les nombreux essayages qui m’ont fait perdre cheveux, temps, 2 kilos et bouziller un foulard en soie… dois-je capituler ? Non, je dis STOP !
Ok, la photo est jolie, un peu floue, trop petite mais à cette heure j’aurais plus envie d’explication pour les myopes, c’est à dire en gros, trés gros ! Oui, on peut être élégante sans pour autant se casser la tête…
Le hijab brodé est une bonne alternative, il se suffit à lui même, on y ajoutera simplement une broche bijoux à piquer sur la tempe ou sur la poitrine. La tendance du « Headband », comprendre du « bandeau de tête », me donne des idées. A nouer autour de la tête il décore joliment notre foulard. Ruban de satin, brodé, perlé, tréssé, plumé, strassé… le choix est conséquent et ravira les plus sceptiques.

Pour les âmes en fleur, il existe différentes sortes de « montages »… quasi scientifiques !! La solution: les broches « fleur » qui nous permettront de créer l’illusion d’un joli bouquet ! A piquer sur la tempe ou pour un effet chignon, dans la nuque.
Laissez libre cours à votre imagination. On mélange les tailles et les couleurs pour un effet garanti ! Pour les éternelles romantiques, la dentelle est de mise. On achète un ruban de dentelle qu’on peut customiser de perles ou de bijoux. On le noue sur la tête et le tour est joué ! Les mariages sont l’occasion de se faire belle et de se faire plaisir. Alors mesdames osez ! A défaut d’être chapeauté on crée la tendance avec notre hijab « trendy ». Quelques exemples vous donneront peut être l’inspiration !

Niqab : une femme qui le porte témoigne
24 juin 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce qu’il faut rompre avec les préjugés et que le respect des différences est primordial, Hijab and the city est allé à la rencontre de Sanaa, une bretonne convertie à l’Islam qui porte le niqab depuis quelques années. Hijab and the city lui donne la parole aujourd’hui, une parole qu’on lui confisque souvent pour mieux la fustiger.
Peux- tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Sanaa, j’ai 28 ans. Je me suis convertie à l’Islam alors que j’étais à l’université, en psychologie. J’ai reçu une éducation religieuse, et durant ma scolarité j’ai fréquenté une école tenue par les bonnes sœurs. C’est au lycée public que j’ai fait la connaissance d’une jeune fille d’origine marocaine, chez qui j’allais souvent pendant le Ramadan pour partager le repas d’el iftar. J’ai aimé l’hospitalité dont faisait preuve ses parents, le respect des valeurs familiales et le fait que son père nous encourageait à étudier, à être économe… il y avait aussi cette notion de pudeur même autour de la table alors que chez moi on se gênait pas d’être vulgaire, de parler de sujets indécents. Bizarrement, ma famille n’était pas pratiquante et elle m’a pourtant envoyée chez les nones (rires) !
Comment as tu évolué sur un plan spirituel ?
J’ai d’abord commencé par la prière avant même de me convertir. J’avais des petits bouts de papier avec moi pendant la prière (rires) !
Et tu as commencé par porter un hijab ?
Oui. J’avais très envie de le porter mais je craignais la réaction de ma mère. Mes parents savaient que je priais. Alors, j’ai commencé par porter des bonnets l’hiver, ça tombait bien ! Et puis je l’ai finalement mis. Je le portais très colorés avec du rouge, des fleurs… je l’accordais à mes vêtements. Et j’ai trouvé le jilbeb (long voile) hyper classe ! Je le portais avec des gandouras amples (robes traditionnelles marocaines).
C’est donc parce qu’il était « classe » que tu l’as adopté ?
Oui, et surtout plus pratique que le hijab. C’est une seule pièce à enfiler avec un bandeau alors que le hijab c’est plus compliqué avec les épingles.
Comment ce changement a t-il été perçu par ton entourage ?
Dans mon entourage, une femme qui porte le hijab est une femme analphabète, battue et opprimée, mais comme je le portais alors que je n’étais pas mariée ma mère m’a dit qu’elle me trouvait plus gaie, que je n’étais plus dans l’excès sur un plan financier et que j’étais plus raisonnable.
Et le niqab, quand t’es tu décidée à le porter ?
Pas trop longtemps après. La première fois que je l’ai porté je suis allée faire des courses en grande surface, et ça s’est bien passé.
Et pourquoi le porter ?
Parce que j’avais envie. Chacun son choix, chacun fait ce qu’il veut et à la hauteur de ce qu’il peut.
Et le regard des gens ?
Je le vis très mal. Je croise des gens gentils et d’autres vraiment odieux. On me dit souvent retourne chez toi, mais ce qu’ils ne comprennent et ce qui m’agace, c’est que je suis dans mon pays ! J’en ai assez qu’on me prenne pour une arabe alors que je suis un pur produit de cette société !
Et par rapport à ceux qui pensent que tu fais fi de ta féminité ?
Je suis une femme comme les autres, je vis comme les autres. J’aime les parfums, le maquillage, les sous-vêtements, les décolletés, les bijoux…
Comment ressens tu toute cette polémique autour d’un éventuelle loi interdisant le port de la burqa ?
Ils confondent tout et ne savent rien. Ce n’est pas une burqa que je porte c’est un niqab. On est pas en Afghanistan ! Ce sont deux contextes qu’on transpose mais qui sont totalement différents. Depuis que je me suis convertie, je suis super déçue. Les français sont très intolérants en réalité. Ils me prennent pour une analphabète. Tant qu’on ne désobéit pas aux lois, où est le problème ? C’est scandaleux ! Cette loi est illogique, on a des plages de nudistes qui existent et à côté on veut interdire à celles qui veulent se couvrir entièrement de le faire, chacun fait ce qu’il veut ! C’est vrai qu’il y a des gens qui sont extrêmes, qui ont des idées terroristes, mais tout le monde n’est pas pareil. A ce moment là tous les curés sont pédophiles, il faut arrêter de généraliser.
Quel message souhaiterais-tu transmettre ?
Laissez nous tranquille, tant qu’on ne fait pas de mal. Qu’on nous laisse vivre. Je n’influe pas dans la vie des gens, alors qu’on agisse de la même façon avec moi. On est comme tout le monde, on consomme comme tout le monde, on vit comme tout le monde, c’est notre foi qui diffère.
Que penses tu de l’expression « prison ambulante » pour qualifier ton niqab ?
On dit que l’on est des femmes opprimées mais en réalité ce sont les gens de l’extérieur qui nous oppriment, qui nous insultent. Si on est sensées être opprimées, alors pourquoi en rajouter ? Pourquoi ne pas nous aider au lieu de nous montrer du doigt ? Il faut que les gens se cultivent, il faut qu’ils viennent nous parler.
Tu préfèrerais qu’ils viennent vers toi ?
Je préfère qu’on me parle, qu’on m’interroge. Je suis opprimée par les gens à l’extérieur. Je suis malheureuse parce que les gens me maltraitent dans le rue. Ma religion ne m’opprime pas !
Comment te projettes tu par rapport à tout ce débat ?
Si quelqu’un peut me faire un don afin que je puisse partir plus vite d’ici, je le ferai.
Merci Sanaa.
Esteban, Zia, Tao… à Dubaï d’or !!
21 avril 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Vous connaissez très chères lectrices Les Mystérieuses cités d’or, ce merveilleux dessin animé qui a bercé mon enfance (et la vôtre… moi c’était plutôt le temps des énièmes rediff ‘ ). Vous vous souvenez également des protagonistes de la série, Esteban, Zia et Tao, parcourant sur le dos d’un oiseau géant en or massif (un Mauboussin, je crois) l’Amérique centrale et du sud à la recherche de ces cités mythiques… qui en réalité n’existent pas. Cette quête me rappelle un peu celle de certains « banlieusards » qui cherchent du boulot et qui se retrouvent déclassés sur le marché du travail français. Sauf que les concernant, il paraît qu’il existe une cité mythique qui offre du travail à profusion (et bien rémunéré !!) à toutes les têtes bien typées originaires de France et de Navarre, et encore mieux aux musulmanes notamment voilées : la possibilité de bronzer sur des plages désertes (oui, il s’agit là d’une aspiration hautement louable !). Très chères lectrices et très chers lecteurs, il était une fois… Dubaï !
Pourquoi cet intérêt soudain ? Tout simplement parce qu’on a de cesse de m’en parler et à toutes les sauces. La dernière info en date sur le sujet, le texto d’une très bonne copine qui me disait qu’elle partait pour Dubaï et les pays voisins. La concernant, il s’agit là de faire du tourisme, mais j’en connais d’autres qui s’y sont installés après avoir trouvé du boulot, notamment dans le secteur bancaire.
Je n’y suis jamais allée, et je m’en porte bien (merci !), mais c’est vraiment un endroit qui ne me branche pas du tout. Pourtant très curieuse de nature, je n’arrive pas à comprendre comment ce petit bout de terre arrive à créer l’engouement auprès d’un bon nombre d’ hommes et de femmes d’origine maghrébine bien souvent. » Tu peux travailler là-bas avec ton voile ou ta barbe », « tu peux aller dans un centre commercial géant et faire du shopping sans ton foulard »… voici les explications que l’on me donne généralement pour me convaincre du caractère exceptionnel de cette ville/pays/émirat (c’est marrant !). Sans oublier la possibilité de bronzer, même en deux pièces, pour les femmes voilées, sur une plage privée.
Face à des arguments aussi pertinents que convaincants, j’ai tendance à rire, à bien rire même. Partir, vivre le dépaysement… tout ça pour aller bronzer et faire du shopping la tignasse à l’air libre ? (oui, il paraît que les voilées ne se peignent pas…). C’est quand même exagéré ! A la limite pour trouver du boulot je veux bien, et encore !
Je dois vous avouer que ce pays me fait penser à une maquette géante. J’aime bien les endroits chargés d’histoire… c’est sûr que les grands ensembles du 93 ne sont pas funky à côté, hein ! Mais quand même, Dubaï à ce que j’ai pu entendre, lire ou voir, c’est un lieu qui n’a pas d’odeurs, qui n’a pas de charme. Et puis pour être honnête avec vous, j’ai un peu de mal avec les pays de ce côté-ci du globe. De plus quand on voyage, c’est pour découvrir un pays, une culture, une civilisation, des autochtones… A Dubaï, 3/4 de la population est d’origine étrangère, et on y parle plus l’anglais que l’arabe… Autant prendre l’Eurostar moi je dis !
Enfin je sais pas, je suis peut être un peu rabat-joie, mais voir autant de fascination pour un pays comme celui-ci, ça me dépasse ! Je peux comprendre que pour certains, c’est un peu une issue de secours, un moyen d’aller « réussir » comme ils disent ailleurs. Mais je pense que tout est à faire ici et maintenant. Après, on peut songer à partir, mais si tout le monde fuit tout de suite, on fait comment pour les générations futures ?
Elle a bon dos …
17 mars 2009 par Shahin
Classé dans Ce qui fait débat
Hijab and the city a le plaisir de lancer « l’illustration de la semaine », qui reprendra chaque semaine en dessin une actualité qui nous concerne. A commenter sans modération !

© Hijab and the city
Le keffieh, l’accessoire indispensable de ces prochains jours
9 janvier 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat

Comment parler mode avec pareille actualité? C’est très simple: en évoquant le keffieh.
Vous connaissez toutes ce foulard, auquel Allison avait d’ailleurs consacré un billet il y a quelque temps, et qui n’est autre qu’un symbole politique devenu objet de mode pour fashionistats.
Ce morceau de tissu (comme un autre bizarrement) a fait couler beaucoup d’encre. Un débat a été soulevé, après que Balenciaga l’ait lancé lors de son défilé automne-hiver 2007/2008. Et c’est à partir de là que quelques-uns se sont interrogés sur la signification du keffieh et sur la portée symbolique qu’il pouvait avoir.
Certains magazines féminins ont carrément eu du mal à l’assumer. C’est par exemple le cas de ELLE, qui au lieu de parler de keffieh a préféré utiliser le mot chèche, tout aussi exotique… mais surtout moins polémique!
Mais heureusement pour le monde de la mode, les stylistes sont là pour inventer et vendre du rêve. Le keffieh a été décliné sous différents formats, coloris et tissages. Désormais, porter un keffieh, surtout rose, ne fait pas de vous une militante en puissance, loin de là. Cela fait juste de vous une fille (ou un garçon) qui suit les tendances.
Reste à savoir comment, si un jour venait à un styliste l’idée saugrenue de lancer une mode des pierres (blazer incrusté de pierres par exemple), les papes de la mode arriveraient à justifier cette performance artistique et à lancer l’engouement?
Alors demain mesdemoiselles, accordez vos keffieh (les vrais, et pas ceux de Chine!) à vos vestes et manteaux. Pas pour participer à la grande moutonnerie modesque, que non! C’est juste qu’une grande manif’ nous attend.
J’ai rêvé d’Orient (partie 2)
26 mai 2008 par Allison
Classé dans Look at mon style
Il y a quelque temps, je vous avais parlé du sarouel. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous faire découvrir un accessoire qui pourrait se marier parfaitement avec ce dernier, et dont les origines se trouvent plutôt à l’est et au Sud de notre bonne vieille Europe, j’ai nommé le keffieh. A l’origine il s’agit d’une coiffe. Et avant d’être celle de feu Yasser Arafat, il était celle des Bédouins. Ironie de l’histoire, il permettait à l’origine de distinguer les citadins des ruraux au contraire de maintenant, où il habille le cou de toutes les fashionistas des métropoles. On le trouve de différentes couleurs, mais le traditionnel blanc et noir et les couleurs plutôt naturelles telles que le beige ou le marron ont notre préférence. Son avantage est qu’il accessoirise une tenue en un rien de temps, donnant du relief à une robe simple et unie, en plus d’un petit côté baroudeuse…
Dans la même lignée que le keffieh, il y a le chèche qui est également en vogue. Rien à voir avec le modèle d’origine que l’on trouve dans le vêtement traditionnel du touareg et qui mesure plusieurs mètres de long. Il habille lui aussi une tenue dépouillée en aussi peu de temps qu’il faut pour le mettre. A la différence du keffieh, le chèche est uni ou en dégradé de couleurs.
En parlant de ces deux héritages que nous laisse l’Orient, j’attire votre attention, chères lectrices, sur la tendance plus générale du foulard, du cache-nez, du fichu, peu importe comment vous l’appelez. En effet, 2008 est l’année du cou dissimulé !!
Profitez-en mesdemoiselles les timides, si vous n’osez pas les motifs sur votre tenue, osez-les par le biais d’un foulard ! Tie& die, dessins « ethniques »… Le foulard, confère à lui tout seul l’allure d’une romantique, d’une bohème à l’image des aventuriers ou explorateurs les plus connus… sans oublier les aviateurs et l’imagerie du voyage et de l’exotisme qu’ils véhiculent. Un petit bémol peut-être ? On se demande comment il pourrait se marier avec un Hijab. Cependant, m’étant penchée sur la question, ce mariage est tout à fait possible, même si le choix du foulard est plus restreint. Donc damoiselles, hijab ou pas, adoptez-le !




