Paillettes mais pas boule à facettes

7 janvier 2010 par Shahin  
Classé dans Look at mon style

Les paillettes et les sequins, on en voit partout et sur tout : vestes, jupes, robes et pantalons sans oublier les chaussures et les accessoires. Avoir une allure disco, ce n’est pas du tout ringard, à condition de savoir doser juste ce qu’il faut de paillettes et ne pas ressembler à une boule à facettes ambulante !

Les paillettes et les sequins illuminent notre quotidien et nous donnent un petit truc en plus le soir. Voici pour vous une sélection toute en lumière.

Blazer sequins noir Debenhams.com 47 euros, Blazer sequins Silver Dorothyperkins.com 67 euros, Cardigan sequins Topshop.com 118 euros, Cardigan Topshop.com 76 euros, Gilet long à paillettes Topshop.com 119 euros, Sweat Topshop.com 48 euros

 

 

Foulard à sequin Misselfridge.com 17 euros, Pochette Asos.com 18 euros, Sac sequins et satin Vanessa Bruno theoutnet.com 53 euros, Barrats shoes barrats.co.uk 65 euros, Boucles d’oreilles vintage Asos.com 9.42 euros, Ceinture à sequins Topshop.com 48 euros, Bracelet Asos.com 6.01 euros, Barrettes à cheveux Asos.com 3.53 euros, Beret silver Misselfridge.com 17 euros, Pochette bijoux et sequins monsoon.co.uk 24 euros, Ballerines Asos.com 38 euros, Metallic bag Topshop.com 38 euros

Le top 8 des articles les plus commentés en 2009

1 janvier 2010 par Khadija  
Classé dans A la une, Ce qui fait débat

C’est l’heure du bilan, hé hé, mais pas n’importe lequel ! Le bilan des articles plébiscités par vos commentaires les girls, et les guys, évidemment.

Et il faut reconnaître que vous nous avez gâtées niveau commentaires :

  • Des tordants à mourir de rire, tellement tordants que les gens ne comprennent pas pourquoi on s’esclaffe parfois devant son téléphone en pleine rue.
  • Des hors-sujets en veux tu en voilà ! Et là on se dit « ben alors les cailles, pas moyen de vous retenir ou quoi ?! »
  • Des commentaires plus touchants et qui vous rappellent que rien n’est acquis et que la vie est pleine d’embûches.
  • Des commentaires haineux, mais qu’on ne valide pas nananère, parce que s’il faut en plus se faire insulter chez soi, ben dis donc ?! Y a le JT pour ça ! Ou alors, ils passent et là c’est l’heure du fighting.
  • Des commentaires et que jt’embrouille, tu comprends pas trop mais pas grave y a pas de petits commentaires.
  • Des commentaires « chronique dans la chronique », plus long tu meurs mais c’est parce qu’il y en tellement des choses à dire…

Sans plus attendre, voici le classement des articles les plus commentés de cette année 2009, par rubrique, s’il vous plaît, c’est pour ça que c’est pas un top 10, navrée… 

  • Ce qui fait débat : Quand la burqa devient fashion, avec  126 commentaires. Qu’est ce qu’elles ont fait jazzer ces lunettes ! Entre les avant-gardistes et les sceptiques, c’était vraiment pas facile de trancher.
  • Célibat, mariage et compagnie : Qu’attends-tu pour demander ma main ?, avec 247 commentaires (le post le plus commenté à ce jour waouh !) Celui-là a dû parler à plus d’une, n’est ce pas les girls ? Alors, ces alliances, elles ont enfin atterries sur votre annulaire gauche en ce début d’année ou toujours pas ?
  • Cuisinez la : Five o’clock tea, avec 64 commentaires. Cela vous incitera encore mieux à laisser tomber les sodas !
  • Elles parlent d’elles : Pourquoi j’ai retiré mon voile, avec 118 commentaires. Des visions partagées certes, mais un profond respect les unes pour les autres, quelque soit la position. C’est ça HATC, on ne juge pas, on échange.
  • Look at mon style : Le look du jour : classique comme Jessica Alba, avec 105 commentaires. Comme quoi, on est de vraies groupies, en suivant la tendance des stars, on est pas si différentes des autres finalement !
  • Portraits : Rencontre improbable avec Loubna Méliane, avec 46 commentaires. Ah qu’elle nous a bluffé la Mariame ! Cette interview, on ne l’attendait pas et il faut avouer que finalement, on est pas si rancunières que cela…
  • Psy-show : La question de la semaine : le célibat, avec 94 commentaires. On sent que ça grouille de célibataires, mais pas n’importe lesquelles, celles qui assurent et qui se respectent, hein mes beautés ?
  • Spiritualités : Le pèlerinage, ce voyage, avec 65 commentaires. Une ovation pour Karmouma et Cuistot ! Gare à vous, à présent vous devez être irréprochables : plus de potins ni de faux-pas, hé hé y a une justice quelque part !!!

En ce qui me concerne, mon article préféré, ben c’était celui-là : « Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras ! » Et oui, j’en ai pleuré de rire tellement il est criant de vérité. Et l’award du commentaire qui m’a pliée en quatre, est decerné à Hasna et son « ntss ntss à bas la guerre ! » Mais je sais plus où il est et j’ai la flemme de chercher, voilà ! C’était bien toi Hasna n’est ce pas ? Et une mention spéciale pour Shahin et son illustration écolo ! Et Cuistot, fais pas la tête, je te dis tout le temps que ta cuisine c’est une tuerie.

Et voilà, c’est tout pour le top des articles les plus commentés. Rendez-vous sur Hijab and the city les girls pour partager vos points de vue et vos histoires avec nous. Et pour celles qui ne se sont pas encore lancées, ben qu’est ce que vous attendez ?!

Je suis voilée et étudiante à Sciences Po

4 décembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).

Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.

hatc femmePeux tu te présenter aux lectrices ? 

Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.

Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?

Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.

Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?

 Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.

Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.

Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?

Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.

Tu t’es fait des amis ?

Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.

Plus de peur que de mal alors ?

Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !

Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.

Que souhaites tu faire plus tard ?

J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.

Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?

C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.

Dans le même dossier :

Quand la burqa devient fashion

30 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

BQDepuis quelques temps la burqa exacerbe et déchaine  les politiques et les médias qui n’ont de cesse de nous faire des piqûres de rappel quand on croit que le sujet n’est plus d’actualité. Les chiffres ne sont alors jamais les mêmes, on en vient à tout confondre, et les dérapages bien contrôlés sur le hijab se font de plus en plus fréquents.

La burqa est donc devenue un véritable cache-misère en l’espace de quelques mois quand les sondages sont au plus bas, et pendant que l’on s’égosille sur les plateaux télé, où les journalistes se font imams et les maires de bourgades garants de la paix mondiale, d’autres innovent et créent, et font de la burqa une tendance modesque.

Cela se passe aux Emirats, plus précisément à Dubaï, où une agence de design s’est saisie de ce que l’on considère être une prison ambulante, pour en faire un objet que l’on retrouvera sûrement entre les mains des plus farouches opposantes. Des lunettes directement inspirées du masque que portent les femmes du Golfe. Une réadaptation de la tradition qui rend la burqa tellement plus classe.

L’idée de cette agence a été de rendre la burqa moderne, adaptée à l’air du temps. Ce masque qui naguère protégeait les femmes de nomades de la poussière et du soleil, est aujourd’hui porté par les grands-mères, tradition oblige. La coutume veut que toute femme l’adopte une fois mariée, mais cela se fait de moins en moins, les jeunes femmes étant plus férues de mode et adeptes de l’abaya à strass et des lunettes de grands créateurs.

Les lunettes dernier cri « BQ » sont donc nées, alliant tradition et modernité, pour ainsi répondre aux besoins de la jeunesse chic et branchée.

Des lunettes assez stylées à vrai dire qui finalement recontextualisent la burqa, la rendent plus fun et moins austère.  Une idée qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a su se saisir d’une polémique tapageuse et proposer autre chose que de l’acharnement. En outre, précisons que les designers à l’origine de ces lunettes sont Français, ironie du sort ?

 

                   

J’hésite à porter le voile

27 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine,  Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.

Peux tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.

As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?

J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.

Et au lycée, impossible de porter autre chose ?

Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !

Quel sens donnes tu au hijab ?

C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.

Depuis combien de temps penses tu à le porter ?

Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.

Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?

De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.

Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?

C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?

Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.

Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?

 Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.

Que peut-on te souhaiter ?

Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.

Dans le même dossier :

Comment j’ai porté le voile

20 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

hijab and the city femmeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Linda, une jeune universitaire, nous raconte comment l’idée de porter le voile lui est venue, et combien elle a redouté la réaction de ses parents qui étaient contre sa décision. 

Peux tu te présenter aux lectrices.

J’ai intégré la fac cette année. Je ne sais pas exactement si les cours de philo m’ont poussée à réfléchir un peu plus que d’habitude, ou si les évènements ont fait que je me mette à avancer dans la religion, mais ça fait presque exactement 10 mois que l’idée de porter le voile me trottait dans la tête.

Quel à été ton cheminement ?

J’ai lu le Coran et je suis allée à la mosquée très souvent, j’ai rencontré des filles voilées très bien. Mais j’ai passé l’année à me dire « arrête, t’oseras jamais dire à tes parents que tu veux porter le hijab! Impossible! » Et donc, j’ai fait des invocations en demandant à Dieu de me rendre forte. J’ai continué mes prières sans relâche, je continuais à aller à la mosquée, à apprendre plein de choses via divers sites dont Hijab and the city.

Comment as-tu abordé la question avec tes parents ?

Et puis un soir, après avoir regardé un film avec ma mère, j’ai allumé l’ordinateur et je lui ai écrit un mail. Je lui ai tout dit à propos de mon intention de porter le hijab, en précisant bien que c’était un choix personnel qui n’avait rien à voir avec personne. Ma mère ne le met pas, et a donc eu très mal en lisant le mail. Elle m’a répondu en disant qu’on allait en parler avec mon père, de vive voix.

Le soir même, j’en ai donc discuté avec mes parents. Ça a été très difficile, puisque je pensais qu’ils allaient m’encourager, au moins un peu, mais au contraire, ils ont trouvé des arguments pour m’en dissuader. Mais au moins le premier pas était fait.

Et vous n’en avez plus reparlé depuis ?

Si, la fin de l’année de terminale approchait, et vu que je voulais le mettre directement après la fin des cours, il fallait que je remette à jour le sujet. Les jours passaient, et j’avais beau m’y forcer c’était trop dur; j’ai donc fait une prière et à la fin, j’ai donné ma parole à Dieu que j’en parlerai le soir, vous trouverez ça sûrement bizarre ou ridicule. Ainsi, impossible de trahir un engagement que j’ai fait avec lui! Et donc, j’en ai reparlé, ça s’est de nouveau mal passé.

Malgré tout, plus tard dans la soirée, je suis revenue parler à mes parents, et ça s’est plutôt bien passé, enfin, mieux du moins.

Quand l’as tu porté finalement et comment a réagi ton entourage ?

Je le porte depuis le 26 juin dernier. Le pire a été de sortir de ma chambre voilée devant mes parents. J’ai dû rester au moins 10 minutes la main sur la poignée, et puis j’ai récité le verset du Trône, et je suis sortie. Ma mère et mon père n’ont rien dit, et je suis sortie de l’immeuble. Là, j’ai eu envie de pleurer donc j’ai appelé une amie, et je marchais en l’écoutant. En raccrochant, j’ai de nouveau récité le verset du Trône dans ma tête, et ça m’a totalement apaisée. Je suis allée à la Fnac, et j’ai eu beau tendre l’oreille, je n’ai pas entendu de remarques méchantes. Rien de spécial ne s’est passé en fait. Le lendemain, je suis allée à la mosquée avec, et de nouveau rien de spécial. Vraiment, rien n’a changé par rapport aux autres!!!

Le dimanche par contre, je suis sortie pour la première fois avec ma mère faire du shopping, et même si c’était délicat au début, ça s’est très bien passé. Les vendeuses étaient comme d’habitude gentilles, une femme que je connais m’a prise dans ses bras.

J’ai vécu plein de choses merveilleuses. L’amie dont je redoutais la réaction m’a dit que je resterai toujours la même, et le must, c’était les sourires des femmes voilées. Ou encore celles qui m’ont dit « salam ‘aleikoum ». Vu que ma mère est convertie, et que mon père est d’origine kabyle, je ne ressemble physiquement pas du tout à ce qu’on pourrait imaginer d’une musulmane. Et ces femmes qui me reconnaissaient en tant que musulmane, ça m’a vraiment touchée.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel ? 

Je n’ai pas peur pour mon avenir. Dieu offre ce qu’il veut à qui il veut, j’ai confiance en lui. Si mon destin est d’avoir tel ou tel emploi, je l’aurai, sinon tant pis! Vu combien il m’a aidée pour mon bac, je lui dois bien ça. En fait je me répète que j’ai eu deux yeux, deux oreilles, une bouche, de bonnes jambes, et tout ça gratuitement. On reçoit beaucoup, sans oser donner.

Un dernier mot ? 

Pour finir, je voudrais adresser un message à celles qui hésitent: tournez-vous vers la communauté. Honnêtement, plus vous verrez de femmes voilées, plus vous vous sentirez sereine. Si vous sentez qu’il vous manque un peu de force, demandez-la à Dieu. Si vous avez peur des réactions, pensez à lui, sans arrêt encore et encore. Ne vous isolez surtout pas, écoutez des chants religieux : Allah knows de Zain Bikha par exemple, pfiouuu elle m’a beaucoup réconfortée, regardez des photos de musulmans à travers la planète, vous verrez que vous n’êtes pas seules! L’univers est immense, on est une toute petite fourmi, et donc quoi qu’on fasse ça n’aura pas de répercussion sur la planète! Les gens que vous rencontrerez dans la rue vous auront oublié le lendemain! Dans 150 ans, personne ne se souviendra de vous, sors de ce corps Raphaël ! Profitez de votre vie ici-bas pour faire les actes que vous savez être gratifiés par Dieu.

Dans le même dossier :

Pourquoi j’ai retiré mon voile

13 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

photo Hijab and the city femme voiléeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.

 

Peux tu te présenter aux lectrices ?

J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.

Quand à tu décidé de porter le hijab ?

L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.

Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.

 Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont  pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.

 Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?

L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.

Qu’en a pensé ton entourage ?

Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.

Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.

Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.

Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?

Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.

J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.

Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.

Comment as-tu vécu « l’après voile » ?

Après avoir pris la décision de l’enlever, je me suis sentie soulagée, apaisée. Je sentais que j’allais pouvoir recommencer, repartir sur de bonnes bases, reconstruire ma spiritualité, mon Islam sur du solide, en me concentrant sur l’essentiel, la prière notamment. J’arrivais à un tournant dans ma vie, je terminais bientôt mon bac+3, j’allais changer d’université, de ville, je me suis dis que c’était l’occasion. Et j’ai décidé de le retirer après mon dernier jour d’examen. Je ne voulais pas avoir ce changement trop brusque dans mon université, affronter les regards, les questions. J’étais bien acceptée avec mon voile, je pense que j’en avais donné une image positive que je ne voulais pas briser en arrivant du jour au lendemain dévoilée. Et puis, ce serait moins facile à assumer.

La première fois que je suis sortie sans, j’étais un peu stressée, il faut bien le dire. Je m’attendais à me sentir quand même un peu mal dans la rue sans ce voile. Mais en fait non. Ca m’a fait bizarre de ne pas le mettre au moment de sortir, mais une fois dehors, je me suis sentie à l’aise, transparente, légère. J’avais rendez-vous avec une copine qui ne m’a pas reconnue tout de suite. Mais je me sentais tellement mieux dans ma peau.

Penses-tu le remettre un jour ?

Je ne sais pas si je le remettrai. Pour le moment en tous cas, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Je ne suis pas contre en principe, mais je n’y trouverais pas beaucoup de sens. Je pense que je le porterais sans problème dans un pays musulman, dans un pays où le port du foulard est banalisé. Mais ici, ça implique trop de « visibilité », et c’est, je pense, ce qui me dérange le plus : l’image, le message que ça peut véhiculer, la distinction, la différenciation.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Ma famille a eu le respect de ne pas s’en réjouir ouvertement devant moi, et je leur en suis très reconnaissante. J’en ai profité pour mettre certaines choses au point avec eux : je retire le voile, oui, mais je reste musulmane, pratiquante, et n’essayez surtout plus de me faire manger de la viande non halal!! par exemple. Je me suis sentie plus en cohérence avec moi-même. J’assume beaucoup mieux mon islam face à eux depuis. Avant de le retirer, j’en ai parlé à plusieurs personnes, plusieurs amies, beaucoup avec mon ex. J’en ai parlé avec mes amies tant musulmanes que non musulmanes, des voilées, d’autres qui ont retiré le voile. Je voulais me confronter aux avis des autres afin d’être sûre de ce que je voulais, de ma décision, de mon choix, pour ne pas le faire sur un coup de tête. Du coup, ils étaient préparés à l’idée, et savaient que c’était le fruit d’une longue réflexion pour moi. Certain(e)s ont compris, d’autres moins, mais Dieu soit loué, tout le monde a respecté mon choix.

Je m’étais assez éloignée de la communauté depuis un certain temps, donc les musulmans de mon entourage ne sont que mes amis proches, à qui j’ai expliqué ma démarche. Globalement je n’ai pas eu de réaction vraiment négative. Je pense qu’à partir du moment où on fait son choix de façon mûre, réfléchie et mesurée, où les gens voient bien qu’il ne s’agit pas de sortir la minijupe ou de quitter l’islam, ils respectent globalement ce choix.

Où en es tu aujourd’hui ?

Le retirer m’a fait beaucoup de bien, à moi et à ma foi! Maintenant j’ai recommencé à m’investir un peu dans la communauté, à fréquenter les mosquées, et Dieu soit loué, les gens m’acceptent bien sans mon voile. Et, paradoxalement, je me sens tellement mieux dans ma foi, tellement plus musulmane. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma place…

Je ne sais pas si c’est très bien de le dire, mais je ne regrette pas de l’avoir retiré. Par contre j’admire et je soutiens à 300% les femmes qui le portent et qui l’assument, qui le vivent bien. Je trouve ça magnifique, bravo à vous les filles! J’ai peur parfois d’être un mauvais exemple pour certaines…

Dans le même dossier :

Interview exceptionnelle de Tariq Ramadan

16 octobre 2009 par Khadija  
Classé dans Portraits

Hijab and the city publie cette semaine une interview exceptionnelle de Tariq Ramadan. Au programme, une discussion autour de son ouvrage l’Autre en nous, une ode à l’amour et à l’enrichissement par la différence, une autre façon de voir le monde, de voir l’autre. Rencontre avec un homme porteur d’un message empreint d’humanité et de sincérité.

Tariq RamadanVotre livre l’Autre en nous traite de la question du pluralisme, pourquoi un ouvrage sur le sujet ? Est-ce eu égard à la situation des musulmans Européens ?

Pas du tout. J’ai une formation en philosophie et une formation en sciences islamiques que j’ai eu au Caire, et à un moment donné, j’ai travaillé sur le droit et les fondamentaux du droit, notamment dans mon livre Islam, la Réforme Radicale. J’avais envie de parler de valeurs fondatrices, faire un texte de philosophie mais avec un angle nouveau. Comme je le dis dans mon ouvrage, la question du sens ce n’est pas regarder les choses à partir de notre petite fenêtre mais à partir de l’océan. Ce n’est pas du tout un livre européo centré, il a déjà été traduit en huit langues et bientôt en turc et en arabe.

Vous parlez d’un universel partagé et mettez l’accent sur la diversité des points de vue, des dogmes, qu’en est-il de la notion d’ « Oumma » ? « Le besoin de commun » est-il à ce point primordial ?

On peut parler d’une Oumma internationale ou la Oumma telle que la présentait Ibrahim. Beaucoup de musulmans la traduisent comme représentant tous les musulmans du monde. Alors que la Oumma c’est avant tout une communion spirituelle, un rapprochement vers le divin. Cette quête vers le divin s’appuie des principes qui sont des principes fondateurs de l’enseignement islamique et qui sont traduits d’ailleurs dans les noms divins : arRahman (le Clément)… Et parce que c’est une communion spirituelle, elle exige la conscience critique, c’est à dire distinguer ce qui est universel dans les principes de ce qui est particulier dans les cultures. Le principe fondateur de la Oumma spirituelle c’est notamment quand deux groupes de la Oumma se disputent, tout doit être mis en œuvre pour les faire se rapprocher, sauf si l’un des deux groupes transgresse. Et la conscience critique repose sur la diversité d’interprétation.

Les voyages sont importants selon vous, vous dites d’ailleurs qu’« il faut se mettre en route vers de nouveaux horizons afin de découvrir l’autre ».

Le Prophète (SAW) dit : « soit sur la terre comme un étranger ou comme un passant » et l’on dit également « vis sur la terre comme si tu devais y vivre éternellement ». Nous devons comprendre que nous sommes sur la terre et que la vie est un voyage. Nous devons le vivre en le comprenant spirituellement. Ne jamais idolâtrer les lieux. Dans le voyage, on acquiert une relativité des habitudes, de la pensée mais l’universalité des principes demeure. Il faut apprendre à rester humble dans notre interprétation des idéaux, elle reste propre à chacun.

Comment percevez-vous le monde d’aujourd’hui ? Allons-nous vers plus de confiance à l’égard de celui qui diffère de nous ?

Aujourd’hui, nous sommes à l’opposé de ceci car pour pouvoir le vivre il faut faire tout un travail sur soi. Nous sommes à l’ère de la globalisation, on parle d’absence, on est dans une ère des petites vérités méfiantes. L’émancipation intellectuelle passera par la résistance de ces vérités vers des horizons de la confiance.

Tariq Ramadan, L'autre en nousVous n’avez de cesse de répéter qu’il faut témoigner son amour aux autres, le monde d’aujourd’hui va t-il à ce point à la dérive au point de rappeler aux autres qu’on les aime ?

Ce n’est pas parce qu’on va mal qu’il faut dire qu’on s’aime, même quand on se marie il faut le dire, et pas attendre de divorcer et de repenser à la période où l’on s’aimait. L’amour c’est une lumière, et parce que dire l’amour produit un état d’esprit, un état d’illumination de l’esprit qui se projette à notre rapport au réel. Quand on fait entrer en nous l’amour, on se conditionne mentalement, cela fait référence au béhaviorisme, à la psychologie comportementaliste. Or, ce conditionnement peut être négatif, mais le comportement mental spirituel de dire l’amour, c’est prévenir le fait de devenir plus mal. Et surtout l’amour qui se dit dans la gratuité de ce qui se vit ; ça ne coûte rien et ça vaut tellement.

Savoir d’où l’on vient, ne pas rompre avec le passé, pourquoi est-ce si important ?

C’est important parce que beaucoup de gens sont si obsédés par là où ils vont qu’ils en oublient là où ils viennent. Or, je ne vais nulle part si je ne sais pas d’où je viens. La quête de l’origine est importante, elle peut être négative quand on s’enferme dans son passé et positive quand on se nourrit de ce passé. Ce passé, comme j’ai tendance à la dire est une école. Il y a des choses, des détails qui nous forment, il ne faut se couper de cela. Ceux qui viennent à la conversion du cœur se coupent du passé parce qu’il leur paraît tellement noir, qu’ils veulent s’en couper. C’est une façon de remercier le Très Haut de ce cheminement. Se nourrir de la noirceur d’hier pour rester fort aujourd’hui et éduquer ses enfants. Entendre ceux qui vivent dans leur passé, car son passé à soi c’est le présent des autres.

En parlant du passé, quel est l’événement qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

Oh la ! Le traumatisme de ma naissance (rires). Il y en a plusieurs. Ce sont souvent des décès, le décès de mon père a été un vrai questionnement ; le décès d’un de mes élèves dont je parle dans mon dernier livre a aussi été un questionnement. C’est essentiellement l’expérience de la mort mais aussi celle du désert. Et tout ce qui relève des chants de l’amour, telle que la naissance des enfants.

Selon vous, existe t-il une femme musulmane ou des femmes musulmanes ?

Non, il y a des femmes musulmanes. Il y a un idéal féminin, il y a des cheminements. L’idéal féminin, on peut en discuter, de l’être féminin dans son autonomie, qui assume sa féminité, et qui a un autre regard sur la vie, sur certaines valeurs, sur l’éducation, sur les priorités. Pas forcément meilleur mais meilleur parfois. Il y a un idéal dont je pourrai définir les contours et il y a des femmes. C’est le cheminement de chaque femme singulièrement qui doit assumer ce qu’elle est, ses doutes, son humanité.

Un mot pour les lectrices de Hijab and the city ?

Ce que je dirais, puisque vous avez choisi de mettre le hijab en avant, l’essentiel est de comprendre les prescriptions islamiques à la portée de leur objectif spirituel. S’il y a une pudeur vestimentaire en Islam, elle doit être accompagnée par une pudeur spirituelle, intellectuelle, les pudeurs fondamentales, c’est important. Nous tous, nous gagnerons beaucoup à préserver l’humour. Une femme qui sait faire de l’humour, c’est une femme qui sait se faire respecter en souriant.

Merci à Tariq Ramadan d’avoir pris la peine de répondre à nos questions.

Site officiel de Tariq Ramadan : www.tariqramadan.com

Focus sur… Mohja Kahf

18 septembre 2009 par La rédaction  
Classé dans Portraits

Mohja Kahf.Poète et auteure Américaine, d’origine syrienne, Mohja Kahf est professeure de littérature comparée à l’université de l’Arkansas. Arrivée aux Etats-Unis dans les années 70, alors qu’elle avait tout juste quatre ans, sa vie et son parcours l’on beaucoup inspirée dans ses travaux et ses œuvres.

Elle travaille essentiellement sur la question de la représentation de la femme musulmane en Occident, en d’autres termes sur l’image erronée que l’on a d’elle et qui l’accable.

Sa plume dénonciatrice et son ton humoristique lui permettent de réfuter avec brio cette vision ethnocentriste de la femme musulmane passive, assistée, victime et enfermée dans une perception anachronique du monde.

Dans son roman The girl in the Tangerine Scarf (La fille au foulard mandarine), Mohja Kahf raconte l’histoire de Khadra Shams, une jeune fille syrienne qui débarque aux Etats-Unis dans les 70’s, une sorte de roman autobiographique où elle explique comment cette fille tente de réconcilier sa foi avec un pays souvent hostile envers les femmes musulmanes. Un mélange de fierté et de confusion, une lutte entre l’assimilation et le respect de ses principes en tant que musulmane.

C’est dans une démarche de déconstruction et de réhabilitation de l’image de la femme musulmane que s’inscrit le projet de Mohja Kahf. La volonté de proposer une meilleure compréhension des minorités, en mettant l’accent sur le caractère nuisible de la tradition qui va à l’encontre de l’ouverture d’esprit dont témoigne l’Islam.

Quant à la question du voile, question exacerbée en Occident, elle considère que le choix de le porter ou non importe très peu en réalité, ce qui compte c’est que la femme puisse faire ses propres choix et vivre son indépendance comme bon lui semble.

Rompre avec les prénotions, comme dirait Durkheim, tel est le combat de Mohja Kahf, une femme qui vit une modernité où l’altérité n’est pas vécue comme une tare mais bien au contraire comme un enrichissement et une élévation de soi.

La question de la sexualité ne lui a pas échappée non plus. Elle fut chroniqueuse pour le webzine Muslim Wakeup, où elle tenait une colonne intitulée Sex and the Umma. Dans ses chroniques, Mohja revenait sur la nécessité d’en finir avec la vision traditionnelle de la sexualité et avec les stéréotypes qui persiste au sein même de la communauté musulmane. Présentant l’Islam comme un mode de vie et non pas comme une simple religion, elle s’appuie sur les textes et l’histoire et propose un autre regard sur la sexualité, plus réfléchi et moins sexiste selon elle.

Une femme à découvrir. Ses ouvrages sont en anglais, mais bien entendu, toutes les lectrices de Hijab and the city sont bilingues !!

Photo : Lorraine Chittock, PADIA, et Saudi Aramco

Suggestions modesques

17 septembre 2009 par Khadija  
Classé dans Look at mon style

Comme je le disais dans mon précédent billet, il est important de bien choisir sa tenue pour se sentir belle le jour de l’Aïd. On n’hésitera pas à faire quelques soins relaxants, et en profiter pour faire peau neuve. Tout compte ce jour là, il vous faut avoir de l’allure.
Voici quelques suggestions modesques qui vous aideront à composer votre tenue. N’hésitez pas à porter de la couleur et quelques strass pour rehausser le tout. Soyez avant tout vous mêmes tout en étant raffinées et chic.

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Cette composition met le bleu électrique à l’honneur. Le tout est de savoir l’adoucir avec une touche de noir et quelques sequins ici et là. Une tenue pas cher du tout, que vous pourrez reproduire en vous baladant chez qui vous savez : Massimo Dutti, Zara, Mango, Newlook…

Boléro Debenhams, robe Dorothy Perkins, T-shirt brownsfashion, pochette Tory Burch, bague fantasyjewelrybox, ballerines Rainbowpill, étole Forzieri, pantalon Acne

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Quelques idées de robes sobres et habillées, que l’on peut porter avec un pantalon ou pas, à chacune son style. Et c’est la paire de chaussures, la pochette ou encore le châle qui peuvent glamouriser le tout.

De gauche à droite : robe noire Malene Birger, pochette vernie Lulu Guinness, robe marron VIKTOR & ROLF, châle Chickdowntown, robe mauve Antik Batik, bague fantasyjewelrybox, robe noire Layered Carla, sandale Metallic Zander.

A vos tenues, soyez resplendissantes à souhait car ne l’oubliez pas, c’est jour de fête !

Mon style trendy

1 juillet 2009 par Shahin  
Classé dans Look at mon style

Une fois le problème de la robe solutionné, il vous reste un énième « casse tête » à régler, celui du hijab. Celui qui sublimera votre tenue… ou pas !
Vous me direz entre femmes pas de soucis, le chignon ou le brushing le remplace. Mais n’oubliez pas la cérémonie officielle, la mairie, le parc… et tout le tralala.
Donc une fois le hijab choisi, on commence à réfléchir au « montage » et c’est là que ça se corse !

Non non, je ne suis pas entrain de vous parler du mode d’emploi de votre dernier meuble ikea, mais bien de la façon dont vous « nouerez » votre trendy hijab. Car il existe bien des façons de porter ce hijab, celui des grands soirs où tout est permis !!! Pour preuve, on trouve toutes sortes d’explications plus ou moins hasardeuses des différentes façon de le mettre. Mais à en croire les nombreux essayages qui m’ont fait perdre cheveux, temps, 2 kilos et bouziller un foulard en soie… dois-je capituler ? Non, je dis STOP !

Ok, la photo est jolie, un peu floue, trop petite mais à cette heure j’aurais plus envie d’explication pour les myopes, c’est à dire en gros, trés gros ! Oui, on peut être élégante sans pour autant se casser la tête…

Le hijab brodé est une bonne alternative, il se suffit à lui même, on y ajoutera simplement une broche bijoux à piquer sur la tempe ou sur la poitrine. La tendance du « Headband », comprendre du « bandeau de tête », me donne des idées. A nouer autour de la tête il décore joliment notre foulard. Ruban de satin, brodé, perlé, tréssé, plumé, strassé… le choix est conséquent et ravira les plus sceptiques.jennifer-behr-headband-de-51503420urban-outfitters-headband-161bando-2 Pour les âmes en fleur, il existe différentes sortes de « montages »… quasi scientifiques !! La solution: les broches « fleur » qui nous permettront de créer l’illusion d’un joli bouquet ! A piquer sur la tempe ou pour un effet chignon, dans la nuque.

Laissez libre cours à votre imagination. On mélange les tailles et les couleurs pour un effet garanti ! Pour les éternelles romantiques, la dentelle est de mise. On achète un ruban de dentelle qu’on peut customiser de perles ou de bijoux. On le noue sur la tête et le tour est joué ! Les mariages sont l’occasion de se faire belle et de se faire plaisir. Alors mesdames osez ! A défaut d’être chapeauté on crée la tendance avec notre hijab « trendy ». Quelques exemples vous donneront peut être l’inspiration !

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Lookée en douceur pour l’été

24 juin 2009 par Shahin  
Classé dans Look at mon style

ça y est on y arrive, on voit enfin arriver le bout du tunnel… On ressort nos ray-ban, notre sarouel en lin, et on profite du soleil au maximum.


On m’a dit « en mai, fais ce qu’il te plaît« , ok!  Mais, en mai le temps était pas terrible, ici dans la capitale. Quelques chaleurs (au maximum 25, dans le métro!) mais pas assez de soleil pour prendre le teint halé qui nous rend si beeellllle!

Espérons que Juin soit le mois dont on a besoin! (désolé pour la rime tirée par les cheveux…mais c’est beau…la rime!)
Bref, on oscille entre les saisons comme un petit bourgeon préssé d’éclore sous le soleil radieux. On se prépare avec un look tout doux. Tout doux je vous dis, ça sent le bon plan tout ça…
Eh bien figurez vous que oui! Avec un peu d’imagination on se concocte un look trendy et à petit prix, en attendant les soldes….Ah oui ça aussi on les attend de pieds fermes! Ah les femmes!!!!

Jupon long: 29,95 EUR pimkie.com; Tunique nouée: kookai; Une folie hors de prix mais que je kifffff à mort!: ce sac D’ ALEXIS MABILLE: colette.fr
hijab: stores.yahoo.net; Chaussures: 24,95 EUR pimkie.com; Chemisier à carreaux: 19,95 EUR pimkie.com;Pantalon: 105 EUR comptoirdescotonniers.com; Ballerines REPETTO:185,00 EUR colette.fr; sac: 19,95 EUR pimkie.com; bracelet: 15 EUR mangoshop.com

Niqab : une femme qui le porte témoigne

24 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce qu’il faut rompre avec les préjugés et que le respect des différences est primordial, Hijab and the city est allé à la rencontre de Sanaa, une bretonne convertie à l’Islam qui porte le niqab depuis quelques années. Hijab and the city lui donne la parole aujourd’hui, une parole qu’on lui confisque souvent pour mieux la fustiger.

Peux- tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Sanaa, j’ai 28 ans. Je me suis convertie à l’Islam alors que j’étais à l’université, en psychologie. J’ai reçu une éducation religieuse, et durant ma scolarité j’ai fréquenté une école tenue par les bonnes sœurs. C’est au lycée public que j’ai fait la connaissance d’une jeune fille d’origine marocaine, chez qui j’allais souvent pendant le Ramadan pour partager le repas d’el iftar. J’ai aimé l’hospitalité dont faisait preuve ses parents, le respect des valeurs familiales et le fait que son père nous encourageait à étudier, à être économe… il y avait aussi cette notion de pudeur même autour de la table alors que chez moi on se gênait pas d’être vulgaire, de parler de sujets indécents. Bizarrement, ma famille n’était pas pratiquante et elle m’a pourtant envoyée chez les nones (rires) !

Comment as tu évolué sur un plan spirituel ?

J’ai d’abord commencé par la prière avant même de me convertir. J’avais des petits bouts de papier avec moi pendant la prière (rires) !

Et tu as commencé par porter un hijab ?

Oui. J’avais très envie de le porter mais je craignais la réaction de ma mère. Mes parents savaient que je priais. Alors, j’ai commencé par porter des bonnets l’hiver, ça tombait bien ! Et puis je l’ai finalement mis. Je le portais très colorés avec du rouge, des fleurs… je l’accordais à mes vêtements. Et j’ai trouvé le jilbeb (long voile) hyper classe ! Je le portais avec des gandouras amples (robes traditionnelles marocaines).

C’est donc parce qu’il était « classe » que tu l’as adopté ?

Oui, et surtout plus pratique que le hijab. C’est une seule pièce à enfiler avec un bandeau alors que le hijab c’est plus compliqué avec les épingles.

Comment ce changement a t-il été perçu par ton entourage ?

Dans mon entourage, une femme qui porte le hijab est une femme analphabète, battue et opprimée, mais comme je le portais alors que je n’étais pas mariée ma mère m’a dit qu’elle me trouvait plus gaie, que je n’étais plus dans l’excès sur un plan financier et que j’étais plus raisonnable.

Et le niqab, quand t’es tu décidée à le porter ?

Pas trop longtemps après. La première fois que je l’ai porté je suis allée faire des courses en grande surface, et ça s’est bien passé.

Et pourquoi le porter ?

Parce que j’avais envie. Chacun son choix, chacun fait ce qu’il veut et à la hauteur de ce qu’il peut.

Et le regard des gens ?

Je le vis très mal. Je croise des gens gentils et d’autres vraiment odieux. On me dit souvent retourne chez toi, mais ce qu’ils ne comprennent et ce qui m’agace, c’est que je suis dans mon pays ! J’en ai assez qu’on me prenne pour une arabe alors que je suis un pur produit de cette société !

Et par rapport à ceux qui pensent que tu fais fi de ta féminité ?

Je suis une femme comme les autres, je vis comme les autres. J’aime les parfums, le maquillage, les sous-vêtements, les décolletés, les bijoux…

Comment ressens tu toute cette polémique autour d’un éventuelle loi interdisant le port de la burqa ?

Ils confondent tout et ne savent rien. Ce n’est pas une burqa que je porte c’est un niqab. On est pas en Afghanistan ! Ce sont deux contextes qu’on transpose mais qui sont totalement différents. Depuis que je me suis convertie, je suis super déçue. Les français sont très intolérants en réalité. Ils me prennent pour une analphabète. Tant qu’on ne désobéit pas aux lois, où est le problème ? C’est scandaleux ! Cette loi est illogique, on a des plages de nudistes qui existent et à côté on veut interdire à celles qui veulent se couvrir entièrement de le faire, chacun fait ce qu’il veut ! C’est vrai qu’il y a des gens qui sont extrêmes, qui ont des idées terroristes, mais tout le monde n’est pas pareil. A ce moment là tous les curés sont pédophiles, il faut arrêter de généraliser.

Quel message souhaiterais-tu transmettre ?

Laissez nous tranquille, tant qu’on ne fait pas de mal. Qu’on nous laisse vivre. Je n’influe pas dans la vie des gens, alors qu’on agisse de la même façon avec moi. On est comme tout le monde, on consomme comme tout le monde, on vit comme tout le monde, c’est notre foi qui diffère.

Que penses tu de l’expression « prison ambulante » pour qualifier ton niqab ?

On dit que l’on est des femmes opprimées mais en réalité ce sont les gens de l’extérieur qui nous oppriment, qui nous insultent. Si on est sensées être opprimées, alors pourquoi en rajouter ? Pourquoi ne pas nous aider au lieu de nous montrer du doigt ? Il faut que les gens se cultivent, il faut qu’ils viennent nous parler.

Tu préfèrerais qu’ils viennent vers toi ?

Je préfère qu’on me parle, qu’on m’interroge. Je suis opprimée par les gens à l’extérieur. Je suis malheureuse parce que les gens me maltraitent dans le rue. Ma religion ne m’opprime pas !

Comment te projettes tu par rapport à tout ce débat ?

Si quelqu’un peut me faire un don afin que je puisse partir plus vite d’ici, je le ferai.

Merci Sanaa.

Cheikh Obama

5 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

obamaComment ne pas revenir sur le discours tant attendu du cheikh Barack Obama?! Nous l’attendions tous parce que ne l’oublions pas, le pays de l’oncle Sam domine notre planète, mais pas pour longtemps n’est ce pas Shahinatown ?

Pour faire court et rapide dans l’analyse du discours de M. Obama, on notera que l’ami Barack a fait dans la realpolitik, ou pour parler plus trivialement, plus pragmatique que lui tu meurs!

Mais il a bien raison le frère Obama, il fallait bien tourner la page, après 8 années de fiasco politique avec un Bush à la politique sanguinaire. Obama s’est donc lancé dans une sorte d’autocritique de l’Amérique en commençant son discours par un Assalamu Aleykoum, afin de donner le ton et proposer une orientation sensée changer le Moyen-Orient. Ces phrases étaient ponctuées de mots arabes et de versets du Coran histoire de faire comprendre, un peu à la Kennedy avec le fameux Ich bin ein Berliner (sauf que, pour l’anecdote, le Berliner ce n’est pas le mot usité pour désigner un berlinois mais le nom d’une pâtisserie), qu’il est open minded, pour l’entente des peuples et tout le reste. Je ne suis ni rabat-joie, ni foncièrement pessimiste, je suis seulement circonspecte au regard de son staff. Quoique…il faut lui reconnaître au frère Obama la designation de Dalia Mogahed aux affaires religieuses. Une femme voilée à la Maison Blanche c’est inédit! D’autant que frère Obama a « egratigné » la France lorsqu’il s’est exprimé sur la question du hijab. God save Obama! Il a critiqué le fait qu’un pays occidental puisse dicter ce qu’un musulman doit porter. Il a dit: « je rejette les vues de certains en Occident pour qui le fait qu’une femme choisisse de couvrir ses cheveux a quelque chose d’inégalitaire »

Ainsi, un nouveau départ (enfin c’est ce qu’ont perçu les médias, les politiques et la plèbe ahhhh la plèbe!) entre les Musulmans et l’Amérique a été amorcé. On peut lui reconnaître sa position sur la question Palestinienne mais surtout on reconnaîtra au guide, pour la visite officielle, le choix de la Mosquée du Sultan Hassan, ma préférée! Si vous êtes sages je vous publierai des morceaux choisis d’un dossier que j’ai fait sur cette magnifique mosquée, dont je me souviens encore l’odeur, c’est fou non ?

Comment je me suis convertie

8 mai 2009 par Maria  
Classé dans Elles parlent d'elles

Beaucoup d’entre vous ont apprécié le portrait de la douce Amandine, cette jeune convertie qui a partagé son histoire et ouvert son cœur. Aujourd’hui, c’est au tour de Maria, fidèle lectrice de Hijab and the city, de nous faire part de son parcours et de son ressenti en tant que musulmane (re)convertie. Bien sûr, à chacune son histoire. Et c’est à travers un témoignage que Maria nous fait part de la sienne. Pas de portrait donc, mais plutôt un autoportrait que nous offre cette femme qui, avec pudeur et grandeur, nous livre les grandes lignes de sa nouvelle vie.   

istock_000008513731xsmallLa première fois que j’ai entendu dans la nuit el adhan, j’étais foudroyée par un sentiment indicible.  Nous étions en été, je dormais sur la terrasse tellement la nuit était chaude.  Et, soudain, avant l’aube, j’ai été réveillée par l’appel à la prière. Le lendemain j’étais pensive. Quelque chose changeait en moi mais je ne le savais pas encore. Je n’étais pas du tout une touriste.  Non. Je me sentais chez moi dans ce pays que je ne connaissais pas auparavant et qui me semblait si familier.  Mais j’étais encore dans un ailleurs, un peu sourde un peu aveugle, encore imprégnée d’urbanité parisienne, et de tant de concepts tenus pour sûrs que j’allais devoir réviser en détail !  A la fin de l’été j’étais devenue un peu plus modeste, plus pudique.  Mais je ne savais toujours pas pourquoi.  De retour sur Paris, au mois de septembre le mois de Ramadan commençait.  Quelqu’un que je connaissais le faisait discrètement et j’ai décidé de le faire aussi.  A la radio, le soir, j’écoutais le Coran juste avant el iftar. Puis je savourais des dattes et du lait caillé en prononçant la Basmala. On avait eu la patience de m’écrire en phonétique cette prière, puis toutes les prières, la Fatiha, la Sourate Al Ikhlas. Petit à petit j’ai commencé à faire mes prières. On m’a offert un petit livre qui m’apprenait les ablutions, quelques autres Sourates, les Piliers de l’Islam.  Jamais un mois de septembre ne m’a semblé aussi merveilleux ! Je dormais peu, je ne mangeais et ne buvais que la nuit, je priais et j’étais pleine d’entrain, de bonheur. En octobre j’ai reçu en cadeau mon premier Coran. 

J’ai voulu connaître un peu mieux l’Islam. J’ai découvert un cours les dimanches après-midi à la Mosquée. J’avais toujours cru en Dieu  depuis toute petite. Jamais je n’avais cessé de dialoguer avec Lui.  Mais je ne connaissais pas le sens de ce dialogue. Il me manquait tellement de connaissances ! (Et il m’en manque toujours).  Avec les cours j’ai commencé à réfléchir aux Sourates étudiées, aux préceptes, aux Hadiths.  J’ai mémorisé mes prières. Mon dialogue avec Dieu est devenu plus concentré, plus authentique.  Certains jours de grand bonheur, je me sentais transpercée de lumière en priant. Un jour je suis tombée sur ce verset : « Nous avons révélé des versets d’une clarté limpide. Cependant, Dieu met qui Il veut sur le droit chemin. » C’est dans la Sourate An’nour. J’ai compris que Dieu avait voulu me mettre dans Son chemin. C’était à moi de le mériter dorénavant. A la Mosquée j’ai récité la Chahada (l’attestation de foi). 

Ce chemin est ardu. Il y a tout d’abord la transformation de soi : une vraie réflexion sur chaque acte, chaque pensée, le rapport aux autres et au monde.  C’est un chemin parsemé de victoires et de défaites.  Il faut juste ne jamais abandonner.  Il y a les contraintes alimentaires, vestimentaires, les horaires de prière qui doivent être intégrées dans un quotidien  de travail qui les rend difficiles. Il y a le regard des autres : famille, amis, collègues de travail mais aussi commerçants de quartier, médecin, enfin tous ceux avec qui on est en relation. On se sent très seule parfois. A la Mosquée il n’y a pas vraiment d’accompagnement pour les convertis. Le cours s’adresse à tous, majoritairement des musulmans qui cherchent à mieux connaître leur foi. Je me suis sentie confrontée avec des questions de choix difficiles à prendre et j’aurais eu besoin de plus de temps et de dialogue.

Je me suis donc sentie un peu sous pression et ai décidé de continuer mes prières, lecture du Coran et chemin spirituel  toute seule (avec le réconfort d’avoir la petite Oumma de Hijab and the city tout près).  Pour donner un exemple, la question du hijab a été abordée avec une injonction divine de le porter en permanence.  Je ne peux pas le faire à mon bureau.  J’ai opté pour le port du hijab partout jusqu’à la porte du bureau. Mais il m’était douloureux de sentir que j’étais fautive malgré moi. Aussi, dans le cadre de mon travail, j’organise des événements culturels, dont quelques 4 à 5 concerts de musique classique par an.  Devant une question concrète concernant la musique il m’a été dit qu’il n’y a pas pire métier que celui d’organiser des concerts. Mais comment faire ? Abandonner mon travail pour en chercher un autre serait jeter plus d’une personne qui dépend de moi dans une situation de détresse.  En ai-je le droit ?  

Parcours spirituel donc en solo. Prière pour trouver des solutions. Une confiance absolue et totale en Dieu. Chaque jour je me dis que Dieu n’a pas pu me mettre dans Son chemin pour m’abandonner ensuite ; que des solutions qui me semblent maintenant impossibles surgiront dans le temps. L’important c’est d’être au plus près de ma pratique quotidienne. D’avoir une totale sincérité de cœur. Qu’à force de dire mes prières c’est du cœur qu’elles jailliront. « Que ta langue soit toujours humide du souvenir de Dieu ». Que ma langue soit toujours humide du souvenir de Dieu. 

Merci à Maria pour ce merveilleux témoignage

Lettres Texanes

27 avril 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Statue of Liberty backgroundJohn et Hilary sont tous les deux originaires de Houston et viennent de remporter la coquette somme de deux millions de dollars en jouant leurs économies à Las Vegas le weekend end précédent Pâques.

La chance leur a sourit et c’est tous étonnés et heureux qu’ils quittent le Strip rêvant déjà des multiples folies qu’ils pourraient s’offrir à présent.

Hilary était une passionnée de littérature Française, elle affectionnait tout particulièrement la période des Lumières où elle n’avait de cesse d’encenser Montesquieu ou encore Diderot qu’elles qualifiaient de visionnaires et de grands démocrates. L’Encyclopédie, la rationalité, des termes qui raisonnaient dans sa tête dès qu’elle entendait le mot « France » être prononcé.
Ainsi, s’étant figée sur cette période charnière de l’Histoire de France, laquelle aboutit à la « wonderful » Révolution de 1789, elle avait une idée bien précise de ce qu’était la France et des valeurs de ce beau pays.

Aussi, lorsqu’il fut question de choisir la destination première pour marquer le début d’une nouvelle vie d’opulence oisive, John qui n’avait d’yeux que pour sa magnifique Hilary (magnifique parce qu’avec sa fortune elle put s’offrir les services du plus grand plasticien de la côte Ouest ! Ah l’Amérique !) proposa à sa dulcinée de faire le choix de leur first destination. Bien entendu celle-ci suggéra sans réfléchir Paris.

Elle se voyait déjà fouler le pavé Parisien coiffée d’un béret, chiner dans les brocantes au son des accordéons et savourer sa première vraie baguette de pain. Pour Hilary Paris c’était le centre du monde, de la vieille Europe, c’était un rêve qu’elle allait enfin réaliser. Observer de ses propres yeux ce peuple ouvert, cultivé, tolérant et tellement romantique. A vrai dire, elle pensait aussi pouvoir croiser des sans culottes mais non Hilary voyons, c’est du passé, c’est dépassé, maintenant on est à la mode du pantalon carotte !

9h15. Hilary et John sont enfin arrivés au Meurice. Grooms raffinés et aimables à souhait, décor fastueux, l’accueil présageait un séjour inoubliable. Ayant une jolie tête blonde, le couple millionnaire décida de se payer les services d’une nounou Française recommandée par l’hôtel. Elle s’appelait Salma. Une jeune fille souriante et attentionnée qui allait prendre soin de la petite Américaine.

Salma avait conquis Hilary par sa gentillesse et sa culture. Elle était heureuse de savoir sa fille entre les mains d’une encyclopédie vivante (rappelez-vous les Lumières). C’était comme elle le pensait : une jeune Française pleine de talent à l’image de sa glorieuse patrie. Seulement, Hilary ne comprenait pas qu’une telle lumière soit gouvernante. Elle avait aussi remarqué que, tout en élégance, elle arborait un large bandeau qui recouvrait ses cheveux plus par pudeur que par effet de mode, un détail qui suscita la curiosité de notre Américaine.
Elle questionna alors Salma sur son parcours, sa vie. Salma était en fait une jeune femme voilée surdiplômée qui n’avait pas la possibilité d’exercer dans son domaine en raison de ses convictions. Quand Hilary compris sa situation, son sang ne fit qu’un tour. Salma lui expliqua ce qu’était la liberté à la Française aujourd’hui : un état où il ne fait pas bon être musulman. Hilary s’offusqua de cette dure réalité.

Et la suite vous pouvez l’imaginer. Ah oui, tout cela elle le conta dans un échange de lettres qu’elle avait avec sa meilleure amie Wendy, fan de la France également. Non parce que sinon la référence à Montesquieu…
Arrêtons-nous un instant sur cette histoire. Hilary s’étonne d’une réalité que nous avons par trop tendance à banaliser. Hilary s’étonne parce qu’en plus d’avoir un noir à la tête de son pays, une femme voilée est en charge des affaires religieuses des Etats-Unis d’Amérique. En définitive, elle sait maintenant que le siècle des lumières a depuis longtemps laissé place à celui de l’obscurantisme, à l’intolérance. L’intolérance qui est à l’origine de l’agression physique d’une femme ou encore du licenciement d’une jeune doctorante à qui l’on reproche d’avoir des convictions.

Esteban, Zia, Tao… à Dubaï d’or !!

21 avril 2009 par Mariame  
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Vous connaissez très chères lectrices Les Mystérieuses cités d’or, ce merveilleux dessin animé qui a bercé mon enfance (et la vôtre… moi c’était plutôt le temps des énièmes rediff ‘ ). Vous vous souvenez également des protagonistes de la série, Esteban, Zia et Tao, parcourant sur le dos d’un oiseau géant en or massif  (un Mauboussin, je crois) l’Amérique centrale et du sud à la recherche de ces cités mythiques… qui en réalité n’existent pas. Cette quête me rappelle un peu celle de certains « banlieusards » qui cherchent du boulot et qui se retrouvent déclassés sur le marché du travail français. Sauf que les concernant, il paraît  qu’il existe une cité mythique qui offre du travail à profusion (et bien rémunéré !!) à toutes les têtes bien typées originaires de France et de Navarre, et encore mieux aux musulmanes notamment voilées : la possibilité de bronzer sur des plages désertes (oui, il s’agit là d’une aspiration hautement louable !). Très chères lectrices et très chers lecteurs, il était une fois… Dubaï !

Pourquoi cet intérêt soudain ? Tout simplement parce qu’on a de cesse de m’en parler et à toutes les sauces. La dernière info en date sur le sujet, le texto d’une très bonne copine qui me disait qu’elle partait pour Dubaï et les pays voisins. La concernant, il s’agit là de faire du tourisme, mais j’en connais d’autres qui s’y sont installés après avoir trouvé du boulot, notamment dans le secteur bancaire. 

Je n’y suis jamais allée, et je m’en porte bien (merci !), mais c’est vraiment un endroit qui ne me branche pas du tout. Pourtant très curieuse de nature, je n’arrive pas à comprendre comment ce petit bout de terre arrive à créer l’engouement auprès d’un bon nombre d’ hommes et de femmes d’origine maghrébine bien souvent.  » Tu peux travailler là-bas avec ton voile ou ta barbe », « tu peux aller dans un centre commercial géant et faire du shopping sans ton foulard »… voici les explications que l’on me donne généralement pour me convaincre du caractère exceptionnel de cette ville/pays/émirat (c’est marrant !). Sans oublier la possibilité de bronzer, même en deux pièces, pour les femmes voilées, sur une plage privée.

Face à des arguments aussi pertinents que convaincants, j’ai tendance à rire, à bien rire même. Partir, vivre le dépaysement… tout ça pour aller bronzer et faire du shopping la tignasse à l’air libre ? (oui, il paraît que les voilées ne se peignent pas…). C’est quand même exagéré ! A la limite pour trouver du boulot je veux bien, et encore !

Je dois vous avouer que ce pays me fait penser à une maquette géante. J’aime bien les endroits chargés d’histoire… c’est sûr que les grands ensembles du 93 ne sont pas funky à côté, hein ! Mais quand même, Dubaï à ce que j’ai pu entendre, lire ou voir, c’est un lieu qui n’a pas d’odeurs, qui n’a pas de charme. Et puis pour être honnête avec vous, j’ai un peu de mal avec les pays de ce côté-ci du globe. De plus quand on voyage, c’est pour découvrir un pays, une culture, une civilisation, des autochtones… A Dubaï, 3/4 de la population est d’origine étrangère, et on y parle plus l’anglais que l’arabe… Autant prendre l’Eurostar moi je dis !

Enfin je sais pas, je suis peut être un peu rabat-joie, mais voir autant de fascination pour un pays comme celui-ci, ça me dépasse ! Je peux comprendre que pour certains, c’est un peu une issue de secours, un moyen d’aller « réussir » comme ils disent ailleurs. Mais je pense que tout est à faire ici et maintenant. Après, on peut songer à partir, mais si tout le monde fuit tout de suite, on fait comment pour les générations futures ? 

Sophie Guillemin : une actrice qui le vaut bien !

3 avril 2009 par Mariame  
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sophie-guillemin-pour-hijab-and-the-cityRencontre exeptionnelle dans un petit coin sympathique de Paris. Il fait très beau et Sophie Guillemin nous accueille avec un très grand sourire. Chacune de nous se présente, on discute un peu, on rit beaucoup. On commence par aborder sa carrière d’actrice, la manière dont elle est arrivée dans le milieu du cinéma. C’est « par hasard » qu’elle s’est retrouvée au casting de L’Ennui alors qu’elle était lycéenne. Un coup de chance pour un rôle dans un film qui a fait parler de lui et qui lui a permis de connaître d’autres opportunités. D’un coup se sont enchaînées les propositions, notamment pour un film en 2000, Harry, un ami qui vous veut du bien qui lui vaudra alors une seconde nomination aux Césars.

En 1999, elle décide de se convertir à l’Islam.

« En réalité, ça a commencé bien avant, la pratique est venue lentement. Au début, j’ai commencé par changer des trucs personnels, arrêter de boire par exemple. Au niveau professionnel, j’ai arrêté les scènes de nu et tout ce qui pouvait entrer en contradiction avec mes principes. Mais j’ai continué à jouer, et j’ai eu envie de porter le voile. Cela semblait pour moi une nécessité, puis je l’ai portée en 2002. Et j’ai arrêté le cinéma jusqu’en 2007-2008. Dans ce milieu, on disait que j’étais partie dans des camps en Arabie Saoudite.»

Lorsque l’on demande à Sophie comment s’est déroulée sa rencontre avec l’Islam, comment d’une adhésion à une croyance, elle est passée à une pratique active, elle nous explique que depuis toute petite, elle croyait en un créateur.

« Mes parents sont athées, je n’ai jamais eu d’éducation religieuse. Petite je suis allée avec une copine à ses cours de catéchisme pour voir ce qu’était la religion, mais ça ne m’a pas parlé, notamment cette ambivalence entre Dieu et Jésus fils de Dieu. Rien ne me semblait logique, du coup je me suis éloignée de ses croyances, et je n’avais pas d’autres croyances auxquelles m’accrocher. En 1997, j’ai rencontré le père de ma fille qui lui est musulman. On a parlé religion, existence de Dieu. Du coup, je suis partie à la Fnac acheter des livres, un Coran. J’ai vu qu’il y avait dans l’Islam un rapport direct à Dieu, pas de clergé. Je me suis donc convertie, avant même de porter le voile, alors que j’étais encore actrice.» 

La religion n’est pas un carcan pour Sophie.

«Elle ne m’a pas changée, je n’ai pas changé ma personnalité. Les gens font beaucoup d’amalgames avec les limites morales que l’on s’impose et du coup, on croit que dès qu’on s’impose des limites, ben on est opprimé. Et on arrive pas à comprendre que vouloir évoluer dans un cadre, avec des valeurs, une structure, ça peut être épanouissant. Non, forcément c’est opprimant. Aujourd’hui, on est dans un hédonisme total, si on n’est pas dans l’excès, on est considéré comme opprimé. » 

Les réactions à sa conversion sont différentes.

«Quand les gens savent que je suis musulmane, ils sont ok. Mais dès que je leur dit que je suis pratiquante, ils trouvent ça suspect.  A la rigueur être musulmane ça ne les dérange pas trop, mais pratiquante, ça fait de moi quelqu’un de dangereux ou d’opprimé.»

Lorsqu’on lui demande de nous raconter son premier jour avec son foulard, la réaction de son entourage proche et professionnel, elle nous explique que ses amis s’en fichaient.

«Sophie c’est Sophie, ils n’étaient pas étonnés car mes amis ont suivi ma progression. Ils ne se sont pas arrêtés sur l’apparence. Mes parents eux étaient inquiets lorsque j’ai porté le foulard. Ils avaient peur que la société me mette en retrait, me marginalise, ce qui est le cas (rires). Mes parents ne m’ont jamais reniés, ils ont juste eu peur pour leur enfant. »

 

Et son entourage artistique ?

«C’est clair, en général c’est pas vu d’un bon œil. Le premier jour où je l’ai portée, j’étais sur un projet de film. Une fois, on avait rendez-vous avec les réalisateur pour des essais maquillage et costumes. Je portais donc le voile dans la rue, j’arrivais avec, et une fois là-bas, je le retirais, parce que j’étais au travail. Je l’enlevais par rapport à lui, à son film. Je ne voulais pas lui imposer dans son boulot à lui. Donc j’arrivais (rires), et du coup il a eu peur que je m’éloigne de son film, qu’il y ait une espèce de fuite, et qu’à mon avis je lâche. Du coup je ne l’ai pas fait, il était carrément sur la défensive  à cause de ça et à un moment donné, y a eu un truc qui ne m’a pas plu. En même temps, c’était une période transitoire pour moi. J’avais dit oui pour un film mais en même temps, j’étais en train de passer à autre chose… c’était difficilement conciliable. Et je me suis dit, on passe à autre chose. »   

Quand on l’interroge sur ce qui a changé après sa conversion dans sa manière de vivre, Sophie nous explique qu’en 2002, quand elle a décidé de ne plus jouer, c’était un tout.

« Je voulais porter le voile, mais je voulais aussi un enfant, l’élever, et ne pas le laisser à deux mois et partir en tournage. Puis j’ai saturé de Paris, et c’est clair que je voulais partir. Beaucoup de choses mélangées qui ont fait que j’ai changé de mode de vie. »

Et aujourd’hui ?

« (Rires) j’ai fini par l’enlever… malheureusement. C’est clair que je ne suis pas du tout dans la revendication ou quoi que ce soit. Mais à un moment donné, c’était dur pour moi physiquement de le porter. » 

Le regard des autres ?

« Non pas du tout, tout le contraire. Plus les regards, surtout après le 11 septembre sont agressifs, plus j’ai un petit côté à aller dans la provoc’. Non vraiment c’était physique. Je ne supportais plus de ne plus sentir le soleil, le vent, de me sentir enfermé. Et tout ça, c’est devenu une contrainte. Et y a un verset dans le Coran qui dit qu’il n’y a pas de contraintes en Islam, et je me suis appuyée sur ça même si c’est clair que je ne revendique pas du tout que ce n’est pas une obligation c’est pas ça. C’est que du coup, je sentais ma foi s’égratigner, je faisais moins ma prière, j’avais cette partie là que j’avais du mal à gérer. J’avais peur que ça influe sur la foi première. Je voulais me remettre à fond sur la foi… (rires). Mais je vais le remettre (rires). Y a des périodes dans la vie, je me dis que celle-ci a été une période de faiblesse. Personne n’est parfait.

Quand on lui parle des autres musulmans, de ses rapports avec la « communauté » musulmane, elle nous explique qu’elle n’a pas eu la démarche d’en côtoyer plus.

« A part la famille de mon mari, je n’ai pas beaucoup de musulmans dans mon entourage. Mais maintenant j’en connais un peu plus, parce que j’ai recommencé à jouer, je repasse par la petite porte, et j’ai rencontré de jeunes acteurs, musulmans, alors que quand je débarquais dans le milieu je ne connaissais personne. Mais je n’ai jamais eu de démarche volontaire, ça a été au gré du hasard. Mes meilleurs amies ne sont pas musulmanes… je pense que c’est une question de mentalité. Elles ne sont pas musulmanes mais on a le même état d’esprit. Elles sont chrétiennes, mais on s’entendrait moins si elles étaient délurées (rires), si elles allaient en  boite tout le temps, etc. Là forcément ce serait dur à concilier. Mais elles ne sont pas comme ça donc pas de soucis !» 

Le retour de Sophie ? L’espoir du cinéma français revient sur la scène après s’être dévoilée.

« Les gens du milieu sont contents que je revienne. Mais (rires) le problème auquel je suis confrontée c’est qu’au cinéma, les rôles contiennent au mieux des baisers, au pire des scènes d’amour. Comme je fais ni l’un ni l’autre (rires)… même mon agent ne comprend pas. Enfin elle le comprend, mais c’est difficile à accepter. »   

 

Foi et cinéma. Possible à concilier ? Incompatibilité ? Films sur la religion ?

« (Rires) les films sur la  religion… y aurait pas beaucoup de travail là. Pour moi, tant que je ne joue pas dans un registre de séduction, d’exposition des corps… marcher dans une rue, ça n’a rien de dramatique. Etre en représentation… c’est peut être la question de l’image, de la représentation ? Je pense qu’on peut écrire une histoire qui ne traite pas que de religion et que l’on peut représenter. Je ne vois pas en quoi c’est incompatible. »

Le mot de la fin ?

Que dirait l’actrice Sophie Guillemin aux lectrices et contributrices de Hijab and the city qui se reconnaissent peut être dans le fait que des portes te soient fermées non pas à cause de ce que tu es mais à cause de ce que la société pense que tu es, à cause de tes croyances. Des femmes qui elles aussi sont marginalisées socialement, professionnellement, etc.

« Je peux comprendre que dans le cinéma, les histoires d’amours il en faut. Je comprends que ça ne puisse pas passer, j’essaye de m’y adapter, je leur demande pas de s’adapter a moi. A la rigueur si ça ne concernait que ce champ…, mais là non, toute la société est concernée par le fait qu’on  marginalise. Un métier quand tu es voilée, tu peux pas le faire.

Merci beaucoup Sophie ! 

De rien du tout !

Photo : Sophie Guillemin, avril 2009 à Paris (Hijab and the city)

Oumma pour elle, épisode 10 : de l’art de porter le hijab

30 mars 2009 par La rédaction  
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Elle a bon dos …

17 mars 2009 par Shahin  
Classé dans Ce qui fait débat

Hijab and the city a le plaisir de lancer « l’illustration de la semaine », qui reprendra chaque semaine en dessin une actualité qui nous concerne. A commenter sans modération !

© Hijab and the city

Parlons mode !

17 février 2009 par Shahin  
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Shahîn ? Mais c’est qui ? C’est pas la petite nouvelle qui va nous parler mode et tendances pour nous… musulmanes ?

Eh oui c’est bien moi qui ai pour mission d’aborder le sujet épineux, de mode et islam… je vois déja certains lever les yeux au ciel en pensant que ces deux termes sont contradictoires. C’est vrai je vous rejoins sur le fait que l’islamité ne doit pas s’adapter à la mode mais bien la mode qui doit s’adapter à notre religion et à  nos valeurs.

Aujourd’hui quand on dit mode ou « fashion » in english! on s’imagine des jeunes gens décomplexés, arborant coupe de cheveux au gel savant, et maquillage digne d’un tableau impressioniste…

ATTTention mesdames, je ne suis pas là pour prôner la mode du slim qui mettra bien en avant vos plus beaux atouts ou le gilet à paillettes qui vous servira de miroir pour vous refaire une beauté! Dans la mode tout est une question de nuance!! Elle peut s’adapter à notre personnalité, à nos valeurs, à nos envies…avec un peu d’astuce et de bon goût.

© Hijab and the city

Aujourd’hui de plus en plus de femmes, oublient leur féminité pour cause d’islamité, par peur de tomber dans le too much, le superficiel etc… Mais lorsque nous connaissons nos limites et ce qui nous est possible de porter, la féminité ne doit pas être ocultée, l’important pour chacune est de plaire à notre créateur et à nous même.

Comment me direz vous ? En alliant tenue et comportement. L’islam ne nous impose pas une tenue vestimentaire pour nous brimer mais justement pour nous apporter respect et dignité. Le vêtement à deux but couvrir la nudité et parer le corps. Il est celui qui voile les formes de notre corps, non pas pour les nier, mais pour les reléguer au rang des choses qui doivent se dévoiler en intimité. En sachant cela il est important de prendre conscience que certains vêtements ne sont pas faits pour nous. Comme les vêtements moulants qui ne faciliteront pas nos ablutions, ni nos différentes postures liées à la prière, ou les vêtements transparents qui pourront attirer certains regards envieux! A nous de ne pas être tentantes et tentées, et de paraître choquées en disant « don’t touch I’m muslim! »*

 L’important est de ne pas perdre nos valeurs et notre identité de femme musulmane. Et la mode musulmane ne s’adresse pas seulement aux soeurs qui portent le hijab mais à toutes celles qui veulent être mastoura, avec ou sans hijab. Tout est une question de temps et de cheminement personnel. Chaque femme a son identité, sa personnalité, et notre but premier doit être de préserver notre pudeur.

La mode ne nous est pas interdite, à nous de l’adapter, avec islamité et féminité.

*ne pas toucher, je suis musulmane !

Êtes-vous girly ?

5 février 2009 par Mariame  
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Si vous aimez les caprices, le rose, les câlinous, les chewing-gums à la fraise, les ballerines, les parfums fruités, les jupes (et rien d’autre), les coeurs, les noeuds, les paletots, et bien sûr tout ça à la fois : y’a pas de doute, vous êtes girly ! Rassurez-vous, ça n’est pas une tare. Quoique poussée à l’extrême, la girly attitude peut faire de vous une véritable source d’exaspération et ça, ça fait fuir les copines… et les prétendants. 

Oui! Parce que les envies de macarons à la rose et le petit côté femme-enfant sage et raffinée, ça va cinq minutes. Si à côté de ça on a une voix stridente et un côté neuneu qui vous fait dessiner des licornes ou des coeurs ou les deux dans des coins de feuilles… D’ailleurs, on peut avoir la classe en mangeant des potatoes bien grasses (ou un kebab?) et porter des sneakers !

Je pensais que la girly attitude était le propre des victimes de la mode et des fans de Gossip Girl (série que je n’ai jamais vu mais dont on parle tellement… je résiste!). Eh bien non! Figurez-vous que j’ai découvert un spécimen assez intéressant: la muslima girly. J’imagine que vous vous posez un tas de questions à son égard, qui est-elle, comment est-elle, où peut-on la trouver? On se calme les zami(e)s, ce n’est pas un cachalot! Mais c’est vrai qu’il s’agit d’une espèce assez rare.

La muslima girly est très coquette. Rien de grave jusque là, c’est même cool, sauf que le total look violet/rose/turquoise (bonnet du hijab, tunique, sac, escarpins, fard à paupières), c’est too much! Autre caractéristique, son discours. La muslima so girly ponctue ses phrases par des « ouais », des « macha’allah » (même quand vous lui annoncez un décès)… et ses mimiques? Ah ses mimiques! Aussi remarquables que celles de la girly girl de base.

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que je pense qu’effectivement, on peut trouver mignonne une jeune femme toute pomponnée et très féminine, à condition que ça ne devienne pas une caricature sur pattes, maniérée à l’extrême et qui ne parle H24 que de ses problèmes cutanés et de fringues. Si tel est le cas, je crois qu’il faudrait s’interroger sur la compatibilité de ce genre de comportement avec l’idée de la femme que l’on se fait en tant que musulmane, et en tant que femme tout court. Réveillez la Simone qui est en vous !

Bon, je vous dis tout ça, mais je dois vous avouer quelques choses : j’ai un mug Diddl rose, des pantoufles roses, un cabas Minnie et j’ai des vues sur le stylo digital Pet Shop rose de ma nièce. Suis-je perdue ??

Oumma pour elle by, épisode 2 : quand travail et hijab ne font pas bon ménage (sauf pour faire des ménages)

2 février 2009 par La rédaction  
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Si je vivais à Voilée Land… (ça vaut aussi pour celles qui ne le sont pas ! )

26 janvier 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Aujourd’hui, j’ai envie de poésie. Attention Raymond Queneau j’arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive !!!!!

Si je vivais à Voilée Land, les boutiques proposeraient toutes des vêtements longs et biens coupés et ce serait les autres qui peineraient à s’habiller

Si je vivais à Voilée Land, je n’aurais plus à faire des pieds et des mains pour trouver un salon de coiffure non mixte ou avec paravent pour au final tomber sur une « bras cassés »

Si je vivais à Voilée Land, il y aurait des piscines et des salles de sport exclusivement réservées aux femmes, ainsi on aurait toutes une taille de guêpe et plus jamais de scoliose

Si je vivais à Voilée Land, on ne s’interdirait plus certains endroits sous peur d’être dévisagées

Si je vivais à Voilée Land, les écoles seraient accessibles avec le hijab ou toute autre forme d’appartenance religieuse ou idéologique

Si je vivais à Voilée Land, il y aurait des lieux de détente où tout serait en conformité avec nos principes sans qu’aucune gêne ne soit ressentie

Si je vivais à Voilée Land, toutes les femmes seraient épanouies et vivraient pleinement leur différence

Si je vivais à Voilée Land, on assimilerait plus mes périodes de spleen à une oppression fantasmée

Si je vivais à Voilée Land, le bronzage ne se limiterait pas au visage et aux mains et je n’aurais plus l’aspect d’un malabar bigoût (pour celles qui n’auraient pas compris, je fais référence à la différence de teint entre le visage hâlé parce que découvert et le cou qui lui, reste pâlichon)

J’oubliais, si je vivais à Voilée Land, travailler avec son hijab ne serait pas exceptionnel mais naturel !

A vous maintenant de compléter ce poème et d’imaginer un monde où votre différence sera perçue comme une richesse (hijab ou pas d’ailleurs!).

La mode musulmane, je t’aime moi non plus !

22 janvier 2009 par Khadija  
Classé dans Look at mon style

La mode musulmane comme son nom l’indique s’adresse aux femmes qui portent le voile mais pas seulement, elle est également destinée aux femmes qui s’habillent amplement, mastour pour être plus claire (qui répond aux exigences vestimentaires musulmanes).

Ce sont généralement des tuniques, des pantalons larges, de longues jupes, des redingotes qui je dois l’avouer ont un style très peu recherché. Pourquoi? eh bien parce qu’il ne s’agit pas à mon sens de mode mais tout simplement d’un succédané parce que la mode d’aujourd’hui n’est pas facile par moment à adapter aux codes musulmans, ou alors il faut pour cela dépenser des sommes folles.

Pourtant, il existe de plus en plus de marques, en témoigne les salons musulmans organisés chaque année en France ou encore en Belgique. Une multitude de modèles sont proposés avec un choix quelque peu limité au niveau des matières et des coupes. Bien souvent ce sont les mêmes tuniques bariolées, les pantalons qui sont des hybrides entre le large et la jupe culotte, ou encore la jupe hyper longue qui rend service à la municipalité parce-qu’elle traîne tellement qu’elle en balaie les trottoirs de la ville.

La bonne volonté y est peut être mais pas assez pour proposer des vêtements de qualité et qui ont du style. Produire pour produire et faire fi des exigences de qualité n’est pas en réalité de la mode mais du bricolage. Le vêtement nécessite en soit une attention toute particulière sans pour autant tomber dans l’excès.

En attendant, il faudra patienter et continuer à chiner chez les grandes enseignes. La mode musulmane balbutie mais pour combien de temps? Faire avec les moyens du bord c’est très bien quand on fait du camping mais pas quand on veut avoir du style.

Quel hijab portez-vous ?

17 décembre 2008 par Khadija  
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Cette question ne s’adresse pas seulement à celles qui portent le hijab tous les jours, elle est également destinée à toutes celles qui le portent de manière occasionnelle (à la Mosquée, à la sortie d’un hammam…). Cette question peut aussi s’adresser à ces femmes qui aiment de temps à autre porter une espèce de coiffe un peu ethnique, extravagante et qui a l’apparence d’un hijab ou du moins qui répond à ses critères.

Littéralement, le hijab ne signifie pas « foulard » ou encore « voile » mais rideau ou voilage, il renvoie à l’idée de séparation. Il n’existe pas une seule et unique manière de le porter. En fait, aucune indication n’est réellement donnée dans les textes, le principe à respecter étant de laisser apparaître le visage et les mains et bien sûr de porter des vêtements qui ne moulent pas (dans cet article je me limiterai au hijab en tant que coiffe).

Dans la rue, il nous arrive de croiser différents profils, des femmes qui portent non pas un hijab mais des hijabs, hétérogènes, variés: sobre, austère, casual, flashi, sherazadien, « Erykah Baduien »…

Autant de façons de le porter pour au final répondre à une seule et même obligation: se couvrir les cheveux, lesquels sont alors considérés comme faisant partie de la nudité de la femme.

En règle général, on opte bien souvent pour un hijab pas trop encombrant, au style classique et on essaie de choisir des matières assez agréables, qui ne démangent pas, n’irritent pas, ne bouchent pas les oreilles (surtout quand on est en pleine prestation artistique, les sons sont alors altérés et bonjour les dissonances!). Je parle de ce hijab:

Certaines sont un peu plus coquettes mais ne se démarque pas trop tout de même de celles qui le portent assez sobrement et ça donne ça:

D’autres le portent avec plus de fantaisie, un peu comme les Egyptiennes des chaînes du satellite:

                

Je ne vous les répertorie pas tous, on en finirait jamais.

Finalement, on se rend bien compte que le hijab ne se porte pas d’une seule et même manière. Bien au contraire, il se décline au gré de celles qui le portent. Alors, êtes-vous plutôt basic, fashionista ou carrément extravagante? 

Mais il y a parfois des cas où on comprend pas trop, ou du moins où on se dit que le hijab est plus fashion et tendance qu’on ne le croit…(pour celles qui ne la (re)connaîtraient pas c’est J-Lo)

Hijab et commodité

30 octobre 2008 par Khadija  
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J’adore surfer et dénicher des sites féminins hyper révolutionnaires ( waw l’oxymore!) et lire des choses absolument affolantes . En fait, je suis tombée sur une vidéo qui traitait des femmes marocaines et de leurs codes vestimentaires et j’ai appris avec stupeur que si le hijab était porté par certaines d’entre elles c’était plus par commodité que par conviction religieuse.

Les arguments étaient les suivants, attention c’est du lourd:

- Les marocaines portent le voile pour se protéger d’éventuelles agressions.

- Les marocaines adoptent le hijab par commodité, pour dompter le cheveu rebelle.

- Les marocaines célibataires le portent pour faire bonne figure et par preuve de leur bonne éducation.

Je m’interroge alors sur le caractère absurde et grotesque de cette vidéo qui, soit dit en passant, a dû être visionné par de nombreuses femmes françaises. En fait, je me dis que le féminisme de bas étage peut nous faire dire les pires inepties, surtout quand c’est du féminisme de webzines qui lobotomisent le cerveau.

Le hijab connaît de multiples déclinaisons: il est des femmes qui le portent de manière très austère, d’autres plus fashion et la majorité de façon classique. Je pense que c’est le hijab hyper fashion qui a suscité cette contrevérité. En effet, on ne conçoit pas qu’une jeune fille voilée puisse se soucier du caractère esthétique de son hijab. Quand on observe le hijab des egyptiennes fashion, par exemple, qui est plutôt moulant, affriolant, certains se posent la question du bien fondé de ce hijab. J’ai envie de dire que tout est une question de culture et de tendance du moment, en l’occurence en Egypte, cela a été impulsé par les jeunes issues de la bourgeoisie dorée du Caire qui ont voulu concilier hijab et fashion attitude. Cette tendance, via les magazines et les chaînes du satellite, a atterri au Maghreb, outre Méditerranée et outre Atlantique. Et parce que le hijab ne peut être qu’austère, on estime que celui des fashion girls doit sûrement être coercitif.

Hijab fashion ou pas en réalité, tous les moyens sont bons pour le dénigrer. Quoique, je crois qu’il y a des statistiques qui ont prouvé que le hijab est plus efficace que le tazer ou la bombe lacrymogène, qu’il est dissuasif et que c’est encore mieux qu’un garde du corps d’où l’intérêt de le porter. Et c’est vrai que les lisseurs ou les produits coiffants en tout genre n’existent pas en « maghrebie », rien ne vaut alors un bon foulard en coton pour plaquer tout ça et éviter la corvée du coiffage. Enfin, le hijab est encore plus efficient que les sites de rencontre parce que ne pas porter le hijab c’est forcément être libertine. Eh ben avec tout ça j’ai envie de dire: heureusement que le hijab est là! Ah oui, ils ont oublié un point capital: c’est aussi un excellent aimant à facho, encore que ça on pourrait s’en passer!

Et si vous créiez votre propre business ?

16 octobre 2008 par Khadija  
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De plus en plus de femmes décident de créer leur propre entreprise parce qu’elles souhaitent arriver à un certain  »accomplissement de soi ». Ces femmes qui se lancent dans l’entreprenariat sont bien evidemment des femmes actives, mais cette situation ne leur convenant pas ou plus, elles font le choix de prendre des risques et devenir ainsi indépendantes.

Pour certaines musulmanes, trouver un emploi relève de la gageure pour ne pas dire de l’impossible. Décider de travailler ou pas devient alors un luxe et non pas un choix. Elles ne peuvent pas se permettre de quitter leur job parce qu’elles aspirent à se réaliser. Non, si elles arrivent par on ne sait quel enchantement à trouver un  emploi qui leur correspond, soyez sûres qu’elles ne le lâcheront pas de sitôt! Elles feront comme le toutou et son nonos entre les dents  »c’est mon poste à moi et à personne d’autre! »

Ainsi pour certaines d’entre elles, si elles doivent se lancer dans l’entreprenariat, c’est en partie parce qu’elles pensent trouver dans ce domaine une alternative à leur situation d’exclue du marché du travail. Aussi, pour toutes celles qui peinent à se faire une place dans cette société, la création d’entreprise devient le moyen le plus effectif pour s’accomplir et être en phase avec soi même!

Au delà de l’aspect « technique », cela ne doit pas être si compliqué d’y arriver, le seul petit truc: avoir des idées novatrices et porteuses pour que cela marche. Comment trouver? me direz vous. Eh bien il me semble avoir la recette miracle pour faire de vous une future Bill Gates ou encore une Oprah Winfrey. Roulement de derbouka… FAITES FONCTIONNER VOS NEURONES bon sang! Posez-vous, observez autour de vous et vous verrez que dans votre propre quotidien tout est sujet à être repris, conceptualisé, travaillé et concrétisé. Tous les entrepreneurs sont passés par là, prenons l’exemple de celui (ou celle) qui a conçu les petits pots pour bébé halal. J’imagine le scénario suivant: sa femme étant absente, il lui faut quand même penser à nourrir le bébé, seulement il ne sait pas faire de purée le malheureux, alors il se rend au supermarché du coin, mais à la surprise générale il ne reste que des plats et petits pots blédina aux lardons ou encore au veau! Que faire?! La suite vous la connaissez, vous avez compris ce vers quoi je souhaite mener votre réflexion et votre ingéniosité.

Rien ne sert de se morfondre, il faut réagir! Faites le tour de vos compétences et de votre savoir faire et vous verrez que vous recèlez des talents inexploités et qui pourraient rapporter gros.

Quant à celles qui créent leur propre business pour leur épanouissement personnelle je leur dis bravo, mais pensez à recruter celles qui n’ont pas la chance d’être jusquauboutistes comme vous.

Alors à vos calpins et n’hésitez surtout pas à vous lancer. Un dernier ptit conseil: faites fi des nonencouragements (j’adore les néologismes, ça vous rappelle pas le nonanniversaire dans Alice aux pays des merveilles?) et passez outre les critiques inhibitrices. 

C’est pas possible, t’as pas de copain ???

15 octobre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Chaud devant, le « qu’en pensez-vous » d’aujourd’hui est d’enfer !! (oui, le choix des mots est très judicieux).

Vous pensiez que les échanges sur le jean, le cuir, la musique et le maquillage étaient polémiques ? Eh bien non mes poulettes, détrompez-vous!! Avec ces questions là, on jouait encore dans la cour des petits. J’ai du lourd, du vrai. J’ai de la problématique qui concerne ou qui a concerné chacune d’entre nous, et ce depuis l’adolescence (vous voyez, cette période qui nous a tout(te)s traumatisées, la période boutons à gogo, réflexions idiotes et rébellions à deux centimes d’euros ? ).

Pourquoi j’en parle aujourd’hui? Parce que pas plus tard que tout à l’heure, on m’a encore posée LA question. 

- et t’as un petit copain ?

- non.

- ah c’est passager…

- non non, y en a jamais eu.

- mais c’est pas possible,  t’as pas de petit copain?!?!?!

- euh non pourquoi, c’est grave docteur ?

Cette discussion, j’ai du l’avoir des centaines de fois. Au collège avec mes camarades de classe (déguisées en Lorie et pleines de cratères purulents sur le visage), au lycée (avec le fan club d’Harltey Coeur à vif), chez l’esthéticienne (surtout avec celle qui casse les poils) et enfin à la fac, devant la machine à café, avec des filles d’autres filières que vous ne connaissez ni d’Adame, ni de Houa, et qui on choisit le même séminaire que vous (un beau groupe de tordus au passage qui choisit un cours avec une biblio de 5 pages recto verso!!!!!)

Cette discussion, elle m’a toujours fait rire. Non qu’elle soit sans intéret, loin de là. C’est juste qu’elle a été à l’origine de mon exclusion d’un cercle très select: celui des amoureuses en galère. Qu’elles soient d’obédience musulmane  ou H&Miste, les amoureuses en galère ne m’ont jamais, au grand jamais donnée envie de sortir avec un damoiseau pré ou postpubère (si tu es un grand brun, ténébreux, polytechnicien (normaliens s’abstenir) et bien entendu musulman pratiquant, je peux faire une entorse à la règle… ensemble les filles, un grand LOL pour ma blague, LOOOOOOL la voilée libérale un peu trop libérale…)

Qu’elles aient 16, 22 ou 28 ans, les amoureuses en galère se retrouvent toujours, comme leur nom l’indique… en galère! Oui, parce que le chevalier n’était en fait qu’un voyou qui ne voulait que « passer le temps », « profiter de la vie », « s’amuser » et bien sûr pas s’engager!

Cette discussion, elle m’a aussi troublée lorsque je l’ai eu avec certaines filles… voilées. Je vous le dis tout de suite, je suis une fervante utilisatrice de la maxime « c’est toi et ta conscience ». Je ne suis pas censeur (cenceuse?), et encore moins donneuse de leçons. Mais je vous fais part, mes poulettes, des sentiments qui sont les miens. Comme vous le savez, la féminité n’est pas une affaire de cheveux, et l’islamité une affaire de tissu! J’ai été surprise, à plusieurs reprises, en répondant naïvement à des propositions pas très islamiques « moi, sortir avec quelqu’un? T’as vu ce que j’ai sur la tête! » que l’on me dise:

- mais ça veut rien dire! J’en connais pas mal des voilées qui sortent avec des garçons.

La voilée libérale vit en réalité dans le monde de Minnie (ou du moins a les mêmes ballerines…). J’étais persuadée qu’il s’agissait de légendes urbaines, jusqu’à ce qu’une connaissance (non msulmane) me dise: ben ouais, je suis déjà sortie avec une voilée… et elle savait pertinemment que j’allais pas l’épouser à la fin ».

Ok, donc oui vraiment, je vivais dans le monde de Mickey, et de Donald aussi !!

Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas censeur, je suis juste ici pour soulever un débat, mais il y a quelque chose qui m’échappe. Non pas que je considère que la voilée, comme tout autre femme, ne puisse avoir des sentiments (j’étais amoureuse de Sacha des Pokemon étant plus jeune…) Je ne dis pas non plus qu’il nous faut attendre la veille de notre mariage pour faire la connaissance de m’sieur (nan nan, je ne dis pas ça), mais je demande seulement un peu de cohérence.

Le choc a été terrible lorsqu’une très très bonne amie, m’a rapportée, encore offusquée, qu’elle a vu dans une gare, un petit couple d’amoureux (la jeune fille étant voilée) âgée de 16 ans grand max, flirter. Déjà qu’un couple marié ça ne passe pas, alors des ado boutonneux insouciants… tiens, d’un coup j’ai la nausée !

Alors mes poulettes (l’avis des poulets m’intéresse aussi) qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est courant ? Est-ce que jusqu’à aujourd’hui, je vivais dans une caverne en autarcie ???

Camion volé et bouille bien arrangée, qu’est-ce que vous en pensez ?

9 octobre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Hein que mes débats reconnus d’utilité publique (rires) vous ont manqués ?

Après le jean, le cuir et leur association avec le hijab (ou pas) voici le débat sur (roulements de tambours) : le maquillage ! Sympa non ?

Qu’on soit clair mes poulettes, pas le maquillage de manière générale, non. Le maquillage quand on sort et que de surcroît on est pas casé! (je ne parle même pas des ravalements de façade) En résumé, le maquillage mit histoire de s’embellir un petit peu (un chouia parce que bien entendu, on est toutes des gazelles hihihi). En même temps, on se maquille bien pour s’enjoliver non?

Comment ça s’enjoliver ? On est pas des objets non mais!! diront certaines.

Ce à quoi je réponds oui mesdames mesdemoiselles, on est pas des objets… enfin un peu quand même. Je dirai même qu’on est des moutons. Je ne vais pas tomber dans le pseudo-féminisme qui a le don d’exaspérer notre bédouine de l’an 2000, mais si on cherche toutes à plaire en achetant des fringues, en s’épilant (c’est aussi une question d’hygiène je sais), en se maquillant un peu, etc.  malgré le fait que nous soyons musulmanes pratiquantes et donc avec certaines valeurs, c’est parce qu’on a toutes un peu intériorisé la féminité telle qu’elle est perçue par notre société de consommation qui est, en plus et surtout, une société sexiste et patriarcale (n’en déplaise à certains, le patriarcat est universel et n’est pas l’apanage des pays dits « sous-développés ! « ).

Non je vous jure, je ne fais pas partie des chiennes de garde! On a le droit de plaire, et surtout de SE plaire. Certes Allah jamil, youhibbou l’jamal (Dieu est beau, et aime la beauté). Mais attention à ne pas suivre le diktat de la beauté émit par… les hommes (n’ayez crainte lecteurs poulets, vous êtes toujours les bienvenus sur ce blog ! )

Peut-on se maquiller quand on est pratiquante? C’est une interrogation qui revient souvent entre copines (entre Harrishella et moi notamment, bel exemple d’une non voilée et d’une voilée) et surtout, une question soulevée par une lectrice du blog dans le post sur le cuir.

Tout le monde sait que le maquillage (comme photoshop) permet vraiment, mais vraiment d’arranger une jolie femme à la base! Mais il sert surtout (comme photoshop) les  visages pas très attrayants, pardonnez l’euphémisme, ingrats, tout comme l’épilation des sourcils qui change une femme du tout au tout (me souviens de Marie M qui était avec moi en 6ème C… c’est devenue une vraie femme avec quelques poils en moins!).

Mon avis sur la question :

Si vraiment le but est de plaire aux autres en dehors de son chez soi, et en plus aux autres du sexe opposé, ça me gêne assez (je vous parle de la totale, et surtout du fond de teint et du blush. Le khôl me dérange moins). C’est d’autant plus gênant et incohérent de la part d’une fille en hijab. Concernant les femmes mariées, personnes, dans la rue, ne sait que vous êtes prises. Dans sa petite maison, il est évident qu’il faille se pomponner pour son cher et tendre (la réciproque va de soi hein!). Mais en dehors, pourquoi en mettre ?

Il y a aussi la question de la quantité. Je connais des filles qui n’en mettent pas beaucoup. Ainsi, même maquillées, elles paraissent vraiment naturelles. Néanmoins, ça reste de la triche, et l’effet est le même. Un teint de pêche et des joues rosées, c’est très attractif et c’est là que réside le problème: ça attire le regard. Vous connaissez la suite…

Ma mini réflexion prend fin, et je sais qu’elle ne risque pas de changer le monde. Une dernière chose toutefois: une femme au naturel, c’est toujours plus beau! La bédouine m’a dit un jour que si je continuais à croire « ces sornettes », je finirai vieille fille…

La parole est à vous mes poulettes !

Rakia El Gassra : Just do it !

21 août 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Ce n’est pas la première fois que des femmes voilées participent aux Jeux Olympiques. Elles étaient déjà présentes lors des derniers J.O d’Athènes en 2004. Néanmoins, elles sont plus nombreuses cette année et dans de nombreuses disciplines : athlétisme, judo, escrime, tir à l’arc, taekwondo… pour le plus grand bonheur des musulmans (nous aussi on a nos Fantastiques, et plus de 4 de surcroît !)

Celle qui a le plus marqué, c’est Rakia Al Gassra, une sprinteuse venue tout droit de Bahreïn, médaillée d’or sur 200m aux Jeux asiatiques en 2006. Elle est arrivée jusqu’en demi finale à Pékin. L’aventure a malheureusement pris fin aujourd’hui. Mais pour nous, ce n’est pas un échec mais une victoire éclatante contre ceux qui nous croient avilies par notre religion. Une victoire, parce que plus que jamais, ces athlètes ont prouvé aux yeux du monde qu’elles sont des femmes à part entière, au-delà du voile, au-delà de leurs convictions.

Par ailleurs, Rakia Al Gassra n’a pas manqué de style : vêtue d’une tenue aérodynamique, elle s’est élancée sur les couloirs du nid de Pékin avec un hijab super sport et fashion by… Nike s’il vous plaît ! Eh oui, le sport n’a ni couleur, ni odeur! Elle portait également de superbes pointes de la marque à virgule avec une semelle en or (enfin dorée, et je suis sûre que je les trouverai pas chez Courir ou Foot Locker). Bref, elle avait la classe !

Une Wonderwoman sponsorisée par Nike, demi finaliste et voilée ouuuufff … ça en fait beaucoup pour cette semaine olympique !

Le cuir, le hijab, les punks et les chanteurs de raï

20 août 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Après le mini-débat d’utilité publique soulevé concernant l’association entre le jean et le hijab, l’heure est venue de lancer une autre discussion tout aussi sérieuse (l’affaire du Watergate à côté, de la grande gnognote): 

mesdames/ mesdemoiselles/ messieurs ( même les gallinacés peuvent participer à l’échange…)  du cuir, avec un hijab, est-ce que c’est bizarre ???

Bien entendu, je ne vous parle pas du cuir des tenues de Catwoman (bruit de fouet), ni des vestes de Buffy, la tueuse de vampires (d’ailleurs Angel, vous en pensiez quoi?) et encore moins du trois quart ( à prononcer avec l’accent SVP!) de Khaled ou Cheb Mami. Non non, rien de tout ça! Je vous parle simplement d’un petit perfecto au cuir lisse porté avec une jolie robe longue, ou d’une veste façon aviateur, qui vous donne un look de baroudeuse, n’est-ce pas Harrishella? Enfin vous avez compris, du cuir, mais pas vulgaire.

Oui! Parce que le cuir, ça peut très rapidement vous rendre grossière, et pas qu’un peu ! Mais comme pour tout, la sobriété doit guider votre choix, si le cuir vous tente.

J’ironise beaucoup. J’ai fait de même avec le jean. Mais je suis convaincue que la quesion du style vestimentaire, et particulièrement celui de la femme voilée, peut faire l’objet d’une lecture sociologique (neutre ou biaisée) et/ou d’une instrumentalisation politique (il suffit de lire, voir écouter tout ce qui se dit sur les voilées de France et de Navarre).  La question de l’apparence au sens large est primordiale. Le vêtement donne autant à penser qu’à voir. Certains vêtements, certaines « matières » ont une histoire, sont reliés à des groupes particuliers. Par exemple, je ne sais pas pour vous, mais quand je vois du cuir, et notamment des vestes en cuir, je pense automatiquement aux punks. Je vous le dis tout de suite, je n’ai rien contre les punks! J’ai même un point commun avec eux: nos apparences respectives font que nous sommes des bêtes curieuses aux yeux de cette société. Comme autres groupes d’individus, il y a aussi les chanteurs de raï… Faudel, Mami, « c’est lui, c’est l’autre » comme le dit le sketch.

Enfin voilà, il y aurait tellement de choses à dire la dessus. Il y a même matière à philosopher! J’attends donc vos réactions (celles des gallinacés sont bien évidemment acceptées)

Bisous mes poulettes !

Être musulmane engagée, une réalité ô combien décriée…

6 août 2008 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

On a souvent tendance à réduire la femme à sa position d’être sexué et ce, quelques soient les sociétés, qu’elles soient « occidentales » ou pas. Parité et émancipation, autant de revendications qui sont encore le lot de toutes ces femmes qui aspirent à une certaine considération et à leur réhabilitation dans une société qui  les a trop souvent écrasées. Ces prétentions sont aussi le lot de femmes musulmanes qui, plus que jamais et au-delà des clichés, imposent leur présence et leur point de vue pour s’affirmer en tant qu’êtres pensants  au détriment d’une vision ankylosée que l’on peut avoir d’elles. Car être femme musulmane, et engagée de surcroît,  est un fait qui dans l’imaginaire collectif (qu’il soit musulman ou pas) est souvent perçu comme antinomique.

Dans l’ouvrage Histoire politique des immigrations (post)coloniales, Saïda Kada, une jeune musulmane lyonnaise, retrace son parcours de femme musulmane militante.

Il n’a pas été aisé pour elle d’imposer l’idée d’une association de femmes musulmanes à Lyon en raison de la conjoncture de l’époque. En effet, il semblait présomptueux, dans un milieu alors exclusivement régenté par des hommes, que des femmes veuillent créer leur propre mouvement alors que des associations existaient déjà. Cependant, ces-dernières ne répondaient plus à leurs aspirations, et il a donc fallu imposer un nouveau souffle impulsé par des femmes et pour des femmes. Car qui mieux qu’elles aurait pu répondre à leurs attentes ?

 L’intérêt de son témoignage en tant qu’actrice dans le milieu associatif, réside dans le travail de déconstruction qu’il a fallu accomplir afin d’accepter l’idée que des femmes pouvaient assumer à elles-seules un réel projet socio-politique, non pas par opposition aux hommes (comme c’est le cas des féministes) mais dans une logique d’affirmation et de pragmatisme face à une situation donnée, en l’occurrence lors de la première affaire du hijab avec la circulaire Bayrou.

 Elle propose également de reconsidérer le féminisme, car celui qu’on nous soumet aujourd’hui ne représente pas toutes les femmes, la question du foulard étant très révélatrice de cet état de fait selon elle. Il est vrai que le féminisme est un mouvement qui, me semble t-il, part de la dénonciation du patriarcat dont est victime la femme pour aboutir à l’opprobre de la gente masculine. C’est en quelque sorte déshabiller Paul pour habiller Pierre.

Ainsi, être une femme musulmane engagée  n’est pas contradictoire. Il s’agit plus que jamais d’une évidence. Halte aux prénotions et aux raccourcis qui sont l’apanage des fourbes.

Quand travail et hijab ne font pas bon ménage (sauf pour faire des ménages!)

4 août 2008 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Quand on vit en France, travailler avec son hijab relève de la gageure. D’ailleurs, c’est ce qui empêche certaines musulmanes de le porter par crainte de ne pas avoir de carrière professionnelle, ce qui se comprend aisément.

Diplômes, formations, expériences, ce n’est pas ce qui manque à ces femmes. Seulement, les portes se ferment, les déceptions et les échecs se succèdent ce qui pousse la plupart d’entres elles à ne plus chercher du tout ou pire encore, à être déclassées socialement. Car tout est bon à prendre à ce moment là, tant que le hijab est autorisé : baby-sitting, télémarketing, soutien scolaire, autant de jobs que l’on accepte quand on est étudiante. Par contre quand ça devient THE job, c’est problématique !

Alors que faire ? Quelles sont les solutions ? Faut-il persévérer dans sa recherche d’emploi ? Faut-il s’exiler? (solution de facilité ? encore faut-il trouver le bon filon) Faire en sorte de s’orienter le mieux possible dans ses études afin d’éviter les écueils en tout genre ? Que de questions auxquelles il faut apporter des réponses rationnelles et sans équivoques.

Par ailleurs, il y a celles qui ont la possibilité de travailler tout en ayant la tête couverte. Ce n’est peut être pas le hijab qu’elles ont l’habitude de porter mais cela reste un hijab, peut être plus fashion ou plus discret, tout dépend de la personne concernée. Pour ces filles je dis BRAVO !!! Elles ont trouvé un moyen détourné et intelligent de travailler tout en restant elles-mêmes ; ainsi, elles se sentent bien dans leur boulot, épanouies même, parce qu’elles travaillent dans un domaine qui leur correspond.

Moi, je fais partie du camp des désillusionnées, des jeunes femmes qui avaient envie de réussir tout ce qu’elles entreprenaient parce qu’elles le valaient bien ! Cependant, le destin en a voulu autrement concernant ma carrière professionnelle : après de longues études et un stage bien déniché (en turban cette fois ; moi aussi j’ai usé de subterfuges !) tout s’est arrêté quand il a fallu trouver un emploi, un vrai ! Pourtant, ce n’est pas les propositions et les offres qui manquaient ; seulement voilà : la condition sine qua non était de travailler tête nue, sans rien ! Que nenni, répondais je, hors de question ! En fait, je ne me voyais pas revivre ce que j’avais subi au lycée.J’ai donc eu une carrière avortée, mort-née, annihilée… certaines penseront que j’aurais dû persévérer, mais je n’ai pas pu, c’était plus fort que moi. Je suis donc retournée un temps à mes ptits boulots d’antan, du temps où j’étais en DEUG et en licence : cours particuliers à domicile (avis aux étudiantes : les boîtes comme Acadomia, Keepschool et Profadom n’ont aucun soucis avec le hijab), soutien scolaire et bien sûr le télémarketing ou comme qui dirait le boulot pour les marginaux et les voilées (parce que c’est franchement aliénant et criminel pour le cerveau).

Moralité : ne vous en faîtes pas mes belles, la roue tourne, les temps changent et les consciences aussi. Ne devenez pas grincheuses et mélancoliques comme je l’ai été (d’ailleurs, si ma famille me lit, désolée de vous avoir fait subir mes sautes d’humeur et encore merci pour votre soutien… JE VOUS AIME !!!) ; prenez les choses autrement et relativisez, vous verrez que ce qui vous arrive est en réalité un grand bien, une ni’ma qui ne vous rendra que meilleures et plus combatives ! Ne vous laissez pas abattre et restez positives, et n’attendez pas qu’on vous tende la perche ! C’est à vous de réagir avec intelligence et pondération et quand un jour vous aurez atteint l’objectif fixé, vous savourerez votre réussite.

Voile ou pas voile c’est votre tempérament et votre opiniâtreté qui feront toujours la différence !

Jean et hijab, l’association qui fait tâche ?

15 juillet 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat, Look at mon style

Chères lectrices, je tiens aujourd’hui à lancer un débat qui, malgré les apparences, est d’une importance capitale, que l’on soit voilée ou non d’ailleurs (toutes les musulmanes vont se sentir concernées parce que parmi mes colocataires non voilées, c’est une question que l’on s’est déjà posée). Le titre du billet vous met déjà au parfum, et sachez mesdames et mesdemoiselles que vos contributions à la discussion me seront d’une grande aide. Alors voilà.

Dans mon entourage, on me fait constamment des remarques sur mon choix de porter des jeans (je me suis limitée au pantalon … vous imaginez que la veste toute mimi et bien coupée sur une longue robe fleurie…. ben c’est limite inimaginable !). Pour ma mère, c’est une matière de bonhomme (et même sur les hommes, elle trouve que c’est limite), brute et pas du tout féminine. Mais il faut dire que pour ma maman chérie, l’idéal serait de porter des jupes et des robes qu’il pleuve, qu’il vente et qu’il neige (je lui explique, en vain, que pour courir derrière le bus le matin, c’est pas top et que surtout, des jupes et robes longues, c’est difficile à trouver… sauf cet été, et pour notre plus grand bonheur). Pour une copine, c’est avant tout une question de fierté! Tout le monde doit se souvenir d’Harlem Désir, l’ancien président de SOS racisme qui a dit un jour, « le jean l’emportera sur le voile ». C’est vrai qu’il y a de quoi se fâcher et s’indigner. Mais j’ai tendance à n’accorder aucune crédibilité aux paroles d’individus que je n’estime pas.

Pour moi le jean, c’est tout d’abord l’habit de la fauchée (quand vous êtes à découvert et que votre budget vêtement en souffre, il vous suffit de squatter les trois même jeans (gris, bleu et noir… et encore) et de faire un effort en variant les tuniques, tops et pulls en tous genres. De plus, c’est l’habit de la fainéante et de la retardataire (pas le temps de vous habiller ? Enfilez un jean, un t-shirt et un gilet et le tour est joué !). Le jean, c’est aussi l’habit de la fille qui ne veut pas se faire remarquer (encore que si on met un slim avec une paire de talon haut et que de surcroît, on fait un 40… en plus d’avoir l’air vulgaire, on attire tous les regards de la gente masculine). Enfin et il s’agit là d’un argument de poids, le jean= le vêtement indémodable par excellence !!! Je le porte plutôt coupe droite, coupe elle aussi indémodable et je vous assure que même avec un haut plutôt habillé, et bien j’adooooore ! C’est tellement confortable… on se conforte comme on peut !

Voilà, le débat est lancé. Qui parmi vous en porte ? Qui au contraire n’en porte pas ? Et surtout, pour quelles raisons ???

Bisous mes poulettes !