Je suis jalouse
8 mars 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans A la une, Psy-show
Je suis avec un homme et bientôt fiancée, mais j’ai des doutes. Il a de bons rapports avec sa belle-sœur et il lui arrive de sortir avec elle pour faire des achats. Je lui ai dit qu’il ne devait pas se retrouver seul avec d’autres femmes, encore moins avec les femmes de ses frères.
Il m’a répondu qu’il n’y voyait aucun mal tant qu’il n y a pas de mauvaises intentions.
Au début, il n’était pas d’accord avec moi et il ne me comprenait pas. Voyant que cela me faisait mal, il a promis de ne plus recommencer mais considère tout de même qu’il ne contrevient à aucun principe. J’en suis devenue paranoïaque. Que faire ?
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Tout d’abord, cet épisode n’est en réalité qu’un exemple qui doit vous aider à comprendre l’état d’esprit de votre futur mari. Je pense qu’il faut, avant de vous engager, être clair sur vos visions respectives de la religion et de sa pratique pour être sûrs d’être compatibles.
Si vous divergez sur des principes de base, il y a forcément d’autres points sur lesquels vous ne serez pas d’accord. N’hésitez pas à vous entretenir avec des personnes qui le connaissent (sa famille, ses amis…).
Dans tous les cas, prenez votre temps car pour ce qui est de l’engagement dans le mariage, personne n’est jamais trop prudent. Bonne chance !
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé
Conversion : à la découverte du blog d’Orlane
26 février 2010 par Khadija
Classé dans A la une, Spiritualités
Orlane est une jeune maman active, très impliquée dans le milieu associatif. Son combat, tendre la main aux jeunes convertis et les aider dans leur cheminement spirituel en les écoutant, en leur donnant des clés de réflexion mais surtout en leur offrant ce qu’il y a de plus noble, la fraternité. A la découverte de l’Islam, c’est le blog qu’Orlane a créé avec des personnes soucieuses du sort de ces jeunes convertis généralement livrés à eux-mêmes et qui, bien souvent, entretiennent une relation douloureuse avec leur famille. Ce blog est un véritable havre de paix pour tous ceux et toutes celles qui sont désireux de connaître leur religion. J’ai moi même découvert ce magnifique blog grâce à Natacha qui m’avait parlé, lors d’une délicieuse rencontre, de la volonté de ses fondateurs à Marseille de proposer un guide pour les jeunes convertis à l’Islam. Je dois dire que le travail effectué est remarquable et fort intéressant, et qu’il est très instructif même pour nous, musulmans depuis toujours, avec les hauts et les bas que nous connaissons.
Ce blog regorge de merveilles, de chaleur humaine, d’amour et de sincérité. Je tiens à remercier Natacha et Orlane, elles accomplissent un travail extraordinaire. Leur souhait aujourd’hui est d’étendre leur action à l’échelle nationale en créant des ponts entre les villes, pour que les convertis ne se sentent plus seuls où qu’ils soient. Souhaitons leur de réussir.
A la découverte de l’Islam, avec Orlane, une femme pleine d’ambition et d’attention.
Pourquoi avoir lancé « A la découverte de l’Islam » ? Qui en a eu l’idée et pourquoi ?
Je suis originaire de Nantes et je me suis convertie là-bas il y a maintenant cinq ans. Donc, quand j’y vivais et que je débutais dans mon cheminement vers Dieu, je me suis rendue compte que nous, les converti(e)s ont était souvent seul(e)s face à nos questions, qui d’ailleurs sont assez spécifiques, puisqu’en majorité, nous n’avons pas grandi dans la culture et la tradition maghrébine ou musulmane. Certains n’auront par exemple jamais entendu parler de Dieu ou du Prophète Muhammad (SAW). Aussi, j’ai mis tellement longtemps avant de rencontrer cette magnifique religion que j’ai eu envie de faire un pont entre les gens et l’Islam, d’en faciliter l’accès et la voie.
Orlane, vous êtes une jeune maman active, comment réussissez vous à vous organiser ?
Bien avant d’être maman, j’étais déjà engagée dans le monde associatif et professionnel. Je me suis dis que ce n’est pas le fait d’avoir des enfants qui m’arrêterais. Je sollicite donc mon entourage et la halte garderie. J’ai la chance d’avoir un mari compréhensif et qui m’aide, on se partage les tâches et l’éducation de mon fils autant que possible. Il m’arrive aussi de demander de l’aide aux amies, lors de conférence ou de tenue de stands…Sinon, au local ou nous siégeons, nous sommes plusieurs mamans et nous avons mis en place un coin jeu pour les enfants.
Quand on est en pleine conversion, est ce difficile de trouver les personnes vers qui se tourner ? Est-ce qu’on se sent un peu livré à soi même ?
Tout à fait, il y a un fossé, c’est d’ailleurs celui que nous essayons de combler au sein de notre association. Il arrive que la famille, les ami(e)s nous rejettent, car ils ne comprennent pas notre changement. Malheureusement, toutes les personnes de la communauté musulmane, même haut placées ne sont pas habilitées à comprendre et à accueillir la personne intéressée ou fraîchement convertie, qui parfois vit dans un contexte particulier. Néanmoins, je constate, que si le nouveau/elle n’insère pas rapidement un groupe de musulmans pratiquants, la foi risquent de rester en suspend voire de diminuer. Les livres ne peuvent suffir à enrichir la foi et le cœur. Au départ, se convertir est un réel combat, mais il faut s’accrocher à cette lumière recherchée et se battre pour franchir les obstacles. Il existe toujours des bonnes personnes quelques part, il faut juste ne pas se laisser influencer en remettant tout en cause d’un seul coup, mais juste faire un nettoyage progressif dans sa vie personnelle.
Que proposez-vous aux convertis, un accompagnement, une écoute, un réseau ?
Un peu tout cela à la fois. Dans notre association, nous sommes six, hommes et femmes. Nous nous formons régulièrement, religieusement ou psychologiquement…pour mieux écouter et accompagner individuellement les personnes que l’ont reçois. On accueille les personnes converti(e)s, mais aussi toutes les personnes intéressées par la religion musulmane, pour de simples renseignements ou informations, par téléphone ou sur rendez-vous.
Quel type d’événements organisez-vous dans le cadre de votre association ?
Dans notre association, on a donc mis en place un lieu d’accueil et d’écoute, qui nous sert aussi à l’accompagnement individuel pour ceux ou celles qui le souhaitent. Et, pour enrichir les connaissances et la fraternité, on a mis en place des cours de religion pour les femmes. Une fois par mois environ, on organise en partenariat avec le centre musulman de Marseille, les « rencontres mensuelles ». Tout le monde y est convié autour d’un repas convivial, où chacun amène un plat qu’il veut faire découvrir aux autres, suivit d’un échange et d’un rappel sur Dieu.
Vous proposez des kits de conversion, organisez des concours… dites nous en un peu plus.
Ce sont encore des projets en construction. En ce qui concerne les « kits de conversion », on est parti du principe que lorsqu’on se convertit, notre cœur a besoin d’être réchauffé et notre foi encouragée. Nous pensons que quelques cadeaux utiles pour les nouveaux/elles peuvent y contribuer.
Vous avez mis en ligne un guide pour les convertis, a-t-il reçu l’accueil que vous espériez ?
Le guide est assez récent, nous ne l’avons pas encore assez utilisé et diffusé. Nous avons donc que quelques retours mais pas assez pour en tirer des conclusions.
Vous êtes de Marseille, essayez-vous d’établir des connexions avec d’autres villes, d’autres régions ?
Tout à fait. Je suis en contact régulier avec Nantes et Montpellier, où ils existent des associations comme la nôtre. J’ai eu l’occasion de parler avec la responsable d’une association à Caen. J’ai également une amie de Bordeaux qui se lancent dans ce genre de projet. J’aimerais bien que ces projets se développent ailleurs et qu’on se regroupe un jour pour travailler ensemble.
Est-ce difficile pour vous d’étendre votre projet, quels sont les écueils que vous rencontrez ?
Notre projet est souvent bien reçu, surtout dans les mosquées, mais nous sommes encore au début de notre existence. Ce que j’aimerais c’est que certain(e)s politiques prennent conscience du phénomène de manière positive.
Un message à transmettre à toutes celles et tous ceux qui n’ont personne pour les guider dans leur conversion ou qui se sentent perdus ?
Tout d’abord, si vous vous êtes déjà tourner vers Dieu ce n’est pas un hasard, c’est une chance qu’il faut continuer à saisir. Dieu vous aime forcément et il attend que vous vous tourniez davantage vers Lui. Soyez simple, adressez-vous a Lui comme à un ami et demandez Lui de vous aider, de vous guider vers les bonnes personnes. Il existe toujours des personnes bonnes quelques parts. Internet est une mine d’or pour trouver des contacts et notamment des sites qui recensent la plupart des mosquées et associations de votre ville.
Donc quoiqu’il arrive, si on se sent perdu, il faut garder confiance en soi et en Dieu, viser l’objectif recherché : la paix et la lumière. D’autres y sont arrivés pourquoi pas vous. Et, si on se sent seul face aux épreuves, ne jamais oublier que l’homme est un être sociable. Il a toujours besoin des autres pour avancer. Il faut donc se tourner vers les autres, sans les idéaliser et parler de ses problèmes aux personnes de confiance.
Adresse du blog « A la découverte de l’Islam »: www.aladecouvertedelislam.over-blog.com
Contact : 0623528564
Adresse de l’association : 50 bd Viala, 13015 Marseille
Courrier des lectrices : Ma fille a un petit ami non-musulman et elle souhaite l’épouser
25 janvier 2010 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Je suis père de 4 enfants dont l’ainée est une fille de 19 ans qui nous pose un problème de conscience très lourd à supporter : elle nous a informés qu’elle avait un petit ami non-musulman et qu’elle voudrait se marier avec lui. Nous avons beaucoup discuté sur le sujet et elle sait très bien que pour nous, parents musulmans, ce mariage n’est pas autorisé et nous lui avons expliqué pourquoi. Ce n’est pas la première fois que nous abordons le sujet, et il me semble que nous avons essayé depuis leur jeune âge d’inculquer à nos enfants les valeurs musulmanes dans un esprit de dialogue, de tolérance et d’écoute. Notre fille nous a expliqué qu’elle n’était pas convaincue et qu’elle ne comprenait pas comment une religion de paix et d’amour comme l’Islam pouvait interdire une relation entre deux êtres qui s’aiment et qui se respectent et acceptent de vire ensemble. Elle n’est pas dans un esprit de rejet de la religion à laquelle elle se dit attachée ni de non respect de ses parents : elle souhaite décider librement de sa vie mais elle ne conçoit pas fonder une vie de couple sans notre bénédiction.
Merci beaucoup pour votre éclairage et votre soutien car nous nous sentons seuls dans cette épreuve.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Pour les parents, il est capital de bien éduquer ses enfants mais ils appréhendent beaucoup de voir ces-derniers s’inscrire dans l’opposé. Généralement, et c’est que je rencontre en consultation, l’enfant qui s’inscrit dans des choix de vie opposés et notamment concernant le choix de l’époux (se), rejette une part de ce que lui ont inculqué ses parents ou le font en raison de souffrances que ces-derniers lui ont fait subir.
Dans tous les cas, vous devez partir des points positifs : elle vous respecte, expliquez lui combien cela vous blesse. Elle aime sa religion, proposez lui des lectures à ce sujet. Par ailleurs, il faut savoir que c’est un âge trop immature pour se marier, vous devez la sensibiliser aux études, par exemple, ou à tout autre projet de vie, et pourquoi pas essayer de trouver un compromis tel que « nous ne sommes pas d’accord, mais si tu le fais attends d’avoir 21 ans ou 22 ans », elle aura alors plus de maturité. Vous pouvez également lui dire que son choix entrainera des conséquences et peut être que cela l’amènera à réfléchir.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Un amour de mari
23 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Ah qu’ils ont eu droit à un règlement de compte ces maris impudents qui font souffrir nos belles dames et qui les font se flétrir ! Mais courage mes belles, ces épreuves vous rendront plus fortes et feront de vous des femmes vaillantes et sûres d’elles ! Pas question de se laisser aller même quand tout est voué à l’échec. La vie, elle, continue et il faut la saisir, la dompter pour atteindre ses buts même les plus inaccessibles. Ne pas oublier d’être femme avant d’être épouse, ne pas négliger sa personnalité et se mésestimer. Voilà le défi de cette femme qui souffre et qui ne voulait qu’une chose au départ, être aimée par un homme qui la respecte, l’honore et la rend plus femme encore.
Un homme c’est avant tout quelqu’un qui est là pour vous soutenir, vous protéger et surtout vous aimer. Personne n’est à l’abri des erreurs, certes, mais il en est certaines qui ne pardonnent pas. Mais qui peut se prémunir de cela ? Quelle femme peut d’emblée affirmer que l’homme qu’elle aime est le bon et qu’il ne la décevra jamais ? C’est donc une question de fortune, de destin. Néanmoins, comme dirait une de mes amies : « ce qui compte avant tout c’est sa gentillesse, parce que s’il te fait souffrir avant même qu’il y ait quoique ce soit, alors il n’en vaut pas la peine ». Amen, c’est bien vrai tout ça ! Mais qu’est ce qu’on est aveugle quand on aime, et on ne s’en aperçoit qu’une fois la bague au doigt, oups !
Trêve de scénarios tristounets, malheureusement tellement réels et courants…
Tous les maris ne sont pas grogneurs et méchants. Il existe des amours de mari, qui mangent dans la main de leur petite femme et qui n’oseraient jamais leur faire du mal. Non, je ne fais pas allusion au monde des Bisounours ou encore à la famille Doucœur. Il s’agit bien d’hommes qui n’ont de cesse de choyer leur moitié, pas seulement à coup de cadeaux mais qui les aiment et les chérissent et ça se voit !
Ils sont attentionnés, font tout pour que la flamme persiste, même quand c’est la femme qui endosse le rôle du rustre. Là par contre, ça nous rend jalouses et on se dit qu’elle ne le mérite pas, ouh les langues de vip ! Ainsi sont les lois de ce bas monde, on appelle cela l’équilibre des forces : les sauvageons avec les princesses et les amours de mari avec les sorcières. Vous imaginez si l’homme et la femme étaient tous les deux sauvageons, ils engendreraient des boules de nerfs !
Les amours de mari font fondre leur dame parce qu’ils savent qu’elle vaut bien plus que tout l’or du monde. Et c’est leur maturité et leur intelligence qui leur dictent d’avoir une attitude exemplaire. En effet, ils voient en leur femme, une sœur, une mère, une amie, une amante qu’il faut savoir aimer. Bien sûr, ils ne sont pas non plus infaillibles, mais au moins ils font des efforts afin que l’harmonie règne dans leur couple. Et cela passe par : aller déposer et chercher les enfants à l’école ou à la crèche quasiment tous les jours, faire les courses, s’occuper du bain des enfants et permettre à madame de sortir de temps en temps avec ses copines. Toutes ces petites choses qui soulagent et vous font sentir que vous êtes bien deux. Et la crème des crèmes, c’est celui qui s’occupent en sus des tâches ménagères en repassant lui-même ses chemises ou en lançant les machines. Mais le must of the must, c’est quand il cuisine, là c’est la vraie classe hein les girls ? Quoi de plus séduisant qu’un homme en tablier qui dit d’une voix ténébreuse : « dis chérie, tes pâtes tu les veux al dente c’est bien ça ? ». Et c’est encore plus charmant quand il se met à réaliser des recettes un peu compliquée, qu’il vous met les petits plats dans les grands et qu’il sort votre plus belle vaisselle, alors que les enfants sont chez la grand-mère. Ou celui qui pense à prendre des fleurs ou votre pâtisserie préférée.
Et oui, mesdames, cela existe, ce n’est pas un mythe et ce n’est pas du prince charmant qu’il s’agit. Ce sont des hommes ordinaires mais qui n’ont d’unique que l’amour qu’ils portent à leur petite femme adorée. Et moi, même si les pâtes sont trop cuites, je fondrais malgré tout….
Courrier des lectrices : « Mon mari aime sa belle-soeur »
21 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Nous sommes mariés depuis 7 mois, nous étions fiancés pendant 3 ans. Lorsqu’il m’a demandée en mariage je ne l’aimais pas, j’ai eu de l’admiration pour lui après le mariage et je ressentais du désir. Il me manquait dès qu’il s’éloignait de moi. Mais j’ai découvert qu’il était fou amoureux de l’épouse de son petit frère, il l’aime secrètement, elle ne le sait pas !
Je l’ai surpris à la contempler d’un regard amoureux alors qu’elle était occupée à faire son ménage lorsque l’on était chez eux. Il m’appelle très souvent par le prénom de sa belle-sœur, il n’y a pas une conversation où il ne parle d’elle.
J’ai éclaté et je lui ai dit ce que j’avais remarqué, il a nié et juré qu’il m’aime à la folie et que mes propos le blessaient. Depuis, il fait attention, il parle moins d’elle mais moi je ne l’aime plus, j’ai de la tendresse pour lui et j’éprouve même de la pitié pour son amour impossible. J’ai demandé le divorce mais il ne veut pas. Il a malgré tout essayé par tous les moyens de me prouver qu’il m’aimait mais en vain, je ne le crois plus.
Je ne sais pas quelle décision prendre sachant qu’il vient à l’instant de m’appeler en usant du prénom de sa belle-sœur ! Je ne supporte plus cette situation. Myriam
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Votre réponse à son attitude est le divorce : c’est l’extrême, vous commenciez juste à l’aimer ! D’un autre côté les lapsus répétés de votre époux ne font aucun doute sur le fait qu’il l’apprécie, mais cela ne signifie pas qu’il ne vous aime pas.
Il semblerait que vous vous sentez incapable de rivaliser avec elle et donc que vous préférez sortir de la course, je ne sais pas si c’est un motif suffisant pour abandonner l’homme que vous aviez appris à aimer. Faites-lui part de votre malaise et des conséquences de son attitude et demandez-lui ce qu’il propose comme solution.
Il semble vous aimer et tenir à vous, aussi, je pense que vous pouvez trouver un terrain d’entente. Pour commencer, il faut essayer d’éviter tout contact avec elle afin qu’il puisse commencer à mettre de la distance, et puis vous avez plus d’avantages qu’elle pour séduire et plaire à votre époux, profitez-en, plus vous lui ferez plaisir et plus il ne verra que vous !
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Avis de grand froid
17 décembre 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
Le froid est là, et s’engouffre partout. Et moi j’ai horreur du froid… Les traineaux enneigés, les sapins blancs les feux de cheminés et les -3°, je les laisse aux vacances de ski. Alors quand je sors, il est INDISPENSABLE de prendre certaines précautions au risque de perdre un orteil, d’avoir le nez qui coule, ou pire de rester collé à son iphone !
Donc n’oubliez pas vos gants, mitaines, moufles, bonnets, chapkas, foulards, écharpes, collants en laine, chaussettes de montagnes, et puis surtout votre allié pour l’hiver : mantouné un jour, doudoune pour toujours ! Eh oui ! Après un combat acharné entre les deux, nez rouge et mains asséchées. Doudoune Shahinou vainqueur par K.O !
C’est vrai qu’en hiver, on a tendance à trop se couvrir. Il faut éviter de transpirer, puisque la transpiration nous refroidit davantage. Donc couvrez vous comme un oignon, en multipliant les couches. Ainsi, quand la température grimpe ou quand on change d’endroit, on peut enlever une ou des couches pour se sentir bien : ni trop froid ni trop chaud !
Petit tour d’horizon de ce qui nous réchauffera le corps et le cœur cet hiver glagla.

De haut en bas et de gauche à droite:
Fauteuil : 41 euros pbteen.com, Bottes Marc by Marc Jacobs: 239 euros net-a-porter.com, Chapka: 18 euros Debenhams, Gilet Topshop : 56 euros, Manteau et sac H&M, Casque fourré: 55 euros www.skullcandy.com, gants: 25.88 euros Mango Chauffe oreilles: 8.88 euros Debenhams, Bottes fourrées Tatoosh trappeur: 120 euros, Col Caroll : 30 euros, Coussins: 12 euros Overstock, Chaussons: Objects-of-design.co.uk, Couverture : 24 euros Kohls.com, Doudoune perfecto by Alexis Mabille, décorations de Noël ou pas Impressionen.de.
Dossier : le Sida
16 décembre 2009 par La rédaction
Classé dans A la une
Le Sida continue aujourd’hui à être perçu comme une maladie atypique, chargée en symboles aussi bien macabres que libertins, une maladie qui, au-delà de l’absence d’un remède, tend toujours à la stigmatisation et à la marginalisation de celui ou celle qui en est atteint.
Parce qu’il touche à la question du genre et à la sexualité, le Sida relève de facto du tabou et de l’interdit en matière de relations sexuelles, en particulier celles consommées dans un contexte hors mariage. L’Islam ainsi que les autres religions (Christianisme, Judaïsme, Hindouisme), accordent aux individus le droit de jouir du sexe à condition que ceux-ci se réalisent dans le cadre de relations conjugales. Or, tout n’est pas blanc ou noir, et l’on ne peut partir du postulat que les religions ne sont pas conscientes de la diversité des tempéraments, des attitudes et des positions de tout un chacun. L’individu, dans sa particularité, sa singularité, dispose de son corps et en est responsable. Il fait le choix de ses comportements, et il est un principe indéfectible de l’Islam qui consiste en ce que nul n’est en droit de juger l’autre ou de porter atteinte à son intégrité. L’Islam promeut l’importance des droits les plus fondamentaux, tel celui d’être responsable de ses actes sans avoir à en rendre compte à qui que ce soit, excepté à son Seigneur. Cela relève de son intimité, de son libre-arbitre, et s’immiscer dans les affaires de son coreligionnaire sans son consentement revient à s’ériger en un juge tout puissant, et c’est bien là la pire des hérésies.
Pour Hijab and the city, la journée du Sida ce n’est pas seulement le 1er décembre, c’est en fait tous les jours. En effet, personne ne peut affirmer être à l’abri de ce fléau car, contrairement aux idées les plus bigotes, le Sida n’est pas une maladie d’homosexuels, de toxicomanes ou de personnes dépravées, avides de sexe et de débauche. Dans le monde musulman, cette question a été amplement débattue et il en est sorti des positions étonnamment libérales. Chaque pays a son interprétation propre, mais tous sont d’accord pour dire qu’il est important d’agir dans le respect mutuel conformément aux enseignements du Prophète Mohammed (SAW) : « Dans leur amour et leur sympathie mutuelle, les croyants sont comme un corps et quand une partie est coupée, la douleur affecte l’ensemble qui y répond par un affaiblissement total et la fièvre ». L’attitude moralisatrice n’est pas à adopter à l’aune des principes religieux. Tous les responsables religieux s’accordent à reconnaître, conformément aux textes, qu’il n’est pas de maladie envoyée sans remède, le Sida n’est donc pas à percevoir comme une malédiction, mais bien comme un problème sanitaire mais aussi et surtout social car en réalité, cette maladie renvoie à la violence structurelle des systèmes de pouvoir qui se traduit par une inégale répartition des richesses. Le message à porter doit donc reposer sur une réflexion en vue d’opter pour une existence responsable et construite autour de valeurs éthiques et spirituelles.
Ainsi, nous vous proposons un dossier « spécial Sida » où nous découvrirons ensemble le combat que mènent sur le terrain des femmes au sein de grandes organisations humanitaires, mais aussi plus proche de nous, au cœur même de mosquées, où, contrairement aux idées reçues, l’écoute et l’empathie accueillent ces personnes bien souvent exclues et discriminées. Nous vous présenterons tout d’abord, les actions que mène Islamic Relief sur le terrain, avec une interview de Sarah Douik, sa représentante internationale chargée des relations publiques et qui a organisé en 2007 une conférence internationale à Johannesburg sur le Sida. Puis, nous dresserons un état des lieux des actions menées par des organisations musulmanes à l’échelle internationale. Enfin, nous reviendrons en France et vous ferons part de notre charmante rencontre avec Fatima Zohra Messaoudi, médiatrice sanitaire et sociale au centre socio-sanitaire de Paris, situé au sein de la Mosquée Adda’wa dans le 19ème arrondissement de Paris.
Nous avions souhaité rencontrer une personne touchée par cette maladie, afin de recueillir son témoignage, mais cela nous a été impossible, ces personnes craignant la stigmatisation. Et il est à savoir que cette crainte empêche souvent ces derniers à avoir recours au dépistage et par conséquent à être pris en charge comme il se devrait.
Islamic Relief et la lutte contre le Sida
Islamic Relief est une ONG musulmane d’envergure internationale et qui a très vite placé la problématique du Sida au coeur de ses actions. Sarah Douik, en charge du bureau de liaison auprès de l’Union Européenne, a accepté de répondre à nos questions et de nous en dire plus sur le programme d’Islamic Relief dans le domaine de la lutte contre le Sida.
Quel est votre rôle dans le volet Sida chez Islamic Relief ?
Depuis 3 ans, je suis en charge du bureau de liaison auprès de l’Union Européenne. Mon rôle consiste à communiquer avec les institutions européennes et à mener des actions de plaidoyer au niveau de l’Europe. J’effectue aussi des missions régulières en Afrique, au Moyen Orient et en Asie pour animer des formations, apporter un soutien technique aux équipes de terrain et renforcer notre partenariat avec la Commission. Concernant le volet Sida, j’ai participé à la Conférence “Sida et Islam” qui s’est tenue à Johannesburg en novembre 2007. A Bruxelles, je contribue aux réunions de plaidoyer sur le Sida au sein des plateformes d’ONG afin de pousser l’Europe à renforcer son action et à améliorer son efficacité dans ce domaine. J’ai également été invitée comme intervenante à la conférence sur le VIH/Sida qui s’est tenue en janvier 2008 à Bruxelles avec Dr Tariq Ramadan et Dr Yacub Mahi.
Depuis combien de temps l’ONG Islamic Relief mène-t-elle campagne sur la thématique du Sida ?
L’ONG Islamic Relief a été confrontée à la problématique Sida à travers les projets qu’elle mène à bien dans le domaine de la santé et à travers son programme de parrainage des orphelins notamment en Afrique du Sud mais aussi dans d’autres pays par exemple en Asie. En 2007, nous avons organisé une conférence internationale sur ce sujet afin de sensibiliser l’opinion publique internationale et alerter tous les gouvernements notamment dans les pays musulmans sur l’importance d’apporter des solutions concrètes aux acteurs de terrains qui sont confrontés à des situations humaines et sociales difficiles. En effet, nul n’est sans savoir que dans de nombreux pays, les personnes infectées par le VIH sont souvent victimes de discriminations et se retrouvent isolées pour faire face à cette situation. Elles sont part ailleurs souvent exclues de l’accès aux soins et aux traitements antirétroviraux faute de services de santé adéquats ou faute de moyen pour les plus défavorisés. Suite à la conférence et sur la base des discussions engagées à cette occasion, nous avons développé une approche visant à traiter de la question VIH/sida et à l’intégrer comme composante dans tous nos programmes y compris dans nos projets liés à la santé et à l’éducation.
Quelles actions concrètes menez-vous sur le terrain ?
Dans le cadre de notre programme de parrainage, nous proposons à nos donateurs de venir en aide aux orphelins dont les parents sont décédés suite à la maladie du Sida, notamment dans le cas de l’Afrique du Sud qui est un pays particulièrement affecté par cette situation. Nous avons également recruté une experte VIH/Sida basé en Afrique du Sud qui est amenée à conseiller et à orienter tous nos programmes à travers le monde pour prendre en compte cette situation et prévoir une réponse adaptées aux bénéficiaires touchés par le VIH/Sida. Nous nous attachons à ce que toutes les personnes atteintes du VIH/Sida puissent avoir accès aux soins de santé et aux services de santé sans discrimination. Nous sommes aussi très actifs au niveau de la prévention à travers nos programmes comme dans le cas du Bangladesh. Nous avons par exemple développé un projet de santé spécifiquement dédié à la santé de la mère et de l’enfant qui propose un traitement, des soins et des conseils afin de limiter les risques de transmission du virus de la mère à l’enfant. Nous nous attachons aussi à informer les jeunes femmes quant aux risques de contracter le virus afin de renforcer la prévention. Notre méthode repose en particulier sur la formation de jeunes filles qui ont alors la charge d’informer d’autres personnes de leur âge. Dans tous les cas, nous offrons à nos bénéficiaires une réponse adaptée à leurs besoins et aux réalités du terrain afin de maximiser l’impact et l’efficacité de nos programmes et d’engager au maximum tous les acteurs locaux dans la lutte contre le sida.
Votre programme est international, quel état des lieux dressez-vous aujourd’hui ?
Nous avons constaté un lien étroit entre la pauvreté et la propension à contracter le VIH. Par ailleurs, le VIH a tendance à accentuer davantage le dénuement et la pauvreté des personnes qui se trouvaient déjà dans une situation précaire auparavant. On observe donc une spirale infernale pour beaucoup de personnes infectées dans les pays les plus pauvres. En tant qu’ONG dédiée à la lutte contre la pauvreté à travers le monde, nous sommes donc particulièrement sensibles à cette situation et il est de notre devoir d’alerter les opinions publiques à travers le monde sur cet état de fait. Dans de nombreux pays, nous observons par ailleurs une stigmatisation des personnes porteuses du VIH à tel point que certaines préfèrent ne pas faire de test afin de connaître leur statut. Quand elles se savent atteintes du VIH, elles cachent souvent à leur entourage et à leurs proches cette situation et se retrouvent seules et isolées. Lors de la conférence à Johannesburg, certains intervenants ont fait part de leur expérience quant ils ont osé parler du fait qu’ils avaient contracté le VIH à leur famille. Ils ont été victimes d’exclusion et de stigmatisation. En Afrique du Sud, un réseau a même été créé suite à ce problème afin de lutter contre les discriminations et permettre aux personnes atteintes du VIH se s’exprimer librement, de partager leurs expériences, de s’entraider et de changer les mentalités. Il s’agit du réseau Positive Muslims, très actif en Afrique du Sud et qui pourrait servir d’exemple dans d’autres pays.
Les musulmans sont-ils tout autant exposés et touchés par le virus ?
Même si certains pays musulmans sont aujourd’hui encore modérément affectés et que le VIH/Sida reste cantonné à des groupes dits « à risque », il n’en demeure pas moins que sans une réponse rapide et adéquate, le VIH/Sida risque de se propager et d’atteindre des taux d’épidémie aussi élevés que dans les pays les plus touchés. C’est pourquoi il est urgent de se confronter à la question de VIH/sida et de la traiter comme toute question de santé publique qui demande des réponses adaptées à la mesure du risque encouru. C’était aussi la raison pour laquelle nous avons souhaité organiser cette conférence en Afrique du Sud. Cela nous a notamment permis de visiter les projets mis en place dans le cadre du volet VIH/Sida. Lorsque l’on rencontre un petit garçon de 3 ans plein d’entrain qui est sous traitement antirétroviral, cela vaut beaucoup plus que tous les grands discours. Des femmes séropositives de confession musulmane (voilées ou pas) ont aussi pris la parole pour parler de leur expérience et exprimer le fait que tout le monde était susceptible d’être touché sans distinction.
Quel est le rôle d’Islamic Relief ? Quel type de campagne menez-vous ?
Tout d’abord nous essayons d’agir sur le terrain en développant des campagnes de sensibilisation qui sont formulées de manière adaptée au contexte socioculturel et religieux local. C’est très important pour rallier les populations à cette cause et engager les communautés comme acteurs de changement et de progrès afin de lutter contre la propagation du VIH et de ne plus stigmatiser les personnes porteuses du virus. Nous nous attachons à remettre en cause lutter certains préjugés et à dénoncer les tabous à travers l’échange, la discussion, le dialogue, la confrontation avec les réalités du terrain et l’accès à l’information. Nous sommes particulièrement attachés à sensibiliser les communautés à travers le monde et notamment les communautés musulmanes en Europe et ailleurs. En tant qu’organisation humanitaire et de développement, notre priorité est de sauver des vies et de nous engager activement dans la lutter contre la pauvreté. La lutte contre le VIH/sida et l’assistance aux personnes victimes du VIH est donc au cœur de notre action et de nos priorités. Cela passe par les programmes sur le terrain et la sensibilisation du grand public et notamment des opinions publiques musulmanes sur cette thématique.
Vous avez travaillé en collaboration avec des savants musulmans quel est leur rôle ? Que préconisent-ils ?
En tant qu’ONG musulmane, Islamic Relief s’attache à mette en place une action humanitaire et des projets de développements inspirés par les principes généraux de l’Islam que l’on retrouve chez la plupart des organisations non-gouvernementales d’inspiration religieuse et humaniste. La question du VIH/Sida est particulièrement complexe car elle soulève un grand nombre de situations bien précises rencontrées sur le terrain qui appellent des solutions pratiques et adaptées au contexte local. De facto, les praticiens du développement et les personnes atteintes du VIH sont confrontées à une pluralité de questions éthiques notamment en tant que personnes de confession musulmane. Dans ce contexte, le dialogue avec les savants musulmans a permis d’apporter des réponses ou tout du moins d’explorer certaines problématiques à la lumière des enseignements religieux. Lors des ateliers de travail, cette contribution a été particulièrement appréciée au même titre que l’étaient les contributions des acteurs de terrain et des personnes atteintes du VIH. L’objectif commun était en effet d’apporter des solutions pratiques, efficaces et adaptées dans le contexte de l’islam pour permettre aux ONG de mieux travailler sur le terrain et de mieux venir en aide aux populations affectées.
La conférence a aussi été un moment d’apprentissage pour les savants ainsi que pour tous les participants notamment du fait des échanges (200 personnes venues d’une cinquantaine de pays) mais aussi des visites de projets sur le terrain. Nombre d’entre eux en ont conclu qu’il était important de briser certains tabous notamment concernant l’homosexualité afin que les personnes affectées puissent trouver le soutien et l’aide nécessaire dans leur communauté. Un autre enseignement qui a été souligné par les savants concernait l’importance de répondre aux questions éthiques de manière appropriée au contexte et de ne pas considérer telle ou telle approche comme la solution à toutes les situations. Il y a en effet une pluralité de contextes et donc une pluralité de méthodes à adopter pour engager la lutte contre le VIH/Sida de la manière la plus efficace qui soit.
Aujourd’hui, est-ce toujours un sujet tabou au sein de la communauté musulmane ?
La question du Sida reste en effet aujourd’hui un tabou dans de nombreuses communautés musulmanes à travers le monde. La religion musulmane désapprouve les relations sexuelles hors mariage ainsi que la consommation de drogues. Afin de lutter contre la propagation du VIH, nous devons reconnaître le fait que ces pratiques existent et qu’elles sont répandues à travers toutes les communautés y compris au sein des communautés musulmanes. Il ne s’agit pas ici ni de blâmer les individus qui ont contracté le VIH ni de nous concentrer exclusivement sur les interdits et les pratiques islamiques ou non-islamique en présentant l’abstinence comme seule moyen de lutte contre de VIH/Sida. Cette attitude ne ferait qu’aggraver le problème en renforçant la stigmatisation dont des personnes atteintes du VIH sont victimes. D’autant plus qu’on observe une pluralité de facteurs conduisant à la surexposition au VIH/Sida avec un rôle non négligeable de la pauvreté et de la situation socio-économique des personnes affectées. Nous nous devons donc de reconnaître et d’analyser l’ensemble des facteurs qui conduisent à la propagation du VIH/sida afin d’apporter des réponses efficaces et durables. Car en dépit des discours religieux, le VIH continue à se propager parmi les populations musulmanes à travers le monde.
Que pensent les gens ? Qu’en est-il de l’idée qui veut que le Sida est une maladie d’homosexuels, les musulmans pensent-ils ainsi ?
Tant que l’épidémie reste concentrée dans certaines populations dites « à risque », le reste de la société cherche parfois à se rassurer en pensant qu’ils sont protégés. Mais l’expérience prouve que ce n’est pas le cas et qu’en l’absence de réponse adéquate, l’épidémie se propage à l’ensemble de la société. Les musulmans sont de plus en plus sensibles à cette réalité. Dans les pays les plus affectés, ceux-ci sont conscients du fait que le VIH/sida peut toucher tout individu sans distinction quant à son orientation sexuelle et qu’il faut engager des campagnes d’information, de sensibilisation et de prévention à destination du grand public et non pas seulement envers tel ou tel segment de la population.
Vous avez organisé un colloque à Johannesburg en 2007, deux ans plus tard, quel bilan dressez-vous?
Le colloque a marqué une étape importante dans la prise en compte de la thématique sida au sein de la communauté musulmane. Il a permis de briser certains tabous et d’enclencher un processus de remise en question par nombre d’acteurs venus de différents pays qui se sont inspirés des expériences de leurs collègues à travers le monde. Ceci a conduit à de nombreuses actions de sensibilisation au niveau local dans différentes communautés en Europe, en Afrique, en Asie et au Moyen Orient. Suite au colloque, les participants se sont également engagés sur un plan d’action. Dans cette dynamique, un fond a été créé pour financer des projets et lancer un réseau international dédié à la question du VIH/sida. Les actes du colloque servent aussi de base de travail à de nombreux professionnels du développement à travers le monde dans la mise en place de projets de prévention et de lutte contre le sida.
Le Sida : de Cape Town au 19ème arrondissement de Paris
16 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
Les actions menées de par le monde au sein des communautés musulmanes, attestent de cette volonté d’en finir avec la vision moralisatrice et assassine que l’on a du Sida. Certes, l’Islam préconise certains principes, souvent décriés par les sociétés occidentales, reposant sur des bases morales et qui dictent le mode de vie du croyant. Par exemple, la question de la chasteté des hommes et des femmes et l’abstinence (que l’on retrouve d’ailleurs dans les autres religions), mais qui ne se présentent pas comme une réelle solution pour certains, chez les non-musulmans comme chez les musulmans. C’est pourtant ce type de prévention que mettent en avant certaines organisations musulmanes ayant pour but de venir en aide aux victimes du Sida et qui luttent contre toute forme de diabolisation et de marginalisation. Néanmoins, elles ne se gardent pas de rappeler que tout comme la nécessité de considérer la vie avec sagesse et raison, il est primordial de proposer une seringue neuve au toxicomane, ou encore de distribuer des préservatifs car, inconsciemment et consciemment, cela donne une idée de la différence entre la vie et la mort. Et en agissant ainsi, on choisit le moindre des maux.
Positive Muslim :
En Afrique du Sud, Positive Muslim, est une organisation entièrement dédiée à la lutte contre le Sida. Depuis 2000, Positive Muslim accompagne les personnes atteintes du Sida et travaille de concert avec l’USAID ou encore l’ONUSIDA. Le crédo de Positive Muslim : la compassion, ne pas juger l’autre et la clémence. Toute marginalisation est à proscrire. Ici, on prône la justice, et non la pitié. Et ce qui permettra de faire avancer les choses, repose avant tout sur la transparence et l’importance de la décision collective. Des ateliers sont organisés où tout est mis en scène pour plus d’empathie et de compréhension.
Positive Muslim considère que le travail de prévention doit être accompagné d’une action politique qui combat les inégalités sociales lesquelles contribuent à la pandémie du Sida. Ainsi, il est important de souligner le caractère éminemment social, en tant que problème de fond, du Sida que l’on soit Européen ou Africain. En effet, les populations les plus pauvres sont les plus exposées en raison du manque d’accès aux soins et d’ailleurs nombreuses sont les ONG musulmanes qui affirment que l’on ne peut blâmer la prostituée d’être atteinte du Sida, car, en vérité, ce qui l’a poussée à adopter pareille attitude c’est bien son état de pauvreté et non une quelconque perversion de l’esprit.
Le centre socio-culturel de Paris, au cœur de la mosquée Adda’wa :
En France, plus près de nous, j’ai eu l’honneur de rencontrer Fatima Zahra Messaoudi, une femme d’origine algérienne, mère de famille et active sur le terrain de la lutte contre le Sida, mais pas seulement. C’est au centre socio-sanitaire de Paris qu’elle m’accueille qui est abrité à la Mosquée Adda’wa dans le 19ème arrondissement de Paris. C’est une femme souriante et très accessible qui me reçoit malgré un emploi du temps très chargé et des missions titanesques. Diplômée en Histoire à l’Université de la Sorbonne, elle devient médiatrice socio-sanitaire en 2001, après une formation qu’elle a suivi, encouragée par le recteur de la mosquée Adda’wa, le Pr Larbi Kechat, à l’origine de l’ouverture de cet espace de prévention et d’écoute.
Fatima Zohra m’explique qu’en France « dans la communauté musulmane, toutes les maladies liées au corps sont taboues » bien qu’elles aient fait des ravages. Et le constat est le suivant « les gens ne savent pas vers qui se tourner parce qu’ils ont besoin de parler surtout sur un plan religieux ». Il est alors question de rédemption, de pardon, de punition, mais ce que leur explique Fatima Zohra c’est que Dieu est amour et que nul ne peut sonder le cœur de quiconque : « J’essaie de leur expliquer que cela peut être une épreuve, que ce ne doit pas être perçu comme une punition infligée par Dieu. Je leur parle de la patience, et j’essaie de dégager leur responsabilité en mettant en avant la miséricorde de Dieu et en tentant de leur faire comprendre que c’est une maladie comme une autre même si elle résulte d’un rapport sexuel hors mariage. Ce sont des femmes et des hommes qui ont eu un moment donné des désirs, qu’ils ont assouvi sans penser à se protéger. En Islam, la protection c’est le jeûne pour ceux qui ne peuvent pas se marier. Quand le sida est là, on ne peut plus rien faire, aussi, on met en avant le pardon. D’ailleurs, quand ils viennent, il y a déjà une volonté de retour à Dieu, au spirituel. »
C’est donc avec l’affection d’une mère qu’elle accueille ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui hésitent beaucoup à aller vers elle par peur du qu’en dira t-on et du jugement des autres, mais aussi parce qu’ils se sentent gênés et parce qu’ils ont honte de parler sexualité. Elle va jusqu’à les orienter vers les centres de dépistage, car bien souvent ces femmes et ces hommes redoutent pareille démarche, et c’est en cela que le rôle de Fatima Zohra est déterminant dans l’accès aux soins et aux services des malades.
Fatima Zohra insiste sur l’importance de prendre en compte les codes culturels de chacun et de savoir interpréter les propos de certaines personnes pleins de symboles et d’images, mais aussi de savoir faire de la prévention de manière discrète, adaptée aux codes de chacun.
Au centre socio-culturel, Fatima Zohra organise des rencontres avec les gens qui fréquentent la mosquée : lors de la journée mondiale de lutte contre le Sida, des stands ainsi que des tables rondes sont proposés par le centre. Tout le monde est mis à contribution pour organiser cette journée, à commencer par les enfants qui sont en charge des affiches qu’ils retrouveront placardées sur tous les murs du centre et de la mosquée. On insiste sur le dialogue et on incite les gens à se rendre dans les centres de dépistage ou à s’informer. Et à la question « distribuez-vous des préservatifs ? », Fatima Zohra sourit et répond : « Oui, j’en distribue discrètement à cause des codes culturels encore une fois. Quand une personne vient me voir, j’apprends à la connaître et quand je sens que c’est une personne qui a une vie sexuelle, je lui en donne. Pendant les journées de prévention, je pose une corbeille près des stands et les gens se servent très discrètement on la retrouve complètement vide en fin de journée et on ne sait pas comment (rires) ! »
Fatima Zohra travaille beaucoup avec les institutions et la Mairie de Paris. Elle fait partie du conseil de santé de la mairie du 19ème. D’ailleurs, c’est elle qui a suivi en 2006 les familles libyennes dont les enfants ont été contaminés. Rappelez-vous l’affaire des infirmières bulgares, et on a voulu nous faire croire que tous les honneurs revenaient à Carla, bah voyons ! « C’est le ministère des Affaires Etrangères qui a fait appel à nous et j’ai accompagné, informé ces familles pendant toute la durée de leur séjour. J’ai été très déçue de voir que le Ministère n’a pas daigné, à l’issue de cette mission, nous remercier et reconnaître notre travail, dans la presse notamment, et c’est important que l’on sache que l’Islam considère le sida comme les autres maladies, et qu’il n’y a rien de tabou ou de mauvais à s’associer à ce genre d’actions et à aider les malades » .
Ainsi, le sujet reste tabou, déplore Fatima Zohra mais on s’active dans le 19ème et on ne chôme pas. En effet, au-delà de l’écoute et de la prévention, Fatima Zohra aide les plus démunis à s’en sortir : rédaction de CV, de lettres de motivation, de demande de logement… tout est prévu pour encadrer aux mieux ces personnes.
Une femme pleine de vie et de bon sens, une femme comme on les aime. Elle vous transporte dans les méandres de l’histoire et dans ses plus grands moments, vous cite les plus grands dans le texte et c’est avec pareille verbe qu’elle accueille les personnes porteuses du VIH. C’est plus que de la prévention et de l’écoute, c’est une ode à la vie chantée par une muse !
Courrier des lectrices : « Mon mariage est un cauchemar »
14 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Je suis mariée depuis l’été 2007. Malheureusement, dès le début de mon mariage rien ne va. Mon mari ne me faisait pas confiance du tout, il portait un regard de dégout et de honte sur moi me considérant comme impure (bien que la première fois n’a eu lieu que 4 mois après le mariage!! Je n’ai pas vraiment connu la nuit de noce)
Petit à petit j’ai commencé à me présenter à l’image qu’il voulait. Je me faisais timide alors que je ne le suis pas, je contrôle tout ce que je dis tout ce que je fais face à lui pour que ces doutes ne s’installent pas et qu’il pense de moi ce que je suis vraiment, c’est à dire quelqu’un de pudique respectueux…
Le mauvais cours de ce début de vie commune a eu un impact sur moi pour la suite. En fait, au niveau de sa confiance en moi ça va un peu mieux (même si il y a toujours un code pour internet ) mais du coup je suis toujours sur mes gardes et la moindre remarque de sa part devient pour moi une accusation et une critique. Je suis devenue une femme très dure et froide, presque sans expression ; la communication entre nous est du coup très difficile et la compréhension impossible. Je suis vraiment triste et détruite au fond de moi, je vois ces autres qui évoquent leurs premiers moments à deux comme des bons souvenirs, et moi c’est un cauchemar que je ne veux même pas remémorer. Sofia.
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Je pense qu’il faudrait que vous arriviez à discuter avec lui de ce qui est à la base de vos difficultés : le commencement. Il y a chez vous un blocage lié à ce début de vie de couple peu réjouissant, vous idéalisiez sûrement comme toute femme au début de sa vie de couple et vous vous retrouvez aujourd’hui dans un cauchemar ! Vous devez donner du sens à cette attitude : pourquoi voyait-il en vous une femme impure ? A mon avis, son passé devrait vous éclairer si il sent qu’il peut l’aborder. Et vous ne me dites pas si vous l’aimez et souhaitez continuer ainsi, ou si vous voulez vous séparer.
Dernier point : le code internet révèle une situation de déséquilibre, il vous infantilise, vous vous sentiriez mieux si vous arriviez à retrouver un rôle d’épouse.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Sommet de Copenhague : aide-toi et le ciel t’aidera
8 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
Le sommet de Copenhague, c’est du 7 au 18 décembre, et parce que c’est un rendez-vous crucial pour l’environnement on vous en parle, on vous l’explique simplement mais sûrement. Et ne l’oubliez pas, sur Hijab and the city, l’écologie est une priorité !
Cela fait quelques semaines que l’on en parle et que l’on présente ce sommet comme crucial pour l’avenir de l’humanité. C’est plus de 192 Etats placés sous l’égide de l’ONU qui ont pour mission de se mettre d’accord sur une baisse de 20% des émissions des gaz à effet de serre d’ici 2020.
Mais avant d’entrer dans les détails, je vous vois pensives, soucieuses parce que vous vous dites que l’écologie c’est important mais qu’à côté vous avez des gestes pas très exemplaires n’est-ce-pas ? Que toutes celles qui se brossent les dents en laissant l’eau couler lèvent la main. Que celles qui vont à la boulangerie en voiture font un pas en avant. Enfin, que celles qui dorment la lumière allumée par peur du croque-mitaine se dénoncent. Et oui les girls, on a toutes de très mauvaises habitudes entre les bains relaxants qui pompent la nappe phréatique et le pied lourd sur l’accélérateur qui d’ailleurs nous vaut des points en moins et des stages de récupération de points, à l’instar des alcooliques anonymes. Nous sommes toutes responsables, à notre niveau, bien qu’on n’ait pas des cheminées en fonte sur nos toits qui crachent à longueur de journées fumées et gaz nocifs.
Et la hausse des températures, au-delà de la canicule à laquelle nombre de foyers a répondu en installant la clim, comme dans les pays Orientaux, sachez les girls qu’elle est à l’origine de l’extinction de certaines espèces animales et végétales. Adieu les jolis petits pandas ou encore les magnifiques tigres blancs, qui sachez le, croupissent dans des zoos aujourd’hui. La famine, déjà bien installée dans certaines régions du monde, risque d’augmenter si la température augmente de 2°C. Et il est étonnant de constater comme tout est calculé au centième près, comme le mécanisme environnemental est pointilleux et si simple à respecter en réalité.
Copenhague sera au cœur de l’actualité pendant plus de 10 jours mais qu’en tireront les décideurs, dont le plus gros pollueur mondial, et qui paradoxalement détient les cartes en main, les Etats-Unis, qui n’avaient pas, rappelons le, ratifiés le protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre et j’ajouterai avec lui les compagnies de bus du bled (pardon à mes cousins, je n’ai pas pu m’en empêcher).
Les ONG écolos et les mouvements coco sont sur le pied de guerre, et pour cela les Danois ont prévus des indics afin de prévenir la police si quelque chose leur parait suspect. Ils sont sûrement amis avec Balkany family ces Danois, manque juste les caméras.
Y aura-t-il accord à l’issue de ce sommet, probablement pas selon les spécialistes. Néanmoins, ce sommet devrait lancer le processus de négociations pour les années à venir. D’ici à arriver à un accord, je vous invite à revoir vos comportements et à visionner cette vidéo qui a été projetée lors de la session d’ouverture du sommet.
Courrier des lectrices : « Je n’aime pas mon mari »
7 décembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Mon mari est quelqu’un de bien, de gentil mais je me suis rendue compte que je ne l’aime pas amoureusement, je l’aime par reconnaissance. Je suis douce et plus ou moins aimante car il l’est envers moi du coup je ne sais plus ce que veut dire aimer, auriez vous une définition ?
Je souffre car je me dis qu’il ne me mérite pas. Ghislaine.
La réponse de Fatma Mamouni, psychothérapeute :
Je pense que ce genre de sentiment n’est pas si innocent que cela peut sembler : ou vous aimiez une autre personne auparavant avec laquelle vous le comparez et que vous regrettez, ou bien vous avez envie de vous séparer de lui.
C’est généralement ce que je constate lorsque des patients ont ce type de souci. Cependant, si vous trouvez qu’il est aimant et gentil pourquoi ne pas essayer de développer cet amour, de vivre ensemble des choses qui vous feront l’aimer ?
Des sentiments peuvent naître entre vous et il faut les entretenir, cela est préférable. Et pour vous aider à orienter votre relation, peut-être serait-il utile de vous remémorer vos débuts et les raisons qui vous ont poussés à vous marier ensemble. Cela étant, il faut être honnête et essayer de ne pas le faire souffrir, si vous voulez lui en parler armez vous de douceur et de diplomatie.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Je suis voilée et étudiante à Sciences Po
4 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).
Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.
Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?
Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.
Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?
Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.
Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.
Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?
Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.
Tu t’es fait des amis ?
Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.
Plus de peur que de mal alors ?
Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !
Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.
Que souhaites tu faire plus tard ?
J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.
Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?
C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.
Dans le même dossier :
Londres : multiculturalism power !
3 décembre 2009 par Shahin
Classé dans Ce qui fait débat
On sait que Londres est une ville cosmopolite où règnent l’énergie et la diversité des grandes villes. Mais Londres détient la « first place » pour son immigration positive qui donne un souffle nouveau aux grandes capitales européennes.
Comme à Paris les quartiers ethniques existent, mais la diversité n’est pas visible uniquement dans ces mini bleds improvisés…on la voit partout! De la city à White Chapel ! On y croise un fan des Clash et de la crête, assis dans le métro à coté d’une femme en niqab, ou encore un Pakistanais en turban qui sert une cup of tea à Miss Marple… c’est possible !! Si si !!
40% de la population musulmane vit à Londres, ce qui représente 10 % de la population. Une population jeune, active qui nous apprend qu’il y a un réel changement dans la communauté. Elle est devenue multiculturelle, ce qui apporte une réelle énergie positive.
Selon une étude récente, la communauté musulmane est la plus active en terme de volonté, de création d’organisation, et ce afin d’affirmer sa véritable identité anglaise et musulmane. Et parmi cette communauté les femmes sont les plus entreprenantes… Hey hey !
Ainsi, aujourd’hui il est courant pour la population britannique de voir des femmes en niqab et hijab travailler au supermarché !
Et croyez moi sur Oxford Street et dans tous les quartiers hype de Londres les anglo-saxonnes enchainent shopping, fooding et joking !
A la vue de ces jeunes femmes si fières et épanouies, je me suis demandé si elles n’avaient pas piqué la baguette de Gigi et d’un coup de « pampilulu » devenaient toutes jolies et bien habillées.
Alors pour vous chères lectrices et lecteurs je suis partie sur le terrain, accrochée à mes sacs Top Shop et All Saints, témoins de mes allées et venues dans les rues de Londres !
Et en me baladant dans les rues londoniennes j’ai compris que ces femmes vivaient sans complexe leur islamité et leur féminité. Pourquoi ? Parce qu’elles sont autonomes et reconnues dans une société qui ne les a pas mise de coté ! J’ai vu des jeunes femmes en abaya et hijab travailler dans des magasins de prêt à porter haut de gamme et arborer de beaux sourires devant une clientèle au brushing impeccable et sac Prada ! Et oui, imaginez chez nous au Comptoir des Cotonniers une jeune fille en hijab qui renseigne une cliente » non Madame nous n’avons plus la taille 38, mais si vous voulez j’appelle un autre magasin » et la cliente ahurie qui dirait » hum… Appelez moi la responsable ! »
Malheureusement, ce « complexe » d’être musulmane en France, nous a été servi sur un plateau d’argent. Mais à Londres la femme musulmane n’est pas cantonnée au bureau exigu d’un centre d’appel. Rien ne lui est interdit. Policière, avocate, coiffeuse, serveuse, vendeuse… Elle est une femme comme les autres avant d’être musulmane.
Alors, c’est peut être pour cela que là-bas la femme au niqab, la jeune anglaise minijupée, la fashionista katemossée, la jeune fille et son hijab, toutes se retrouvent dans les mêmes boutiques en quête du dernier sac tendance…
Car il faut le dire les Anglais ont la fashion touch, pas celle qu’on nous bassine dans les Mamour et Piba (c’est bon on sait ça fait 4 ans qu’il faut mettre un jean slim et un gilet en poil de panda… on vous dit qu’on n’est pas tendance et alors ?!), mais ce petit truc en plus qui leur donne un style personnel qui fait bien souvent défaut chez nous… La française serait elle un peu plus critique que nos consœurs anglaises ? Jugez plutôt :
A Londres pas de complexes. On s’assume ! Et c’est pas funky ça, la cravate et le hijab, avec ce petit air gothique !!

Elles accessoirisent aussi beaucoup leurs tenues de bijoux ethniques et longs colliers. Avec style et personnalité elles rivalisent d’ingéniosité.
Et un conseil si le cœur vous dit d’aller à Londres, n’oubliez pas de passer par le quartier de White Chapel. Plus connu pour avoir été le témoin sanglant des crimes de Jack l’éventreur. Aujourd’hui, c’est un quartier populaire où se mêle artistes et communauté pakistanaise. Même dans le métro les fresques expriment la tolérance. Ici, on peut voir peint sur les murs de la station, la grande mosquée de l’East End.

La mosquée est un vrai lieu de vie. Tout est fait pour que les femmes soient à l’aise. Locaux bien entretenus, accueil des convertis, recherche mari, bibliothèque, salle de réunion. Et les activités ne manquent pas : concerts, cours, soirées caritatives, repas, conférences…

Chérie, je te présente ma mère
1 décembre 2009 par Khadija
Classé dans A la une, Célibat Mariage & Cie
Que celles qui ont prié Dieu d’épouser un orphelin ou un homme dont les parents vivent au bled lèvent la main ! Et oui, elles sont folles ces demoiselles qui pensent que vivre pas loin de la belle-famille c’est forcément un calvaire, quoique des fois c’est pas la joie dans les chaumières !
Quand on épouse un homme, on épouse également sa famille, c’est qu’il n’est pas sorti de nulle part notre Dom Juan, sauf cas exceptionnel bien sûr. On a pourtant coutume de penser que belle-famille = galère assurée, entre la belle-mère exigeante et possessive, les belles-sœurs curieuses et critiqueuses, il n’y a finalement que les mâles de la belle-famille qui nous laisseraient en paix et que l’on apprécierait. Alors mythe ou réalité, ou plutôt est-ce systématique ?
La belle-famille devient notre famille avec ses qualités, ses défauts, ses histoires, ses secrets… et il est vrai que l’intégration n’est pas si facile que cela et pour cause ! On est l’étrangère devant qui il faut faire bonne figure les premiers jours, celle qui vient d’une autre famille, d’un autre milieu voire d’une autre culture. Etant donné que les opposés s’attirent et que notre Dom Juan peut ne rien avoir avec nous, on peut se retrouver face à une situation à laquelle on n’aurait jamais pensé. Mais les sentiments étant plus forts que jamais, on se dit que l’on peut résister à tout, tout supporter pour les beaux yeux de son futur époux.
Néanmoins, la belle-mère en or ça existe bel et bien. Elles ne sont pas toutes râleuses et n’attendent pas toutes le faux pas fatal. Certaines sont encore plus douces avec leur belle-fille qu’avec leur propre fille, les veinardes ! Ces belles-mères ont en tête l’idée qu’il est important de prendre soin de la belle-fille, encore plus que ses propres enfants.
Mais qu’en est-il de la belle-fille, c’est-à-dire nous ? Pas facile d’accepter sa nouvelle vie et de la gérer au mieux. Et puis il y a le stress et les copines qui vous bourrent le crâne à coup de « oh les belles-mères, toutes des mégères ! ». On part sûrement pleine d’appréhension et de stress, ce qui d’emblée met à mal le premier contact. Il faut donc se détacher de ses idées reçues et se lancer sereine.
Cependant, quand le premier repas vire au cauchemar, que les regards sont bizarres et que l’on est pressée de partir, ce n’est pas bon signe. Alors, de deux choses l’une : soit on décide de prendre sur soit et de tout faire pour que la soirée se passe le mieux du monde, et se dire qu’il y a du boulot ; soit on plaque tout et on dit ciao à son Dom Juan, ce dont je doute fort !
Belle-famille en sucre ou pas, l’important c’est de réussir à se faire accepter et à plaire. Et pour les plus récalcitrantes, reste le mari sans famille, et pour le trouver c’est une autre histoire !
On s’adapte ou on reste seule, le choix est vite fait, et si le problème venait de vous ?
Courrier des lectrices : « je n’ai pas choisi ma filière »
30 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai décidé de suivre des études dans une grande école mais je ne m’y sens pas à ma place. Si je m’y suis inscrite c’était pour faire plaisir à mes parents mais je n’aime pas du tout cette filière. Je suis en deuxième année, et j’ai peur de la réaction de mes parents si je venais à tout arrêter. J’ai beau avoir de bons résultats, il n’empêche que je déteste ce que je fais. Sabah
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Sabah,
Cette situation est fréquente et malheureusement, les parents jouent sur l’affectif pour que leur enfant n’imagine même pas pouvoir un jour refuser leur choix. Ils vont certainement être déçus mais il faut leur faire comprendre que vous n’aimez pas du tout ce que vous faites, car dans le pire des cas ils ne le comprendront que le jour où vous aurez fini et que vous ne trouverez pas de travail par manque de motivation. Là ils vous diront qu’il fallait le dire avant !
Cependant, si vous décidez de leur faire part de votre mal-être, il est préférable de leur proposer une alternative : essayez de leur montrer que vous avez trouvé une autre filière qui vous plaît, et que vous pourriez l’intégrer dès janvier par exemple, parfois c’est possible.
Dans tous les cas, dans ce genre de situation le plus tôt est le mieux, pour vous autant que pour vos parents.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Aïd moubarak !!! Bonne fête !!!
27 novembre 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Aïd moubarak les girls, que votre Aïd soit le plus heureux qui soit. Bonne fête à toutes les hatciennes et j’y pense, racontez nous votre journée, des plats à l’ambiance, sans oublier les cadeaux bien sûr !

J’hésite à porter le voile
27 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.
As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?
J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.
Et au lycée, impossible de porter autre chose ?
Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !
Quel sens donnes tu au hijab ?
C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.
Depuis combien de temps penses tu à le porter ?
Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.
Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?
De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.
Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?
C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.
Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?
Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.
Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?
Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.
Que peut-on te souhaiter ?
Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.
Dans le même dossier :
La nuit fait plus que porter conseil
25 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Spiritualités
La nuit est bienfaitrice et sur bien des plans. Côté beauté, elle est dite régénératrice parce qu’elle permet à la peau de se réparer et d’activer son renouvellement cellulaire. Et côté santé, une bonne nuit de sommeil permet de recharger les batteries pour mieux relancer la machine le lendemain, c’est important pour le physique comme pour le mental.
La nuit nous fait du bien et il est donc très important de savoir l’exploiter à bon escient. En effet, au-delà de sa fonction roborative, la nuit est le moment privilégié pour quiconque recherche la paix intérieure. D’ailleurs, toutes les civilisations accordent ou ont accordé à la nuit un pouvoir particulier, qu’il soit maléfique ou bienveillant.
En cette période, des dix premiers jours du mois de dhou el hijja, jeûner et veiller est recommandé pour quiconque souhaite faire « âme neuve ». La nuit est perçue comme étant le moment le plus propice au recueillement et à la prière.
Ainsi, la nuit possèderait des particularités physiques, esthétiques, mentales et spirituelles qui sont essentielles et que bon nombre de croyances reconnaissent.
Dans son livre Histoire de la nuit, Alain Cabantous présente la nuit comme un autre temps, remplit de croyances et d’imaginaires, que les sociétés, aussi ancestrales soient elles ont redouté, affronté, vénéré ou encore exploité.
Les rituels nocturnes, les invocations faites à Dieu donnent à la nuit cette puissance qui réfute, de fait, l’idée de la nuit maléfique, qui a longtemps prédominé dans les esprits. En effet, on associe bien souvent la nuit au diable, aux spectres ou au mauvais esprits. A tout ce qui relève du mal. En outre, Alain Cabantous fait également allusion à la nuit criminogène, celle où l’on a ourdi les pires plans et où l’on a assassiné à travers l’Histoire, celle où c’est finalement l’Homme qui a incarné le malin, cette nuit qui couvre et qui aveugle.
Néanmoins, la nuit reste un moment privilégié pour la retraite et la réflexion. En effet, invoquer Dieu à ce qui équivaut au tiers de la nuit, permet l’absolution. La clémence de Dieu est alors plus grande au regard de l’effort induit, c’est à dire le réveil difficile en pleine nuit et la détermination qui l’accompagne, ce qui confère à la nuit un pouvoir sans précédent, et renforce l’idée de l’appel exceptionnel (la cession de rattrapage) auquel seules les âmes animées par cette volonté peuvent répondre.
Ainsi, pour la peau, l’on sait qu’il est important de bien s’en occuper pour la préserver et ralentir les effets du vieillissement et qu’il existe pour cela des crèmes de nuit ou d’autres soins, la recette est donc bien connue. Pour le corps, rien de mieux que qu’une bonne nuit de sommeil, et cela aussi n’est un secret pour personne. Et pour l’âme, l’esprit, la foi, la nuit se présente plus que jamais comme libératrice et magnanime. Qu’on le sache ou non, l’important est de le ressentir et de se saisir de ce qui se présente comme une chance. Bien sûr, pas facile de se réveiller en pleine nuit, mais ne nous arrive t-il pas de veiller les week-end voire la semaine pour les couches tard ? C’est gratuit et c’est tout bénef, pas terrible comme incitation, mais quand on vit dans une société où la consommation nous asservit, ces mots prennent tous leur sens et nous stimulent n’est ce pas ?
« Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras ! »
23 novembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Vendredi, c’est l’Aïd ! Moi, j’adore cette fête parce que c’est justement l’occasion de faire la mouba (un mix entre nouba et « moubarak »… ok !), de bien manger (mais vraiment bien manger), de recevoir des cadeaux, et surtout de perpétuer une très belle tradition. Vivre cet évènement en France lui donne un charme supplémentaire. Pas de moutons qui gambadent dans la rue, pas d’accolade avec le premier venu. Seulement quelques commandements qui font que finalement, c’est plutôt amusant l’Aïd ici.
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De l’Aïd, l’image que donnent les médias… tu kifferas !
Bien sûr, qui dit Aïd dit forcément mouton et surtout mouton préparé à la blédarde ! Boulfaf, méchoui, débauche de viandes miam miam ! Mais bon, faut arrêter de réduire cette fête à l’animal.
« Nan mais tu comprends pas, le mouton c’est la figure symbolique de l’Aïd quoi. » T’as qu’à dire l’allégorie ma gueule !
J’hallucine quand je vois les JT nationaux de la veille ou du jour même. On fait un focus de fou sur les bêtes, les bouchers, les abattoirs, les baignoires, Brigitte Bardot… On n’a pas droit nous aussi à des petits reportages avec une musique douce, des vitrines à Haussmann, des gens qui n’ont pas des têtes d’assassins et qui ne parlent pas en stéréo… Non ?!? Bon. J’oubliais les micros-trottoirs aux sorties des mosquées… MDR
Une anecdote : en primaire, j’avais une prof ignoble en CM2 et vicieuse, tellement vicieuse que quelques jours après l’Aïd, alors que nous nous étions présentés avec des camarades munis de certificats médicaux (pas le choix, on avait pas droit de sécher… On avait vraiment des médecins de famille en or !), elle a attrapé un de mes amis d’enfance et lui a dit : « je t’ai vu à la télé hier, t’avais l’air en pleine forme ! ». Ha ha ha une caméra s’était postée à la sortie de la mosquée du coin pour « couvrir » l’évènement. France 2 est une balance !
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Après l’Aïd, des gâteaux tu en fileras (pas) ?!
Qui n’a jamais été taxé quelques jours avant ou après l’Aïd ? « Tu peux m’apporter des gâteaux au miel s’te plait ? ». Avec moi même en rêve, c’est pas possible ! Surtout quand la requête est formulée par la voisine qui ne dit jamais bonjour, le camarde de classe a qui vous n’avez jamais adressé la parole, le collègue qui ne comprend pas pourquoi dès qu’il y a du couscous au menu de la cantine, ben vous n’en prenez pas… enfin bref ! Si quelqu’un veut des gâteaux d’arabes, qu’il aille à Barbès ou au salon de thé de la Mosquée de Paris. Là-bas en plus, y a l’ambiance souk et le rapport qualité/prix est carrément intéressant ! (genre 10 euros le gâteau sec quoi)
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Avec l’Aïd, Brigitte tu attristeras !
Comme chaque année, Brigitte Bardot pète un câble dès qu’elle entend parler de l’Aïd. Mais à côté de ça, les agriculteurs français sont aux anges ! Alors la question est la suivante : doit-on ignorer la chaîne alimentaire et en ces temps de crise tourner le dos à nos agriculteurs (vous avez bien vu le « nos » hi hi hi), ou faire plaiz’ à une rombière facho qui aime les peluches ?
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Pour l’Aïd, ta moyenne tu sacrifieras !
Combien de fois dans votre vie, le jour de l’Aïd a coïncidé avec un jour… d’examen !! « S’il vous plaît monsieur, je serai absente ce jour là, c’est la deuxième fois qu’on reporte le partiel pour cause de mariage ou de sabbat, on peut encore une fois faire une petite exception ? » Même pas en rêve ! Soit… tu prends sur toi (et tu te manges un zéro à moins que ton généraliste ne fasse un geste), soit… La vie est injuste ! En France en tout cas.
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Pour l’Aïd, des congés tu n’auras pas ! (cherche pas c’est mort)
Si c’est pas les cours, c’est l’entreprise. Certains peinent à expliquer à leurs supérieurs que sur les 365 jours de l’année, ils ne sollicitent que celui-ci pour passer un moment en famille, pour faire la fête eux aussi. Mais non, c’est ce jour là que la vie de la boite se joue ! Si le mangeur en chef de bovidés s’absente, c’est le dépôt de bilan assuré…
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Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras !
« S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » dit le petit blondinet tout mimi (mais dont les yeux ont toujours fait peur… je parle du dessin hein !)
Le pauvre, s’il savait ! Vendredi, ça va plutôt être :
« S’il vous plaît… égorge-moi un mouton !
- Hein!
- Egorge-moi un mouton… »
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Pour l’Aïd des SMS pourris tu recevras ! (et à gogo ma gueule)
C’est peut-être la (plus… ha ha !) pire chose qui puisse arriver ce jour là. Et que je t’envoie des invocations bidons à n’en plus finir : « le firdaouss pour toi, ton chat et les 40 générations qui te succèderont » ou encore « que le vilain satan soit lapidé lui et ses méchants compagnons.»
Cela part d’un bon sentiment certes, mais si c’est pour polluer les messageries d’autrui… hi hi hi.
En tout cas, je vous souhaite un excellent Aïd. Au passage, on n’oublie pas Dhoul Hijja et ses mérites… pécheresse compulsive si tu me lis ! (mouahahaha)
Courrier des lectrices: « Ma belle-famille ne m’accepte pas »
23 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai de gros soucis avec ma belle-famille et je suis à bout. En fait, ils ne m’ont jamais acceptée, et aujourd’hui cela va en empirant. J’ai essayé de discuter mais rien n’y fait, on me déteste et cela parce que ma belle-mère aurait voulu que son fils épouse la fille de sa meilleure amie. J’avais longtemps hésité avant de m’engager mais mon mari me disait qu’elle finirait par m’accepter. Or, cela fait un an et demi que nous sommes mariés et les relations sont de plus en plus tendues, et ce, même avec mes belles soeurs. Je ne sais plus quoi faire, je ne veux pas couper les ponts avec elles mais je ne supporte plus d’être traitée comme une moins que rien. Nabila
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Nabila,
Il est difficile d’être à l’aise face à une belle-famille qui ne vous accepte pas, votre époux a son rôle à jouer si vous tenez tous les deux fortement à votre couple.
Je pense q’un an de mariage c’est tout de même assez récent et qu’il faut peut-être réfléchir à à instaurer la bonne distance avec votre belle-famille : éviter les contacts trop fréquents, puisqu’ils sont néfastes, favoriser les contacts brefs et montrez que vous êtes positive, que vous tenez à votre époux, et qu’à ce titre, vous ne céderez jamais. Ils finiront pas comprendre que leur attitude n’aboutira pas à une séparation et changeront forcément.
Cependant, pour cela, il faut que vous en soyez convaincue et que vous vous armiez de patience.
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Comment j’ai porté le voile
20 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Linda, une jeune universitaire, nous raconte comment l’idée de porter le voile lui est venue, et combien elle a redouté la réaction de ses parents qui étaient contre sa décision.
Peux tu te présenter aux lectrices.
J’ai intégré la fac cette année. Je ne sais pas exactement si les cours de philo m’ont poussée à réfléchir un peu plus que d’habitude, ou si les évènements ont fait que je me mette à avancer dans la religion, mais ça fait presque exactement 10 mois que l’idée de porter le voile me trottait dans la tête.
Quel à été ton cheminement ?
J’ai lu le Coran et je suis allée à la mosquée très souvent, j’ai rencontré des filles voilées très bien. Mais j’ai passé l’année à me dire « arrête, t’oseras jamais dire à tes parents que tu veux porter le hijab! Impossible! » Et donc, j’ai fait des invocations en demandant à Dieu de me rendre forte. J’ai continué mes prières sans relâche, je continuais à aller à la mosquée, à apprendre plein de choses via divers sites dont Hijab and the city.
Comment as-tu abordé la question avec tes parents ?
Et puis un soir, après avoir regardé un film avec ma mère, j’ai allumé l’ordinateur et je lui ai écrit un mail. Je lui ai tout dit à propos de mon intention de porter le hijab, en précisant bien que c’était un choix personnel qui n’avait rien à voir avec personne. Ma mère ne le met pas, et a donc eu très mal en lisant le mail. Elle m’a répondu en disant qu’on allait en parler avec mon père, de vive voix.
Le soir même, j’en ai donc discuté avec mes parents. Ça a été très difficile, puisque je pensais qu’ils allaient m’encourager, au moins un peu, mais au contraire, ils ont trouvé des arguments pour m’en dissuader. Mais au moins le premier pas était fait.
Et vous n’en avez plus reparlé depuis ?
Si, la fin de l’année de terminale approchait, et vu que je voulais le mettre directement après la fin des cours, il fallait que je remette à jour le sujet. Les jours passaient, et j’avais beau m’y forcer c’était trop dur; j’ai donc fait une prière et à la fin, j’ai donné ma parole à Dieu que j’en parlerai le soir, vous trouverez ça sûrement bizarre ou ridicule. Ainsi, impossible de trahir un engagement que j’ai fait avec lui! Et donc, j’en ai reparlé, ça s’est de nouveau mal passé.
Malgré tout, plus tard dans la soirée, je suis revenue parler à mes parents, et ça s’est plutôt bien passé, enfin, mieux du moins.
Quand l’as tu porté finalement et comment a réagi ton entourage ?
Je le porte depuis le 26 juin dernier. Le pire a été de sortir de ma chambre voilée devant mes parents. J’ai dû rester au moins 10 minutes la main sur la poignée, et puis j’ai récité le verset du Trône, et je suis sortie. Ma mère et mon père n’ont rien dit, et je suis sortie de l’immeuble. Là, j’ai eu envie de pleurer donc j’ai appelé une amie, et je marchais en l’écoutant. En raccrochant, j’ai de nouveau récité le verset du Trône dans ma tête, et ça m’a totalement apaisée. Je suis allée à la Fnac, et j’ai eu beau tendre l’oreille, je n’ai pas entendu de remarques méchantes. Rien de spécial ne s’est passé en fait. Le lendemain, je suis allée à la mosquée avec, et de nouveau rien de spécial. Vraiment, rien n’a changé par rapport aux autres!!!
Le dimanche par contre, je suis sortie pour la première fois avec ma mère faire du shopping, et même si c’était délicat au début, ça s’est très bien passé. Les vendeuses étaient comme d’habitude gentilles, une femme que je connais m’a prise dans ses bras.
J’ai vécu plein de choses merveilleuses. L’amie dont je redoutais la réaction m’a dit que je resterai toujours la même, et le must, c’était les sourires des femmes voilées. Ou encore celles qui m’ont dit « salam ‘aleikoum ». Vu que ma mère est convertie, et que mon père est d’origine kabyle, je ne ressemble physiquement pas du tout à ce qu’on pourrait imaginer d’une musulmane. Et ces femmes qui me reconnaissaient en tant que musulmane, ça m’a vraiment touchée.
Et qu’en est-il de ton avenir professionnel ?
Je n’ai pas peur pour mon avenir. Dieu offre ce qu’il veut à qui il veut, j’ai confiance en lui. Si mon destin est d’avoir tel ou tel emploi, je l’aurai, sinon tant pis! Vu combien il m’a aidée pour mon bac, je lui dois bien ça. En fait je me répète que j’ai eu deux yeux, deux oreilles, une bouche, de bonnes jambes, et tout ça gratuitement. On reçoit beaucoup, sans oser donner.
Un dernier mot ?
Pour finir, je voudrais adresser un message à celles qui hésitent: tournez-vous vers la communauté. Honnêtement, plus vous verrez de femmes voilées, plus vous vous sentirez sereine. Si vous sentez qu’il vous manque un peu de force, demandez-la à Dieu. Si vous avez peur des réactions, pensez à lui, sans arrêt encore et encore. Ne vous isolez surtout pas, écoutez des chants religieux : Allah knows de Zain Bikha par exemple, pfiouuu elle m’a beaucoup réconfortée, regardez des photos de musulmans à travers la planète, vous verrez que vous n’êtes pas seules! L’univers est immense, on est une toute petite fourmi, et donc quoi qu’on fasse ça n’aura pas de répercussion sur la planète! Les gens que vous rencontrerez dans la rue vous auront oublié le lendemain! Dans 150 ans, personne ne se souviendra de vous, sors de ce corps Raphaël ! Profitez de votre vie ici-bas pour faire les actes que vous savez être gratifiés par Dieu.
Dans le même dossier :
Moi, jalouse ?!
18 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
Personne n’admet être jalouse. C’est un défaut abject que l’on ne s’avoue pas, bien qu’il nous arrive de l’être. Alors, pour se donner bonne conscience, on parle d’envie, ce qui n’est pas mieux en réalité : « Oh, comme je t’envie d’être aussi pugnace et de réussir tout ce que tu entreprends ! ». N’y a t-il pas là un soupçon de jalousie cachée, inavouable mais bien là ?
Tout le monde sait qu’être jalouse c’est être mauvaise, et quand on est mauvaise, tout le monde nous fuit. Mais soyons sincères on l’a toute été au moins une fois dans sa vie.
Bien sûr, il existe des degrés dans la jalousie qui vont du regard envieux mais inoffensif (quoiqu’il arrive que l’œil de l’envieuse soit puissant, au point de vous gâcher votre avenir), au complot machiavélique ayant pour ultime but le malheur et la déchéance de l’autre. D’ailleurs, le phénomène du mauvais œil est très lié à la jalousie. En effet, au-delà de toute superstition et de tout fantasme, le mauvais œil fait partie de ces nuisances incontrôlées, ou calculées, mais impulsées par la jalousie, qui relèvent des mystères de la vie. Nombreux sont les récits qui relatent les méfaits de ce regard qui tue. Des Sumériens aux Irlandais, sans oublier les Musulmans, tous sont loin de négliger le caractère néfaste du mauvais œil. Aussi, des invocations existent pour se protéger des yeux revolvers, et dans certaines cultures, un talisman est porté, bien souvent symbolisé par un œil, que l’Islam proscrit car considéré comme étant de l’association (shirq).
La jalousie peut être un moteur pour certaines. En effet, il arrive très souvent de constater que des personnes réussissent à atteindre leur objectif parce qu’elles ont voulu à tout prix briller et arriver en pôle position. Bien évidemment, la jalousie ne doit pas être confondue avec l’esprit de compétition, quoique parfois… C’est un peu comme un sport où l’on se surpasse parce que la concurrence est rude et qu’il faut être et restée la première. Mais quand les intentions sont dès le départ motivées par l’échec de l’autre, alors mauvaise nouvelle les girls, vous êtes bel et bien jalouses.
En outre, la jalousie peut devenir maladive quand elle est amoureuse. On ne peut nier l’idée que quand on aime un homme, on le veut pour soi exclusivement, et à juste titre. Mais pour certaines, le vouloir exclusivement se traduit par des coups de téléphone continuels, pour savoir ce qu’il fait, où il se trouve et avec qui ! Cela va même jusqu’à vouloir avoir accès à sa boîte mail, pour être sûre de tout contrôler. Pauvre de lui ou d’elle car les hommes aussi peuvent être très jaloux. Et pareil comportement pèse sur la vie du couple, que ce soit pour celui qui soupçonne comme pour celui qui est soupçonné. Aussi, pour celles qui n’ont pas confiance en leur conjoint, un travail est à réaliser si vous souhaitez que votre couple dure.
Pour finir, un conseil mesdames pour éviter d’être jalouse, ne fréquentez que des femmes dont le train de vie est beaucoup plus modeste que le vôtre ou dont les connaissances sont limitées par rapport aux vôtres. Ou alors, plus sérieusement, faites un travail sur vous, en vous posant les bonnes questions et en réfléchissant sur l’image que vous donnez à vos proches et aux gens qui vous côtoient.
Etre jalouse ou envieuse vous rendra insupportable, et pour les gentes demoiselles, vous rendra vieilles filles. A bonnes entendeuses…
Courrier des lectrices : « Je n’arrive pas à faire le deuil de mon époux »
16 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
J’ai perdu mon époux il y a plus de 8 mois déjà mais je n’arrive pas à m’en remettre. Mes enfants sont tellement gentils et attentionnés, ils font tout pour me faire retrouver le sourire, mais je n’arrive pas à reprendre goût à la vie. J’étais follement amoureuse de lui, c’était l’homme de ma vie et il me manque tellement. Je me sens si mal vis à vis de mes enfants, mais c’est difficile de faire le deuil de mon mari. Nadia
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue :
Bonjour Nadia,
Vos enfants sont courageux et mûrs et je vous en félicite, mais ils ont également besoin d’une mère forte, car il se peut que leurs forces rencontrent leurs limites.
Dans ces moments, il est primordial de s’entourer, la solitude est votre pire ennemi.
Pour reprendre goût à la vie, il vous faut dresser une liste de ce que vous aimiez faire auparavant et de vous y tenir : sorties, activités (notamment avec les enfants), visites d’amis, de proches que vous appréciez… cela est un bon remède pour cesser de penser au malheur et ainsi panser la douleur.
Pour ce qui est de l’amour envers votre époux, vous en souffrez et c’est normal, car dans le deuil, les sentiments que l’on porte à autrui ne trouvent plus d’objet (de récepteur) et nous reviennent : c’est cela qui est très douloureux, vous devez trouver un moyen de les réinvestir, pourquoi pas en vos enfants, ils le méritent bien !
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Hijab and the city sur Rue89
15 novembre 2009 par La rédaction
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
Nous publions aujourd’hui une interview de Hijab and the city accordée à Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog Canons de beauté sur Rue89, un vidéo-blog très intéressant que nous vous conseillons, qui propose selon l’auteure « des portraits de personnes dont l’activité, les préoccupations, la culture sont liées aux questions de l’apparence ». Bonne lecture !
Hijab and the city : quand l’ « habit fait la musulmane »
Il est des apparences qui prêtent plus à penser que d’autres. Celles des femmes musulmanes portant le voile en font partie.
Le hijab divise depuis plus de vingt ans maintenant. En 1989 (on l’appelle alors « tchador »), le voile islamique fait son apparition dans les débats publics lorsque trois élèves d’un collège de Creil se voient renvoyéee pour port d’insigne religieux contraires à la laïcité.
Plus récemment, la proposition de légiférer sur le port de la burqa, qui a rapidement glissé vers la question du foulard, a relancé le débat. De même que la parution dans Paris Match en octobre dernier d’une photo montrant la chanteuse Diam’s voilée. Si l’artiste ne s’est pas encore exprimée sur le sujet, beaucoup d’autres l’ont fait, comme Sihem Habchi, présidente de l’association « Ni putes, ni soumises », pour qui Diam’s « victime de son entourage » a « capitulé ».
Pour Canons de beauté, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de Khadija et Mariame Tighanimine. Khadija et Mariame, 28 et 22 ans, sont sœurs, françaises musulmanes et portent le voile. Elles ont fondé le site Hijab and the city, webzine féminin.
« Tous les clichés sont réunis »
Mariame et Khadija ont le sentiment que « quoi qu’elles fassent », elles sont toujours confrontées au même discours : « les femmes musulmanes et notamment les femmes voilées sont soumises ». Les réactions provoquées par la fameuse photo de Diam’s les touche, mais ne les étonnent pas. (Voir la vidéo)
« L’habit fait la musulmane »
Comment gèrent-elles elles-mêmes leur apparence et les réactions qu’elle peut provoquer ? Si Mariame et Khadija ne sont pas des victimes de la mode, elles font attention à ce qu’elles portent –comme toute femme occidentale, avec ce « plus » qu’elles essaient de faire oublier. (Voir la vidéo)
Hijab and the city
« Il est indécent de se focaliser sur le foulard et de nier la personne qui le porte. ». Mariame et Khadija ont fondé « Hijab and the city » en 2008 dans le but de faire connaître des personnes « dont on parle beaucoup, mais à qui on ne tend pas le micro ». Blog à l’origine, Hijab and the city est, selon elles, « le premier web magasine qui n’exclut pas les femmes françaises de culture musulmane ». (Voir la vidéo)
Mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques »
En dehors de ce qui touche à la spiritualité, les thématiques abordées dans le webzine sont sensiblement les mêmes que dans d’autres féminins : amour, cuisine, psy, société et beauté. Et une rubrique mode régulière : quel look proposer ? Pour qui ? Est ce que tout est permis ? Une première réponse : mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques ». (Voir la vidéo)
J’ai été interpelée par « Hijab and the city » et j’ai eu envie d’en parler parce qu’en y allant pour la première fois, j’ai découvert un espace plutôt moderne et pas moralisateur. Un lieu d’échanges d’expériences et de réflexions.
Evidemment, musulmans ou non musulmans, tout le monde ne se reconnaîtra pas dans les articles, mais il me semble que le site et les jeunes femmes qui le mènent véhiculent autre chose que « soumission » et « prosélytisme ».
Auteure : Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog Canons de Beauté sur le site Rue89
Pourquoi j’ai retiré mon voile
13 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.
Quand à tu décidé de porter le hijab ?
L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.
Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.
Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.
Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?
L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.
Qu’en a pensé ton entourage ?
Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.
Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.
Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.
Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?
Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.
J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.
Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.
Comment as-tu vécu « l’après voile » ?
Après avoir pris la décision de l’enlever, je me suis sentie soulagée, apaisée. Je sentais que j’allais pouvoir recommencer, repartir sur de bonnes bases, reconstruire ma spiritualité, mon Islam sur du solide, en me concentrant sur l’essentiel, la prière notamment. J’arrivais à un tournant dans ma vie, je terminais bientôt mon bac+3, j’allais changer d’université, de ville, je me suis dis que c’était l’occasion. Et j’ai décidé de le retirer après mon dernier jour d’examen. Je ne voulais pas avoir ce changement trop brusque dans mon université, affronter les regards, les questions. J’étais bien acceptée avec mon voile, je pense que j’en avais donné une image positive que je ne voulais pas briser en arrivant du jour au lendemain dévoilée. Et puis, ce serait moins facile à assumer.
La première fois que je suis sortie sans, j’étais un peu stressée, il faut bien le dire. Je m’attendais à me sentir quand même un peu mal dans la rue sans ce voile. Mais en fait non. Ca m’a fait bizarre de ne pas le mettre au moment de sortir, mais une fois dehors, je me suis sentie à l’aise, transparente, légère. J’avais rendez-vous avec une copine qui ne m’a pas reconnue tout de suite. Mais je me sentais tellement mieux dans ma peau.
Penses-tu le remettre un jour ?
Je ne sais pas si je le remettrai. Pour le moment en tous cas, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Je ne suis pas contre en principe, mais je n’y trouverais pas beaucoup de sens. Je pense que je le porterais sans problème dans un pays musulman, dans un pays où le port du foulard est banalisé. Mais ici, ça implique trop de « visibilité », et c’est, je pense, ce qui me dérange le plus : l’image, le message que ça peut véhiculer, la distinction, la différenciation.
Quelle a été la réaction de tes proches ?
Ma famille a eu le respect de ne pas s’en réjouir ouvertement devant moi, et je leur en suis très reconnaissante. J’en ai profité pour mettre certaines choses au point avec eux : je retire le voile, oui, mais je reste musulmane, pratiquante, et n’essayez surtout plus de me faire manger de la viande non halal!! par exemple. Je me suis sentie plus en cohérence avec moi-même. J’assume beaucoup mieux mon islam face à eux depuis. Avant de le retirer, j’en ai parlé à plusieurs personnes, plusieurs amies, beaucoup avec mon ex. J’en ai parlé avec mes amies tant musulmanes que non musulmanes, des voilées, d’autres qui ont retiré le voile. Je voulais me confronter aux avis des autres afin d’être sûre de ce que je voulais, de ma décision, de mon choix, pour ne pas le faire sur un coup de tête. Du coup, ils étaient préparés à l’idée, et savaient que c’était le fruit d’une longue réflexion pour moi. Certain(e)s ont compris, d’autres moins, mais Dieu soit loué, tout le monde a respecté mon choix.
Je m’étais assez éloignée de la communauté depuis un certain temps, donc les musulmans de mon entourage ne sont que mes amis proches, à qui j’ai expliqué ma démarche. Globalement je n’ai pas eu de réaction vraiment négative. Je pense qu’à partir du moment où on fait son choix de façon mûre, réfléchie et mesurée, où les gens voient bien qu’il ne s’agit pas de sortir la minijupe ou de quitter l’islam, ils respectent globalement ce choix.
Où en es tu aujourd’hui ?
Le retirer m’a fait beaucoup de bien, à moi et à ma foi! Maintenant j’ai recommencé à m’investir un peu dans la communauté, à fréquenter les mosquées, et Dieu soit loué, les gens m’acceptent bien sans mon voile. Et, paradoxalement, je me sens tellement mieux dans ma foi, tellement plus musulmane. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma place…
Je ne sais pas si c’est très bien de le dire, mais je ne regrette pas de l’avoir retiré. Par contre j’admire et je soutiens à 300% les femmes qui le portent et qui l’assument, qui le vivent bien. Je trouve ça magnifique, bravo à vous les filles! J’ai peur parfois d’être un mauvais exemple pour certaines…
Dans le même dossier :
Qu’attends-tu pour demander ma main ?
9 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Les discussions au téléphone, les entrevues programmées, mais qu’est ce qui empêche ce prétendant de demander la main de sa dulcinée, de lui exprimer clairement ses sentiments ?
Certaines jeunes femmes ne se voient pas forcément être présentées à quelqu’un par leur famille. Elles les rencontrent toutes seules sans en parler aux proches, à l’université, ou encore à l’école, au travail, sur le net ou de manière fortuite. Une relation se construit alors et de jour en jour. Elle s’éprend de l’homme qui la rend toute fofolle dès que son nom apparaît sur le téléphone, ou qui la rend toute chose quand ils se voient. Elle n’en parle qu’à ses amies proches, ne dit rien à sa famille tant que rien n’est officiel. A quoi bon dire à maman qu’elle a rencontré quelqu’un si elle n’est pas sûre de ce qu’il ressent pour elle ? A quoi bon s’emballer quand Monsieur ne lui manifeste pas son envie de l’épouser ?
Alors elle attend, patiente, parce que ce n’est pas à elle de faire le premier pas, non ! L’usage veut que ce soit lui qui prenne son courage à deux mains. Et puis elle se sent mal, veut que cela devienne officiel, et qu’elle arrête de mentir à sa maman quand elle sort les samedis soirs ou quand elle discute pendant des heures au téléphone. Qu’elle arrête de lui dire qu’elle va chez sa copine, ou qu’elle sort avec ses amies alors que c’est lui qu’elle va voir. Et qu’elle arrête de se cacher et de sauter les repas de famille quand elle l’a au bout du fil. Alors, elle s’emporte, et explose un beau jour en lui lançant : « qu’attends tu pour demander ma main bon sang ?!!! » Et le déclic, elle l’a eu à force d’écouter All the single ladies de Beyoncé. Et oui, Beyoncé et son fameux refrain « If you liked then you should put a ring on it », traduction: « si tu m’aimais tant, tu aurais dû m’offrir une alliance! » Une chanson qu’elle a écoutée en boucle et qui lui a fait prendre conscience que cela n’a que trop duré. Et c’est tout en chanson qu’elle se dit qu’il lui faut sauter le pas.
Mais oui, qu’attend t-il pour lui exprimer ses sentiments et lui dire que c’est elle qu’il veut pour épouse ? Ne la connaît-il pas assez ? Pourquoi tant d’hésitation ?
Il faut dire que les femmes savent bien souvent ce qu’elles veulent (un mariage en l’occurrence) et qu’elles sont sûres de ce qu’elles ressentent. Elles n’ont pas forcément besoin d’attendre une éternité avant d’être convaincue que c’est le bon. Alors, sont-elles plus confiantes et décidées que les hommes ? Ou les hommes ont-ils besoin de plus de temps pour être en confiance et faire le grand saut ?
Les hommes qui hésitent à s’engager, se cachent souvent derrière le fait qu’ils ont tout leur temps avant de fonder une famille. Ils expliquent qu’ils ne sont pas encore posés financièrement, qu’ils ont besoin de se stabiliser même quand ils sont bien en poste, ou qu’il leur faut bien connaître la personne avant de demander à sa main en dépit des multiples conversations qu’ils ont eu avec la demoiselle qu’ils fréquentent.
Alors, ces jeunes femmes se morfondent, sont déboussolées et patientent ou disent stop. Elles doutent d’elles et pensent qu’elles y sont forcément pour quelque chose. Les plus affirmées, imposent d’emblée un cadre, dès la première entrevue, pas question de perdre leur temps, ni le sien. Mais nombreuses sont celles qui souffrent en silence et continuent à mentir à maman.
Qu’attends-tu pour demander ma main ? Comme dirait sister Beyoncé, « après trois années de pleurs, tu ne peux pas être fâché contre moi si un autre m’a remarquée », enfin un truc comme ça. Bon, trois ans, c’est un peu beaucoup, mais on est pas loin, et la sista a raison, parce que contrairement à ces messieurs les girls, l’horloge tourne, tic tac, tic tac…
N’oubliez pas les appels à témoins.
Courrier des lectrices : « Le mari de mon amie m’a fait des avances »
9 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
« Ma meilleure amie s’est mariée il y a peu de temps avec un homme qu’elle aime fort. Elle désespérait de trouver quelqu’un de bien, qui lui plairait. Après leur mariage, j’ai été invitée chez eux et j’ai remarqué qu’il avait trop tendance à me regarder, au début je me suis dit que ce n’était pas mal intentionné, qu’il est comme certaines personnes qui zyeutent beaucoup. Et j’ai zappé. Il m’a téléphonée récemment, et il m’a dit qu’il voulait me consulter pour l’anniversaire de sa femme. J’ai accepté mais il s’avérait que c’était un prétexte pour prendre contact avec moi. Au début, il était normal on parlait d’idées de cadeaux, et puis après deux coups de fil, il m’a fait part de ses sentiments pour moi, me disant que c’était le coup de foudre. Alors je lui ai dit que c’était horrible et dégoûtant. J’ai donc décidé de ne plus lui parler. Je n’en ai pas parlé à mon amie, j’ai peur des conséquences. Je ne vais plus chez elle, de peur de le revoir. Et je me sens mal, je me dis qu’il faut que j’oublie mais je suis mal à l’aise par rapport à elle. » Dalila
La réponse de Fatma Mamouni, psychologue
Bonjour Dalila,
Visiblement cette situation vous met dans un état de grande difficulté. Vous devez faire un choix qui n’est pas simple : soit garder le silence, mais dans ce cas, cette histoire deviendra un secret entre cet homme et vous, soit vous l’avouez à votre amie et risquer qu’elle vous en veuille et que cela brise son couple.
Dans ce genre de situation, il est beaucoup question d’honnêteté donc il faut vous poser les bonnes questions : tout d’abord qui devez-vous protéger, ensuite comment aimeriez-vous que votre amie agisse si les rôles étaient inversés, et enfin, êtes-vous certaine qu’elle vous rejetterait ? Vous devez également tenir compte du fait que les hommes qui agissent de cette façon sont bien souvent sûrs que la fille gardera le silence, faut-il cautionner pareille attitude ?
Vous devez choisir la solution qui engendrera le moins de regret et de culpabilité, autrement vous risquez de vous le reprocher toute votre vie et le jour où elle l’apprendra, qui sait comment elle réagira…
N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien sûr, votre anonymat sera préservé.
Le pèlerinage, ce voyage
2 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Spiritualités
Que les âmes malheureuses et désespérées passent commande auprès des pèlerins millésime 2009 ! Et oui, l’heure du pèlerinage a sonné pour certaines, un voyage extraordinaire, et bien souvent inattendu. Bien sûr, on s’y prépare des mois voire des années avant, car au-delà d’être « the » voyage, il a avant tout un coût, un vrai business. La prescription qui veut que le pèlerinage n’est obligatoire qu’à celui qui en a les moyens prend aujourd’hui tout son sens. En effet, le pèlerinage est une véritable mine d’or pour les agences qui les organisent et qui surenchérissent sur la qualité de la prestation. Et les offres se démultiplient : entre l’option hôtel cinq étoiles avec chambre individuelle (de couple), la limousine qui vous dépose à la Mosquée ou encore le sacrifice du mouton inclus ouh !!! Des packages tous aussi intéressants les uns que les autres pour vivre son pèlerinage dans les meilleures conditions possibles, faut juste avoir une bonne bourse et ne pas tomber sur des aigrefins.
Mais au delà de l’aspect commercial, le pèlerinage c’est avant tout une aventure humaine et c’est bien là que l’effort est à faire, car en soit, à moins d’être physiquement très faible, les rites sont faciles à accomplir. Ce qui est éprouvant et rude c’est bel et bien de supporter l’attitude, parfois désinvolte, de ses coreligionnaires. Une marée humaine, regroupant des personnes venues des quatre coins du monde et qui, comme tout bon pèlerin, n’ont qu’un but en tête, faire le maximum, c’est à dire même les rites surérogatoires, ou honorer un challenge comme celui de toucher la fameuse Pierre Noire. Or, tout le monde n’a pas le même rythme, les mêmes capacités ; aussi, l’attention est de mise et surtout la patience. Garder son flegme même quand on reçoit des coups de parapluie sur les côtes ou quand on nous piétine. Des épisodes à la fois surprenants et cocasses que les pèlerins nous racontent avec le sourire une fois de retour mais qu’ils ont du supporter sur le coup en pensant au mérite du hadj.
On nous fait part également de la richesse des cultures pendant ce voyage et de la diversité des façons dont le pèlerinage est vécu par les différentes communautés. Mais l’émerveillement est unanime face à la discipline des Asiatiques, en particulier des Indonésiens et des Malais. On dit que dans ces pays, n’est autorisé à accomplir le pèlerinage que celui ou celle qui aura auparavant passé un examen de bonne conduite ainsi qu’un test de connaissances sur le hadj et ses rites. Mais ce qui fait le charme de ce fabuleux voyage, c’est qu’il est plein de rebondissements et de surprises.
Et puis, il y a les moments shopping pour certaines, où l’on fait le plein d’étoffes de soie, de parfums musqués, de chapelets premier choix et de tenues traditionnelles.
Mais rappelons le, le hadj c’est avant tout l’occasion de se recueillir et de se rapprocher de son créateur. C’est la chance d’escalader les Monts Ohod et Arafat, et pour les plus courageuses d’aller jusqu’à la grotte de Hira. Des endroits historiques où l’on ressent une quiétude certaine et une paix intérieure.
Alors souhaitons bon voyage à toutes celles qui s’apprêtent à partir et pensez à formuler vos requêtes auprès de ces dernières (hein les célibattantes ?).
Et bon voyage à Cuistot et Karimouch, que votre pèlerinage vous comble de bonheur. Et ayez une pensée pour les hatcien(ne)s, petites veinardes !
Courrier des lectrices : la peur d’aimer à nouveau
2 novembre 2009 par Fatma Mamouni, psychologue clinicienne
Classé dans Psy-show
Vous êtes de plus en plus nombreuses à nous écrire et vos histoires nous touchent énormément. Pour cela, nous avons mis en place le courrier des lectrices afin de nous faire part de vos questionnements, de vos soucis. Fatma Mamouni notre psychologue est là pour vous répondre et vous conseiller. N’hésitez pas à nous envoyer votre courrier à hijab.and.the.city@gmail.com. Bien entendu, votre anonymat sera préservé.
Aidez moi ! Je suis divorcée depuis un an et j’ai beaucoup souffert car j’aimais mon mari très fort !Je prie beaucoup, et Dieu m’a beaucoup aidée durant cette épreuve. J’ai beaucoup pleuré pendant un an, et j’ai tenu le coup grâce à ma fille. Mes amies en ont eu assez de me voir me lamenter sur mon sort et m’ont proposée un soir d’aller à une soirée organisée par l’une d’elles. Pendant cette soirée, un garçon est venu me parler et je vous avoue que je l’ai repoussé, n’étant pas encore divorcée, j’avais le sentiment d’être toujours mariée, mais au fil de la soirée on a parlé de sa vie, lui était également en instance de divorce, on avait beaucoup de points communs. On a échangé nos numéros et le plus surprenant c’est que l’on s’appelle depuis huit mois sans arrières pensées. Jusqu à récemment, il a décidé de venir me voir car il avait un chantier à côté de chez moi. Et là, on est tombés dans les bras l’un de l’autre sans vouloir se décoller, ça a été un moment très fort pour tous les deux. Il me dit qu’il ne peut rien me promettre pour l’avenir puisqu’il est toujours en instance de divorce et moi je n’imaginais pas un jour craquer sur un autre homme. Et lorsque je fais mes prières, j’ai honte mais c’est tellement bon de se sentir aimée, et il est tellement patient, attentionné je ne sais plus quoi faire. J’ai envie de croire en cet homme, mais j’ai peur de commettre une erreur. Aidez moi !
Salima.
Réponse de Fatma Mamouni, psychologue clinicienne :
Chère Salima,
Il y a deux choses à distinguer dans votre situation, d’une part le divorce dont vous avez énormément souffert et d’autre part cette rencontre qui vous comble de joie.
Vous vous retrouvez face à deux situations opposées la perte puis la rencontre qui ont comme point commun d’impliquer toutes les deux l’inattendu et des sentiments forts.
Ce n’est pas évident d’être confronté à ce genre de difficulté, cependant vous évoquiez l’aide trouvée dans la prière, c’est à mon sens vers ce chemin qu’il faut avancer car c’est un chemin sans contradiction et sans surprise.
Cet homme et vous, semblez avoir vécu des évènements similaires et avoir des points communs, mais cela ne veut pas dire que vous êtes faits l’un pour l’autre.
Comme pour toute rencontre, restez prudents et essayer de vous inscrire dans une relation simple afin de ne pas vivre de nouvelles souffrances, et ces dernières peuvent être évitées uniquement si vous n’impliquez pas d’emblée de sentiments ni d’attachement.
D’autant plus qu’il est plus difficile de se remettre d’une séparation lorsque l’on en a déjà vécu une ou plusieurs. Je comprends que ce soit un besoin et un plaisir pour vous, mais il faut que vous soyez sûre pour ne pas avoir de regrets par la suite.
Vous ressentez de la honte lorsque vous faites vos prières, c’est positif car cela prouve que vous vous sentez le devoir de prendre du recul, réfléchir.
Il ne faut pas précipiter les choses. Apparemment, le recueillement dans la prière vous aide beaucoup, aussi peut-être devriez vous suivre cette voie qui vous apaise, cela vous permettra sûrement de relativiser.
Focus sur … les créatrices du Golfe
Il y a quelques années de cela les pays du Golfe c’était des femmes en abaya « classique », en niqab ou le visage découvert, des pays où la mode se mouvait très peu. Pas de défilés, l’abaya étant la tenue par excellence laquelle connaît d’ailleurs un franc succès depuis quelques années dans bon nombre de pays occidentaux.
Aujourd’hui on assiste au développement d’une véritable mode khaleeji (des pays du Golfe) et à l’émergence de créateurs qui révolutionnent le vêtement de la femme arabe. On passe de la simple abaya noire à la abaya repensée, colorée, fashion et on la décline à l’infini. Mais l’abaya n’est pas le seul vêtement que l’on réadapte, les robes traditionnelles ou encore les jalabiyas font l’objet elles aussi d’un véritable lifting.
Ces femmes qui donnent un nouveau souffle au vêtement khaleeji sont elles-mêmes originaires de ces pays. Emiratis ou encore Saoudiennes, elles font défiler sur les podiums de la Dubai fashion week, qui se déroule en ce moment même, ou du Arabian Fashion World, des modèles à la fois traditionnels et tendances avec de la couleur, des strass, du volume. Les mannequins sont sveltes et élancées, la plupart étant originaires des pays de l’Ouest. Finalement, le diktat de la minceur ne se cantonne plus à l’Occident, il est bel et bien devenu transnational.
Beena Soni, Homa Qamar, Amina Al Jassim ou encore Rabia Z, des stylistes dont les modèles font la une de magazines féminins arabes. Elles se sont fait un nom et s’imposent même au Royaume-Uni où leurs pièces sont très appréciées des jeunes londoniennes.
Ces femmes proposent une mode adaptée aux coutumes de ces pays, avec un soupçon d’extravagance et d’originalité, rompant ainsi avec l’abaya noire austère. Mais l’originalité a l’air de ne connaître aucune limite chez certaines. En effet, les coupes sont parfois assez déconcertantes et les étoffes un brin extravagantes. On est parfois au bord du mauvais goût et du kitsch. Bien sûr tout est relatif, et il n’est pas question d’adopter une posture ethnocentriste. Mais il faut avouer que parfois la créativité nous dépasse, et c’est un peu le sentiment que l’on a en observant certains modèles.
Les pays du Golfe ont leur fashion week et des créateurs qui débordent d’imagination. Ces femmes ont impulsé une véritable mode et un engouement pour le style khaleeji jusque là sobre et spartiate. Aujourd’hui il nous faut pour certains modèles porter des lunettes de soleil parce qu’entre les strass et les couleurs chatoyantes…
Mon mantouné hiver 2010
29 octobre 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
Cet hiver on se pose toute la même question: Est ce que notre Mantouné de l’hiver dernier va tenir le coup cette année ? Mantouné ? Kesako ?
Mais si, celui qui m’a suivi dans le métro glacial les dimanches tristounets, qui a veillé sur mes mains douloureuses, qui s’accordait toujours à merveille avec écharpes, foulards et autre couvre chefs, qui ne me faisaient craindre ni coups de vent, ni pluie fine…
Mantouné que j’ai aimé et chéri pendant une saison mais qui aujourd’hui n’est plus. Las de mes allées et venus, terni, has been, ou pire encore : rapiécé …
C’est décidé, cet hiver je change de Mantouné !!
Ma décision est prise, je veux un manteau..(heu un mantouné !) hype, tout beau tout neuf, celui qu’on voit en vitrine, qui me rendra une fois de plus cet hiver, au top ! Et cette saison on a l’embarras du choix !
Tendance cape, coupe 60’s, trench revisité, de fourrure ou de velours. Le manteau est oversize. Les manches sont prêtes à s’envoler, les cols majestueux. Ceinturés, décorés… Mais comment choisir son manteau ? Faut-il le prendre chaud ? Ou bien tendance ? Et si cette année, on le prenait stylé, confortable et chaud ! Bref, et si cette année le mantouné était le manteau parfait qu’on a tant rêvé ?

De gauche à droite : Dorothy perkins : 83 euros, Claudie Pierlot : 299 euros, Kookai : 170 euros, Miss Selfrige : 77 euros, Naf Naf : 150 euros

La fin du fish ?
28 octobre 2009 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
La nourriture ça fédère, ça rend heureux, preuve en est le coup de fil d’une amie qui m’a dit avec joie un beau matin « hey, y a Quick qui se lance dans le halal à Marseille, trop bien on pourra consommer autre chose que du fish, enfin ! ». Oui, sauf que pour en manger il faudra faire des kilomètres et des kilomètres. Et puis, entre nous la malbouffe c’est pas très glamour.
Les fast food halal, ce n’est pas ce qui manque en région parisienne. Pourtant, un certain engouement est notoire dès que les grandes chaînes se mettent au halal, faut dire que c’est meilleur chez eux tout de même, le sandwich a plus de volume et la sauce a ce petit truc qui la rend spéciale. Mais quelle déception et quelle colère quand on apprend que certains établissements nous auraient trompés tel le KFC selon une enquête qui devait être diffusée sur M6 dimanche dernier mais qui a été déprogrammée (d’ailleurs, petite pensée pour ma copine Fatou qui en avait fait sa Tour d’Argent…).
Je me souviens qu’il fut un temps où il était fortement déconseillé d’aller manger dans des fast food : pas assez hygiéniques, trop caloriques et il y avait des légendes urbaines qui alimentaient les rumeurs autour de ces établissements. On criait à qui voulait l’entendre que dans tel kebab, on avait retrouvé des peaux de chats, que le vendeur de sandwich du coin oubliait de ranger ses outils à tel point qu’on retrouvait des clous dans ses buns. Bref, autant de faits divers qui mettaient à mal les affaires de ces fast food. Aussi, nos mamans nous interdisaient de consommer pareilles pitances, et ce n’est qu’à notre majorité que l’on a pu découvrir le sandwich grec, et quelle découverte !
Les big mac halal se sont pourtant déjà bien installés de l’autre côté de la Méditerranée, au Maroc pour être plus précise. Là-bas les avis divergent : vous avez ceux qui vous démontrent par A+B que ce n’est pas licite en vous expliquant que la viande est importée et que de toute façon Mc Do a autre chose à faire que de contrôler avec minutie ses viandes, et ceux qui vous tirent pas la main en vous disant « mais non c’est halal, c’est marqué dans le coin là-haut, et puis ça n’engage qu’eux », pas très rassurant vous en conviendrez. Or, il vous faut faire un choix : halal ou pas halal ? Mac arabia à la coriandre (exclusif au Maroc) ou bocadillo du marchand ambulant (que l’on soupçonne de garnir ses sandwich de foie de minouche) ?
La traçabilité des produits est encore plus rigoureuse aujourd’hui selon ces grandes chaînes face à autant d’incertitude. En attendant, ça ne nous a pas empêché entre temps de goûter aux multiples hamburgers que proposent Ronald pendant les vacances sur les côtes marocaines. On était là avec les copines et les cousines à commander les différents menus pour savoir lequel était le plus exquis, bien sûr tout est relatif, parce que ne l’oublions pas ce n’était pas non plus du Fauchon. Au final, et c’est le plus hilarant dans tout cela, on en venait à conclure que « hein hein y a pas mieux que le fish ! » Ironie du sort ? Après avoir goûté aux sandwichs défendus, on se rendait finalement compte qu’on n’avait rien raté pendant toutes ces années.
On se réjouit d’avoir des hamburgers halal pendant que nos cuisses nous supplient de ne pas succomber. Et qui a tenté les hamburgers surgelés ? Si Cuistot me lisait, elle me dirait : tu n’as pas honte d’inciter les gens à la malbouffe ? A quoi je réponds non, j’expose et elles disposent.
J’oubliais : je suis sidérée ou plutôt j’ai tendance à m’esclaffer de l’intérieur (ça ne se dit pas je sais) quand j’entends une jeune femme (ici comme au Maroc d’ailleurs), ruminant son chewing-gum dire « alors moi ce serait un menu double cheese, une grande frite, double potatoes, double double, un sundae caramel et… un grand coca LIGHT s’il vous plait ». Où est la logique ? Sûrement en Antarctique ou au pays des Toupoutous !
Diam’s s’est convertie… et alors ?
20 octobre 2009 par Mariame
Classé dans A la une, Ce qui fait débat
A la mort de Michael Jackson (paix à son âme !), j’ai eu droit à un texto à pas d’heure. Et le lendemain, à un déjeuner en compagnie de ma bande (big up !) avec une copine qu’il a fallu consoler tout au long de la journée (c’est fou, je sais. Mais elle a aussi pleuré à la mort de Popi de Léo et Popi…). Après la publication des photos et de l’info concernant la conversion de Diam’s, j’ai également eu droit à un texto d’un numéro inconnu: « hey tu savé tu savé, Diam’s c converti a lislam (et Kamel lancien a 1 be-bar) ». Interview exceptionnelle de Tariq Ramadan
Hijab and the city publie cette semaine une interview exceptionnelle de Tariq Ramadan. Au programme, une discussion autour de son ouvrage l’Autre en nous, une ode à l’amour et à l’enrichissement par la différence, une autre façon de voir le monde, de voir l’autre. Rencontre avec un homme porteur d’un message empreint d’humanité et de sincérité.
Votre livre l’Autre en nous traite de la question du pluralisme, pourquoi un ouvrage sur le sujet ? Est-ce eu égard à la situation des musulmans Européens ?
Pas du tout. J’ai une formation en philosophie et une formation en sciences islamiques que j’ai eu au Caire, et à un moment donné, j’ai travaillé sur le droit et les fondamentaux du droit, notamment dans mon livre Islam, la Réforme Radicale. J’avais envie de parler de valeurs fondatrices, faire un texte de philosophie mais avec un angle nouveau. Comme je le dis dans mon ouvrage, la question du sens ce n’est pas regarder les choses à partir de notre petite fenêtre mais à partir de l’océan. Ce n’est pas du tout un livre européo centré, il a déjà été traduit en huit langues et bientôt en turc et en arabe.
Vous parlez d’un universel partagé et mettez l’accent sur la diversité des points de vue, des dogmes, qu’en est-il de la notion d’ « Oumma » ? « Le besoin de commun » est-il à ce point primordial ?
On peut parler d’une Oumma internationale ou la Oumma telle que la présentait Ibrahim. Beaucoup de musulmans la traduisent comme représentant tous les musulmans du monde. Alors que la Oumma c’est avant tout une communion spirituelle, un rapprochement vers le divin. Cette quête vers le divin s’appuie des principes qui sont des principes fondateurs de l’enseignement islamique et qui sont traduits d’ailleurs dans les noms divins : arRahman (le Clément)… Et parce que c’est une communion spirituelle, elle exige la conscience critique, c’est à dire distinguer ce qui est universel dans les principes de ce qui est particulier dans les cultures. Le principe fondateur de la Oumma spirituelle c’est notamment quand deux groupes de la Oumma se disputent, tout doit être mis en œuvre pour les faire se rapprocher, sauf si l’un des deux groupes transgresse. Et la conscience critique repose sur la diversité d’interprétation.
Les voyages sont importants selon vous, vous dites d’ailleurs qu’« il faut se mettre en route vers de nouveaux horizons afin de découvrir l’autre ».
Le Prophète (SAW) dit : « soit sur la terre comme un étranger ou comme un passant » et l’on dit également « vis sur la terre comme si tu devais y vivre éternellement ». Nous devons comprendre que nous sommes sur la terre et que la vie est un voyage. Nous devons le vivre en le comprenant spirituellement. Ne jamais idolâtrer les lieux. Dans le voyage, on acquiert une relativité des habitudes, de la pensée mais l’universalité des principes demeure. Il faut apprendre à rester humble dans notre interprétation des idéaux, elle reste propre à chacun.
Comment percevez-vous le monde d’aujourd’hui ? Allons-nous vers plus de confiance à l’égard de celui qui diffère de nous ?
Aujourd’hui, nous sommes à l’opposé de ceci car pour pouvoir le vivre il faut faire tout un travail sur soi. Nous sommes à l’ère de la globalisation, on parle d’absence, on est dans une ère des petites vérités méfiantes. L’émancipation intellectuelle passera par la résistance de ces vérités vers des horizons de la confiance.
Vous n’avez de cesse de répéter qu’il faut témoigner son amour aux autres, le monde d’aujourd’hui va t-il à ce point à la dérive au point de rappeler aux autres qu’on les aime ?
Ce n’est pas parce qu’on va mal qu’il faut dire qu’on s’aime, même quand on se marie il faut le dire, et pas attendre de divorcer et de repenser à la période où l’on s’aimait. L’amour c’est une lumière, et parce que dire l’amour produit un état d’esprit, un état d’illumination de l’esprit qui se projette à notre rapport au réel. Quand on fait entrer en nous l’amour, on se conditionne mentalement, cela fait référence au béhaviorisme, à la psychologie comportementaliste. Or, ce conditionnement peut être négatif, mais le comportement mental spirituel de dire l’amour, c’est prévenir le fait de devenir plus mal. Et surtout l’amour qui se dit dans la gratuité de ce qui se vit ; ça ne coûte rien et ça vaut tellement.
Savoir d’où l’on vient, ne pas rompre avec le passé, pourquoi est-ce si important ?
C’est important parce que beaucoup de gens sont si obsédés par là où ils vont qu’ils en oublient là où ils viennent. Or, je ne vais nulle part si je ne sais pas d’où je viens. La quête de l’origine est importante, elle peut être négative quand on s’enferme dans son passé et positive quand on se nourrit de ce passé. Ce passé, comme j’ai tendance à la dire est une école. Il y a des choses, des détails qui nous forment, il ne faut se couper de cela. Ceux qui viennent à la conversion du cœur se coupent du passé parce qu’il leur paraît tellement noir, qu’ils veulent s’en couper. C’est une façon de remercier le Très Haut de ce cheminement. Se nourrir de la noirceur d’hier pour rester fort aujourd’hui et éduquer ses enfants. Entendre ceux qui vivent dans leur passé, car son passé à soi c’est le présent des autres.
En parlant du passé, quel est l’événement qui vous a le plus marqué dans votre vie ?
Oh la ! Le traumatisme de ma naissance (rires). Il y en a plusieurs. Ce sont souvent des décès, le décès de mon père a été un vrai questionnement ; le décès d’un de mes élèves dont je parle dans mon dernier livre a aussi été un questionnement. C’est essentiellement l’expérience de la mort mais aussi celle du désert. Et tout ce qui relève des chants de l’amour, telle que la naissance des enfants.
Selon vous, existe t-il une femme musulmane ou des femmes musulmanes ?
Non, il y a des femmes musulmanes. Il y a un idéal féminin, il y a des cheminements. L’idéal féminin, on peut en discuter, de l’être féminin dans son autonomie, qui assume sa féminité, et qui a un autre regard sur la vie, sur certaines valeurs, sur l’éducation, sur les priorités. Pas forcément meilleur mais meilleur parfois. Il y a un idéal dont je pourrai définir les contours et il y a des femmes. C’est le cheminement de chaque femme singulièrement qui doit assumer ce qu’elle est, ses doutes, son humanité.
Un mot pour les lectrices de Hijab and the city ?
Ce que je dirais, puisque vous avez choisi de mettre le hijab en avant, l’essentiel est de comprendre les prescriptions islamiques à la portée de leur objectif spirituel. S’il y a une pudeur vestimentaire en Islam, elle doit être accompagnée par une pudeur spirituelle, intellectuelle, les pudeurs fondamentales, c’est important. Nous tous, nous gagnerons beaucoup à préserver l’humour. Une femme qui sait faire de l’humour, c’est une femme qui sait se faire respecter en souriant.
Merci à Tariq Ramadan d’avoir pris la peine de répondre à nos questions.
Site officiel de Tariq Ramadan : www.tariqramadan.com
« Le mieux, c’est de savoir dès le plus jeune âge que l’on a été adopté »
5 octobre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Sabrina a 21 ans. Elle n’a appris que très récemment qu’elle avait été adoptée et ce, dans un concours de circonstances. Déchirée par le fait de savoir mais convaincue que cela reste néanmoins un grand bien pour elle, Sabrina a voulu apporter son témoignage afin de revenir sur certains éléments qui la perturbent aujourd’hui et qu’elle souhaite partager avec les lectrices de Hijab and the city.
Depuis combien de temps sais tu que tu as été adoptée ?
Je n’ai jamais su que j’avais été adoptée. Je ne l’ai su que très récemment, au mois de mars dernier. J’ai grandi dans une famille aimante, je suis fille unique, j’étais donc la chouchoute (rires) ! Ma mère est d’origine algérienne et moi aussi, et mon père est un Français converti à l’Islam. Ce sont mes parents adoptifs. J’ai vécu une enfance heureuse, dans mon petit monde en Provence. Les gens me disaient étant petite que j’avais été adoptée, je devais avoir 10 ans, mais je ressemble tellement à ma mère, que pour moi c’était du mensonge. Je me souviens que c’était un enfant qui me l’avait dit.
Comment l’as-tu appris ?
J’avais envie de me marier. Comme je suis fille unique, j’aime les enfants et j’en veux vraiment. On m’a présentée des personnes, dont un jeune homme qui vivait près de chez moi, mais ça s’est mal passé. Il m’a fait beaucoup de mal et il s’en est justifié en me disant que de toute façon je lui avais caché des choses. Mais moi je ne voyais pas de quoi il me parlait. On a discuté, il s’est excusé et je lui ai pardonné. Mais j’ai voulu savoir ce qu’il me reprochait, j’ai insisté et il a demandé pourquoi je ne lui avais pas dit que j’avais été adoptée.
Comment l’a-t-il su ?
Il était d’origine rifaine, et comme ma mère ne parle pas ce dialècte, elle a fait appel à notre voisine et c’est elle qui a tout dit à sa mère quand ils sont venus demander ma main.
Quelle a été ta réaction ?
Je ne l’ai pas cru, j’ai douté de ses propos. Je suis allée voir ma mère, elle n’a pas répondu à mes questions. Elle a appelé ma tante maternelle, affolée. Ma tante m’a alors demandé ce que je ressentais au fond de moi, et je lui ai dit que je savais que c’était ma mère. Je suis allée dans ma chambre et les questions se bousculaient dans ma tête comme pourquoi je suis née au bled alors que mon père est Français ? Je suis allée rassurer ma mère, mais je me disais que c’était impossible vu que je lui ressemble. Et elle s’est mise à pleurer. Je me suis effondrée et je me suis évanouie. Et le premier réflexe que j’ai eu a été de la réconforter, je lui disais que je m’en fichais.
Et tu as cherché à savoir d’où tu venais, qui était ta génitrice ?
En fait, ma génitrice c’est ma tante maternelle. Le comble, c’est que j’ai une très mauvaise image d’elle. Elle nous a fait énormément de mal à ma mère et moi, pourtant je suis sortie de son ventre à elle !
Que s’est-il passé ? Pourquoi ne t’a t-elle pas gardée ?
Je suis une enfant illégitime. Ma mère adoptive était stérile et est venue nous chercher en Algérie. Elle nous a prise sous son aile. Au niveau de l’état civil, j’ai deux mères. Il y a deux ans de cela, ma mère adoptive est tombée malade d’un cancer. Le médecin m’avait dit qu’elle était condamnée. Elle a appelé sa sœur, ma génitrice, et lui a demandé de se rapprocher de moi. Je n’étais pas au courant de cela. Mais elle n’a jamais été là pour moi, elle ne m’a jamais invitée chez elle, pour me réconforter, et ne m’a jamais appelée pour prendre de mes nouvelles.
Et ton père dans tout ça ?
C’est quelqu’un qui a un comportement exemplaire mais il est très réservé et il ne montre pas ses sentiments. J’ai peur de le blesser, j’ai peur qu’il sache et qu’il me rejette.
Pourquoi te rejetterait-il alors qu’il t’a acceptée durant toutes ces années ?
Je ne sais pas. Quand ma mère était malade, il ne venait même pas me rassurer. Je sais qu’il est comme ça et je me dis que c’est pas plus mal. Ce qui est problématique aussi, c’est que je porte le nom de mon père adoptif et normalement, ce n’est pas conforme au droit musulman, où tu dois porter le nom de ton vrai père. Mais vu que je ne sais pas qui c’est…
Qu’as-tu donc fait après avoir tout appris ?
Quand je l’ai su, je me suis renseignée sur l’adoption et je suis tombée sur plusieurs hadiths (tradition prophétique) à propos de Zeyd (son fils adoptif) et son épouse Zaynab que le Prophète avait finalement épousé. Cette histoire nous enseigne qu’au final Zeyd n’était pas véritablement son fils. Donc mon problème s’est posé par rapport à mon hijab et le fait de rester voilée en présence de mon père adoptif. Pour moi c’est trop dur et mon père ne sait pas que je suis au courant. Je dois me couvrir devant lui et m’habiller longuement. Je me suis tournée vers plusieurs imams, mais ils m’ont tous dit de ne pas me casser la tête. Mais moi je repensais au cas du Prophète.
As-tu cherché à savoir qui était ton vrai père ?
Je voulais savoir, de peur d’épouser mon propre frère ou qui sait mon père biologique ! Mais je ne sais pas qui il est. J’aimerais tellement le savoir ! C’est un gros déséquilibre : tu te dis qu’il y a un homme qui existe quelque part et qui a peut être des enfants. C’est un poids. A quoi ressemble t-il et mes frères si j’en ai ? Je me dis que c’est quelqu’un du bled et qu’il pourrait sûrement m’arnaquer. Je me dis de laisser ça à plus tard, après mon mariage.
Qu’en est-il de ta famille, de tes autres tantes et de tes oncles ?
Mon oncle sait que ma mère m’a adoptée mais il ne sait pas que sa sœur a fauté. Quand ma tante a accouché, seules mes tantes et ma grand-mère le savaient. Figures- toi qu’un jour, mon oncle a dit à mon cousin en parlant de moi « elle est trop bonne ». Mon cousin l’a réprimandé et mon oncle a justifié ses propos en disant que je n’étais qu’une fille de la rue. Mon cousin en a parlé à sa mère mais elle n’a pas réagi. Les cachotteries c’est grave, quand la vérité éclatera il y aura des dégâts. La famille de ma mère n’a pas accepté qu’elle m’adopte. Elle m’a laissé sa maison du bled en héritage, et ça, ils ne l’ont pas supporté. Je demandais souvent à ma mère pourquoi ils ne m’aimaient pas et pourquoi ils avaient des regards haineux. Ça fait mal de constater que ma propre famille n’est pas unie.
Et qu’en est-il de tes cousins, des fils de ta tante, qui sont donc tes demi-frères ?
Mes frères croient que je suis leur cousine. C’est grave ! Et si l’un d’entre eux avaient été amoureux de moi ? Mes deux frères et moi avons trois pères différents. J’ai peur qu’un jour ils me fassent part de leurs sentiments, ça me hante.
Comment vis-tu cela aujourd’hui ?
Ma mère et moi nous sommes rapprochées, et quand ça clash, ça clash. Elle m’a confiée qu’elle avait eu peur de me le révéler à mon adolescence craignant que je réagisse mal, que je m’en aille. Ça me fait mal de l’avoir appris par un étranger. Je fais confiance à ma mère, mais quand on te cache un secret aussi lourd, j’estime que savoir c’est important. Je me souviens à l’école on me demandait de quelle origine j’étais, je répondais que j’étais métisse. Aujourd’hui, je me sens bête !
Et ta génitrice, enfin ta tante, quelle relation avez-vous aujourd’hui ?
Ma mère lui a demandé de nous dire qui était mon vrai père, elle a refusé en disant que j’étais la fille de ma mère et qu’elle m’avait oubliée. J’aurais aimé qu’elle me témoigne un peu d’amour, un atome de sentiments. Depuis que je porte le voile, c’est à dire depuis que j’ai 16 ans, elles nous évite ma mère et moi. Aujourd’hui elle aussi le porte, fait sa prière… mais avant ma mère m’interdisait d’aller chez elle parce que c’était une femme qui fumait des joins, qui buvait et qui fréquentaient beaucoup d’hommes. Tous ses enfants sont des enfants illégitimes.
Et toi, tu as envie de te rapprocher d’elle ?
J’ai du mépris envers elle, surtout par rapport à son comportement. Elle n’a aucun remord par rapport à sa vie, ce qu’elle a fait. Quand ma mère lui a fait part du fait qu’elle voulait tout me révéler, elle s’y est opposée en lui disant qu’elle ne voulait pas que je foute sa vie en l’air. Moi je ne veux rien d’elle, je veux juste savoir qui est mon vrai père. Mais je ne veux pas infliger de souffrances à ma mère. Une fois, on a eu une grosse embrouille ma mère et moi, et elle m’a dit de faire mon choix, que si je le voulais je pouvais retourner chez ma mère biologique. Des mots qui font mal. Mais j’ai envie de leur prouver que même si je suis une enfant née dans l’illégitimité, j’ai envie de m’en sortir, faire ma vie. Quand je vois mes frères, j’ai envie de jouer mon rôle de sœur avec eux, mais je ne peux pas pour le moment, c’est compliqué.
Tu veux laisser faire le temps ?
Oui, les blessures sont encore là. Je laisse le temps les cicatriser. Je remettrai les pendules à l’heure un jour ou l’autre.
On sent que tu es en colère.
Oui, quand je pense à l’adoption, je pense aux contraintes et à tout ce que je ne pourrai pas faire comme retirer mon hijab devant mon père. L’adoption c’est pas facile, ça donne le sourire, un nouveau souffle de vie aux parents qui adoptent, mais c’est compliqué. Le truc serait au moins de connaître ses deux géniteurs, mais c’est vrai que ça peut rejeter les enfants nés sous X. Et puis, il y a des risques d’inceste, quand tu ne sais pas que ce sont tes frères, comme dans mon cas. Quand l’enfant ne sait pas, c’est vraiment grave. Je pense que le mieux, c’est de savoir dès notre plus jeune âge qu’on a été adopté, parce que quand tu ne l’apprends que très tard, tu te rends compte que ta vie n’a été qu’un tissu de mensonges. Et ça évite de faire bien des erreurs.
On sent beaucoup de maturité dans tes propos, de sagesse.
Il y a un bien derrière tout ça. Et ma mère sait que je la comprends. Dans le Coran, Dieu fait référence à l’éducation de l’enfant et non au fait qu’il provient du ventre d’une telle. Dieu nous demande de l’invoquer par rapport à l’éducation que l’on a reçu. Si Dieu a voulu que je ne le sache que maintenant, c’est qu’il y a une raison. Maintenant que je le sais, on va essayer de limiter la casse. Et quant à l’identité de mon père, je le saurai plus tard.
Un message à faire passer ?
Il y a des erreurs qu’il faut éviter de commettre. Il faut penser aux conséquences. J’ai eu la chance de tomber sur une famille pieuse, une mère vertueuse mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Dossier : spéciale adoption
5 octobre 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
Cette semaine, Hijab and the city vous propose un dossier spécial adoption avec au programme:
Dans ce dossier, nous souhaitons mettre en avant l’idée que l’adoption, bien qu’étant au final une démarche pleine d’espoir et d’amour pour un couple, n’en reste pas moins éprouvante. Entre les étapes à suivre, qui peuvent durer une éternité, et les cas difficiles, il peut arriver que l’enfant, comme les parents adoptifs, se retrouvent face à des situations extrêmement délicates. Néanmoins, quelque soit sa forme, l’adoption reste un nouveau souffle au sein d’un couple, un lien éternel avec l’enfant adopté qui, à leurs yeux, est et restera à jamais leur enfant.
Focus sur… Muna Abusulayman
C’est l’une des femmes arabes les plus influentes, on la surnomme l’Oprah Saoudienne. A l’instar de son homologue Américaine, Muna Abusulayman a animé un talk show « Kalam Nawa’im » sur la chaîne panarabe MBC , un des programmes les plus populaires dans le monde arabe.
Une première, et qui plus est pour une femme Saoudienne car pour celle-ci, animer une émission relevait jusqu’alors du tabou.
Elle s’illustre également dans d’autres domaines tels que les relations internationales ou encore le monde des affaires. Elle devient par la suite, directrice de la Fondation Al Waleed bni Talal, où elle supervise des projets de plusieurs millions de dollars, à destination d’œuvres caritatives, de catastrophes naturelles ou encore pour la promotion du dialogue avec l’Occident.
C’est une véritable révolution du statut de la femme que connaît l’Arabie Saoudite. En effet, la femme Saoudienne avait toujours eu un choix limité en matière d’orientation professionnelle.
En 2006, elle est nommée Ambassadrice de bienveillance par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Elle est également reconnue comme jeune dirigeante par le forum économique mondial. Elle défend l’idée que le profil de la femme d’affaire Arabe n’est pas une nouveauté, que cela a toujours existé et met en avant l’importance du « green business » c’est à dire, tenir compte de l’environnement et de l’écosystème.
Femme de convictions et de talent, Muna Abusulayman allie avec brio féminité et carrière professionnelle à haute responsabilité. Elle s’est lancée depuis quelques temps dans le textile en travaillant sur sa propre ligne de vêtements.
Décidément, aucun secteur ne lui échappe : de l’animation aux œuvres caritatives, sans oublier le monde des affaires, Muna Abusulayman est plus que jamais une femme accomplie et représentative de la femme Arabe du 21ème siècle.
Le statut de la femme ayant périclité en Arabie, Muna Abusulayman a considérablement contribué à sa réhabilitation. Et c’est qu’elle n’est pas vilaine en plus !
Photo : Facebook
De l’autre côté de la Méditerranée : la créativité
28 septembre 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
Il y a celles qui sont restées pendant ce mois de ramadan en France, près de leur famille, de leurs amis, de leur univers, de leur boulot, de leur chat, de leurs voisins… et celles qui sont parties… hihi !! Ou plutôt qui ont eu la chance de partir !
Cinq semaines de mutisme pendant lesquelles je me suis ressourcée, j’ai savouré ce mois de jeûne et de prières dans un pays du Maghreb. Bon, c’est vrai que le Maroc c’est moins glamour que la Malaisie ou l’Indonésie… mais quand même ! Entendre l’appel à la prière à chaque coin de rue, écouter le silence religieux des rues qui rythme la fin du jeûne, voir la foule se presser pour gagner les mosquées quand arrive le tarawih, et flâner dans les rues jusque tard le soir pour profiter de l’énergie et du commerce qui reprend, est un plaisir incomparable.
Tout ça pour vous souhaiter à chacune et à chacun, Aïd moubarak !
Pendant ce doux mois je n’ai pas failli à mes habitudes, en pensant à vous chères lectrices. J’avais hâte de vous retrouver et de vous donner mes dernières impressions modesques qui émergent de l’autre coté de la Méditerranée
Car sans vouloir flatter l’égo de certain(nes) marocains(nes), leur créativité m’épatera toujours. Je m’extasie devant leur savoir-faire, leur sens du bon goût… bon c’est vrai ça dépend à quel niveau! Les couleurs, les tissus, leur multitude de fils et de teintures, qui sont pour moi une réelle source d’inspiration.
Pendant ce mois sacré, la coquetterie n’est pas la priorité… pour vous dire une valise de 30 kilos au départ qui n’a servi à rien…. Bizarrement on a toujours peur de manquer de quelque chose, alors qu’une fois là bas, on sort toujours la même abaya, et sa paire de tong !
Pendant un mois les tailleurs ne chôment pas : ils prennent commande sur commande, écoutent les exigences des unes, prennent les mesures des autres, et prédisent des merveilles à l’élue qui pensent dejà au foulard qui s’accordera le mieux avec son nouveau brocard.
Mais quand arrive le jour de l’Aïd, les hommes, les femmes et les enfants se parent de leurs plus beaux vêtements pour honorer ce mois qui se termine.
Jellabas multicolores, jabadors en satin, abayas strassées, jilbab rose poudré !!! Oui oui, gandoura immaculée pour les uns, smoking pour les autres… Tous resplendissent de beauté !
Et pour être à la hauteur de l’évènement les tendances marocaines n’ont pas failli à leur réputation :
Aujourd’hui, on ose toutes les fantaisies : les coupes sont revisitées, les couleurs toujours aussi chatoyantes, le mix entre la modernité et le traditionnel est savamment étudié pour satisfaire les plus coquettes.
La djellaba très prisée des marocaines, car légère et fonctionnelle, est unique en son genre. On choisit son tissu et ses broderies (sfifa), sa coupe et ses détails. Quel plaisir de choisir son tissu et de créer à sa guise le vêtement de ses rêves.
Toutes les excentricités sont réalisables, mais attention à bien choisir son tailleur !
Djellaba cache coeur, manches maxi volumes, bouffantes ou volantées, cette saison la djellaba innove dans les coupes.

On superpose et on mixe les tissus, rien ne fait peur : Pois, rayures, formes géométriques, tissus fleuris pour un effet champêtre garanti!

La tendance était au bicolore, pour un effet chic et sobre à la fois. J’aime cette pointe de raffinement et de tradition…

Pour finir le jabador version sarrouel a fait un tabac auprés des plus jeunes. On choisit de préférence un satin uni pour le bas et pour le haut un imprimé qui s’harmonise parfaitement avec le premier. Mon coup de cœur: Une djellaba courte imprimée portée sur un sarouel uni….sans oublier le détail de la saison: la ceinture à « l’ancienne » qu’on enroule sur les hanches !

Une oumma une et indivisible ?
28 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
Peut-on dire que nous formons les maillons d’une seule chaîne aujourd’hui ? La diversité qui caractérise l’Islam à travers les différentes tendances, nous permet-elle de nos jours de continuer à parler d’unité, d’identité musulmane exclusive ?
Dieu est un, le Saint Coran a été entièrement révélé et notre Prophète a scellé et parachevé sa mission en faisant de l’Islam La religion, la voie à suivre pour tous ceux et toutes celles qui croient en un Dieu unique qui détient leur salut entre ses mains. C’est une vérité intemporelle et immuable.
L’histoire nous a enseigné que la notion d’oumma a toujours été intrinsèque à l’Islam, d’ailleurs le Coran l’expose clairement à travers l’un de ses versets qui fait référence aux musulmans en tant que « meilleure communauté ». Ainsi, l’idée d’oumma en tant que groupe unifié, appartenant à la communauté des croyants qui se prévalent de faire partie de la oumma de Mohammed doit être pris, à mon sens, dans une acception purement identitaire et non oecuménique. En effet, aujourd’hui et plus que jamais l’Islam ne se présente plus comme une religion monolithique de par la multiplicité des courants d’une part et la réalité objective d’autre part d’une humanité traversée par des contradictions telles que l’idée même d’unité finit par se fondre dans la masse (la mondialisation aidant) pour enfin perdre de sa vigueur et ainsi disparaître.
Quand on grandit dans un milieu où l’Islam est présent, et quand je parle d’Islam je fais référence à l’Islam en tant que mode de vie avec tout ce que cela implique en terme de pratique et d’investissement spirituel, on ne se rend pas bien compte du degré de galvaudage du fait communautaire. Quand on se penche sur les sociétés dites musulmanes ou islamiques (comme les Etats arabes, les pays d’Asie) où la « communauté » musulmane se concentre à tel point que l’Islam est la religion d’état, on constate que celle-ci n’a de communautaire que l’appartenance à une religion donnée qu’est l’Islam dans sa définition primaire, en tant que similitude de fait et non par inhérence. Vous trouverez des sociétés « islamiques » où les clivages sont tels que vous intègrerez plus tôt que vous ne le croyez l’idée que l’homogénéité sensée caractériser ces sociétés n’a été que fantasmée et cultivée depuis le 7e siècle, du temps des Califats Orthodoxes pour ne pas dire à la mort du Prophète, rappelez vous le mouvement des khawarijs qui est un exemple patent du genre de courant qui a mis à mal d’emblée la notion de communauté une et indivisible.
Bien que l’on use des mots frères et soeurs, bien que l’unité soit le mot d’ordre au sein de notre « communauté », il faut bien dire que les différences qui nous caractérisent par delà les frontières et les cultures (ces-dernières contribuant aussi à ce flou sémantique) ne favorise en rien l’idée d’une communauté unique de croyants. Je parlerais plutôt de croyants uniques qui ont en commun la foi en un Dieu qui les transcende et pas plus. Pour mieux saisir mes propos, mettez vous en situation et comparez vous à une musulmane dans votre entourage qui n’a finalement rien en commun avec vous sur le plan de la pratique spirituelle: vous êtes sunnite et elle est chiite, ou encore vous êtes salafia et elle est soufie, vous êtes druze et elle est ismaïlite et la liste est longue…
En somme la devise « un pour tous et tous pour un » est à reconsidérer, mais attention pas sur le plan de la solidarité (dans une manifestation plus que jamais, un front un seul!) mais sur celui de l’unité, l’irréductible, la vraie! Ne cherchons pas le consensus à tout prix sans pour autant faire dans le sectarisme. Les classiques en matière de pratique sont bien connus mais ne tombons pas dans la fustigation sous prétexte de vouloir préserver l’inexistant, j’ai nommé l’unité de la oumma.
Cueillez votre maturité !
25 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Je sais, deux articles sur le mariage, la vie sentimentale c’est un peu beaucoup pour cette semaine, mais je sais que vous êtes nombreuses à en être friandes et n’en ayant pas parlé pendant quelques temps (les vacances, le mois de Ramadan), il nous faut bien nous rattraper hein les girls ?
On a tendance à penser que l’on ne se marie qu’une fois dans sa vie, qu’il faut tout supporter même si ça ne va pas, et que si l’on divorce, on ne peut plus refaire sa vie parce que les enfants sont là, qu’il faut savoir ce que l’on veut… surtout quand on est une femme, et qui plus est maman.
Les femmes sont assez mal loties de ce côté là : quand elles traversent des périodes malheureuses, voire invivables, on leur demande de faire preuve de patience et de sagesse. Il est vrai que la sagesse est une qualité essentielle dans le couple, il faut bien que l’un des deux soit raisonnable quand l’autre est nerveux et rancunier. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il faille tout accepter, jusqu’à ce que la mort les sépare. Il arrive que les couples se déchirent, qu’ils ne s’entendent plus et là c’est la séparation. Le mieux à faire, plutôt que de finir avec des enfants traumatisés, avoir une vie triste et vide de sens, et se rassurer en disant qu’on ne vit que pour ses enfants et que de toute façon le mariage demande beaucoup de sacrifices… Une vison purement et simplement traditionnelle. Non pas que divorcer c’est bien, non pas que pour un enfant voir ses deux parents séparés ce soit le bonheur, mais il est des situations où l’on ne peut pas faire autrement.
Tout cela pour en arriver à la question suivante : pourquoi est-ce si compliqué pour une femme de refaire sa vie ?
D’abord, parce que l’on se met des bâtons dans les roues sans le savoir : on se néglige, on ne fait plus d’effort parce que l’on est persuadé qu’une mère ça ne refait pas sa vie, ça n’aime pas à nouveau, ça n’a plus de sentiments amoureux.
En outre, les hommes non plus ne font pas d’efforts à leur égard : elles sont vues comme des mamans et non comme des femmes, et l’on s’imagine mal faire la cour à une maman.
Enfin, la tradition veut que la femme divorcée avec enfants fasse vœu de chasteté jusqu’à la fin de sa vie.
Il est tout de même étrange de constater que l’on a fait dix bonds en arrière, et que c’est un schéma des plus archaïques qui fait loi aujourd’hui. On ne cite les plus grand(e)s que quand cela nous arrange, mais on ne se réfère pas à eux pour des choses aussi simples et naturelles.
Et quoi de plus beau qu’une femme mûre, à l’expérience riche, dont la vie n’a presque pas de secrets, une femme aimante et sensible, à qui l’on reproche son audace, sa détermination ou plus douloureusement son malheur, sa malchance, son triste destin.Au bagne la désuétude, les clichés qui nous envahissent et nous étouffent, cueillez votre maturité gentes dames. Se sentir femme, voilà ce qu’il vous faut retrouver, et j’invite les Saïd Connery (grand oncle de Kamel Reeves) ou les Jamel Clooney à reconsidérer leur conception de l’absolue féminité.
Joyeux Aïd el fitr
20 septembre 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Il est 6h du matin, réveil un peu tardif, c’est parce qu’on a passé la veille à papoter et à apporter les dernières touches pour que la maison soit irréprochable et le menu parfait. C’est la cohue à la porte de la salle de bain. Les moins organisés en sont encore au repassage de leur chemise, les petites apprêtées sont assises sagement pendant que la tante débordée leur boucle les cheveux, cette année c’est anglaises et frange façon Nelly Oleson pfiou, ça promet !
Le petit déjeuner est déjà servi : odeur de confiture, de beignets, de lait chaud et de café serré histoire de tenir toute la matinée. Les chaussures ont été enfilées, le chat a droit à une ration plus généreuse ce matin selon la benjamine, il faut absolument qu’il ressente les joies de l’Aïd, après tout il fait aussi partie de la famille !
Les parents sont les premiers à se rendre à la Mosquée pour la prière de l’Aïd, pas question d’attendre les retardataires et de se retrouver au fond de la salle de prière. Les neveux et nièces suivent sagement, la démarche distinguée et le sourire aux lèvres.
C’est l’heure de la prière, la salle est pleine à craquer, adieu les plis parfaits de la robe ou de la jellaba, promiscuité oblige. On se salue, on se souhaite bonne fête, entre étreintes et accolades, c’est la communion « we are the world ».
Retour à la maisonnée, et c’est tout un cérémonial d’embrassades qui commence. Les parents d’abord, les frères et sœurs ensuite et enfin les petits chouchous. La table servie n’attend que nous. On fait part de ses émotions, on transmet les salutations de connaissances rencontrées à la mosquée, mais surtout on savoure, on se délecte au grand bonheur des cuisinières.
Place aux cadeaux. Les enfants trépignent d’impatience, leurs yeux s’écarquillent et c’est posément qu’ils s’installent les uns à côté des autres. On commence par les parents, qui à coup de « il ne fallait pas » déballe leur présent avec douceur et patience, histoire de ne pas abîmer le bel emballage. Quant aux enfants, au diable le recyclage de papier cadeau, tout est vite déchiré et c’est la joie, qui laissera place à la lassitude en fin de journée (eh oui, c’est ça les gosses !).
Et maintenant place à l’animation et c’est la folie ! Même les aînés se laissent aller au rythme entraînant de la musique, c’est jour de fête on y va franchement !
Après une matinée bien remplie et chargée en émotion, les uns décident de faire la sieste et les plus indulgents se mettent au rangement. On en vient même à être ravies d’être de corvée de plonge ce jour là.
Et la journée se finit en famille, chez les cousins ou encore chez les amis de longue date. On en profite pour appeler à l’étranger et présenter nos meilleurs vœux à la famille qui vit de l’autre côté de la Méditerranée ou de la mer Noire.
La journée s’achève le sourire aux lèvres et l’estomac plein à craquer, une pensée pour ceux qui n’ont pas la chance de le vivre ainsi.
Aïd moubarak saïd à toutes et à tous, qu’il soit l’occasion pour vous de vivre des moments heureux et n’oubliez pas de dire je t’aime aux êtres chers.
Et vous, comment avez-vous passé l’Aïd ?
Focus sur… Mohja Kahf
18 septembre 2009 par La rédaction
Classé dans Portraits
Poète et auteure Américaine, d’origine syrienne, Mohja Kahf est professeure de littérature comparée à l’université de l’Arkansas. Arrivée aux Etats-Unis dans les années 70, alors qu’elle avait tout juste quatre ans, sa vie et son parcours l’on beaucoup inspirée dans ses travaux et ses œuvres.
Elle travaille essentiellement sur la question de la représentation de la femme musulmane en Occident, en d’autres termes sur l’image erronée que l’on a d’elle et qui l’accable.
Sa plume dénonciatrice et son ton humoristique lui permettent de réfuter avec brio cette vision ethnocentriste de la femme musulmane passive, assistée, victime et enfermée dans une perception anachronique du monde.
Dans son roman The girl in the Tangerine Scarf (La fille au foulard mandarine), Mohja Kahf raconte l’histoire de Khadra Shams, une jeune fille syrienne qui débarque aux Etats-Unis dans les 70’s, une sorte de roman autobiographique où elle explique comment cette fille tente de réconcilier sa foi avec un pays souvent hostile envers les femmes musulmanes. Un mélange de fierté et de confusion, une lutte entre l’assimilation et le respect de ses principes en tant que musulmane.
C’est dans une démarche de déconstruction et de réhabilitation de l’image de la femme musulmane que s’inscrit le projet de Mohja Kahf. La volonté de proposer une meilleure compréhension des minorités, en mettant l’accent sur le caractère nuisible de la tradition qui va à l’encontre de l’ouverture d’esprit dont témoigne l’Islam.
Quant à la question du voile, question exacerbée en Occident, elle considère que le choix de le porter ou non importe très peu en réalité, ce qui compte c’est que la femme puisse faire ses propres choix et vivre son indépendance comme bon lui semble.
Rompre avec les prénotions, comme dirait Durkheim, tel est le combat de Mohja Kahf, une femme qui vit une modernité où l’altérité n’est pas vécue comme une tare mais bien au contraire comme un enrichissement et une élévation de soi.
La question de la sexualité ne lui a pas échappée non plus. Elle fut chroniqueuse pour le webzine Muslim Wakeup, où elle tenait une colonne intitulée Sex and the Umma. Dans ses chroniques, Mohja revenait sur la nécessité d’en finir avec la vision traditionnelle de la sexualité et avec les stéréotypes qui persiste au sein même de la communauté musulmane. Présentant l’Islam comme un mode de vie et non pas comme une simple religion, elle s’appuie sur les textes et l’histoire et propose un autre regard sur la sexualité, plus réfléchi et moins sexiste selon elle.
Une femme à découvrir. Ses ouvrages sont en anglais, mais bien entendu, toutes les lectrices de Hijab and the city sont bilingues !!
Photo : Lorraine Chittock, PADIA, et Saudi Aramco
Suggestions modesques
17 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Look at mon style
Comme je le disais dans mon précédent billet, il est important de bien choisir sa tenue pour se sentir belle le jour de l’Aïd. On n’hésitera pas à faire quelques soins relaxants, et en profiter pour faire peau neuve. Tout compte ce jour là, il vous faut avoir de l’allure.
Voici quelques suggestions modesques qui vous aideront à composer votre tenue. N’hésitez pas à porter de la couleur et quelques strass pour rehausser le tout. Soyez avant tout vous mêmes tout en étant raffinées et chic.

Cette composition met le bleu électrique à l’honneur. Le tout est de savoir l’adoucir avec une touche de noir et quelques sequins ici et là. Une tenue pas cher du tout, que vous pourrez reproduire en vous baladant chez qui vous savez : Massimo Dutti, Zara, Mango, Newlook…
Boléro Debenhams, robe Dorothy Perkins, T-shirt brownsfashion, pochette Tory Burch, bague fantasyjewelrybox, ballerines Rainbowpill, étole Forzieri, pantalon Acne.

Quelques idées de robes sobres et habillées, que l’on peut porter avec un pantalon ou pas, à chacune son style. Et c’est la paire de chaussures, la pochette ou encore le châle qui peuvent glamouriser le tout.
De gauche à droite : robe noire Malene Birger, pochette vernie Lulu Guinness, robe marron VIKTOR & ROLF, châle Chickdowntown, robe mauve Antik Batik, bague fantasyjewelrybox, robe noire Layered Carla, sandale Metallic Zander.
A vos tenues, soyez resplendissantes à souhait car ne l’oubliez pas, c’est jour de fête !
Pour un Aïd el fitr réussi
16 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Spiritualités
Oyez, oyez, voici chères hatciennes une liste magique de points qui vous permettront de passer un Aïd serein, sans stress, zen. Eh oui, on a plutôt tendance à tout remettre à plus tard et cela finit par tout gâcher, même avec la meilleure volonté du monde.
Aussi, pour passer une journée agréable, il faut que celle-ci soit bien préparée parce qu’elle n’est pas comme les autres : on reçoit du monde, on cuisine pour tout un régiment et tout cela avec le sourire. Les maîtres mots sont l’anticipation et la positive attitude, autrement, cela risque de virer au flop, et ce n’est pas ce que vous voulez n’est ce pas ?
- On se répartit les tâches. Tout devrait se préparer en famille, au risque de passer sa journée à la cuisine, et quand on reçoit c’est pas terrible. Et on fait participer les enfants. Ainsi, on leur apprend que c’est un moment de partage et d’échange.
- On organise l’espace : pour que notre petit monde ne soit pas à l’étroit, on déplace les meubles, on entrepose les plus encombrants dans une autre pièce. En effet, quand on est serrés, et donc mal à l’aise, on a qu’une seule envie, c’est que ça se termine au plus vite. Et on n’oublie pas de ranger les objets fragiles.
- Faire en sorte que les enfants ou les ados soient entre eux, dans une autre pièce (chambre, cuisine), sauf bien sûr au moment de la distribution des cadeaux.
- Etre détendue : accepter que tout le monde ne soit pas parfait (chaussures sur le tapis, mains sales baladeuses, miettes sur le canapé). Oubliez tout cela, le ménage, ce sera pour plus tard. En attendant, soyez tolérante avec vous-mêmes et avec les autres. Et quand ça vous démange, tournez-vous vers la bouille de votre neveu qui est à croquer, elle est pas belle la vie ?
- Ne vous obstinez pas à vouloir tout gérer, chacun peu se débrouiller comme bon lui semble. On garde le sourire, on remercie, on étreint et surtout on ne gronde pas les petits, c’est l’Aïd ne l’oubliez pas ! On dédramatise et on prend tout avec humour, même quand la belle-mère ou la belle-sœur agacent. On accepte les cadeaux pas top, et on se dit qu’au pire on les revendra à la brocante.
- On organise des jeux avec toute la famille, adultes y compris. Pour les mélomanes, on joue et on chante, pendant que les autres dansent frénétiquement.
- On rappelle aux enfants qu’il faut penser aux autres. On décide de faire des dons ensemble, de préparer zakat el fitr (l’aumône) ensemble.
- On renoue des liens avec les proches que l’on a perdu de vue : on décide d’une date pour se revoir.
Voilà les girls, et la liste peut être plus longue en réalité, mais contentons nous de suivre celle-ci à la lettre, c’est déjà une bonne chose. Surtout, pensez à choisir votre tenue avec soin pour vous sentir belle, mais cela on le verra dans le prochain article…
The last days…
13 septembre 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Le temps passe à une vitesse monstre, on en vient tous à ressembler au lapin blanc qui court, montre en main, dans Alice aux pays des merveilles.
Nous voici arrivés aux dix derniers jours de Ramadan. Ces jours qui marquent la fin d’un mois chargé en spiritualité et où les bonnes résolutions sont prises ; et nombreuses sont celles qui en ressentent déjà la nostalgie.
Ce sont lors de ces dix derniers jours qu’a lieu la nuit de la destinée, nuit où le Coran fut révélé au Prophète Mohammed (SAW). La nuit exacte étant inconnue, il est fortement conseillé de se recueillir et de prier lors de ces dix nuits et de privilégier les jours impairs. La tradition veut que l’on se réunisse pour la nuit du destin, le 27ème jour de Ramadan.
Cette année, la nuit du destin se déroulera mercredi soir, et sera l’occasion de prier une grande partie de la nuit jusqu’à la clôture du Coran pour ce Ramadan 2009.
Les dix derniers jours peuvent être vécus en famille ou entre amies : on se fixe un programme quotidien, on se prépare chaque soir en emportant ses affaires et quelques victuailles pour les partager pendant la pause. Les liens se resserrent, les amitiés se soudent, l’occasion de se rapprocher de ceux que l’on aime.
Ces nuits sont donc à vivre avec dévotion et en s’absorbant dans la méditation.Les bonnes œuvres sont évidemment de mise : une main tendue, une réconciliation, une attention, autant de gestes qui ne demandent que très peu d’efforts.
Que ces nuits vous soient bénéfiques, que vos prières soient entendues. Et pour celles qui n’en auraient pas profité jusqu’alors, pensez à la session de rattrapage, c’est à dire maintenant, trêve de procrastination, on s’active pour la dernière ligne droite !
Les veillées du Ramadan à l’ICI
4 septembre 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
Du 10 au 19 septembre 2009, l’Institut des Cultures d’Islam, situé dans le quartier de la Goutte d’or à Paris, présente la quatrième édition des veillées du Ramadan.
Cette année, la Turquie est à l’honneur. Ce sont dix nuits qui ont été programmées afin de vivre le Ramadan à travers des expositions, des interventions, des projections et des spectacles. A chaque début de soirée, les visiteurs seront invités à partager l’Iftar autour d’un repas soit dans la cour, soit dans le salon de thé lequel ouvrira ses portes dès 15h pour les visiteurs avides de musiques lointaines et de découvertes littéraires. Ils pourront également profiter des expositions afin de découvrir la Turquie.
Chaque jour, l’ouverture de la soirée se fera par la lecture du Coran et sera suivie par la diffusion d’une bande sonore annonçant l’iftar. Les soirées démarreront à 20h30 proposant ainsi un programme des plus riches.
La soirée de clôture se déroulera au théâtre du Châtelet, le samedi 19 septembre.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Institut des Cultures d’Islam.
Ramadan : fais pas ci, fais pas ça !
3 septembre 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
« Nan STARfoullah c’est pas bien ! C’est Ramadan ». Qui parmi vous n’a pas entendu ces derniers temps cette phrase qui, je dois l’avouer, m’horripile au plus au point ?
Personne, j’en étais sûre (hi hi). Nan parce que la mode pendant le Ramadan, c’est de s’inventer des interdits, mais aussi de s’interdire des choses qu’en temps normal, on fait avec une aisance assez déconcertante. Si c’est un délire perso, je peux comprendre ! Mais dès qu’il s’agit de les répandre autour de soi pensant faire preuve de philanthropie, franchement très peu pour moi. « Ma sœur, je peux te donner une nassiha ? ». Pourquoi pas, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties : avec moi, il est interdit d’interdire ! N’importe comment, j’entends… Daniel, sors de ce corps !
Quand on gratte bien, on s’aperçoit que ces nouvelles interdictions ramadaniennes sont l’œuvre d’individus contradictoires. Tout le monde peut l’être n’est-ce pas, mais qu’on vienne pas me dire : « Ouais, je me maquille pas moi, même pas du khôl, c’est Ramadan ». Puis qu’on revienne maquillé comme un camion volé deux jours plus tard et qu’on me dise : « ouais, j’ai mes gle-ré ». Alors déjà, dire à qui veut l’entendre qu’on est indisposée, c’est pas très glamour hein. Mais bon, c’est toujours mignon quand c’est dit en verlan ha ha !
Mieux encore, la musique. Mon Ipod ne s’islamise pas pour la période. Du Coran, il en comporte, comme un peu de anachid, du jazz, de la funk, de la soul…
Nan mais c’est Ramadan, on écoute pas de musique « STAR-foullah ». Ah ouais, ok ! Mais y a truc qui m’a achevé dernièrement, la fille qui me dit ça en train d’écouter du Rnb arabisé.
- Et ça c’est pas de la musique, de mauvais goût qui plus est ?
- Nan mais attends, c’est en arabe…
Ok ! Je m’incline.
Il paraît qu’il ne faut pas non plus faire de blagues, manger un plat avec de l’ail, mettre du parfum, se brosser les dents (mon Dieu !), ne pas dire de mots grossiers et rester zen. Pour les derniers, je veux bien. Mais quand une copine m’a dit que des malappris lui avaient dit « repasse après 21h », je me suis demandée ce qu’il fallait leur répondre ? « Nan mes frères, un peu de tenu c’est Ramadan » peut être ?
Et la bise… ah la bise ! Faut s’assumer non mais ! Soit on la fait, soit on la fait pas quoi. Ramadan ou pas, faut juste savoir que d’un point de vue hygiénique, on a une grande chance de récolter l’écume et les cellules mortes à force de contact. Enfin je dis ça…
Je ne sais pas, mais en tout cas, ce mois peut effectivement être l’occasion de prendre de bonnes résolutions. Mais gare au zèle et au mi-temps !
Le Ramadan 2009 à travers le monde
2 septembre 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Petite sélection de photos nous permettant de voyager et d’avoir une idée de comment est appréhendé le Ramadan 2009 à travers le monde.

Musulmans rompant le jeûne dans le port de Jeddah en Arabie Saoudite (Omar Salem/AFP/Getty Images)

Vision du clair de lune derriere la Mosquee du Roi Hussein à Amman en Jordanie (REUTERS/Muhammad Hamed)

Femme musulmane lisant le Coran dans la Mosquée Istiqlal à Jakarta (Adek Berry/AFP/Getty Images)

Enfant lisant le Coran dans une Mosquée de Amman en Jordanie (REUTERS/Ali Jarekji (Jordan Religion Society Images Of The Day)
Spéciale « Mon premier Ramadan » sur Hijab and the city
31 août 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Nous nous souvenons toutes et tous de notre premier jour de jeûne. Un jour à la fois éprouvant et excitant, parce-que l’on se retrouve à la table des adultes au moment du ftour et non plus avec les plus petits, on se sent grand et responsable. C’est un moment fort et inoubliable qui marque une nouvelle étape dans notre cheminement spirituel. On se sent alors plus croyant, on participe à une communion de foi et l’on en savoure les joies.
Hijab and the city vous propose aujourd’hui un dossier avec au sommaire :
- Le témoignage de Coralie, jeune convertie à l’Islam qui nous raconte son premier jour de jeûne
- Le premier jeûne de ma fille, par Karima Chahdi Bahou hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
Le premier jour de jeûne de ma fille
31 août 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
Classé dans Psy-show
« Je veux me sentir forte et capable », tels sont les mots utilisés par ma grande fille de 13 ans qui jeûne cette année pour la première fois.
Quelle joie pour elle, cela se voit et se lit dans ses yeux. Quand on lui demande » pourquoi jeûne-tu ? « , elle répond : » parce-que j’aime le faire, j’aime me réveiller le matin pour le sahour (repas de l’aube) alors que tout le monde dort, c’est comme si je participais à quelque chose de magique. Et partager ensemble l’Iftar, tous récompensés de l’effort fourni. C’est génial !! Même la prière est différente je me sens plus proche de Dieu, et quand j’ai faim je me dis que ce soir j’aurai mieux et que je trouverai ma récompense au Paradis « . Voilà un témoignage plein de volonté !
En plus de vouloir faire plaisir à ses parents, en l’occurrence moi sa maman, ma « jeune ado » découvre les joies de faire partie d’une communauté de foi. Ce sentiment d’appartenance fait naître une véritable motivation et un intéressement particulier aux questions religieuses tel que : qu’est ce que je peux ou ne peux pas faire ? A chaque jour sa part de bénédictions.
Le jeûne occupe une très grande place dans l’éducation comportementale et spirituelle de tout musulman. Mais il est vrai aussi qu’en tant que parents, nous avons du mal à voir notre enfant observer le jeûne, quand il nous l’impose par « maman cette année je vais jeûner, je suis assez grand(e) ! » Nous nous posons mille et une questions sur leur capacité à pouvoir le faire, à s’interroger soi même et à comprendre ce que Dieu attend de nous. En fin de compte l’initier au jeûne et à ses principes.
Néanmoins l’initiation doit se faire. C’est le franchissement d’une nouvelle étape, c’est comme un rite de passage, un moment fort dans la vie du musulman. Si les membres de la famille parlent du jeûne et le planifient ensemble, préparent le repas et prient ensembles, prennent un moment pour la méditation, les plus petits sauront que leurs parents et leurs frères et sœurs plus âgés jeûnent et ils comprendront l’objectif de ce dernier. Et finalement, qu’il prend une très grande importance dans le cheminement spirituel.
Et surtout n’oublions pas de les récompenser (pour les plus petits). C’est bien agréable pour un enfant d’être content de lui surtout quand la grande personne l’est aussi. C’est l’aider à juger de lui-même de l’effet de ses actes, le rendre responsable.
« Cette année, j’ai commencé mon tout premier Ramadan »
31 août 2009 par La rédaction
Classé dans Elles parlent d'elles
Ce moment de quiétude peut également être vécu comme une délivrance, un soulagement face aux épreuves de la vie. Mon premier Ramadan, c’est ce que vit aujourd’hui Coralie, une jeune femme de 22 ans. Laissons la nous décrire ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit.
Cette année, j’ai commencé mon tout premier ramadan. Je dois avouer que c’est une période, moralement difficile pour moi. Venant de quitter le domicile de mes parents et vivant à des centaines de kilomètres de mes meilleures amies, je me sens parfois très isolée.
Bien que mes parents soient athées, j’ai toujours ressenti au plus profond de moi que ce n’était pas mon cas. J’étais persuadée, depuis toute petite, qu’il y avait « quelque chose » de bien plus grand au dessus de nous mais je ne pouvais pas mettre de nom ou d’explication dessus. A six ans, je demande à ma maman de m’inscrire au catéchisme, elle refuse. Je passe donc le reste de mon enfance sans plus poser de questions mais toujours avec cette impression de manque.
Arrive ensuite l’adolescence, et là tout se complique. Je ne me reconnais pas dans les filles de mon âge, n’étant pas intéressée par leurs sujets de conversation quotidiens tel que la sortie en boite du samedi soir ou le dernier mec avec qui elles ont couché. A coté de cela s’inscrivent d’autres blessures qui me marquent encore aujourd’hui. Je passe donc énormément de temps seule et le vis très mal.
Côté famille ce n’est pas vraiment la joie non plus, surtout avec mon père avec qui je ne partage pas la tolérance et l’ouverture aux autres que je me suis toujours imposée. Il est d’ailleurs clair quand à ma vie future, que si l’heureux élu ne convient pas à ses critères (autrement dit n’est pas Français), la porte est grande ouverte.
Viens enfin l’âge adulte, et la descente aux enfers continue, mon père se met à boire, ma mère fait semblant de ne rien voir . Je passe beaucoup de temps à la cathédrale. J’aimerais prier pour que l’on me vienne en aide mais ne sait pas à qui m’adresser. « Jésus ? Marie ? Dieu ? Ou bien encore à l’un des dizaines de Saints représentés un peu partout ? » Épuisée, je finis par tomber malade. Je perds beaucoup de poids, je fais des crises d’angoisse très violente pendant lesquelles je me blesse parfois, je suis mise sous antidépresseurs.
Je décide donc de prendre un peu de recul et pars me reposer quelques temps chez une amie qui habite Lyon. C’est chez elle, un soir, assise sur le canapé, que j’entends l’appel à la prière pour la première fois. Je suis fascinée. Elle me parle de Mohammed (paix et bénédiction sur lui), de la prière et du Coran. Viens le jour du retour à la maison, je continue à m’intéresser à l’Islam, vais sur des sites et pose beaucoup de questions. Parallèlement je trouve le courage d’affronter mon père, tente de lui faire accepter son problème… Je ne suis plus sa fille. Je sais qu’il ne le pense pas mais c’est le coup de grâce. Je quitte la maison.
Voici le mois du ramadan, je décide de le faire. Je rayonne de bonheur et de fierté en ce premier jour de jeûne, je sens que je suis enfin en train de trouver ma place et je sais que mes amies sont là pour moi les jours de doute. Aujourd’hui, je comprends que les épreuves traversées étaient là pour me guider vers Dieu. Pour la première fois, j’ai foi en l’avenir même si je sais qu’il me reste encore beaucoup de chemin. Je prie pour que ma famille accepte mon choix, bien que je ne cultive que peu d’espoir. En attendant, j’essaie d’en apprendre un peu plus chaque jour et je remercie Allah de m’avoir mise sur sa route.
La femme musulmane et la sexualité : quand le culturel et le cultuel se mélangent
27 août 2009 par Maria
Classé dans Ce qui fait débat
Hier matin, je pensais au port du hijab, comme un acte de dévotion, d’adoration, avant tout. Puis en deuxième lecture, comme une affirmation de la liberté d’expression religieuse dans un pays laïc où l’on confond parfois laïcité avec formatage du citoyen, avec une expression neutre, dépersonnalisée, vidée de tout contenu, de toute différence. Le hijab, également comme acte de solidarité avec toutes celles qui le portent, comme symbole d’effacement de son ego (si difficile ! Et à ne pas confondre avec effacement pur et simple, perte de soi devant l’autre). Mais certainement pas une manière de se protéger du regard masculin. D’ailleurs, pourquoi se protéger ? Qu’y a -t-il donc de malsain ?
Les hommes et les femmes sont faits pour s’attirer et former des couples. Une femme portant un foulard n’est pas devenue une chose neutre, inexistante et non désirable. La pulsion du désir (aussi importante chez la femme que chez l’homme) est maîtrisée et maitrisable par choix, mais ne doit pas être annihilée, sauf pour celles et ceux qui ont décidé de se retirer de ce monde, et de vivre comme des ermites. Ce qui peut être un choix spirituel, mais pas forcément l’un des plus difficiles. Il me semble que la vraie difficulté réside dans le fait d’être humain, « trop humain « , et de développer une vraie spiritualité dans un contexte quotidien de travail, de vie de famille, de vie de couple.
La sexualité des femmes est trop souvent présentée comme inexistante ou victime de « pulsions masculines prédatrices ». Il faudrait ne pas avoir peur de dire que les hommes tout comme les femmes font un choix de chasteté qui n’est pas évident, ni facile, qui est plutôt une pleine conscience de la gravité, de l’importance de la sexualité comme acte responsable, lien qui permet de devenir un avec l’autre, et qui doit être sacralisé par la bénédiction divine. Passer du culturel au cultuel. Ne pas trouver qu’un homme peut faire sa vie de célibataire comme il l’entend, mais qu’une femme se doit de rester vierge. Admettre qu’il est aussi beau pour un homme que pour une femme d’y parvenir. Mais également difficile. Qu’il s’agit d’ une affaire entre Dieu et soi-même. Et non d’une affaire qui permettra au futur époux de répudier une femme qui n’est pas vierge et à la future épouse de ne poser aucune question au sujet des vies précédentes de Monsieur.
Quelqu’un me racontait qu’une amie avait été « mise à l’épreuve » par son fiancé. Il lui aurait dit qu’il ne pouvait pas se marier avec elle sans savoir s’il y avait une vraie entente physique entre eux. Après maintes discussions, elle a fini par céder. Le résultat étant qu’il l’a quittée car apparemment, le vrai test était de savoir si elle était capable de lui résister !! Voila à quoi mène la confusion des genres entre culturel et cultuel. Des bons petits machos qui peuvent tout faire, tout décider et choisir en prime ; et des femmes à la merci de leur jugement sans pouvoir exprimer ni leur propres pulsions, ni leurs propres choix.
Si l’on ramène cette histoire à sa juste place, nous avons un type malhonnête et opportuniste, auto proclamé » juge de la pureté de l’autre « , une femme juste humaine qui a des désirs naturels mais qui n’étant pas capable de l’admettre vacille dans son choix, rendant le type en question maître de la situation. Si la fille admettait ses propres pulsions et en parlait, elle aurait pu présenter son choix et ses raisons de manière inébranlable. S’il lui arrivait d’un commun accord avec l’homme qu’elle pense être le bon, le futur mari, d’avoir une vie maritale avant mariage, ils auraient pu éviter le pire en consacrant leur union devant Dieu, sans drame à la clé. Et elle serait autant dans son droit que lui de lui demander de ne pas papillonner.
Disons que ce qui me met hors de moi, c’est qu’une fille ait à rougir plus qu’un homme à cause d’une histoire comme celle-ci. Ce qui donne un monde binaire et gris : d’un côté tout ce que je viens de rapporter, de l’autre la facilité, l’irresponsabilité, la frivolité de la société dans laquelle nous vivons au quotidien, où la sexualité a été désacralisée, vidée de son contenu et de sa beauté, où tout est régi par de l’hédonisme égoïste à l’état pur.
Ah, j’oubliais ! Fruit de cette confusion de genres, un marché incroyable se développe : la reconstruction d’hymens par la chirurgie… Car la jeune fille ci-dessus mentionnée s’est sentie contrainte d’y avoir recours sous peine de ne plus trouver de mari !
Que Dieu nous préserve de notre propre folie !
Hijab and the city au 21ème Festival de photojournalisme à Perpignan
26 août 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
Hijab and the city participera au 21ème Festival de photojournalisme « Visa pour l’image » à Perpignan, dans le cadre d’un débat organisé par le magazine ELLE le vendredi 4 septembre à 17 heures. La table ronde portera sur le port du voile intégral en France, et sera animée par Valérie Toranian, directrice de la rédaction ELLE. Parmi les invités :
- Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville
- Abdelwahab Meddeb, écrivain
- Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l’Homme
- Mariame Tighanimine, co-fondatrice du webzine féminin « hijabandthecity.com »
- Marie-Françoise Colombani, éditorialiste à ELLE
- Caroline Laurent-Simon, grand reporter à ELLE
Courrier des lectrices : tromperie, trahison et divorce
24 août 2009 par La rédaction
Classé dans Psy-show
La vie est tumultueuse et ponctuée d’évènements que l’on a bien souvent du mal à contrôler. Alors, on se sent seule et impuissante. Cette semaine, c’est le témoignage d’une femme trahie que nous publions sur Hijab and the city, une femme au coeur meurtri qui à son tour sollicite votre aide et vos conseils.
« Je vous écris car je suis en pleine détresse. Mon couple bat de l’aile depuis plusieurs années et cela fait deux ans maintenant que mon mari et moi ne partageons plus rien. Nous nous sommes mariés en respectant les principes islamiques. Nous avons eu beaucoup de mal à faire accepter notre union car il est d’origine maghrébine et moi mauritanienne . Finalement au nom de l’Islam, mes parents ont fini par accepter. Aujourd’hui, nous nous séparons violemment après dix ans de vie commune et trois filles magnifiques.
Si je suis en détresse, c’est parce que pendant ces huit derniers mois, il ne vivait plus sous notre toit disant qu’il prenait ses distances pour réfléchir. Il m’a appris récemment qu’il avait rencontré quelques femmes et qu’il envisageait de se marier avec une Sofia. En avril dernier, j’ai justement trouvé un mot de cette fille chez moi indiquant qu’ils avaient passé une nuit encore plus merveilleuse que les précédentes. Il a menti, car il m’avait dit qu’il s’agissait d’une soeur qui voulait se marier avec un de ses amis converti, et qu’il la voyait pour la mettre sur le droit chemin. Mon mari va chaque année en mission humanitaire, et cette fille fait partie de l’association dans laquelle il est investi. il n’a jamais voulu que je l’intègre, prétextant que je ne portais pas le voile. Cette Sofia ne le porte pas non plus et les autres membres femmes aussi. Il a confié mes filles à cette femme ! Pendant des mois, j’ignorais leur relation.
Je suis en colère car j’ai été trahie, sachant qu’il ne s’est jamais investi dans notre couple et qu’il a toujours été très absent. Il expliquait cela par le fait que je n’étais pas assez pieuse et que je le « saoulais ». Donc pas de vie de famille, pas de vacances en famille, il nous consacre peu de temps. Parfois, il ne dort pas à la maison, et dit dormir à la mosquée et être avec des frères. Quand il voit nos filles, c’est en coup de vent, pendant quelques heures, parce qu’il a des choses à faire. Il est intermittent et notre situation financière a toujours été chaotique, ce qui générait parfois des conflits violents. Il m’a beaucoup insulté, en utilisant des mots très dégradants. Il lui arrive même d’être physiquement violent. Je suis aujourd’hui fonctionnaire pour compenser les galères financières.
Cette situation est très difficile, d’autant que je m’entends très bien avec sa famille. J’ai aussi l’impression d’avoir tout donné et en retour, je récolte un divorce. J’ai besoin d’un avis ou d’un conseil pour avancer. Je prie beaucoup et remercie Dieu pour mes filles et pour ma situation pas trop catastrophique. »
Spéciale Ramadan sur Hijab and the city
21 août 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Au nom de toute l’équipe de Hijab and the city nous vous souhaitons un excellent mois de Ramadan plein de bonheur. Qu’il soit pour vous l’occasion de prendre un nouveau départ, de renouer avec vos proches et de faire le plein de bonnes œuvres.
Bien qu’il tombe en plein mois d’août et qu’il sera à bien des égards différents des autres années, les journées étant plus longues et plus chaudes, il est nécessaire de prendre de nouvelles mesures afin de le vivre de la manière la plus spirituelle possible.
Voici pour vous quelques conseils et adresses qui, nous l’espérons vous serons utiles. Que vos souhaits les plus chers se réalisent et que vos peines s’envolent, que votre cœur revive et que votre foi se raffermisse. Accueillons le mois de Ramadan comme il se doit et ressentons le autant que faire se peut. Vivons le comme s’il s’agissait du dernier et savourons chaque heure, chaque jour que nous vivrons et ce, avec sincérité et quiétude.
Un sage disait : « Si les croyants connaissaient la valeur réelle du mois de Ramadan, ils souhaiteraient que celui-ci dure toute l’année ». Il ne tient qu’à nous d’en faire un mois exceptionnel.
Sommaire
Qu’est ce que le Ramadan ?
21 août 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités
Comme chacun sait, le mois de Ramadan marque la première révélation du Coran au Prophète Mohammed. Il est un mois où le musulman est invité à jeûner, conformément aux cinq piliers de l’Islam, le quatrième après l’aumône. On l’appelle aussi mois de la patience, de la récompense et du don.
La patience, parce qu’il permet au jeûneur d’apprendre à devenir endurant en s’abstenant de boire et de manger, mais pas seulement : c’est le jeûne des cinq sens, permettant ainsi une coupure partielle avec les plaisirs journaliers, de l’aube jusqu’au coucher du soleil. Maîtriser ses sens, c’est prédisposer son cœur et son âme à recevoir toujours plus sur un plan spirituel. C’est éviter les faux pas, et par là même occasion se décharger de ses erreurs.
C’est donc aussi le mois de la récompense. Les souhaits sont exaucés, il ne tient qu’au jeûneur de multiplier ses invocations avec ferveur pour en savourer les fruits tôt ou tard.
Enfin, le Ramadan est surtout le mois du don. Le don de soi, de ses biens, de son temps. La solidarité est célébrée et c’est l’occasion pour le croyant de s’imprégner de bonté et de clémence envers les démunis ou encore les personnes malheureuses.
Durée et horaires
Pour cette année 2009, le Ramadan débute le 22 août et prend fin le 20 septembre prochain. Pour connaître les horaires de prières correspondants à la ville dans laquelle vous vivez, ainsi que la Mosquée la plus proche de chez vous, nous vous invitons à visiter le site suivant : www.leguidemusulman.com.
Focus sur… les féministes musulmanes
20 août 2009 par La rédaction
Classé dans Portraits
Aujourd’hui, la question du féminisme musulman est de plus en plus traitée par des femmes musulmanes, ou non, bien décidées à révolutionner ce concept à l’origine occidental. Paradoxe pour certains, réhabilitation pour d’autres, le féminisme suscite toujours autant de débats et continue à déchaîner les passions de celles qui s’en réclament ou qui le décrient.
Hijab and the city dresse pour vous aujourd’hui le portrait des grandes figures du féminisme musulman de par le monde, qui à l’unisson, réinvestissent le champ de l’interprétation des textes religieux (Ijtihad), rompant ainsi avec les interprétations patriarcales. Du Maghreb au Machrek, des Etats-Unis au continent européen, ces femmes s’organisent et présentent une nouvelle figure du féminisme.
Chercheuse au centre Alwaleed bin Talal for Muslim-Christian Understanding à l’université de Georgetown. Elle est l’auteure de Identity Politics and Women : Cultural Reassertions and Feminisms in International Perspective, qui est une étude comparative sur les fondamentalismes. Considérer que les mots féminisme et Islam sont antinomiques est, selon elle, la plus grande aberration qui relève de l’ignorance.
Amina Wadud
Professeure d’études islamiques en Virginie, elle est surtout connue pour avoir été la première femme à diriger la prière du vendredi devant une assemblée mixte. Un évènement qui a déclenché un tollé chez les musulmans. Elle promeut le caractère dynamique de l’Islam et se présente comme postmoderniste. Auteure de Qur’an and Woman: Rereading the Sacred Text from a Woman’s Perspective, elle tend à proposer une interprétation des textes sacrées qui rompt avec le sexisme qui sévit depuis des siècles.
Fondatrice et dirigeante de la section féminine du mouvement marocain el Adl wa el Ihsane (Justice et Bienfaisance), elle est conférencière internationale et auteure d’ouvrages et d’articles dont Toutes voiles dehors paru en 2003. Opposée au wahabisme, elle prône également un effort d’interprétation des textes, pour ainsi faire revivre le message de libération, envers les femmes notamment, que l’Islam porte en lui depuis son avènement.
Universitaire et vice présidente du Conseil Islamique de Catalogne, elle lutte contre les interprétations machistes qui entachent les textes sacrés. Son but, créer des ponts entre le féminisme occidental et le féminisme islamique de façon à aboutir à une lutte commune pour la cause des femmes en quête d’égalité, et combattre les clichés qui présentent la femme musulmane comme étant soumise et inférieure.
Courrier des lectrices : avortement et cas de conscience
17 août 2009 par La rédaction
Classé dans Psy-show
Sur Hijab and the city, vos interventions sont primordiales ! C’est vous très chères lectrices qui faites vivre cet espace, et qui poussez les débats soulevés encore plus loin. Vous n’hésitez pas non plus à faire preuve d’empathie et d’esprit critique lorsqu’il s’agit d’écouter les histoires d’autres hatciennes. Et c’est ce dont il s’agit aujourd’hui. Suite aux nombreux témoignages relayés sur le site et aux réactions qu’ils suscitent, de plus en plus de femmes souhaitent nous faire part de leurs soucis du quotidien. C’est le cas de Natacha qui s’est tournée vers Hijab and the city et les hatciennes afin de solliciter quelques conseils. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de stigmatiser quiconque et de formuler des jugements à l’emporte-pièce.
« Je me tourne vers vous car je suis dans une situation complexe et j’ai besoin d’aide. Je suis Française, vit avec un Algérien pratiquant, et nous ne sommes pas mariés. Tout se passait bien dans notre couple, notre diversité et notre ouverture d’esprit faisant notre richesse. Mais voilà, un accident est venu tout perturber. Je suis enceinte de deux mois maintenant, et nous nous posons un certain nombre de questions quant à la manière d’agir face à cet évènement. Un avortement est contraire à nos religions. De plus, nous aimerions avoir cet enfant. Mais du fait de ses convictions religieuses sur le sujet, le dialogue est devenu difficile avec mon compagnon. J’ai peu de temps pour me décider, j’ai de plus en plus envie de le garder. Je ne sais plus comment me comporter avec lui. Si vous pouviez m’aider à comprendre. »
La musulmane voilée est-elle asexuée ?
11 août 2009 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
A toi, jeune homme, sosie de Keanu Reeves, mais t’appelant plutôt Kamel Reeves, cet article t’est adressé !
Comme dirait une amie, c’est la crise ! La crise du mariage, la crise du bon plan, la crise du bon parti. De manière générale, toutes les célibataires sont touchées par cette pénurie. Je me rends compte qu’autour de moi, nombre d’entre elles enchaînent les déceptions après moult rencontres, et je ne vous parle pas de celles pour qui rien ne se passe à l’approche de la petite trentaine. Je ne vous parle pas non plus de celles pour qui tisser un premier contact relève parfois de la gageure… et puis si, je vous en parle : les filles voilées ! D’où je tiens ça ? D’une étude de terrain, et quantitative je vous prie ! Je suis modeste, appelez-moi Lazarsfeld !
La semaine dernière, sur une terrasse en train de siroter ma citronnade avec quelques copines, une discussion s’est engagée. On était un groupe assez hétérogène : des jeunes femmes musulmanes, des non musulmanes, des voilées, des non-voilées… On parlait de tout, de rien, jusqu’à ce que l’une d’entre nous intervienne pour dire : « Je comprends pas pourquoi je rencontre jamais personne ? ». Une copine, sûre d’elle, enchaîne en disant : « C’est normal, t’es voilée », et il s’avère que cette explication, ça n’est pas la première fois que je l’entends.
Curieuse, je lui ai demandé ce qui la poussait à avancer cet argument. Et elles ont toutes fini par me donner une explication.
- C’est simple, quand t’es voilée, on te prend pour une sainte, à croire que tu peux pas avoir de sentiments et que limite, t’es asexuée.
- Moi, je ne suis pas voilée, mes sœurs non-plus, et je me souviens que mon frère était fou amoureux d’une fille de sa promo, qui l’était. Il ne s’est jamais approché d’elle parce que nous même, après qu’il nous ait demandé des conseils, on l’a fait flipper en lui expliquant qu’une fille qui porte le voile, c’est sacré. On a été bêtes sur ce coup.
- Une fois, je pensais bien m’entendre avec un garçon qui était avec moi en cours. Je voulais tout faire dans les règles de l’art, je pensais que c’était réciproque. Mais en fait, non. J’étais sa caution morale, la sainte qui lui donnait des conseils, son imam. Bref, il ne voyait en moi qu’un… voile.
Autant d’explications pour dire une chose : la filles voilées font flipper ! Déjà que trouver babouche à son pied est un exploit, imaginez ce que c’est quand on est considérée comme mère Térésa ? Même les escargots sont plus attractifs ! Sans oublier les moules.
Si tu es une fille de bonne famille, deviens Miss Arabie !
10 août 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qui n’a jamais rêvé de participer à un concours de beauté afin d’être couronnée et couverte de présents ? Euh… moi ! J’ai déjà du mal à regarder Miss France, alors jouer le jeu. Et puis j’ai pas mes chances en France, je suis un peu trop couverte. Mais peut être que Miss Arabie Saoudite est fait pour moi ? A vrai dire, toujours pas !
J’entends déjà certaines dire : « quoi ? Une élection de Miss au Moyen Orient, mais c’est du délire ? »
Du délire… pas pour Aya Ali-Al Moula en tout cas. Cette jeune femme âgée de 18 ans a été élue « Reine de la belle moralité » en raison non pas de sa plastique, mais de ses qualités et valeurs de femme musulmane. Un concours durant lequel elle n’a pas eu à montrer son visage, voilée et vêtue d’une abaya.
Et les cadeaux me direz-vous ? C’est ce qu’il y a de plus intéressant dans tout ça !! Eh bien mesdames, l’heureuse élue a reçu des bijoux, un voyage en Malaisie, et 5000 riyals, l’équivalent de 930 euros (les Saoudiens sont-ils devenus pingres ?).
Que penser de tout cela ? Certaines diront que lors de ce concours de miss, seule la beauté intérieure a été récompensée, à la différence des concours traditionnels où maillots de bain et robes de soirée sont de mise pour mettre en valeur ses attributs les plus attrayants… on se comprend n’est-ce pas ? La femme est réduite à un vulgaire objet qui s’exhibe en petite culotte devant la France entière pour au mieux gagner une Peugeot 307 (vraiment des pinces ces organisateurs de concours !).
Mais entre nous mesdames mesdemoiselles, à quoi bon organiser un concours, même pour récompenser la plus philanthrope et la plus pieuse des femmes musulmanes ? En petite tenue ou en hijab, pour moi c’est du pareil au même, surtout en Arabie Saoudite !
On ne fait pas dans le cliché, mais objectivement, les Saoudiennes auraient plutôt besoin de plus de droits et de considération dans une société où le patriarcat fait des ravages. Il est universel me direz-vous, mais quand on veut donner « l’exemple » soit on assure, soit on s’abstient !
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Chaabane, un avant-goût de Ramadan !
27 juillet 2009 par La rédaction
Classé dans Spiritualités

Jeudi 23 juillet a débuté le mois de Chaabane, le 8ème mois du calendrier hégirien, qui annonce le mois de Ramadan.
Pendant ce mois, il est recommandé de jeûner pendant quinze jours. C’est une tradition prophétique que l’on observe afin de de se préparer psychologiquement et spirituellement au mois de Ramadan. Et la préparation cette année est plus que jamais nécessaire puisque le mois de Ramadan s’annonce vers la vingtaine d’août, les journées sont longues et ensoleillées, il faudra alors avoir une bonne endurance.
Pour celles qui ont en plus des jours à rattraper, il aurait mieux valu profiter de l’hiver et de ses courtes journées pour éviter l’épuisement. La soif se fera plus ressentir, il ne tiendra qu’à vous de faire preuve de patience et de courage.
Ne l’oublions pas, tout est une question d’habitude, quand le corps prend un certain rythme, il s’y tient ! La fatigue des premiers jours disparaît alors ce qui vous permet d’atteindre une certaine constance.
Jeûner en ce moment est vraiment éprouvant mais ne l’oubliez pas mesdames, cela permet également, et surtout, d’entretenir votre ligne et votre jeunesse ! Vous ferez alors d’une pierre deux coups !
Le mois de Chaabane est donc un avant goût du mois de Ramadan, ce qui vous permettra de vous remettre sur les rails et d’habituer votre corps à l’abstinence. N’oubliez pas de bien vous hydrater afin d’affronter ces belles journées ensoleillées. Et puis le temps passe si vite… quoique il est vrai que résister jusqu’à 22h n’est pas si facile en réalité.
Bon courage, et évitez de passer la journée à faire la sieste, cela vous fatiguera encore plus n’est ce pas Cuistot ?
Focus sur… Khadija Benguenna
« Atiab el mouna » (« meilleurs souhaits ») est la phrase fétiche de Khadija Benguenna à chaque fin de JT sur la célébrissime chaîne d’information qatarie El Jazeera (vous savez la chaîne au logo calligraphié en forme de poire). Mais qui est donc cette délicieuse et charismatique femme ?
Journaliste algérienne, elle intègre Al Jazeera en 1996 et devient l’une des plus grandes figures du paysage audiovisuel arabe. Cette femme allie avec distinction professionnalisme et féminité, en couvrant des évènements historiques et cruciaux dans l’histoire de l’humanité, tout en arborant un voile raffiné et toujours en parfait accord avec ses tenues.
Il est important selon elle de rester féminine tout en étant voilée de ce voile qu’elle n’a porté que plus tard après trois ans de réflexion, ce qui lui a valu à la fois critiques et encouragements. Un accueil mitigé donc qu’elle analyse avec beaucoup de pondération. D’ailleurs, elle regrette bien souvent que l’on se focalise sur son voile plutôt que sur son travail et sa pratique du journalisme.
Khadija Benguenna a réussi à imposer son style, parce qu’il faut bien le dire, sur El Jazeera ce sont toutes de très charmantes femmes qui présentent les différents programmes de la chaîne. Parmi elles, Khadija est la seule femme voilée. Mais ce n’est pas ce qui la démarque des autres. En effet, ce qui fait d’elle une des plus célèbres présentatrices, c’est son illustre parcours.
Après avoir travaillé pour une radio et la télévision algériennes, elle s’installe à Berne et intègre la Radio Suisse Internationale pour enfin rejoindre El Jazeera. Elle affirme « être fière d’être le produit d’une industrie locale algérienne », et insiste sur l’importance du rôle de la femme dans les médias.
Cette pionnière est plus que jamais dans l’air du temps : une femme professionnelle, spirituelle et tellement féminine. Pas question de faire d’elle un alibi, elle est journaliste un point c’est tout. D’ailleurs, elle n’a plus à faire ses preuves. Ses compétences journalistiques ont été primées, et elle continue à susciter la fascination de ses pairs.
Khadija Benguenna, une journaliste émérite, une femme de convictions qui a du style ! Et pour la petite histoire, il paraît qu’elle roule en Porsche… la veinarde !
Quand le portable se fait muezzin
15 juillet 2009 par Habiba
Classé dans Ce qui fait débat
Chacune le sait, on n’arrête pas le progrès. Et lorsque le progrès se met au service de la communauté, lorsqu’il concerne le pilier le plus important de l’Islam et qu’il permet d’en simplifier la pratique alors là, on adhère toutes! Je veux bien entendu parler de la prière. Petit plaisir qui nous est accessible et audible uniquement (mais pas que…) lors de nos déplacements au Maghreb ou dans les pays du Moyen-Orient, l’appel à la prière est aujourd’hui disponible sur téléphone mobile.
Fini les calendriers papiers, il est possible de s’acquitter de cette obligation religieuse en temps réel ou tout du moins d’en connaître les horaires, quelque soit le lieu (ville ou pays) où vous vous trouvez.
Aujourd’hui, à moins d’être en vacances et à moins de pouvoir être dans un endroit totalement neutre (à la maison, à la mosquée, etc…), il est quasiment impossible de faire ses prières quotidiennes à l’heure exacte. Nombreuses sont celles qui n’ont pas d’autres choix que de les rattraper une fois revenues à la maison. Les cours, le travail, les voyages, les activités diverses et variées, nous contraignent très souvent à s’exécuter de la sorte.
Comment donc répondre à ce réel besoin ? Après avoir conquis le cœur des fidèles par le téléchargement de logiciels d’appel à la prière sur leur ordinateur, les concepteurs ont doublé d’ingéniosité en créant plusieurs applications dédiées à votre téléphone cellulaire. Celles-ci ont vu le jour dans de nombreux pays du Golfe et sont désormais à la disposition des musulmans de France : Mobile Muezzin, Azan Times, Pocket Muezzin…et bien d’autres. Cocorico ! Il en existe même une 100% frenchy : Calisla Call. La liste n’est bien sûr pas exhaustive. Vous trouverez toutes sortes d’informations à l’adresse suivante : www.getjar.com.
Le principe est simple. Le tout est de posséder un téléphone qui supporte l’application Java (autant dire que si vous avez encore votre vieux Bi-Bop…abandonnez). Après vous être connectées sur un des sites de votre choix et/ou après avoir payé la cotisation demandée (certains sites sont payants mais cela ne vous ruinera pas ; il s’agit, en fait, d’un paiement annuel qui donne accès à des options supplémentaires telles que le téléchargement de fonds d’écran, de musique, de sonneries, etc…), il suffit de suivre les instructions de téléchargement. Tout se fait via une adresse Internet que vous aurez préalablement reçu par SMS. Ensuite, y a plus qu’à et…tadam…vous voilà détentrice d’une des dernières technologies « islamiques » !! Toutes les applications sont paramétrables en fonction de votre téléphone (marque, modèle, ville, pays, direction de la Mecque, etc.). Rien n’est laissé au hasard. Les calculs de prières sont déterminés de manière astronomique et prennent en compte des critères géographiques et l’ombre du soleil (of course !).
Vous n’aurez plus d’excuses pour rater vos prières. Si vous n’êtes pas à la maison, si vous n’êtes pas proche d’une mosquée ou tout simplement si vous avez la possibilité de faire votre salat sur le lieu sur lequel vous vous trouvez (quelle chance !), alors vous adopterez certainement une de ces merveilles. Attention tout de même à adapter le volume de votre téléphone ; rappelez-vous cette citation de John Stuart Mill : « La liberté de l’individu doit être ainsi bornée : il ne doit pas se rendre nuisible aux autres.». Il ne conviendrait pas, sous prétexte d’obligation et de devoir religieux, d’entraver la tranquillité de votre entourage.
Dernière recommandation : évitez d’avoir votre portable dans les lieux d’aisances (sauf votre respect) …ça serait déplacé…à bonnes entendeuses…
Je vous laisse les gazelles, je crois entendre une voix…Bilal, c’est toi ?
L’homme de ma vie est en fait mon frère
15 juillet 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Il ne s’agit pas d’aborder la question de l’inceste, on laisse Delarue s’en charger, mieux je vous renvoie à l’ethnologue Claude Lévi Strauss et à sa typologie de l’inceste, et ça aussi ça se discute ! En fait, je vous parle de ce que l’on appelle communément le frère de lait.
Qui n’a jamais entendu parler d’une cousine, d’une voisine, d’une tante ou encore d’une connaissance qui a appris un beau jour, alors qu’elle avait 18 ans et qu’elle avait des sentiments pour son voisin ou encore son cousin, qu’il était son frère ? Ironie du sort, tragédie, drame, une sorte de remake d’Antigone, revu et revisité.
C’est pourtant une pratique très répandue tant jadis qu’aujourd’hui. A l’époque du Prophète (SAW) les femmes arabes prenaient des nourrices pour leur enfant laquelle l’allaitait et se chargeait de son éducation.
Notre génération ne pratique pas ou plus cela pour leurs enfants. Néanmoins, nous restons confrontées encore aujourd’hui à des situations où il nous faut demander et s’assurer, surtout s’il s’agit d’un membre de la famille, qu’aucun des deux n’a été allaité par la même femme.
Cependant, il ne s’agit pas d’avoir tété une minute le sein d’une seule et même femme. On considère que sont frères de lait, les nourrissons qui auront tété à satiété.
Rappel des faits mis à part, cela reste problématique et cruel pour deux êtres faits pour s’entendre, épris d’amour mais pour qui une bonne tétée aura été fatale. Oh ! l’appel du ventre, l’insouciance des mamans briseuses de couple, tout cela parce que l’une était chargée de garder les nourrissons pendant que l’autre était au marché pour ses achats de dernière minute pour le bled.
Quand le problème se pose, et que l’on ne sait plus qui a été allaité par qui, quand, combien de fois et combien de temps, on va jusqu’à dresser une chronologie, un historique des faits. On fait appel au sage du village, à la vieille mama qui sait tout sur tout et qui a procédé à l’emmaillotage du premier bambin du quartier.
Quand elle arrive, tout le monde est en nage. La jeune fille en a le souffle coupé, la maman est fébrile, bref toute l’assemblée est pendue aux lèvres de la vieille et attend le verdict .
Par ailleurs, il y a des histoires encore plus tragiques, moins cocasses : l’histoire de celui qui a bu le verre de lait qui se trouvait dans le frigo. Sauf que c’était du lait maternel ! Ah !
Moralité : rendre service à une amie en détresse c’est bien, mais ne prenez d’initiatives qui pourraient compromettre l’avenir d’autrui. Et pour celles à qui c’est arrivé, un conseil : tombez sous le charme ‘un homme qui habite à 100 Km de chez vous, quoique si c’est un blédard…
Mahmoud Bagdadi, le calligraphe
Au delà de la beauté des tableaux qui tapissent nos murs, la calligraphie est un véritable art, porteur de sens, qui nous enseigne la sagesse et la patience. Voyage au cœur de la calligraphie avec Mahmoud Bagdadi, un calligraphe et un artiste accompli.
Comment êtes vous venu à la calligraphie ?

J’ai commencé à l’âge de quatorze ans, je ne savais pas ce que c’était avant. Ce n’était pas par désir, ce n’était pas un rêve que je cultivais. Déjà à l’âge de six ans, je dessinais sans avoir suivi de cours, et c’est le dessin qui m’a amené vers la calligraphie. C’est à l’âge de quinze ans que j’ai réalisé mon premier tableau. En fait, j’ai vécu en France jusqu’à mes six ans, j’ai fréquenté l’école française mais aussi l’école irakienne. En France, on accorde beaucoup d’importance à l’art. On me demandait de dessiner, et c’est à partir de là que j’ai pris goût à l’art. Je n’ai pas arrêté, et quand je suis retourné en Irak, j’avais toujours mes cahiers.
Et vous avez suivi des cours de dessin en Irak ?
En Irak on suivait des cours d’arts plastiques. Je prenais ce cours vraiment au sérieux, plus que mon professeur, parce qu’il est vrai que ce n’était qu’un cours parmi d’autres. J’ai voulu continuer dans le dessin, et dans notre quartier, il y avait une mosquée dont je connaissais l’Imam. Il avait vu mes dessins et m’a invité chez lui. Il m’a demandé de reproduire une illustration, je me souviens c’était un garçon qui jouait au football. Je l’ai dessiné et il était ébahi par le résultat, il avait même appelé sa femme tellement il était surpris (rires). Quelques jours plus tard, il m’a demandé de venir à la mosquée, j’avais alors quatorze ans, et m’a présenté à un calligraphe. Ce dernier calligraphiait chaque vendredi sur un tableau, un hadith, une parole de sagesse que les fidèles découvraient avant le sermon et la prière.
Et c’est lui qui vous a tout enseigné ?
Il a commencé par des cours, une classe de vingt élèves s’est alors constituée. J’étais impressionné par son art, j’en restais bouche bée, et de là j’ai voulu apprendre et devenir calligraphe. Il a remarqué que j’étais le meilleur élément mais j’étais le plus âgé aussi ! Je faisais le moins d’erreur, et l’année suivante, il m’a demandé d’enseigner aux débutants. Et il m’a même fait l’honneur de me donner le relais pour la calligraphie du vendredi, on avait chacun notre tableau. A quatorze ans, cela a changé le cours de ma vie. J’ai intégré l’Institut des Beaux Arts de Bagdad après le collège et après un concours très difficile où je suis arrivée troisième sur deux cents. Je me souviens avoir dit à mes parents que si je ne le réussissais pas j’arrêterais définitivement l’école, j’y tenais beaucoup! Mais grâce à Dieu tout s’est bien passé.
Et qu’est ce qu’on y étudie ?

On y reste cinq ans, les trois premières années sont générales : on y étudie le dessin, la peinture, la musique, la poésie, l’artisanat, en tout seize matières. Et bien évidemment la calligraphie. On y a étudié les styles les plus connus.
Qui sont ?
L’écriture Tuluth ou reine des écritures ; l’écriture Naskhi qui est utilisée pour le Coran, le style Persan, le Diwani et le style Roq’a.
Quel sens donnez vous à la calligraphie ?
L’écriture c’est pour lire et la calligraphie pour réfléchir.
Certes, c’est parfois tellement compliqué, qu’on met du temps à déchiffrer les lettres et les mots, et il arrive qu’on ne réussisse pas d’ailleurs ! Et ce sont souvent, pour ne pas dire toujours, des propos pleins de sagesse que l’on calligraphie, des versets du Coran, des proverbes, des vers, est ce quelque part c’est son ultime rôle ?
Par essence, la calligraphie a commencé à se développer avec l’apparition de l’Islam. L’idée était de ne pas perdre le Coran, on craignait qu’il disparaisse parce que les gens l’avaient mémorisé, la tradition était orale. Et comme il s’agit de la parole de Dieu, il fallait l’écrire de la meilleure des manières parce que c’était une parole sacrée. C’est donc né bien avant l’Islam mais ce dernier a permis de le développer. La langue arabe est très riche et c’est pareil pour la calligraphie. On parle de six ou sept styles, mais il en existe des milliers en réalité. Au début, il n’y avait pas de vocalisation, il a fallu vocaliser par la suite pour les étrangers. Ce ne sont jamais des phrases banales. Il faut savoir

qu’auparavant le calligraphe était un ministre qui rédigeait les lettres pour le sultan, signait pour lui.
La calligraphie, c’est l’amour de l’écriture et par extension de la lecture, quelles sont les sources qui vous inspirent le plus ?
Je calligraphie les phrases qui sont proches de mon cœur. J’écris des paroles de sagesse, des proverbes. Des phrases que j’entendais quand j’étais petit : des phrases sur la patience, le respect, le savoir… La calligraphie c’est comme la mer avec tout ce qu’elle recèle en terme de merveilles.
Et aujourd’hui, vous en avez fait votre métier.
Je n’ai jamais pensé à enseigner, ni songé à ce que ça devienne commercial. C’est pas le but de la calligraphie, comme je le dis c’est une éducation. Je ne peux pas compter que sur cela. Je réponds à des commandes mais je ne vends jamais mes tableaux d’exposition. Je ne peux pas, ce n’est pas mon but.
Dans quel cadre dispensez vous des cours ?

J’enseigne depuis cinq ans. Je donne des cours à la Librairie Ishtar près de l’Institut du Monde Arabe. Il existe différents niveaux et j’assure les cours tous les lundis. Par ailleurs j’ai crée l’association L’école de Bagdad, pour la promotion de l’art en général.
Que pourriez vous dire aux lectrices de Hijab and the city qui souhaiteraient se lancer dans la calligraphie ?
Même si la calligraphie paraît difficile à déchiffrer, à lire, elle est loin d’être difficile à apprendre. Cela me rappelle une expression qu’utilisaient beaucoup les Ottomans « Creuser un puit avec une cuillère », c’est cette patience qu’il nous faut. Il faut vivre cet art.
Merci à vous Mahmoud, et je dois vous avouer que vous m’avez vraiment donné envie d’apprendre !
Site de Mahmoud Bagdadi: www.mahmoudbagdadi.com
Photos : Mahmoud Bagdadi, juillet 2009, Paris – Hijab and the city
Le divorce : l’avis de la psy
3 juillet 2009 par Karima Chahdi Bahou, hypnothérapeute et praticienne en psychothérapie
Classé dans Psy-show
Chose promise, chose due! Suite aux multiples interventions impulsées par la question de la semaine, Karima Chahdi Bahou revient sur vos réflexions et vos interrogations, pour vous offrir des pistes ainsi que des éclaircissements.
Un divorce n’est jamais facile qu’il soit assumé ou subi. C’est un événement qui bouleverse votre vie entière, c’est-à-dire au niveau matériel, parfois physique, psychologique et spirituel.
Le divorce remet en cause les fondations d’une vie de couple, une vie de couple qui s’achève. Il ouvre une phase de turbulences de perturbations qui peut être déstabilisante. Nous l’avons lu dans les témoignages. Et Je tiens à remercier ici du fond du cœur toutes les personnes qui ont osé parler, témoigner de leur histoire, de leur ressenti, d’avoir participé à casser un tabou qui a encore malheureusement la vie dure dans notre société.
Notre vie terrestre est une continuelle bataille et ce n’est pas facile tout d’abord avec nous-mêmes et raison de plus avec son conjoint. A chacun son histoire, son éducation, son vécu et j’ajouterai ses aspirations. Et quand on se marie, on a pour objectif inconscient et dommageable de ne faire qu’un, d’ailleurs un proverbe anglais dit très justement : «Ne faire qu’un. Oui, mais lequel ?». Pour ne faire qu’un, le couple plonge spontanément dans la rivalité : l’un doit prendre le pouvoir sur l’autre. Le désir d’autonomie apparaît forcément d’un côté ou de l’autre. Le besoin de se réaliser et de se différencier de l’autre. Or cette tentative de l’un peut être perçue comme un abandon par l’autre. Pour ce dernier, la différence n’est pas un enrichissement mais une séparation, donc un conflit : «Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ».
C’est ce qui ressort, à mon sens du témoignage d’Inès. Elle a réalisé qu’elle devait faire le deuil de son mariage, le deuil de la relation qu’elle avait imaginé, espérer avec son conjoint. Parce qu’à un moment donné quand on souffre dans la relation, que vous vous sentez perdre votre identité et bien il faut savoir arrêter une histoire. Pour les personnes pour qui le divorce a été libérateur, cela leur révèle leur propre capacité à décider, à refuser ce qu’elles ne veulent pas, même si elles ne savent pas encore, consciemment, ce qu’elle souhaite au plus profond d’elle-même. Et il serait intéressant qu’Inès s’interroge sur ce qu’elle a appris sur elle-même au travers de cette histoire ? Dans sa prise de décision ?
La personne a besoin de se donner le temps de souffrir, comme nous l’exprime Thé ou Café « la convalescence me va bien ». Notre premier réflexe est de vouloir oublier, occuper son esprit à autre chose, car y penser cela fait mal, angoisse ; et le danger c’est quand on fuit son chagrin, sachant qu’ il ne tarde jamais à vous rattraper, alors autant lui donner sa part en pleine conscience, afin de réparer ce qu’il y a à réparer, d’évoluer et de s’améliorer dans une nouvelle relation épanouissante. Quand il y a des enfants, il est vrai que la rupture entraîne de grands changements familiaux. Le divorce des parents est toujours vécu, au départ, comme une épreuve douloureuse par l’enfant. Il faut tout d’abord rassurer encore et encore sur l’amour que les parents portent à leurs enfants même s’ils sont séparés. Qu’ils leur répètent qu’ils n’ont aucune responsabilité dans leur divorce/séparation, et qu’ils peuvent se comporter « en enfant » sans craindre de perdre l’un des deux parents. C’est aussi en accompagnant votre enfant, communiquer avec lui de ce que vous ressentez sans accusez l’autre. C’est lui donner l’occasion, d’une part, de mesurer la place qu’il occupe pour ses parents, c’est l’assurer qu’il compte. Et d’autre part lui apprendre que la séparation n’est pas une catastrophe irrémédiable, qu’après l’orage il y a le beau temps. C’est le couple conjugal qui se sépare, pas le couple parental. Et il est aussi nécessaire de leur donner le droit de poser des questions et d’en parler, s’ils en ont besoin, avec des amis de la famille et même en dehors du cercle familial. Le divorce n’est pas un secret honteux.
Refuser de divorcer pour préserver ses enfants : est-ce la bonne solution ? Il n’y a pas de réponse toute faite, chaque cas est particulier. Et cette douloureuse interrogation repose sur une double problématique : un désir profond de protéger ses enfants et la nécessité de se séparer. Certains enfants témoignent d’une souffrance vécue face à des parents qui ne se séparent pas, qui ne se parlent plus, ne se regardent plus. Certains enfants devenus adultes aujourd’hui auraient préféré voir leurs parents séparés plutôt que de vivre l’angoisse de ce silence ou des disputes à venir.
Le témoignage de Chaima est édifiant en ce sens et sur la probable culpabilité qu’elle peut porter. Très réceptive à ce climat de tension, elle tente même de les réconcilier et se sent investie par cette mission donnée par sa mère. Et il serait intéressant de se demander ce que Chaima veut ou peut sauver, alors que ses parents ne manifestent pas réellement la volonté de vouloir se réconcilier (d’après les éléments dans le témoignage).
Quand au témoignage de « thé ou café » il montre, pour moi, quelques uns des avatars d’une relation de couple, si pleine de risques et de malentendus sincères. Une relation dans laquelle nous usons de tant d’habileté pour blesser l’autre ou nous-mêmes ! Accusations, agressions, bourreau, victime etc… Il est clair que la relation conjugale se basait plutôt sur une relation de rapport de force « qui sera le chef ?! » Et je crois que dans ce genre de relation il est important de lâcher ce que l’autre prend pour prise, c’est-à-dire accepter l’idée que vous n’êtes responsable que de votre « extrémité de la relation », inviter l’autre à être responsable de la sienne. Reconnaître ses manquements et que cet excès de violence est une manière de demander de l’aide ; ET en tant que thérapeute je me pose la question suivante : en quoi le symptôme, en l’occurrence ce comportement, est la solution au problème ?
Il ne faut surtout pas les nier mais oser en parler afin de minimiser le sentiment d’angoisse et donc de les dépasser. Un couple qui dure est un couple qui accepte les différences et qui transforme la situation de façon à être de nouveau satisfait.
Vouloir changer l’autre, c’est difficile. Mais on peut le faire évoluer en se comportant soi-même différemment. L’humilité, constitue en effet une bonne approche. C’est sur soi qu’il faut travailler et non sur l’autre. Le lien conjugal est un projet qui comme tous les projets de notre vie doit être un champ pour la Vie Future. Dieu nous dit : « Je ne changerai rien en un peuple, tant qu’il n’aura rien changé en lui-même. »
Pour conclure, j’aimerais rajouter qu’un divorce ne doit pas se vivre comme un échec, exprimez vos émotions, ne les refoulez pas, elles vous amèneront à de nouvelles prises de conscience. Ne culpabilisez pas, car la culpabilité est mauvaise conseillère. Et enfin profitez de cette épreuve pour en tirer les enseignements, ce qu’elle vous apprend sur vous-mêmes ce qu’elle a mis en valeur par ailleurs. Et comme vous l’avez fait durant cette semaine continuez à partager, échanger avec d’autres personnes qui ont vécu la même chose que vous.
Notre vie ici-bas n’est qu’un examen de passage. Puissiez-vous trouver la Paix !
Mon style trendy
1 juillet 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
Une fois le problème de la robe solutionné, il vous reste un énième « casse tête » à régler, celui du hijab. Celui qui sublimera votre tenue… ou pas !
Vous me direz entre femmes pas de soucis, le chignon ou le brushing le remplace. Mais n’oubliez pas la cérémonie officielle, la mairie, le parc… et tout le tralala. Donc une fois le hijab choisi, on commence à réfléchir au « montage » et c’est là que ça se corse !
Non non, je ne suis pas entrain de vous parler du mode d’emploi de votre dernier meuble ikea, mais bien de la façon dont vous « nouerez » votre trendy hijab. Car il existe bien des façons de porter ce hijab, celui des grands soirs où tout est permis !!! Pour preuve, on trouve toutes sortes d’explications plus ou moins hasardeuses des différentes façon de le mettre. Mais à en croire les nombreux essayages qui m’ont fait perdre cheveux, temps, 2 kilos et bouziller un foulard en soie… dois-je capituler ? Non, je dis STOP !
Ok, la photo est jolie, un peu floue, trop petite mais à cette heure j’aurais plus envie d’explication pour les myopes, c’est à dire en gros, trés gros ! Oui, on peut être élégante sans pour autant se casser la tête…
Le hijab brodé est une bonne alternative, il se suffit à lui même, on y ajoutera simplement une broche bijoux à piquer sur la tempe ou sur la poitrine. La tendance du « Headband », comprendre du « bandeau de tête », me donne des idées. A nouer autour de la tête il décore joliment notre foulard. Ruban de satin, brodé, perlé, tréssé, plumé, strassé… le choix est conséquent et ravira les plus sceptiques.

Pour les âmes en fleur, il existe différentes sortes de « montages »… quasi scientifiques !! La solution: les broches « fleur » qui nous permettront de créer l’illusion d’un joli bouquet ! A piquer sur la tempe ou pour un effet chignon, dans la nuque.
Laissez libre cours à votre imagination. On mélange les tailles et les couleurs pour un effet garanti ! Pour les éternelles romantiques, la dentelle est de mise. On achète un ruban de dentelle qu’on peut customiser de perles ou de bijoux. On le noue sur la tête et le tour est joué ! Les mariages sont l’occasion de se faire belle et de se faire plaisir. Alors mesdames osez ! A défaut d’être chapeauté on crée la tendance avec notre hijab « trendy ». Quelques exemples vous donneront peut être l’inspiration !

Discussion et perte de temps
30 juin 2009 par Habiba
Classé dans Ce qui fait débat
Benjamin Franklin disait : « Le temps, c’est de l’argent » (in english, Time is money…). Dans ses Fleurs du Mal, Charles Baudelaire déclarait que « Le Temps mange la vie ». Autant d’adages et d’expressions qui nous amènent à nous questionner sur la notion de temps.
Au même titre que l’air et l’eau, le temps est un « bien » précieux qui se doit de ne pas être négligé car il peut, s’il est mal géré, engendrer des conséquences irrécupérables. Or, force est de constater qu’aujourd’hui, et de plus en plus, nos conversations au lieu d’être utiles sont devenues futiles. XXIème siècle oblige, nos manières de communiquer ont évolué : Internet et le téléphone portable sont les deux principales nouvelles technologies dont nous usons et parfois abusons. Les sms, les messageries instantanées, les sites de réseaux communautaires sont autant de moyens mis à notre disposition pour nous permettre de « discuter ». Pour les réfractaires, le bon vieux commérage reste de rigueur.
Mais quelle valeur ajoutée, nos discussions nous apportent-elles ? Tirons-nous suffisamment profit du temps que nous consacrons à nos discussions ?
Nous savons toutes que l’échange est primordial lorsqu’il est utilisé à bon escient. Soyons objectives ! Nous pouvons entamer des conversations qui, au départ, peuvent sembler importantes mais très vite nous perdons le sujet de vue et nous nous dispersons vers des bavardages sans importance. Pire ! La calomnie et la médisance peuvent sournoisement et inconsciemment apparaître dans nos échanges et il peut même nous arriver d’entretenir des propos incohérents et totalement dénués de sens. En attendant, les minutes passent, les heures défilent et nous continuons à laisse fuir ce temps si précieux. De nombreuses activités restent en instances ou sont traitées ultérieurement. Nous devenons, par la même occasion, insouciantes de notre lendemain, ne sachant plus différencier l’engagement du dilettante.
Vous devez garder à l’esprit que votre temps est compté. Soyez brèves et concises dans vos propos. Ne vous étalez pas pendant des heures : chaque instant perdu est irremplaçable. Mieux, réservez-vous quelques minutes par jour pour vos diverses discussions. Allez à l’essentiel et évitez, autant que faire se peut, de vous laissez entraîner dans tout ce qui pourrait vous détourner de vos objectifs journaliers, de vos différentes pratiques religieuses, de votre travail, etc.
L’Islam apporte une importance toute particulière à la valeur du temps mais pensez à vous octroyer néanmoins quelques moments de détente avec votre famille, vos amis, vos voisins, etc. Un peu de légèreté n’a jamais été déconseillée.
Ayez le temps d’être ! Ne vivez pas à contretemps ! Comment ? Vous devez y aller ? Au temps pour moi…
« Après notre divorce, j’étais heureuse »
30 juin 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Être une femme divorcée n’est pas facile à vivre. Et pourtant, pour ces femmes, le divorce est bien souvent vécu comme une libération, un soulagement. Évidemment, la douleur d’une séparation reste incommensurable et il est difficile de se reconstruire et de reprendre confiance. Dans ce témoignage, Inès nous fait part de son expérience afin de briser les tabous autour du divorce et donner de l’espoir à celles qui subissent cette épreuve. Ce témoignage vient répondre, en partie, à la question de la semaine.
Peux tu nous raconter ton histoire, les débuts ?
Je me suis mariée à l’âge de 28 ans. C’était mon assureur, que j’ai connu suite à un incendie dans mon appartement. A l’époque je vivais seule, et ce n’est pas parce que j’étais célibataire que je n’avais pas une ligne de conduite, j’étais carrée sur ce point là. On s’est revu, il a voulu venir chez moi, mais je lui ai dit que pour cela il fallait qu’on se marie avant d’aller plus loin. Il a donc demandé ma main, et ce 9 mois après notre rencontre.
Comment cela se passait avant le mariage ?
J’étais une princesse, j’étais bien traitée et c’est pour cela que je voulais me poser. J’en étais arrivée au stade où j’avais terminé mes études, où j’avais décroché un emploi, j’avais mon appartement, bref, j’étais posée. Et c’était quelqu’un de doux, tout allait bien.
Et tu t ’es mariée.
Je me suis mariée et déjà, pendant les préparatifs, j’ai commencé à découvrir son vrai visage. Et au bout de quinze jours, j’avais une autre personne en face de moi, c’était horrible !
C’est à dire ?
Une fois devenue sa femme, il voulait me modeler. Il était jaloux, possessif. J’avais droit à des crises. Il était très suspicieux, surtout quand je prenais soin de moi et c’est pourtant ce que je faisais avant le mariage, je n’avais pas changé. Il était verbalement violent, il me faisait peur. Le soir, en rentrant, il était toujours énervé.
Et tu trouvais cela normal ?
Je me suis dit que le mariage n’est pas quelque chose de facile, qu’il fallait une phase d’adaptation.
Et qu’est ce qui t’a finalement décidée à demander le divorce ?
Tout m’amenait à demander le divorce. J’ai patienté, on a discuté et je l’ai même orienté vers un psy. Il m’a dit qu’il y allait, mais il m’a menti, je l’ai découvert quand je lui ai proposé d’y aller ensemble.
Quelque chose te bloquait ou tu étais clairement décidée à le faire ?
Au début, j’ai pensé à mes parents, et puis j’ai pris ma décision. D’autant que je ne prenais plus soin de moi.
Tes parents savaient que ça n’allait pas ?
Je ne voulais pas leur parler de mes problèmes, je ne voulais pas les inquiéter. Ils n’ont pas imaginé un instant que ça n’allait pas. Je n’en ai parlé qu’au bout d’un an. Quand j’ai commencé à me renseigner sur la procédure de divorce, j’en ai informé ma mère qui a été surprise et m’a conseillé d’essayer de nous arranger.
Et tu as suivi son conseil ?
Ma mère en a parlé à mon père qui m’a demandé de l’appeler quand ça n’allait pas, chose que j’ai faite mais quand mon père souhaitait





