Nourritures de l’âmes, nourritures terrestres …

15 décembre 2009 par Cuistot  
Classé dans Cuisinez la

table-libanaise-reMe voilà de retour, cher (es) lecteurs (rices), après un mois passé à Médine et à la Mecque. J’en reviens heureuse et triste à la fois : heureuse de retrouver les miens, mais triste de quitter notre bien-aimé Prophète et la Kaaba. C’est un voyage, que dis-je, une aventure humaine que je souhaite à chaque croyant, intense en émotions et en spiritualité, où chaque minute, chaque seconde est consacrée à l’adoration de Dieu. Mais pas seulement ! On y fait des rencontres extraordinaires avec des personnes issues de cultures et d’horizons divers, on apprend à respecter l’autre, à aller au-delà de nos préjugés ….en bref, une vraie leçon d’humilité ! On goûte aux douceurs de la foi, et – chassez le naturel, il revient au galop – on découvre de nouvelles saveurs culinaires.

Autant vous dire que le choix est très varié ! Tous les continents sont à l’honneur : Europe, Asie, Afrique, mais la part belle est tout de même accordée à l’Amérique - du Nord- , avec son lot de fast-food, sandwicherie et autres lieux de la haute gastronomie américaine ! Allez, je vous les cite, je les ai tous fait : King Burger, KFC, Hardee’s, Pizza Hut, Kodo… Pas très ragoûtant, je vous le concède ! Et comme je suis partie pour un mois, et que ce type d’alimentation n’est habituellement pas le mien, je me lasse très vite et me lance à la recherche d’autres saveurs !

En premier lieu, la cuisine locale, c’est-à-dire saoudienne. Un repas saoudien typique est composé de poulet ou d’agneau épicé, de dattes et de lait fermenté ou laban. On trouve également un type de poisson, le hammour, à la chair blanche, particulièrement délicieux et goûteux. Un restaurant, Tazaj, (qui signifie frais en arabe), propose des plats typiques comme al kabssa, un met qui renvoie à la méthode de cuisson du riz mi-cuit, qui est déposé sur la viande en sauce, déjà cuite dans le faitout. A l’aide d’un linge propre, on entoure le faitout pendant quelques minutes, ce qui permet au riz, de prendre toute la saveur du bouillon déjà réduit. Au moment de servir ce plat, on retourne le faitout comme on démoulerait un flan, laissant apparaître la viande en haut et le riz en bas. Une variante de ce plat, al maqlouba : un peu comme al kabssa, agrémenté de légumes (aubergines, courgettes, tomates…). Ces plats ont l’air à priori très simple, mais la cuisson du riz à la saoudienne, est intéressante : on utilise beaucoup d’épices (cardamome, clous de girofle, baies…) qui parfument le riz et lui donne un goût et une saveur inimitable.

On peut également apprécier les saveurs de la cuisine turque : brochettes de koftë au poulet, ou à l’agneau, riz boukhari (un pur délice !), lahmaçun (pizza turque), moussaka… Restaurants que je vous conseille ; ils sont, en effet, propres et bien tenus. Car l’hygiène n’est malheureusement pas une notion très répandue en Arabie Saoudite. Le climat très chaud n’aidant pas, beaucoup de pèlerins font des intoxications alimentaires, ou pire, attrapent des gastro, pour avoir eu le malheur de manger un kebab/frites dans la petite échoppe en bas de l’hôtel !

La diversité des peuples et des gens se ressent pendant le Hajj, et la cuisine en est une parfaite illustration, comme nous venons de le voir. Pendant mon séjour, je n’ai cessé de méditer ce verset du Coran où Dieu dit : «Ô gens, nous vous avons créé à partir d’un mâle  et d’une femelle, et avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous appreniez à vous connaître». S’intéresser à la culture de l’autre, est justement le moyen  de s’ouvrir aux autres, de connaître l’Autre, afin de mieux le respecter.

Le pèlerinage, ce voyage

2 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Spiritualités

hatc femme.Que les âmes malheureuses et désespérées passent commande auprès des pèlerins millésime 2009 ! Et oui, l’heure du pèlerinage a sonné pour certaines, un voyage extraordinaire, et bien souvent inattendu. Bien sûr, on s’y prépare des mois voire des années avant, car au-delà d’être « the  » voyage, il a avant tout un coût, un vrai business. La prescription qui veut que le pèlerinage n’est obligatoire qu’à celui qui en a les moyens prend aujourd’hui tout son sens. En effet, le pèlerinage est une véritable mine d’or pour les agences qui les organisent et qui surenchérissent sur la qualité de la prestation. Et les offres se démultiplient : entre l’option hôtel cinq étoiles avec chambre individuelle (de couple), la limousine qui vous dépose à la Mosquée ou encore le sacrifice du mouton inclus ouh !!! Des packages tous aussi intéressants les uns que les autres pour vivre son pèlerinage dans les meilleures conditions possibles, faut juste avoir une bonne bourse et ne pas tomber sur des aigrefins.

Mais au delà de l’aspect commercial, le pèlerinage c’est avant tout une aventure humaine et c’est bien là que l’effort est à faire, car en soit, à moins d’être physiquement très faible, les rites sont faciles à accomplir. Ce qui est éprouvant et rude c’est bel et bien de supporter l’attitude, parfois désinvolte, de ses coreligionnaires. Une marée humaine, regroupant des personnes venues des quatre coins du monde et qui, comme tout bon pèlerin, n’ont qu’un but en tête, faire le maximum, c’est à dire même les rites surérogatoires, ou honorer un challenge comme celui de toucher la fameuse Pierre Noire. Or, tout le monde n’a pas le même rythme, les mêmes capacités ; aussi, l’attention est de mise et surtout la patience. Garder son flegme même quand on reçoit des coups de parapluie sur les côtes ou quand on nous piétine. Des épisodes à la fois surprenants et cocasses que les pèlerins nous racontent avec le sourire une fois de retour mais qu’ils ont du supporter sur le coup en pensant au mérite du hadj.

On nous fait part également de la richesse des cultures pendant ce voyage et de la diversité des façons dont le pèlerinage est vécu par les différentes communautés. Mais l’émerveillement est unanime face à la discipline des Asiatiques, en particulier des Indonésiens et des Malais. On dit que dans ces pays, n’est autorisé à accomplir le pèlerinage que celui ou celle qui aura auparavant passé un examen de bonne conduite ainsi qu’un test de connaissances sur le hadj et ses rites. Mais ce qui fait le charme de ce fabuleux voyage, c’est qu’il est plein de rebondissements et de surprises.

Et puis, il y a les moments shopping pour certaines, où l’on fait le plein d’étoffes de soie, de parfums musqués, de chapelets premier choix et de tenues traditionnelles.

Mais rappelons le, le hadj c’est avant tout l’occasion de se recueillir et de se rapprocher de son créateur. C’est la chance d’escalader les Monts Ohod et Arafat, et pour les plus courageuses d’aller jusqu’à la grotte de Hira. Des endroits historiques où l’on ressent une quiétude certaine et une paix intérieure.

Alors souhaitons bon voyage à toutes celles qui s’apprêtent à partir et pensez à formuler vos requêtes auprès de ces dernières (hein les célibattantes ?).

 Et bon voyage à Cuistot et Karimouch, que votre pèlerinage vous comble de bonheur. Et ayez une pensée pour les hatcien(ne)s, petites veinardes !

Pensez à faire un tour dans notre rubrique Appel à témoins afin de partager avec nous vos expériences et vos histoires. 

Le grand voyage d’Ibn Battûta

12 octobre 2009 par La rédaction  
Classé dans Ce qui fait débat

affiche Ibn BattûtaMarco Polo, Hernan Cortes ou plus tard James Cook, sont de grands explorateurs européens dont on sait le parcours, et dont les aventures nous fascinent encore aujourd’hui.

Illustre explorateur d’origine tangéroise, Ibn Battûta est cependant moins connu en Europe et pourtant… C’est à l’âge de 22 ans qu’il décide d’entreprendre son premier grand voyage à destination de la Mecque, en vue d’accomplir le pèlerinage (el hajj).

Il voyagera pendant 29 années, parcourant l’Afrique, l’Europe mais aussi l’Asie, une distance équivalente à plus de 120 000 Km, soit trois fois la distance effectuée par Marco Polo. Ses récits de voyage seront retranscrits et compilés en un livre, Rihla.

Prix du public du 13ème festival de La Géode, le film  « Le Grand Voyage d’Ibn Battûta, de Tanger à La Mecque », sera présenté le 14 octobre à Paris, à la Géode, le plus écran hémisphérique d’Europe.

Un film qui vous donnera sûrement envie de découvrir l’œuvre de ce grand voyageur.

 Pour plus d’infos rendez-vous sur le site de La Géode.