Hijab and the city sur Rue89

15 novembre 2009 par La rédaction  
Classé dans A la une, Ce qui fait débat

Rue89Nous publions aujourd’hui une interview de Hijab and the city accordée à Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog  Canons de beauté sur Rue89, un vidéo-blog  très intéressant que nous vous conseillons, qui propose selon l’auteure « des portraits de personnes dont l’activité, les préoccupations, la culture sont liées aux questions de l’apparence ». Bonne lecture ! 

Hijab and the city : quand l’ « habit fait la musulmane »

Il est des apparences qui prêtent plus à penser que d’autres. Celles des femmes musulmanes portant le voile en font partie.

Le hijab divise depuis plus de vingt ans maintenant. En 1989 (on l’appelle alors « tchador »), le voile islamique fait son apparition dans les débats publics lorsque trois élèves d’un collège de Creil se voient renvoyéee pour port d’insigne religieux contraires à la laïcité.

Plus récemment, la proposition de légiférer sur le port de la burqa, qui a rapidement glissé vers la question du foulard, a relancé le débat. De même que la parution dans Paris Match en octobre dernier d’une photo montrant la chanteuse Diam’s voilée. Si l’artiste ne s’est pas encore exprimée sur le sujet, beaucoup d’autres l’ont fait, comme Sihem Habchi, présidente de l’association « Ni putes, ni soumises », pour qui Diam’s « victime de son entourage » a « capitulé ».

Pour Canons de beauté, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de Khadija et Mariame Tighanimine. Khadija et Mariame, 28 et 22 ans, sont sœurs, françaises musulmanes et portent le voile. Elles ont fondé le site Hijab and the city, webzine féminin.

« Tous les clichés sont réunis »

Mariame et Khadija ont le sentiment que « quoi qu’elles fassent », elles sont toujours confrontées au même discours : « les femmes musulmanes et notamment les femmes voilées sont soumises ». Les réactions provoquées par la fameuse photo de Diam’s les touche, mais ne les étonnent pas. (Voir la vidéo)

 

 

« L’habit fait la musulmane »

Comment gèrent-elles elles-mêmes leur apparence et les réactions qu’elle peut provoquer ? Si Mariame et Khadija ne sont pas des victimes de la mode, elles font attention à ce qu’elles portent –comme toute femme occidentale, avec ce « plus » qu’elles essaient de faire oublier. (Voir la vidéo)

 

 

Hijab and the city

« Il est indécent de se focaliser sur le foulard et de nier la personne qui le porte. ». Mariame et Khadija ont fondé « Hijab and the city » en 2008 dans le but de faire connaître des personnes « dont on parle beaucoup, mais à qui on ne tend pas le micro ». Blog à l’origine, Hijab and the city est, selon elles, « le premier web magasine qui n’exclut pas les femmes françaises de culture musulmane ». (Voir la vidéo)

 

Mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques »

En dehors de ce qui touche à la spiritualité, les thématiques abordées dans le webzine sont sensiblement les mêmes que dans d’autres féminins : amour, cuisine, psy, société et beauté. Et une rubrique mode régulière : quel look proposer ? Pour qui ? Est ce que tout est permis ? Une première réponse : mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques ». (Voir la vidéo)

 

J’ai été interpelée par « Hijab and the city » et j’ai eu envie d’en parler parce qu’en y allant pour la première fois, j’ai découvert un espace plutôt moderne et pas moralisateur. Un lieu d’échanges d’expériences et de réflexions.

Evidemment, musulmans ou non musulmans, tout le monde ne se reconnaîtra pas dans les articles, mais il me semble que le site et les jeunes femmes qui le mènent véhiculent autre chose que « soumission » et « prosélytisme ».

Auteure : Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog Canons de Beauté sur le site Rue89

 

Identité nationale : quand on m’a appris la Marseillaise…

4 novembre 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

La FranceDernièrement, je suis allée voir Fame, le remake 2009 de la série qui m’avait poussée à demander une paire de Reebok classic aerobic noire alors que j’étais en primaire… mon Dieu que j’avais la classe !! Je me suis imaginée deux secondes en mode artiste, un mélange de Candy Dulfer et Sheila Escovedo parcourant le monde avec de longues escales à Essaouira et Montreux. Chacun son délire hein, Allison qui m’accompagnait se contentait de manger tous les Dragibus et les Sundy…

Bref, tout ça pour vous dire qu’en faisant la queue pour acheter les billets, j’ai reconnu une prof de primaire… hi hi hi

-  Madame H ?

-  Oui…

-  Vous me reconnaissez ? (la dernière fois que j’ai dit ça à une ex prof, c’était ma prof de latin et de grec du collège qui m’adorait un truc de ouf, que j’ai revu alors que j’étais en seconde et qui a pas voulu me saluer à cause de mon voile. M’en moque, elle m’a appris un tas de trucs mouahahaha ! Genre « Caius Mucius, adulescens nobilis, consilium audacissimum init »… à quoi ça sert ? Je kiffe réciter mes déclinaisons devant un miroir !!)

-  Ah non, avec tes lunettes et ton foulard je vois pas non…

-  Mariame, Mariame T…

-  Ouiiiiiiiiiii Mariaaaaame,  bien sûr que je me souviens de toi, tu étais une excellente élève ! Qu’est-ce que tu deviens ?

Bon je vais arrêter de ma la jouer hi ha ho… On a un peu discuté, de sa carrière, de mon parcours enfin voilà, c’était sympa. Le truc c’est que cette prof m’a appris deux choses dont je me souviens parfaitement, comme si ça s’était passé hier :

  • les paronomases, mais sans le vouloir : j’avais apporté un bouquin qui trainait à la maison, et je ne comprenais pas un mot (ouais, je lisais le Littré à 9 piges t’as vu !). Et ce mot c’était paronomase, et il m’a permis plus tard, en première, de me la raconter en français avec un texte de Doubrovsky… ok, je finirai l’histoire à mon chat.
  • L’autre chose, c’est la Marseillaise !!!

Et je vous entends de loin mes jolies, en train de dire : wooow toutes ces infos pour parler de l’actu ! Certaines sont à l’ouest et j’imagine qu’elles n’ont pas fait le lien mais avec moi, on passe des pingouins à Ramsès II, sinon c’est pas marrant !

Truc de ouf, la Marseillaise. Me souviens encore de Nadia, Emilie, Mehdi, Leslie, Malika, Bertrand, Samir et bien d’autres. Me souviens de leur petite tête d’ange (avec des bagues et des dents carriées mais bon…) en train de chanter avec ferveur l’hymne de notre si beau, si cher, si tendre… bled. Me souviens de moi le chantant à la maison, j’ai toujours kiffé chanter et taper sur les portes et la boite de Benco le matin (y avais aussi les congas et la derbouka mais bon… ça faisait moins Keziah Jones dans le métro). Je chantais ça à la maison alors que mon frérot adoré était à la frontière franco-allemande en train de passer son service militaire… Pas cool je sais ! Non, pas à l’époque de la ligne Maginot… tiens ça m’aurait fait quel âge ?

La classe était assez hétérogène au niveau des origines ethniques (beaucoup de métisses). Par contre socialement, on venait tous du même bord. Sauf une descendante d’aristo fauchée jusqu’à l’os… Aïe, ça fait mal d’être conscient de sa condition, à 9 ans !

Nous chantions donc  la Marseillaise de Rouget de Lisle, et je ne sais pas trop dans quelle optique on avait choisi de nous l’apprendre. Tout ce que je sais, c’est qu’on a vraiment chanté de la m****, et c’est peu dire.

On était loin du débat sur l’identité nationale dans ma petite primaire sympatoche, mais si c’était pour nous franciser un peu plus et nous demander des gâteaux au miel à la fête de l’animal à quatre pattes qui bêle et qui aime les sanitaires, ben c’est pas cool, pas cool du tout ! Parce que faut dire qu’avec le recul, les pics sur nos origines y en a eu, et pas des moindres ! « On dit la colonne, la case c’est pour les noirs ! », « c’est les arabes qui ont apporté la gale », « tu vas au pays pendant les vacances ? Je veux bien des babouches »…

Souvenirs, souvenirs ! Oui, je fais bien allusion à Johnny, le mec qui continue à bouler la France entière, le Belge a qui on ne demande pas de s’intégrer et de prouver sa francité depuis la primaire à la fac en passant par le collège. Et moi rien que pour ça, je lui tire mon foulard phrygien !

Hijab and the city au 21ème Festival de photojournalisme à Perpignan

26 août 2009 par La rédaction  
Classé dans Ce qui fait débat

ELLEHijab and the city participera au 21ème Festival de photojournalisme « Visa pour l’image » à Perpignan, dans le cadre d’un débat organisé par le magazine ELLE le vendredi 4 septembre à 17 heures. La table ronde portera sur le port du voile intégral en France, et sera animée par Valérie Toranian, directrice de la rédaction ELLE.  Parmi les invités :

  •  Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville
  • Abdelwahab Meddeb, écrivain
  • Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l’Homme
  • Mariame Tighanimine, co-fondatrice du webzine féminin « hijabandthecity.com »
  • Marie-Françoise Colombani, éditorialiste à ELLE
  • Caroline Laurent-Simon, grand reporter à ELLE

Niqab : une femme qui le porte témoigne

24 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce qu’il faut rompre avec les préjugés et que le respect des différences est primordial, Hijab and the city est allé à la rencontre de Sanaa, une bretonne convertie à l’Islam qui porte le niqab depuis quelques années. Hijab and the city lui donne la parole aujourd’hui, une parole qu’on lui confisque souvent pour mieux la fustiger.

Peux- tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Sanaa, j’ai 28 ans. Je me suis convertie à l’Islam alors que j’étais à l’université, en psychologie. J’ai reçu une éducation religieuse, et durant ma scolarité j’ai fréquenté une école tenue par les bonnes sœurs. C’est au lycée public que j’ai fait la connaissance d’une jeune fille d’origine marocaine, chez qui j’allais souvent pendant le Ramadan pour partager le repas d’el iftar. J’ai aimé l’hospitalité dont faisait preuve ses parents, le respect des valeurs familiales et le fait que son père nous encourageait à étudier, à être économe… il y avait aussi cette notion de pudeur même autour de la table alors que chez moi on se gênait pas d’être vulgaire, de parler de sujets indécents. Bizarrement, ma famille n’était pas pratiquante et elle m’a pourtant envoyée chez les nones (rires) !

Comment as tu évolué sur un plan spirituel ?

J’ai d’abord commencé par la prière avant même de me convertir. J’avais des petits bouts de papier avec moi pendant la prière (rires) !

Et tu as commencé par porter un hijab ?

Oui. J’avais très envie de le porter mais je craignais la réaction de ma mère. Mes parents savaient que je priais. Alors, j’ai commencé par porter des bonnets l’hiver, ça tombait bien ! Et puis je l’ai finalement mis. Je le portais très colorés avec du rouge, des fleurs… je l’accordais à mes vêtements. Et j’ai trouvé le jilbeb (long voile) hyper classe ! Je le portais avec des gandouras amples (robes traditionnelles marocaines).

C’est donc parce qu’il était « classe » que tu l’as adopté ?

Oui, et surtout plus pratique que le hijab. C’est une seule pièce à enfiler avec un bandeau alors que le hijab c’est plus compliqué avec les épingles.

Comment ce changement a t-il été perçu par ton entourage ?

Dans mon entourage, une femme qui porte le hijab est une femme analphabète, battue et opprimée, mais comme je le portais alors que je n’étais pas mariée ma mère m’a dit qu’elle me trouvait plus gaie, que je n’étais plus dans l’excès sur un plan financier et que j’étais plus raisonnable.

Et le niqab, quand t’es tu décidée à le porter ?

Pas trop longtemps après. La première fois que je l’ai porté je suis allée faire des courses en grande surface, et ça s’est bien passé.

Et pourquoi le porter ?

Parce que j’avais envie. Chacun son choix, chacun fait ce qu’il veut et à la hauteur de ce qu’il peut.

Et le regard des gens ?

Je le vis très mal. Je croise des gens gentils et d’autres vraiment odieux. On me dit souvent retourne chez toi, mais ce qu’ils ne comprennent et ce qui m’agace, c’est que je suis dans mon pays ! J’en ai assez qu’on me prenne pour une arabe alors que je suis un pur produit de cette société !

Et par rapport à ceux qui pensent que tu fais fi de ta féminité ?

Je suis une femme comme les autres, je vis comme les autres. J’aime les parfums, le maquillage, les sous-vêtements, les décolletés, les bijoux…

Comment ressens tu toute cette polémique autour d’un éventuelle loi interdisant le port de la burqa ?

Ils confondent tout et ne savent rien. Ce n’est pas une burqa que je porte c’est un niqab. On est pas en Afghanistan ! Ce sont deux contextes qu’on transpose mais qui sont totalement différents. Depuis que je me suis convertie, je suis super déçue. Les français sont très intolérants en réalité. Ils me prennent pour une analphabète. Tant qu’on ne désobéit pas aux lois, où est le problème ? C’est scandaleux ! Cette loi est illogique, on a des plages de nudistes qui existent et à côté on veut interdire à celles qui veulent se couvrir entièrement de le faire, chacun fait ce qu’il veut ! C’est vrai qu’il y a des gens qui sont extrêmes, qui ont des idées terroristes, mais tout le monde n’est pas pareil. A ce moment là tous les curés sont pédophiles, il faut arrêter de généraliser.

Quel message souhaiterais-tu transmettre ?

Laissez nous tranquille, tant qu’on ne fait pas de mal. Qu’on nous laisse vivre. Je n’influe pas dans la vie des gens, alors qu’on agisse de la même façon avec moi. On est comme tout le monde, on consomme comme tout le monde, on vit comme tout le monde, c’est notre foi qui diffère.

Que penses tu de l’expression « prison ambulante » pour qualifier ton niqab ?

On dit que l’on est des femmes opprimées mais en réalité ce sont les gens de l’extérieur qui nous oppriment, qui nous insultent. Si on est sensées être opprimées, alors pourquoi en rajouter ? Pourquoi ne pas nous aider au lieu de nous montrer du doigt ? Il faut que les gens se cultivent, il faut qu’ils viennent nous parler.

Tu préfèrerais qu’ils viennent vers toi ?

Je préfère qu’on me parle, qu’on m’interroge. Je suis opprimée par les gens à l’extérieur. Je suis malheureuse parce que les gens me maltraitent dans le rue. Ma religion ne m’opprime pas !

Comment te projettes tu par rapport à tout ce débat ?

Si quelqu’un peut me faire un don afin que je puisse partir plus vite d’ici, je le ferai.

Merci Sanaa.

Oumma pour elle, épisode 15 : musulmane et engagée

10 mai 2009 par La rédaction  
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Lettres Texanes

27 avril 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Statue of Liberty backgroundJohn et Hilary sont tous les deux originaires de Houston et viennent de remporter la coquette somme de deux millions de dollars en jouant leurs économies à Las Vegas le weekend end précédent Pâques.

La chance leur a sourit et c’est tous étonnés et heureux qu’ils quittent le Strip rêvant déjà des multiples folies qu’ils pourraient s’offrir à présent.

Hilary était une passionnée de littérature Française, elle affectionnait tout particulièrement la période des Lumières où elle n’avait de cesse d’encenser Montesquieu ou encore Diderot qu’elles qualifiaient de visionnaires et de grands démocrates. L’Encyclopédie, la rationalité, des termes qui raisonnaient dans sa tête dès qu’elle entendait le mot « France » être prononcé.
Ainsi, s’étant figée sur cette période charnière de l’Histoire de France, laquelle aboutit à la « wonderful » Révolution de 1789, elle avait une idée bien précise de ce qu’était la France et des valeurs de ce beau pays.

Aussi, lorsqu’il fut question de choisir la destination première pour marquer le début d’une nouvelle vie d’opulence oisive, John qui n’avait d’yeux que pour sa magnifique Hilary (magnifique parce qu’avec sa fortune elle put s’offrir les services du plus grand plasticien de la côte Ouest ! Ah l’Amérique !) proposa à sa dulcinée de faire le choix de leur first destination. Bien entendu celle-ci suggéra sans réfléchir Paris.

Elle se voyait déjà fouler le pavé Parisien coiffée d’un béret, chiner dans les brocantes au son des accordéons et savourer sa première vraie baguette de pain. Pour Hilary Paris c’était le centre du monde, de la vieille Europe, c’était un rêve qu’elle allait enfin réaliser. Observer de ses propres yeux ce peuple ouvert, cultivé, tolérant et tellement romantique. A vrai dire, elle pensait aussi pouvoir croiser des sans culottes mais non Hilary voyons, c’est du passé, c’est dépassé, maintenant on est à la mode du pantalon carotte !

9h15. Hilary et John sont enfin arrivés au Meurice. Grooms raffinés et aimables à souhait, décor fastueux, l’accueil présageait un séjour inoubliable. Ayant une jolie tête blonde, le couple millionnaire décida de se payer les services d’une nounou Française recommandée par l’hôtel. Elle s’appelait Salma. Une jeune fille souriante et attentionnée qui allait prendre soin de la petite Américaine.

Salma avait conquis Hilary par sa gentillesse et sa culture. Elle était heureuse de savoir sa fille entre les mains d’une encyclopédie vivante (rappelez-vous les Lumières). C’était comme elle le pensait : une jeune Française pleine de talent à l’image de sa glorieuse patrie. Seulement, Hilary ne comprenait pas qu’une telle lumière soit gouvernante. Elle avait aussi remarqué que, tout en élégance, elle arborait un large bandeau qui recouvrait ses cheveux plus par pudeur que par effet de mode, un détail qui suscita la curiosité de notre Américaine.
Elle questionna alors Salma sur son parcours, sa vie. Salma était en fait une jeune femme voilée surdiplômée qui n’avait pas la possibilité d’exercer dans son domaine en raison de ses convictions. Quand Hilary compris sa situation, son sang ne fit qu’un tour. Salma lui expliqua ce qu’était la liberté à la Française aujourd’hui : un état où il ne fait pas bon être musulman. Hilary s’offusqua de cette dure réalité.

Et la suite vous pouvez l’imaginer. Ah oui, tout cela elle le conta dans un échange de lettres qu’elle avait avec sa meilleure amie Wendy, fan de la France également. Non parce que sinon la référence à Montesquieu…
Arrêtons-nous un instant sur cette histoire. Hilary s’étonne d’une réalité que nous avons par trop tendance à banaliser. Hilary s’étonne parce qu’en plus d’avoir un noir à la tête de son pays, une femme voilée est en charge des affaires religieuses des Etats-Unis d’Amérique. En définitive, elle sait maintenant que le siècle des lumières a depuis longtemps laissé place à celui de l’obscurantisme, à l’intolérance. L’intolérance qui est à l’origine de l’agression physique d’une femme ou encore du licenciement d’une jeune doctorante à qui l’on reproche d’avoir des convictions.

Elle a bon dos …

17 mars 2009 par Shahin  
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Hijab and the city a le plaisir de lancer « l’illustration de la semaine », qui reprendra chaque semaine en dessin une actualité qui nous concerne. A commenter sans modération !

© Hijab and the city

Dossier spécial loi du 15 mars 2004

16 mars 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Aujourd’hui, Hijab and the city vous propose un dossier exceptionnel à l’occasion de l’anniversaire de la loi anti-foulard du 15 mars 2004.

Au programme :

- une contribtion exceptionnelle d’ Ismahane Chouder, militante féministe, co-auteure du livre Les filles voilées parlent avec Pierre Tevanian et Malika Latrèche

- un micro-trottoir intitulé  » ce que pensent les filles voilées « . Hijab and the city est allé à la rencontre des filles voilées pour leur donner la parole

- Oumma pour elle by Hijab and the city a consacré sa chronique hebdomadaire du lundi sur Oumma TV.TV aux repercussions de la loi sur la vie des filles voilées

Loi du 15 mars 2004… reprendre la parole dans le silence assourdissant

16 mars 2009 par Ismahane Chouder  
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Ismahane Chouder est la secrétaire générale de la Commission Islam et Laïcité. Elle est également co-présidente du Collectif Féministes Pour l’Egalité, et co-auteure du livre Les filles voilées parlent, La Fabrique 2008. 

Cinq ans qu’une loi scélérate, censée (faut-il le rappeler) ne s’appliquer que dans le cadre des établissements scolaires du 1er et du second degré, sert de prétexte aux interprétations, aux extrapolations les plus ahurissantes, les plus saugrenues, les plus farfelues… les plus illégales !

De la libération de la parole et des comportements racistes à la légitimation de l’exclusion et de la discrimination des femmes qui portent un foulard, beaucoup (trop) se sont sentis investis depuis d’une mission pseudo laïque et féministe et continuent de brandir cette loi au-delà de son cadre tel un étendard marqué du sceau civilisateur, émancipateur, libérateur …

Fervents défenseurs de la laïcité comme foi religieuse, ils invoquent constamment les grands principes qui fondent la République, mais président à toutes les
entreprises politiques qui disqualifient toutes les femmes identifiables comme « musulmanes voilées ».

Combien de spécialistes et d’experts auto proclamés de « la » femme voilée, ou « du » voile, « symbole d’oppression »  A raison de leur foulard des femmes sont réduites au rang d’objet parlé, étudié, commenté (et le plus souvent diffamé et insulté), et non de sujet parlant.

Cinq ans que la loi du 15 mars 2004, nommée communément si justement loi sur le foulard (en conformité avec les principes qui ont guidé l’esprit de promulgation de cette loi) perpétue l’entreprise de déshumanisation et de déni de parole des filles et femmes qui portent un foulard, dans le silence assourdissant des médias, des politiques, des organisations dites progressistes…

lesfillesvoileesparlent

En effet, que sait-on de l’état psychologique dans lequel se sont retrouvées les adolescentes « dévoilées », de la manière dont s’est déroulée leur année scolaire, du traitement qu’elles ont continué à subir malgré leur « dévoilement », de ce qui s’est réellement passé lors de ces fameuses périodes de dialogue, de ce que sont devenues les 50 exclues et les 60 démissionnaires officielles, sans parler des déscolarisations non comptabilisées. Nous ne savons rien non plus de la recrudescence des agressions et des discriminations contre les « mamans voilées », les étudiantes, les militantes, les féministes, les stagiaires des organismes de formation, les usagères du service public, les citoyennes, les travailleuses, filles et femmes portant un foulard.

Pourtant en parallèle de ce sombre tableau les raisons d’espérer existent et transcendent tous les dégâts et dérapages liés à cette loi dont nous sommes encore loin d’avoir tiré toutes les conséquences.

Loin du battage politico médiatique, une réappropriation de la parole et de leur image par les principales concernées a eu lieu et prend une ampleur grandissante. Adaptation, confrontation, esquive, humour, résistance, affirmation de soi… femmes voilées engagées dans la vie associative, sociale ou politique, démenti vivant aux clichés entretenus, plus que jamais conscientes que les droits ne se donnent pas mais se conquièrent et qui osent de nouvelles prises de parole.

 Une parole singulière dans la diversité de leurs parcours, de leurs histoires, de leurs espérances et dans leur liberté de choix commune.

 15 mars 2009, an V de l’arbitraire, sixième année de la lutte pour l’abrogation de cette loi d’exception, raciste et sexiste, insha Allah, au-delà de nos appartenances particulières dans notre humanité commune.

Oumma pour elle, épisode 8 : va te faire voiler !

16 mars 2009 par La rédaction  
Classé dans Ce qui fait débat

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !

12 novembre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Parmi les nombreux sujets qui font la une des JT se trouve celui sur les femmes voilées qui, accompagnées de leurs terrifiants mâââris généralement présentés comme des hommes des cavernes, refusent d’être soignées par des médecins hommes (par lui ou lui quoi… enfin jamais vu de médecins comme ça dans les hôpitaux français… ça aurait peut être fait changer d’avis ? )

Quel archaïsme, vraiment!

Ce qui fait que maintenant toutes les femmes voilées doivent constamment se justifier et rassurer les infirmières et médecins qu’elles consultent.

Mais il faut bien admettre que certaines exagèrent. Pas dans le fait de vouloir absolument être soignée par un médecin femme, non. Le problème réside dans la manière de formuler leur volonté, sans oublier le choix des arguments de la mort (c’est le cas de le dire) exposés.

Je pense réellement qu’il n’y a pas à tergiverser et à entrer dans de fausses considérations religieuses. ERREUR!!! Si on veut un médecin femme et qu’il y en a un, tant mieux! Si y en a pas, ben tant pis! Pas besoin de donner de la matière aux journaleux en faisant de longs discours.

Mon ophtalmo est un homme, mon généraliste aussi… Le premier est limite muet, le second est mon médecin depuis très longtemps. Une fois il était absent, et j’ai eu à faire à son remplaçant plus jeune et surtout flippé. Après avoir demandé si je l’autorisais à s’approcher, il a commencé à m’ausculter en posant son stethoscope sur mon pull et s’est placé loin, très loin. J’ai ri sur le coup. Mais après réflexion, j’ai trouvé ça assez froissant…

Pourquoi avoir choisi des hommes et pas des femmes? Parce que l’ophtalmo est hyper compétent et c’est celui de la famille. Idem pour le généraliste. Et puis, j’avoue que mes choix de médecins selon leur sexe sont motivés non par des raisons religieuses (y en a pas de valables de toute façon), mais par les zones à examiner. Par pudeur ou à cause de complexes, interprétez-les comme vous voulez! Ma dermato est devenue une femme (avant, c’était pas le cas), ma dentiste en est également une (là par contre, c’est parce qu’elle est à 5 min de chez moi… c’est THE argument, ne cherchez pas!), mon O.R.L aussi: j’étais tombée sur un obsédé des cheveux la première fois.

Et vous mes poulettes (les poulets des cavernes peuvent donner leur avis), comment vous choisissez vos médecins?

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !