Je suis voilée et étudiante à Sciences Po

4 décembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).

Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.

hatc femmePeux tu te présenter aux lectrices ? 

Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.

Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?

Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.

Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?

 Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.

Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.

Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?

Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.

Tu t’es fait des amis ?

Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.

Plus de peur que de mal alors ?

Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !

Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.

Que souhaites tu faire plus tard ?

J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.

Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?

C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.

Dans le même dossier :

J’hésite à porter le voile

27 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine,  Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.

Peux tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.

As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?

J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.

Et au lycée, impossible de porter autre chose ?

Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !

Quel sens donnes tu au hijab ?

C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.

Depuis combien de temps penses tu à le porter ?

Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.

Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?

De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.

Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?

C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?

Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.

Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?

 Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.

Que peut-on te souhaiter ?

Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.

Dans le même dossier :

Comment j’ai porté le voile

20 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

hijab and the city femmeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Linda, une jeune universitaire, nous raconte comment l’idée de porter le voile lui est venue, et combien elle a redouté la réaction de ses parents qui étaient contre sa décision. 

Peux tu te présenter aux lectrices.

J’ai intégré la fac cette année. Je ne sais pas exactement si les cours de philo m’ont poussée à réfléchir un peu plus que d’habitude, ou si les évènements ont fait que je me mette à avancer dans la religion, mais ça fait presque exactement 10 mois que l’idée de porter le voile me trottait dans la tête.

Quel à été ton cheminement ?

J’ai lu le Coran et je suis allée à la mosquée très souvent, j’ai rencontré des filles voilées très bien. Mais j’ai passé l’année à me dire « arrête, t’oseras jamais dire à tes parents que tu veux porter le hijab! Impossible! » Et donc, j’ai fait des invocations en demandant à Dieu de me rendre forte. J’ai continué mes prières sans relâche, je continuais à aller à la mosquée, à apprendre plein de choses via divers sites dont Hijab and the city.

Comment as-tu abordé la question avec tes parents ?

Et puis un soir, après avoir regardé un film avec ma mère, j’ai allumé l’ordinateur et je lui ai écrit un mail. Je lui ai tout dit à propos de mon intention de porter le hijab, en précisant bien que c’était un choix personnel qui n’avait rien à voir avec personne. Ma mère ne le met pas, et a donc eu très mal en lisant le mail. Elle m’a répondu en disant qu’on allait en parler avec mon père, de vive voix.

Le soir même, j’en ai donc discuté avec mes parents. Ça a été très difficile, puisque je pensais qu’ils allaient m’encourager, au moins un peu, mais au contraire, ils ont trouvé des arguments pour m’en dissuader. Mais au moins le premier pas était fait.

Et vous n’en avez plus reparlé depuis ?

Si, la fin de l’année de terminale approchait, et vu que je voulais le mettre directement après la fin des cours, il fallait que je remette à jour le sujet. Les jours passaient, et j’avais beau m’y forcer c’était trop dur; j’ai donc fait une prière et à la fin, j’ai donné ma parole à Dieu que j’en parlerai le soir, vous trouverez ça sûrement bizarre ou ridicule. Ainsi, impossible de trahir un engagement que j’ai fait avec lui! Et donc, j’en ai reparlé, ça s’est de nouveau mal passé.

Malgré tout, plus tard dans la soirée, je suis revenue parler à mes parents, et ça s’est plutôt bien passé, enfin, mieux du moins.

Quand l’as tu porté finalement et comment a réagi ton entourage ?

Je le porte depuis le 26 juin dernier. Le pire a été de sortir de ma chambre voilée devant mes parents. J’ai dû rester au moins 10 minutes la main sur la poignée, et puis j’ai récité le verset du Trône, et je suis sortie. Ma mère et mon père n’ont rien dit, et je suis sortie de l’immeuble. Là, j’ai eu envie de pleurer donc j’ai appelé une amie, et je marchais en l’écoutant. En raccrochant, j’ai de nouveau récité le verset du Trône dans ma tête, et ça m’a totalement apaisée. Je suis allée à la Fnac, et j’ai eu beau tendre l’oreille, je n’ai pas entendu de remarques méchantes. Rien de spécial ne s’est passé en fait. Le lendemain, je suis allée à la mosquée avec, et de nouveau rien de spécial. Vraiment, rien n’a changé par rapport aux autres!!!

Le dimanche par contre, je suis sortie pour la première fois avec ma mère faire du shopping, et même si c’était délicat au début, ça s’est très bien passé. Les vendeuses étaient comme d’habitude gentilles, une femme que je connais m’a prise dans ses bras.

J’ai vécu plein de choses merveilleuses. L’amie dont je redoutais la réaction m’a dit que je resterai toujours la même, et le must, c’était les sourires des femmes voilées. Ou encore celles qui m’ont dit « salam ‘aleikoum ». Vu que ma mère est convertie, et que mon père est d’origine kabyle, je ne ressemble physiquement pas du tout à ce qu’on pourrait imaginer d’une musulmane. Et ces femmes qui me reconnaissaient en tant que musulmane, ça m’a vraiment touchée.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel ? 

Je n’ai pas peur pour mon avenir. Dieu offre ce qu’il veut à qui il veut, j’ai confiance en lui. Si mon destin est d’avoir tel ou tel emploi, je l’aurai, sinon tant pis! Vu combien il m’a aidée pour mon bac, je lui dois bien ça. En fait je me répète que j’ai eu deux yeux, deux oreilles, une bouche, de bonnes jambes, et tout ça gratuitement. On reçoit beaucoup, sans oser donner.

Un dernier mot ? 

Pour finir, je voudrais adresser un message à celles qui hésitent: tournez-vous vers la communauté. Honnêtement, plus vous verrez de femmes voilées, plus vous vous sentirez sereine. Si vous sentez qu’il vous manque un peu de force, demandez-la à Dieu. Si vous avez peur des réactions, pensez à lui, sans arrêt encore et encore. Ne vous isolez surtout pas, écoutez des chants religieux : Allah knows de Zain Bikha par exemple, pfiouuu elle m’a beaucoup réconfortée, regardez des photos de musulmans à travers la planète, vous verrez que vous n’êtes pas seules! L’univers est immense, on est une toute petite fourmi, et donc quoi qu’on fasse ça n’aura pas de répercussion sur la planète! Les gens que vous rencontrerez dans la rue vous auront oublié le lendemain! Dans 150 ans, personne ne se souviendra de vous, sors de ce corps Raphaël ! Profitez de votre vie ici-bas pour faire les actes que vous savez être gratifiés par Dieu.

Dans le même dossier :

Le pèlerinage, ce voyage

2 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Spiritualités

hatc femme.Que les âmes malheureuses et désespérées passent commande auprès des pèlerins millésime 2009 ! Et oui, l’heure du pèlerinage a sonné pour certaines, un voyage extraordinaire, et bien souvent inattendu. Bien sûr, on s’y prépare des mois voire des années avant, car au-delà d’être « the  » voyage, il a avant tout un coût, un vrai business. La prescription qui veut que le pèlerinage n’est obligatoire qu’à celui qui en a les moyens prend aujourd’hui tout son sens. En effet, le pèlerinage est une véritable mine d’or pour les agences qui les organisent et qui surenchérissent sur la qualité de la prestation. Et les offres se démultiplient : entre l’option hôtel cinq étoiles avec chambre individuelle (de couple), la limousine qui vous dépose à la Mosquée ou encore le sacrifice du mouton inclus ouh !!! Des packages tous aussi intéressants les uns que les autres pour vivre son pèlerinage dans les meilleures conditions possibles, faut juste avoir une bonne bourse et ne pas tomber sur des aigrefins.

Mais au delà de l’aspect commercial, le pèlerinage c’est avant tout une aventure humaine et c’est bien là que l’effort est à faire, car en soit, à moins d’être physiquement très faible, les rites sont faciles à accomplir. Ce qui est éprouvant et rude c’est bel et bien de supporter l’attitude, parfois désinvolte, de ses coreligionnaires. Une marée humaine, regroupant des personnes venues des quatre coins du monde et qui, comme tout bon pèlerin, n’ont qu’un but en tête, faire le maximum, c’est à dire même les rites surérogatoires, ou honorer un challenge comme celui de toucher la fameuse Pierre Noire. Or, tout le monde n’a pas le même rythme, les mêmes capacités ; aussi, l’attention est de mise et surtout la patience. Garder son flegme même quand on reçoit des coups de parapluie sur les côtes ou quand on nous piétine. Des épisodes à la fois surprenants et cocasses que les pèlerins nous racontent avec le sourire une fois de retour mais qu’ils ont du supporter sur le coup en pensant au mérite du hadj.

On nous fait part également de la richesse des cultures pendant ce voyage et de la diversité des façons dont le pèlerinage est vécu par les différentes communautés. Mais l’émerveillement est unanime face à la discipline des Asiatiques, en particulier des Indonésiens et des Malais. On dit que dans ces pays, n’est autorisé à accomplir le pèlerinage que celui ou celle qui aura auparavant passé un examen de bonne conduite ainsi qu’un test de connaissances sur le hadj et ses rites. Mais ce qui fait le charme de ce fabuleux voyage, c’est qu’il est plein de rebondissements et de surprises.

Et puis, il y a les moments shopping pour certaines, où l’on fait le plein d’étoffes de soie, de parfums musqués, de chapelets premier choix et de tenues traditionnelles.

Mais rappelons le, le hadj c’est avant tout l’occasion de se recueillir et de se rapprocher de son créateur. C’est la chance d’escalader les Monts Ohod et Arafat, et pour les plus courageuses d’aller jusqu’à la grotte de Hira. Des endroits historiques où l’on ressent une quiétude certaine et une paix intérieure.

Alors souhaitons bon voyage à toutes celles qui s’apprêtent à partir et pensez à formuler vos requêtes auprès de ces dernières (hein les célibattantes ?).

 Et bon voyage à Cuistot et Karimouch, que votre pèlerinage vous comble de bonheur. Et ayez une pensée pour les hatcien(ne)s, petites veinardes !

Pensez à faire un tour dans notre rubrique Appel à témoins afin de partager avec nous vos expériences et vos histoires. 

Joyeux Aïd el fitr

20 septembre 2009 par La rédaction  
Classé dans Spiritualités

Il est 6h du matin, réveil un peu tardif, c’est parce qu’on a passé la veille à papoter et à apporter les dernières touches pour que la maison soit irréprochable et le menu parfait. C’est la cohue à la porte de la salle de bain. Les moins organisés en sont encore au repassage de leur chemise, les petites apprêtées sont assises sagement pendant que la tante débordée leur boucle les cheveux, cette année c’est anglaises et frange façon Nelly Oleson pfiou, ça promet !

Le petit déjeuner est déjà servi : odeur de confiture, de beignets, de lait chaud et de café serré histoire de tenir toute la matinée. Les chaussures ont été enfilées, le chat a droit à une ration plus généreuse ce matin selon la benjamine, il faut absolument qu’il ressente les joies de l’Aïd, après tout il fait aussi partie de la famille !

Les parents sont les premiers à se rendre à la Mosquée pour la prière de l’Aïd, pas question d’attendre les retardataires et de se retrouver au fond de la salle de prière. Les neveux et nièces suivent sagement, la démarche distinguée et le sourire aux lèvres.

C’est l’heure de la prière, la salle est pleine à craquer, adieu les plis parfaits de la robe ou de la jellaba, promiscuité oblige. On se salue, on se souhaite bonne fête, entre étreintes et accolades, c’est la communion « we are the world ».

Retour à la maisonnée, et c’est tout un cérémonial d’embrassades qui commence. Les parents d’abord, les frères et sœurs ensuite et enfin les petits chouchous. La table servie n’attend que nous. On fait part de ses émotions, on transmet les salutations de connaissances rencontrées à la mosquée, mais surtout on savoure, on se délecte au grand bonheur des cuisinières.

Place aux cadeaux. Les enfants trépignent d’impatience, leurs yeux s’écarquillent et c’est posément qu’ils s’installent les uns à côté des autres. On commence par les parents, qui à coup de « il ne fallait pas » déballe leur présent avec douceur et patience, histoire de ne pas abîmer le bel emballage. Quant aux enfants, au diable le recyclage de papier cadeau, tout est vite déchiré et c’est la joie, qui laissera place à la lassitude en fin de journée (eh oui, c’est ça les gosses !).

Et maintenant place à l’animation et c’est la folie ! Même les aînés se laissent aller au rythme entraînant de la musique, c’est jour de fête on y va franchement !

Après une matinée bien remplie et chargée en émotion, les uns décident de faire la sieste et les plus indulgents se mettent au rangement. On en vient même à être ravies d’être de corvée de plonge ce jour là.

Et la journée se finit en famille, chez les cousins ou encore chez les amis de longue date. On en profite pour appeler à l’étranger et présenter nos meilleurs vœux à la famille qui vit de l’autre côté de la Méditerranée ou de la mer Noire.

La journée s’achève le sourire aux lèvres et l’estomac plein à craquer, une pensée pour ceux qui n’ont pas la chance de le vivre ainsi.

Aïd moubarak saïd à toutes et à tous, qu’il soit l’occasion pour vous de vivre des moments heureux et n’oubliez pas de dire je t’aime aux êtres chers.

Et vous, comment avez-vous passé l’Aïd ?

Mode et tarawih

28 août 2009 par Khadija  
Classé dans Look at mon style

Cela va bientôt faire une semaine que le Ramadan a débuté et les prières du soir (Tarawih) également. C’est un moment pendant lequel prières et invocations sont faites, espérant ainsi le meilleur pour nous mêmes et pour nos proches. Pour s’y rendre, on tronque sa tenue de la journée pour revêtir un vêtement plus confortable, plus traditionnel. Quelque soit nos origines, il nous parait évident de porter ce qui symboliquement s’associe au mois de Ramadan et, de manière plus générale, à la Mosquée. Que l’on soit un homme ou une femme, un effort est fait quand il s’agit de se rendre à la Mosquée : une jellaba pour les uns, une abaya pour les autres, une tenue avec laquelle il n’est pas la peine de se questionner quant à son ampleur, sa largeur, sa longueur. En effet, la tunique ne peut être trop courte pour la prière, ou le jean pour les hommes un peu trop moulant. Bref, on privilégie un vêtement pratique et mastour.

Pour ce qui est des girls, les tenues les plus portées sont la jellaba marocaine et l’abaya.

Pour les plus coquettes, les vacances d’été sont l’occasion de faire le plein de nouvelles tenues : une jellaba suivant les dernières tendances pour les prières du soir et une autre, plus habillée, pour la fête de l’aïd. C’est une façon de suivre la tradition marocaine, qui se perpétue encore aujourd’hui et outre-Méditerranée. On ne se contente pas de préparer les gâteaux ou autres mets qui ornent la table en période de Ramadan une semaine à l’avance, on se rue chez le tailleur afin de confectionner de nouvelles tenues à l’occasion de ce mois. Et pour celles qui ne peuvent se rendre au Maroc, une solution : charger sa copine d’origine marocaine.

Voici quelques modèles de jellabas marocaines à la fois tendances et raffinés :

caftan-femmes-du-maroc-1

caftan-femmes-du-maroc-31

caftan-femmes-du-maroc-2

Originaire des pays du Golfe, l’abaya, quant à elle, a fait son apparition il y a quelques temps déjà. Elle allie côté pratique et élégance : elle s’enfile rapidement et est assortie d’un châle souvent réhaussé de strass. Et en parlant de strass, sachez mesdames qu’il existe des abayas signées Swarovski. On ne lésine plus sur les matières utilisées, et ce ne sont pas forcément les princesses Arabes ou encore les aristocrates qui en portent, on en trouve chez la plupart des femmes qui en sont fan.

arabesque-1

ABAYA ABRAR ABDULKARIM

Le Ramadan a donc une mode qui lui est propre, une façon de s’habiller qui respecte certains principes et qui est aussi l’occasion de porter de beaux vêtements venus d’ailleurs.

Just a cup of tea

26 mars 2009 par Shahin  
Classé dans Ce qui fait débat

Un samedi de mars, ensoleillé où mes petits petons me disent d’aller fouler le pavé Parisien…« Allo Khadija ça te dit une petite balade dans Paris? », programme shopping et shopping.

Et c’est vrai, qu’est ce que ça fait du bien…Nous voici lunettes de soleil au bout du nez, sourire aux lèvres, nous promenant marché St Pierre à la recherche du tissu qui magnifiera mon prochain caftan. Un damassé fuchsia foncé avec des motifs marron. Khadija aime moyen… Ah les goûts et les couleurs!

Il est l’heure de la salat on file au 53 rue Polonceau, ici c’est Bamako, odeur de mafé, et de musc mêlé.« L’entri di femmes ci d’ciou couté mesdames ». Ah c’est aussi l’Algérie ici masha Allah. Allez on file d’ici, un petit salam à notre gardien en boubou bleu, on repassera incha Allah.

Métro, foule, ligne 7….Place Monge. Ce soir je suis invitée à dîner, je connais là bas un fleuriste extraordinaire, qui nous fait des bouquets à faire renverser la belle mère! Et puis en face une pâtisserie à se damner… on choisit nos petits délices comme un jury de pop star,  »oh oui celui là il à un super look, et celui là avec sa feuille d’or il est très chic » Au passage Khadija dit au pâtissier que sa boîte à gâteaux n’est pas à la hauteur de ses pâtisseries, coup dur pour l’artisan… Mais le plus beau se cache à l’intérieur nous dit il!! Ok faut les faire rêver nos hôtes!Après tout on aurait bien droit à une petite pause. On se dirige vers le quartier Mouffetard, je rêve d’une grenadine et Khadija d’une glace coco.

Et là au coin de la place Monge, rue gracieuse, un bel établissement nous fait de l’œil. L’endroit paraît cosy et calme. On y boit du thé.Nos âmes aventurières, nous dirigent droit vers la porte, tant pis pour la grenadine et la glace coco. On pense à nos lecteurs et on se dit qu’un nouvel endroit à deux pas de la mosquée de Paris peut devenir une bonne adresse.On rentre.Un serveur au sourire charmant nous aborde « C’est pour une dégustation de thé? » Un peu surprise je lui réponds positivement, d’un ton assez naturel pour lui faire croire qu’à part le thé à la menthe j’y connais un rayon en  » dégustation de thé!  »

«  Vous êtes deux?  Oui » On a préféré laisser nos sept enfants jouer dans la rue, on s’est dit que ça le faisait pas trop de débarquer avec toute la smala! Déjà de jolies tables bien propres n’attendent plus que nous…De l’autre coté du comptoir une voix se fait entendre.Charles avec son petit tablier blanc qui n’a rien de chinois nous demande  » Vous avez réservé?  »… euh non en fait on ne pensait pas que l’endroit était classé au patrimoine historique! Regard gêné, Charles se tortille… Y’a pas comme un malaise là sister? Charles se reprend  » Attendez je vais regarder si il y a de la place..  » il sort une jolie feuille blanche, et d’un air t’as vu comme je sais bien jouer la comédie, peut être que j’ai raté ma vocation au fond! «  Ahhhhhhhh je suis désolé il faut réserver.  »

Il nous prend pour des buses l’animal ? On se regarde, on regarde le serveur gêné….nous sommes musulmanes, nos hijabs en témoignent, et notre venue semble l’incommoder, son œil malade nous somme de partir, car nous n’avons pas réservé!! Et la on se demande comment réagir? Car nous avons tous(tes) vécues ces expériences où la fierté nous anime, le dégoût nous brûle la langue, la tristesse d’être traitées de la sorte fait grincer nos dents… J’ai envie de sortir ma kalachnikov et de lui dire « Hey cousin tu veux déguster? »

Encore aujourd’hui des portes nous sont fermées, comme au temps de l’apartheid où les noirs avaient leurs endroits réservés. Devons nous accepter cela?Le prophète Mouhammad (ص) disait: « L’homme fort n’est pas celui qui est toujours prêt à se battre; mais celui qui se maîtrise dans les moments de colère ».

Et cet effort fait sur nous même est-il utile ou au contraire laisse t-il place aux pensées les plus arrogantes qui laissent croire que nous sommes faibles et apeurées. C’est vrai nous sommes parties sans scandale, simplement en disant  »  ok, c’est bon, au revoir  » Était-ce une erreur?

Il est difficile de garder son sang froid face à ce genre d’événements qui peuvent nous blesser. Un scandale dans ce salon de thé aurait une fois de plus attisé certains esprits tordus pour pouvoir médire sur les musulmans, leur agressivité, leur mauvaise foi etc etc… Nous sommes parties la tête haute, en laissant cet individu seul, face à sa conscience de commerçant avare et au cœur malade, avec son étroitesse d’esprit et son arrogance. Finalement on est parties manger nos glaces, et on a même eu droit à la banquette, le luxe c’est qu’on a eu une carafe d’eau gratuite avec!

Et puis en y repensant Khadija, Allah nous a envoyé en cette journée ensoleillée de belles rencontres…Le salam chaleureux d’un homme sage gardien de la Mosquée, une dame au regard tendre et son fils qui nous a complimenté et a exprimé le désir de nous recroiser un jour, un fleuriste qui a fait des merveilles pour nous satisfaire, un pâtissier bourru mais plein de talent…AL HAMDOULILLAH ce fut un joli samedi de mars où notre comportement patient et juste nous a permis de croiser des gens charmants et tolérants. 

Certains endroits sous leurs airs chics et bien fréquentés sont des lieux où l’impolitesse et la malhonnêteté règnent. Finalement pour rien au monde j’y dégusterais un thé, même si il était classé au guide Michelin…Et puis rien ne vaut un bon thé à la menthe servit chaleureusement même si on y perd quelques dents !

Fatima, fille du Prophète (SAW)

22 mars 2009 par Khadija  
Classé dans Spiritualités

Fatima est un personnage clé dans l’histoire des musulmans. Evidemment, tout le monde sait qu’elle était la fille du Prophète (SAW) mais on en sait pas plus, sauf peut être qu’elle a épousé son cousin Ali et qu’ils eurent les fameux Hassan et Houceine.

Fatima occupait une place exceptionnelle dans la vie de son père, il la chérissait plus que tout et disait d’elle:  » Fatima est une part de moi, celui qui l’importune me met hors de moi ». L’amour que lui portait le Prophète (SAW) était sans commune mesure. Une relation père/fille que l’on retrouve malheureusement très peu aujourd’hui au sein des familles. On a quasiment institutionnalisé l’idée que la fille devait être plus proche de sa mère et le fils de son père. La complicité qu’il peut y avoir entre un père et sa fille est très rare de nos jours, et pourtant c’est au 7e siècle que cela se passe, bien avant l’avènement de l’Islam. Le manque de dialogue entre parents et enfants devrait  être analysé et combattu sous le prisme de ce qui se dégage de la relation entre Fatima et son père (SAW) parce qu’être croyant ce n’est pas seulement respecter les cinq piliers, c’est surtout intégrer l’dée que le Prophète (SAW) est un modèle à suivre de par sa sagesse, son écoute et sa longanimité.

Elle reçut une éducation exemplaire et dut très tôt s’occuper de sa famille suite au décès de sa mère, Khadija. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, les plus riches prétendants se présentèrent au Prophète (SAW) mais ce dernier refusait tout en s’excusant. Ce fut Ali qui eut l’immense honneur de l’épouser malgré sa pauvreté. Lors de leur nuit de noces, le Prophète (SAW) fit ses ablutions et versa de l’eau sur Ali tout en implorant Dieu de bénir leur descendance. Ainsi, il est important d’invoquer la bénédiction de Dieu et sa protection lors de la nuit du mariage, c’est une tradition à observer qui apaise les jeunes époux.

Ils eurent deux beaux garçons, Hassan et Houceine, qui étaient la prunelle des yeux du Prophète (SAW). Il en venait à interrompre ses sermons à la Mosquée afin de les serrer dans ses bras et de les embrasser. Etrangement, l’on a tendance à ne pas amener les enfants en bas âge à la Mosquée pour être au calme et éviter toute gêne. Or, il est primordial de rendre ce lieu non pas interdit mais accessible et de ne pas le faire ressentir comme un lieu où la punition et les remontrances sont de mise pour les enfants. En effet, si la Mosquée apparait ainsi, alors ces enfants qui sont de futurs adultes risqueraient de ne plus s’y aventurer par crainte ou pire par mépris. En outre, le distingo sacré et profane n’est pas à appliquer à un lieu tel que la Mosquée. Il n’y a pas de rupture entre le monde extérieur et la Mosquée en tant que lieu de culte. La Mosquée est publique, à la fois lieu de prière et d’échange et ne doit donc être perçue comme un sanctuaire où l’on rompt avec le monde, une fois le seuil franchi.

A la mort du Prophète (SAW), bien qu’attristée, Fatima esquissa un sourire quand elle fut au chevet de son père qui lui confia qu’elle était la souveraine des femmes du monde dans l’au-delà et qu’elle serait la première de sa famille à le suivre. Ainsi, bien qu’affligeante et douloureuse, la mort lui a été présentée telle une transition éphémère, l’amorce d’une vie éternelle heureuse et somptueuse. La mort est vécue socialement tel un malheur, une malédiction. Or, bien qu’il soit en réalité difficile de perdre un être cher, la mort n’est en fait qu’un passage obligé qu’il faut percevoir comme un moyen d’accéder à l’autre vie, celle de l’au-delà. Prendre conscience de ce fait et l’intégrer est en réalité bien plus difficile que l’on ne le croit, quelque soit son degré de foi. Et c’est en cela que le rappel constitue un élément clé dans la vie du croyant.

La mort de Fatima attrista âprement Ali. Il se rendait alors souvent à sa tombe afin de l’entretenir mais aussi de déclamer des poèmes. Des poèmes d’exception pour une femme d’exception… quel plus beau témoignage d’amour que celui d’un homme aux paroles douces et impérissables.

L’Islam en Grèce

5 mars 2009 par Allison  
Classé dans Ce qui fait débat

Kalimera chères lectrices ! Vous souvenez-vous de moi ? Le contraire de m’étonnerait pas, depuis que je suis immigrée en Grèce, je vous ai quelques peu négligées et je m’en excuse…

Aussi pour me rattraper, j’ai douté de la puissance que pourrait avoir un récit sur la fêta ou le sirtaki et ai décidé de me concentrer sur des choses qui nous concernent plus, en tant que musulmanes. Je suis en Grèce depuis un mois maintenant et je voudrais vous faire part de la situation des musulmans à Athènes, frissons, action et rebondissements garantis.

Eh bien mesdemoiselles et mesdames, le premier constat est que celle-ci n’est pas vraiment brillante. Les musulmans de Grèce sont principalement issus de l’immigration, le pays étant de religion orthodoxe à plus de 97 %, et notamment d’Albanie, d’Irak du fait de la situation actuelle, mais aussi du Pakistan ou encore d’Egypte. Il y a certes une communauté turque du fait de l’ancienne occupation ottomane mais elle est peu ou prou visible. Les musulmans vivent dans les quartiers du centre d’Athènes mais ne vous y trompez pas, cela ne signifie pas pour autant opulence, ce centre est divisé en parties complètement hétérogènes et imperméables entre elles. Le contraste est d’ailleurs des plus saisissants. Au nord-ouest vous trouvez les quartiers pauvres, insalubres que la plupart des athéniens ne reconnaissent d’ailleurs pas comme faisant partie de leur ville, les plus limités intellectuellement en viennent à de pareilles conclusions en se basant sur la forte présence des « non Greek people », c’est ici que vivent la majorité des musulmans. Lorsqu’on va vers l’est, on retrouve les monuments, les quartiers touristiques ainsi que les boutiques de luxe, la distance n’est que d’une dizaine de minutes à pieds.

Qu’en est-il du culte me direz-vous ? Existe-il à Athènes, des lieux de recueillement, ou même n’ayons pas peur des mots : une mosquée ? La réponse est oui, mais seulement depuis 2007, et sa construction ne fut pas sans controverses. Il n’existait avant 2007 que deux mosquées en Grèce, et oui ce n’est pas une blague, situées en Thrace du Nord, près de la frontière turque. A Athènes, les seuls lieux de culte répertoriés étaient les salles des grands hôtels réservées à leurs riches clients ou bien les caves insalubres, au nombre de 14 en 2005. Inutile de préciser le degré d’insuffisance de ces structures… Ce facteur, associé à celui de l’augmentation de l’immigration en provenance de pays musulmans, de la pression de la communauté européenne et de la ligue des droits de l’Homme a poussé la municipalité athénienne à réagir. Le projet d’une mosquée à Athènes a pour la première fois vu le jour durant le mandat du maire Dora Yokannis ( 2002 – 2006 ), cette dernière avait proposé la rénovation d’une mosquée ottomane du XVIII ème siècle, située au pied de l’Acropole, dans le quartier très tourisitique de Monastiraki. C’est un euphémisme de dire que les réactions furent négatives, notamment celles du de vice-ministre de l’Education et des cultes, ou encore l’archevêque d’Athènes. Leurs arguments se rattachent peu ou prou à l’image de la ville, une mosquée en plein dans son centre ne serait pas du meilleur goût selon eux… C’est vrai que de voir Ikea lorsqu’on atterit à Athènes est plus plaisant que la vue d’un minaret, bonjour l’exotisme me direz-vous !

Toute cette guerre cultuelle s’est finalement terminée en 2007 avec l’inauguration de la première mosquée athénienne, dans le quartier beaucoup moins central de Moshato. Cependant, si les musulmans ont désormais un lieu salubre pour prier, ce n’est qu’une semi – victoire. Ce sont les musulmans eux-mêmes qui l’ont édifié, les autorités athéniennes tardant trop, et le lieu n’est pas assez grand pour accueillir tous les fidèles. Reste à espérer qu’elles finiront par tenir parole…

A bientôt chères lectrices, je vous ferai partager la suite de mes aventures hélléniques.

Préférez Ikea !

De l’importance des 10 derniers jours du mois de Ramadan

25 septembre 2008 par Khadija  
Classé dans Spiritualités

Vacances ou pas, le Ramadan continue et est malheureusement sur le point de s’achever, à notre plus grand regret.

Nous sommes en train de vivre les 10 derniers jours de Ramadan et nous tenions à souligner l’importance de ceux-ci. Pourquoi? Eh bien tout simplement parce que c’est lors de ces jours qu’a lieu la nuit du destin mais on ne sait pas quand exactement. La date n’étant pas prédéterminée, certains musulmans accomplissent des veillées pendant ces 10 jours espérant ainsi ne pas manquer cette fameuse nuit. Par ailleurs, les musulmans se réunissent pour ce qu’on appelle laïlatou el qadr (la nuit du destin) le 27 du mois de Ramadan. Le 27 parce que c’est à cette date que le Coran a été révélé.

Nous concernant, on se rend à la mosquée depuis quelques temps pour y prier de 2h15 jusqu’à l’heure d’el fajr. A la fin de la veillée, l’Imam, lors de ses invocations, implore Dieu d’accepter nos prières et nos invocations d’autant si nous sommes en train de vivre la nuit du destin.

Etant au Maroc, il est plus aisé pour nous de prier toute la nuit dans une mosquée afin d’y accomplir notre veillée, on en profite. Dans notre chère patrie c’est plus difficile certes mais on peut toujours se réunir en famille ou entre amies à la maison.

Ne négligez surtout pas ces nuits, elles sont primordiales et peuvent changer le cours de votre vie. A chaque prosternation, multipliez vos invocations et insistez sur ce que vous désirez le plus au monde, Dieu vous entendra.

Il est exactement 20h15 à Casablanca, on est en retard pour la prière de Tarawih. On vous laisse méditer en toute sérénité, que Dieu agrée nos prières. Amine !

Le rendez-vous nocturne du Ramadan

15 septembre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Rendez-vous nocturne… non mes poulettes ! Il ne s’agit pas de l’agape géante qui vous blinde le ventre, ni des épisodes de Grey’s anatomy ou Cold case (mouais mouais…) et encore moins de la boule à facettes accompagnée d’un morceau du Cheikh Sidi Bemol ! Non non, pas du tout ! Par rendez-vous nocturne, j’entends les prières de Tarawih, prières quotidiennes qui animent tous les soirs du mois de Ramadan. Elles permettent de ressentir avec intensité les bienfaits de ce mois sacré car elles nous poussent tous les soirs à nous rendre à la mosquée sans rechigner, à prier « jama’atane », en groupe, côte à côte et soudées, et nous offrent par la même la possibilité de revoir des visages familiers que l’on a pas vu depuis des lustres pour cause de boulot ou d’études. Elles sont aussi l’occasion de « khtem » (finir) le Coran jusqu’à la nuit du destin (bien sûr, nous sommes supposées le lire dans son entier toute seule à la maison… mais ça, c’est une autre histoire!), et la liste est longue !

Vous l’aurez compris, Tarawih est pour nous une bénédiction, nous permettant de revivifier notre foi et de renforcer la solidarité et la fraternité. Des prières de Tarawih réussies sont des prières qui se concluent par un sentiment de satisfaction, une joie intérieure qui nous incite à revenir le lendemain. Ce sont aussi des oreilles enchantées par la voix harmonieuse de l’imam qui vous fait oublier les quelques instants passés debout (si l’imam de votre mosquée n’est pas très mélodieux… j’en suis navrée!) Ce sont enfin, et au préalable, une bonne préparation. Eh oui mes poulettes! On ne va pas à la mosquée comme au moulin, non mais! Certes, il s’agit là d’un lieu de vie ouvert H24, mais quand même…

Voici quelques conseils pour passer d’agréables prières de Tarawih.

1- Evitez de vous goinfrer (et ça vaut pour tous les instants). Une quantité énorme de hrira (soupe… pas au potiron hein) peut vous nuire lorsque vous vous prosternerez… sans parler des raf’ mina rokou’ ! 

2- La jellaba et les babouches sont de mises! Non pas pour faire dans l’exotisme, mais pour être à l’aise. Cela ne veut pas dire qu’il faille porter des guenilles, loin de là! D’ailleurs, c’est souvent pendant les soirées du Ramadan que les nouveaux modèles de jellaba apparaissent… Vous avez le droit de porter une jellaba en brocart, il faut être impecable pour pénétrer dans la maison du Seigneur qui est je vous le rappelle un morceau de paradis sur terre (et qui sait, peut être qu’un Mokhtar passera par là…).

3- Certes, la fraternité et la solidarité sont au rendez-vous… mais il peut arriver que la promiscuité se fasse lourde tout au long de la soirée . Soyez patiente (dixit la boule de nerfs), Dieu vous le rendra bien !

4- Pitié, n’engagez pas de discussions avec vos voisines! C’est un mois de spriritualité, pas de commérages.   

5- Pour finir, allez-y en famille, c’est toujours plus cool (pourquoi… euh je n’sais pas trop! Me concernant en tout cas, les retours sont l’occasion d’engager des discussions très inéressantes avec mes parents).

Voilà mes poulettes (et mes poulets!), vous savez ce qui vous reste à faire. Il est vrai que cette année, les prières sont assez tardives, mais dites vous que deux semaines se sont déjà écoulées et que bientôt, la vie reprendra son cours…