Je suis voilée et étudiante à Sciences Po
4 décembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).
Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.
Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?
Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.
Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?
Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.
Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.
Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?
Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.
Tu t’es fait des amis ?
Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.
Plus de peur que de mal alors ?
Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !
Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.
Que souhaites tu faire plus tard ?
J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.
Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?
C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.
Dans le même dossier :
J’hésite à porter le voile
27 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.
As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?
J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.
Et au lycée, impossible de porter autre chose ?
Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !
Quel sens donnes tu au hijab ?
C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.
Depuis combien de temps penses tu à le porter ?
Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.
Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?
De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.
Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?
C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.
Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?
Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.
Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?
Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.
Que peut-on te souhaiter ?
Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.
Dans le même dossier :
Comment j’ai porté le voile
20 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Linda, une jeune universitaire, nous raconte comment l’idée de porter le voile lui est venue, et combien elle a redouté la réaction de ses parents qui étaient contre sa décision.
Peux tu te présenter aux lectrices.
J’ai intégré la fac cette année. Je ne sais pas exactement si les cours de philo m’ont poussée à réfléchir un peu plus que d’habitude, ou si les évènements ont fait que je me mette à avancer dans la religion, mais ça fait presque exactement 10 mois que l’idée de porter le voile me trottait dans la tête.
Quel à été ton cheminement ?
J’ai lu le Coran et je suis allée à la mosquée très souvent, j’ai rencontré des filles voilées très bien. Mais j’ai passé l’année à me dire « arrête, t’oseras jamais dire à tes parents que tu veux porter le hijab! Impossible! » Et donc, j’ai fait des invocations en demandant à Dieu de me rendre forte. J’ai continué mes prières sans relâche, je continuais à aller à la mosquée, à apprendre plein de choses via divers sites dont Hijab and the city.
Comment as-tu abordé la question avec tes parents ?
Et puis un soir, après avoir regardé un film avec ma mère, j’ai allumé l’ordinateur et je lui ai écrit un mail. Je lui ai tout dit à propos de mon intention de porter le hijab, en précisant bien que c’était un choix personnel qui n’avait rien à voir avec personne. Ma mère ne le met pas, et a donc eu très mal en lisant le mail. Elle m’a répondu en disant qu’on allait en parler avec mon père, de vive voix.
Le soir même, j’en ai donc discuté avec mes parents. Ça a été très difficile, puisque je pensais qu’ils allaient m’encourager, au moins un peu, mais au contraire, ils ont trouvé des arguments pour m’en dissuader. Mais au moins le premier pas était fait.
Et vous n’en avez plus reparlé depuis ?
Si, la fin de l’année de terminale approchait, et vu que je voulais le mettre directement après la fin des cours, il fallait que je remette à jour le sujet. Les jours passaient, et j’avais beau m’y forcer c’était trop dur; j’ai donc fait une prière et à la fin, j’ai donné ma parole à Dieu que j’en parlerai le soir, vous trouverez ça sûrement bizarre ou ridicule. Ainsi, impossible de trahir un engagement que j’ai fait avec lui! Et donc, j’en ai reparlé, ça s’est de nouveau mal passé.
Malgré tout, plus tard dans la soirée, je suis revenue parler à mes parents, et ça s’est plutôt bien passé, enfin, mieux du moins.
Quand l’as tu porté finalement et comment a réagi ton entourage ?
Je le porte depuis le 26 juin dernier. Le pire a été de sortir de ma chambre voilée devant mes parents. J’ai dû rester au moins 10 minutes la main sur la poignée, et puis j’ai récité le verset du Trône, et je suis sortie. Ma mère et mon père n’ont rien dit, et je suis sortie de l’immeuble. Là, j’ai eu envie de pleurer donc j’ai appelé une amie, et je marchais en l’écoutant. En raccrochant, j’ai de nouveau récité le verset du Trône dans ma tête, et ça m’a totalement apaisée. Je suis allée à la Fnac, et j’ai eu beau tendre l’oreille, je n’ai pas entendu de remarques méchantes. Rien de spécial ne s’est passé en fait. Le lendemain, je suis allée à la mosquée avec, et de nouveau rien de spécial. Vraiment, rien n’a changé par rapport aux autres!!!
Le dimanche par contre, je suis sortie pour la première fois avec ma mère faire du shopping, et même si c’était délicat au début, ça s’est très bien passé. Les vendeuses étaient comme d’habitude gentilles, une femme que je connais m’a prise dans ses bras.
J’ai vécu plein de choses merveilleuses. L’amie dont je redoutais la réaction m’a dit que je resterai toujours la même, et le must, c’était les sourires des femmes voilées. Ou encore celles qui m’ont dit « salam ‘aleikoum ». Vu que ma mère est convertie, et que mon père est d’origine kabyle, je ne ressemble physiquement pas du tout à ce qu’on pourrait imaginer d’une musulmane. Et ces femmes qui me reconnaissaient en tant que musulmane, ça m’a vraiment touchée.
Et qu’en est-il de ton avenir professionnel ?
Je n’ai pas peur pour mon avenir. Dieu offre ce qu’il veut à qui il veut, j’ai confiance en lui. Si mon destin est d’avoir tel ou tel emploi, je l’aurai, sinon tant pis! Vu combien il m’a aidée pour mon bac, je lui dois bien ça. En fait je me répète que j’ai eu deux yeux, deux oreilles, une bouche, de bonnes jambes, et tout ça gratuitement. On reçoit beaucoup, sans oser donner.
Un dernier mot ?
Pour finir, je voudrais adresser un message à celles qui hésitent: tournez-vous vers la communauté. Honnêtement, plus vous verrez de femmes voilées, plus vous vous sentirez sereine. Si vous sentez qu’il vous manque un peu de force, demandez-la à Dieu. Si vous avez peur des réactions, pensez à lui, sans arrêt encore et encore. Ne vous isolez surtout pas, écoutez des chants religieux : Allah knows de Zain Bikha par exemple, pfiouuu elle m’a beaucoup réconfortée, regardez des photos de musulmans à travers la planète, vous verrez que vous n’êtes pas seules! L’univers est immense, on est une toute petite fourmi, et donc quoi qu’on fasse ça n’aura pas de répercussion sur la planète! Les gens que vous rencontrerez dans la rue vous auront oublié le lendemain! Dans 150 ans, personne ne se souviendra de vous, sors de ce corps Raphaël ! Profitez de votre vie ici-bas pour faire les actes que vous savez être gratifiés par Dieu.
Dans le même dossier :
Pourquoi j’ai retiré mon voile
13 novembre 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif.
Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.
Peux tu te présenter aux lectrices ?
J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.
Quand à tu décidé de porter le hijab ?
L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.
Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.
Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.
Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?
L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.
Qu’en a pensé ton entourage ?
Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.
Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.
Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.
Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?
Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.
J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.
Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.
Comment as-tu vécu « l’après voile » ?
Après avoir pris la décision de l’enlever, je me suis sentie soulagée, apaisée. Je sentais que j’allais pouvoir recommencer, repartir sur de bonnes bases, reconstruire ma spiritualité, mon Islam sur du solide, en me concentrant sur l’essentiel, la prière notamment. J’arrivais à un tournant dans ma vie, je terminais bientôt mon bac+3, j’allais changer d’université, de ville, je me suis dis que c’était l’occasion. Et j’ai décidé de le retirer après mon dernier jour d’examen. Je ne voulais pas avoir ce changement trop brusque dans mon université, affronter les regards, les questions. J’étais bien acceptée avec mon voile, je pense que j’en avais donné une image positive que je ne voulais pas briser en arrivant du jour au lendemain dévoilée. Et puis, ce serait moins facile à assumer.
La première fois que je suis sortie sans, j’étais un peu stressée, il faut bien le dire. Je m’attendais à me sentir quand même un peu mal dans la rue sans ce voile. Mais en fait non. Ca m’a fait bizarre de ne pas le mettre au moment de sortir, mais une fois dehors, je me suis sentie à l’aise, transparente, légère. J’avais rendez-vous avec une copine qui ne m’a pas reconnue tout de suite. Mais je me sentais tellement mieux dans ma peau.
Penses-tu le remettre un jour ?
Je ne sais pas si je le remettrai. Pour le moment en tous cas, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Je ne suis pas contre en principe, mais je n’y trouverais pas beaucoup de sens. Je pense que je le porterais sans problème dans un pays musulman, dans un pays où le port du foulard est banalisé. Mais ici, ça implique trop de « visibilité », et c’est, je pense, ce qui me dérange le plus : l’image, le message que ça peut véhiculer, la distinction, la différenciation.
Quelle a été la réaction de tes proches ?
Ma famille a eu le respect de ne pas s’en réjouir ouvertement devant moi, et je leur en suis très reconnaissante. J’en ai profité pour mettre certaines choses au point avec eux : je retire le voile, oui, mais je reste musulmane, pratiquante, et n’essayez surtout plus de me faire manger de la viande non halal!! par exemple. Je me suis sentie plus en cohérence avec moi-même. J’assume beaucoup mieux mon islam face à eux depuis. Avant de le retirer, j’en ai parlé à plusieurs personnes, plusieurs amies, beaucoup avec mon ex. J’en ai parlé avec mes amies tant musulmanes que non musulmanes, des voilées, d’autres qui ont retiré le voile. Je voulais me confronter aux avis des autres afin d’être sûre de ce que je voulais, de ma décision, de mon choix, pour ne pas le faire sur un coup de tête. Du coup, ils étaient préparés à l’idée, et savaient que c’était le fruit d’une longue réflexion pour moi. Certain(e)s ont compris, d’autres moins, mais Dieu soit loué, tout le monde a respecté mon choix.
Je m’étais assez éloignée de la communauté depuis un certain temps, donc les musulmans de mon entourage ne sont que mes amis proches, à qui j’ai expliqué ma démarche. Globalement je n’ai pas eu de réaction vraiment négative. Je pense qu’à partir du moment où on fait son choix de façon mûre, réfléchie et mesurée, où les gens voient bien qu’il ne s’agit pas de sortir la minijupe ou de quitter l’islam, ils respectent globalement ce choix.
Où en es tu aujourd’hui ?
Le retirer m’a fait beaucoup de bien, à moi et à ma foi! Maintenant j’ai recommencé à m’investir un peu dans la communauté, à fréquenter les mosquées, et Dieu soit loué, les gens m’acceptent bien sans mon voile. Et, paradoxalement, je me sens tellement mieux dans ma foi, tellement plus musulmane. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma place…
Je ne sais pas si c’est très bien de le dire, mais je ne regrette pas de l’avoir retiré. Par contre j’admire et je soutiens à 300% les femmes qui le portent et qui l’assument, qui le vivent bien. Je trouve ça magnifique, bravo à vous les filles! J’ai peur parfois d’être un mauvais exemple pour certaines…
Dans le même dossier :
Ça finit par un mariage ?
22 octobre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Laisser une longue période entre les fiançailles et le mariage permet aux futurs époux de se fréquenter et de mieux se connaître jusque dans l’intimité. Cela est d’autant plus vrai quand le mariage religieux a été officialisé. Et c’est là que des questions se posent pour certaines.
L’union étant rendue officielle, donc reconnue, aussi bien sur un plan religieux que familial (les parents, la fratrie, les amis…), on considère alors qu’il est possible de se voir dans un cadre plus personnel, sans avoir à craindre les « faux pas ». On se sent alors plus à l’aise avec son « prétendant » qui le reste tant que la cérémonie n’a pas eu lieu. On constate alors qu’aujourd’hui un mariage religieux oral (hlal) suffit pour certaines, bien qu’aux yeux de la loi ces dernières vivent en concubinage avec « leur mari », qui civilement ne l’est pas mais qu’importe, ce qui compte pour elle c’est le « hlal ».
Revenons à ce jeune couple, en attente d’un mariage civil et d’une cérémonie. Ils se côtoient très régulièrement et se découvrent de jour en jour. Ils s’apprécient et ne se voient plus seulement chez la famille ou à l’extérieur dans les lieux publics (sorties, restaurants), mais plutôt chez le prétendant quand celui-ci vit seul. On décide de la déco du « chez nous » ensemble, ou alors on la repense quand celle-ci a déjà été faite. Des va et vient dans l’appartement qui offrent l’occasion de se retrouver seuls, à l’abri des regards indiscrets.
Les paroles se font rares et ce sont alors les sens qui s’exaltent. L’attirance physique est là mais on ne sait pas si s’oublier est une bonne idée ou pas. On se dit alors qu’il est légitime de s’abandonner, se laisser aller car après tout le « hlal » a été fait. Or, ce n’est pas si évident que cela. Nombreuses se retrouvent gênées par cette situation et se refusent à quelques relations physiques que ce soit, même si elles doivent le supporter avec beaucoup de souffrance et de patience. On ne sait plus comment réagir, ni à qui en parler. On hésite à en parler aux proches par pudeur et par gêne. Puis on se tourne vers les amies qui elles craignent de mal conseiller notre future mariée.
Alors se pose la question de la confiance : la confiance en lui, en Dieu. Pour beaucoup, le « hlal » reste superflu, c’est le mariage civil qui scelle réellement l’union entre les deux êtres. On ne sait pas de quoi est fait demain et on reste circonspecte de peur d’être désagréablement surprise. On ne fait donc pas le pas, et l’on résiste ou l’on cède à quelques petits jeux, au flirt sans aller plus loin.
Néanmoins, il arrive que l’on accepte et que l’on n’éprouve aucune culpabilité. Le « hlal » est une union sacrée qui transcende même le mariage civil, alors pourquoi s’interdire ce qui nous est permis ?
Ainsi, se fiancer aujourd’hui engage beaucoup plus de choses que l’on ne croit. Un événement qui nous paraît classique et banal au premier abord, qui n’est là que pour rendre officielle une relation entre deux personnes, peut s’avérer être compliqué à gérer. Alors que faire ? Devons nous nous hâter à nous marier, une fois que l’on est sûre que c’est le bon ? Devons nous sauter l’étape fiançailles ? Et quand la salle prévue pour le mariage n’est disponible que dans six mois et que le « hlal » a été fait, puis-je aller plus loin avant les noces ?
Autant de questions que l’on se pose, parce que ce que l’on garde en tête c’est le respect de certains principes. On veut que les choses se fassent bien et on en oublie les subtilités et quelles subtilités !
Ça commence par des fiançailles, fiançailles…
21 octobre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Vous souvenez vous des rondes qui ont bercé notre enfance ? On était toutes rassemblées avec les voisines et l’on se mettait à révéler les amours de chacune, le béguin qu’une telle avait pour le voisin d’en face ou le camarade de classe. Et il faut dire que nous étions des pionnières en matière de mariage mixte ! On était pour le brassage ethnique sans limites, musulmans ou pas d’ailleurs : c’était des couples du genre Leïla et Ozgür, jusque là ça va ; Malika et Eduardo, eh oui no taboo, Nadia et Julien ou encore Salamata et Abdeljalil, bien sûr il y avait aussi Samira et Kamel.
Et il y en avait une dont la chanson débutait ainsi « un samedi soir je dis à ma mère, voulez-vous savoir le garçon que j’aime » waw et c’est qu’on vouvoyait nos mamans ! Et ça continuait ainsi « j’ai donné mon cœur à … » et « ça commence par des fiançailles ». Déjà, à l’époque, nous avions intégré certains codes, alors que nous n’avions que 8 ans. Nous savions qu’il fallait avant de se marier, se fiancer. Oui, mais comment ?
Les fiançailles sont une étape importante dans la vie d’un couple. C’est la période qui précède celle du mariage, le moment où l’on déclare son intention d’épouser quelqu’un. L’homme offre alors une bague à sa bien-aimée, signe de son amour.
Or, tout le monde ne vit pas cette étape de la même façon. En effet, pour certaines les fiançailles sont un moment crucial et tellement capital qu’il faut les fêter comme il se doit. Bien souvent cette fête ressemble à une cérémonie de mariage : de nombreux invités, une tenue exceptionnelle à la Sissi pour la mariée, un banquet, sans oublier la fameuse pièce montée. On dépense une somme monstre, pour au final remettre cela quelques mois plus tard, et là on a vraiment un sentiment de déjà vu. Le plus malheureux, c’est quand, au final, il n’y a plus rien entre le dit couple, c’est la rupture. Alors, tout le monde se pose la question de savoir quand aura lieu le mariage et c’est peu de temps après que l’on réalise que c’est de l’histoire ancienne et qu’il faut tourner la page.
Pour d’autres les fiançailles c’est le « hlal », ou encore la « fatha » c’est à dire le mariage religieux. On le célèbre avant la cérémonie de mariage, parfois le même jour que le mariage civil. C’est en petit comité que cela se passe : la famille essentiellement et quelques amis autour d’un repas. La promise porte alors un vêtement traditionnel et est coiffée d’un beau chignon mais qui reste sobre pour ne pas trop gâcher l’effet de surprise le jour J, où là elle aura l’air d’une princesse. Elle se pose près de sa belle-famille et de l’élu de son cœur. Les familles font plus ample connaissance et on va même jusqu’à sortir quelques dossiers sur vous, l’affiche en bref. La maman du fiancé vous offre une bague de fiançailles (que son fils aura financé bien sûr), là vous lui embrassez le front et belle maman de vous dire « tu as ma bénédiction ma fille ».
Enfin, pour d’autres on fait d’une pierre deux coups, pas de fiançailles donc. Bien sûr les familles se sont rencontrées, le futur époux visite sa belle-famille ou pas d’ailleurs, et tout s’officialise le jour du mariage : à 14 heures, mariage civil ; à 19 heures, cérémonie de mariage avec entre temps le mariage religieux.
Les fiançailles se célèbrent ou pas, tout dépend des envies de chacune, des traditions également. C’est bien souvent un moyen d’officialiser la relation que l’on a avec son cher et tendre et de mieux le connaître mais cela nous amène parfois à nous retrouver face à des situations délicates…
La suite au prochain épisode.
Cueillez votre maturité !
25 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Célibat Mariage & Cie
Je sais, deux articles sur le mariage, la vie sentimentale c’est un peu beaucoup pour cette semaine, mais je sais que vous êtes nombreuses à en être friandes et n’en ayant pas parlé pendant quelques temps (les vacances, le mois de Ramadan), il nous faut bien nous rattraper hein les girls ?
On a tendance à penser que l’on ne se marie qu’une fois dans sa vie, qu’il faut tout supporter même si ça ne va pas, et que si l’on divorce, on ne peut plus refaire sa vie parce que les enfants sont là, qu’il faut savoir ce que l’on veut… surtout quand on est une femme, et qui plus est maman.
Les femmes sont assez mal loties de ce côté là : quand elles traversent des périodes malheureuses, voire invivables, on leur demande de faire preuve de patience et de sagesse. Il est vrai que la sagesse est une qualité essentielle dans le couple, il faut bien que l’un des deux soit raisonnable quand l’autre est nerveux et rancunier. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il faille tout accepter, jusqu’à ce que la mort les sépare. Il arrive que les couples se déchirent, qu’ils ne s’entendent plus et là c’est la séparation. Le mieux à faire, plutôt que de finir avec des enfants traumatisés, avoir une vie triste et vide de sens, et se rassurer en disant qu’on ne vit que pour ses enfants et que de toute façon le mariage demande beaucoup de sacrifices… Une vison purement et simplement traditionnelle. Non pas que divorcer c’est bien, non pas que pour un enfant voir ses deux parents séparés ce soit le bonheur, mais il est des situations où l’on ne peut pas faire autrement.
Tout cela pour en arriver à la question suivante : pourquoi est-ce si compliqué pour une femme de refaire sa vie ?
D’abord, parce que l’on se met des bâtons dans les roues sans le savoir : on se néglige, on ne fait plus d’effort parce que l’on est persuadé qu’une mère ça ne refait pas sa vie, ça n’aime pas à nouveau, ça n’a plus de sentiments amoureux.
En outre, les hommes non plus ne font pas d’efforts à leur égard : elles sont vues comme des mamans et non comme des femmes, et l’on s’imagine mal faire la cour à une maman.
Enfin, la tradition veut que la femme divorcée avec enfants fasse vœu de chasteté jusqu’à la fin de sa vie.
Il est tout de même étrange de constater que l’on a fait dix bonds en arrière, et que c’est un schéma des plus archaïques qui fait loi aujourd’hui. On ne cite les plus grand(e)s que quand cela nous arrange, mais on ne se réfère pas à eux pour des choses aussi simples et naturelles.
Et quoi de plus beau qu’une femme mûre, à l’expérience riche, dont la vie n’a presque pas de secrets, une femme aimante et sensible, à qui l’on reproche son audace, sa détermination ou plus douloureusement son malheur, sa malchance, son triste destin.Au bagne la désuétude, les clichés qui nous envahissent et nous étouffent, cueillez votre maturité gentes dames. Se sentir femme, voilà ce qu’il vous faut retrouver, et j’invite les Saïd Connery (grand oncle de Kamel Reeves) ou les Jamel Clooney à reconsidérer leur conception de l’absolue féminité.
Suggestions modesques
17 septembre 2009 par Khadija
Classé dans Look at mon style
Comme je le disais dans mon précédent billet, il est important de bien choisir sa tenue pour se sentir belle le jour de l’Aïd. On n’hésitera pas à faire quelques soins relaxants, et en profiter pour faire peau neuve. Tout compte ce jour là, il vous faut avoir de l’allure.
Voici quelques suggestions modesques qui vous aideront à composer votre tenue. N’hésitez pas à porter de la couleur et quelques strass pour rehausser le tout. Soyez avant tout vous mêmes tout en étant raffinées et chic.

Cette composition met le bleu électrique à l’honneur. Le tout est de savoir l’adoucir avec une touche de noir et quelques sequins ici et là. Une tenue pas cher du tout, que vous pourrez reproduire en vous baladant chez qui vous savez : Massimo Dutti, Zara, Mango, Newlook…
Boléro Debenhams, robe Dorothy Perkins, T-shirt brownsfashion, pochette Tory Burch, bague fantasyjewelrybox, ballerines Rainbowpill, étole Forzieri, pantalon Acne.

Quelques idées de robes sobres et habillées, que l’on peut porter avec un pantalon ou pas, à chacune son style. Et c’est la paire de chaussures, la pochette ou encore le châle qui peuvent glamouriser le tout.
De gauche à droite : robe noire Malene Birger, pochette vernie Lulu Guinness, robe marron VIKTOR & ROLF, châle Chickdowntown, robe mauve Antik Batik, bague fantasyjewelrybox, robe noire Layered Carla, sandale Metallic Zander.
A vos tenues, soyez resplendissantes à souhait car ne l’oubliez pas, c’est jour de fête !
La femme musulmane et la sexualité : quand le culturel et le cultuel se mélangent
27 août 2009 par Maria
Classé dans Ce qui fait débat
Hier matin, je pensais au port du hijab, comme un acte de dévotion, d’adoration, avant tout. Puis en deuxième lecture, comme une affirmation de la liberté d’expression religieuse dans un pays laïc où l’on confond parfois laïcité avec formatage du citoyen, avec une expression neutre, dépersonnalisée, vidée de tout contenu, de toute différence. Le hijab, également comme acte de solidarité avec toutes celles qui le portent, comme symbole d’effacement de son ego (si difficile ! Et à ne pas confondre avec effacement pur et simple, perte de soi devant l’autre). Mais certainement pas une manière de se protéger du regard masculin. D’ailleurs, pourquoi se protéger ? Qu’y a -t-il donc de malsain ?
Les hommes et les femmes sont faits pour s’attirer et former des couples. Une femme portant un foulard n’est pas devenue une chose neutre, inexistante et non désirable. La pulsion du désir (aussi importante chez la femme que chez l’homme) est maîtrisée et maitrisable par choix, mais ne doit pas être annihilée, sauf pour celles et ceux qui ont décidé de se retirer de ce monde, et de vivre comme des ermites. Ce qui peut être un choix spirituel, mais pas forcément l’un des plus difficiles. Il me semble que la vraie difficulté réside dans le fait d’être humain, « trop humain « , et de développer une vraie spiritualité dans un contexte quotidien de travail, de vie de famille, de vie de couple.
La sexualité des femmes est trop souvent présentée comme inexistante ou victime de « pulsions masculines prédatrices ». Il faudrait ne pas avoir peur de dire que les hommes tout comme les femmes font un choix de chasteté qui n’est pas évident, ni facile, qui est plutôt une pleine conscience de la gravité, de l’importance de la sexualité comme acte responsable, lien qui permet de devenir un avec l’autre, et qui doit être sacralisé par la bénédiction divine. Passer du culturel au cultuel. Ne pas trouver qu’un homme peut faire sa vie de célibataire comme il l’entend, mais qu’une femme se doit de rester vierge. Admettre qu’il est aussi beau pour un homme que pour une femme d’y parvenir. Mais également difficile. Qu’il s’agit d’ une affaire entre Dieu et soi-même. Et non d’une affaire qui permettra au futur époux de répudier une femme qui n’est pas vierge et à la future épouse de ne poser aucune question au sujet des vies précédentes de Monsieur.
Quelqu’un me racontait qu’une amie avait été « mise à l’épreuve » par son fiancé. Il lui aurait dit qu’il ne pouvait pas se marier avec elle sans savoir s’il y avait une vraie entente physique entre eux. Après maintes discussions, elle a fini par céder. Le résultat étant qu’il l’a quittée car apparemment, le vrai test était de savoir si elle était capable de lui résister !! Voila à quoi mène la confusion des genres entre culturel et cultuel. Des bons petits machos qui peuvent tout faire, tout décider et choisir en prime ; et des femmes à la merci de leur jugement sans pouvoir exprimer ni leur propres pulsions, ni leurs propres choix.
Si l’on ramène cette histoire à sa juste place, nous avons un type malhonnête et opportuniste, auto proclamé » juge de la pureté de l’autre « , une femme juste humaine qui a des désirs naturels mais qui n’étant pas capable de l’admettre vacille dans son choix, rendant le type en question maître de la situation. Si la fille admettait ses propres pulsions et en parlait, elle aurait pu présenter son choix et ses raisons de manière inébranlable. S’il lui arrivait d’un commun accord avec l’homme qu’elle pense être le bon, le futur mari, d’avoir une vie maritale avant mariage, ils auraient pu éviter le pire en consacrant leur union devant Dieu, sans drame à la clé. Et elle serait autant dans son droit que lui de lui demander de ne pas papillonner.
Disons que ce qui me met hors de moi, c’est qu’une fille ait à rougir plus qu’un homme à cause d’une histoire comme celle-ci. Ce qui donne un monde binaire et gris : d’un côté tout ce que je viens de rapporter, de l’autre la facilité, l’irresponsabilité, la frivolité de la société dans laquelle nous vivons au quotidien, où la sexualité a été désacralisée, vidée de son contenu et de sa beauté, où tout est régi par de l’hédonisme égoïste à l’état pur.
Ah, j’oubliais ! Fruit de cette confusion de genres, un marché incroyable se développe : la reconstruction d’hymens par la chirurgie… Car la jeune fille ci-dessus mentionnée s’est sentie contrainte d’y avoir recours sous peine de ne plus trouver de mari !
Que Dieu nous préserve de notre propre folie !
Hijab and the city au 21ème Festival de photojournalisme à Perpignan
26 août 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
Hijab and the city participera au 21ème Festival de photojournalisme « Visa pour l’image » à Perpignan, dans le cadre d’un débat organisé par le magazine ELLE le vendredi 4 septembre à 17 heures. La table ronde portera sur le port du voile intégral en France, et sera animée par Valérie Toranian, directrice de la rédaction ELLE. Parmi les invités :
- Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville
- Abdelwahab Meddeb, écrivain
- Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l’Homme
- Mariame Tighanimine, co-fondatrice du webzine féminin « hijabandthecity.com »
- Marie-Françoise Colombani, éditorialiste à ELLE
- Caroline Laurent-Simon, grand reporter à ELLE
Courrier des lectrices : tromperie, trahison et divorce
24 août 2009 par La rédaction
Classé dans Psy-show
La vie est tumultueuse et ponctuée d’évènements que l’on a bien souvent du mal à contrôler. Alors, on se sent seule et impuissante. Cette semaine, c’est le témoignage d’une femme trahie que nous publions sur Hijab and the city, une femme au coeur meurtri qui à son tour sollicite votre aide et vos conseils.
« Je vous écris car je suis en pleine détresse. Mon couple bat de l’aile depuis plusieurs années et cela fait deux ans maintenant que mon mari et moi ne partageons plus rien. Nous nous sommes mariés en respectant les principes islamiques. Nous avons eu beaucoup de mal à faire accepter notre union car il est d’origine maghrébine et moi mauritanienne . Finalement au nom de l’Islam, mes parents ont fini par accepter. Aujourd’hui, nous nous séparons violemment après dix ans de vie commune et trois filles magnifiques.
Si je suis en détresse, c’est parce que pendant ces huit derniers mois, il ne vivait plus sous notre toit disant qu’il prenait ses distances pour réfléchir. Il m’a appris récemment qu’il avait rencontré quelques femmes et qu’il envisageait de se marier avec une Sofia. En avril dernier, j’ai justement trouvé un mot de cette fille chez moi indiquant qu’ils avaient passé une nuit encore plus merveilleuse que les précédentes. Il a menti, car il m’avait dit qu’il s’agissait d’une soeur qui voulait se marier avec un de ses amis converti, et qu’il la voyait pour la mettre sur le droit chemin. Mon mari va chaque année en mission humanitaire, et cette fille fait partie de l’association dans laquelle il est investi. il n’a jamais voulu que je l’intègre, prétextant que je ne portais pas le voile. Cette Sofia ne le porte pas non plus et les autres membres femmes aussi. Il a confié mes filles à cette femme ! Pendant des mois, j’ignorais leur relation.
Je suis en colère car j’ai été trahie, sachant qu’il ne s’est jamais investi dans notre couple et qu’il a toujours été très absent. Il expliquait cela par le fait que je n’étais pas assez pieuse et que je le « saoulais ». Donc pas de vie de famille, pas de vacances en famille, il nous consacre peu de temps. Parfois, il ne dort pas à la maison, et dit dormir à la mosquée et être avec des frères. Quand il voit nos filles, c’est en coup de vent, pendant quelques heures, parce qu’il a des choses à faire. Il est intermittent et notre situation financière a toujours été chaotique, ce qui générait parfois des conflits violents. Il m’a beaucoup insulté, en utilisant des mots très dégradants. Il lui arrive même d’être physiquement violent. Je suis aujourd’hui fonctionnaire pour compenser les galères financières.
Cette situation est très difficile, d’autant que je m’entends très bien avec sa famille. J’ai aussi l’impression d’avoir tout donné et en retour, je récolte un divorce. J’ai besoin d’un avis ou d’un conseil pour avancer. Je prie beaucoup et remercie Dieu pour mes filles et pour ma situation pas trop catastrophique. »
La musulmane voilée est-elle asexuée ?
11 août 2009 par Mariame
Classé dans Célibat Mariage & Cie
A toi, jeune homme, sosie de Keanu Reeves, mais t’appelant plutôt Kamel Reeves, cet article t’est adressé !
Comme dirait une amie, c’est la crise ! La crise du mariage, la crise du bon plan, la crise du bon parti. De manière générale, toutes les célibataires sont touchées par cette pénurie. Je me rends compte qu’autour de moi, nombre d’entre elles enchaînent les déceptions après moult rencontres, et je ne vous parle pas de celles pour qui rien ne se passe à l’approche de la petite trentaine. Je ne vous parle pas non plus de celles pour qui tisser un premier contact relève parfois de la gageure… et puis si, je vous en parle : les filles voilées ! D’où je tiens ça ? D’une étude de terrain, et quantitative je vous prie ! Je suis modeste, appelez-moi Lazarsfeld !
La semaine dernière, sur une terrasse en train de siroter ma citronnade avec quelques copines, une discussion s’est engagée. On était un groupe assez hétérogène : des jeunes femmes musulmanes, des non musulmanes, des voilées, des non-voilées… On parlait de tout, de rien, jusqu’à ce que l’une d’entre nous intervienne pour dire : « Je comprends pas pourquoi je rencontre jamais personne ? ». Une copine, sûre d’elle, enchaîne en disant : « C’est normal, t’es voilée », et il s’avère que cette explication, ça n’est pas la première fois que je l’entends.
Curieuse, je lui ai demandé ce qui la poussait à avancer cet argument. Et elles ont toutes fini par me donner une explication.
- C’est simple, quand t’es voilée, on te prend pour une sainte, à croire que tu peux pas avoir de sentiments et que limite, t’es asexuée.
- Moi, je ne suis pas voilée, mes sœurs non-plus, et je me souviens que mon frère était fou amoureux d’une fille de sa promo, qui l’était. Il ne s’est jamais approché d’elle parce que nous même, après qu’il nous ait demandé des conseils, on l’a fait flipper en lui expliquant qu’une fille qui porte le voile, c’est sacré. On a été bêtes sur ce coup.
- Une fois, je pensais bien m’entendre avec un garçon qui était avec moi en cours. Je voulais tout faire dans les règles de l’art, je pensais que c’était réciproque. Mais en fait, non. J’étais sa caution morale, la sainte qui lui donnait des conseils, son imam. Bref, il ne voyait en moi qu’un… voile.
Autant d’explications pour dire une chose : la filles voilées font flipper ! Déjà que trouver babouche à son pied est un exploit, imaginez ce que c’est quand on est considérée comme mère Térésa ? Même les escargots sont plus attractifs ! Sans oublier les moules.
Si tu es une fille de bonne famille, deviens Miss Arabie !
10 août 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Qui n’a jamais rêvé de participer à un concours de beauté afin d’être couronnée et couverte de présents ? Euh… moi ! J’ai déjà du mal à regarder Miss France, alors jouer le jeu. Et puis j’ai pas mes chances en France, je suis un peu trop couverte. Mais peut être que Miss Arabie Saoudite est fait pour moi ? A vrai dire, toujours pas !
J’entends déjà certaines dire : « quoi ? Une élection de Miss au Moyen Orient, mais c’est du délire ? »
Du délire… pas pour Aya Ali-Al Moula en tout cas. Cette jeune femme âgée de 18 ans a été élue « Reine de la belle moralité » en raison non pas de sa plastique, mais de ses qualités et valeurs de femme musulmane. Un concours durant lequel elle n’a pas eu à montrer son visage, voilée et vêtue d’une abaya.
Et les cadeaux me direz-vous ? C’est ce qu’il y a de plus intéressant dans tout ça !! Eh bien mesdames, l’heureuse élue a reçu des bijoux, un voyage en Malaisie, et 5000 riyals, l’équivalent de 930 euros (les Saoudiens sont-ils devenus pingres ?).
Que penser de tout cela ? Certaines diront que lors de ce concours de miss, seule la beauté intérieure a été récompensée, à la différence des concours traditionnels où maillots de bain et robes de soirée sont de mise pour mettre en valeur ses attributs les plus attrayants… on se comprend n’est-ce pas ? La femme est réduite à un vulgaire objet qui s’exhibe en petite culotte devant la France entière pour au mieux gagner une Peugeot 307 (vraiment des pinces ces organisateurs de concours !).
Mais entre nous mesdames mesdemoiselles, à quoi bon organiser un concours, même pour récompenser la plus philanthrope et la plus pieuse des femmes musulmanes ? En petite tenue ou en hijab, pour moi c’est du pareil au même, surtout en Arabie Saoudite !
On ne fait pas dans le cliché, mais objectivement, les Saoudiennes auraient plutôt besoin de plus de droits et de considération dans une société où le patriarcat fait des ravages. Il est universel me direz-vous, mais quand on veut donner « l’exemple » soit on assure, soit on s’abstient !
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Focus sur… Khadija Benguenna
« Atiab el mouna » (« meilleurs souhaits ») est la phrase fétiche de Khadija Benguenna à chaque fin de JT sur la célébrissime chaîne d’information qatarie El Jazeera (vous savez la chaîne au logo calligraphié en forme de poire). Mais qui est donc cette délicieuse et charismatique femme ?
Journaliste algérienne, elle intègre Al Jazeera en 1996 et devient l’une des plus grandes figures du paysage audiovisuel arabe. Cette femme allie avec distinction professionnalisme et féminité, en couvrant des évènements historiques et cruciaux dans l’histoire de l’humanité, tout en arborant un voile raffiné et toujours en parfait accord avec ses tenues.
Il est important selon elle de rester féminine tout en étant voilée de ce voile qu’elle n’a porté que plus tard après trois ans de réflexion, ce qui lui a valu à la fois critiques et encouragements. Un accueil mitigé donc qu’elle analyse avec beaucoup de pondération. D’ailleurs, elle regrette bien souvent que l’on se focalise sur son voile plutôt que sur son travail et sa pratique du journalisme.
Khadija Benguenna a réussi à imposer son style, parce qu’il faut bien le dire, sur El Jazeera ce sont toutes de très charmantes femmes qui présentent les différents programmes de la chaîne. Parmi elles, Khadija est la seule femme voilée. Mais ce n’est pas ce qui la démarque des autres. En effet, ce qui fait d’elle une des plus célèbres présentatrices, c’est son illustre parcours.
Après avoir travaillé pour une radio et la télévision algériennes, elle s’installe à Berne et intègre la Radio Suisse Internationale pour enfin rejoindre El Jazeera. Elle affirme « être fière d’être le produit d’une industrie locale algérienne », et insiste sur l’importance du rôle de la femme dans les médias.
Cette pionnière est plus que jamais dans l’air du temps : une femme professionnelle, spirituelle et tellement féminine. Pas question de faire d’elle un alibi, elle est journaliste un point c’est tout. D’ailleurs, elle n’a plus à faire ses preuves. Ses compétences journalistiques ont été primées, et elle continue à susciter la fascination de ses pairs.
Khadija Benguenna, une journaliste émérite, une femme de convictions qui a du style ! Et pour la petite histoire, il paraît qu’elle roule en Porsche… la veinarde !
Femme et cadre dynamique !
8 juillet 2009 par Mariame et Yamina
Classé dans Elles parlent d'elles
Elles sont cadres, elles sont dynamiques, elles sont bosseuses… Hijab and the city est allé à la rencontre de deux jeunes femmes pour qui le travail est un facteur d’émancipation et le moyen pour elles d’être considérées comme des femmes à part entière, confrontées aux même difficultés que leurs consœurs.
La première s’appelle Samira. Elle est trader au sein d’un des plus grands établissements financiers de France. La bonne vingtaine, c’est une jolie femme bien dans ses escarpins qui travaille dans un milieu assez masculin. Quand on lui demande de nous décrire sa relation au travail, elle nous explique qu’elle aime ce qu’elle fait. « Mon poste actuel, c’est ma première « vraie » expérience professionnelle. J’avais quelques jobs quand j’étais étudiante, mais j’ai réellement intégré le milieu professionnel juste après la fin de mes études. Avec quelques peurs je l’avoue ! J’ai d’ailleurs préféré occuper un poste pour lequel je suis carrément surqualifiée. »
Samira porte le hijab, mais pas au travail. « Je travaille sans mon foulard. J’ai été très bien accueillie, je m’entends bien avec mes collègues. On est un groupe assez hétérogène, cosmopolite, et on entretient vraiment des relations très cordiales. »
Quand on lui demande si elle pourrait du jour au lendemain arrêter de travailler pour mener une vie de famille, Samira hésite. « Je suis quelqu’un d’ indépendant. J’ai toujours travaillé, même durant mes études. Je suis très indépendante financièrement, je me suis toujours débrouillée, je n’ai jamais demandé quoique ce soit à mes parents, et ça, c’est très important pour moi. Et s’il s’avère que je dois faire ma vie avec quelqu’un, je ne voudrais pas qu’il me bloque par rapport à ça. Bien sûr, si j’ai envie d’avoir une vie de famille, de m’occuper de mes enfants, la question se posera. Mais je pense qu’il est toujours possible de concilier les deux. »
Est-elle carriériste ? « Non, pas du tout ! J’aime juste le travail, être active, faire quelque chose. Que ce soit dans le cadre d’un travail, ou d’une association dans laquelle je pourrais m’investir. »
Samira n’est pas un cliché sur pattes. Ce n’est pas la cadre urbaine et dynamique qui vilipende ces femmes qui décident ou non d’être à plein temps au sein de leur foyer. »C’est tout à leur honneur !! Si c’est un choix, et qu’elles se plaisent dans cette situation, c’est tant mieux pour elles. J’espère seulement qu’elles se fixent aussi des objectifs, qu’elles ont un programme, qu’elles ne tombent pas dans une routine, dans le laisser-aller. Je connais pas mal de femmes au foyer, surdiplômées, qui sont très actives au niveau associatif, impliquées dans l’éducation de leur enfants… J’en connais d’autres qui travaillent, et qui ont également une vie de famille. Ce sont des femmes que j’admire beaucoup, que je prends en exemple. »
Lorsqu’on évoque avec elle la question du célibat, le regard des hommes sur la femme qu’elle est et qu’elle peut représenter à leurs yeux, Samira est très claire ! « Si dès le départ, il s’avère que mon statut provoque une gêne, je stoppe directement la relation. Il faut que je sois avec quelqu’un qui comprenne que je dois travailler. Je sais qu’on peut faire peur. J’ai 28 ans, je ne suis pas mariée, je suis indépendante… Mais je suis ce que je suis ! J’ai fait des études pour, et je ne vais pas changer comme ça, d’un coup de baguette magique. Je ne comprends pas qu’on puisse faire peur… faudrait poser la question à ces messieurs ! »
Et c’est là que son amie Soumia intervient : « ça fait peur parce qu’il y a peut être un arrière fond de machisme. Les hommes finissent par ressentir que leur emprise sur le couple, la famille s’amoindrit, et qu’ils n’ont plus le même statut que le chef de famille d’antan. »
Pour Samira, il faudrait plutôt dans ce cas là se tourner vers une femme tenant moins à son indépendance, et ne voulant pas forcément travailler. En ce qui la concerne, ces critères pour trouver l’homme idéal sont assez souples : « un homme qui a un bagage intellectuel, c’est super important de pouvoir discuter de choses intéressantes avec lui. Faut aussi qu’il travaille, qu’il soit en mesure de subvenir aux besoins d’une famille. »
Samira évolue dans un milieu masculin, qui compte néanmoins quelques femmes. Elle entretient d’excellentes relations avec ses supérieurs hiérarchiques et ses collègues. « Il y a une ambiance assez cordiale. On a pas de concurrence acharnée accompagnée de coups bas. On reconnait le travail de chacun, on se respecte mutuellement. Mon supérieur hiérarchique n’a pas hésité un jour à mettre en avant toutes mes qualités au travail, mes compétences, mon dynamisme, ma réactivité, mon professionnalisme. Il était même ému en me parlant de mon parcours. C’est quand même ma première expérience professionnelle… il m’a vu grandir en quelque sorte. »
Concernant le hijab, Samira nous explique qu’aucun collègue ne sait qu’elle le porte, hormis une collègue. « Personne ne le sait ou du moins, personne ne m’en a jamais parlé, sauf une collègue, convertie à l’Islam. Certes, je ne le porte pas au travail, mais au niveau vestimentaire ou du comportement, c’est en tout cas ce qu’on me dit, on sait que je suis de confession musulmane. Je ne manifeste pas mes convictions, mais j’ai des valeurs qui me suivent toujours. L’ intégrité par exemple. Mes collègues savent que je suis intègre, honnête. A la cantine, quand on a oublié de me compter quelque chose, je retourne immédiatement faire la queue. Je n’aime pas la grossièreté ou les familiarités, et mes collègues le savent. Je n’ai jamais cherché à le montrer ou autre. Je ne vois pas l’utilité d’en parler. Je suis là-bas pour mes compétences, et rien d’autres. J’enlève mon hijab, mais je ne me sépare jamais de mes valeurs »
En résumé pour Samira, son travail c’est : « être carrée, viser la perfection, avoir des challenges, aller toujours plus loin… se surpasser ! »
Revenons-en à Soumia qui parlait plus haut de machisme. C’est une célibataire de 27 ans tout aussi dynamique que son amie, avec un caractère encore plus affirmé. Chargée de recrutement au sein d’une SSII, elle évolue dans un milieu exclusivement masculin. « Je ne travaille qu’avec des hommes, et je ne m’en porte pas plus mal ! C’est sûr qu’il faut avoir une forte personnalité, les nerfs solides mais ça va, j’ai su imposer ma personnalité, et m’adapter. Je suis très sociable, et je suis aussi très consciencieuse dans mon travail. Mais quand ça va mal… je sais marquer le coup pour éviter que ça se reproduise une prochaine fois. Je fais mon travail, et je me laisse un peu de temps pour aller sur hijabandthecity.com (rires) »
Soumia a eu un parcours universitaire classique. « J’ai commencé en droit, j’ai obtenu un deug. Mais je n’ai pas supporté l’ambiance. J’étais dans une fac assez huppée, j’ai eu quelques problèmes avec des professeurs alors que j’ai toujours eu d’excellents résultats. J’avais par exemple des profs qui à la fin des partiels isolaient devant tous mes camarades ma copie… Ces deux années en droit, ce département de ma fac, ça a été un choc culturel a 5 minutes de chez moi ! Puis j’ai fait AES (administration économique et sociale), une filière généraliste, dans un bâtiment assez cool, celui des sciences humaines. Comme Samira, je travaillais durant mes études, mais c’était pas problématique. Et après avoir décroché mon diplôme, j’ai tout de suite trouvé un vrai travail. »
Soumia veut évoluer au sein de sa boîte. « Je ne suis pas carriériste, je veux juste évoluer, mais pas comme un requin ! Si on apprécie mon travail et qu’on veut me gratifier par une prime ou une promotion, je ne suis pas contre ! Je ne vois aucun inconvénient à avoir plus de responsabilités, à m’investir plus. »
Indépendante et très sûre d’elle, ce petit bout de femme ne se laisse pas faire et sait imposer des limites. Elle veut qu’on la respecte pour son travail. Et pour elle, l’émancipation de la femme doit avant tout être économique. « Le travail permet de nous émanciper en tant que femme tout court ! Mais en plus de ça, il me permet à moi, femme voilée qui porte un bandana sur mon lieu de travail de casser les préjugés. Je ne suis pas un voile sur pattes cloîtré à la maison avec une ribambelle de gamins. Je viens mettre à mal cette image, et c’est grâce au travail. »
» Le monde de l’entreprise, c’est très différent de la vie de tous les jours. Au début, c’était difficile pour moi, je vivais dans un cocon, avec ma famille, mes amis, l’école… Puis d’un coup, j’ai atterri dans le monde du travail, le vrai, avec en plus beaucoup d’hommes, des suggestions, des propositions (rires). Et je joue le jeu ! Quand on m’invite par exemple, je dis que je suis une femme overbookée !! Et qu’avec moi, faut s’y prendre trois mois à l’avance. »
Pour Samira, hors de question. « Moi par contre, quand ça ne me correspond pas, de décline poliment,sans avancer d’explications. J’ai des collègues. Je m’entends bien avec eux, certes. Mais je ne mélange pas vie privée et vie pro. »
Leur vie professionnelle a très bien été accueillie par leur entourage. Pour Samira, tout c’est bien passé ! « Pour mon père, c’était un aboutissement. C’est lui qui m’a toujours poussé à aller loin dans mes études. C’est une fierté pour mon papa. »
Il en est de même pour Soumia. « Pour mes parents, c’est aussi un aboutissement. Mon père nous a toujours exhorté à faire des études, à aller loin. Il ne voulait pas qu’on se retrouve à faire un travail difficile et pénible, aussi honorable qu’il soit. Pour lui, il faut toujours se surpasser, ne compter que sur soi, et pas sur les autres. Pour mes parents, il est fondamental d’être indépendant ! »
Samira et Soumia sont des femmes épanouies pour qui le travail occupe un rôle central dans leur vie. Est-il un facteur d’intégration ?
Soumia nous répond que oui, « mais en tant que femme seulement parce que concernant le reste, on a pas besoin de s’ intégrer ! Le travail nous permet de montrer qu’on est des femmes comme les autres, et qu’on est confrontées aux même difficultés au niveau professionnel. C’est pas lié à notre religion ou autre. On nous juge sur notre certification, nos qualifications, notre travail. Si tu es performante, c’est bien. Autrement, ça devient problématique. Et c’est la même chose avec d’autres personnes du même milieu. »
Au final pour Samira, on finit par adorer son entreprise. « Moi je suis limite devenue corporatiste ! » (rires)
Lookée en douceur pour l’été
24 juin 2009 par Shahin
Classé dans Look at mon style
ça y est on y arrive, on voit enfin arriver le bout du tunnel… On ressort nos ray-ban, notre sarouel en lin, et on profite du soleil au maximum.
On m’a dit « en mai, fais ce qu’il te plaît« , ok! Mais, en mai le temps était pas terrible, ici dans la capitale. Quelques chaleurs (au maximum 25, dans le métro!) mais pas assez de soleil pour prendre le teint halé qui nous rend si beeellllle!
Espérons que Juin soit le mois dont on a besoin! (désolé pour la rime tirée par les cheveux…mais c’est beau…la rime!)
Bref, on oscille entre les saisons comme un petit bourgeon préssé d’éclore sous le soleil radieux. On se prépare avec un look tout doux. Tout doux je vous dis, ça sent le bon plan tout ça…
Eh bien figurez vous que oui! Avec un peu d’imagination on se concocte un look trendy et à petit prix, en attendant les soldes….Ah oui ça aussi on les attend de pieds fermes! Ah les femmes!!!!
Jupon long: 29,95 EUR pimkie.com; Tunique nouée: kookai; Une folie hors de prix mais que je kifffff à mort!: ce sac D’ ALEXIS MABILLE: colette.fr
hijab: stores.yahoo.net; Chaussures: 24,95 EUR pimkie.com; Chemisier à carreaux: 19,95 EUR pimkie.com;Pantalon: 105 EUR comptoirdescotonniers.com; Ballerines REPETTO:185,00 EUR colette.fr; sac: 19,95 EUR pimkie.com; bracelet: 15 EUR mangoshop.com
Niqab : une femme qui le porte témoigne
24 juin 2009 par Khadija
Classé dans Elles parlent d'elles
Parce qu’il faut rompre avec les préjugés et que le respect des différences est primordial, Hijab and the city est allé à la rencontre de Sanaa, une bretonne convertie à l’Islam qui porte le niqab depuis quelques années. Hijab and the city lui donne la parole aujourd’hui, une parole qu’on lui confisque souvent pour mieux la fustiger.
Peux- tu te présenter aux lectrices ?
Je m’appelle Sanaa, j’ai 28 ans. Je me suis convertie à l’Islam alors que j’étais à l’université, en psychologie. J’ai reçu une éducation religieuse, et durant ma scolarité j’ai fréquenté une école tenue par les bonnes sœurs. C’est au lycée public que j’ai fait la connaissance d’une jeune fille d’origine marocaine, chez qui j’allais souvent pendant le Ramadan pour partager le repas d’el iftar. J’ai aimé l’hospitalité dont faisait preuve ses parents, le respect des valeurs familiales et le fait que son père nous encourageait à étudier, à être économe… il y avait aussi cette notion de pudeur même autour de la table alors que chez moi on se gênait pas d’être vulgaire, de parler de sujets indécents. Bizarrement, ma famille n’était pas pratiquante et elle m’a pourtant envoyée chez les nones (rires) !
Comment as tu évolué sur un plan spirituel ?
J’ai d’abord commencé par la prière avant même de me convertir. J’avais des petits bouts de papier avec moi pendant la prière (rires) !
Et tu as commencé par porter un hijab ?
Oui. J’avais très envie de le porter mais je craignais la réaction de ma mère. Mes parents savaient que je priais. Alors, j’ai commencé par porter des bonnets l’hiver, ça tombait bien ! Et puis je l’ai finalement mis. Je le portais très colorés avec du rouge, des fleurs… je l’accordais à mes vêtements. Et j’ai trouvé le jilbeb (long voile) hyper classe ! Je le portais avec des gandouras amples (robes traditionnelles marocaines).
C’est donc parce qu’il était « classe » que tu l’as adopté ?
Oui, et surtout plus pratique que le hijab. C’est une seule pièce à enfiler avec un bandeau alors que le hijab c’est plus compliqué avec les épingles.
Comment ce changement a t-il été perçu par ton entourage ?
Dans mon entourage, une femme qui porte le hijab est une femme analphabète, battue et opprimée, mais comme je le portais alors que je n’étais pas mariée ma mère m’a dit qu’elle me trouvait plus gaie, que je n’étais plus dans l’excès sur un plan financier et que j’étais plus raisonnable.
Et le niqab, quand t’es tu décidée à le porter ?
Pas trop longtemps après. La première fois que je l’ai porté je suis allée faire des courses en grande surface, et ça s’est bien passé.
Et pourquoi le porter ?
Parce que j’avais envie. Chacun son choix, chacun fait ce qu’il veut et à la hauteur de ce qu’il peut.
Et le regard des gens ?
Je le vis très mal. Je croise des gens gentils et d’autres vraiment odieux. On me dit souvent retourne chez toi, mais ce qu’ils ne comprennent et ce qui m’agace, c’est que je suis dans mon pays ! J’en ai assez qu’on me prenne pour une arabe alors que je suis un pur produit de cette société !
Et par rapport à ceux qui pensent que tu fais fi de ta féminité ?
Je suis une femme comme les autres, je vis comme les autres. J’aime les parfums, le maquillage, les sous-vêtements, les décolletés, les bijoux…
Comment ressens tu toute cette polémique autour d’un éventuelle loi interdisant le port de la burqa ?
Ils confondent tout et ne savent rien. Ce n’est pas une burqa que je porte c’est un niqab. On est pas en Afghanistan ! Ce sont deux contextes qu’on transpose mais qui sont totalement différents. Depuis que je me suis convertie, je suis super déçue. Les français sont très intolérants en réalité. Ils me prennent pour une analphabète. Tant qu’on ne désobéit pas aux lois, où est le problème ? C’est scandaleux ! Cette loi est illogique, on a des plages de nudistes qui existent et à côté on veut interdire à celles qui veulent se couvrir entièrement de le faire, chacun fait ce qu’il veut ! C’est vrai qu’il y a des gens qui sont extrêmes, qui ont des idées terroristes, mais tout le monde n’est pas pareil. A ce moment là tous les curés sont pédophiles, il faut arrêter de généraliser.
Quel message souhaiterais-tu transmettre ?
Laissez nous tranquille, tant qu’on ne fait pas de mal. Qu’on nous laisse vivre. Je n’influe pas dans la vie des gens, alors qu’on agisse de la même façon avec moi. On est comme tout le monde, on consomme comme tout le monde, on vit comme tout le monde, c’est notre foi qui diffère.
Que penses tu de l’expression « prison ambulante » pour qualifier ton niqab ?
On dit que l’on est des femmes opprimées mais en réalité ce sont les gens de l’extérieur qui nous oppriment, qui nous insultent. Si on est sensées être opprimées, alors pourquoi en rajouter ? Pourquoi ne pas nous aider au lieu de nous montrer du doigt ? Il faut que les gens se cultivent, il faut qu’ils viennent nous parler.
Tu préfèrerais qu’ils viennent vers toi ?
Je préfère qu’on me parle, qu’on m’interroge. Je suis opprimée par les gens à l’extérieur. Je suis malheureuse parce que les gens me maltraitent dans le rue. Ma religion ne m’opprime pas !
Comment te projettes tu par rapport à tout ce débat ?
Si quelqu’un peut me faire un don afin que je puisse partir plus vite d’ici, je le ferai.
Merci Sanaa.
Et si on écrivait un livre ?
9 juin 2009 par Mariame
Classé dans Ce qui fait débat
Enfin un livre… pas UN LIVRE. Plutôt un petit fascicule collectif dans lequel il serait question de rassembler toutes nos contributions, accompagnées des superbes illustrations de la talentueuse Shahin… ça vous dit ?
Bien sûr que ça nous tente, mais sur quel thème ?
Ha ! C’est là que le projet devient intéressant. Il faudrait aborder un sujet qui nous touche toutes, ou du moins qui a pu nous toucher à un moment. Quelque chose de sérieux qu’il faudrait dédramatiser, sinon c’est pas drôle. Enfin, un truc qui nous permettra de jouer avec les mots, de se lancer dans un exercice de style… l’éclate quoi !
La femme est un être qui renferme en elle un tas de secret (comme l’homme me dire-vous… mais on s’en moque !), qui a des caractéristiques qui lui sont propres, et qui peut susciter l’intérêt, la curiosité, l’interrogation. Imaginez la femme musulmane, voilée ou pas ! Wouhouuuuuu et l’onomatopée est faible.
Qui parmi nous n’a jamais fait l’objet de regards, de questionnements surtout, des plus saugrenus ou au contraire des plus intéressants ? Une situation qui entraine soit le sourire, soit la fuite. Tout dépend de la personne que l’on a en face de nous (son sexe, son origine), de l’humeur du jour, des questions posées et des remarques formulées (compliment, insulte, invitation). Certains n’osent même pas s’adresser à vous, vous font sentir que quelque chose les interroge, mais quoi… mystère et boule de poils (y a mon chat pas loin… c’est pour ça !).
Pour vous parler de mon expérience personnelle, il m’arrive d’être face à des individus agréables ou au contraire, de gros malappris. Et les femmes sont peut être les pires dans ce rôle là ! Certain(e)s vous le font sentir par un regard, un geste, d’autres viennent carrément mettre des mots sur leurs sentiments, en les ponctuant d’un point d’interrogation. Cette démarche-ci est à mon sens à saluer. Pourquoi ? Parce que je préfère qu’on prenne l’initiative de venir vers moi et demander, plutôt que de spéculer sur ma personne et mes éventuelles réactions. D’aucuns s’abstiennent par timidité, d’autres par haine, ça dépend. D’autres vont même jusqu’à s’exprimer avec des objets (une fois j’ai eu des roses, dans le train… hi hi hi, ça c’est de la déclaration !).
Après tout ça, on se demande pourquoi est-ce qu’on suscite des réactions aussi diverses et variées.
Et c’est là que notre super mega cool fascicule intervient. Offrons la possibilité aux curieuses et curieux, sympathiques ou vilains d’assouvir leur désir de nous connaître ! De la philanthropie ? Je ne sais pas, à chacune d’appréhender l’excercice comme elle l’entend. Un exutoire ? Peut être, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de limites, on est aussi là pour s’amuser.
On va d’abord procéder par étape !
- Dans un premier temps, identifier les questions qu’on nous a déjà posé, ou qu’on a posé à des femmes de notre entourage proche ou lointain, ou encore des interrogations que l’on a pu lire ou entendre dans les médias, chez l’épicier du coin, et même des questions qu’on a pu voir venir (je me comprends !).
- Dans un second temps, essayer d’apporter une réponse à ces questions, et si possible, en jouant avec les mots, en ironisant, tout en gardant l’aspect utile de l’exercice à savoir échanger, renseigner l’autre. Usez de l’absurde, ça permet d’avoir une réponse tout à fait explicite !
- Dans un troisième temps, les illustrer, pas toutes, Shahin aurait des squames (ha ha ha).
- Enfin, les compiler, l’éditer je ne sais pas mais en tout cas, en mettre un petit exemplaire en ligne, le diffuser au plus grand nombre. Dans quel but ? A vous d’en trouver un !
Alors très chères lectrices, qu’en dites-vous ? Bien, pas bien, on se lance, je vous saoule… hé hé ! J’ouvre la voie :
- Comment une femme voilée fait-elle pour se laver les cheveux ?
Elle dispose d’un système de tuyaux intégré à sa tête comme la femme bleue dans Le Cinquième élément (d’ailleurs, c’est des tuyaux ou des dreads ?)
- Est-ce que les femmes musulmanes ont des sentiments ?
ça dépend ! Envers l’espèce animale … oui. Pour le reste, c’est au cas par cas !
Pour contribuer, vous pouvez laisser un commentaire ou nous écrire à l’adresse suivante : hijabandthecity@gmail.com
Oumma pour elle, épisode 15 : musulmane et engagée
10 mai 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
L’écologie, une priorité sur Hijab and the city !
6 mai 2009 par La rédaction
Classé dans Ce qui fait débat
Avoir la main verte c’est bien et être soucieux du sort de notre planète c’est mieux ! Préserver la nature, la traiter avec respect font partie des enseignements de notre Saint Prophète (SAW). En effet, même lors des expéditions, le Prophète exhortait les compagnons à ne pas détruire les arbres, la végétation. De plus, planter un arbre équivaut à une aumône ce qui révèle l’importance du respect de ce qui nous entoure. Tel est le thème de l’illustration de la semaine élaborée par la talentueuse Shahîn !

Une journée au Bourget avec Hijab and the city
14 avril 2009 par La rédaction
Classé dans Look at mon style
Vous ne pensiez tout de même pas que l’équipe de Hijab and the city allait manquer la 26 ème rencontre annuelle des musulmans de France qui s’est tenue au Bourget le week end dernier. Le Bourget c’est bien sûr les conférences, la salle des exposants qui regorge de produits et services en tout genre: de la maison de disque à la viande en boîte en passant par les vendeurs de soins à base de graine de nigelle. Mariame, Yamina, Shahin, Khadija, Nadya et Gamze sont allées à la rencontre des lectrices de Hijab and the city et en ont aussi profité pour prendre quelques photos avec des personnalités fort sympatiques.
Il y avait tout d’abord l’australienne Ahiida, l’inventrice du fameux burkini qui nous a accueilli dans la joie et la bonne humeur. Un petit bout de femme qui a égayé notre journée et nous a raconté l’histoire du fameux burkini. Elle voulait offrir aux femmes musulmanes la possibilité d’aller se baigner tout en étant à l’aise et sûre d’elles. Un grand bravo à Ahiida qui a mis son talent au service des femmes musulmanes et avec qui nous avons tissé de grands liens d’amitié.

Nous avons pu également croiser le grand (au sens figuré comme au sens propre) Tariq Ramadan qui a pris connaissance de l’existance de Hijab and the city. Lorsqu’on lui fit part du fait qu’il s’agissait d’un magazine participatif destiné aux femmes musulmanes il nous questionna sur la possibilité pour les hommes d’y contribuer… mais bien sûr Monsieur Ramadan, bien sûr! D’ailleurs saluons au passage nos fidèles lecteurs et commentateurs masculins : Neb, Thé ou café, Mohamed, Bader sans oublier Rahan et bien d’autres !

Discuter et rire avec nos lectrices nous a conforté dans l’idée que c’est bien elles qui font le magazine Hijab and the city. Nous avons été touchées par leur sincérité, leur amitié et leur enthousiasme. Nous avons été ravies de constater que beaucoup de femmes suivent Hijab and the city depuis ses débuts. Un grand merci pour leur fidélité.

Shahin, notre modeuse fashion mais pas victime, a bien sûr été sensible à l’élégance de certaines jeunes femmes et a pris pour vous quelques clichés de leur look à la fois original, coloré et pétillant.


Une journée bien remplie, des rencontres exceptionnelles… que pouvions nous espérer de mieux ?
Et vous votre journée au Bourget, c’était comment ?
La croyante est-elle austère ?
29 août 2008 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
On a souvent tendance à croire qu’être musulmane pratiquante, c’est forcément synonyme d’austérité, de gravité. Parce-que l’on est pratiquante, et voilée de surcroît, on est sensée être sérieuse en toutes circonstances et ne parler que de religion parce qu’on est faite pour cela. Les sorties, les passions, les voyages, ce n’est pas pour nous parce-qu’on est plutôt maison école mosquée dodo. Eh oui ! Que de clichés que l’on retrouve même dans le discours de personnes d’obédience musulmane, surtout à l’endroit des voilées !!!
Détrompez vous, la vie monacale n’incombe pas à la musulmane aussi pieuse et aussi dévouée soit-elle. L’érémitisme et la frugalité ne définissent pas ces femmes qui ne manquent pas de verve et d’humour; loin de là, elles sont tout aussi funky que n’importe quelle femme: les sorties, les soirées, les bons plans, elles s’y connaissent, seulement elles font en sorte de ne pas aller à l’encontre de leurs principes et vous pensez que c’est impossible quand on vit en plein coeur de l’Occident? Eh bien non, parce-qu’en réalité, nous vivons dans une société où les choix sont variés en matière de divertissements, il suffit juste de dénicher le bon filon. Certes elles ne se poseront pas dans la brasserie du coin, elles privilégieront un salon de thé (et le concept se développe de plus en plus en ce moment), le Paradis du fruit ou le Starbucks; elles peuvent également aller dans les restos les plus tendances; organiser une soirée détente dans un spa etc etc etc… la liste est plus longue qu’on ne le croit !
Par ailleurs, avoir des principes, ça n’est pas être fermée d’esprit. Bien souvent, on considère que la discretion et le mutisme sont de mise pour toutes les femmes voilées qui se respectent. Quand une femme voilée fait preuve d’humour on lui avoue souvent: »je savais pas qu’une fille voilée pouvait être marrante et pleine de vie, en fait t’es comme nous (sous entendu les filles in et dans le coup) » Non seulement on peut être désopilantes mais on est encore plus ouvertes que ceux et celles qui nous prennent pour des rétrogrades; et on a un avis sur tout! Du dernier best seller en vente dans les librairies musulmanes en passant par le dernier opus de Roman Polanski ou l’endroit de Paris le plus branché pour prendre un brunch et bien démarrer la semaine.
Alors quand vous croiserez ce genre de femme, n’oubliez pas qu’elle peut être aussi sérieuse que drôle, parce qu’être une bonne vivante et avoir la foi ce n’est pas contradictoire…
Être musulmane engagée, une réalité ô combien décriée…
6 août 2008 par Khadija
Classé dans Ce qui fait débat
On a souvent tendance à réduire la femme à sa position d’être sexué et ce, quelques soient les sociétés, qu’elles soient « occidentales » ou pas. Parité et émancipation, autant de revendications qui sont encore le lot de toutes ces femmes qui aspirent à une certaine considération et à leur réhabilitation dans une société qui les a trop souvent écrasées. Ces prétentions sont aussi le lot de femmes musulmanes qui, plus que jamais et au-delà des clichés, imposent leur présence et leur point de vue pour s’affirmer en tant qu’êtres pensants au détriment d’une vision ankylosée que l’on peut avoir d’elles. Car être femme musulmane, et engagée de surcroît, est un fait qui dans l’imaginaire collectif (qu’il soit musulman ou pas) est souvent perçu comme antinomique.
Dans l’ouvrage Histoire politique des immigrations (post)coloniales, Saïda Kada, une jeune musulmane lyonnaise, retrace son parcours de femme musulmane militante.
Il n’a pas été aisé pour elle d’imposer l’idée d’une association de femmes musulmanes à Lyon en raison de la conjoncture de l’époque. En effet, il semblait présomptueux, dans un milieu alors exclusivement régenté par des hommes, que des femmes veuillent créer leur propre mouvement alors que des associations existaient déjà. Cependant, ces-dernières ne répondaient plus à leurs aspirations, et il a donc fallu imposer un nouveau souffle impulsé par des femmes et pour des femmes. Car qui mieux qu’elles aurait pu répondre à leurs attentes ?
L’intérêt de son témoignage en tant qu’actrice dans le milieu associatif, réside dans le travail de déconstruction qu’il a fallu accomplir afin d’accepter l’idée que des femmes pouvaient assumer à elles-seules un réel projet socio-politique, non pas par opposition aux hommes (comme c’est le cas des féministes) mais dans une logique d’affirmation et de pragmatisme face à une situation donnée, en l’occurrence lors de la première affaire du hijab avec la circulaire Bayrou.
Elle propose également de reconsidérer le féminisme, car celui qu’on nous soumet aujourd’hui ne représente pas toutes les femmes, la question du foulard étant très révélatrice de cet état de fait selon elle. Il est vrai que le féminisme est un mouvement qui, me semble t-il, part de la dénonciation du patriarcat dont est victime la femme pour aboutir à l’opprobre de la gente masculine. C’est en quelque sorte déshabiller Paul pour habiller Pierre.
Ainsi, être une femme musulmane engagée n’est pas contradictoire. Il s’agit plus que jamais d’une évidence. Halte aux prénotions et aux raccourcis qui sont l’apanage des fourbes.



