Le top 8 des articles les plus commentés en 2009

1 janvier 2010 par Khadija  
Classé dans A la une, Ce qui fait débat

C’est l’heure du bilan, hé hé, mais pas n’importe lequel ! Le bilan des articles plébiscités par vos commentaires les girls, et les guys, évidemment.

Et il faut reconnaître que vous nous avez gâtées niveau commentaires :

  • Des tordants à mourir de rire, tellement tordants que les gens ne comprennent pas pourquoi on s’esclaffe parfois devant son téléphone en pleine rue.
  • Des hors-sujets en veux tu en voilà ! Et là on se dit « ben alors les cailles, pas moyen de vous retenir ou quoi ?! »
  • Des commentaires plus touchants et qui vous rappellent que rien n’est acquis et que la vie est pleine d’embûches.
  • Des commentaires haineux, mais qu’on ne valide pas nananère, parce que s’il faut en plus se faire insulter chez soi, ben dis donc ?! Y a le JT pour ça ! Ou alors, ils passent et là c’est l’heure du fighting.
  • Des commentaires et que jt’embrouille, tu comprends pas trop mais pas grave y a pas de petits commentaires.
  • Des commentaires « chronique dans la chronique », plus long tu meurs mais c’est parce qu’il y en tellement des choses à dire…

Sans plus attendre, voici le classement des articles les plus commentés de cette année 2009, par rubrique, s’il vous plaît, c’est pour ça que c’est pas un top 10, navrée… 

  • Ce qui fait débat : Quand la burqa devient fashion, avec  126 commentaires. Qu’est ce qu’elles ont fait jazzer ces lunettes ! Entre les avant-gardistes et les sceptiques, c’était vraiment pas facile de trancher.
  • Célibat, mariage et compagnie : Qu’attends-tu pour demander ma main ?, avec 247 commentaires (le post le plus commenté à ce jour waouh !) Celui-là a dû parler à plus d’une, n’est ce pas les girls ? Alors, ces alliances, elles ont enfin atterries sur votre annulaire gauche en ce début d’année ou toujours pas ?
  • Cuisinez la : Five o’clock tea, avec 64 commentaires. Cela vous incitera encore mieux à laisser tomber les sodas !
  • Elles parlent d’elles : Pourquoi j’ai retiré mon voile, avec 118 commentaires. Des visions partagées certes, mais un profond respect les unes pour les autres, quelque soit la position. C’est ça HATC, on ne juge pas, on échange.
  • Look at mon style : Le look du jour : classique comme Jessica Alba, avec 105 commentaires. Comme quoi, on est de vraies groupies, en suivant la tendance des stars, on est pas si différentes des autres finalement !
  • Portraits : Rencontre improbable avec Loubna Méliane, avec 46 commentaires. Ah qu’elle nous a bluffé la Mariame ! Cette interview, on ne l’attendait pas et il faut avouer que finalement, on est pas si rancunières que cela…
  • Psy-show : La question de la semaine : le célibat, avec 94 commentaires. On sent que ça grouille de célibataires, mais pas n’importe lesquelles, celles qui assurent et qui se respectent, hein mes beautés ?
  • Spiritualités : Le pèlerinage, ce voyage, avec 65 commentaires. Une ovation pour Karmouma et Cuistot ! Gare à vous, à présent vous devez être irréprochables : plus de potins ni de faux-pas, hé hé y a une justice quelque part !!!

En ce qui me concerne, mon article préféré, ben c’était celui-là : « Pour l’Aïd, le Petit Prince tu traumatiseras ! » Et oui, j’en ai pleuré de rire tellement il est criant de vérité. Et l’award du commentaire qui m’a pliée en quatre, est decerné à Hasna et son « ntss ntss à bas la guerre ! » Mais je sais plus où il est et j’ai la flemme de chercher, voilà ! C’était bien toi Hasna n’est ce pas ? Et une mention spéciale pour Shahin et son illustration écolo ! Et Cuistot, fais pas la tête, je te dis tout le temps que ta cuisine c’est une tuerie.

Et voilà, c’est tout pour le top des articles les plus commentés. Rendez-vous sur Hijab and the city les girls pour partager vos points de vue et vos histoires avec nous. Et pour celles qui ne se sont pas encore lancées, ben qu’est ce que vous attendez ?!

Je suis voilée et étudiante à Sciences Po

4 décembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Dernier épisode de la saga sur le voile (à lire : Pourquoi j’ai retiré mon voile - Comment j’ai porté le voile - J’hésite à porter le voile).

Aujourd’hui c’est Naïma, étudiante à Sciences Po Paris, qui nous parle de son intégration à l’école. On finit sur une note d’espoir pour toutes celles qui n’y croient plus. Encore merci à toutes ces jeunes femmes d’avoir accepté de témoigner pour Hijab and the city.

hatc femmePeux tu te présenter aux lectrices ? 

Je m’appelle Naïma, je suis étudiante en première année à Sciences Po Paris. Je suis originaire de la banlieue parisienne, d’une ville où la communauté musulmane est très forte. J’ai porté le voile à l’âge de 14 ans, alors que j’étais en 3ème. Et je le porte également à Sciences Po.

Pourquoi as-tu décidé de le porter en 3ème ?

Je l’ai porté pour me sentir mieux dans ma peau. Je prenais des cours d’arabe et ça m’a beaucoup aidé à mieux comprendre son sens. Dans ma famille, ma sœur l’a porté plus tôt que moi et ma mère le porte également. Mais on en parlait pas dans la famille. Je l’ai d’ailleurs porté sans en parler à mes parents. Et j’ai des amies qui le portent, je pense que ça m’a influencée aussi.

Tu es étudiante à Sciences Po, une école prestigieuse et élitiste, et tu es voilée. C’est donc possible ?

 Il y a beaucoup d’élèves étrangers, dont des filles voilées. Il y a des musulmans fils ou filles à papa, qui ont des parents haut placés. Aussi, l’administration n’a pas trop son mot à dire. Pour ma part, je ne l’ai pas porté le jour de l’oral pour mon admission. Et je ne l’ai pas porté non plus à la journée d’accueil. Je ne l’ai porté qu’au moment de la rentrée. En fait, j’avais très peur des réactions, j’étais terrorisée, et pendant toutes les vacances j’ai pas mal cogité, j’étais à deux doigts de l’enlever.

Au moment de passer la convention, je me suis posée de vraies questions sur le hijab. Avant Sciences Po, j’étais entre le lycée et la maison, c’est limite si je le portais pas vu que je le retirais à l’école. J’ai même failli tout arrêter, je me suis dit que je n’avais pas d’avenir, parce que quand on porte le voile, c’est difficile de travailler dans son domaine, c’est même impossible. En plus, c’était en plein débat sur la burqa et le discours d’Obama. Mais mes profs m’ont beaucoup aidé, dont une en particulier. Elle m’a orientée vers une personne qui elle aussi porte le voile et qui m’a beaucoup remontée le moral, ça m’a fait du bien. Et puis, il y a eu la journée d’accueil, et un étudiant m’a fait part du fait qu’il trouvait le but du hijab paradoxal : la femme veut être plus discrète, mais au final, elle se fait vraiment remarquer. Il a semé le trouble dans ma tête. Donc, j’ai réfléchi, et mon père m’a dit de décider seule et que si le voile m’empêchait de faire mes études, il valait mieux l’enlever. J’ai donc décidé de le garder et de me comporter normalement. Je ne suis pas une fille soumise, j’ai un cerveau avant d’avoir un voile.

Comment vis-tu le regard des autres à l’école ?

Le premier jour a été un jour de pression énorme. Tout le monde se retrouve dans les amphis, on est tous mélangés. Et en fait, tout le monde a eu droit à des réflexions. On était tous tellement différents, qu’on en était tous surpris ! j’ai quand même entendu des réflexions du genre « est-ce qu’elle est d’ici ? », mais je les ai ignorées.

Tu t’es fait des amis ?

Il y a des groupes d’intégration à Sciences Po : dans mon groupe, il y a des gens de ZEP et des bourgeois avec des noms à particule. On a fait des activités techniques d’art oratoire : on gueule devant tout le monde pour apprendre à parler ! Et ça s’est super bien passé, on a tous gardé contact. En fait, tout le monde paniquait, stressait, même les plus bourgeois stressaient de crainte qu’on les taxe de richards. Aujourd’hui, je suis une élève comme les autres.

Plus de peur que de mal alors ?

Oui mais c’est aussi parce que je ne suis pas restée dans mon coin, j’aime me mélanger aux autres, je suis très sociable. Pour moi, le hijab n’est pas un problème, je reste naturelle. Je reste la Naïma qui aimé rire, délirer !

Au début, ils ne savaient pas trop comment se comporter avec moi, mais aujourd’hui, ils sont à l’aise, et c’est parce que je ne suis pas restée dans mon coin.

Que souhaites tu faire plus tard ?

J’hésite. Ce qui me plairait ce serait de travailler dans la finance ou intégrer l’ONU, mais je ne sais pas si on y accepte le hijab.

Quel message souhaiterais tu adresser à celles qui, comme toi, voudraient intégrer une grande école ?

C’est pas impossible, au contraire, elles peuvent se lancer et qu’elles restent naturelles, bien dans leur tête et leur peau. Et si ce n’est pas un problème pour elles, ça ne le sera pas pour les autres. Et le hijab, ça te permet de faire le tri autour de toi, entre les fachos qui t’approchent pas, et tant mieux d’ailleurs, du coup il n’y a que les gens bien qui viennent vers toi. on m’a dit que j’étais la personne la plus formidable qu’ils aient rencontré, que j’avais de la chance d’être croyante parce que la spiritualité ça apporte beaucoup dans la vie. Que des choses gentilles, et ces personnes sont la future élite de notre pays, en me côtoyant, je suis certaine que plus tard ils ne verront aucun inconvénient à travailler ou à embaucher une femme voilée. Mon hijab qui était une faiblesse, est devenu une force. Je suis vraiment bien aujourd’hui.

Dans le même dossier :

J’hésite à porter le voile

27 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine,  Houda, étudiante en BTS, souhaite porter le voile mais hésite beaucoup parce qu’elle craint la réaction de ses professeurs et du personnel de son lycée de manière générale.

Peux tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Houda. J’ai 19 ans et je suis en BTS. Je suis scolarisée au lycée, et là-bas, il n’y a pas de musulmanes qui portent le hijab.

As-tu déjà parler de ton intention de le porter à quelqu’un ?

J’ai une amie qui a le même âge que moi, on en a parlé et pesé le pour et le contre quant à le porter. Je sais qu’au lycée, ils sont impartiaux. Quand j’étais en 4ème, il y avait la polémique sur le hijab. Je l’ai porté un moment mais je n’ai pas supporté de l’enlever à l’entrée du collège. Ça me dérangeait.

Et au lycée, impossible de porter autre chose ?

Non, ils sont très à cheval là-dessus. Une vraie dictature !

Quel sens donnes tu au hijab ?

C’est un grand signe de soumission à Dieu. Pour moi, c’est comme un signe d’accomplissement de la foi. Aujourd’hui je suis adulte, je prends conscience des choses. Il ne me manque plus que ça.

Depuis combien de temps penses tu à le porter ?

Depuis pas longtemps. J’y pensais pendant que j’étais en vacances. Et depuis que j’en ai parlé à mon amie, j’y pense tout le temps.

Et quelle perception as-tu du voile, au-delà de la dimension religieuse ?

De la pudeur. Ça embellit la femme, elle est pour moi plus accomplie. C’est un plus. Telle est ma perception du voile.

Tu as l’air vraiment convaincue, alors pourquoi hésites-tu autant ?

C’est à cause de l’école. Je ne sais pas si je serais capable d’affronter le regard des autres. Les gens ici questionnent beaucoup. Et je connais la plupart des profs du lycée, j’ai gardé un bon contact avec eux, mais je sais que le voile va changer leur regard sur moi. J’appréhende qu’on me saque dans mes notes. Et quant aux questions sur mes motivations, j’aurais pas envie d’y répondre, de me justifier. Ça m’énerve.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel, y as-tu pensé ?

Pour le travail, je suis en BTS commerce international. J’aimerais travailler dans la vente par téléphone, comme responsable marketing. Et puis, je pense travailler à domicile.

Et ta famille, tes amis, qu’en pensent t-ils ?

 Je n’en ai pas encore parlé à mes parents. Je sais que ça ne dérangerait pas ma mère. Mes amies sont musulmanes et ne pratiquent pas vraiment. Je ne pense pas qu’elles seraient choquées, parce qu’elles savent que je suis convaincue, et que c’est ce dont j’ai envie.

Que peut-on te souhaiter ?

Du courage, beaucoup de courage mais je reste confiante. Ça va être difficile et je risque de souffrir mais j’ai tellement envie de le porter ! J’espère que tout se passera bien et j’attends beaucoup de ce témoignage, je sens qu’il m’aidera beaucoup.

Dans le même dossier :

Comment j’ai porté le voile

20 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

hijab and the city femmeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Linda, une jeune universitaire, nous raconte comment l’idée de porter le voile lui est venue, et combien elle a redouté la réaction de ses parents qui étaient contre sa décision. 

Peux tu te présenter aux lectrices.

J’ai intégré la fac cette année. Je ne sais pas exactement si les cours de philo m’ont poussée à réfléchir un peu plus que d’habitude, ou si les évènements ont fait que je me mette à avancer dans la religion, mais ça fait presque exactement 10 mois que l’idée de porter le voile me trottait dans la tête.

Quel à été ton cheminement ?

J’ai lu le Coran et je suis allée à la mosquée très souvent, j’ai rencontré des filles voilées très bien. Mais j’ai passé l’année à me dire « arrête, t’oseras jamais dire à tes parents que tu veux porter le hijab! Impossible! » Et donc, j’ai fait des invocations en demandant à Dieu de me rendre forte. J’ai continué mes prières sans relâche, je continuais à aller à la mosquée, à apprendre plein de choses via divers sites dont Hijab and the city.

Comment as-tu abordé la question avec tes parents ?

Et puis un soir, après avoir regardé un film avec ma mère, j’ai allumé l’ordinateur et je lui ai écrit un mail. Je lui ai tout dit à propos de mon intention de porter le hijab, en précisant bien que c’était un choix personnel qui n’avait rien à voir avec personne. Ma mère ne le met pas, et a donc eu très mal en lisant le mail. Elle m’a répondu en disant qu’on allait en parler avec mon père, de vive voix.

Le soir même, j’en ai donc discuté avec mes parents. Ça a été très difficile, puisque je pensais qu’ils allaient m’encourager, au moins un peu, mais au contraire, ils ont trouvé des arguments pour m’en dissuader. Mais au moins le premier pas était fait.

Et vous n’en avez plus reparlé depuis ?

Si, la fin de l’année de terminale approchait, et vu que je voulais le mettre directement après la fin des cours, il fallait que je remette à jour le sujet. Les jours passaient, et j’avais beau m’y forcer c’était trop dur; j’ai donc fait une prière et à la fin, j’ai donné ma parole à Dieu que j’en parlerai le soir, vous trouverez ça sûrement bizarre ou ridicule. Ainsi, impossible de trahir un engagement que j’ai fait avec lui! Et donc, j’en ai reparlé, ça s’est de nouveau mal passé.

Malgré tout, plus tard dans la soirée, je suis revenue parler à mes parents, et ça s’est plutôt bien passé, enfin, mieux du moins.

Quand l’as tu porté finalement et comment a réagi ton entourage ?

Je le porte depuis le 26 juin dernier. Le pire a été de sortir de ma chambre voilée devant mes parents. J’ai dû rester au moins 10 minutes la main sur la poignée, et puis j’ai récité le verset du Trône, et je suis sortie. Ma mère et mon père n’ont rien dit, et je suis sortie de l’immeuble. Là, j’ai eu envie de pleurer donc j’ai appelé une amie, et je marchais en l’écoutant. En raccrochant, j’ai de nouveau récité le verset du Trône dans ma tête, et ça m’a totalement apaisée. Je suis allée à la Fnac, et j’ai eu beau tendre l’oreille, je n’ai pas entendu de remarques méchantes. Rien de spécial ne s’est passé en fait. Le lendemain, je suis allée à la mosquée avec, et de nouveau rien de spécial. Vraiment, rien n’a changé par rapport aux autres!!!

Le dimanche par contre, je suis sortie pour la première fois avec ma mère faire du shopping, et même si c’était délicat au début, ça s’est très bien passé. Les vendeuses étaient comme d’habitude gentilles, une femme que je connais m’a prise dans ses bras.

J’ai vécu plein de choses merveilleuses. L’amie dont je redoutais la réaction m’a dit que je resterai toujours la même, et le must, c’était les sourires des femmes voilées. Ou encore celles qui m’ont dit « salam ‘aleikoum ». Vu que ma mère est convertie, et que mon père est d’origine kabyle, je ne ressemble physiquement pas du tout à ce qu’on pourrait imaginer d’une musulmane. Et ces femmes qui me reconnaissaient en tant que musulmane, ça m’a vraiment touchée.

Et qu’en est-il de ton avenir professionnel ? 

Je n’ai pas peur pour mon avenir. Dieu offre ce qu’il veut à qui il veut, j’ai confiance en lui. Si mon destin est d’avoir tel ou tel emploi, je l’aurai, sinon tant pis! Vu combien il m’a aidée pour mon bac, je lui dois bien ça. En fait je me répète que j’ai eu deux yeux, deux oreilles, une bouche, de bonnes jambes, et tout ça gratuitement. On reçoit beaucoup, sans oser donner.

Un dernier mot ? 

Pour finir, je voudrais adresser un message à celles qui hésitent: tournez-vous vers la communauté. Honnêtement, plus vous verrez de femmes voilées, plus vous vous sentirez sereine. Si vous sentez qu’il vous manque un peu de force, demandez-la à Dieu. Si vous avez peur des réactions, pensez à lui, sans arrêt encore et encore. Ne vous isolez surtout pas, écoutez des chants religieux : Allah knows de Zain Bikha par exemple, pfiouuu elle m’a beaucoup réconfortée, regardez des photos de musulmans à travers la planète, vous verrez que vous n’êtes pas seules! L’univers est immense, on est une toute petite fourmi, et donc quoi qu’on fasse ça n’aura pas de répercussion sur la planète! Les gens que vous rencontrerez dans la rue vous auront oublié le lendemain! Dans 150 ans, personne ne se souviendra de vous, sors de ce corps Raphaël ! Profitez de votre vie ici-bas pour faire les actes que vous savez être gratifiés par Dieu.

Dans le même dossier :

Hijab and the city sur Rue89

15 novembre 2009 par La rédaction  
Classé dans A la une, Ce qui fait débat

Rue89Nous publions aujourd’hui une interview de Hijab and the city accordée à Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog  Canons de beauté sur Rue89, un vidéo-blog  très intéressant que nous vous conseillons, qui propose selon l’auteure « des portraits de personnes dont l’activité, les préoccupations, la culture sont liées aux questions de l’apparence ». Bonne lecture ! 

Hijab and the city : quand l’ « habit fait la musulmane »

Il est des apparences qui prêtent plus à penser que d’autres. Celles des femmes musulmanes portant le voile en font partie.

Le hijab divise depuis plus de vingt ans maintenant. En 1989 (on l’appelle alors « tchador »), le voile islamique fait son apparition dans les débats publics lorsque trois élèves d’un collège de Creil se voient renvoyéee pour port d’insigne religieux contraires à la laïcité.

Plus récemment, la proposition de légiférer sur le port de la burqa, qui a rapidement glissé vers la question du foulard, a relancé le débat. De même que la parution dans Paris Match en octobre dernier d’une photo montrant la chanteuse Diam’s voilée. Si l’artiste ne s’est pas encore exprimée sur le sujet, beaucoup d’autres l’ont fait, comme Sihem Habchi, présidente de l’association « Ni putes, ni soumises », pour qui Diam’s « victime de son entourage » a « capitulé ».

Pour Canons de beauté, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de Khadija et Mariame Tighanimine. Khadija et Mariame, 28 et 22 ans, sont sœurs, françaises musulmanes et portent le voile. Elles ont fondé le site Hijab and the city, webzine féminin.

« Tous les clichés sont réunis »

Mariame et Khadija ont le sentiment que « quoi qu’elles fassent », elles sont toujours confrontées au même discours : « les femmes musulmanes et notamment les femmes voilées sont soumises ». Les réactions provoquées par la fameuse photo de Diam’s les touche, mais ne les étonnent pas. (Voir la vidéo)

 

 

« L’habit fait la musulmane »

Comment gèrent-elles elles-mêmes leur apparence et les réactions qu’elle peut provoquer ? Si Mariame et Khadija ne sont pas des victimes de la mode, elles font attention à ce qu’elles portent –comme toute femme occidentale, avec ce « plus » qu’elles essaient de faire oublier. (Voir la vidéo)

 

 

Hijab and the city

« Il est indécent de se focaliser sur le foulard et de nier la personne qui le porte. ». Mariame et Khadija ont fondé « Hijab and the city » en 2008 dans le but de faire connaître des personnes « dont on parle beaucoup, mais à qui on ne tend pas le micro ». Blog à l’origine, Hijab and the city est, selon elles, « le premier web magasine qui n’exclut pas les femmes françaises de culture musulmane ». (Voir la vidéo)

 

Mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques »

En dehors de ce qui touche à la spiritualité, les thématiques abordées dans le webzine sont sensiblement les mêmes que dans d’autres féminins : amour, cuisine, psy, société et beauté. Et une rubrique mode régulière : quel look proposer ? Pour qui ? Est ce que tout est permis ? Une première réponse : mode occidentale et voile « ne sont pas antithétiques ». (Voir la vidéo)

 

J’ai été interpelée par « Hijab and the city » et j’ai eu envie d’en parler parce qu’en y allant pour la première fois, j’ai découvert un espace plutôt moderne et pas moralisateur. Un lieu d’échanges d’expériences et de réflexions.

Evidemment, musulmans ou non musulmans, tout le monde ne se reconnaîtra pas dans les articles, mais il me semble que le site et les jeunes femmes qui le mènent véhiculent autre chose que « soumission » et « prosélytisme ».

Auteure : Stéphanie Haski, réalisatrice et éditrice du blog Canons de Beauté sur le site Rue89

 

Pourquoi j’ai retiré mon voile

13 novembre 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

photo Hijab and the city femme voiléeParce que le voile intrigue, étonne ou choque, Hijab and the city a donné la parole à quatre jeunes femmes qui le portent, veulent le porter ou l’ont porté. Toutes n’ont pas les mêmes motivations, et toutes ont souhaité partager leur histoire afin d’offrir leur vision. A travers ces témoignages, ce sont les voix de ces femmes que nous souhaitons mettre en avant, car au-delà du voile qui leur couvre les cheveux, au-delà de leurs convictions, ces jeunes filles sont avant tout des personnes animées par la volonté de réussir. Ce qu’elles veulent par dessus tout, c’est de mettre fin à l’incompréhension et au dédain que l’on témoigne bien souvent à leur égard. Et c’est aussi, et surtout, les prendre pour ce qu’elles sont : des jeunes femmes ordinaires et non des voiles sur pattes. Nous vous proposons de découvrir chaque semaine le témoignage d’une de ces jeunes femmes. Elles parlent d’elles, c’est sur Hijab and the city, et c’est exclusif. 

Cette semaine, Marie, une jeune étudiante belge, revient sur son histoire. Elle a porté le voile un temps et a finalement décidé de le retirer, par crainte de nuire à sa spiritualité.

 

Peux tu te présenter aux lectrices ?

J’ai 22 ans, je suis étudiante, bientôt à la fin de mes études. J’ai choisi de devenir musulmane il y a bientôt 8 ans. Je m’étais déjà intéressée à l’Islam avant, mais j’ai eu mon « déclic » un jour en voyant une amie faire sa prière : elle était resplendissante et c’est ce qui m’a marquée. Sans réfléchir, je lui ai dit « Apprends-moi l’islam », et ça a été comme le coup de foudre pour moi. J’ai prononcé la shahada (l’attestation de foi) quelques temps plus tard, en décembre 2001.

Quand à tu décidé de porter le hijab ?

L’envie de porter le voile a commencé à venir doucement après ma conversion. J’aimais le mettre pour la prière, le garder après dans ma chambre, je me sentais apaisée avec. J’avais des périodes où j’avais très envie de le porter, d’autres où je disais plutôt qu’il n’était pas obligatoire, mais de toute façon je n’envisageais encore rien sérieusement, puisque j’étais encore élève en secondaire (et on ne pouvait pas le porter dans mon école) et que je ne pouvais pas non plus envisager de le porter chez mes parents.

Puis est venu l’été 2004, la fin de mes études secondaires et en septembre, j’allais entrer à l’université. J’avais de plus en plus envie de le porter, c’était en moi, j’y pensais beaucoup. J’étais en colère contre ma famille de ne pas accepter mes convictions, de ne pas m’offrir la possibilité de pratiquer ouvertement, comme je le souhaitais, et je pensais au foulard, peut-être comme une sorte de vengeance. A la fin de l’été, j’ai commencé à le mettre de plus en plus souvent quand je sortais en ville, surtout les quelques jours précédent ma rentrée à l’université, mais je n’avais pas encore décidé de le porter. J’étais heureuse d’être vue et reconnue comme musulmane dans la rue. Je me sentais bien ainsi, j’avais l’impression d’être enfin moi-même. Puis est arrivé le premier jour à l’université. J’avais pris l’habitude d’être couverte, et ce jour-là je portais une casquette pour la rentrée. Je me sentais mal avec, impolie de garder une casquette ainsi à l’intérieur, et en même temps je n’arrivais pas à me résoudre à me découvrir la tête. En sortant, dans la bouche de métro, j’ai mis mon foulard. Ce n’était pas prévu, pas réfléchi, c’était très intense sur le plan émotionnel. Mais j’ai décidé à ce moment là que le lendemain, je reviendrai avec suivre mes cours.

 Avant de le mettre, j’y pensais, mais sans jamais l’avoir décidé. Je me disais qu’avant de le porter, il faudrait que j’en discute de manière approfondie avec des gens qui sont  pour et des gens qui sont contre, des musulmans convaincus de son obligation, et des musulmans qui sont convaincus au contraire qu’il n’est pas obligatoire (voir même qui sont « contre » le foulard) afin de me forger une opinion solide et d’être sûre de mes idées au moment où je le porterais. Finalement, je l’ai mis assez rapidement, sans avoir pris le temps de faire cette démarche, guidée par mon ressenti.

 Qu’est ce qui t’a motivé à le porter finalement ?

L’envie de mieux vivre ma religion, d’être plus musulmane, de montrer au monde celle que j’étais intérieurement depuis presque 3 ans… L’envie de plaire à Dieu, de me conformer à un modèle, à une certaine image que j’avais de la musulmane croyante et pratiquante qui cherche à se rapprocher de Lui.

Qu’en a pensé ton entourage ?

Cela s’est très bien passé avec mon entourage amical et à l’université. Mes vrais amis non musulmans ne l’ont pas mal pris, et je me suis plus facilement faites de nouvelles amies musulmanes une fois que je le portais. Je n’ai jamais ressenti le foulard comme un frein dans mes relations sociales à l’université. Il me permettait simplement de faire un tri direct entre les gens bien, ouverts d’esprit, et les autres.

Je n’ai jamais non plus eu l’impression d’être discriminée par les profs ou le personnel de l’université, bien au contraire. Je n’ai jamais eu de problème à trouver des jobs d’étudiant avec.

Avec ma famille, ça a été plus difficile. Je ne leur ai pas dis tout de suite que je le portais. Je ne le leur ai annoncé que quelques mois plus tard. Mes parents ont tous les deux très mal réagis, mon père en a pleuré et m’a dit qu’avec ça, il ne pourrait plus jamais être heureux de me voir. Le reste de ma famille, oncles et tantes, a mieux réagi, ou du moins de façon moins passionnelle. Ceci dit, suite à ça je ne l’ai jamais vraiment assumé face à ma famille. Je continuais à l’enlever avant de rentrer chez moi, dans mon quartier, lors de sorties avec des membres de ma famille, en vacances avec eux : je mettais alors une casquette dans laquelle je rentrais tous mes cheveux, et un col roulé ou une écharpe.

Pourquoi as tu décidé de le retirer ? Est ce à cause du regard des autres ?

Bon, là on commence à arriver aux questions plus difficiles… C’est dur à exprimer, dur à structurer. J’ai commencé tout doucement à rentrer dans une remise en question assez générale, sur ma foi et ma pratique religieuse, et notamment le port du voile. Je dirais que j’ai commencé à me poser des questions, par périodes, un an après l’avoir porté. Je n’avais pas la force de conviction de l’assumer auprès de mes proches, et je commençais à me sentir un peu schizophrène, j’avais l’impression de ne pas arriver à concilier ces deux « parties » de moi, ces deux référents culturels, ensembles de valeurs dont j’étais porteuse : mon islamité et mon occidentalité, si je puis m’exprimer ainsi. En gros, c’était une crise identitaire.

J’ai commencé petit à petit à m’éloigner de cette communauté musulmane dans laquelle je ne me sentais pas bien, dans laquelle je ne trouvais pas ma place. Je n’arrivais plus à me recueillir et me sentir bien dans les mosquées où différentes choses me dérangeaient de plus en plus (la ségrégation des femmes, l’irrespect de celles-ci du recueillement des autres par les bavardages, le « harcèlement » de certaines : »ma soeur, faut pas faire ci, faut pas faire ça, c’est shirk (association), c’est bid’a (innovation) », etc.… J’étais de plus en plus agacée par certains comportements. Et en tant que musulmane occidentale, je n’arrivais plus à me situer dans une communauté dont j’avais l’impression qu’elle ne pouvait pas accepter justement cette composante occidentale, européenne de mon identité. J’entendais trop de discours sur l’occident comme étant opposé à l’islam, sur les belges, les européens, comme étant l’opposé des musulmans (alors que je suis belge, européenne ET musulmane, et que pour moi ces deux identités se complètent et ne s’opposent pas, et que je suis loin d’être la seule grâce à Dieu.

Puis ces questions ont commencé à se faire de plus en plus présentes et pesantes. Je commençais à me sentir mal avec mon voile dans la rue, je ne l’assumais plus. D’une certaine façon, c’est aussi lié au contexte, dans le sens où je pense que porter le voile dans nos sociétés n’est pas anodin et nécessite un certain engagement. Engagement dont je n’étais plus capable. Je ne me reconnaissais plus dans l’image que je renvoyais en tant que « voilée », j’avais l’impression de communiquer quelque chose qui ne me correspondait pas, tant vis-à-vis des musulmans pour qui une convertie voilée, ça donne « Waw machaAllah tu es convertie et tu porte le voile, tu iras au Paradis ma soeur! » que des non musulmans. L’impression que ça ne me permettait pas de concilier les différentes facettes de ma personnalité, et de n’être pas en accord réellement avec la façon dont je vivais les choses. J’avais l’impression que porter le voile me mettait dans un moule dans lequel je ne me sentais pas bien, qui ne me correspondait pas, et j’étouffais. Et ça devenait pesant pour ma foi et nuisait à ma spiritualité dans son ensemble. Il m’est arrivé même d’annuler certaines activités car je ne voulais pas sortir avec mon voile, je me sentait trop mal avec.

Comment as-tu vécu « l’après voile » ?

Après avoir pris la décision de l’enlever, je me suis sentie soulagée, apaisée. Je sentais que j’allais pouvoir recommencer, repartir sur de bonnes bases, reconstruire ma spiritualité, mon Islam sur du solide, en me concentrant sur l’essentiel, la prière notamment. J’arrivais à un tournant dans ma vie, je terminais bientôt mon bac+3, j’allais changer d’université, de ville, je me suis dis que c’était l’occasion. Et j’ai décidé de le retirer après mon dernier jour d’examen. Je ne voulais pas avoir ce changement trop brusque dans mon université, affronter les regards, les questions. J’étais bien acceptée avec mon voile, je pense que j’en avais donné une image positive que je ne voulais pas briser en arrivant du jour au lendemain dévoilée. Et puis, ce serait moins facile à assumer.

La première fois que je suis sortie sans, j’étais un peu stressée, il faut bien le dire. Je m’attendais à me sentir quand même un peu mal dans la rue sans ce voile. Mais en fait non. Ca m’a fait bizarre de ne pas le mettre au moment de sortir, mais une fois dehors, je me suis sentie à l’aise, transparente, légère. J’avais rendez-vous avec une copine qui ne m’a pas reconnue tout de suite. Mais je me sentais tellement mieux dans ma peau.

Penses-tu le remettre un jour ?

Je ne sais pas si je le remettrai. Pour le moment en tous cas, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Je ne suis pas contre en principe, mais je n’y trouverais pas beaucoup de sens. Je pense que je le porterais sans problème dans un pays musulman, dans un pays où le port du foulard est banalisé. Mais ici, ça implique trop de « visibilité », et c’est, je pense, ce qui me dérange le plus : l’image, le message que ça peut véhiculer, la distinction, la différenciation.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Ma famille a eu le respect de ne pas s’en réjouir ouvertement devant moi, et je leur en suis très reconnaissante. J’en ai profité pour mettre certaines choses au point avec eux : je retire le voile, oui, mais je reste musulmane, pratiquante, et n’essayez surtout plus de me faire manger de la viande non halal!! par exemple. Je me suis sentie plus en cohérence avec moi-même. J’assume beaucoup mieux mon islam face à eux depuis. Avant de le retirer, j’en ai parlé à plusieurs personnes, plusieurs amies, beaucoup avec mon ex. J’en ai parlé avec mes amies tant musulmanes que non musulmanes, des voilées, d’autres qui ont retiré le voile. Je voulais me confronter aux avis des autres afin d’être sûre de ce que je voulais, de ma décision, de mon choix, pour ne pas le faire sur un coup de tête. Du coup, ils étaient préparés à l’idée, et savaient que c’était le fruit d’une longue réflexion pour moi. Certain(e)s ont compris, d’autres moins, mais Dieu soit loué, tout le monde a respecté mon choix.

Je m’étais assez éloignée de la communauté depuis un certain temps, donc les musulmans de mon entourage ne sont que mes amis proches, à qui j’ai expliqué ma démarche. Globalement je n’ai pas eu de réaction vraiment négative. Je pense qu’à partir du moment où on fait son choix de façon mûre, réfléchie et mesurée, où les gens voient bien qu’il ne s’agit pas de sortir la minijupe ou de quitter l’islam, ils respectent globalement ce choix.

Où en es tu aujourd’hui ?

Le retirer m’a fait beaucoup de bien, à moi et à ma foi! Maintenant j’ai recommencé à m’investir un peu dans la communauté, à fréquenter les mosquées, et Dieu soit loué, les gens m’acceptent bien sans mon voile. Et, paradoxalement, je me sens tellement mieux dans ma foi, tellement plus musulmane. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma place…

Je ne sais pas si c’est très bien de le dire, mais je ne regrette pas de l’avoir retiré. Par contre j’admire et je soutiens à 300% les femmes qui le portent et qui l’assument, qui le vivent bien. Je trouve ça magnifique, bravo à vous les filles! J’ai peur parfois d’être un mauvais exemple pour certaines…

Dans le même dossier :

Focus sur… Mohja Kahf

18 septembre 2009 par La rédaction  
Classé dans Portraits

Mohja Kahf.Poète et auteure Américaine, d’origine syrienne, Mohja Kahf est professeure de littérature comparée à l’université de l’Arkansas. Arrivée aux Etats-Unis dans les années 70, alors qu’elle avait tout juste quatre ans, sa vie et son parcours l’on beaucoup inspirée dans ses travaux et ses œuvres.

Elle travaille essentiellement sur la question de la représentation de la femme musulmane en Occident, en d’autres termes sur l’image erronée que l’on a d’elle et qui l’accable.

Sa plume dénonciatrice et son ton humoristique lui permettent de réfuter avec brio cette vision ethnocentriste de la femme musulmane passive, assistée, victime et enfermée dans une perception anachronique du monde.

Dans son roman The girl in the Tangerine Scarf (La fille au foulard mandarine), Mohja Kahf raconte l’histoire de Khadra Shams, une jeune fille syrienne qui débarque aux Etats-Unis dans les 70’s, une sorte de roman autobiographique où elle explique comment cette fille tente de réconcilier sa foi avec un pays souvent hostile envers les femmes musulmanes. Un mélange de fierté et de confusion, une lutte entre l’assimilation et le respect de ses principes en tant que musulmane.

C’est dans une démarche de déconstruction et de réhabilitation de l’image de la femme musulmane que s’inscrit le projet de Mohja Kahf. La volonté de proposer une meilleure compréhension des minorités, en mettant l’accent sur le caractère nuisible de la tradition qui va à l’encontre de l’ouverture d’esprit dont témoigne l’Islam.

Quant à la question du voile, question exacerbée en Occident, elle considère que le choix de le porter ou non importe très peu en réalité, ce qui compte c’est que la femme puisse faire ses propres choix et vivre son indépendance comme bon lui semble.

Rompre avec les prénotions, comme dirait Durkheim, tel est le combat de Mohja Kahf, une femme qui vit une modernité où l’altérité n’est pas vécue comme une tare mais bien au contraire comme un enrichissement et une élévation de soi.

La question de la sexualité ne lui a pas échappée non plus. Elle fut chroniqueuse pour le webzine Muslim Wakeup, où elle tenait une colonne intitulée Sex and the Umma. Dans ses chroniques, Mohja revenait sur la nécessité d’en finir avec la vision traditionnelle de la sexualité et avec les stéréotypes qui persiste au sein même de la communauté musulmane. Présentant l’Islam comme un mode de vie et non pas comme une simple religion, elle s’appuie sur les textes et l’histoire et propose un autre regard sur la sexualité, plus réfléchi et moins sexiste selon elle.

Une femme à découvrir. Ses ouvrages sont en anglais, mais bien entendu, toutes les lectrices de Hijab and the city sont bilingues !!

Photo : Lorraine Chittock, PADIA, et Saudi Aramco

La femme musulmane et la sexualité : quand le culturel et le cultuel se mélangent

27 août 2009 par Maria  
Classé dans Ce qui fait débat

istock_000008513731xsmall1Hier matin, je pensais au port du hijab, comme un acte de dévotion, d’adoration, avant tout. Puis en deuxième lecture, comme une affirmation de la liberté d’expression religieuse dans un pays laïc où l’on confond parfois laïcité avec formatage du citoyen, avec une expression neutre, dépersonnalisée, vidée de tout contenu, de toute différence. Le hijab, également comme acte de solidarité avec toutes celles qui le portent, comme symbole d’effacement de son ego (si difficile ! Et à ne pas confondre avec effacement pur et simple, perte de soi devant l’autre). Mais certainement pas une manière de se protéger du regard masculin. D’ailleurs, pourquoi se protéger ? Qu’y a -t-il donc de malsain ?

Les hommes et les femmes sont faits pour s’attirer et former des couples. Une femme portant un foulard n’est pas devenue une chose neutre, inexistante et non désirable. La pulsion du désir (aussi importante chez la femme que chez l’homme) est maîtrisée et maitrisable par choix, mais ne doit pas être annihilée, sauf pour celles et ceux qui ont décidé de se retirer de ce monde, et de vivre comme des ermites. Ce qui peut être un choix spirituel, mais pas forcément l’un des plus difficiles. Il me semble que la vraie difficulté réside dans le fait d’être humain, « trop humain « , et de développer une vraie spiritualité dans un contexte quotidien de travail, de vie de famille, de vie de couple.

La sexualité des femmes est trop souvent présentée comme inexistante ou victime de « pulsions masculines prédatrices ». Il faudrait ne pas avoir peur de dire que les hommes tout comme les femmes font un choix de chasteté qui n’est pas évident, ni facile, qui est plutôt une pleine conscience de la gravité, de l’importance de la sexualité comme acte responsable, lien qui permet de devenir un avec l’autre, et qui doit être sacralisé par la bénédiction divine. Passer du culturel au cultuel. Ne pas trouver qu’un homme peut faire sa vie de célibataire comme il l’entend, mais qu’une femme se doit de rester vierge. Admettre qu’il est aussi beau pour un homme que pour une femme d’y parvenir. Mais également difficile. Qu’il s’agit d’ une affaire entre Dieu et soi-même. Et non d’une affaire qui permettra au futur époux de répudier une femme qui n’est pas vierge et à la future épouse de ne poser aucune question au sujet des vies précédentes de Monsieur.

Quelqu’un me racontait qu’une amie avait été « mise à l’épreuve » par son fiancé. Il lui aurait dit qu’il ne pouvait pas se marier avec elle sans savoir s’il y avait une vraie entente physique entre eux. Après maintes discussions, elle a fini par céder. Le résultat étant qu’il l’a quittée car apparemment, le vrai test était de savoir si elle était capable de lui résister !! Voila à quoi mène la confusion des genres entre culturel et cultuel. Des bons petits machos qui peuvent tout faire, tout décider et choisir en prime ; et des femmes à la merci de leur jugement sans pouvoir exprimer ni leur propres pulsions, ni leurs propres choix.

Si l’on ramène cette histoire à sa juste place, nous avons un type malhonnête et opportuniste, auto proclamé  » juge de la pureté de l’autre « , une femme juste humaine qui a des désirs naturels mais qui n’étant pas capable de l’admettre vacille dans son choix, rendant le type en question maître de la situation. Si la fille admettait ses propres pulsions et en parlait, elle aurait pu présenter son choix et ses raisons de manière inébranlable. S’il lui arrivait d’un commun accord avec l’homme qu’elle pense être le bon, le futur mari, d’avoir une vie maritale avant mariage, ils auraient pu éviter le pire en consacrant leur union devant Dieu, sans drame à la clé. Et elle serait autant dans son droit que lui de lui demander de ne pas papillonner.

Disons que ce qui me met hors de moi, c’est qu’une fille ait à rougir plus qu’un homme à cause d’une histoire comme celle-ci. Ce qui donne un monde binaire et gris : d’un côté tout ce que je viens de rapporter, de l’autre la facilité, l’irresponsabilité, la frivolité de la société dans laquelle nous vivons au quotidien, où la sexualité a été désacralisée, vidée de son contenu et de sa beauté, où tout est régi par de l’hédonisme égoïste à l’état pur.

Ah, j’oubliais ! Fruit de cette confusion de genres, un marché incroyable se développe : la reconstruction d’hymens par la chirurgie… Car la jeune fille ci-dessus mentionnée s’est sentie contrainte d’y avoir recours sous peine de ne plus trouver de mari !

Que Dieu nous préserve de notre propre folie !

La musulmane voilée est-elle asexuée ?

11 août 2009 par Mariame  
Classé dans Célibat Mariage & Cie

Young woman and snailA toi, jeune homme, sosie de Keanu Reeves, mais t’appelant plutôt Kamel Reeves, cet article t’est adressé !

Comme dirait une amie, c’est la crise ! La crise du mariage, la crise du bon plan, la crise du bon parti. De manière générale, toutes les célibataires sont touchées par cette pénurie. Je me rends compte qu’autour de moi, nombre d’entre elles enchaînent les déceptions après moult rencontres, et je ne vous parle pas de celles pour qui rien ne se passe à l’approche de la petite trentaine. Je ne vous parle pas non plus de celles pour qui tisser un premier contact relève parfois de la gageure… et puis si, je vous en parle : les filles voilées ! D’où je tiens ça ? D’une étude de terrain, et quantitative je vous prie ! Je suis modeste, appelez-moi Lazarsfeld !

La semaine dernière, sur une terrasse en train de siroter ma citronnade avec quelques copines, une discussion s’est engagée. On était un groupe assez hétérogène : des jeunes femmes musulmanes, des non musulmanes, des voilées, des non-voilées… On parlait de tout, de rien, jusqu’à ce que l’une d’entre nous intervienne pour dire : « Je comprends pas pourquoi je rencontre jamais personne ? ». Une copine, sûre d’elle, enchaîne en disant : « C’est normal, t’es voilée », et il s’avère que cette explication, ça n’est pas la première fois que je l’entends.
Curieuse, je lui ai demandé ce qui la poussait à avancer cet argument. Et elles ont toutes fini par me donner une explication.

- C’est simple, quand t’es voilée, on te prend pour une sainte, à croire que tu peux pas avoir de sentiments et que limite, t’es asexuée.

- Moi, je ne suis pas voilée, mes sœurs non-plus, et je me souviens que mon frère était fou amoureux d’une fille de sa promo, qui l’était. Il ne s’est jamais approché d’elle parce que nous même, après qu’il nous ait demandé des conseils, on l’a fait flipper en lui expliquant qu’une fille qui porte le voile, c’est sacré. On a été bêtes sur ce coup.

- Une fois, je pensais bien m’entendre avec un garçon qui était avec moi en cours. Je voulais tout faire dans les règles de l’art, je pensais que c’était réciproque. Mais en fait, non. J’étais sa caution morale, la sainte qui lui donnait des conseils, son imam. Bref, il ne voyait en moi qu’un… voile.

Autant d’explications pour dire une chose : la filles voilées font flipper ! Déjà que trouver babouche à son pied est un exploit, imaginez ce que c’est quand on est considérée comme mère Térésa ? Même les escargots sont plus attractifs ! Sans oublier les moules.

Si tu es une fille de bonne famille, deviens Miss Arabie !

10 août 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

miss-arabie-saoudite-2009Qui n’a jamais rêvé de participer à un concours de beauté afin d’être couronnée et couverte de présents ? Euh… moi ! J’ai déjà du mal à regarder Miss France, alors jouer le jeu. Et puis j’ai pas mes chances en France, je suis un peu trop couverte. Mais peut être que Miss Arabie Saoudite est fait pour moi ? A vrai dire, toujours pas !

J’entends déjà certaines dire : « quoi ? Une élection de Miss au Moyen Orient, mais c’est du délire ? »

Du délire… pas pour Aya Ali-Al Moula en tout cas. Cette jeune femme âgée de 18 ans a été élue « Reine de la belle moralité » en raison non pas de sa plastique, mais de ses qualités et valeurs de femme musulmane. Un concours durant lequel elle n’a pas eu à montrer son visage, voilée et vêtue d’une abaya. 

Et les cadeaux me direz-vous ? C’est ce qu’il y a de plus intéressant dans tout ça !! Eh bien mesdames, l’heureuse élue a reçu des bijoux, un voyage en Malaisie, et 5000 riyals,  l’équivalent de 930 euros (les Saoudiens sont-ils devenus pingres ?).

Que penser de tout cela ? Certaines diront que lors de ce concours de miss, seule la beauté intérieure a été récompensée, à la différence des concours traditionnels où maillots de bain et robes de soirée sont de mise pour mettre en valeur ses attributs les plus attrayants… on se comprend n’est-ce pas ? La femme est réduite à un vulgaire objet qui s’exhibe en petite culotte devant la France entière pour au mieux gagner une Peugeot 307 (vraiment des pinces ces organisateurs de concours !).

Mais entre nous mesdames mesdemoiselles, à quoi bon organiser un concours, même pour récompenser la plus philanthrope et la plus pieuse des femmes musulmanes ? En petite tenue ou en hijab, pour moi c’est du pareil au même, surtout en Arabie Saoudite !

On ne fait pas dans le cliché, mais objectivement, les Saoudiennes auraient plutôt besoin de plus de droits et de considération dans une société où le patriarcat fait des ravages. Il est universel me direz-vous, mais quand on veut donner « l’exemple » soit on assure, soit on s’abstient !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Focus sur… Khadija Benguenna

24 juillet 2009 par Khadija  
Classé dans Portraits

khadija-benguenna1« Atiab el mouna » (« meilleurs souhaits ») est la phrase fétiche de Khadija Benguenna à chaque fin de JT sur la célébrissime chaîne d’information qatarie El Jazeera (vous savez la chaîne au logo calligraphié en forme de poire). Mais qui est donc cette délicieuse et charismatique femme ?

Journaliste algérienne, elle intègre Al Jazeera  en 1996 et devient l’une des plus grandes figures du paysage audiovisuel arabe. Cette femme allie avec distinction professionnalisme et féminité, en couvrant des évènements historiques et cruciaux dans l’histoire de l’humanité, tout en arborant un voile raffiné et toujours en parfait accord avec ses tenues.

Il est important selon elle de rester féminine tout en étant voilée de ce voile qu’elle n’a porté que plus tard après trois ans de réflexion, ce qui lui a valu à la fois critiques et encouragements. Un accueil mitigé donc qu’elle analyse avec beaucoup de pondération. D’ailleurs, elle regrette bien souvent que l’on se focalise sur son voile plutôt que sur son travail et sa pratique du journalisme.

Khadija Benguenna a réussi à imposer son style, parce qu’il faut bien le dire, sur El Jazeera ce sont toutes de très charmantes femmes qui présentent les différents programmes de la chaîne. Parmi elles, Khadija est la seule femme voilée. Mais ce n’est pas ce qui la démarque des autres. En effet, ce qui fait d’elle une des plus célèbres présentatrices, c’est son illustre parcours.

Après avoir travaillé pour une radio et la télévision algériennes, elle s’installe à Berne et intègre la Radio Suisse Internationale pour enfin rejoindre El Jazeera. Elle affirme « être fière d’être le produit d’une industrie locale algérienne », et insiste sur l’importance du rôle de la femme dans les médias.

Cette pionnière est plus que jamais dans l’air du temps : une femme professionnelle, spirituelle et tellement féminine. Pas question de faire d’elle un alibi, elle est journaliste un point c’est tout. D’ailleurs, elle n’a plus à faire ses preuves. Ses compétences journalistiques ont été primées, et elle continue à susciter la fascination de ses pairs.

Khadija Benguenna, une journaliste émérite, une femme de convictions qui a du style ! Et pour la petite histoire, il paraît qu’elle roule en Porsche… la veinarde !

Mon style trendy

1 juillet 2009 par Shahin  
Classé dans Look at mon style

Une fois le problème de la robe solutionné, il vous reste un énième « casse tête » à régler, celui du hijab. Celui qui sublimera votre tenue… ou pas !
Vous me direz entre femmes pas de soucis, le chignon ou le brushing le remplace. Mais n’oubliez pas la cérémonie officielle, la mairie, le parc… et tout le tralala.
Donc une fois le hijab choisi, on commence à réfléchir au « montage » et c’est là que ça se corse !

Non non, je ne suis pas entrain de vous parler du mode d’emploi de votre dernier meuble ikea, mais bien de la façon dont vous « nouerez » votre trendy hijab. Car il existe bien des façons de porter ce hijab, celui des grands soirs où tout est permis !!! Pour preuve, on trouve toutes sortes d’explications plus ou moins hasardeuses des différentes façon de le mettre. Mais à en croire les nombreux essayages qui m’ont fait perdre cheveux, temps, 2 kilos et bouziller un foulard en soie… dois-je capituler ? Non, je dis STOP !

Ok, la photo est jolie, un peu floue, trop petite mais à cette heure j’aurais plus envie d’explication pour les myopes, c’est à dire en gros, trés gros ! Oui, on peut être élégante sans pour autant se casser la tête…

Le hijab brodé est une bonne alternative, il se suffit à lui même, on y ajoutera simplement une broche bijoux à piquer sur la tempe ou sur la poitrine. La tendance du « Headband », comprendre du « bandeau de tête », me donne des idées. A nouer autour de la tête il décore joliment notre foulard. Ruban de satin, brodé, perlé, tréssé, plumé, strassé… le choix est conséquent et ravira les plus sceptiques.jennifer-behr-headband-de-51503420urban-outfitters-headband-161bando-2 Pour les âmes en fleur, il existe différentes sortes de « montages »… quasi scientifiques !! La solution: les broches « fleur » qui nous permettront de créer l’illusion d’un joli bouquet ! A piquer sur la tempe ou pour un effet chignon, dans la nuque.

Laissez libre cours à votre imagination. On mélange les tailles et les couleurs pour un effet garanti ! Pour les éternelles romantiques, la dentelle est de mise. On achète un ruban de dentelle qu’on peut customiser de perles ou de bijoux. On le noue sur la tête et le tour est joué ! Les mariages sont l’occasion de se faire belle et de se faire plaisir. Alors mesdames osez ! A défaut d’être chapeauté on crée la tendance avec notre hijab « trendy ». Quelques exemples vous donneront peut être l’inspiration !

hijab-mariage3

Niqab : une femme qui le porte témoigne

24 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Elles parlent d'elles

Parce qu’il faut rompre avec les préjugés et que le respect des différences est primordial, Hijab and the city est allé à la rencontre de Sanaa, une bretonne convertie à l’Islam qui porte le niqab depuis quelques années. Hijab and the city lui donne la parole aujourd’hui, une parole qu’on lui confisque souvent pour mieux la fustiger.

Peux- tu te présenter aux lectrices ?

Je m’appelle Sanaa, j’ai 28 ans. Je me suis convertie à l’Islam alors que j’étais à l’université, en psychologie. J’ai reçu une éducation religieuse, et durant ma scolarité j’ai fréquenté une école tenue par les bonnes sœurs. C’est au lycée public que j’ai fait la connaissance d’une jeune fille d’origine marocaine, chez qui j’allais souvent pendant le Ramadan pour partager le repas d’el iftar. J’ai aimé l’hospitalité dont faisait preuve ses parents, le respect des valeurs familiales et le fait que son père nous encourageait à étudier, à être économe… il y avait aussi cette notion de pudeur même autour de la table alors que chez moi on se gênait pas d’être vulgaire, de parler de sujets indécents. Bizarrement, ma famille n’était pas pratiquante et elle m’a pourtant envoyée chez les nones (rires) !

Comment as tu évolué sur un plan spirituel ?

J’ai d’abord commencé par la prière avant même de me convertir. J’avais des petits bouts de papier avec moi pendant la prière (rires) !

Et tu as commencé par porter un hijab ?

Oui. J’avais très envie de le porter mais je craignais la réaction de ma mère. Mes parents savaient que je priais. Alors, j’ai commencé par porter des bonnets l’hiver, ça tombait bien ! Et puis je l’ai finalement mis. Je le portais très colorés avec du rouge, des fleurs… je l’accordais à mes vêtements. Et j’ai trouvé le jilbeb (long voile) hyper classe ! Je le portais avec des gandouras amples (robes traditionnelles marocaines).

C’est donc parce qu’il était « classe » que tu l’as adopté ?

Oui, et surtout plus pratique que le hijab. C’est une seule pièce à enfiler avec un bandeau alors que le hijab c’est plus compliqué avec les épingles.

Comment ce changement a t-il été perçu par ton entourage ?

Dans mon entourage, une femme qui porte le hijab est une femme analphabète, battue et opprimée, mais comme je le portais alors que je n’étais pas mariée ma mère m’a dit qu’elle me trouvait plus gaie, que je n’étais plus dans l’excès sur un plan financier et que j’étais plus raisonnable.

Et le niqab, quand t’es tu décidée à le porter ?

Pas trop longtemps après. La première fois que je l’ai porté je suis allée faire des courses en grande surface, et ça s’est bien passé.

Et pourquoi le porter ?

Parce que j’avais envie. Chacun son choix, chacun fait ce qu’il veut et à la hauteur de ce qu’il peut.

Et le regard des gens ?

Je le vis très mal. Je croise des gens gentils et d’autres vraiment odieux. On me dit souvent retourne chez toi, mais ce qu’ils ne comprennent et ce qui m’agace, c’est que je suis dans mon pays ! J’en ai assez qu’on me prenne pour une arabe alors que je suis un pur produit de cette société !

Et par rapport à ceux qui pensent que tu fais fi de ta féminité ?

Je suis une femme comme les autres, je vis comme les autres. J’aime les parfums, le maquillage, les sous-vêtements, les décolletés, les bijoux…

Comment ressens tu toute cette polémique autour d’un éventuelle loi interdisant le port de la burqa ?

Ils confondent tout et ne savent rien. Ce n’est pas une burqa que je porte c’est un niqab. On est pas en Afghanistan ! Ce sont deux contextes qu’on transpose mais qui sont totalement différents. Depuis que je me suis convertie, je suis super déçue. Les français sont très intolérants en réalité. Ils me prennent pour une analphabète. Tant qu’on ne désobéit pas aux lois, où est le problème ? C’est scandaleux ! Cette loi est illogique, on a des plages de nudistes qui existent et à côté on veut interdire à celles qui veulent se couvrir entièrement de le faire, chacun fait ce qu’il veut ! C’est vrai qu’il y a des gens qui sont extrêmes, qui ont des idées terroristes, mais tout le monde n’est pas pareil. A ce moment là tous les curés sont pédophiles, il faut arrêter de généraliser.

Quel message souhaiterais-tu transmettre ?

Laissez nous tranquille, tant qu’on ne fait pas de mal. Qu’on nous laisse vivre. Je n’influe pas dans la vie des gens, alors qu’on agisse de la même façon avec moi. On est comme tout le monde, on consomme comme tout le monde, on vit comme tout le monde, c’est notre foi qui diffère.

Que penses tu de l’expression « prison ambulante » pour qualifier ton niqab ?

On dit que l’on est des femmes opprimées mais en réalité ce sont les gens de l’extérieur qui nous oppriment, qui nous insultent. Si on est sensées être opprimées, alors pourquoi en rajouter ? Pourquoi ne pas nous aider au lieu de nous montrer du doigt ? Il faut que les gens se cultivent, il faut qu’ils viennent nous parler.

Tu préfèrerais qu’ils viennent vers toi ?

Je préfère qu’on me parle, qu’on m’interroge. Je suis opprimée par les gens à l’extérieur. Je suis malheureuse parce que les gens me maltraitent dans le rue. Ma religion ne m’opprime pas !

Comment te projettes tu par rapport à tout ce débat ?

Si quelqu’un peut me faire un don afin que je puisse partir plus vite d’ici, je le ferai.

Merci Sanaa.

Libres, mais pour combien de temps ?

22 juin 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

hatc-free5Par ces temps de crise et avec l’arrivée de l’été, les cerveaux bouillonnent et les âmes s’excitent. Les alibis vont bon train à l’heure où les prouesses technologiques nous dépassent, et où les frontières s’effacent.

L’universalisme sous couvert de liberté, impose son diktat au nom de la paix sociale. Une paix qui remet en cause le principe des libertés individuelles et qui assène un coup aux fondements de la démocratie.

La misère sociale, les inégalités, autant de maux, balayés d’un coup d’un seul par le voile de l’ignorance et de l’intolérance. Le voile, sous toutes ses formes, qui déchaîne les passions, et sert de prétexte encore et encore afin de mieux occulter les réalités que nous connaissons, et qui sont loin d’être belles à voir et à vivre.

La liberté, une valeur à la fois familière et galvaudée par ceux la même qui la prônent et la souillent.

Une valeur ô combien revisitée, subjectivée par des individus aux intérêts particuliers et au combat fourbe et déloyal.

Le choix, la décision n’appartiennent plus à des individus libres et égaux mais aux cerbères du dogmatisme qui accablent et asphyxient le souffle durement hérité de la liberté .

La différence n’enrichit plus, elle est combattue ou du moins elle est choisie par ceux qui imposent et qui assomment les esprits.

La liberté ne connaît pas le deux poids deux mesures, elle ne se négocie pas, elle s’impose, et elle doit être préservée.

Savourons là, délectons nous, parce qu’il n’est pas dit qu’elle soit acquise.

Comment je me suis convertie

8 mai 2009 par Maria  
Classé dans Elles parlent d'elles

Beaucoup d’entre vous ont apprécié le portrait de la douce Amandine, cette jeune convertie qui a partagé son histoire et ouvert son cœur. Aujourd’hui, c’est au tour de Maria, fidèle lectrice de Hijab and the city, de nous faire part de son parcours et de son ressenti en tant que musulmane (re)convertie. Bien sûr, à chacune son histoire. Et c’est à travers un témoignage que Maria nous fait part de la sienne. Pas de portrait donc, mais plutôt un autoportrait que nous offre cette femme qui, avec pudeur et grandeur, nous livre les grandes lignes de sa nouvelle vie.   

istock_000008513731xsmallLa première fois que j’ai entendu dans la nuit el adhan, j’étais foudroyée par un sentiment indicible.  Nous étions en été, je dormais sur la terrasse tellement la nuit était chaude.  Et, soudain, avant l’aube, j’ai été réveillée par l’appel à la prière. Le lendemain j’étais pensive. Quelque chose changeait en moi mais je ne le savais pas encore. Je n’étais pas du tout une touriste.  Non. Je me sentais chez moi dans ce pays que je ne connaissais pas auparavant et qui me semblait si familier.  Mais j’étais encore dans un ailleurs, un peu sourde un peu aveugle, encore imprégnée d’urbanité parisienne, et de tant de concepts tenus pour sûrs que j’allais devoir réviser en détail !  A la fin de l’été j’étais devenue un peu plus modeste, plus pudique.  Mais je ne savais toujours pas pourquoi.  De retour sur Paris, au mois de septembre le mois de Ramadan commençait.  Quelqu’un que je connaissais le faisait discrètement et j’ai décidé de le faire aussi.  A la radio, le soir, j’écoutais le Coran juste avant el iftar. Puis je savourais des dattes et du lait caillé en prononçant la Basmala. On avait eu la patience de m’écrire en phonétique cette prière, puis toutes les prières, la Fatiha, la Sourate Al Ikhlas. Petit à petit j’ai commencé à faire mes prières. On m’a offert un petit livre qui m’apprenait les ablutions, quelques autres Sourates, les Piliers de l’Islam.  Jamais un mois de septembre ne m’a semblé aussi merveilleux ! Je dormais peu, je ne mangeais et ne buvais que la nuit, je priais et j’étais pleine d’entrain, de bonheur. En octobre j’ai reçu en cadeau mon premier Coran. 

J’ai voulu connaître un peu mieux l’Islam. J’ai découvert un cours les dimanches après-midi à la Mosquée. J’avais toujours cru en Dieu  depuis toute petite. Jamais je n’avais cessé de dialoguer avec Lui.  Mais je ne connaissais pas le sens de ce dialogue. Il me manquait tellement de connaissances ! (Et il m’en manque toujours).  Avec les cours j’ai commencé à réfléchir aux Sourates étudiées, aux préceptes, aux Hadiths.  J’ai mémorisé mes prières. Mon dialogue avec Dieu est devenu plus concentré, plus authentique.  Certains jours de grand bonheur, je me sentais transpercée de lumière en priant. Un jour je suis tombée sur ce verset : « Nous avons révélé des versets d’une clarté limpide. Cependant, Dieu met qui Il veut sur le droit chemin. » C’est dans la Sourate An’nour. J’ai compris que Dieu avait voulu me mettre dans Son chemin. C’était à moi de le mériter dorénavant. A la Mosquée j’ai récité la Chahada (l’attestation de foi). 

Ce chemin est ardu. Il y a tout d’abord la transformation de soi : une vraie réflexion sur chaque acte, chaque pensée, le rapport aux autres et au monde.  C’est un chemin parsemé de victoires et de défaites.  Il faut juste ne jamais abandonner.  Il y a les contraintes alimentaires, vestimentaires, les horaires de prière qui doivent être intégrées dans un quotidien  de travail qui les rend difficiles. Il y a le regard des autres : famille, amis, collègues de travail mais aussi commerçants de quartier, médecin, enfin tous ceux avec qui on est en relation. On se sent très seule parfois. A la Mosquée il n’y a pas vraiment d’accompagnement pour les convertis. Le cours s’adresse à tous, majoritairement des musulmans qui cherchent à mieux connaître leur foi. Je me suis sentie confrontée avec des questions de choix difficiles à prendre et j’aurais eu besoin de plus de temps et de dialogue.

Je me suis donc sentie un peu sous pression et ai décidé de continuer mes prières, lecture du Coran et chemin spirituel  toute seule (avec le réconfort d’avoir la petite Oumma de Hijab and the city tout près).  Pour donner un exemple, la question du hijab a été abordée avec une injonction divine de le porter en permanence.  Je ne peux pas le faire à mon bureau.  J’ai opté pour le port du hijab partout jusqu’à la porte du bureau. Mais il m’était douloureux de sentir que j’étais fautive malgré moi. Aussi, dans le cadre de mon travail, j’organise des événements culturels, dont quelques 4 à 5 concerts de musique classique par an.  Devant une question concrète concernant la musique il m’a été dit qu’il n’y a pas pire métier que celui d’organiser des concerts. Mais comment faire ? Abandonner mon travail pour en chercher un autre serait jeter plus d’une personne qui dépend de moi dans une situation de détresse.  En ai-je le droit ?  

Parcours spirituel donc en solo. Prière pour trouver des solutions. Une confiance absolue et totale en Dieu. Chaque jour je me dis que Dieu n’a pas pu me mettre dans Son chemin pour m’abandonner ensuite ; que des solutions qui me semblent maintenant impossibles surgiront dans le temps. L’important c’est d’être au plus près de ma pratique quotidienne. D’avoir une totale sincérité de cœur. Qu’à force de dire mes prières c’est du cœur qu’elles jailliront. « Que ta langue soit toujours humide du souvenir de Dieu ». Que ma langue soit toujours humide du souvenir de Dieu. 

Merci à Maria pour ce merveilleux témoignage

Lettres Texanes

27 avril 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Statue of Liberty backgroundJohn et Hilary sont tous les deux originaires de Houston et viennent de remporter la coquette somme de deux millions de dollars en jouant leurs économies à Las Vegas le weekend end précédent Pâques.

La chance leur a sourit et c’est tous étonnés et heureux qu’ils quittent le Strip rêvant déjà des multiples folies qu’ils pourraient s’offrir à présent.

Hilary était une passionnée de littérature Française, elle affectionnait tout particulièrement la période des Lumières où elle n’avait de cesse d’encenser Montesquieu ou encore Diderot qu’elles qualifiaient de visionnaires et de grands démocrates. L’Encyclopédie, la rationalité, des termes qui raisonnaient dans sa tête dès qu’elle entendait le mot « France » être prononcé.
Ainsi, s’étant figée sur cette période charnière de l’Histoire de France, laquelle aboutit à la « wonderful » Révolution de 1789, elle avait une idée bien précise de ce qu’était la France et des valeurs de ce beau pays.

Aussi, lorsqu’il fut question de choisir la destination première pour marquer le début d’une nouvelle vie d’opulence oisive, John qui n’avait d’yeux que pour sa magnifique Hilary (magnifique parce qu’avec sa fortune elle put s’offrir les services du plus grand plasticien de la côte Ouest ! Ah l’Amérique !) proposa à sa dulcinée de faire le choix de leur first destination. Bien entendu celle-ci suggéra sans réfléchir Paris.

Elle se voyait déjà fouler le pavé Parisien coiffée d’un béret, chiner dans les brocantes au son des accordéons et savourer sa première vraie baguette de pain. Pour Hilary Paris c’était le centre du monde, de la vieille Europe, c’était un rêve qu’elle allait enfin réaliser. Observer de ses propres yeux ce peuple ouvert, cultivé, tolérant et tellement romantique. A vrai dire, elle pensait aussi pouvoir croiser des sans culottes mais non Hilary voyons, c’est du passé, c’est dépassé, maintenant on est à la mode du pantalon carotte !

9h15. Hilary et John sont enfin arrivés au Meurice. Grooms raffinés et aimables à souhait, décor fastueux, l’accueil présageait un séjour inoubliable. Ayant une jolie tête blonde, le couple millionnaire décida de se payer les services d’une nounou Française recommandée par l’hôtel. Elle s’appelait Salma. Une jeune fille souriante et attentionnée qui allait prendre soin de la petite Américaine.

Salma avait conquis Hilary par sa gentillesse et sa culture. Elle était heureuse de savoir sa fille entre les mains d’une encyclopédie vivante (rappelez-vous les Lumières). C’était comme elle le pensait : une jeune Française pleine de talent à l’image de sa glorieuse patrie. Seulement, Hilary ne comprenait pas qu’une telle lumière soit gouvernante. Elle avait aussi remarqué que, tout en élégance, elle arborait un large bandeau qui recouvrait ses cheveux plus par pudeur que par effet de mode, un détail qui suscita la curiosité de notre Américaine.
Elle questionna alors Salma sur son parcours, sa vie. Salma était en fait une jeune femme voilée surdiplômée qui n’avait pas la possibilité d’exercer dans son domaine en raison de ses convictions. Quand Hilary compris sa situation, son sang ne fit qu’un tour. Salma lui expliqua ce qu’était la liberté à la Française aujourd’hui : un état où il ne fait pas bon être musulman. Hilary s’offusqua de cette dure réalité.

Et la suite vous pouvez l’imaginer. Ah oui, tout cela elle le conta dans un échange de lettres qu’elle avait avec sa meilleure amie Wendy, fan de la France également. Non parce que sinon la référence à Montesquieu…
Arrêtons-nous un instant sur cette histoire. Hilary s’étonne d’une réalité que nous avons par trop tendance à banaliser. Hilary s’étonne parce qu’en plus d’avoir un noir à la tête de son pays, une femme voilée est en charge des affaires religieuses des Etats-Unis d’Amérique. En définitive, elle sait maintenant que le siècle des lumières a depuis longtemps laissé place à celui de l’obscurantisme, à l’intolérance. L’intolérance qui est à l’origine de l’agression physique d’une femme ou encore du licenciement d’une jeune doctorante à qui l’on reproche d’avoir des convictions.

Esteban, Zia, Tao… à Dubaï d’or !!

21 avril 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Vous connaissez très chères lectrices Les Mystérieuses cités d’or, ce merveilleux dessin animé qui a bercé mon enfance (et la vôtre… moi c’était plutôt le temps des énièmes rediff ‘ ). Vous vous souvenez également des protagonistes de la série, Esteban, Zia et Tao, parcourant sur le dos d’un oiseau géant en or massif  (un Mauboussin, je crois) l’Amérique centrale et du sud à la recherche de ces cités mythiques… qui en réalité n’existent pas. Cette quête me rappelle un peu celle de certains « banlieusards » qui cherchent du boulot et qui se retrouvent déclassés sur le marché du travail français. Sauf que les concernant, il paraît  qu’il existe une cité mythique qui offre du travail à profusion (et bien rémunéré !!) à toutes les têtes bien typées originaires de France et de Navarre, et encore mieux aux musulmanes notamment voilées : la possibilité de bronzer sur des plages désertes (oui, il s’agit là d’une aspiration hautement louable !). Très chères lectrices et très chers lecteurs, il était une fois… Dubaï !

Pourquoi cet intérêt soudain ? Tout simplement parce qu’on a de cesse de m’en parler et à toutes les sauces. La dernière info en date sur le sujet, le texto d’une très bonne copine qui me disait qu’elle partait pour Dubaï et les pays voisins. La concernant, il s’agit là de faire du tourisme, mais j’en connais d’autres qui s’y sont installés après avoir trouvé du boulot, notamment dans le secteur bancaire. 

Je n’y suis jamais allée, et je m’en porte bien (merci !), mais c’est vraiment un endroit qui ne me branche pas du tout. Pourtant très curieuse de nature, je n’arrive pas à comprendre comment ce petit bout de terre arrive à créer l’engouement auprès d’un bon nombre d’ hommes et de femmes d’origine maghrébine bien souvent.  » Tu peux travailler là-bas avec ton voile ou ta barbe », « tu peux aller dans un centre commercial géant et faire du shopping sans ton foulard »… voici les explications que l’on me donne généralement pour me convaincre du caractère exceptionnel de cette ville/pays/émirat (c’est marrant !). Sans oublier la possibilité de bronzer, même en deux pièces, pour les femmes voilées, sur une plage privée.

Face à des arguments aussi pertinents que convaincants, j’ai tendance à rire, à bien rire même. Partir, vivre le dépaysement… tout ça pour aller bronzer et faire du shopping la tignasse à l’air libre ? (oui, il paraît que les voilées ne se peignent pas…). C’est quand même exagéré ! A la limite pour trouver du boulot je veux bien, et encore !

Je dois vous avouer que ce pays me fait penser à une maquette géante. J’aime bien les endroits chargés d’histoire… c’est sûr que les grands ensembles du 93 ne sont pas funky à côté, hein ! Mais quand même, Dubaï à ce que j’ai pu entendre, lire ou voir, c’est un lieu qui n’a pas d’odeurs, qui n’a pas de charme. Et puis pour être honnête avec vous, j’ai un peu de mal avec les pays de ce côté-ci du globe. De plus quand on voyage, c’est pour découvrir un pays, une culture, une civilisation, des autochtones… A Dubaï, 3/4 de la population est d’origine étrangère, et on y parle plus l’anglais que l’arabe… Autant prendre l’Eurostar moi je dis !

Enfin je sais pas, je suis peut être un peu rabat-joie, mais voir autant de fascination pour un pays comme celui-ci, ça me dépasse ! Je peux comprendre que pour certains, c’est un peu une issue de secours, un moyen d’aller « réussir » comme ils disent ailleurs. Mais je pense que tout est à faire ici et maintenant. Après, on peut songer à partir, mais si tout le monde fuit tout de suite, on fait comment pour les générations futures ? 

Sophie Guillemin : une actrice qui le vaut bien !

3 avril 2009 par Mariame  
Classé dans Portraits

sophie-guillemin-pour-hijab-and-the-cityRencontre exeptionnelle dans un petit coin sympathique de Paris. Il fait très beau et Sophie Guillemin nous accueille avec un très grand sourire. Chacune de nous se présente, on discute un peu, on rit beaucoup. On commence par aborder sa carrière d’actrice, la manière dont elle est arrivée dans le milieu du cinéma. C’est « par hasard » qu’elle s’est retrouvée au casting de L’Ennui alors qu’elle était lycéenne. Un coup de chance pour un rôle dans un film qui a fait parler de lui et qui lui a permis de connaître d’autres opportunités. D’un coup se sont enchaînées les propositions, notamment pour un film en 2000, Harry, un ami qui vous veut du bien qui lui vaudra alors une seconde nomination aux Césars.

En 1999, elle décide de se convertir à l’Islam.

« En réalité, ça a commencé bien avant, la pratique est venue lentement. Au début, j’ai commencé par changer des trucs personnels, arrêter de boire par exemple. Au niveau professionnel, j’ai arrêté les scènes de nu et tout ce qui pouvait entrer en contradiction avec mes principes. Mais j’ai continué à jouer, et j’ai eu envie de porter le voile. Cela semblait pour moi une nécessité, puis je l’ai portée en 2002. Et j’ai arrêté le cinéma jusqu’en 2007-2008. Dans ce milieu, on disait que j’étais partie dans des camps en Arabie Saoudite.»

Lorsque l’on demande à Sophie comment s’est déroulée sa rencontre avec l’Islam, comment d’une adhésion à une croyance, elle est passée à une pratique active, elle nous explique que depuis toute petite, elle croyait en un créateur.

« Mes parents sont athées, je n’ai jamais eu d’éducation religieuse. Petite je suis allée avec une copine à ses cours de catéchisme pour voir ce qu’était la religion, mais ça ne m’a pas parlé, notamment cette ambivalence entre Dieu et Jésus fils de Dieu. Rien ne me semblait logique, du coup je me suis éloignée de ses croyances, et je n’avais pas d’autres croyances auxquelles m’accrocher. En 1997, j’ai rencontré le père de ma fille qui lui est musulman. On a parlé religion, existence de Dieu. Du coup, je suis partie à la Fnac acheter des livres, un Coran. J’ai vu qu’il y avait dans l’Islam un rapport direct à Dieu, pas de clergé. Je me suis donc convertie, avant même de porter le voile, alors que j’étais encore actrice.» 

La religion n’est pas un carcan pour Sophie.

«Elle ne m’a pas changée, je n’ai pas changé ma personnalité. Les gens font beaucoup d’amalgames avec les limites morales que l’on s’impose et du coup, on croit que dès qu’on s’impose des limites, ben on est opprimé. Et on arrive pas à comprendre que vouloir évoluer dans un cadre, avec des valeurs, une structure, ça peut être épanouissant. Non, forcément c’est opprimant. Aujourd’hui, on est dans un hédonisme total, si on n’est pas dans l’excès, on est considéré comme opprimé. » 

Les réactions à sa conversion sont différentes.

«Quand les gens savent que je suis musulmane, ils sont ok. Mais dès que je leur dit que je suis pratiquante, ils trouvent ça suspect.  A la rigueur être musulmane ça ne les dérange pas trop, mais pratiquante, ça fait de moi quelqu’un de dangereux ou d’opprimé.»

Lorsqu’on lui demande de nous raconter son premier jour avec son foulard, la réaction de son entourage proche et professionnel, elle nous explique que ses amis s’en fichaient.

«Sophie c’est Sophie, ils n’étaient pas étonnés car mes amis ont suivi ma progression. Ils ne se sont pas arrêtés sur l’apparence. Mes parents eux étaient inquiets lorsque j’ai porté le foulard. Ils avaient peur que la société me mette en retrait, me marginalise, ce qui est le cas (rires). Mes parents ne m’ont jamais reniés, ils ont juste eu peur pour leur enfant. »

 

Et son entourage artistique ?

«C’est clair, en général c’est pas vu d’un bon œil. Le premier jour où je l’ai portée, j’étais sur un projet de film. Une fois, on avait rendez-vous avec les réalisateur pour des essais maquillage et costumes. Je portais donc le voile dans la rue, j’arrivais avec, et une fois là-bas, je le retirais, parce que j’étais au travail. Je l’enlevais par rapport à lui, à son film. Je ne voulais pas lui imposer dans son boulot à lui. Donc j’arrivais (rires), et du coup il a eu peur que je m’éloigne de son film, qu’il y ait une espèce de fuite, et qu’à mon avis je lâche. Du coup je ne l’ai pas fait, il était carrément sur la défensive  à cause de ça et à un moment donné, y a eu un truc qui ne m’a pas plu. En même temps, c’était une période transitoire pour moi. J’avais dit oui pour un film mais en même temps, j’étais en train de passer à autre chose… c’était difficilement conciliable. Et je me suis dit, on passe à autre chose. »   

Quand on l’interroge sur ce qui a changé après sa conversion dans sa manière de vivre, Sophie nous explique qu’en 2002, quand elle a décidé de ne plus jouer, c’était un tout.

« Je voulais porter le voile, mais je voulais aussi un enfant, l’élever, et ne pas le laisser à deux mois et partir en tournage. Puis j’ai saturé de Paris, et c’est clair que je voulais partir. Beaucoup de choses mélangées qui ont fait que j’ai changé de mode de vie. »

Et aujourd’hui ?

« (Rires) j’ai fini par l’enlever… malheureusement. C’est clair que je ne suis pas du tout dans la revendication ou quoi que ce soit. Mais à un moment donné, c’était dur pour moi physiquement de le porter. » 

Le regard des autres ?

« Non pas du tout, tout le contraire. Plus les regards, surtout après le 11 septembre sont agressifs, plus j’ai un petit côté à aller dans la provoc’. Non vraiment c’était physique. Je ne supportais plus de ne plus sentir le soleil, le vent, de me sentir enfermé. Et tout ça, c’est devenu une contrainte. Et y a un verset dans le Coran qui dit qu’il n’y a pas de contraintes en Islam, et je me suis appuyée sur ça même si c’est clair que je ne revendique pas du tout que ce n’est pas une obligation c’est pas ça. C’est que du coup, je sentais ma foi s’égratigner, je faisais moins ma prière, j’avais cette partie là que j’avais du mal à gérer. J’avais peur que ça influe sur la foi première. Je voulais me remettre à fond sur la foi… (rires). Mais je vais le remettre (rires). Y a des périodes dans la vie, je me dis que celle-ci a été une période de faiblesse. Personne n’est parfait.

Quand on lui parle des autres musulmans, de ses rapports avec la « communauté » musulmane, elle nous explique qu’elle n’a pas eu la démarche d’en côtoyer plus.

« A part la famille de mon mari, je n’ai pas beaucoup de musulmans dans mon entourage. Mais maintenant j’en connais un peu plus, parce que j’ai recommencé à jouer, je repasse par la petite porte, et j’ai rencontré de jeunes acteurs, musulmans, alors que quand je débarquais dans le milieu je ne connaissais personne. Mais je n’ai jamais eu de démarche volontaire, ça a été au gré du hasard. Mes meilleurs amies ne sont pas musulmanes… je pense que c’est une question de mentalité. Elles ne sont pas musulmanes mais on a le même état d’esprit. Elles sont chrétiennes, mais on s’entendrait moins si elles étaient délurées (rires), si elles allaient en  boite tout le temps, etc. Là forcément ce serait dur à concilier. Mais elles ne sont pas comme ça donc pas de soucis !» 

Le retour de Sophie ? L’espoir du cinéma français revient sur la scène après s’être dévoilée.

« Les gens du milieu sont contents que je revienne. Mais (rires) le problème auquel je suis confrontée c’est qu’au cinéma, les rôles contiennent au mieux des baisers, au pire des scènes d’amour. Comme je fais ni l’un ni l’autre (rires)… même mon agent ne comprend pas. Enfin elle le comprend, mais c’est difficile à accepter. »   

 

Foi et cinéma. Possible à concilier ? Incompatibilité ? Films sur la religion ?

« (Rires) les films sur la  religion… y aurait pas beaucoup de travail là. Pour moi, tant que je ne joue pas dans un registre de séduction, d’exposition des corps… marcher dans une rue, ça n’a rien de dramatique. Etre en représentation… c’est peut être la question de l’image, de la représentation ? Je pense qu’on peut écrire une histoire qui ne traite pas que de religion et que l’on peut représenter. Je ne vois pas en quoi c’est incompatible. »

Le mot de la fin ?

Que dirait l’actrice Sophie Guillemin aux lectrices et contributrices de Hijab and the city qui se reconnaissent peut être dans le fait que des portes te soient fermées non pas à cause de ce que tu es mais à cause de ce que la société pense que tu es, à cause de tes croyances. Des femmes qui elles aussi sont marginalisées socialement, professionnellement, etc.

« Je peux comprendre que dans le cinéma, les histoires d’amours il en faut. Je comprends que ça ne puisse pas passer, j’essaye de m’y adapter, je leur demande pas de s’adapter a moi. A la rigueur si ça ne concernait que ce champ…, mais là non, toute la société est concernée par le fait qu’on  marginalise. Un métier quand tu es voilée, tu peux pas le faire.

Merci beaucoup Sophie ! 

De rien du tout !

Photo : Sophie Guillemin, avril 2009 à Paris (Hijab and the city)

Oumma pour elle, épisode 10 : de l’art de porter le hijab

30 mars 2009 par La rédaction  
Classé dans Look at mon style

Dossier spécial loi du 15 mars 2004

16 mars 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Aujourd’hui, Hijab and the city vous propose un dossier exceptionnel à l’occasion de l’anniversaire de la loi anti-foulard du 15 mars 2004.

Au programme :

- une contribtion exceptionnelle d’ Ismahane Chouder, militante féministe, co-auteure du livre Les filles voilées parlent avec Pierre Tevanian et Malika Latrèche

- un micro-trottoir intitulé  » ce que pensent les filles voilées « . Hijab and the city est allé à la rencontre des filles voilées pour leur donner la parole

- Oumma pour elle by Hijab and the city a consacré sa chronique hebdomadaire du lundi sur Oumma TV.TV aux repercussions de la loi sur la vie des filles voilées

Ce que pensent les filles voilées

16 mars 2009 par Mariame et Yamina  
Classé dans Ce qui fait débat

Hijab and the city est allé à la rencontre de jeunes femmes voilées dans les rues de Paris. Nous avons donné la parole à ces filles afin qu’elles puissent s’exprimer sur leur quotidien de femme voilée en France, à l’école, dans la rue, cinq ans après la loi anti-foulard dont nous avons fêté le funeste anniversaire ce dimanche 15 mars. A l’époque, les premières concernées n’ont jamais eu la possibilté de s’exprimer librement sur une loi qui allait changer leur vie. Les voilà aujourd’hui plus décidées que jamais à faire entendre leur voix.

Djenabou, étudiante en licence 3 AES

© Hijab and the city

© Hijab and the city

En ce qui me concerne, je ne me retrouve pas dans cette représentation de la femme voilée qui porte le voile par contrainte. A titre personnel, la plupart des jeunes filles voilées que j’ai pu côtoyer ne le portent que par conviction, c’est-à-dire qu’elles n’ont subi aucune pression venant de leur mari, de leur père, de leur frère ou autres. J’en conclue donc que la France a un regard très peu réaliste sur les femmes voilées et que cela est dû à un manque d’information et à de l’ignorance, ce qui est fort dommage, comparée à sa voisine la Grande Bretagne qui elle est plus ouverte. Je tiens également à préciser que la femme voilée est une femme comme une autre qui a des principes et qui s’y tient. C’est une femme qui s’instruit, qui travaille, qui a des projets d’avenir et une vie de famille. C’est une femme comme une autre.

Najma, étudiante en médecine

© Hijab and the city

Avec cette loi, et ce depuis 5 ans déjà, je me sens dépourvue de liberté, dans un pays censé être le berceau des droits de l’homme et le symbole de la liberté. Depuis qu’elle a été votée, il y a une montée de l’islamophobie qui se traduit notamment par des insultes, des agressions verbales… C’est une loi faite pour cibler uniquement l’islam à travers le voile puisque ce sont les musulmanes qui sont les premières concernées et les seules stigmatisées.

Shérazade (à droite), lycéenne en compagnie de son amie Myriam

© Hijab and the city

Tout le monde ne réagit pas de la même manière depuis que je porte le hijab. Les réactions sont différentes. Pour certaines personnes, il n’y a pas de changement, elles sont indifférentes. D’autres par contre me posent beaucoup de questions, sont agressives, m’insultent. Un femme s’est une fois arrêtée pour me dire de rentrer dans mon pays… Mais je passe au-dessus de tout ça et je ne réponds pas.

Au lycée, je m’entends très bien avec mes camarades, et je dois dire que je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient aussi normaux avec moi. Avec les profs par contre, c’est différent. Surtout quand ils me voient dehors, avec mon hijab. Ils se mettent à poser beaucoup de questions, sur mon choix de le porter. Leur regard change, ils sont moins proches de moi que des autres élèves. Vraiment avec les élèves, j’ai de très bonnes relations, ça bloque avec les adultes. Une fois, alors que je n’étais même pas à l’intérieur de l’établissement mais dehors, à côté du portail, la proviseure adjointe a demandé à ce que je choisisse entre partir ou retirer mon hijab.

Êtes-vous girly ?

5 février 2009 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Si vous aimez les caprices, le rose, les câlinous, les chewing-gums à la fraise, les ballerines, les parfums fruités, les jupes (et rien d’autre), les coeurs, les noeuds, les paletots, et bien sûr tout ça à la fois : y’a pas de doute, vous êtes girly ! Rassurez-vous, ça n’est pas une tare. Quoique poussée à l’extrême, la girly attitude peut faire de vous une véritable source d’exaspération et ça, ça fait fuir les copines… et les prétendants. 

Oui! Parce que les envies de macarons à la rose et le petit côté femme-enfant sage et raffinée, ça va cinq minutes. Si à côté de ça on a une voix stridente et un côté neuneu qui vous fait dessiner des licornes ou des coeurs ou les deux dans des coins de feuilles… D’ailleurs, on peut avoir la classe en mangeant des potatoes bien grasses (ou un kebab?) et porter des sneakers !

Je pensais que la girly attitude était le propre des victimes de la mode et des fans de Gossip Girl (série que je n’ai jamais vu mais dont on parle tellement… je résiste!). Eh bien non! Figurez-vous que j’ai découvert un spécimen assez intéressant: la muslima girly. J’imagine que vous vous posez un tas de questions à son égard, qui est-elle, comment est-elle, où peut-on la trouver? On se calme les zami(e)s, ce n’est pas un cachalot! Mais c’est vrai qu’il s’agit d’une espèce assez rare.

La muslima girly est très coquette. Rien de grave jusque là, c’est même cool, sauf que le total look violet/rose/turquoise (bonnet du hijab, tunique, sac, escarpins, fard à paupières), c’est too much! Autre caractéristique, son discours. La muslima so girly ponctue ses phrases par des « ouais », des « macha’allah » (même quand vous lui annoncez un décès)… et ses mimiques? Ah ses mimiques! Aussi remarquables que celles de la girly girl de base.

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que je pense qu’effectivement, on peut trouver mignonne une jeune femme toute pomponnée et très féminine, à condition que ça ne devienne pas une caricature sur pattes, maniérée à l’extrême et qui ne parle H24 que de ses problèmes cutanés et de fringues. Si tel est le cas, je crois qu’il faudrait s’interroger sur la compatibilité de ce genre de comportement avec l’idée de la femme que l’on se fait en tant que musulmane, et en tant que femme tout court. Réveillez la Simone qui est en vous !

Bon, je vous dis tout ça, mais je dois vous avouer quelques choses : j’ai un mug Diddl rose, des pantoufles roses, un cabas Minnie et j’ai des vues sur le stylo digital Pet Shop rose de ma nièce. Suis-je perdue ??

Si je vivais à Voilée Land… (ça vaut aussi pour celles qui ne le sont pas ! )

26 janvier 2009 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

Aujourd’hui, j’ai envie de poésie. Attention Raymond Queneau j’arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive !!!!!

Si je vivais à Voilée Land, les boutiques proposeraient toutes des vêtements longs et biens coupés et ce serait les autres qui peineraient à s’habiller

Si je vivais à Voilée Land, je n’aurais plus à faire des pieds et des mains pour trouver un salon de coiffure non mixte ou avec paravent pour au final tomber sur une « bras cassés »

Si je vivais à Voilée Land, il y aurait des piscines et des salles de sport exclusivement réservées aux femmes, ainsi on aurait toutes une taille de guêpe et plus jamais de scoliose

Si je vivais à Voilée Land, on ne s’interdirait plus certains endroits sous peur d’être dévisagées

Si je vivais à Voilée Land, les écoles seraient accessibles avec le hijab ou toute autre forme d’appartenance religieuse ou idéologique

Si je vivais à Voilée Land, il y aurait des lieux de détente où tout serait en conformité avec nos principes sans qu’aucune gêne ne soit ressentie

Si je vivais à Voilée Land, toutes les femmes seraient épanouies et vivraient pleinement leur différence

Si je vivais à Voilée Land, on assimilerait plus mes périodes de spleen à une oppression fantasmée

Si je vivais à Voilée Land, le bronzage ne se limiterait pas au visage et aux mains et je n’aurais plus l’aspect d’un malabar bigoût (pour celles qui n’auraient pas compris, je fais référence à la différence de teint entre le visage hâlé parce que découvert et le cou qui lui, reste pâlichon)

J’oubliais, si je vivais à Voilée Land, travailler avec son hijab ne serait pas exceptionnel mais naturel !

A vous maintenant de compléter ce poème et d’imaginer un monde où votre différence sera perçue comme une richesse (hijab ou pas d’ailleurs!).

Quel hijab portez-vous ?

17 décembre 2008 par Khadija  
Classé dans Look at mon style

Cette question ne s’adresse pas seulement à celles qui portent le hijab tous les jours, elle est également destinée à toutes celles qui le portent de manière occasionnelle (à la Mosquée, à la sortie d’un hammam…). Cette question peut aussi s’adresser à ces femmes qui aiment de temps à autre porter une espèce de coiffe un peu ethnique, extravagante et qui a l’apparence d’un hijab ou du moins qui répond à ses critères.

Littéralement, le hijab ne signifie pas « foulard » ou encore « voile » mais rideau ou voilage, il renvoie à l’idée de séparation. Il n’existe pas une seule et unique manière de le porter. En fait, aucune indication n’est réellement donnée dans les textes, le principe à respecter étant de laisser apparaître le visage et les mains et bien sûr de porter des vêtements qui ne moulent pas (dans cet article je me limiterai au hijab en tant que coiffe).

Dans la rue, il nous arrive de croiser différents profils, des femmes qui portent non pas un hijab mais des hijabs, hétérogènes, variés: sobre, austère, casual, flashi, sherazadien, « Erykah Baduien »…

Autant de façons de le porter pour au final répondre à une seule et même obligation: se couvrir les cheveux, lesquels sont alors considérés comme faisant partie de la nudité de la femme.

En règle général, on opte bien souvent pour un hijab pas trop encombrant, au style classique et on essaie de choisir des matières assez agréables, qui ne démangent pas, n’irritent pas, ne bouchent pas les oreilles (surtout quand on est en pleine prestation artistique, les sons sont alors altérés et bonjour les dissonances!). Je parle de ce hijab:

Certaines sont un peu plus coquettes mais ne se démarque pas trop tout de même de celles qui le portent assez sobrement et ça donne ça:

D’autres le portent avec plus de fantaisie, un peu comme les Egyptiennes des chaînes du satellite:

                

Je ne vous les répertorie pas tous, on en finirait jamais.

Finalement, on se rend bien compte que le hijab ne se porte pas d’une seule et même manière. Bien au contraire, il se décline au gré de celles qui le portent. Alors, êtes-vous plutôt basic, fashionista ou carrément extravagante? 

Mais il y a parfois des cas où on comprend pas trop, ou du moins où on se dit que le hijab est plus fashion et tendance qu’on ne le croit…(pour celles qui ne la (re)connaîtraient pas c’est J-Lo)

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !

12 novembre 2008 par Mariame  
Classé dans Ce qui fait débat

Parmi les nombreux sujets qui font la une des JT se trouve celui sur les femmes voilées qui, accompagnées de leurs terrifiants mâââris généralement présentés comme des hommes des cavernes, refusent d’être soignées par des médecins hommes (par lui ou lui quoi… enfin jamais vu de médecins comme ça dans les hôpitaux français… ça aurait peut être fait changer d’avis ? )

Quel archaïsme, vraiment!

Ce qui fait que maintenant toutes les femmes voilées doivent constamment se justifier et rassurer les infirmières et médecins qu’elles consultent.

Mais il faut bien admettre que certaines exagèrent. Pas dans le fait de vouloir absolument être soignée par un médecin femme, non. Le problème réside dans la manière de formuler leur volonté, sans oublier le choix des arguments de la mort (c’est le cas de le dire) exposés.

Je pense réellement qu’il n’y a pas à tergiverser et à entrer dans de fausses considérations religieuses. ERREUR!!! Si on veut un médecin femme et qu’il y en a un, tant mieux! Si y en a pas, ben tant pis! Pas besoin de donner de la matière aux journaleux en faisant de longs discours.

Mon ophtalmo est un homme, mon généraliste aussi… Le premier est limite muet, le second est mon médecin depuis très longtemps. Une fois il était absent, et j’ai eu à faire à son remplaçant plus jeune et surtout flippé. Après avoir demandé si je l’autorisais à s’approcher, il a commencé à m’ausculter en posant son stethoscope sur mon pull et s’est placé loin, très loin. J’ai ri sur le coup. Mais après réflexion, j’ai trouvé ça assez froissant…

Pourquoi avoir choisi des hommes et pas des femmes? Parce que l’ophtalmo est hyper compétent et c’est celui de la famille. Idem pour le généraliste. Et puis, j’avoue que mes choix de médecins selon leur sexe sont motivés non par des raisons religieuses (y en a pas de valables de toute façon), mais par les zones à examiner. Par pudeur ou à cause de complexes, interprétez-les comme vous voulez! Ma dermato est devenue une femme (avant, c’était pas le cas), ma dentiste en est également une (là par contre, c’est parce qu’elle est à 5 min de chez moi… c’est THE argument, ne cherchez pas!), mon O.R.L aussi: j’étais tombée sur un obsédé des cheveux la première fois.

Et vous mes poulettes (les poulets des cavernes peuvent donner leur avis), comment vous choisissez vos médecins?

Dites moi qui vous ausculte, et je vous dirai qui vous êtes !

Et si vous créiez votre propre business ?

16 octobre 2008 par Khadija  
Classé dans Ce qui fait débat

De plus en plus de femmes décident de créer leur propre entreprise parce qu’elles souhaitent arriver à un certain  »accomplissement de soi ». Ces femmes qui se lancent dans l’entreprenariat sont bien evidemment des femmes actives, mais cette situation ne leur convenant pas ou plus, elles font le choix de prendre des risques et devenir ainsi indépendantes.

Pour certaines musulmanes, trouver un emploi relève de la gageure pour ne pas dire de l’impossible. Décider de travailler ou pas devient alors un luxe et non pas un choix. Elles ne peuvent pas se permettre de quitter leur job parce qu’elles aspirent à se réaliser. Non, si elles arrivent par on ne sait quel enchantement à trouver un  emploi qui leur correspond, soyez sûres qu’elles ne le lâcheront pas de sitôt! Elles feront comme le toutou et son nonos entre les dents  »c’est mon poste à moi et à personne d’autre! »

Ainsi pour certaines d’entre elles, si elles doivent se lancer dans l’entreprenariat, c’est en partie parce qu’elles pensent trouver dans ce domaine une alternative à leur situation d’exclue du marché du travail. Aussi, pour toutes celles qui peinent à se faire une place dans cette société, la création d’entreprise devient le moyen le plus effectif pour s’accomplir et être en phase avec soi même!

Au delà de l’aspect « technique », cela ne doit pas être si compliqué d’y arriver, le seul petit truc: avoir des idées novatrices et porteuses pour que cela marche. Comment trouver? me direz vous. Eh bien il me semble avoir la recette miracle pour faire de vous une future Bill Gates ou encore une Oprah Winfrey. Roulement de derbouka… FAITES FONCTIONNER VOS NEURONES bon sang! Posez-vous, observez autour de vous et vous verrez que dans votre propre quotidien tout est sujet à être repris, conceptualisé, travaillé et concrétisé. Tous les entrepreneurs sont passés par là, prenons l’exemple de celui (ou celle) qui a conçu les petits pots pour bébé halal. J’imagine le scénario suivant: sa femme étant absente, il lui faut quand même penser à nourrir le bébé, seulement il ne sait pas faire de purée le malheureux, alors il se rend au supermarché du coin, mais à la surprise générale il ne reste que des plats et petits pots blédina aux lardons ou encore au veau! Que faire?! La suite vous la connaissez, vous avez compris ce vers quoi je souhaite mener votre réflexion et votre ingéniosité.

Rien ne sert de se morfondre, il faut réagir! Faites le tour de vos compétences et de votre savoir faire et vous verrez que vous recèlez des talents inexploités et qui pourraient rapporter gros.

Quant à celles qui créent leur propre business pour leur épanouissement personnelle je leur dis bravo, mais pensez à recruter celles qui n’ont pas la chance d’être jusquauboutistes comme vous.

Alors à vos calpins et n’hésitez surtout pas à vous lancer. Un dernier ptit conseil: faites fi des nonencouragements (j’adore les néologismes, ça vous rappelle pas le nonanniversaire dans Alice aux pays des merveilles?) et passez outre les critiques inhibitrices.